En seulement quatre semaines, Hermione avait pu voir Bellatrix sortir la tête de l'eau. Elle le savait, la blessure de la femme n'était pas totalement cicatrisée, cependant la plaie ne saignait plus, et c'était déjà beaucoup.

Dès le moment où elle s'était confiée à elle, la femme avait commencé à aller mieux, à aller de l'avant. En mettant les mots sur son viol, en acceptant son statut de victime, Bellatrix avait mis un pied dans la guérison, laissant derrière elle les semaines de souffrance à se renfermer sur elle-même.

Chaque jour la sorcière reprenait un peu plus de sa splendeur, chaque jour elle laissait un peu moins de place à ses démons, et chaque jour le cœur d'Hermione se réchauffait davantage en assistant à ses progrès.

La sorcière noire avait progressivement abandonné sa surconsommation de whisky et avait dans un même temps doucement recouvré l'appétit, pour le plus grand bonheur d'Hermione, qui avait aussi été témoin du retour de la prestance légendaire et du caractère fier et piquant de la femme.

Bellatrix qui avait été brisée, recollait les morceaux petit à petit, se reconstruisant pour être sûrement encore un peu plus forte qu'elle ne l'était déjà.

Bellatrix qui n'était plus que l'ombre d'elle-même, était aujourd'hui aussi brillante qu'une étoile.

Hermione avait accompagné sa bien-aimée durant tout le processus, elle ne l'avait pas lâché d'une semelle pendant ce long mois, se montrant toujours plus encourageante, toujours plus réconfortante envers la femme qu'elle aimait. Bellatrix s'était confiée à elle, elle lui avait accordé sa confiance et la fille s'en était montrée digne en aidant autant qu'elle le pouvait la femme à se reconstruire. La Gryffondor avait soutenu sa professeure en se montrant présente et aimante, et cela en mettant de côté les doutes que Ginny faisait grandir en elle...

Effectivement, si Hermione s'était concentrée sur la guérison de Bellatrix ces dernières semaines, la benjamine Weasley ne lui avait néanmoins pas laissé de répit. Si Hermione avait réussi à faire promettre Ginny qu'elle n'en parlerait pas à Harry et Ron, et qu'elle lui laisserait leur annoncer elle-même lorsqu'elle serait prête, la fille avait quand même eu droit à de nombreux sermons de la part de son amie qui s'efforçait de la raisonner. La rouquine exposait toujours plus de théories, toujours plus d'intérêts qu'aurait la sorcière noire à la séduire, et Hermione réfutait à chaque fois tous les arguments de Ginny, n'avouant pas que ses dires arrivaient pourtant à la faire douter...

Hermione avait laissé ses doutes au second plan afin de se concentrer pleinement sur la femme qui, elle le savait, avait vraiment besoin d'elle. Alors elle n'avait rien dit à Bellatrix, ne lui avait rien dit sur le fait que Ginny était au courant, ne lui avait rien dit non plus de ses craintes. Et bien qu'elle ait à plusieurs reprises hésité à lui en parler, Hermione ne regrettait pas ne s'être tu, car le regard que lui offrait la femme en cet instant, venait de faire s'évanouir toutes ses peurs.

« Embrasse moi. »

Alors que les fines mains de la femme s'étaient perdues dans ses cheveux, et que les orbes noirs plongés dans ses yeux brillaient de mille feux, ces deux mots qu'elle lui susurra firent complètement succomber Hermione.

Au contact des lèvres de la fille sur les siennes, Bellatrix fut comme foudroyée par un éclair, et alors que les langues se rencontraient dans un balai harmonieux, la sorcière noire ne ressentit pas qu'une intense chaleur l'envahir, non, elle pouvait clairement sentir les papillons voleter dans son ventre.

Ce sentiment aussi plaisant qu'inconnu ne l'effraya pas sur le moment, incapable de réfléchir à sa signification, Bellatrix se laissa porter, profitant simplement du baiser d'Hermione et de toutes les sensations qui l'accompagnaient.

Hermione se tenait au dessus du corps brulant de Bellatrix et laissait ses lèvres s'égarer dans le cou délicat quand elle décida de relever doucement la tête, détachant ainsi sa bouche de la peau blanche, ayant peur de brusquer la femme qu'elle savait encore fragile.

Elle se redressa complètement et Bellatrix fronça les sourcils.

