Un mois s'était écoulé depuis la fin du duel.
En ce matin du 18 décembre, en regardant par sa fenêtre, Hermione eut la joie de voir qu'il avait neigé pendant la nuit. Une fine couche blanche recouvrait l'ensemble du parc de Poudlard ainsi que la cime des arbres de la forêt interdite. Hermione adorait ce paysage enneigé et cela lui décrocha un grand sourire. Son sourire fut cependant assez bref.
Aujourd'hui était un jour important, non seulement ce soir avait lieu l'annuel bal d'hiver de Poudlard qui accueillait les sixièmes et septièmes années à fêter la veille du départ en vacances, mais surtout, aujourd'hui était le jour de la remise des bulletins...bulletin qu'elle attendait anxieusement depuis un long mois.
Hermione enfila rapidement son uniforme aux couleurs de Gryffondor et se dépêcha de descendre dans la salle commune. Mcgonagall était déjà là, installée à une table, une pile de feuilles devant elle. Une poignée d'élèves était en train de récupérer leur relevé de notes et Hermione les rejoignit. La sorcière à la robe émeraude lança un doux sourire en voyant la Gryffondor approcher.
« Bonjour Miss Granger.
– Boujour professeure.
– Vous m'avez l'air stressé Hermione, vous ne devriez pas, c'est excellent comme d'habitude, dit Mcgonagall d'une voix bienveillante en lui tendant son bulletin.
– Merci madame. », répondit Hermione en souriant sincèrement à la femme qui avait longtemps était son professeur préféré.
La fille s'éloigna un peu et commença à feuilleter son bulletin. Sans surprise, et comme à chaque trimestre depuis maintenant sept ans, elle avait les félicitations du conseil de classe. Elle continua à tourner les pages jusqu'à arriver à celle qui l'intéressait, c'est-à-dire jusqu'à arriver au relevé de notes des Potions. Quand elle eut atteint ladite page, elle se mit à chercher la ligne en question, et quand elle tomba sur le mot Amortentia, elle ne put s'empêcher de lancer tout haut un « Et merde... », qui fut sûrement audible dans toute la pièce au vue de tous les regards qui se tournèrent vers elle.
« Je ne vous savais pas si vulgaire Miss Granger, surtout que quand on voit vos notes, il est vraiment difficile de deviner la raison de cette injure... »
Rouge de honte, Hermione s'excusa poliment avant de regagner sa chambre, montant les quelques marches de l'escalier en colimaçon quatre par quatre.
Une fois rentrée dans son entre, elle s'écroula sur son lit en soupirant. Ses craintes venaient d'être confirmées, elle avait parfaitement réussi son Amortentia... Ce qui par conséquent, signifiait qu'elle avait aussi développé de forts sentiments pour sa professeure, pour sa magnifique et séduisante professeure de Défense contre les forces du mal...
Durant ce long mois, Hermione avait consciencieusement évité la sorcière noire qui le lui avait bien rendu. En effet, pour son plus grand soulagement, la Gryffondor avait très vite constaté que sa professeure l'évitait également. Les deux femmes s'en étaient donc tenues aux quelques échanges qu'imposaient les cours de Défense contre les forces du mal, et c'était tout. Enfin presque tout, car il arrivait aussi qu'elles se surprennent l'une et l'autre à se regarder, mais dès l'instant où elles étaient repérées, elles détournaient le regard.
Hermione n'avait pas été étonnée que la femme l'évite, elle lui avait bien dit qu'une fois le duel gagné elle recommencerait à l'ignorer, et bien c'est ce qu'elle avait fait. D'un côté, Hermione lui en était reconnaissante car ce mois loin d'elle lui avait permis de prendre un peu de recul et de réfléchir à la situation. Mais d'un autre côté, ces quatre semaines lui avaient paru interminables, car elle devait bien l'admettre, Bellatrix lui manquait terriblement.
