Le week-end s'était passé tranquillement pour Hermione qui s'était totalement remise de sa mésaventure dans les bois. De son côté, Bellatrix avait également passé un samedi et un dimanche agréables, avec la satisfaction de constater que le philtre de Paix amélioré au crin de licorne concocté par Severus était un franc succès. Les effets de la potion étaient tels qu'elle ne s'était pas sentie aussi paisible depuis qu'elle avait été enfermée à Azkaban. Le fait que le Seigneur des ténèbres ne l'ait pas convoquée depuis sa punition, c'est à dire depuis presque un mois, aidait à renforcer ce sentiment de sérénité qui avait empli la sorcière noire pendant ces deux derniers jours.

Bien qu'elles aient chacune passé un bon week-end, les deux femmes ne s'étaient pas croisées et Hermione avait donc hâte du cours de Défense contre les forces du mal de lundi pour voir ce dont la sorcière noire était capable pour remporter ce duel.

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Elle rentra dans la salle et son regard fut immédiatement absorbé par la silhouette gracieuse de sa professeure qui était assise sur le bureau, la tête plongée dans un livre. Tout en s'avança vers sa place au premier rang, Hermione prit le temps de détailler la femme. Elle portait son éternel ensemble robe, corset et bottes à talons, le tout bien évidemment entièrement noir. Ses belles boucles ébènes tombaient lascivement sur ses épaules. Son livre devait être passionnant, c'est en tout cas ce qu'Hermione supposa en voyant la mine concentrée de la femme penchée sur l'ouvrage.

La Gryffondor, toujours sans quitter sa professeure des yeux, tira sa chaise pour s'assoir aux côtés d'Harry et Ron. Elle ne sut pas si ce fut le grincement des pieds de la chaise sur le sol de pierre ou son regard trop appuyé qui tira la femme de sa lecture, mais en tout cas, les deux prunelles noires quittèrent le bouquin pour venir se poser sur elle.

Bellatrix fit un sourire sincère à Hermione qui lui rendit directement. La fille trouva le visage de la femme particulièrement détendu et par conséquent encore plus sublime qu'il ne l'était d'habitude.

La professeure leva son regard de son élève, descendit du bureau, le contourna, et vint s'assoir derrière ce dernier, sur sa chaise. Elle reposa ses yeux sur Hermione et lui lança cette fois un tout autre sourire, un sourire joueur. La Gryffondor comprit immédiatement que la duelliste ne ferait pas de pause, elle comptait gagner et jouerait donc dès qu'elle en aurait l'occasion, ce qui était loin de déranger Hermione.

Bellatrix commença son cours, son regard balayait la salle au fil de son récit, s'attardant un peu plus à chaque fois qu'il passait sur la fille, la faisant rougir un peu plus à chaque passage. Elle finit son cours en posant une question à la classe, comme elle avait l'habitude de le faire. Hermione brandit son bras en l'air à une vitesse éclair, Bellatrix la regarda amusée.

« Granger.

– L'Inferius est un cadavre humain ensorcelé par un mage noir pour qu'il lui obéisse. On peut aisément différencier un Inferius d'un être humain vivant, tout d'abord par ses yeux blancs au regard flou, sans vie et enfoncés dans leurs orbites, de plus, son corps squelettique à la peau émaciée, rendue blafarde par l'absence de sang est également un signe significatif de l'Inferius. Durant la Guerre des sorciers, de nombreux moldus ont été tués pour être transformés en Inferius, servant ainsi de soldats au service des forces des ténèbres. L'Inferius n'est rien de plus qu'une marionnette servant les moindres souhaits du sorcier qui l'a ensorcelé, étant insensible à la douleur et aux émotions, il effectue tous les ordres sans se soucier du danger, Hermione lâcha sa réponse d'une traite et ne reprit sa respiration que lorsqu'elle eut fini.

– Très bien Granger, tout ce que tu as dit est exacte, comme d'habitude, Bellatrix lui fit un soutire étrangement bienveillant, Est-ce que Miss-je-sais-tout pourrait maintenant nous dire comment vaincre un Inferius ?

– Et bien je suppose que le sortilège de mort ne doit pas fonctionner comme l'Inferius est déjà mort..., Hermione se creusa les méninges à la recherche d'un réponse.

