« Qu'est-ce qui te dit que je suis encore entrain de jouer. »

Cette phrase résonnait dans sa tête depuis que Bellatrix avait quitté les toilettes des filles le soir du bal. Elle ne pouvait s'empêcher de revivre la scène encore et encore, en pensant que si elles avaient eu quelques secondes supplémentaires, elles se seraient embrassées.

Oui pour la première fois elle y avait vraiment cru, pour la première fois elle était persuadée que ni elle, ni Bellatrix, n'allait s'opposer à l'union de leurs lèvres. C'était pour Hermione une certitude, si aucune intervention extérieure n'était venue briser le moment, elle aurait enfin pu pleinement goûter à la bouche sanguine, aux douces lèvres qui avaient frôlé les siennes.

Mais pourquoi ?

Des milliers de questions se bousculaient dans la tête d'Hermione. Elle ne comprenait pas que la femme soit prête à l'embrasser alors que le jeu était fini, alors qu'elle n'avait plus rien à y gagner.

Cela voulait-il dire que Bellatrix en avait simplement envie ?

Hermione trouvait absurde de penser que la femme pouvait simplement avoir envie de l'embrasser, de l'embrasser elle. Elle devait forcément avoir des motivations, mais lesquelles ? Hermione n'en trouva aucune. Peut-être faisait-elle cela par pur sadisme, par pur plaisir de se jouer d'elle. Mais quelques choses faisaient douter la Gryffondor.

En effet elle avait remarqué plusieurs éléments qu'elle n'avait encore jamais vu chez Bellatrix.

Les deux yeux noirs avaient revêtu une étrange étincelle lorsque qu'elles se tenaient l'une face à l'autre, leurs visages à quelques centimètres. Cet éclat dans les prunelles noires n'avait rien à voir avec l'éclair qui les emplissait quand la sorcière était proche d'une victoire. Cette étincelle là était beaucoup plus intense mais pourtant plus sombre, et Hermione était sûre de ne l'avoir jamais vu dans les yeux de la sorcière noire.

La fille avait aussi relevé autre chose, le regard de sa professeure avait jonglé entre ses yeux et ses lèvres. D'habitude, les deux yeux noirs restaient plantés dans les siens à l'affut de tout éventuel craquage de sa part. Seulement cette fois les yeux de Bellatrix s'étaient égarés sur ses lèvres, comme hypnotisés ils n'avaient plus prêté attention à rien d'autre. Sur le moment la femme ne semblait plus réfléchir à rien, comme si plus rien n'importait, comme si la seule chose qu'elle voulait faire à ce moment là était de fondre sa bouche à celle de la fille et de s'y perdre.

Hermione ne savait pas exactement comment interpréter ce changement de comportement de Bellatrix. La femme qui d'habitude contrôlait tout, semblait cette fois toute aussi impuissante qu'elle face à son désir.

Désir ?

Après avoir analysé la scène encore et encore dans sa tête, c'est le mot désir qu'Hermione avait choisi pour nommer l'éclat qui avait empli les prunelles noires au fur et à mesure que leurs visages se rapprochaient, éclat qui s'était largement intensifié quand les yeux avaient dévié sur ses lèvres. Elle avait bien vu du désir dans les yeux de Bellatrix ce soir là, du désir pour elle.

Hermione était sûre de ce qu'elle avait vu mais pourtant il était toujours impensable pour elle que cette femme la désire. Elle en était donc venue à la conclusion que si Bellatrix avait éprouvé une attirance pour elle ce soir là, c'était parce qu'elle avait trop bu de whisky, ce qui avait complètement brouillé son esprit. Cette version paraissait assez crédible à Hermione qui arrivait presque à se satisfaire d'avoir été, l'instant d'une soirée, désirée par la femme.

Cependant la fille gardait au fond d'elle l'infime espoir que le désir de Bellatrix à son égard n'ait pas été qu'éphémère et qu'il serait toujours bien présent quand elle reviendrait à Poudlard. Cette seule pensée réchauffa à la fois le cœur, mais aussi les joues d'Hermione.