A défaut de passer son temps en compagnie de la sorcière noire, la Gryffondor avait passé de longues heures à la bibliothèque et elle avait épluché tout ce qu'elle avait pu trouver sur l'Amortentia. Cependant tout cela n'avait servi à rien, tous les ouvrages disaient la même chose. Si sa potion sentait l'odeur, l'irrésistible odeur de Bellatrix, c'était parce qu'elle éprouvait des sentiments pour la femme, et les écrits étaient tous très clairs, il s'agissait de forts sentiments amoureux.
La fille était dépitée, comment avait-elle pu tomber ainsi pour la femme. Elle qui avait conscience d'être irrépressiblement attirée par Bellatrix, elle qui s'était très vite mise à la désirer, elle qui avait même appris à réellement l'apprécier au fur et à mesure qu'elle passait du temps avec la professeure, n'avait pourtant jamais pensé pouvoir tomber amoureuse de la sorcière. Elle n'y avait même pas songé l'espace d'une seconde.
Néanmoins, Hermione mentirait si elle disait qu'elle était étonnée par l'excellente note que Rogue avait attribué à son Amortentia. Au fond d'elle, elle le savait et sentir l'odeur ambrée dans la chevelure ébène avait été le déclic, elle était tombée amoureuse de Bellatrix.
Elle y avait réfléchi tout au long de ce mois, les fourmillements qui apparaissaient dans son ventre dès qu'elle croisait la sorcière et non plus seulement quand cette dernière la provoquait, ses yeux pétillants et ses sourires béats dont la femme avait l'exclusivité, le fait qu'elle ne voulait plus seulement l'embrasser, mais qu'elle la voulait elle, toute entière, tout le temps, pour toujours...
Oui il n'y avait plus aucun doute sur le fait qu'Hermione ne se contentait plus de simplement désirer Bellatrix, non, elle l'aimait, et pour son plus grand malheur, la fille en avait bien conscience.
Quand était-elle tombée pour la femme ?
Elle ne le savait pas exactement, sûrement pendant leur stupide jeu. Hermione se détestait d'avoir lancé ce duel et elle détestait Bellatrix d'avoir eu raison en disant qu'elle finirait par se bruler les ailes. En effet, s'il restait encore quelque chose des ailes de la fille, cela devait se résumer à un tas de cendre.
Hermione regrettait le temps où elle se contentait de fantasmer innocemment... ou presque, sur la sorcière noire, tout cela était tellement plus simple. La Gryffondor en avait bien conscience, la situation dans laquelle elle se trouvait maintenant n'avait plus rien de simple. Elle en était persuadée, s'être éprise de cette femme était sans nul doute la chose la plus dure qu'elle puisse s'infliger à elle-même.
Bellatrix, en plus d'être sa professeure de plus de 20 ans son aînée, était aussi une grande joueuse et une grande séductrice, une femme aussi belle que brillante qui pouvait avoir littéralement qui elle voulait, quand elle le voulait. Hermione était convaincue que pour Bellatrix, elle n'était qu'une pathétique gamine sang de bourbe aussi collante que désespérante, et que la sorcière s'était accommodée de sa compagnie seulement car cela lui plaisait de torturer ses sentiments et de se jouer d'elle. Hermione semblait avoir bien vite oublié l'inquiétude et la compassion dont la sorcière noire avait fait preuve à son égard, lorsqu'elle était venue la consoler ce soir là, ce dernier soir qu'elles avaient passé ensembles.
Après ce long mois d'introspection, Hermione était sûre de deux choses. La première étant que Bellatrix Black était pour elle une femme aussi inaccessible que dangereuse. La seconde étant qu'elle lui manquait terriblement et qu'elle se montrait de moins en moins capable de continuer à l'ignorer.
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Elle redressa la tête pour regarder l'horloge qui indiquait 19h45. Il lui restait plus d'une heure avant que ce foutu bal ne commence, alors elle reposa sa tête contre l'accoudoir du canapé, et se replongea dans sa lecture. Cela faisait un mois que Bellatrix passait toutes ses soirées affalée devant la cheminé à lire, et cela lui convenait très bien. Elle aurait cependant préféré être affalée sur un certain lit aux draps bordeaux en train d'enseigner l'Occlumancie et de taquiner une certaine jeune femme à la tignasse châtain, mais ça, elle se garderait bien de le dire.