« Continue s'il te plaît, expira-t-elle en regardant Hermione de ses yeux assombris de désir et toujours aussi pétillants.

- Tu es sûre ? », demanda la fille, inquiète que la femme ne soit pas encore prête.

Bellatrix se redressa et fit lentement glisser ses mains le long de son corps pour venir attraper le bas de sa nuisette. Elle fit doucement remonter le tissu noir jusqu'à retirer entièrement le vêtement, se retrouvant ainsi parfaitement nue devant Hermione dont tous les sens étaient en ébullition.

« Sûre et certaine. », affirma-t-elle d'une voix roque en se mordillant la lèvre inférieure.

Voyant la fille encore hésitante, la femme s'approcha d'elle, attrapa ses mains pour les poser en bas de ses reins et enroula ses bras autour de sa nuque pour venir l'embrasser fougueusement. Elle la fit basculer sous elle et tout en lui dévorant le cou de ses lèvres, elle commença à lui retirer ses vêtements.

Le corps nu d'Hermione contre le sien provoqua un bien être immense à Bellatrix, toute sa peau fut parcourue de frissons alors qu'elle sentait un véritable feu grandir en elle. Toujours plus avide de sentir la jeune femme, elle se pressa contre elle, balada ses mains sur la peau douce et humidifia cette même peau de ses nombreux baisers. Hermione, à qui le contact de la femme avait grandement manqué, ne tarda pas à céder à ses caresses et à attendre l'orgasme autour des doigts de Bellatrix.

A peine remise, Hermione entreprit de rendre la pareille à la femme. Elle était toujours inquiète que Bellatrix se braque, que son traumatisme ressurgisse en plein milieu de leurs ébats, mais elle ne se voyait pas refuser à la femme ce qu'elle lui avait explicitement demandé simplement parce qu'elle avait peur qu'elle ne soit pas encore tout à fait prête.

Elle choisit donc de faire preuve d'une extrême délicatesse envers Bellatrix. Elle allait faire l'amour à la femme avec prudence et douceur, voulant lui offrir tout le plaisir du monde sans qu'elle ne songe rien qu'une seconde à sa blessure.

Bellatrix fut surprise de se sentir si détendue entre les mains d'Hermione. Chacune de ses caresses, chacun de ses baisers l'électrisait et lui faisait échapper de petits gémissements. Elle aimait ce qu'elle ressentait, elle aimait tellement cela qu'elle souhaitait que la jeune femme ne s'arrête jamais, qu'elle continue pour toujours les gestes tendres et affectueux qu'elle lui prodiguait.

Si quelques heures avant, rien que le fait d'imaginer quelqu'un la toucher de la sorte lui aurait donné la nausée, il n'en était plus rien maintenant. Maintenant le fait qu'on la touche lui procurait un immense plaisir charnel, parce que c'était Hermione, parce que tout n'était que douceur, parce qu'elle mourrait d'envie de la fille, et peut-être aussi parce que ce qu'elle ressentait à présent pour elle dépassait de loin l'ordre du désir ou de l'attachement...

Hermione se délectait des réactions qu'elle parvenait à créer chez sa partenaire. Consciente qu'elle avait eu tord et que Bellatrix semblait bien prête à s'offrir toute entière à elle, la fille continua, prenant un plaisir incroyable à lui arracher tantôt des soupirs roques, tantôt de puissants gémissements. Hermione fut complètement subjuguée par la femme lorsque cette dernière atteignit la jouissance sous elle.

Les yeux noyés dans le regard sombre, elle hésita, elle était à deux doigts de lui déclarer ces trois mots qui changeraient peut-être tout, ces trois mots qu'elle avait longtemps retenu, ces trois mots qu'elle voulait lui dire maintenant.

« Bella, je... », elle se stoppa, se trouvant tout à coup incapable de prononcer les deux mots restant.

Délicatement, du bout des doigts, elle retira une mèche de cheveux qui barrait le visage couleur porcelaine pour la coincer derrière l'oreille de Bellatrix qui la regardait en attendant qu'elle finisse sa phrase.

« Bella, je te trouve tellement belle. », chuchota Hermione en lui souriant tendrement.

La femme, à mille lieux de se douter que ce n'était pas ce qu'elle voulait vraiment lui dire, rendit son sourire à Hermione et se redressa, s'appuyant sur ses coudes pour venir embrasser la fille, pour venir profiter encore un peu plus de sa chaleur.