« Qu'est-ce qui te fait rougir comme ça ? », lui demanda Ginny en rigolant, la faisant ainsi brusquement sortir de ses rêveries.

Elle était attablée avec toute la famille Weasley et Harry pour fêter le 24 décembre et pourtant son esprit était toujours occupé par une seule et même personne, une certaine sorcière aux boucles ébènes...

L'ambiance était chaleureuse au Terrier en ce soir de réveillon, les discussions allaient bon train, les éclats de rires résonnaient dans la pièce et les plats concoctés par Molly étaient succulents. Bien qu'elle soit un peu dans la lune tout au long du repas, Hermione apprécia cette atmosphère aussi légère qu'agréable. La fille était infiniment reconnaissante à la famille Weasley de lui offrir un noël aussi gai alors qu'elle redoutait que son premier noël sans aucune nouvelle de ses parents soit morne et déprimant.

Hermione afficha un grand sourire en enfilant le traditionnel pull tricoté par Molly, son sourire lui fut cependant vite retiré par l'intervention de la mère Weasley:

« Regardez comme ils sont mignons ces deux là..., dit-elle en regardant Ginny et Harry se faire les yeux doux, Ron qu'est-ce que tu attends pour inviter Hermione à sortir avec toi ? »

Hermione leva les yeux au ciel, elle était habituée à ce genre d'insinuations de la part de Molly. La fille se mit à froncer les sourcils quand elle n'entendit pas Ron répondre. Son ami faisait d'habitude vite taire sa mère en lui disant qu'elle se faisait des idées et qu'ils étaient simplement amis. Seulement cette fois rien, pas un mot ne passa la bouche de Ron, son teint par contre passa du blanc à l'écarlate. Hermione le regarda avec des yeux d'incompréhension avant de décider de répondre elle même à Molly.

« Il ne m'invitera pas à sortir puisque nous sommes simplement amis, répondit-elle calmement.

– Oui oui si tu veux ma chérie... Mais ça saute aux yeux que vous en pincez l'un pour l'autre, rajouta la mère tout sourire.

– Je vous assure que nous sommes simplement amis, insista Hermione, pas vrai Ron ?

Le garçon ne répondit rien et se contenta de regarder ses pieds. Hermione écarquilla les yeux face à la réaction de son ami. Qu'est-ce qu'il pouvait bien se passer dans le crâne du rouquin...

– Maman arrêtes d'insister avec ça, tu vois bien que ça les gène, intervint Ginny.

– Oui et puis il n'y a vraiment que toi pour les imaginer ensemble... Hermione et Ron ce serait comme la belle et la bête, ajouta Georges.

– Non plutôt la belle et LE bête ! », s'esclaffa Fred.

Les jumeaux réussirent à défaire l'atmosphère devenue presque gênante et les conversations reprirent comme si de rien n'était. Hermione remarqua cependant que Ron semblait ailleurs. Le comportement du rouquin l'inquiétait de plus en plus, elle pensait avoir compris la raison de son malaise, mais elle espérait vivement se tromper...

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Il approchait les 23h en ce soir de réveillon et la femme était seule dans ses appartements. Elle aurait très bien pu passer sa soirée dans la grande salle en compagnie d'Albus, Minerva et des quelques élèves restés là pendant les vacances, mais elle avait préféré rester là, assise devant la cheminée, un bon bouquin dans une main, une verre de whisky tout aussi bon dans l'autre.

Elle aurait aimé passer Noël avec sa sœur et son neveu, mais pour ne pas compromettre sa couverture, elle avait convenu avec Dumbledore qu'il vaudrait mieux qu'elle reste à Poudlard pendant les vacances. De toutes façons, ce n'était pas la première fois qu'elle passait son Noël seule, elle avait passé plus de 14 ans enfermée entre quatre murs, elle n'était plus à ça près. Et puis en y pensant, elle n'avait jamais vraiment aimé les fêtes de fin d'année, même dans ses souvenirs d'enfant, ses Noëls n'avaient jamais été bien glorieux...