Dumbledore avait longuement insisté en lui disant que chaque année, depuis elle ne savait plus exactement combien de temps, tous les professeurs assistaient au bal d'hiver et qu'il serait dommage qu'elle déroge à la tradition. La sorcière d'abord plus que réticente, avait fini par se laisser convaincre par le vieux directeur qui avait mis en avant un argument imparable: le bar réservé aux professeurs qui contenait, pour reprendre ses mots, "des whiskys d'un âge supérieur au mien." Albus avait bien évidemment visé juste, et Bellatrix avait finalement cédé à l'appel du délicat liquide.
Après avoir passé une bonne demi-heure à lire, la sorcière noire se décida enfin à aller se préparer. Elle rentra dans sa salle de bain en marbre noir, se déshabilla et glissa sous le filet d'eau bouillante. Une fois sa douche terminée, elle se sécha rapidement et se dirigea vers l'armoire de sa chambre. Qu'allait-elle bien pouvoir mettre ? Une robe, un corset et une paire de talons, cela allait de soit.
Elle passa une sublime robe en velours bleu-nuit très foncé, presque noir. Elle moulait parfaitement tout son corps, s'arrêtait au ras du sol et laissait dévoiler un décolleté dangereusement plongeant. Elle enfila ensuite un corset assorti, qu'elle prit le temps de lacer minutieusement, de sorte à ce qu'il affine encore un peu plus sa taille pourtant déjà dramatiquement étroite. Pour finir, elle chaussa une paire d'escarpins aux talons vertigineux qui finissaient d'accentuer le galbe de sa silhouette de rêve. Bellatrix repartit dans la salle de bain pour mettre un peu de rouge à lèvre couleur sang. Elle prit le temps de s'admirer dans le miroir, elle était plus que satisfaite de son reflet et elle avait bien raison de l'être.
Ses talons poignardant le sol à chacun de ses pas, Bellatrix avançait de sa démarche assurée en direction de la grande salle. Quand elle passa les portes, la première chose qui la frappa ne fut pas l'élégante décoration blanche et dorée, ni encore l'immense sapin brillant de milles feux qui trônait au centre de la pièce, non, ce qui la frappa fut la gracieuse silhouette rouge qui se tenait dans un coin. Quand le regard brun se releva pour venir croiser le sien, l'étrange sensation qui l'avait submergée un mois plus tôt se remanifesta, et Bellatrix eut chaud, très chaud...
Elle le savait, cette sensation étrange n'était autre que le désir. Un désir qui avait longtemps rythmé sa vie luxurieuse au fil des nombreuses aventures qu'elle avait partagé avec de multiples amants, désir qui avait pourtant fini par mourir dans les bras d'Azkaban. Bellatrix ne pensait plus jamais pouvoir le ressentir, il s'était échappé et elle n'avait pas réussi à le retrouver depuis. Cependant, c'était sans compter sur son retour foudroyant causé par la vision d'Hermione dans sa nuisette blanche ce soir là, ce dernier soir qu'elles avaient passé ensembles.
Seulement c'était inconcevable pour Bellatrix. Il était complètement impossible que cette gamine de 18 ans, agaçante, niaise, Gryffondor et en plus sang de bourbe soit la personne qui ait réveillé son désir. Bellatrix n'y croyait pas une seconde, ou du moins ne voulait pas y croire. Hermione Granger n'était certainement pas celle qui avait ravivé son appétit sexuel, elle en était sûre, ou plutôt elle aimerait en être sûre.
Plus elle y avait pensé, plus elle avait dû se résigner, la fille avait bien cet effet sur elle. Comme si cela ne pouvait être pire, dès le lendemain, Hermione avait commencé à l'ignorer. Elle ne comprenait pas le comportement de la Gryffondor, comment pouvait-elle maintenant faire tout son possible pour l'éviter, alors que la veille encore, elle se serait damnée rien que pour avoir un peu plus d'attention de sa part. Cela n'avait absolument aucun sens pour Bellatrix. La femme s'était retrouvée cependant bien accommodée par l'éloignement d'Hermione et s'était donc très vite mise à l'ignorer à son tour.
