« Quelqu'un pourrait-il me dire qu'elle est cette potion et qu'elles sont ses propriétés ? Je suppose que vous savez tous ce que c'est mais on n'est pas à l'abris d'un Gryffondor complètement ignare... », la plupart des Serpentard ricanèrent.

Hermione leva la main presque automatiquement, comme elle avait l'habitude de le faire dès qu'elle avait la réponse à une question, et comme elle avait très souvent la réponse à la question posée, il n'était pas rare qu'elle passe presque l'entièreté du cours le bras levé.

Plusieurs autres mains s'étaient levées et Rogue interrogea d'abord les Serpentard, puis ensuite les Gryffondor. N'ayant était pleinement satisfait par aucune réponse, il se résigna finalement à interroger nonchalamment Hermione.

« L'Amortentia est le plus puissant filtre d'amour au monde. Bien sûr, il ne créer pas de véritables sentiments amoureux car il est impossible de fabriquer l'amour, cependant il peut provoquer une forte attirance voire même une obsession. Cette potion est facilement reconnaissable à sa couleur rose nacrée et à sa vapeur qui s'élève en spirale. De plus, l'Amortentia a une odeur différente pour chacun d'entre nous, elle prend l'odeur de ce qui nous attire le plus.

– C'est presque exact Granger, l'Amortentia prend bien l'odeur de ce qui nous attire le plus, néanmoins, si la potion dégage l'odeur d'une personne, cela n'est pas simplement synonyme d'attirance, mais de véritables sentiments amoureux envers cette personne. Bien entendu, si la potion s'avère ratée, l'odeur que vous sentirez ne sera pas cohérente. L'Amortentia est sans aucun doute la potion la plus difficile à préparer que vous étudierez cette année, cependant elle peut vous être demandée aux ASPIC, vous avez donc tous intérêt à la maitriser d'ici la fin de l'année. Aujourd'hui vous allez essayer de la préparer en suivant les instructions de votre livre à la page 152. A la fin de l'heure je passerai pour évaluer vos potions, et pas besoin de me demander vos notes, vous les verrez au moment de la remise des bulletins du premier trimestre. »

Tous les élèves ouvrirent leurs livres et s'afférèrent à préparer leur Amortentia.

La fin du cours approchait et la plupart des élèves avaient fini leur potion. Hermione était plutôt satisfaite de la sienne qui était d'un beau rose nacrée et d'où une fine vapeur s'échappait en spirale. Elle regarda à côté d'elle et fut contente de voir qu'Harry et Ron semblaient aussi s'être bien débrouillés.

Le rouquin était en train de renifler sa potion quand Lavande l'interpella de sa voix mielleuse:

« Qu'est-ce que sent ton Amortentia Ron ?

Ron réfléchit un moment avant de lui répondre d'un ton qui se voulait charmeur.

– Ça sent la lavande. »

La fille se mit à rire bêtement en rougissant alors que le rouquin en rajoutait une couche en lui faisant un clin d'oeil. Harry et Hermione se regardèrent en levant les yeux au ciel.

« Pourquoi est-ce que tu te mets à la draguer alors que tu l'as quittée il y a quelques mois parce que tu la trouvais trop collante ?!, chuchota Hermione.

– Je ne la trouvais pas si collante que ça, et puis il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

– Oui c'est surtout parce que c'est la seule fille qui s'intéresse à toi, se moqua Harry.

Hermione et Harry éclatèrent de rire.

– Vous pouvez rire, mais Harry tu dois ton succès seulement à ta cicatrice et toi Hermione je ne pense pas me tromper en disant que tu n'as eu aucune nouvelle de Krum depuis plus de deux ans non ?

– Détrompe toi Ronald, il m'écrit encore régulièrement, affirma-t-elle faisant ainsi virer Ron au rouge tomate, Et contrairement à toi Harry n' a pas besoin de passer son temps à essayer de séduire tout ce qui bouge parce que Ginny est folle amoureuse de lui et qu'il est fou amoureux d'elle. », ce fut au tour d'Harry de rougir.

