Hermione fut réveillée par de légers chatouillis sur la joue, elle ouvrit les yeux et vit Bellatrix qui était assise à côté d'elle sur le lit.
« Debout Saleté, il est 7h et tu dois aller t'habiller avant le petit déjeuner. », dit-elle avec douceur.
La Gryffondor la regarda en fronçant les sourcils. Bellatrix qu'elle avait trouvé complètement brisée la veille et qui venait de passer la nuit à pleurer, se tenait maintenant devant elle tout sourire, habillée et maquillée de sorte que ses bleus soient presque totalement invisibles.
« Vous avez réussi à dormir un peu ?, demanda Hermione.
- Non, mais je me sens en pleine forme, s'exclama Bellatrix, Et tu peux continuer à me tutoyer Saleté, ajouta-t-elle en lui faisant un petit clin d'œil.
- D'accord... tu es sûre que tout va bien ?, demanda la fille en se levant du lit.
- Oui, j'ai l'air d'aller mal ?
- Non et c'est bien ça qui...
- Dépêche toi d'aller te préparer, tu as déjà loupé le dîner hier soir, tu ne peux pas te permettre de louper le petit déjeuner ce matin, la coupa Bellatrix tout en l'amenant jusqu'à la porte,
On se voit cet après-midi pour ton cours de Défense contre les forces du mal.
- Tu es sûre que tu es prête à faire cours ? Tu ne préfères pas plutôt rester ici te reposer ?, demanda la fille inquiète.
- Tout va très bien Saleté, ne t'inquiète pas. Maintenant vas-t-en ou tu vas être en retard. », lui dit-elle tout en la poussant vers la sortie et en refermant la porte directement.
Non, tout n'allait pas très bien, Hermione le savait et n'était pas dupe une seconde à la façade de Bellatrix. La femme lui montrait un visage paisible et souriant alors qu'elle en était sûre, à l'intérieur la tempête grondait et les larmes coulaient.
Dès qu'elle eut refermée la porte derrière elle, Bellatrix se laissa glisser le long de cette dernière et explosa en sanglot. Les larmes coulaient à torrent, effaçant ainsi son maquillage et laissant apparaître sa pommette violacée.
Elle avait mal, tellement mal à l'intérieur que la douleur la bouffait. Elle avait passé sa nuit à pleurer dans les bras de la fille, se remémorant encore et encore la scène qui l'avait brisée et elle avait réfléchi, maintenant qu'elle était détruite et faible elle ne pouvait pas se permettre de le montrer. Elle avait donc décidé de faire comme si tout allait bien, comme si cet évènement ne l'avait absolument pas touché, comme si elle était bien trop forte pour que cette épreuve l'ait anéanti. Elle ne se doutait alors pas une seule seconde que ce viol aurait causé un mal être profond à n'importe qui, même à la personne la plus forte de la Terre.
Après avoir laissé les larmes couler quelques minutes, elle se leva et partit dans la salle de bain se remaquiller, s'appliquant à cacher au mieux sa pommette meurtrie alors que son reflet dans le miroir la répugnait.
Les yeux humides et rougis, la mine abattue et le teint trop maquillé mais qui laissait quand même légèrement apparaître ses bleus, son corps qui était recouvert d'une robe col roulé qu'elle ne portait jamais, et qu'elle avait mise seulement pour caché les énormes marques qui ornaient son cou. Se voir ainsi, l'apparence faible et misérable, fit d'autant plus de mal à la femme.
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Il était presque 17h, et Hermione se dirigeait vers la salle de Défense contre les forces du mal pour sa dernière heure de cours. La journée avait paru interminable à la fille dont l'inquiétude ne faisait que croître. Elle craignait de l'état dans lequel elle allait retrouver Bellatrix, car si ce matin la femme avait réussi à faire bonne figure, Hermione savait qu'elle n'y parviendrait pas éternellement.