Elle était assise dans son fauteuil, les yeux plongés dans son bouquin mais l'esprit complètement ailleurs. Cela faisait plus d'un quart d'heure qu'elle restait sur le même page, ses yeux lisant les mots, mais son cerveau étant incapable de les assimiler. Alors au bout de quelques minutes supplémentaires à lire et relire la même ligne, elle abandonna. Elle souffla bruyamment et laissa tomber son livre par terre. Elle était contrariée de la laisser occuper toutes ses pensées. Bien malgré elle, Bellatrix n'avait qu'une chose en tête, et ce quelque chose, c'était Hermione Granger.

Elle finit son verre d'un trait et laissa glisser sa tête sur l'accoudoir du fauteuil. Elle resta quelques instant immobile, fixant de ses yeux noirs les flammes ardentes du foyer. Elle pensa alors que le feu qui brûlait en elle en ce moment devait être encore plus puissant, encore plus brûlant. Le fait qu'elle sache que cette chaleur fiévreuse était causée par une certaine jeune femme à la crinière châtain lui fit lever les yeux au ciel.

Elle se redressa brusquement et partit enfiler des bottes. Dehors la neige tombait et elle se dit qu'une petite balade nocturne pourrait peut-être l'aider à se rafraichir les idées.

Dans ses habits noirs, Bellatrix contrastait parfaitement avec le blanc immaculé de la neige. La nuit était claire, en partie parce que la lune était presque pleine, mais aussi parce que les étoiles étaient particulièrement lumineuses. La femme déambulait dans le parc de Poudlard, appréciant l'air frais de la nuit et le somptueux paysage hivernal qui l'entourait.

Trouvant qu'elle avait assez marché, elle décida de repartir en direction du château. Juste avant de rentrer dans le bâtiment, elle s'arrêta et le nez en l'air, les paupières closes, elle prit le temps d'apprécier sentir les flocons s'échouer sur son visage. Cette sensation agréable lui arracha un doux sourire qui ne dura qu'un instant avant que sa mine se crispe.

Encore une fois son esprit avait dévié sur Hermione. C'est ce qu'il faisait sans arrêt depuis maintenant six jours, six longs jours de frustration. Avec le recul, Bellatrix regrettait de ne pas avoir tout simplement assassiné ce maudit groupe de gamines qui avaient détruit son moment avec la fille. Sans ces foutues gosses, elle le savait, rien ni personne, et sûrement pas Hermione, ne l'aurait empêché de l'embrasser, de prendre d'assaut les lèvres rosées. Elle aurait enfin pu délivrer toute la fougue, tout le désir qui avait grandi en elle depuis la fin de leur duel.

Au lieu de ça, la bouche tant désirée s'était arrêtée alors qu'elle frôlait la sienne et elle avait dû se reculer. La frustration l'avait alors foudroyée, mais elle avait gardé la face devant Hermione. Cependant, le fait que la fille parte pendant quinze longs jours l'avait d'autant plus laissé sur sa faim.

Elle s'était résignée à attendre patiemment, ou du moins aussi patiemment qu'elle en était capable, que les vacances se terminent. Néanmoins plus les jours passaient, plus la frustration était forte, et plus sa patience était mise à rude épreuve. Elle ne tenait plus et se jura qu'au moment même où Hermione passerait les portes de Poudlard, elle se jetterait sur elle, sans réflexion et sans retenue, jusqu'à ce que son désir pour elle soit complètement contenté.

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Elle passa les portes de l'école et se dirigea en compagnie d'Harry et Ron jusqu'à la salle commune des Gryffondor afin d'y déposer ses bagages. Elle prit le temps de ranger soigneusement chacune de ses affaires.

En vérité, Hermione gagnait du temps car elle attendait autant qu'elle redoutait ses retrouvailles avec la sorcière noire. Elle se l'était promis, elle ne reculerait pas, ne prendrait pas la fuite, elle allait affronter sa peur, sa peur que Bellatrix la rejette. Elle pouvait déjà s'imaginer la femme lui expliquer qu'elle avait été attirée par elle seulement l'espace d'une soirée, ou pire qu'elle n'avait jamais ressenti un quelconque désir pour elle et qu'elle s'était fait des idées.