Hermione avait menti au sujet de Viktor Krum, le garçon n'avait jamais essayé de la contacter depuis son départ de Poudlard, mais cela ne l'avait pas tant dérangé que ça. En effet elle le trouvait charmant, mais ça s'arrêtait là. Elle venait de mentir seulement pour faire fermer son clapet à Ron.

Le rouquin avait quant à lui menti sur l'odeur de son philtre d'amour, il n'avait absolument pas senti la lavande, au contraire, il avait vite reconnu le doux parfum sucré d'Hermione. Et si Ron venait d'essayer de séduire Lavande, c'était seulement dans le but de rendre jalouse Hermione. Il remarqua que cela n'avait pas vraiment eu l'effet escompté mais il n'abandonna pas pour autant son idée de reconquête de Lavande, car il était sûr que cela finirait par faire réagir sa meilleure amie dont il était tombé amoureux.

Hermione se pencha sur son Amortentia pour essayer d'identifier la douce fragrance qui en émanait. Elle reconnut tout d'abord une odeur de vieux livres, jusque là rien de bien étonnant. Le liquide nacré dégageait également une autre odeur, bien plus puissante, mais qu'Hermione peinait à identifier. Le parfum était délicieusement ambré et de petites frissons recouvrirent l'ensemble de sa peau quand la fine vapeur rentra dans ses narines. Cependant Hermione n'arriva pas à déterminer à quoi correspondait cette odeur intense qui semblait lui réchauffer tout le corps.

La sonnerie retentit et Rogue se mis à déambuler dans la salle, rangée après rangée, observant chacune des potions minutieusement, tout en inscrivant des notes sur son calpin qu'il tenait bien à l'abris de tout regard d'élève indiscret.

Harry, Ron et Hermione sortirent de la classe pour se diriger vers la grande salle où le repas venait d'être servi. Une fois installés à la longue table Gryffondor, Ron commença à manger comme un goret, Harry se mit à discuter avec Ginny, et les yeux d'Hermione divaguèrent vers la table des professeurs où une belle sorcière aux boucles noires venait de prendre place. Très vite Bellatrix releva les yeux et son regard croisa celui de son élève. Hermione lui sourit timidement et enjôleuse comme à son habitude, la sorcière noire lui répondit par un petit clin d'oeil.

On était vendredi et cet après-midi Hermione avait cours de Défense contre les forces du mal. Elle et Bellatrix n'avaient pas eu l'occasion de se reparler depuis qu'Hermione avait quitté confuse les appartements de la sorcière noire mardi soir. Néanmoins les deux femmes s'étaient croisées plusieurs fois, que ce soit dans les couloirs ou lors des repas dans la grande salle et Hermione avait eu droit à de nombreux petits regards et sourires charmeurs qui la faisait toujours autant rougir.

Une fois leur repas terminé, les trois Gryffondor se dirigèrent vers la salle de Mme Black. Ils arrivèrent devant la porte en avance d'une dizaine de minutes et Harry et Ron partirent aux toilettes avant que l'heure ne commence. Hermione rentra dans la salle et constata qu'elle était la première arrivée. La sorcière noire était assise sur son bureau, les jambes croisées, entrain de lire un livre. Au son des pas entrant dans la salle, elle leva les yeux de son bouquin et quand elle reconnut Hermione, sa mine hautaine disparut pour laisser place à un grand sourire joueur.

« Saleté, quel plaisir de te voir ! Et en avance en plus...

– Bonjour madame Black, répondit Hermione sans oser s'avancer plus.

– Viens ici. »

Hermione obéit sans broncher et s'approchant jusqu'à se tenir juste devant le bureau.

« Tu as passé une bonne semaine ?, Hermione haussa les sourcil, surprise par la question avant que Bellatrix ne rajoute avec un sourire narquois, Tes nuits n'ont pas été trop agitées?

Hermione leva les yeux au ciel, là elle reconnaissait plus la sorcière noire.

– Non, je n'ai pas rêvé de toute la semaine.

– Mmmh... je dois avouer que j'ai du mal à te croire... Je peux vérifier ?

– NON! Je vous interdis de rentrer dans ma tête.

