En entendant le bruit, les deux femmes se décollèrent précipitamment et leurs regards se braquèrent vers la porte qu'elles virent se fermer brusquement. Elles n'eurent pas le temps de voir ne serait-ce que la silhouette du perturbateur.

« Tu n'avais pas fermé à clef ?, demanda Bellatrix en regardant Hermione.

- J'ai dû oublier... », articula la fille sans quitter la porte des yeux.

Bellatrix qui s'apprêtait à s'énerver sur son élève pour sa négligence se ravisa et se mit à rigoler devant l'air totalement affolé d'Hermione.

« Qu'est-ce qui te fait rire ?, demandant la Gryffondor en haussant les sourcils.

- C'est ta tête qui me fait rire, se moqua gentiment la professeure, Tu as l'air dévasté par le simple fait que l'on nous ait vu, rigola-t-elle.

Hermione écarquilla les yeux en fronçant les sourcils.

- Parce que ça ne t'inquiète pas à toi que quelqu'un nous ait vu ?!, demanda-t-elle complètement surprise par l'indifférence qu'affichait la sorcière.

- On était juste en train de se baigner Saleté, expliqua la femme.

- Complètement nues, collées l'une à l'autre, réplica Hermione.

Bellatrix leva les yeux au ciel.

- Je doute que la personne qui nous ait vu ait eu le temps de remarquer ça, la porte est restée ouverte à peine une seconde et avec la vapeur que dégage l'eau on y voit presque rien, je ne suis même pas sûre qu'elle nous ait reconnu, appuya Bellatrix.

Hermione soupira.

- J'espère que tu as raison... »

Bellatrix était légèrement contrariée que quelqu'un ait pu les surprendre, mais cela ne l'inquiétait pas plus que ça, elle savait pertinemment que ni elle, ni Hermione ne serait virée de Poudlard, et en plus de cela elle n'en avait clairement rien à faire que la rumeur circule au sein de l'école. Si elle se trouvait dans une autre situation cela l'aurait sûrement fortement agacée, mais la femme avait des préoccupations et des tourments bien plus importants à gérer que le simple fait que quelques adolescents et quelques vieux professeurs soient au courant de sa liaison avec Hermione Granger.

De son côté, la fille était beaucoup plus ennuyée d'imaginer que quelqu'un les ait vu. Elle n'osait même pas imaginer la réaction de ses amis, de ses professeurs et elle craignait particulièrement celle d'Harry et Ron si la nouvelle avait le malheur d'arriver jusqu'à leurs oreilles.

Hermione sortit de l'eau chaude et se sécha rapidement avec sa baguette avant de se rhabiller sous le regard interrogateur de Bellatrix.

« Je devrais retourner voir le match, Harry et Ron risqueraient de se poser des questions s'ils ne me voient pas quand ils auront fini, expliqua-t-elle à la femme en s'accroupissant au bord du bassin.

Bellatrix s'approcha et vint poser ses mains sur les genoux d'Hermione en la regardant d'un regard perçant.

- Oui tu devrais... mais c'est vraiment ce que tu vas faire ?, demanda-t-elle d'une voix sensuelle.

La femme rapprocha son visage de celui de la fille jusqu'à ce que leurs lèvres se frôlent. Hermione frémit et vint poser ses mains sur les joues de Bellatrix pour venir l'embrasser tendrement avant de se retirer à contrecœur.

- Oui je vais y aller, les autres m'ont déjà regardé assez bizarrement comme ça quand je suis partie au coup d'envoi, dit elle en se relevant.

Elle vit immédiatement que la femme était déçue et semblait même presque agacée.

- Bien, comme tu voudras, répondit sèchement Bellatrix.

Au ton qu'elle avait employé, Hermione n'avait plus aucun doute sur le fait que la femme était clairement agacée.

- Tiens, je te laisse la clef, pense à fermer quand tu partiras s'il te plaît. On se voit tout à l'heure au dîner, dit Hermione en souriant.