Elle l'avait fait. Après avoir récupéré sa prestance, sa confiance, sa fierté et son corps, Bellatrix venait également de se réapproprier son intimité. Elle ne dit rien, mais elle était profondément reconnaissante envers Hermione pour ça, pour tout ça. Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi la fille s'infligeait ça, pourquoi la fille n'était pas partie à la première difficulté, pourquoi est-ce qu'elle semblait la faire passer avant tout et tout le monde. Elle décida ne pas se préoccuper de toutes ces questions pour l'instant et soupirant d'aise en tenant le corps d'Hermione tout contre elle, la sorcière noire se laissa vite happer par le sommeil.

La Gryffondor fut un peu plus longue à tomber dans les bras de Morphée. Elle n'avait pas réussi à avouer son amour à la femme alors qu'elle en mourait d'envie. Elle voulait vraiment lui dire et pourtant quelque chose l'en avait empêché. Quoi? Elle ne le savait pas, et c'est bien ça qui la tracassait. C'était peut-être la peur d'être rejetée par la femme, que ses sentiments ne soient pas partagés, que les yeux pétillants avec lesquelles Bellatrix la regardait ne reflètent pas de sentiment et seulement un simple désir... Ou peut être que c'était le doute qui l'avait empêcher d'avouer ces trois mots, peut-être que les théories de Ginny qui la travaillaient de plus en plus l'avaient empêché de déclarer son amour à Bellatrix...

C'est l'esprit lourd de questionnements qu'Hermione s'endormit finalement dans les bras de Bellatrix, le visage enfouit dans les boucles noires, se laissant bercer par la délicieuse odeur ambrée de la femme qu'elle aimait.

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La semaine défila doucement, Bellatrix décidant d'ignorer son cœur qui se mettait à marteler violemment sa cage thoracique à chaque fois que son regard croisait les yeux bruns de son élève, et Hermione ayant quand à elle de plus en plus de mal à calmer les doutes au sujet de la relation qu'elle entretenait avec sa professeure.

La Gryffondor n'écoutait le cours de potion que d'une oreille, trop occupée par ses pensées, elle commençait à être fatiguée de douter en permanence. Elle décida alors d'en parler à Bellatrix ce soir, la femme allait beaucoup mieux et Hermione ne se voyait pas garder ça pour elle plus longtemps. Elle avait simplement hâte que Bellatrix démonte tous les arguments de Ginny et qu'elle puisse ainsi lui refaire totalement confiance, comme elle le faisait avant que la rouquine ne lui mette ces stupides idées en tête. Elle en voulait à Ginny pour ça, pour la faire hésiter sur la véracité de sa relation avec la sorcière noire, mais elle s'en voulait sans aucun doute beaucoup plus à elle même, d'aimer cette femme de tout son cœur et d'être pourtant incapable de lui accorder toute sa confiance.

Après le dîner, comme elle le faisait chaque soir, Hermione s'échappa de sa chambre de préfète pour rejoindre les appartements de la sorcière noire. Elle y trouva Bellatrix confortablement installée sur le fauteuil en cuir, le visage paisible et éclairé par le feu de cheminée, le regard absorbé par son ouvrage.

« Je suis épuisée Saleté, on va directement se coucher ?, demanda-t-elle d'une voix distraite sans quitter son livre des yeux, finissant la page qu'elle avait déjà entamé.

- J'aimerai que l'on parle d'abord. », répondit Hermione d'un ton sérieux.

Bellatrix releva instantanément les yeux pour la regarder, essayant de deviner la nature de la conversation en étudiant le visage de son élève. Elle la devina préoccupée.

« Quelque chose ne va pas Saleté ?

- Je sais qui nous a surpris la dernière fois dans la salle de bain des préfets, répondit Hermione.

- Et qui est-ce ?, demanda la femme en haussant un sourcil.

- Ginny...Ginny Weasley. Mais elle n'a encore rien dit, personne d'autre n'est au courant, s'empressa-t-elle de rajouter.

- C'est tout ce que tu voulais me dire ?, questionna Bellatrix en ne comprenant pas pourquoi la fille paraissait si contrariée.

- Non pas exactement... Je voulais aussi te dire que...que..., s'hasarda-t-elle.

- Que ?, commença à s'impatienter la sorcière noire.