Elle rentra dans la salle de classe quelques minutes avant la sonnerie et fut satisfaite de constater qu'aucun élève n'était encore arrivé.
Elle la vit, assise sur son bureau, faisant dos à la classe, l'habituelle posture fière avait laissé place à une silhouette aux épaules avachies qui était secouée de légers tremblements, presque imperceptibles, mais qu'Hermione sut tout de même repérer. La Gryffondor comprit immédiatement que le masque d'indifférence qu'avait revêtu la femme ce matin avait déjà expiré.
Elle s'approcha tout doucement du bureau, mais sa discrétion ne fut pas suffisante face à la vigilance de la sorcière noire.
« Je t'ai entendu rentrer Granger.», dit la professeure sans se retourner.
Hermione comprit à la voix de Bellatrix que celle-ci pleurait, elle continua donc de s'approcher prudemment jusqu'à atteindre le bureau où la femme était perchée.
Aussi délicatement qu'elle le put, la fille posa une main réconfortante sur l'épaule de la sorcière qu'elle entendit ravaler ses sanglots avec difficulté. Hermione s'avança alors pour lui faire face tout en faisant glisser sa main dans son dos, lui offrant ainsi quelques caresses consolatoires. De son autre main elle vint essuyer les larmes encore présentes sur les joues recouvertes de maquillage. Une fois les larmes séchées, Hermione ne retira pas sa main et continua de caresser tendrement le beau visage qui était si triste. Elle sentit la femme se calmer petit à petit sous ses doux gestes, et les yeux noirs et humides finirent par rencontrer les siens.
Bellatrix s'était donnée bien du mal pour se comporter comme si de rien n'était toute la journée. Pour tenir, elle avait dû exploser en larmes entre chaque cours avant de se ressaisir pour revêtir sa prestance et son ton suffisant durant l'heure qui suivait.
Quand elle avait entendu Hermione s'approchait prudemment d'elle, elle avait d'abord voulu la congédier, mais elle s'en était montrée incapable au moment même où la main de la jeune femme s'était posée sur son épaule. Elle se noya alors dans les doux gestes revigorants que la fille lui offrait. Le corps traumatisé se perdait dans la tendresse des caresses, alors que l'esprit torturé se montrait peu à peu apaisé par la simple présence d'Hermione.
Les yeux plongés dans ceux de la jeune femme, Bellatrix trouva un bref instant de répit après cette journée cauchemardesque. Elle se sentait mieux, se sentait respirer à nouveau, se sentait vivante à nouveau. L'espace d'un instant dans les bras d'Hermione, elle n'était plus une pathétique victime, elle était elle, tout simplement.
Ce regard brun si rassurant fondu dans le sien, cette main qui dessinait des cercles dans son dos, ce pouce qui lui caressait la joue, elle aurait voulu rester ainsi des heures. Malheureusement, la sonnerie ne tarda pas à retentir et Hermione se détacha à la hâte en voyant les premiers élèves entrer.
La fille, toujours aussi inquiète, ne lâchait pas la femme des yeux. Elle la vit soupirer bruyamment avant de se tourner pour faire face à la classe en essayant de faire bonne figure. Quelques chuchotements se firent entendre au sujet de sa robe, les élèves habitués aux robes toujours très sexy de leur professeure furent surpris de la voir avec un col lui remontant jusqu'au menton. Cependant à par cela, rien, aucun ne semblait avoir remarqué que quelque chose clochait chez la femme et Hermione ne fut pas surprise de cela, Bellatrix s'avérait être une très bonne actrice, excellente même.
Une fois le cours fini, elle attendit patiemment que la salle se vide pour s'approchait du bureau où la sorcière noire s'afférait de ranger ses affaires.
« Ce n'est pas bon de tout garder pour toi, de faire comme si tout allait bien...
- Je t'ai déjà dit que tout allait très bien, et je n'ai pas le temps de t'entendre argumenter sur le sujet, j'ai quelque chose d'urgent à faire, la coupa fermement la femme en se dirigeant par la sortie.