Effectivement, il était beaucoup plus facile pour la sorcière noire d'éviter l'objet de ses tourments plutôt que de le confronter. Elle aimait à penser qu'il lui suffisait d'ignorer quelques temps la fille pour que ce désir incongru et ridicule cesse. Apparemment il s'avérait qu'elle avait tord, ce mois de distance avec Hermione n'avait absolument pas éteint la flamme qui brûlait en elle, et l'avait même au contraire, quelque peu attisée...
Les deux femmes s'étaient donc évitées mutuellement, chacune sans vraiment comprendre pourquoi l'autre l'esquivait aussi. Pourtant elles s'ignoraient toutes deux exactement pour la même raison: la peur de ce que l'autre provoquait en elle.
Leurs yeux restèrent en phase quelques secondes avant que chacune ne détourne le regard. Bellatrix repéra très rapidement le bar et partit vite s'y réfugier.
La femme lui faisant maintenant dos, Hermione reposa ses yeux sur elle. La robe de la sorcière était comme une seconde peau, elle trouvait ça presque indécent. Elle devait cependant avouer, qu'elle n'était pas vraiment la plus objective puisqu'elle trouvait Bellatrix affreusement sexy dans tout ce qu'elle pouvait porter. Elle la regarda longuement, la dévorant littéralement des yeux.
La professeure s'était mise à discuter avec Rogue, offrant ainsi une vue de son profil à Hermione. La fille s'amusa à penser que, si d'habitude elle l'égalisait, ce soir la beauté de la femme dépassait de loin celle de la licorne. Elle était tout simplement divine. Si la Gryffondor s'était évertuée à moins regarder Bellatrix ces derniers temps, ce soir elle était tout simplement incapable de détacher ses yeux d'elle.
« Aïe! Mais qu'est-ce qui te prend ?!
Harry venait d'assener un coup de coude assez conséquent dans les côtes d'Hermione.
– Arrête de la regarder comme ça Hermione, on dirait presque que tu es possédée. »
La fille ne répondit rien et se contenta de se retourner pour ne pas se reperdre aussitôt dans sa contemplation. Elle pensa alors qu'Harry avait raison, Bellatrix la possédait complètement.
De son côté, Bellatrix avait abandonné Severus pour se servir un second verre, elle devait avouer que sur ce point là, Albus ne lui avait pas menti, le whisky était excellent. Une fois son verre rempli, elle se redirigea vers Rogue qui était maintenant en compagnie de Mcgonagall.
« Mme Black, nous allons ouvrir le bal dans quelques minutes, l'informa cette dernière.
Bellatrix fronça ses sourcils en interrogeant du regard les deux professeurs.
– Comment ça NOUS ?
– Albus ne vous a pas prévenu ? Tous les professeurs ouvrent le bal sur une valse, expliqua calmement Minerva.
– Dites-moi que vous plaisantez ?
– Crois-moi, j'aimerai bien, lui dit Severus qui n'avait pas l'air des plus ravis.
– Nous faisons cela depuis plusieurs années maintenant car nous avons remarqué que ça incite les jeunes à venir danser ensembles au lieu de rester tous dans leur coin. Vous danserez avec Severus, précisa-t-elle avant de rajouter d'une voix un peu ironique, Rassurez-moi vous savez bien danser la valse Mme Black ? »
Bellatrix ne répondit rien mais leva les yeux au ciel. Bien sûr qu'elle savait danser une foutue valse, cela ne voulait par pour autant dire qu'elle en avait envie.
Hermione, comme à peu près tous les élèves présents dans la salle, tourna les yeux vers la piste de danse quand elle entendit la musique se lancer. Quelle ne fut pas sa surprise quand elle vit Bellatrix s'avancer bras dessus bras dessous avec Rogue. Le duo se mit à danser aux côtés de Mcgonagall et Dumbledore qui valsaient le sourire aux lèvres.