Bellatrix pouffa de rire.

– Je ne crois pas que j'ai besoin d'utiliser la Légilimancie pour être dans ta tête Saleté...

Hermione rougit.

– Et ça vous plaît n'est-ce pas ?, demanda-t-elle agacée.

– Qu'est-ce qui me plaît ?

– D'être l'objet de toutes mes pensées, constamment. Que j'ai beau essayer de toutes mes forces, et que pourtant je reste incapable de vous sortir de ma tête. Qu'il ne se passe plus une minute sans que je ne pense à vous. », lâcha la Gryffondor dans une pulsion de sincérité.

Gênée par ses propres dires, la jeune femme détourna le regard, ce qui arrangea profondément Bellatrix qui s'était empourprée légèrement face aux révélations d'Hermione. La sorcière noire n'était jusqu'alors pas consciente d'obséder la fille à ce point, et quoi qu'elle en dise, cela la déstabilisa quelque peu. Mais, fidèle à elle-même, elle n'en laissa rien paraître et revêtit immédiatement son visage assuré et sa voix aussi froide que piquante.

« Tu penses vraiment que ça me plaît d'obséder une petite sang de bourbe insignifiante telle que toi ? Et puis cesse de te lamenter sur ton sort, ce n'est quand même pas ma faute si tu ne peux pas t'arrêter de penser à moi. C'est de ta faute et uniquement de ta faute, je t'ai donné l'occasion de stopper cette petite obsession stupide en arrêtant de te donner de l'attention, je n'y peux rien si tu as été trop idiote pour vouloir t'enliser un peu plus en lançant ce stupide jeu. Tu n'aurais jamais dû te lancer dans ce duel Sang de bourbe, de toute évidence tu es bien trop misérable pour ne pas te brûler les ailes à ton propre jeu. »

Hermione releva le regard pour le planter dans celui de sa professeure. Les prunelles noires étaient glaciales et les yeux de la fille se gorgèrent de larmes.

Bellatrix regretta instantanément ce qu'elle venait de balancer au visage d'Hermione. La fille ne méritait pas ça, elle s'était montrée sincère, peut-être un peu trop, et la sorcière noire avait été touchée par cette sincérité. Cependant dans sa tête cela voulait dire être faible et elle refusait d'être faible. Alors, comme toujours, elle avait enfilé sa carapace et avait été méchante avec la gamine. Ce n'était pas surprenant, c'est comme ça qu'elle fonctionnait. Ce qui était plus surprenant par contre, ce fut le regret qu'elle avait ressenti à l'instant même où elle avait vu les deux yeux bruns se remplirent de larmes. Ça ne lui était encore jamais arrivé auparavant, et cela la déstabilisa d'autant plus. Alors, pour se protéger, comme elle avait appris à le faire tout au long de sa vie, Bellatrix resta de marbre face à la détresse de la fille.

Hermione voulut répondre à la sorcière, mais elle n'y parvint pas. Elle était trop concentrée à retenir ses larmes de couler pour parvenir à articuler un seul mot. Elle se contenta alors de soutenir le regard du mur de glace qui lui faisait face. Heureusement pour elle, la sonnerie retentit et la salle fut vite remplie par les autres élèves. Elle ravala ses larmes et essaya de faire comme si de rien était, cependant Harry et Ron remarquèrent immédiatement que quelque chose n'allait pas. Ils la questionnèrent, mais la Gryffondor resta fermée en leur disant que tout allait bien, même si en vérité ce n'était absolument pas le cas.

Les propos de sa professeure l'avaient profondément touchée, d'une part parce que la femme qui était l'objet de toutes ses pensées venait de la dénigrer violemment, mais surtout parce qu'une bonne partie de ce que Bellatrix avait dit était vrai. C'était elle qui avait lancé ce stupide jeu, la sorcière noire n'avait fait qu'y participer. Elle était la seule fautive de son espèce d'obsession pour la femme. Par contre une partie de ce qu'avait Bellatrix était non seulement fausse, mais aussi cruelle, et Hermione comptait bien faire comprendre à la sorcière noire qu'elle n'avait pas à lui parler comme ça. A la fin du cours, elle se montrerait forte et elle irait la voir pour lui dire ses quatre vérités en face.