- Elle m'a dit que tout est faux, que tu joues un rôle, que tu m'as séduite seulement pour aider Voldemort à atteindre Harry, lâcha-t-elle d'une traite.

Bellatrix resta silencieuse une seconde, le temps d'enregistrer l'information, puis éclata dans un fou rire devant l'absurdité des propos. Quand elle se calma, elle réalisa brusquement qu'Hermione avait l'air sérieuse.

- Attends, ne me dis pas que tu crois à ces absurdités ?!, dit-elle en se levant pour s'approcher de la fille.

- Je ne dis pas que j'y crois, je dis simplement que ça m'a fait me poser des questions, que ça me fait douter de toi, chuchota-t-elle en baissant les yeux.

- Tu penses vraiment que je fais tout ça simplement parce que Voldemort me le demande ? Tu penses sérieusement que je partage mon lit avec toi toutes les nuits pour servir Potter sur un plateau d'argent au Seigneur des ténèbres ? Tu penses que je me serai montrée si faible devant toi, que je me serai confiée à toi si c'était le cas ?!, s'agaça-t-elle en prenant une voix glaciale.

Hermione le savait, la femme avait raison, tous les doutes qui emplissaient son esprit étaient totalement absurdes et elle était bien ridicule de les laisser remettre en question la confiance qu'elle avait pour Bellatrix.

- Tu as raison, tout ça est complètement stupide, elle releva les yeux pour les plonger dans ceux de la femme, Je suis vraiment désolée d'avoir douté de toi.

Contre toute attente et bien que légèrement froissée, Bellatrix accepta les excuses d'Hermione. D'un côté elle pouvait presque comprendre ses doutes, et de l'autre elle se voyait mal en vouloir pour si peu à la fille qui avait toujours était là pour elle depuis qu'elle l'avait rencontrée.

- Ça va je ne suis pas énervée... mais ne te laisse plus jamais monter la tête par une Weasley. », répondit-elle en s'approchant, un sourire en coin.

Hermione posa ses mains sur les joues de la femme, Bellatrix entoura de ses bras la taille de la fille. Les yeux se fermèrent, les bouches se rencontrèrent, les corps se laissèrent aller l'un contre l'autre. Elles se perdirent toutes deux dans le baiser, mais furent rapidement rappelées à la dure réalité.

L'avant bras en feu, la femme se détacha brusquement de la fille. Hermione d'abord surprise, se figea instantanément en remarquant la marque des ténèbres s'agiter sur la peau de Bellatrix.

« Tu peux dormir ici si tu veux mais je ne sais pas quand je reviendrais, dit-elle sans oser regarder Hermione.

- Mais...mais pourquoi est-ce qu'il t'appelle ? Il t'a déjà puni pourquoi est-ce qu'il t'appelle maintenant ?, demanda la fille totalement déconcertée.

- Je n'en sais rien mais je vais très vite le découvrir, répondit la femme d'un ton las tout en serrant contre son buste son bras endolori par la douleur qui s'accentuait de plus en plus.

- N'y vas pas !, s'exclama Hermione.

- Parce que tu crois vraiment que j'ai le choix ?! », s'énerva Bellatrix.

Hermione ne sut que répondre et la sorcière ouvrit la fenêtre avant de s'envoler dans une traînée de fumée noire. La Gryffondor regarda la forme noire s'éloigner jusqu'à ce qu'elle ne disparaisse complètement dans la nuit. La fille alla s'assoir sur le canapé la larme à l'œil, profondément inquiète par le sort que Voldemort réservait à Bellatrix

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Elle arriva tremblante dans la demeure Malfoy et se dirigea d'un pas hésitant jusqu'à la salle à manger où elle fut presque soulagée de constater que Voldemort était accompagné de toute une tablée de mangemorts, dont Rodolphus ne faisait pas partie. Elle prit place à sa chaise habituelle et elle esquissa un sourire en voyant que Severus lui faisait face. Elle pensa alors que Voldemort l'avait convoqué pour une réunion où elle se contenterait d'être simple spectatrice...le mage noir n'avait pourtant pas cette idée en tête.

« Comme la plupart d'entre vous le savez déjà, le Ministère est actuellement entrain d'être attaqué par les frères Carrow, les frères Lestrange, Dolohov, Macnair, Yaxley et une dizaine d'autres, d'ici quelques heures nous auront donc assailli et pris le contrôle des lieux...