Hermione fronça un sourcil d'incompréhension, et quand Bellatrix passa à sa hauteur sans lui adresser un regard, elle la retint par le bras.
- Je peux passer te voir ce soir après le repas ?, demanda-t-elle d'une voix presque suppliante.
La femme hésita un instant, mais en se rappelant de la sensation de bien être que la fille avait su lui apporter juste avant le cours, elle finit par accepter.
- Viens à 21h. »
Hermione lui fit un petit sourire qu'elle ne vit même pas, trop pressée d'aller faire une chose qui l'avait tracassé toute la journée.
Bellatrix ne savait pas où aller, d'un côté elle ne voulait vraiment pas en parler à Severus, de l'autre elle avait peur de ne pas en trouver à l'infirmerie. Elle décida d'aller dans un premier temps chercher à l'infirmerie, et d'aller voir le maître des potions en dernier recourt.
En entrant dans la pièce blanche, elle profita du fait que Mme Pomfresh soit occupée à soigner un joueur de Quidditch pour se faufiler jusqu'à l'armoire à soin. Elle regarda attentivement les étagères et remarqua bien vite que toutes les potions étaient sous clefs. En s'approchant un peu plus de la vitre, elle finit par trouver celle qui l'intéressait.
Il était hors de question qu'elle demande à Pomfresh, elle comptait bien se servir seule, et en un clin d'oeil, elle parvint à déverrouiller la serrure qui devait à peine être suffisamment ensorcelée pour dissuader un élève de 3ème année. Elle attrapa le flacon et referma l'armoire avant de sortir de l'infirmerie aussi discrètement qu'elle y était entrée.
A peine retournée dans ses appartements, elle s'empressa d'avaler d'une traite le liquide vert. Elle grimaça tant il avait un goût abject. La potion de l'Abortum était d'un vert fade et avait mauvais goût, mais elle était très fiable, une fois ingérée il n'y avait plus aucun risque de grossesse.
Elle n'y avait même pas pensé, bien trop traumatisée pour songer à de telles choses, mais elle ne sut par quelle chance, cette pensée l'avait frappée en fin de matinée. Elle se sentit momentanément soulagée, se disant qu'elle avait au moins pu éviter une des conséquences de ce viol.
Pour se rincer la bouche, ou tout simplement parce qu'elle en avait envie, elle se servit un verre de whisky qu'elle but rapidement avant de s'en servir un deuxième.
Le verre en main, elle se dirigea dans la salle de bain et se démaquilla sans se regarder dans le miroir. Elle retira ensuite ses vêtements sans oser donner le moindre coup d'oeil à son propre corps. Elle se glissa sous une douche fumante et commença à se savonner vigoureusement, grinçant des dents à chaque fois qu'elle passait sur un bleu.
Malgré elle, elle jeta un rapide coup d'oeil vers le bas et quand elle tomba sur ses cuisses et sur le bas de son ventre noircis d'ecchymoses, elle ne put empêcher ses yeux de se gorger de larmes. Elle les avait déjà vu, et venait de les revoir l'espace d'une petite seconde, et pourtant, cela suffit à secouer tout son corps de furieux tremblements. Elle tendit la main pour se saisir de son verre et pour le boire d'un seule gorgée. Le liquide sembla l'apaiser quelque peu et elle se dépêcha de sortir de la salle de bain pour aller se servir un troisième verre du délicieux breuvage.
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Hermione fut contrariée de ne pas voir Bellatrix assister au dîner, bien que cela ne la surprit pas. La femme qui venait de passer toute la journée à cacher sa souffrance avait bien besoin de souffler un peu.
Elle mangea à toute vitesse et trouva une excuse peu crédible à donner à ses amis avant de s'éclipser.