Le cours passa lentement pour les deux femmes, Hermione étant un peu plus en colère chaque minute et Bellatrix étant envahie par un désagréable sentiment de culpabilité grandissant au fur et à mesure que le temps s'écoulait.

Quand la sonnerie retentit ce fut une Hermione remontée comme une horloge qui déboula au bureau. Elle s'apprêta à crier sur sa professeure quand cette dernière la coupa dans son élan.

« Je tiens à te présenter mes... mes excuses, ce mot sembla presque lui écorcher la bouche, Je n'aurais pas dû te parler comme ça tout à l'heure, j'ai été injustement trop méchante avec toi Granger. »

Hermione resta bête un long moment, la bouche entrouverte, n'en revenant pas de ce qu'elle venait d'entendre. Bellatrix Black venait de lui présenter ses excuses, c'était jour de fête, cela ne devait pas arriver très souvent. Le pire étant que la sorcière s'était excusée d'une voix à la fois douce et sincère. Hermione sentit des fourmillements dans son ventre et toute sa colère s'envola instantanément. La femme avait beau l'avoir descendu plus bas que terre, pour Hermione tout était oublié, de simples excuses avaient suffi.

Bellatrix avait dû prendre sur elle pour formuler ces excuses, cela lui avait presque brûlé la langue. Elle n'était pas habituée à s'excuser, ou plutôt elle n'était pas habituée à s'excuser en étant sincère, et là, elle l'avait vraiment été. Alors même si elle se trouva horriblement faible de demander pardon ainsi, d'autant plus auprès de cette gamine, elle le fit et se sentit immédiatement soulagée. Elle le fut d'autant plus quand elle vit un grand sourire se dessiner sur le visage jusque là renfrogné d'Hermione.

« J'accepte vos excuses, surtout que je sais que la grande Mme Black n'est pas du genre à s'excuser, dit-elle malicieusement, Mais je tiens à vous dire que vous vous trompez, je ne vais pas me brûler les ailes et je ne suis pas prête de perdre ce duel.

Bellatrix plissa les yeux en souriant, ravie que la fille ait retrouvé toute sa malice.

– Si tu le dis Granger... c'est ce que nous verrons... »

--

Hermione était tranquillement installée sur son lit, complètement absorbée par son roman quand elle entendit toquer à la porte. Elle se leva pour aller ouvrir, en pensant que cela devait sûrement être Ginny qui venait pour lui raconter ses dernières anecdotes sur Harry, comme son amie se plaisait à faire. Elle ouvrit la porte et écarquilla les yeux. Bellatrix se tenait devant elle, son éternel sourire joueur scotché aux lèvres.

« Mme Black ?

– Granger. »

Hermione ne sut pas quoi dire de plus, alors Bellatrix se chargea de briser le silence devenu gênant.

« Tu vas te décider à me laisser rentrer Saleté ? »

La Gryffondor, toujours sans un mot, se décala pour laisser passer la femme. La sorcière noire partit directement s'affaler sur le lit.

« Je peux savoir ce que vous faites là ?

– Ton lit avait l'air beaucoup plus confortable que ton fauteuil ou que la chaise de ton bureau, répondit-elle sérieusement.

Hermione souffla en levant les yeux au ciel.

– Non, je veux dire, qu'est-ce que vous faites dans ma chambre ?

– Et bien je viens pour t'apprendre l'Occlumancie, dit-elle comme si c'était évident.

– Vous auriez pu me prévenir avant non ?

– Pourquoi ? Tu avais autre chose de prévu peut-être ?

– Non je n'avais rien de prévu. C'est juste que vous auriez simplement pu me prévenir.

– Peut-être que j'aurais dû te prévenir en effet... tu aurais sûrement mis autre chose que cette affreuse guenille, dit la sorcière avec une expression de dégoût en pointant du doigt le gros pyjama à carreaux vert et rouge d'Hermione.