– Est-ce que je viendrais de poser une colle à notre Miss-je-sais-tout ?, Hermione leva les yeux au ciel et Bellatrix sourit, satisfaite, Pour détruire un Inferius, rien de plus simple, il suffit de le brûler. Le feu est le seul moyen de venir à bout de ces vilaines marionnettes.

– Un simple sortilège de feu suffit ?

– Oui Granger, je sais que tu as un faible pour le Feudeymon, mais il n'est pas nécessaire dans le cas des Inferius. », tous les regards se tournèrent vers Hermione qui devint écarlate.

La sonnerie retentit.

« Vendredi, cours de pratique, vous allez tous apprendre à lancer le sortilège de feu, même si je sais que pour certains ce n'est qu'une formalité... »

Les étudiants commencèrent à sortir de la salle quand la voix de Bellatrix retentit à nouveau.

« Granger viens à mon bureau. »

Harry et Ron froncèrent les sourcils en regardant Hermione qui leur répondit par un regard d'incompréhension.

Quand la classe fut vide et la Gryffondor devant son bureau, Bellatrix prit la parole.

« C'est au sujet des cours particuliers que tu m'as demandé...

– Si vous n'avez pas le temps ou pas l'envie je comprends tout à fait, ce n'est pas grave, la coupa brusquement Hermione.

– La prochaine fois que tu me coupes la parole... je te coupe la langue Granger, c'est bien clair ?

Bellatrix était sérieuse.

– Très clair.

– Bien, donc je disais, au sujet de tes cours particuliers, on peut commencer ce soir si tu veux.

– C'est vrai ? Super !, s'exclama la fille pleine d'enthousiasme avant de se reprendre en voyant un sourire moqueur poindre sur les lèvres rouges, Vous n'avez pas pris longtemps à trouver un créneau à me consacrer, moi qui pensais que vous étiez une femme occupée, dit-elle en reprenant les mots de la femme avec malice.

– Ne fais pas trop la maline avec moi Saleté, tu pourrais vite le regretter... »

Elle se leva de sa chaise, contourna le bureau et s'avança pour sortir de la salle de classe en ajoutant sans se retourner:

« Ce soir. 21h. Dans mes appartements. Sois ponctuelle, j'ai un duel à gagner. »

Elle disparut en passant la poste, laissant une Hermione déjà toute excitée de la retrouver dans à peine quelques heures.

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Elle toqua une fois et la porte s'ouvrit directement. Elle entra, mais Bellatrix n'était pas dans la pièce, elle remarqua que la porte de sa chambre était entrouverte.

« Installe toi Granger, j'arrive dans deux minutes le temps d'enfiler quelques choses. »

Hermione obéit et alla s'assoir sur le canapé, en face de la cheminée crépitante. Elle attendit là sagement en regardant les flammes qui lui faisaient face, elle était un peu dans la lune et appréciait la chaleur agréable que dégageait le foyer. Le léger grincement que fit la porte quand Bellatrix entra dans la pièce fit sortir la Gryffondor de ses rêveries. La vision qu'elle avait maintenant la réchauffa beaucoup plus que le feu de cheminée.

La femme portait un petit short en satin noir excessivement court ainsi qu'un haut à fines bretelles assorti, qui dévoilait un peu de son bas ventre. Le pyjama moulait parfaitement le corps de la sorcière et ne laissait planer aucun doute sur le fait qu'elle ne portait absolument rien en dessous. Ses boucles noires encore mouillées, ne faisaient que parfaire l'image lubrique que Bellatrix renvoyait à Hermione.

Si la mâchoire de la fille avait pu se décrocher, elle se serait écrasée au sol. Ses joues étaient brulantes et elle ne pouvait décrocher ses yeux de la silhouette de la femme qui lui faisait face et qui affichait un grand sourire.

« Et bien Saleté ressaisies-toi, tu fais la même tête que quand tu as vu la licorne l'autre nuit. », se moqua Bellatrix en s'approchant lentement pour aller s'assoir dans son fauteuil.

Hermione parvint finalement à détacher ses yeux du corps de la sorcière.

« Vous n'auriez pas pu vous habiller autrement ?