A sa grande surprise elle n'eut à toquer qu'une seule et unique fois avant que la porte ne s'ouvre. Bellatrix était assise dans son fauteuil, un verre de whisky à la main, la bouteille posée au sol juste à côté d'elle. Hermione s'approcha timidement et prit place sur le canapé. En regardant les deux yeux noirs, elle n'eut aucun mal à deviner que ce n'était pas le premier verre de la femme.
« Pourquoi est-ce que tu n'es pas venu manger?
- Parce que je n'avais pas faim, répondit-elle simplement.
- Tu n'as pas mangé ce midi, ni ce matin, ni même hier soir...
- Tu es venue pour me faire la morale sur mon régime alimentaire ?! C'est bien ça Granger ?!, s'agaça Bellatrix.
En la voyant lever la voix pour si peu, alors qu'elle préférait d'habitude rester calme et piquante, Hermione comprit que la femme était totalement saoule.
- Non je ne suis pas venue ici pour ça... Je suis venue pour toi, pour que tu me parles..., essaya-t-elle de la calmer.
- Et de quoi est-ce que tu veux que je te parle ?, demanda-t-elle sur la défensive.
- De ce que tu as vécu, ou de ce que tu ressens maintenant, de tout ce que tu voudras bien me dire et qui t'aidera à aller mieux.
Si l'alcool lui donnait la sensation d'avoir atténué sa douleur, il avait très clairement accentué sa colère et sa cruauté.
- Tu penses vraiment que si je ressentais le besoin de parler à quelqu'un je viendrais te parler à toi ?, se moqua-t-elle méchamment.
Complètement apeurée par l'idée de se confier à la fille, Bellatrix répondait par l'attaque, espérant que sa méchanceté ait raison de l'entêtement d'Hermione.
- Oui, je pensais que si tu devais te confier à quelqu'un parmi tout Poudlard ce serait à moi, répondit la fille touchée en essayant de garder la face.
- Pourquoi ? Juste parce qu'on couche ensemble ?, demanda-t-elle sarcastiquement.
Hermione se mordit l'intérieur des joues pour ne pas craquer.
- On ne fait pas que coucher ensemble Bellatrix et tu le sais très bien,
articula-t-elle en soutenant son regard,
Maintenant si tu ne veux pas parler très bien ! Mais ce n'est pas une raison pour te saouler au whisky et pour te montrer odieuse avec moi alors que la seule chose que je veux c'est t'aider ! Je sais que tu souffres terriblement, mais je n'y suis pour rien... alors je t'en prie laisse moi t'aider, parce que, que tu le veuilles ou non, tu as besoin d'aide. », lâcha Hermione d'une traite d'un ton presque autoritaire.
Elle vit Bellatrix devenir rouge de fureur et braquer son regard assassin sur elle. Sous la colère la sorcière serra un peu trop fort son verre en cristal qui se brisa. Hermione s'approcha pour soigner la main vilainement amochée avant que la sorcière noire ne l'arrête d'un ton glacial:
« Sors immédiatement d'ici Granger. »
Hermione obéit en comprenant qu'il n'y avait pas de négociation possible. Alors qu'elle passait la porte, la voix glaciale se refit entendre:
« Et ne reviens plus jamais...je n'ai plus envie de te voir...sale Sang de bourbe. »
Cette phrase fut comme un coup de poignard pour le petit cœur d'Hermione, mais elle n'en voulut même pas à Bellatrix. La fille s'en voulait à elle même.
A peine eut-elle fermé la porte qu'elle l'entendit éclater en sanglot. Elle s'en voulut alors d'autant plus en se disant qu'elle n'aurait pas dû insister, qu'elle n'aurait pas dû la brusquer, qu'elle aurait simplement dû se montrer présente pour elle, sans rien demander, sans rien exiger.
Elle appuya sur la poignet, voulant la prendre dans ses bras et la serrer fort pour la consoler...mais la porte était verrouillée.
« Dégage ! »,entendit-elle la femme vociférer.