Hermione laissa échapper un léger rire en voyant la mine renfrognée de Bellatrix qui n'avait clairement pas envi d'être là.
Le spectacle était en effet plutôt comique, alors que la sorcière tirait une tronche de trois mètres de long, Rogue affichait une mine plutôt gênée alors qu'il se tenait raide comme un piquet, peinant à guider sa partenaire. Heureusement la grâce et l'assurance des pas de la femme rattrapaient un peu le massacre, mais cela ne fut tout de même pas suffisant pour retenir les rires de plusieurs étudiants, dont Ron et Harry qui s'esclaffèrent plus que bruyamment tout en pointant Rogue du doigt.
Bellatrix, toujours en train de danser la mine grincheuse, se tourna vers la source des rires, et quand elle vit Hermione arborer un sourire moqueur aux côtés de ses deux imbéciles d'amis qui riaient au éclats, elle ne put s'empêcher de gratifier la fille d'un regard assassin. Le sourire d'Hermione ne désemplit pas face au regard menaçant de la sorcière, au contraire il s'étira. Cela eut pour effet d'agacer encore un peu plus Bellatrix.
Hermione continua de la regarder, en pensant que même si la femme semblait y mettre toute la mauvaise volonté du monde, elle dansait quand même de manière gracieuse et élégante, et cela même guidée par le piètre danseur qu'était Rogue.
Dès que la chanson prit fin, Bellatrix s'extirpa rapidement de la piste de danse qui commençait à se remplir d'élèves. La sorcière noire partit retrouver son verre de whisky qui l'attendait sagement posé sur le bar.
Ginny réussit vite à convaincre Harry de l'accompagner danser. Ron regarda Hermione, puis Lavande, se demandant laquelle il ferait mieux d'inviter à danser. En voyant que son amie ne prêtait pas du tout attention à lui alors que Lavande semblait lui faire les yeux doux, il décida d'aller demander à cette dernière, espérant par la même occasion rendre Hermione jalouse.
Il n'eut pas le temps d'atteindre la fille qu'un Poufsouffle l'avait déjà invitée à danser. Le rouquin fit alors demi-tour pour revenir vers Hermione.
« Tu viens danser avec moi, demanda-t-il en lui tendant la main.
Hermione tarda un peu à lui répondre, concentrée à regarder autre part. Elle finit toutefois par poser ses yeux sur son ami.
– Non Ron, je ne serai certainement pas ton second choix. », lui dit-elle sèchement avant de partir sans se retourner, laissant le roux planter là, les joues teintées d'un rouge vif.
Hermione ne voulait pas être désagréable avec Ron, elle se contre-fichait qu'il préfère inviter Lavande. Si elle lui avait répondu aussi sèchement, c'était simplement pour se débarrasser de lui rapidement, et ainsi rejoindre la sorcière noire qu'elle venait de repérer seule accoudée au bar.
Elle n'en pouvait plus et elle n'en voulait plus. Ignorer la femme était plus dur que de la laisser se jouer d'elle. Hermione se dit même qu'avec un peu de chance, la sorcière se contenterait de la rejeter violemment, ainsi peut-être elle lui briserait le cœur et elle pourrait enfin passer à autre chose, la sortir enfin de sa tête. C'était peut-être un peu pessimiste, mais cette option lui semblait bien plus probable que de retrouver une Bellatrix qui lui sauterait dans les bras.
Elle se faufila jusqu'au bar et une fois arrivée juste derrière la femme, elle prit une grande inspiration et se lança.
« Je ne savais pas que vous étiez du genre à danser une valse Mme Black. »
Le dos de Bellatrix se raidit en entendant la voix malicieuse dont elle avait été privée depuis longtemps. Elle se retourna pour faire face à son élève et la regarda de haut en bas en affichant un visage glacial qui contrastait bien avec le feu qui brûlait en elle. Le corps de Bellatrix était en ébullition face à cette vision de la jeune femme dans cette petite robe rouge qui lui allait parfaitement.