Les angoisses de la Gryffondor croissaient au fur et à mesure que sa valise se vidait et que l'heure du dîner approchait. Elle resta tétanisée un instant en entendant quelqu'un toquer à sa porte.

Tremblante elle s'approcha pour ouvrir et lâcha un soupir de soulagement quand elle vit que ce n'était que Ginny qui venait la chercher pour aller manger. La Gryffondor suivit la rouquine jusque dans la grande salle et les deux filles s'installèrent aux côtés de leurs amis.

Le regard d'Hermione se posa directement sur l'élégante silhouette de Bellatrix qui était en train de discuter avec Rogue. Très vite la femme sembla sentir son regard et se tourna en sa direction. Les deux yeux noirs glacèrent instantanément Hermione. La sorcière la regardait avec une froideur exagérée et la fille regretta l'étincelle qui avait empli les deux prunelles noires le soir du bal et qui ne semblaient maintenant plus qu'illusoire.

Après le dîner, Hermione décida d'aller directement dans sa chambre, elle avait initialement prévu de rendre visite à Bellatrix, mais son attitude l'avait très vite refroidie. En poussant la porte, elle découvrit que quelqu'un avait glissé un mot, et ce quelqu'un n'était autre que Bellatrix à en juger par l'élégante calligraphie noire.

« Après le dîner. Mes appartements. »

Le message était clair et la femme n'avait même pas pris la peine de signer. Cela n'étonna pas Hermione qui décida de se rendre, la boule au ventre, en direction des appartements de la sorcière noire.

Arrivée devant la porte, Hermione hésita un moment mais finit par toquer et elle s'ouvrit directement.

Bellatrix l'attendait, debout, les bras croisés, le visage fermé et la posture hautaine. Hermione déglutit difficilement face à la femme qui l'effrayait presque par sa froideur démesurée. Elle prit tout son courage pour oser ouvrir la bouche mais elle ne put dire un mot, la main de Bellatrix lui intimant de garder le silence.

« Miss Granger, si je vous ai fait venir ici c'est pour mettre quelque chose au clair... »

Le sang d'Hermione se glaça, la femme ne l'avait jamais appelé "Miss" et ne l'avait jamais vouvoyé. Bellatrix n'avait d'ailleurs jamais vouvoyé aucun de ses élèves, ce "vous" sonna alors d'autant plus glacial pour Hermione.

« J'aimerai que nous ne reparlions plus du petit incident de l'autre soir.

Hermione devint livide en entendant le mot incident. La femme considérait donc leur presque baiser comme une erreur, alors qu'elle au contraire, avait passé toutes ses vacances à revivre la scène encore et encore.

– Un incident ?, parvint à articuler la fille d'une petite voix.

– Oui un vulgaire incident, j'avais simplement trop bu. »

Les craintes d'Hermione venaient donc de se confirmer, le désir de la femme avait seulement duré le temps d'une soirée et avait pris naissance d'un trop grand nombre de verres de whisky.

« Aussi j'aimerai que vous arrêtiez vos regards insistants, car le fait de penser à toutes les idées lubriques qui traversent votre esprit quand vous me regardez me dégoûte au plus haut point. »

Bellatrix avait dit ça d'un ton on ne peut plus sérieux, et les larmes commencèrent à pointer dans les yeux d'Hermione.

Si la fille s'attendait à ce que la femme calme ses ardeurs, elle n'avait jamais imaginé un tel changement de comportement.

Bellatrix qui avait été si proche d'elle il y a à peine quinze jours, lui semblait maintenant infiniment loin...

La professeure la congédia d'un geste de la main et Hermione jura qu'elle ne s'était jamais sentie aussi misérable. Elle se retourna pour sortir et une larme s'échappa pour venir couler le long de sa joue. Elle avait envie de partir en courant et de s'enfouir dans son lit pour éclater en sanglots bien cachée sous sa couette, elle avait envie de disparaître.

A peine sortie, Hermione croisa Rogue qui s'apprêtait à rentrer à son tour dans les appartements de Bellatrix. Ce qu'elle vit à ce moment là lui brisa le cœur. Alors que la porte se refermait derrière elle, elle eut le temps d'apercevoir à nouveau la fameuse étincelle dans les prunelles noires, seulement cette fois ce n'est pas elle que Bellatrix regardait...