Hermione n'insista pas plus de peur de provoquer une crise chez la femme qui ne semblait plus très loin de l'état d'hystérie.
Elle regagna sa chambre, le pas lourd, les larmes au yeux, profondément énervée contre celui qui avait ça et peut être encore plus énervée contre elle même de ne pas réussir à gérer la situation.
Bellatrix la main en sang et les joues trempées de larmes s'en voulait aussi, elle s'en voulait d'avoir été si méchante avec Hermione. Elle le savait, la fille ne voulait que son bien et c'était d'ailleurs la seule personnes qui avait le pouvoir de la faire se sentir mieux. Seulement elle ne voulait pas lui parler, elle ne voulait parler à personne, et même si elle savait qu'elle n'y parviendrait sûrement jamais, la seule chose qu'elle voulait vraiment était d'oublier, d'oublier tout ça.
Aucune des deux femmes ne ferma l'œil de la nuit. Hermione était bien trop préoccupée par l'état de Bellatrix pour réussir à s'endormir. La femme complètement hantée, dont le seul espoir de trouver le sommeil était de se tenir dans les bras de la fille, passa la nuit à vider des verres de whisky.
Aux premières lueurs du jour, l'alcoolémie de la femme était au plus haut et pourtant sa colère pour la fille s'était totalement envolée. Quand elle entendit quelqu'un frapper à sa porte elle n'hésita pas une seconde à aller ouvrir et se retrouva face à une Hermione aux yeux rougis et au visage fatigué. Elle n'eut pas le temps de réagir que la fille fondit sur elle en l'enlaçant avec besoin.
« Je suis vraiment désolée pour hier soir. », souffla-t-elle.
Bellatrix, un peu tendue au début, ne tarda pas à répondre à l'étreinte qui lui fit l'effet d'une bouffée d'oxygène. Ce contact fut complètement libérateur pour la femme qui se laissa complètement aller dans les bras d'Hermione. Toute la fatigue accumulée lui tomba dessus, alors que la peur et la souffrance semblaient s'être envolées pour lui donner un moment de répit. Si sa fierté mal placée l'empêcha de le dire à la fille, elle n'en pensa pas moins, elle était également sincèrement désolée pour la veille.
Sentir la femme se fondre dans ses bras soulagea instantanément Hermione qui la serra d'autant plus fort, sans toutefois exagérer de peur de faire mal au petit corps meurtri. Elle sentit Bellatrix se lâcher complètement contre elle et l'entendit lui murmurer:
« Je suis tellement fatiguée... »
Hermione n'hésita pas une seconde et souleva délicatement la femme pour l'amener jusqu'au lit. Bellatrix se glissa sous les draps et d'un regard, elle demanda à Hermione de se coucher avec elle. La fille qui manquait aussi cruellement de sommeil s'allongea à ses côtés. La femme vint se glisser entre les bras de son élève, et c'est ainsi qu'elles s'endormirent toutes les deux, bien loin de se préoccuper des cours qu'elles allaient louper aujourd'hui.
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Deux semaines avaient passé. Bellatrix n'avait toujours rien dit à Hermione, mais les deux femmes ne s'étaient pour autant pas redisputées. La fille venait passer toutes les nuits dans le lit de Bellatrix, offrant ainsi à la femme quelques heures de pause chaque jours, quelques heures loin des tremblements, loin de la douleur, loin de la torture de son esprit, loin de ses angoisses.
En deux semaines, les bleus avaient presque complètement disparus et Bellatrix avait pu recommencer à s'habiller comme elle le faisait avant, cela lui faisait du bien et la faisait se sentir plus elle et moins comme une victime. Bien entendu, cela n'avait pas fait disparaître son mal être, et tous les soirs, en attendant qu'Hermione la rejoigne, elle buvait un verre de whisky qui avait pour vertu, selon elle, de l'apaiser.
Ce soir là, alors qu'elle attendait Hermione, elle se servit un second verre et le but rapidement en entendant la fille toquer à la porte. Elle la fit rentrer et elles allèrent directement se coucher.