– Autrement ?, demanda Bellatrix innocemment en sachant très bien où la fille voulait en venir.

– Oui, avec une tenue comportant un peu plus de tissu.

Bellatrix rigola.

– Je sors de la douche, je me suis simplement mis en pyjama Saleté. Il ne te plaît pas ?, demanda-t-elle en caressant lascivement son haut du bout de ses doigts.

– Si vous pensez que vous allez gagner le duel de cette manière, sachez que vous vous trompez, je ne perdrais pas aussi facilement.

– Tu penses vraiment que j'ai choisi mon pyjama dans le but de te faire craquer Granger ? Sache que je n'ai pas besoin de ça pour gagner et que j'ai tout un tas de nuisettes bien plus suggestives dans mon placard... tu veux que je te montre ?, dit-elle en se levant et en se dirigeant vers sa chambre.

Le visage d'Hermione était cramoisi.

– Non merci ça ira, répondit-elle sèchement.

– Comme tu voudras Granger, elle vint se rassoir dans le fauteuil en cuir, Bon alors par quoi veux tu commencer ? L'Occlumancie ou les sortilèges de soin ?

– Je ne sais pas...lequel est le plus intéressant ?, demanda Hermione en retenant un bâillement.

Ce week-end n'avait pas offert beaucoup de sommeil à Hermione, ses nuits étaient rythmées de rêves toujours plus fous et osés qui la réveillaient à de nombreuses reprises. Rêves dont l'actrice principale était une certaine sorcière à la taille de guêpe et à la crinière noire corbeau.

– L'Occlumancie évidemment, mais c'est aussi le plus éprouvant et si tu commences déjà à bailler je pense qu'il vaut mieux qu'on s'en tienne aux sortilèges de soin pour ce soir. »

Hermione acquiesça de la tête et Bellatrix se mit à lui expliquer les bases de ce genre de sortilèges. La sorcière était tout aussi passionnante que lorsqu'elle comptait ses cours, et Hermione buvait ses paroles sans retenue.

« Nous avons vu la théorie, passons maintenant à la pratique. »

Sur ces mots, Bellatrix invoqua un poignard, pas sa dague habituelle, et une fois la lame en main, elle se grava une entaille le long de son avant bras. Hermione observa la scène avec une mine outrée.

« Mais pourquoi avez vous fait ça ?!

– Il faut bien que tu t'entraînes sur quelqu'un Saleté, et je pense que tu es bien trop douillette pour le faire sur toi même.

– Et si je n'y arrive pas ?

Bellatrix leva les yeux au ciel en soufflant.

– Il n'y a aucune raison pour que tu n'y arrives pas. Je suis une professeure excellente et tu... tu n'es pas plus empotée qu'une autre, Hermione n'avait pas l'air plus rassurée, Et si jamais tu n'y arrives vraiment pas, je le ferai moi même. Allez maintenant vas-y.

La Gryffondor se ressaisit et regarda le bras ensanglanté de la femme.

– D'accord, donc première étape... nettoyer la plaie. Vous avez de quoi nettoyer la plaie ?

– On saute cette étape, je pense que tu sais désinfecter une foutue plaie.

– Oui mais vous avez dit qu'il faut toujours enlever le surplus de sang pour évaluer l'étendue des dégâts.

Oui je sais encore ce que je dis Granger, mais en l'occurrence, il ne s'agit que d'une simple entaille, Hermione ne paraissait pas convaincu, Bon très bien si tu y tiens... »

Bellatrix porta son avant-bras jusqu'à sa bouche et lentement, très lentement, en regardant la fille dans les yeux, elle lécha sa blessure pour la nettoyer du sang qui en sortait. Hermione écarquilla les yeux et fut étrangement parcouru d'un frisson dans tout le corps. Bellatrix détacha sa bouche de son avant-bras et se lécha les lèvres en arborant un sourire carnassier.

Dans d'autres circonstances, Hermione aurait trouvé cette scène barbare et écœurante, seulement c'était Bellatrix, et cette femme lui faisait un effet fou, et cela même quand elle léchait le sang de sa plaie en la regardant de ses yeux dangereux.