Bellatrix la regarda en haussant un sourcil.

- Je pense que je n'aurais pas faim, déclara-t-elle.

La sorcière était contrariée qu'Hermione lui échappe, qu'elle préfère rejoindre ses amis plutôt que de passer le reste de l'après-midi avec elle.

- Bella s'il te plaît... »

La femme ne répondit pas et se contenta de nager dans le bassin sans accorder un regard à la fille.

« Je viendrai te voir après le repas alors. », concéda Hermione.

Bellatrix ne prit pas la peine de répondre et la fille partit en soufflant devant le comportement enfantin de la femme.

--

Hermione se dépêcha de rejoindre le terrain de Quidditch et fut soulagée de voir que le match n'était toujours pas fini. En voyant que les Serpentard menaient de 35 points elle fut un peu déçue mais garda espoir en Harry pour être le premier à attraper le vif d'or. Elle rejoignit ses amis en traversant les gradins le sourire aux lèvres, et son visage se figea instantanément en voyant le regard que Ginny lui adressait.

Elle le savait, c'était elle.

Maintenant mal à l'aise, Hermione alla s'assoir sans oser regarder la rouquine.

« T'étais passée où ? On s'inquiétait, Ginny est partie te chercher mais elle ne t'a pas trouvée, lui dit Neville.

La Gryffondor déglutit difficilement en entendant la confirmation à sa crainte.

- Je devais aller aux toilettes...et j'ai été retenue par Mimi Geignarde qui m'a raconté tous ses malheurs. », mentit Hermione.

Ginny ricana méchamment face à l'excuse ridicule de son amie, mais heureusement pour Hermione, son alibi bien que peu crédible, avait réussi à convaincre les autres.

Elle écouta d'une oreille distraite Neville lui expliquer comment s'était passé le début du match alors qu'elle sentait le regard pesant de Ginny posé sur elle. Elle priait pour qu'Harry attrape vite ce fichu vif d'or et mette ainsi fin à ce long moment de gène. Son souhait fut vite réalisé et les gradins Gryffondor explosèrent en cris et en applaudissements alors que le garçon, toujours perché sur son balais, brandissait fièrement la petite balle en or.

Elle se dépêcha de rejoindre Harry et Ron pour les féliciter et fut vite rejointe par Neville, Ginny et d'autres Gryffondor venus applaudir l'équipe victorieuse. Elle remarqua que la benjamine Weasley semblait légèrement calmée et qu'elle ne l'assassinait plus de ses yeux verts.

Tous les Gryffondor partirent fêter ça dans la salle commune avant d'aller manger. Hermione voulut rejoindre Bellatrix pour voir si la femme était toujours fâchée, mais elle ne se le permit pas, remarquant que la rouquine gardait un œil attentif sur elle.

Sans surprise et à son plus grand désespoir, elle ne vit pas la sorcière noire au dîner. Par contre elle remarqua, comme tout le reste de la table, que Ginny était de mauvaise humeur. La fille qui était connue pour être une sacrée pipelette n'avait pas émis le moindre son depuis le début du repas. Hermione redoutait de plus en plus qu'elle lâche la bombe d'une minute à l'autre. Cependant rien, Ginny ne fit aucune allusion au plus grand bonheur d'Hermione qui souffla de soulagement quand les deux garçons, épuisés par leur match, décidèrent d'aller se coucher. Elle leur emboîta le pas et rejoignit sa chambre rapidement, voulant à tout prix échapper à la rouquine. Elle devait parler à Ginny, elle le savait, mais Hermione préférait repousser la discussion fatidique autant que possible.

Une fois dans sa chambre elle s'empressa de rassembler quelques affaires avant de se rendre dans les appartements de la sorcière noire. Elle ouvrit la porte et tomba nez à nez avec Ginny qui la scrutait d'un œil sévère.

« Je crois que l'on doit parler Hermione, dit-elle en rentrant dans la chambre.