Alors qu'elle se glissait sous les draps, elle prit le temps d'observer Hermione qui mettait son haut de pyjama. La fille avait beau être de dos à elle, la simple vue de sa peau nue provoqua une vague de chaleur dans tout le corps de Bellatrix. Quand Hermione se retourna, elle vira à l'écarlate.
Alors qu'elle s'apprêtait à rejoindre tranquillement la femme au lit, Hermione fut surprise de voir posées sur elle les deux prunelles noires qui étaient remplies de désir. Un frisson d'excitation lui parcourut le bas ventre, partageait cela avec la femme lui manquait terriblement, mais elle n'avait absolument rien tenté, sachant pertinemment que Bellatrix était loin d'être prête.
Hermione vint s'allonger aux côtés de la femme qui ne l'avait pas lâché des yeux. Aucun doute ne résidait chez Bellatrix, elle avait clairement envie d'Hermione et cette envie ne l'avait quitté à aucun moment. Cependant, elle était totalement incapable de donner son corps à la fille, elle ne se sentait capable d'absolument rien, du moins jusqu'à ce soir. Bellatrix ne sut alors pas déterminer si ce fut le manque d'Hermione ou le verre de whisky en plus qui lui fit pousser des ailes, mais dans tous les cas. elle se lança.
Elle chevaucha Hermione qui écarquilla les yeux et plaqua ses lèvres contres celles de la fille. Elles apprécièrent autant l'une que l'autre ce baiser remplit à la fois de tendresse et de besoin. Des papillons dans le ventre, la Gryffondor se laissa emporter par le tourbillon de sensations que lui provoqua ce baiser et elle resta interdite quand elle sentit Bellatrix aller plus loin en lui retirant son haut.
« Tu es sûre de ça ?, lui demanda-elle prudemment en examinant son regard qui était noirci par l'envie.
- Sûre et certaine. », affirma la femme en prenant d'assaut la poitrine d'Hermione.
Voyant qu'elle paraissait sûre d'elle, Hermione se laissa aller. Les baisers de la femme sur sa peau nue lui arrachèrent quelques gémissements et elle entreprit alors de lui rendre la pareille.
Délicatement, elle vint passer ses mains sous la nuisette de la femme dont elle sentit tous les muscles se contracter au touché de ses doigts. Hermione sourit alors, contente de son effet, mais déchanta très vite en voyant que Bellatrix s'était figée et était secouée de spasmes.
Hermione retira immédiatement ses mains du corps de la femme et vint chercher son regard. Elle trouva les deux yeux noirs humides et fixant un point dans le vide.
« Bellatrix est-ce que ça va ? »
Ne voyant aucune réponse de la part de la femme, Hermione commença à paniquer.
« Bella ? », dit-elle d'une voix douce en prenant les mains de Bellatrix dans les siennes.
Elle sentit les deux fines mains blanches resserrer peu à peu leur prise autour des siennes et elle entendit la femme lui dire dans un souffle:
« Je suis désolée, je pensais en être capable... je suis tellement désolée. »
Les larmes commencèrent à couler des deux beau yeux noirs et Hermione serra la femme dans ses bras en essayant de la calmer d'une voix douce, en lui expliquant bien que ce n'était pas grave et qu'elle n'y était pour rien.
Après de longues minutes, les larmes cessèrent mais Bellatrix restait extrêmement déçue d'elle même. Deux semaines avaient passé et elle n'était pas capable de faire l'amour à Hermione alors qu'elle en mourrait d'envie, deux semaines et son corps ne lui appartenait toujours pas, deux semaines et elle revivait le scène encore et encore dès qu'elle fermait les yeux, deux semaines et elle était incapable de s'endormir loin des bras de la fille, deux semaines s'étaient écoulées et elle ne s'était jamais trouvée aussi faible, misérable et pathétique que ce soir là...