Elle n'avait pas été mise au courant et quand elle croisa le regard de Rogue elle comprit que lui non plus.

Vous devez donc vous demander pourquoi est-ce que je vous ai réuni ici ce soir, et bien c'est très simple, après le Ministère la prochaine étape est... Poudlard. », en disant ce dernier mot, le seigneur des ténèbres regarda avec insistance d'abord Rogue puis ensuite Bellatrix.

« Même si j'aimerai aller attaquer Poudlard dès demain, je ne me fais pas d'illusion, cette école nous montrera beaucoup plus de résistance que le Ministère. C'est pourquoi nous nous y rendrons mi avril, d'ici là j'aurai sans doute rallié encore plus de fidèles à ma cause... à notre cause, et nos armées seront prêtes à venir à bout de cette maudite école. Nous attaquerons donc le 15 avril, le jour de la mort de Dumbledore... le jour où Bellatrix tuera le vieux directeur. »

Le cœur de la sorcière noire rata un battement. Il n'était pas sérieux, il ne lui demandait pas de tuer Dumbledore, pas à elle. Mais alors Bellatrix se rappela ce qu'il lui avait dit avant de la jeter dans la chambre avec Rodolphus, « Je t'aurais tué si je n'avais pas encore besoin de toi... », et tout prit sens, s'il l'avait épargné c'était parce que depuis le début, il comptait sur elle pour se débarrasser de Dumbledore.

« Il est le seul à pouvoir m'empêcher d'atteindre le garçon et la manière la plus simple de le neutraliser et d'agir de l'intérieur... Je compte donc sur vous deux, Bella et Severus, pour mettre une stratégie en place d'ici là... Nous nous réunirons une nouvelle fois au début du mois d'avril pour voir ensemble les derniers détails. »

Le mage noir changea ensuite de sujet et parla notamment de l'attaque qui était entrain de se dérouler au Ministère. Bellatrix n'écoutait plus, trop concentrée sur ses pensées, trop occupée à chercher une solution. La réunion prit rapidement fin et elle rentra au château, quand elle passa la porte de ses appartements elle tomba directement sur Hermione qui ressemblait à une vraie boule de nerfs.

La fille lui sauta dans les bras, s'agrippa à son cou et la serra fort contre elle en soufflant de soulagement. Hermione se recula ensuite et examina la femme avec attention à la recherche du moindre bleu, de la moindre plaie, de la moindre larme, mais elle ne vit rien.

« Tout va bien ? Il ne t'a rien fait ?, demanda-t-elle entre le soulagement et la surprise.

- Non il ne m'est rien arrivé et je vais très bien, par contre je suis épuisée alors si ça ne te dérange pas j'aimerai que l'on aille se coucher. », répondit-elle en souriant.

Le fait de voir le visage d'Hermione s'illuminer de bonheur en apprenant qu'elle allait bien fit chaud au cœur de Bellatrix. Cependant la femme remarqua bien vite l'expression de la fille changer et elle comprit instantanément qu'elle allait lui demander pourquoi est-ce que Voldemort l'avait appelé. Ne voulant pas se disputer avec son élève maintenant et ne se sentant pas la force d'inventer un mensonge crédible, Bellatrix décida de couper court aux interrogations d'Hermione en venant plaquer sa bouche contre la sienne.

Hermione fut prise par le baiser et se laissa pousser jusque dans le lit par la femme. La bonheur intense de s'endormir au creux des bras de Bellatrix mélangé au soulagement de savoir qu'elle allait bien eurent raison de sa question qu'elle laissa s'envoler en préférant s'endormir paisiblement dans les draps en satin noir.

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Le lendemain matin, en rentrant dans la grande salle, Hermione remarqua vite le visage fermé qu'arboraient la plupart des élèves en lisant le journal. Elle s'installa à table et n'eut même pas le temps de se demander ce qu'il pouvait bien s'être passé que Ginny déboula vers elle:

« Est-ce qu'elle était avec toi hier soir ?! »

Hermione la regarda complètement déconcertée, ne comprenant absolument pas où la rouquine voulait en venir. Devant son silence, Ginny leva les yeux au ciel et jeta sur la table un exemplaire de la Gazette des Sorciers. Hermione baissa les yeux et en voyant le titre du jour son sang se glaça, elle voyait maintenant très bien où son amie voulait en venir. Alors, d'une main presque tremblante elle déplia le journal afin de pouvoir lire l'article, et lorsqu'elle trouva l'information qu'elle cherchait, sa mine se décomposa.