Elle n'eut pas le temps de réfléchir à quelle attitude adoptée face à la fille qu'elle répondit spontanément d'un ton enjoué.
« Il y a encore énormément de choses que tu ne sais pas sur moi Granger...
Bellatrix s'effraya presque quand à la facilité avec laquelle elle venait de détruire les barrières qu'elle s'était imposée pendant un mois.
– Vous m'avez déjà dit ça, répondit Hermione toute rougissante.
– Je sais, mais c'est toujours tout aussi vrai.
– Sans doute..., répondit la fille en baissant les yeux gênée de ce qu'elle allait dire, Je tenais à m'excuser de vous avoir évité depuis la dernière fois...
Bellatrix haussa les sourcils.
– Tu n'as pas besoin de t'excuser, ce n'est pas comme si ça m'avait dérangé plus que ça. », répondit-elle d'un ton qu'Hermione interpréta à tord comme étant totalement sincère.
Voyant que la fille fixait toujours ses pieds sans se décider à parler, Bellatrix lui posa une des questions qui perturbaient son esprit.
« Pourquoi est-ce que tu m'as ignoré Granger ?
Hermione leva les yeux, elle était écarlate.
– Vous m'avez aussi ignoré, dit-elle en espérant esquiver la question.
Bellatrix ricana.
« Je ne suis pas celle de nous deux qui demande sans cesse l'attention de l'autre, donc je ne t'ignorais pas, je n'allais pas simplement quémander ton attention Granger. Maintenant réponds à ma question.
– Je ne vous parle pas de quémander mon attention, mais si vous ne m'ignoriez pas, pourquoi est-ce que vous n'êtes pas venu me demander pourquoi-est que je vous évitais ?
– Peut-être parce que je m'en fiche complètement, répondit-elle de manière piquante.
– Et pourquoi est-ce que vous me le demandez maintenant si vous vous en fichez tant que ça ?, demanda Hermione légèrement vexée.
– Simple curiosité, affirma la sorcière.
Un éclair de malice reprit place sur le visage d'Hermione et Bellatrix se demanda ce que la fille allait bien pouvoir sortir.
– Et après vous osez me traiter de curieuse maladive...
Bellatrix leva les yeux au ciel.
– Sérieusement Granger... il y a un monde entre poser une simple question et pister sa professeure dans les bois en pleine nuit. Maintenant réponds à ma question.
– Est-ce que l'on pourrait reprendre les cours d'Occlumancie ?, demanda Hermione en espérant encore une fois esquiver la question.
– Qu'est-ce que tu peux être agaçante Granger, ça ne m'avait pas manqué... Maintenant réponds à ma question avant que je ne commence à m'énerver.
Hermione ignora la seconde phrase.
– Parce que le reste vous a manqué ? »
Bellatrix leva les yeux au ciel devant le sourire en coin d'Hermione.
Leur discussion fut interrompu par un raclement de gorge qui les fit se retourner.
Dan Travers, un Serpentard de sixième année se tenait là. Hermione ne le connaissait pas personnellement mais sa réputation le précédait. Elle savait donc que sa famille était de sang pur et bien entendu il arborait toute l'arrogance et la condescendance que cela impliquait. Il était surtout connu comme étant un grand coureur de jupon, et au vue de la manière dont il regardait Bellatrix, elle était sans nulle doute sa cible de la soirée.
Le garçon avança un peu plus vers la professeure, bousculant Hermione au passage, ne lui prêtant pas la moindre attention. La Gryffondor le regarda avec un regard noir avant même qu'il n'ait ouvert la bouche.
« Bonsoir Mme Black, je tenais à vous dire que vous êtes particulièrement magnifique ce soir, dit-il d'un ton charmeur.
Hermione roula des yeux. Bellatrix qui aurait normalement congédié froidement le garçon pour son impudence, décida de s'amuser un peu plus de la réaction d'Hermione.
– Merci, Dan c'est très gentil à toi, répondit-elle en lui faisant les yeux doux de manière exagérée.
Le garçon fut surpris que la femme l'appelle par son prénom. Hermione commença clairement à bouillir devant la coquetterie dont Bellatrix faisait preuve.