« C'est assez propre pour toi Saleté ? Maintenant à toi de jouer. »

Hermione pointa alors sa baguette vers l'avant-bras de la sorcière noire. Cependant rien ne se passa, elle essaya plusieurs fois avant que sa professeure ne l'interrompt.

« Apparemment je me suis trompée, tu es peut-être particulièrement empotée Granger.

– Mais je ne comprends pas, j'ai fait tout ce que vous m'avez dit !, s'agaça Hermione.

– S'il suffisait de faire tout ce qu'on te dit, crois-moi qu'il y aurait beaucoup plus de sorciers d'exceptions. La magie ça ne s'apprend pas Saleté, ça se ressent.

– Et qu'est-ce que je suis censée ressentir ?

– Tu dois visualiser la plaie se refermer et surtout tu dois vouloir la soigner, tu dois le vouloir au plus profond de toi. »

Hermione se concentra et réessaya, cette fois, un fin filet blanc sortit de sa baguette. Lentement, la longue entaille cicatrisa pour devenir presque invisible.

« Et bien ce n'est pas trop tôt Saleté, heureusement que je n'ai pas planté la lame plus profond, j'aurais eu le temps de me vider de mon sang un vingtaine de fois.

La Gryffondor leva les yeux au ciel.

– Vous pourriez simplement me...

– Me féliciter de mon exploit. », la coupa Bellatrix en essayant de l'imiter.

Hermione rigola avec Bellatrix, tout en admirant le sourire franc et les yeux rieurs qui ornaient le beau visage de la femme.

« Maintenant tu vas recommencer... sur toi.

La Gryffondor s'arrêta instantanément de rire et écarquilla les yeux.

– Non merci ça ira, j'ai réussi une fois je pense que je saurais recommencer, répondit Hermione en se levant, prête à prendre la fuite.

Bellatrix lui saisit fermement le bras, l'obligeant à se rassoir.

– Ce n'était pas une question Granger, c'était un ordre. »

Elle rapprocha la main d'Hermione de la lame du poignard. La fille se crispa et essaya de dégager sa main de la prise de la sorcière noire.

« Ne te débats pas, sinon je la plante dans ta gorge, et ne compte pas sur moi pour te réparer la carotide Granger. », dit-elle d'un voix glaciale.

Hermione n'opposa plus de résistance et se contenta de déglutir difficilement. Plus le poignard menaçant se rapprochait de sa main, plus le teint de la fille était blanchâtre. Quand la lame froide rentra en contact avec sa peau, Hermione ferma les yeux et grinça des dents, prête à crier, s'attendant à ressentir une vive douleur. Pourtant il n'en fut rien, ou du moins presque rien. Elle ne ressentit qu'un léger picotement au niveau de son pouce. Elle rouvrit les yeux, et elle regarda sa main qui avait un légère entaille très peu profonde et de moins de deux centimètres de long, d'où seule une unique petite goutte de sang coulait. Elle leva les yeux pour tomber sur le visage amusé de Bellatrix.

« Très peureuse pour une Gryffondor, s'esclaffa cette dernière.

– En vous connaissant et en voyant la taille de cette lame, excusez moi mais je m'attendais à une plaie plus proéminente.

– Et bien apparemment tu ne me connais pas si bien que ça Granger, répondit-elle en haussant un sourcil, Maintenant soigne-toi. »

En quelques secondes, Hermione parvint à refermer la fine blessure.

« Bon et bien je ne vois pas ce que je pourrai t'apprendre de plus à ce sujet, je n'ai pas spécialement envie de m'ouvrir le thorax pour voir comment tu t'en sors avec une blessure plus conséquente... Mais si tu trouves un cobaye on pourrait essayer si tu veux.

– Non je pense que l'on peut s'arrêter là, répondit Hermione ne sachant pas déterminer si la sorcière était sérieuse ou non, puis son attention se porta sur le poignard posé sur l'accoudoir du fauteuil, Est-ce que ces sortilèges de soin fonctionnent aussi sur une blessure infligée par la magie ?

– Non si la blessure est magique ou si la lame est empoisonnée comme celle de ma dague, aucun sortilège ne fonctionnera.

– Votre dague est empoisonnée ?!