Quand la porte fut complètement fermée, elle ne put retenir toutes les émotions négatives qu'elle ressentait et elle se mit à hurler.

Hermione se réveilla brusquement, le souffle court, des sueurs froides dans le dos. Ginny qui dormait juste à côté fut également réveillée par son cri strident.

« Est-ce que ça va ?, lui demanda la benjamine Weasley d'un voix endormie.

– Oui oui ne t'inquiète pas ce n'était qu'un cauchemar, désolée de t'avoir réveillée. »

Ginny jeta un dernier coup d'œil à Hermione pour vérifier qu'elle allait vraiment bien, avant de se laisser retomber sur son oreiller pour se rendormir presque aussitôt.

Hermione peina à reprendre sa respiration, si elle était habituée à rêver de Bellatrix, c'était la toute première fois qu'elle prenait place dans l'un de ses cauchemars. Le pire était que ce cauchemar avait mis en scène ses plus grandes craintes... enfin à part la partie sur Rogue qui était tout à fait absurde.

Tout le reste du rêve angoissait réellement Hermione qui pensait qu'il y avait de grandes chances qu'elle retrouve une Bellatrix froide et distante à son retour à Poudlard. Retour qui aura lieu dans neufs longs jours. Elle se sentit alors complètement inapte à attendre jusque là, elle devait mettre fin à ses doutes le plus vite possible.

Là, dans son lit à 2h du matin, Hermione se mit à sérieusement réfléchir à un retour anticipé à Poudlard. Elle se voyait cependant mal quitter le Terrier le jour de Noël alors qu'ils étaient toujours si accueillants avec elle.

La fille perdue dans sa réflexion finit tout de même par se rendormir.

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En ce matin du 25 décembre, le petit déjeuner chez les Weasley était tout aussi jovial que l'avait été le réveillon la veille. Hermione réfléchissait toujours au fait de rentrer à Poudlard avant la fin des vacances et elle avait décidé d'en parler à Molly et Arthur le lendemain.

Une fois la table débarrassée, le trio d'or accompagné de Ginny partirent se balader dans la campagne gelée par le froid. Les quatre jeunes discutaient et rigolaient au fil de leur marche, Hermione appréciait grandement l'innocence du moment qu'elle partageait avec ses trois meilleurs amis. Elle se surprit même à ne pas avoir pensé ne serait-ce qu'une seule fois à Bellatrix durant toute leur promenade, ce qui relevait vraiment de l'exploit pour la fille.

Alors qu'ils étaient sur le point de rentrer se mettre au chaud, Hermione sentit une main se poser sur son avant bras. Elle lança à Ron un regard interrogateur alors que Ginny et Harry s'éclipsèrent rapidement à l'intérieur.

Elle observa le garçon, il était nerveux et elle jura que son teint n'était pas rosi que par le froid. Après un moment qui sembla durer une éternité à Hermione, il lui lâcha enfin le bras pour prendre la parole d'une voix peu assurée.

« Hermione j'aimerai te parler de quelque chose...

– Et bien vas-y, répondit-elle un peu sèchement, redoutant d'avoir deviné l'objet de cette discussion.

– Je voulais te dire que... que... je... Je pense que ma mère n'a pas tord quand elle dit que nous devrions sortir ensemble...

– Tu te moques de moi Ronald ?!

– Non Hermione je suis sérieux, quand on y pense c'est comme une évidence...

– N'importe quoi! Nous sommes meilleurs amis et rien de plus! On est totalement incompatibles, et puis je ne t'attires pas et tu ne m'attires absolument pas!,

le garçon regardait maintenant ses pieds,

En plus tu as Lavande et j'ai..., Hermione s'arrêta brusquement et écarquilla les yeux, consciente de l'énorme gaffe qu'elle venait de faire.

– J'ai Lavande et tu as ?, Ron avait relevé ses yeux pour regarder Hermione, la colère avait remplacé la gêne chez le garçon.