– J'aimerai vous inviter à danser Mme Black. »
Le garçon, sûr de lui, tendit un bras à sa professeure. Les yeux d'Hermione lançaient des éclairs. Bellatrix voyant la haine dans les yeux de la fille n'hésita pas une seconde et saisit le bras du grand brun.
Hermione resta bête en regardant la femme se laissait guider par Travers jusqu'à la piste de danse. Il passa ses bras autour de la taille de Bellatrix, qui quant à elle passa ses bras derrière la nuque du jeune homme. Hermione était sidérée, elle venait à peine de retrouver sa compagnie qu'un abruti arrogant venait de la lui piquer.
Bellatrix lança un petit regard moqueur à la fille qui semblait hésiter à débouler sur la piste pour venir frapper le garçon au visage. Au lieu de ça, Hermione eut une autre idée et elle traversa la salle pour retrouver Ron.
« Tu veux toujours danser ?
Le rouquin la regarda surpris.
– Je croyais que tu ne voulais pas être mon second choix...
Elle leva les yeux au ciel.
– Je plaisantais Ron, qu'est-ce que je peux bien en avoir à faire d'être ton second choix alors que nous sommes simplement amis, cette phrase fut comme un coup de poignard pour le garçon, Dépêche toi j'adore cette musique ! », dit-elle en le tirant par le bras, impatiente d'aller voir Bellatrix.
La sorcière noire fut amusée de voir la Gryffondor arriver au bras du rouquin, si elle pensait que cet imbécile heureux aller la rendre jalouse, c'était raté.
Hermione et Ron commencèrent à danser, lui en la contemplant les yeux pétillants et les joues rosies, elle en lançant des regards noirs à Travers qui descendait de plus en plus ses mains le long du dos de Bellatrix.
Toujours plus joueuse, la femme resserra ses bras autour du coup du brun, réduisant ainsi l'espace qui séparait leurs corps. Travers eut un sourire qu'Hermione jugea comme étant écœurant et s'ils pouvaient tirer, ses yeux auraient déjà tué le garçon.
Bellatrix, sentant la Gryffondor sur le point de craquer, décida d'en rajouter une couche. Elle vint approcher sa bouche de l'oreille de son cavalier pour venir y chuchoter quelques mots, tout au long du processus ses yeux ne lâchèrent pas le regard brun d'Hermione dans lequel elle pouvait voire la rage gronder.
Hermione était verte de jalousie, et alors qu'elle ne pensait pas cela possible de l'être plus, elle vit les deux sales pattes du garçon venir descendre tellement bas qu'elles se posèrent sur les fesses de Bellatrix.
Ce fut la goutte de trop pour Hermione qui se recula de Ron, prétextant avoir une envie pressante avant de s'enfuir de la grande salle en direction des toilettes.
Bellatrix fut satisfaite de vérifier qu'elle avait toujours cet ascendant sur Hermione. C'était déjà extrêmement dur pour elle de concevoir être attirée par la fille, alors elle avait au moins besoin de savoir que la fille l'était d'autant plus, elle avait besoin de dominer la situation.
Une fois la chanson terminée, Bellatrix se débarrassa vite de son cavalier devenu trop encombrant et se demanda ce qu'elle allait faire. Allait-elle tranquillement laisser Hermione redescendre en pression en allant simplement se servir un verre de whisky ? ... Ou allait-elle s'amuser encore un peu plus ?
Hermione était devant le miroir dans les toilettes du rez-de-chaussée, elle essayait de se calmer et se maudissait de se mettre dans un tel état de rage pour une stupide histoire de jalousie mal placée. Elle ouvrit le robinet, baissa la tête et commença à s'asperger le visage d'eau glacée histoire de se rafraichir un peu les idées.
Alors qu'elle avait toujours la tête penchée dans le lavabo, elle entendit un bruit de pas s'approchait, un bruit de pas qu'elle reconnaîtrait entre mille.