– Ça t'étonnes tant que ça ? C'est que tu ne me connais vraiment pas bien alors, répondit-elle avec un sourire en coin.

– Donc vous passez vos journées avec une lame empoisonnée contre votre cuisse ?

– Effectivement.

– Si la lame vient à vous trancher trop profondément et que vous n'avez pas un antidote sous la main cela peut vous tuer !

– Merci Miss-je-sais-tout mais tu ne m'apprends rien de nouveau...

– C'est extrêmement dangereux, renchérit Hermione.

– Et alors? Tu ne trouves pas que c'est excitant le danger Saleté ? », répondit Bellatrix d'une voix séduisante avant de sa lever.

Hermione qui avait quelque peu dérougi revira à l'écarlate. Ses yeux détaillèrent de nouveau la silhouette féline de la sorcière qui le remarqua immédiatement.

« Je ne te retiens pas Granger, et je pense que tu ferais mieux de partir maintenant ou tu risques de perdre ce duel plus tôt que prévu... »

Hermione se contenta d'acquiescer silencieusement et de se lever à son tour pour se hâter en direction de la porte. C'était sans compter sur une fine main pâle qui vint lui saisir le bras avec force. Bellatrix attira la jeune femme tout proche d'elle, si proche que leur corps se frôlaient. Le regard d'Hermione divagua d'abord sur le décolleté de la femme dont elle n'avait jamais eu une vue aussi suggestive, avant de remonter pour se fondre dans les deux prunelles noires.

« Demain. Ici. Même heure. Et soit en forme parce qu'on passe aux choses sérieuses Saleté. »

Après avoir dit ces quelques mots, Bellatrix lâcha le bras d'Hermione et se retourna pour aller dans sa chambre. La jeune femme resta bête un instant avant de quitter la pièce à son tour.

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Hermione n'avait pas cours de Défense contre les forces du mal le mardi, elle passa donc la journée à attendre avec impatiente que l'horloge indique 21h, heure à laquelle elle allait enfin pouvoir retrouver sa professeure préférée.

Quand elle toqua à la porte, ce fut une Bellatrix vêtue de la même manière que le soir précédent qui lui ouvrit. Hermione se concentra pour garder son regard au dessus des épaules de la sorcière, Bellatrix remarqua sa lutte et esquissa un petit sourire en coin.

« Pile à l'heure Granger, commenta-t-elle en se décalant pour laisser entrer Hermione.

– Je n'aurai pas l'audace d'oser vous faire attendre Mme Black, répondit-elle pleine d'ironie.

– Tu fais bien, tu n'imagines même pas quel genre de punition je te réserve si jamais il te prenait l'audace de me faire attendre... », rajouta-elle d'une voix pleine de sous-entendu.

Elles s'assirent, Hermione sur le canapé et Bellatrix sur son fauteuil. La sorcière noire prit le temps d'expliquer consciencieusement comment bloquer son esprit à son élève.

« Maintenant que je t'ai tout dit, il ne me reste plus qu'à rentrer dans ta tête et à voir comment tu te débrouilles... Prête ? »

Hermione mima un oui de la tête.

« Alors c'est parti... »

Bellatrix pénétra dans l'esprit d'Hermione et commença à regarder les souvenirs datant du jour même. Hermione se concentra mais elle ne parvint à ériger aucune barrière.

« Aller Granger, fais quelque chose, je n'ai même pas à forcer pour lire en toi.

– Je fais de mon mieux.

– Et bien tu vas devoir faire mieux que ça parce que tu es comme un livre ouvert pour moi. Ta journée à d'ailleurs était bien ennuyante, les cours de Mcgonagall sont loin d'être aussi passionnants que les mieux... Voyons si ta nuit a été plus intéressante, j'ai hâte de voir de quoi ont l'air tes rêves. »

Hermione se figea, sa nuit avait en effet été plus intéressante et elle pouvait se rappeler de son rêve dans les moindres détails...

« Je veux arrêter », s'exclama-t-elle.

Bellatrix sortit de la tête d'Hermione, mais c'était trop tard, elle avait tout vu.