– Je n'ai personne, répondit Hermione précipitamment, Et puis de toutes façons ça ne change absolument rien...

– Tu as qui, Hermione ?, insista Ron d'un ton dur.

Hermione leva les yeux au ciel, espérant ainsi cacher sa gêne au garçon.

– Ça n'a absolument aucune importance Ron, de toutes façons je ne ressens absolument rien pour toi et même si nous étions les deux dernières personnes sur Terre, il n'y aura jamais rien entre nous, rien de plus que de l'amitié. »

Cette phrase fit vraiment mal à Ron qui resta sans mot face à Hermione. La fille entreprit de rentrer mais elle fut de nouveau retenue par la main du rouquin qui la tira avec force.

Hermione s'apprêta à hurler sur Ron mais elle fut coupée par la bouche de ce dernier qui se posa sur la sienne. La Gryffondor le poussa en arrière violemment et lui mit une claque. Ron resta bête en se tenant la joue, il était un peu choqué que la fille n'ait pas répondu à son baiser.

« Ne refais plus jamais ça Ronald ! », gronda Hermione d'une voix agressive.

Elle rentra et claqua la porte derrière elle.

« Dé...désolée », balbutia Ron alors que son amie était déjà à l'intérieur.

Hermione était profondément énervée, elle monta les marches à une vitesse folle et boucla sa valise en moins de temps qu'il faut pour le dire.

Si cette déclaration, si l'on pouvait appeler cela une déclaration, et ce baiser volé avaient réussi à mettre Hermione en colère, ils avaient aussi servi de déclic à la fille. C'était décidé, elle rentrait à Poudlard aujourd'hui et la première chose qu'elle ferait en arrivant à l'école serait d'aller voir Bellatrix.

Ce soir était le soir, elle dirait à la femme tout ce qu'elle ressent pour elle.

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Les parents Weasley avaient été surpris du soudain départ d'Hermione qui avait prétexté vouloir rentrer pour s'avancer sur ses devoirs.

Molly et Arthur n'avaient pas posé plus de questions et le père Weasley l'avait accompagné à la gare avec Harry et Ginny.

Ses deux amis qui avaient connaissance de sa dispute avec Ron avaient longuement insisté pour qu'elle reste. Quand ils comprirent finalement qu'Hermione était vraiment décidée à partir et que leurs arguments pour la faire rester ne changeraient rien, ils lui promirent de parler à Ron pour essayer d'arranger les choses.

La fille leur en fut reconnaissante, car même si elle n'avait absolument rien à se reprocher par rapport au rouquin, elle savait que ses mots lui avait fait du mal. Les deux ne s'étaient même pas dit aurevoir, la tension étant trop fraiche.

Hermione espérait que d'ici la fin des vacances, tout serait redevenu comme avant avec Ron et qu'il aurait oublié cette stupide idée de romance entre eux. Ce que la Gryffondor ignorait, c'est que son ami avait développé des sentiments pour elle, et que quelques jours sans qu'ils ne se voient ne seraient sûrement pas suffisant pour les effacer...

Le Poudlard Express était totalement vide et le trajet passa extrêmement vite pour Hermione. Plus elle se rapprochait du terminus, plus son pouls s'accélérait. Comme dans son rêve, elle redoutait énormément ses retrouvailles avec Bellatrix et elle croisait les doigts pour que son cauchemar ne devienne pas réalité.

Il était 19h lorsque la Gryffondor toqua à la porte des appartements de sa professeure. Elle attendit un peu mais ne reçut aucune réponse. Elle retoqua, et toujours rien. Elle se décida alors à frapper une troisième et dernière fois. Si la porte ne s'ouvrait pas cette fois la, elle abandonnerait pour ce soir. Elle frappa, s'attendant à voir la porte s'ouvrir enfin... mais rien.

Hermione, dépitée, commença à faire demi-tour quand elle entendit un léger grincement accompagné d'une voix qu'elle ne connaissait que trop bien.

« Saleté ?! »

La fille se retourna et ses yeux captèrent les deux prunelles noires.

Hermione ne cherchait qu'une seule chose dans les yeux de Bellatrix, elle cherchait la fameuse étincelle...