Elle releva la tête et vit dans le miroir que Bellatrix se tenait juste derrière elle, et avant qu'elle ait eu le temps de faire le moindre mouvement, la femme colla son corps contre son dos et posa ses mains sur le rebord du lavabo de part et d'autre de la taille de la fille.
Hermione était piégée, mais elle devait avouer que sentir la poitrine de Bellatrix se soulever contre son dos à chacune de ses respirations était loin d'être désagréable.
« Alors comme ça en plus d'être agaçante, niaise, empotée et beaucoup trop curieuse tu es aussi une grande jalouse Saleté ?
Hermione leva les yeux au ciel.
– Je vois que vous avez trouvé pleins de qualités pour me décrire, c'est vraiment appréciable, merci, dit-elle d'un ton ironique avant d'ajouter, cette fois-ci d'un ton sérieux, Et je ne suis absolument pas jalouse.
– Menteuse... »
Les yeux noirs captèrent les yeux bruns dans le reflet du miroir.
« Cette petite robe te va à ravir Saleté, chuchota Bellatrix d'une voix suave.
Le teint d'Hermione devint immédiatement presque aussi rouge que sa robe. Ses yeux pétillaient et elle ne réfléchit pas longtemps avant de répondre dans une souffle.
– Et vous êtes sublime dans cette robe... »
Une sourire carnassier apparut sur le visage de la sorcière noire et Hermione observa dans le miroir les fines mains blanches se décoller du lavabo pour venir lentement se poser sur ses hanches. Le fille frémit sous le contact et le sourire de Bellatrix s'étira un peu plus. Une de ses mains remonta un peu pour venir caresser délicatement la taille, puis le ventre d'Hermione. Des millions de fourmillements emplirent le corps de la Gryffondor.
Elle était persuadée que la femme se jouait encore d'elle et qu'elle allait s'arrêter brusquement d'un moment à l'autre. Alors, pour limiter sa future frustration, Hermione attrapa les mains de Bellatrix dont l'une avait commencé à se balader de plus en plus haut tandis que l'autre au contraire allait de plus en plus bas. Hermione put lire l'incompréhension sur le visage de Bellatrix en regardant leur reflet.
« Je ne sais pas si vous vous en rappelez, mais vous avez déjà gagné il y a un mois, le jeu est terminé. »
Hermione vit alors le visage de la femme s'approcher de son oreille, et les quelques mots qu'elle lui murmura la firent violemment tressaillir.
« Qu'est-ce qui te dit que je suis encore entrain de jouer. »
La voyant complètement en transe, Bellatrix en profita pour dégager ses mains de celles de la fille et vint saisir ses hanches pour la retourner afin qu'elle lui fasse face.
Les deux paires d'yeux complètement assombries par le désir se fondirent l'une à l'autre. Leurs visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres et Hermione vit Bellatrix regarder de plus en plus ses lèvres. Elle entreprit alors de briser la distance qui la séparait de la bouche qu'elle désirait tant. Plus les lèvres de la Gryffondor s'approchaient et plus le corps de Bellatrix était en feu.
Seulement Hermione s'arrêta brusquement alors que ses lèvres frôlaient celles de la femme et Bellatrix se recula.
Les deux femmes ne s'étaient pas séparées de leur plein gré. Elles avaient toutes deux entendu des voix et des éclats de rire s'approcher.
Elles ne s'étaient pas quittées des yeux, haletantes, aussi frustrées l'une que l'autre.
« Tu ne restes pas à Poudlard pendant les vacances ?
– Non, je vais au Terrier avec Harry et Ron... »
Bellatrix leva les yeux au ciel. Puis la porte des toilettes s'ouvrît et un groupe de filles rentra.
Toujours en regardant Hermione dans les yeux, Bellatrix lui chuchota:
«Bonnes vacances Saleté. Reviens-moi vite...»
Sur ces mots, la femme se retourna et quitta la pièce, faisant résonner ses talons à chacun de ses pas.
Hermione s'appuya contre l'évier en soupirant lourdement.
Elle était maintenant sûre d'une chose, ces vacances allaient être affreusement longues...