Le sourire aux lèvres, la femme releva ses fines jambes pour les poser sur l'accoudoir et elle se mit à transpercer la fille de son regard. Hermione resta interdite et crispée, attendant de savoir ce que sa professeure avait eu le temps de voir. Le silence qui avait pris place dans la pièce était pesant pour Hermione et au contraire presque jouissif pour Bellatrix.

« Tu caches bien ton jeu Saleté... Tu parais toute innocente au premier abord, et pourtant tes rêves sont biens obscènes...

– Je...je ne vois vraiment...mais alors vraiment pas de quoi vous voulez parler, balbutia Hermione profondément gênée.

– Ah oui ? », répondit la sorcière noire avec des yeux provocateurs.

Elle se leva et en quelques pas, Bellatrix brisa la distance qui la séparait du canapé pour venir se placer juste devant Hermione. Ses yeux captèrent les yeux bruns et elle vint s'assoir, les genoux de part et d'autre des cuisses de la jeune femme. Hermione se crispa d'autant plus face à ce geste inattendu, mais ne détourna pas pour autant ses yeux, toujours plongés dans les orbes noirs.

Bellatrix ne s'arrêta pas là et vint attraper les mains d'Hermione pour les poser juste au dessus de ses hanches, juste à l'endroit où son haut laissait apparaître un peu de sa peau. Hermione frémit au contact de la peau de la femme contre ses mains.

Bellatrix continua alors en glissant ses propres mains dans la crinière châtain, et tout en la tirant en arrière, elle rapprocha sa bouche du cou d'Hermione. Les lèvres couleur sang prirent d'assaut la gorge d'Hermione qui laissa échapper un gémissement tout en resserrant sa prise autour des hanches de Bellatrix, ramenant ainsi le corps de la sorcière noire encore un peu plus proche du sien.

En entendant le gémissement, Bellatrix abandonna le cou d'Hermione pour venir se placer face à son visage, recaptant ainsi les pupilles marrons qui étaient maintenant assombries par le désir. Alors, sans rompre le contact visuel, la femme approcha lentement sa bouche de celle de son élève.

Le corps d'Hermione était en ébullition sous la multitude de contacts que la sorcière noire lui offrait. Les fines mains tenant fermement ses cheveux, la peau nue de son ventre qu'elle touchait de ses mains, le corps entier et si légèrement vêtu qui reposait sur ses cuisses, ou encore les lèvres sanguines qui après s'être baladées longuement dans son cou s'approchaient maintenant dangereusement de sa bouche, tout ce qui se passait en cet instant semblait si irréaliste et à la fois si érotique, qu'Hermione se serait presque cru dans un de ses rêves. Seulement non, elle ne rêvait pas, elle était bien réveillée.

La bouche de Bellatrix était maintenant si proche de celle d'Hermione que leurs nez se touchaient et que la Gryffondor put sentir un souffle chaud lui chatouiller les lèvres quand la femme se mit à parler.

« J'espère que maintenant tu vois de quoi je veux parler Saleté. »

Toute en souplesse, Bellatrix se leva et se rassit dans son fauteuil. Hermione lâcha un lourd soupir alors que tout son corps était en feu, comme s'il était en manque de celui de la femme qui était collé à lui quelques secondes auparavant.

« Je pense que l'on ferait mieux d'arrêter ce cours maintenant Granger, je ne penses pas que tu sois assez concentrée pour réussir à ériger une quelconque barrière ce soir... »

Le coeur d'Hermione battait encore violemment dans sa poitrine et des fourmillements emplissaient son bas ventre. Elle resta alors immobile et essaya de se calmer en regardant la cheminée. Elle se releva sans dire un mot et en regardant à l'opposé de Bellatrix, car elle savait qu'à l'instant où ses yeux se reposeraient sur la femme, elle aurait perdu le duel.

Elle partit alors à toute vitesse pour sortir et au moment où elle passa la porte elle entendit une voix moqueuse lui lancer:

« Bonne nuit Granger... rêve bien de moi. »

Ce soir, Hermione n'avait certes pas réussi à apprendre l'Occlumancie, mais elle avait tout de même appris une chose: il lui serait beaucoup plus difficile que prévu de ne pas perdre ce duel...

[ Hey!

J'espère que pour l'instant cette histoire vous plaît :)

Le prochain chapitre sort demain, passez une bonne soirée ;) ]