– Vous n'êtes pas croyable ! Vous vous invitez à l'improviste et en plus vous trouvez le moyen de critiquer ce que je porte !

– Je ne critique pas, mais tu dois bien avouer que la tenue que je portais quand tu es venue dans mes appartement était bien plus agréable à regarder..., Hermione se mit à rougir, Et puis est-ce que je dois te rappeler que j'ai quand même la gentillesse de prendre de mon précieux temps pour te donner ces cours particuliers? Tu pourrais m'accueillir plus chaleureusement..., finit-elle d'une voix suave en jouant avec une de ses mèches de cheveux.

– Oui c'est vrai et je vous suis vraiment reconnaissante pour ça, mais avouez que si vous êtes ici ce soir c'est surtout pour gagner le duel.

Bellatrix sourit puis se mordit la lèvre inférieure.

– Peut-être que je suis aussi venue un peu pour ça en effet... »

Hermione roula des yeux et Bellatrix soupira.

« Aller arrête de faire ta rabat-joie Granger et viens ici, dit la sorcière en tapotant juste à côté d'elle sur le matelas. »

Hermione obéit en soufflant et vint s'assoir à côté de la femme qui était allongée sur le dos.

« Tu es prête ?

– Oui. »

Bellatrix rentra dans l'esprit d'Hermione, cette fois sans s'amuser à fouiller dans ses souvenirs.

« Je n'y arrive pas, pourtant j'ai vraiment l'impression de faire tout ce que vous m'avez dit.

– Concentre toi Granger, comme je te l'ai déjà dit, la magie ça ne s'apprend pas, ça se ressent.

– Oui mais là je ne ressens rien, s'agaça la Gryffondor en serrant les poings.

– Détends toi et concentre toi seulement sur la magie qui sommeille en toi. »

En accompagnant ses paroles, Bellatrix posa délicatement sa main sur celle d'Hermione qui frissonna en sentant la peau de la femme contre la sienne. Quelque chose se passa à travers ce contact, et Hermione réussit à bloquer son esprit.

« Tu vois quand tu veux ! »

Hermione rouvrit les yeux un grand sourire aux lèvres.

« Maintenant il va falloir que tu solidifies tes barrières et que tu apprennes à les tenir dans la durée, mais tu es déjà sur la bonne voie. Bravo Saleté. »

Les yeux de la fille pétillaient autant par le fait qu'elle venait de réussir à bloquer son esprit que par le fait que Bellatrix venait de la féliciter.

Hermione se mit alors à regarder la sorcière qui lui souriait légèrement, son beau visage encadré par ses boucles noires qui s'étalaient de tous les côtés sur le matelas. La femme était vraiment sublime.

Hermione fut tirée de sa contemplation par la main de Bellatrix qui n'avait toujours pas quitté la sienne, et dont le pouce avait doucement commencé à caresser la paume de sa main.

Les yeux d'Hermione se retournèrent alors vers le visage de la sorcière pour venir se planter dans les deux prunelles noires, prunelles dans lesquelles régnait une étrange étincelle.

La fille, complètement hypnotisée à la fois par le regard perçant mais aussi par les douces caresses sur sa main, commença à lentement se pencher au dessus du visage de Bellatrix. Au fur et à mesure qu'elle s'approchait, l'étincelle s'intensifiait dans les yeux noirs, et alors que ses lèvres étaient prêtes à se joindre à celles de la femme, Hermione reconnut ladite étincelle. En effet, elle l'avait déjà vu, c'était celle qui emplissait les deux pupilles noires quand Bellatrix s'apprêtait à gagner un duel, elle traduisait l'excitation de la sorcière noire face à sa victoire.

Hermione s'arrêta si proche de la bouche de la femme que leurs souffles se mélangeaient, seulement la fille ne vint pas briser la distance qui la séparait de l'objet tant désirer. Non, elle ne voulait pas offrir cette victoire à Bellatrix, elle ne lui offrirait pas cette satisfaction. Cependant, Hermione ne se recula pas pour autant, complètement tiraillée par le désir.