- Parler de quoi ?, demanda-t-elle d'une voix qui se voulait innocente mais qui ne l'était pas le moins du monde.

- Du fait que tu couches avec une mangemort, lâcha Ginny.

Hermione hoqueta de surprise en entendant son amie affirmer ça d'une voix sûre.

- Je...je ne vois pas du tout de quoi tu veux parler, balbutia-t-elle.

- Ne mens pas! Je t'ai vu avec elle dans la salle de bain des préfets pendant le match !, la gronda la rousse.

- Ce n'est absolument pas ce que tu crois, s'enquit Hermione.

- Et qu'est-ce que c'est alors ?, demanda Ginny en haussant les sourcils.

- Elle voulait aller dans la salle de bain des préfets donc je l'y ai conduit, c'est tout, expliqua la fille.

Ginny ricana.

- Pourquoi est-ce que tu ne lui as pas simplement laissé la clef, pourquoi est-ce que tu étais nue et collée à elle ?, réplica Ginny.

Hermione piqua un fard en constatant que l'hypothèse de Bellatrix était totalement fausse, malgré la vapeur, Ginny avait tout vu.

- Je...je ne sais pas quoi te dire, chuchota-t-elle en baissant les yeux.

- Commence par me dire à quoi tu joues ?! Pourquoi est-ce que tu te tapes une folle de 40 ans fanatique de Voldemort ?!

Hermione grimaça en entendant son amie parler ainsi de Bellatrix.

- Elle n'est pas folle, répondit-elle sur la défensive.

- C'est vraiment tout ce que tu trouves à me dire ?! Pourquoi est-ce que tu fais ça alors que c'est une mangemort sadique ?! Putain Hermione est-ce que je dois te rappeler qu'elle a torturé les Londubat et qu'elle a tué son propre cousin ?, s'énerva Ginny.

- Non, je sais tout ça...mais...

- Mais quoi ?, réplica la rouquine sèchement.

- Mais je l'aime... je suis folle amoureuse de cette femme. », laissa-t-elle échapper dans un souffle alors que ses yeux s'humidifiaient.

Le visage de Ginny s'adoucit instantanément, surprise de la révélation d'Hermione et soudain peinée par le sort de son amie. Elle s'approcha d'elle et la prit dans ses bras.

« Je suis désolée si j'y suis allée un peu fort, s'excusa-t-elle.

- Non ce n'est rien... je m'attendais à ce genre de réactions, répondit simplement Hermione.

- Elle sait que tu l'aimes ?, demanda Ginny avec l'air intéressé.

Hermione fronça les sourcils.

- Euh... je ne sais pas... je ne pense pas, je ne lui ai toujours pas dit... Pourquoi?

- Très bien, ne lui dis rien. Si tu lui dis elle saura qu'elle a réussi.

- Réussi quoi ?, demanda Hermione totalement déconcertée.

- Réussi à séduire la meilleure amie d'Harry Potter, expliqua la rouquine comme si c'était une évidence.

Le visage d'Hermione se ferma, les insinuations de Ginny la firent bouillir de rage.

- Qu'est-ce que tu essaies de dire ?! Tu penses vraiment qu'elle fait ça pour atteindre Harry ?! Tu penses vraiment qu'elle fait ça pour servir Voldemort ?!

- Hermione ne me fait pas croire que tu n'as pas peur de ça ? Peut-être qu'au fond de toi tu espères qu'elle est sincère, mais je suis sûre que ta raison te dit de ne pas lui faire confiance.

Elle n'avait jamais pensé à ça, depuis leur premier baiser le soir de Noël, plus aucun doute n'avait traversé l'esprit d'Hermione quand à la sincérité de Bellatrix.

- Tu sais Ginny, parfois quand on ouvre trop la bouche pour dire des bêtises, il vaut mieux la garder fermée, marmonna-t-elle en se dirigeant pour sortir de sa chambre.