« Pourquoi est-ce que tu t'arrêtes maintenant ? Pourquoi ne pas aller jusqu'au bout ? Tu es si près du but..., murmura Bellatrix, ses lèvres frôlant celles de la Gryffondor.

– Parce que si je continue, je perds, chuchota Hermione.

– Oui mais tu meurs d'envie de le faire, je le vois bien, je le sens. Tu n'as qu'une envie c'est de fondre tes lèvres aux miennes, de venir trouver ma langue, de...

– Stop..., la coupa-t-elle dans un souffle.

– Je ne comprends pas pourquoi tu t'entêtes tant à te torturer, tu sais très bien que tu finiras un jour par perdre ce duel. Tu le sais depuis que tu l'as commencé. Alors pourquoi résister ? Pourquoi ne pas céder à la tentation ici et maintenant ? »

Hermione était prête à craquer, sa volonté de ne pas donner la victoire à la sorcière noire était bien moindre face à tout le désir qu'elle ressentait à l'instant. Elle s'apprêtait à fondre ses lèvres à celles rouge sang. Ses yeux toujours plongés dans ceux de Bellatrix, elle vit une nouvelle fois l'étincelle de victoire s'intensifier un peu plus, ce qui fut comme un électrochoc pour Hermione qui se redressa brusquement.

Il était hors de question qu'elle perde, pas parce que cela offrirait une grande satisfaction à Bellatrix, non, en vérité elle se fichait pas mal de cela. Seulement, la sorcière noire le lui avait dit, quand elle gagnerait, elle recommencerait à l'ignorer, et Hermione avait promis qu'elle ne s'y opposerait pas. La Gryffondor ne pouvait pas accepter ça. Etre privée de Bellatrix lui ferait beaucoup plus de mal que de continuer à résister à la tentation, elle en était persuadée.

Bellatrix se redressa à la suite d'Hermione en la regardant avec incompréhension.

« Je ne te comprends vraiment pas Granger. », dit-elle simplement.

La sorcière noire n'avait aucune idée du débat intérieur d'Hermione. Pour elle ses paroles étaient des paroles en l'air, elle ne comptait plus du tout ignorer la fille une fois le duel gagné. Elle comptait seulement arrêter de la torturer en la tentant sans arrêt, car même si elle ne l'avouerait sûrement pas de vive voix, elle appréciait la compagnie de cette gosse à la fois brillante et malicieuse.

Bien que de ce qu'elle avait pu voir, la fille n'était pas particulièrement quelqu'un de compétitif, Bellatrix pensait qu'Hermione luttait simplement par soif de victoire, car pour elle s'était la seule explication possible à un tel acharnement pour ne pas céder.

« Je ne te pensais pas l'âme si compétitive Saleté, apparemment j'ai dû me tromper... Mais ne t'inquiètes pas, ta défaite ne saurait tarder, je n'en ai pas encore fini avec toi... »

Bellatrix glissa sa main sur la joue d'Hermione et vint poser ses lèvres sur son autre joue. La fille retint sa respiration le temps du bisou. Bellatrix le remarqua et se mit à sourire.

« Bonne nuit Saleté, je risque de repasser dans le week-end, je préfère te prévenir, histoire que tu mettes une tenue plus agréable pour mes rétines... »

La sorcière noire retira sa main de la joue d'Hermione et d'un bond elle sortit du lit, puis de la chambre.

Dès que la porte fut fermée, Hermione s'écroula contre son oreiller, posant la main sur sa joue droite, joue qui la brulait, joue qui avait abrité les lèvres sanguines quelques instants plus tôt. Le corps bouillant et le ventre remplit de fourmillements, elle soupira lourdement. Bellatrix avait bien raison, à trop résister à la tentation, Hermione ne faisait que se torturer elle-même.

Si seulement Hermione avait conscience que tous ses efforts ne servaient à rien car ce qu'elle redoutait tant n'était pas prêt d'arriver, la sorcière noire ne voulait absolument plus l'ignorer.

Le pire était qu'elles le savaient aussi bien l'une que l'autre, la lutte de la Gryffondor était complètement vaine, c'est Bellatrix qui, comme toujours, remporterait le duel.