- Qu'est-ce que tu fais ?! Ne me dis pas que tu vas la rejoindre ?

- Je fais ce que je veux, si tu veux aller raconter tout ça à Ron et Harry libre à toi, je n'en ai plus rien à faire, gronda-t-elle en quittant la pièce.

Ginny, persuadée de sa théorie et voulant simplement aider Hermione la regarda partir avec un visage inquiet.

- Tu sais Hermione, ce n'est pas pour rien que l'on dit que l'amour rend aveugle... »

Hermione arriva complètement agacée devant la porte de Bellatrix. Elle ne pouvait s'empêcher de ruminer les paroles de Ginny et cela la contrariait fortement.

Elle dut toquer à trois reprises avant que la porte ne s'ouvre enfin. Elle entra dans la pièce mais Bellatrix n'y était pas, elle alla dans la chambre et trouva la femme complètement recroquevillée dans les draps. Hermione remarqua bien vite la bouteille posée au pied du lit ce qui la fit culpabiliser de ne pas être restée aux côtés de la femme ce soir.

« Je pensais que tu ne viendrais pas, dit-elle sans prendre la peine d'ouvrir les yeux.

- Je t'avais dit que je viendrais, répondit calmement Hermione.

- Oui mais tu aurais pu changer d'avis comme tu préfères rester avec tes amis, dit-elle d'une voix sèche en appuyant sur le dernier mot.

- Donc tu es toujours fâchée apparemment, souffla Hermione, En voyant la bouteille vide à côté de ton lit je pensais que l'alcool aurait au moins réussi à faire passer ta mauvaise humeur.

La fille déjà énervée par les propos qu'avait tenu Ginny, ne supportait pas que la femme lui fasse la tête pour si peu.

- Je ne suis pas fâchée et je ne suis pas de mauvaise humeur, grogna Bellatrix en lui assénant un regard noir.

Hermione leva les yeux au ciel.

- Si tu es fâchée parce que je suis retournée au match au lieu de rester avec toi tout l'après-midi, répondit Hermione, Et c'est clairement ridicule de m'en vouloir pour ça alors que je passe déjà le plus clair de mon temps avec toi.

Le visage de Bellatrix se durcit brutalement.

- Et bien Granger tu vas être heureuse d'apprendre que je te libère de ton fardeau... tu peux partir maintenant. », énonça-t-elle d'une voix glaciale.

En voyant que ses mots semblaient avoir touchés la femme, Hermione s'adoucit un peu et s'approcha prudemment d'elle en la regardant de ses yeux amoureux.

« Bella, arrête s'il te plaît...

- Ne m'appelle pas comme ça. », répondit la femme en l'assassinant du regard.

Hermione s'assit à côté de la femme qui lui tournait le dos et commença à caresser les cheveux noirs.

« Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans pars d'ici maintenant, grogna Bellatrix.

Hermione continua de jouer avec les boucles noires et Bellatrix s'en voulut d'apprécier les caresses prodiguées par la fille.

- Tu m'as dit que je pouvais partir maintenant, la corrigea Hermione, Mais je n'ai pas envie, je veux rester avec toi... »

La fille s'allongeât, se glissa sous les draps noirs et se rapprocha du corps de la femme. Elle souleva les cheveux pour venir déposer un doux baiser sur la nuque blanche. Elle sourit en la sentant tressaillir sous ses lèvres.

Malgré elle, le contact d'Hermione l'apaisa et elle se retourna dans les bras de la fille pour lui faire face. En plongeant ses yeux dans le regard tendre et réconfortant, une larme lui échappa.

Hermione essuya la larme avec son pouce et vit les deux yeux encore un peu vitreux divaguer vers sa bouche. Elle s'approcha lentement et s'arrêta alors qu'elle frôlait les lèvres sanguines.

Bellatrix perdit ses mains dans la chevelure châtain et brisa la distance qui séparait sa bouche de la bouche d'Hermione, scellant ainsi ses lèvres à celles de la fille.

Le baiser d'abord tendre se transforma bien vite en une étreinte fiévreuse. La femme toujours à la recherche de plus d'Hermione, colla son buste à celui de la fille et glissa une jambe entre celles de son élève. Quand le souffle leur manqua, elle rompirent le baiser et finirent par s'endormir dans les bras l'une de l'autre.

Le lendemain et pour la première fois, Hermione fut la première à se réveiller. Elle put alors regarder la femme dont la tête reposait sur son épaule et elle se perdit dans ses pensées. Qu'elle le veuille ou non, les mots de Ginny résonnaient encore dans sa tête et elle ne pouvait s'empêcher de les considérer.

En regardant le délicat visage encore endormi, la fille se demanda si tout cela était bien vrai, si la relation qu'elle entretenait avec Bellatrix était bien réelle, si la sorcière noire ne se servait pas d'elle pour amener Harry au seigneur des ténèbres. Tout cela lui semblait presque absurde tant elle se sentait en confiance avec la femme ces derniers temps, seulement maintenant un léger doute planait dans son esprit.

Elle fut coupée de ses rêveries quand elle vit les deux yeux noirs s'ouvrir.

« Bien dormi ?

- Mmmh, grogna la femme en s'étirant, J'ai mal à la tête...

- Pourquoi est-ce que je ne suis pas étonnée ?, plaisanta Hermione.

- Pfff tais toi et vas me chercher une potion pour la migraine, souffla la femme.

Hermione obéit et ramena la potion à Bellatrix qui la but d'un trait.

- Il faut vraiment que tu arrêtes le whisky Bella... et que tu recommences à mang... »

Hermione fut coupée par la bouche sanguine qui se plaqua contre la sienne. Elle se noya dans le baiser que Bellatrix rompit rapidement.

« Vas te préparer Saleté où tu risques d'être en retard.

- Non.

- Comment ça non ?, demanda la femme surprise.

- J'y vais seulement si tu me promets de venir au petit déjeuner, répondit Hermione.

Bellatrix leva les yeux au ciel.

- Vas y et tu me verras dans la grande salle... », céda la femme.

Hermione lui sourit et lui donna un bref baiser avant de quitter ses appartements. Bellatrix n'attendit pas longtemps avant d'aller se servir un verre de whisky, le premier de la journée, mais certainement pas le dernier.

Pour le plus grand soulagement d'Hermione, Bellatrix assista au petit déjeuner et fit même l'effort d'avaler quelques biscuits et une tasse de café noir. Après ça elle retourna dans ses appartements et elle s'affala sur son fauteuil, verre en main, en attendant son premier cours.

Le liquide ambré l'attirait irrésistiblement, l'alcool avait ce pouvoir apaisant sur elle, ce pouvoir libérateur que seule la présence d'Hermione pouvait surpasser. Alors elle buvait, plus que de raison, et plus elle buvait, moins elle pouvait s'en passer.

- - -

Hermione se figea à l'instant même où elle rentra dans la salle de classe. Bellatrix était là, au pied de son bureau, étendue au sol, inconsciente.

« Bellatrix », appela-t-elle d'une voix paniquée.

Elle s'accroupit auprès du corps inanimé et une forte odeur d'alcool emplit ses narines. Elle commença à secouer la femme ivre morte et la vit toussoter. Elle la prit dans ses bras et la souleva à l'instant même où la sonnerie retentit.

Son visage se crispa quand elle vit les premiers élèves qui commençaient à rentrer dans la salle de classe et qui la regardaient avec interrogation.

« Je crois qu'elle a perdu connaissance, je vais l'amener à l'infirmerie, expliqua Hermione aux quelques Gryffondor et Poufsouffle déjà présents, rassurée de ne voir ni Ron, ni Harry.

- Tu veux que je la porte ?, demanda un Poufsouffle.

- Non, répondit Hermione un peu trop fermement avant de se radoucir face au regard surpris du garçon, Elle n'est pas lourde je peux la porter, restez ici pour prévenir les autres que le cours est annulé. », ajouta-t-elle en s'adressant à tous ses camarades.

Elle se dépêcha de sortir de la classe avant de devoir croiser Harry et Ron et partit en direction des appartements de la femme, sachant pertinemment que Bellatrix ne voudrait pas se réveiller dans un lit de l'infirmerie.

Elle la déposa sur son lit et s'inquiéta en la voyant brutalement pâlir alors qu'une sueur froide commençait à perler sur son front.

En épongeant le visage ruisselant de Bellatrix, le pied d'Hermione buta contre un objet qui fit un bruit de verre brisé en tombant au sol.

Elle baissa les yeux et vit une bouteille de whisky éclatée en mille morceaux. À côté des éclats, elle remarqua une autre bouteille vide qui s'ajoutait à celle de la veille. Le calcul fut vite fait, la femme n'avait pas bu une bouteille depuis ce matin, mais deux. Hermione comprit alors l'origine de son état lamentable mais commença à paniquer, la femme avait bu beaucoup trop d'alcool, il fallait la faire vomir.

Elle porta le poids mort jusqu'à la salle de bain et l'accouda à la cuvette des toilettes. Hermione prit une grande inspiration en se préparant psychologiquement à enfoncer son doigt dans la gorge de la femme. Elle n'eut cependant pas besoin de le faire, Bellatrix se réveilla et se vida dans les toilettes. La femme vomit de longues minutes, la gorge brûlée par la bile pendant qu'Hermione tenait ses cheveux en arrière.

Une fois nettoyée, elle repartit se coucher avec l'aide d'Hermione et s'endormit presque aussitôt. La fille passa tout l'après-midi auprès de la femme, veillant sur elle en se disant qu'une fois qu'elle serait réveillée, elles devraient absolument avoir une discussion.

Le sommeil de Bellatrix fut rempli de cauchemars, tous plus horribles les uns que les autres, mais tous à propos de la même chose: son viol.

Elle sentit la femme s'agiter dans son sommeil, elle se débattait et commençait à pleurer. Hermione essaya de la réveiller en la secouant doucement. Bellatrix se réveilla soudainement, se saisit de sa dague et plaqua la lame sous la gorge d'Hermione.

Elles restèrent ainsi de longues secondes, Hermione n'osant bouger de peur de sentir le poignard transpercer sa peau et Bellatrix luttant pour sortir complètement de son cauchemar.

Elle avait agi par réflexe, voulant à tout prix se défendre de Rodolphus. Quand elle reconnut à qui appartenait la paire d'yeux bruns, elle se rendit soudain compte de ce qu'elle faisait et lâcha sa dague qui retomba sur le matelas. Elle éclata en sanglot, effrayée par elle-même, bouleversée par ce qu'elle avait failli faire.

Hermione ferma les yeux de soulagement quand elle sentit la lame se décoller de sa gorge, quand elle les rouvrit elle tomba sur Bellatrix tremblante et sanglotante. Elle la serra fort dans ses bras pour la calmer et resta ainsi de longues minutes jusqu'à ce que le corps contre elle finisse enfin par se détendre.

« Je suis tellement désolée, murmura Bellatrix d'une petite voix.

Hermione plongea ses yeux dans ceux de la femme, elle se dit alors que c'était le moment, Bellatrix devait se confier à elle.

- Parle moi Bella s'il te plaît. », chuchota-t-elle en lui caressant tendrement la joue.

La femme se remit à pleurer, pour la première fois elle envisagea de se confier à la fille, de tout lui dire.

« J'ai mal... j'ai tellement mal, laissa-t-elle échapper.

- Je sais, je le vois bien, mais je suis sûre qu'en parler à quelqu'un te soulagera un peu, alors même si ce n'est pas à moi, je t'en supplie confie toi à quelqu'un Bellatrix, dit-elle d'une voix douce.

- Mais je veux que ce soit toi, répondit-elle en serrant la main d'Hermione dans la sienne.

- Alors vas-y, je t'écoute, l'encouragea-t-elle.

La femme fondit ses yeux à ceux d'Hermione et prit une grande inspiration, hésitant jusqu'au dernier moment à lui dire la vérité ou non.

- Il m'a appelé pour me punir de la destruction de l'horcruxe... il a demandé ma dague et je lui ai donné... je n'avais pas le choix il me l'aurait pris de force...

- Tu n'as pas à te justifier, rien de tout ça n'est de ta faute, répondit automatiquement Hermione.

- Il m'a ensuite emmener jusqu'à une pièce et m'a jeté à l'intérieur en refermant la porte à clef... ma tête à tapé contre le mur, j'étais un peu sonnée, j'ai eu du mal à me relever et là j'ai entendu une voix... sa voix, elle commençait à sangloter.

- Prends tout ton temps Bella, chuchota Hermione en lui caressant les cheveux.

- Il... il m'a... il m'a plaqué contre le mur... je...je me suis débattue mais... mais je n'ai pas réussi à lui échapper.

- Qui t'a fait ça ?, demanda Hermione en ayant du mal à cacher son emportement.

La femme baissa les yeux.

- Mon... mon mari... », murmura-t-elle tellement bas qu'Hermione eut du mal à l'entendre.

La fille commença à avoir les larmes aux yeux face aux aveux de la femme et la prit dans ses bras. Elle était tellement peinée pour Bellatrix, elle se jura alors de la protéger, de protéger cette femme à tout prix. Elle était aussi profondément énervée, une colère sans nom bouillonnait en elle, et pour la première fois de sa vie, Hermione souhaitait vraiment faire du mal à quelqu'un, elle voulait faire payer Lestrange, le faire payer pour ce qu'il avait fait à Bellatrix, pour avoir brisée la femme qu'elle aimait.

Le visage noyé dans la crinière d'Hermione, Bellatrix pleurait, mais elle eut tout de même le courage de rajouter:

« Rodolphus m'a violé. »

Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette simple phrase libéra Bellatrix d'un gros poids. Se confier à quelqu'un, se confier à Hermione, venait de la libérer de son fardeau.

Bien sûr tout n'était pas réglé. Tous ses tourments n'avaient pas disparus. Elle ne s'était pas tout à coup réparée. Cependant elle se sentait mieux et c'était déjà beaucoup.

Bellatrix n'en eut pas conscience, mais la descente en enfer venait de prendre fin. La guérison venait de débuter, et tout ne pouvait qu'aller en s'arrangeant, c'est du moins ce qu'Hermione espérait...

- - -

Un mois s'était écoulé et les espérances de la fille s'étaient réalisées. De jour en jour la femme s'était sentie de mieux en mieux. Elle y pensait encore souvent, mais les images de son viol ne hantait plus toutes ses pensées, ses cauchemars eux aussi s'étaient calmés peu à peu. Bellatrix s'était progressivement réappropriée son corps, elle avait appris à l'apprécier à nouveau et avait retrouvé sa prestance légendaire.

Le chemin était encore long, mais il était certain que Bellatrix était sur la bonne voie.

La femme ne sut pourquoi, mais quand la fille la rejoignit dans son lit ce soir de mi-février, elle sentit son cœur s'emballait. Hermione venait dans le lit de la femme tous les soirs, mais cette fois c'était différent, Bellatrix fut transcendé par un sentiment qu'elle fut incapable de définir, un sentiment qui lui était inconnu.

Un sentiment amoureux.

Elle emmêla ses doigts dans les mèches châtains d'Hermione et attira la fille vers elle. Ses lèvres frôlant celles d'Hermione, elle murmura d'une voix suave:

« Embrasse moi. »