L'heure à laquelle Bellatrix avait été appelée par le Seigneur des ténèbres correspondait exactement à l'heure de l'attaque au Ministère de la Magie.

Elle leva alors les yeux pour regarder en direction de la table des professeurs et y croisa le regard sombre de Bellatrix qui comprit immédiatement ce qui se passait dans la tête d'Hermione.

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Quand elle s'apprêta à ouvrir la porte à Hermione ce soir là, Bellatrix savait d'avance que ça allait mal se passer. Elle n'avait vu la fille aujourd'hui que lors des repas, mais cela lui avait suffit pour comprendre qu'elle était restée dans le même état que ce matin tout au long de la journée. Elle savait que Miss-je-sais-tout, comme elle se plaisait à l'appeler, allait encore vouloir tout savoir et qu'elle ne pourrait pas répondre à ses questions. Elle était déjà assez préoccupée comme ça par le fait de devoir planifier le meurtre de Dumbledore, et elle savait donc que sa patience déjà bien limitée, le serait d'autant plus ce soir. Bellatrix le savait, d'ici quelques minutes, ou plutôt d'ici quelques secondes, elle se disputerait avec Hermione. Elle pensait ce conflit inévitable, et elle avait raison.

La fille rentra dans la pièce sans un mot et avec le même visage fermé qu'elle avait entretenu toute la journée. Bellatrix fut directement agacée par son attitude et se dit intérieurement que la fille aurait mieux fait de rester dans sa propre chambre plutôt que d'amener pleins de mauvaises ondes dans la sienne.

« Vas-y pose ta question. Je vois que tu en meurs d'envie, lâcha Bellatrix d'une voix dure.

- Qu'est-ce que tu as fait hier soir ?, demanda Hermione d'une voix toute aussi dure mais qui cachait surtout sa peur.

- Est-ce que j'ai attaqué le Ministère ? C'est ça que tu veux savoir ?, se moqua-t-elle.

- Oui, répondit fermement Hermione.

- Et bien non, je n'y étais pas, répondit Bellatrix en espérant clore la conversation tout en sachant très bien qu'elle venait à peine de commencer.

- Et où est-ce que tu étais alors ?, demanda la fille septique.

- J'étais au manoir Malfoy avec lui, répondit la femme en se disant que c'était les seules informations qu'elle pourrait donner à Hermione.

- Et pourquoi est-ce qu'il t'a appelé ?

- Ça ne te regarde absolument pas Saleté, dit-elle d'une voix ferme.

- Ça ne me regarde peut-être pas mais j'ai besoin de savoir, affirma Hermione.

- Non, non, tu n'as pas besoin de savoir, tu as envie de savoir, et ça, c'est très différent Granger, réplica la femme.

- Si tu ne veux pas me dire c'est parce que tu me caches quelque chose, s'agaça la fille.

- Je ne t'ai jamais dit que je ne te cachais pas quelque chose, répondit-elle d'une voix glaciale à Hermione qui commençait sérieusement à l'énerver.

- Comment est-ce que tu veux que te fasse confiance si tu me caches des choses ?, demanda-t-elle dans un souffle de désespoir en laissant tomber sa colère qui n'était qu'apparence.

Voir Hermione passer de la colère à la détresse fit indirectement du mal à Bellatrix qui se ferma automatiquement, par peur de la compassion qu'elle ressentait pour la fille.

- Je n'ai jamais dit que je voulais que tu me fasses confiance, dit-elle d'un ton neutre.

Les yeux d'Hermione s'embuèrent et Bellatrix culpabilisa à cette vue mais n'en montra rien.

- Pourquoi est-ce que tu fais ça ?, chuchota la jeune femme à deux doigts de craquer.

- Faire quoi ? Te dire la vérité ? Je pensais que c'était ce que tu voulais pourtant. », asséna-t-elle comme un coup final à Hermione.

La Gryffondor eut du mal à ravaler sa salive et une larme s'échappa d'un de ses yeux. Sans un mot elle se retourna, ouvrit la porte et quitta la pièce. La fille blessée et presque anéantie par l'attitude de sa professeure partit se réfugier en sanglotant dans sa chambre de préfète, chambre où elle n'avait plus dormi depuis des semaines, chambre dans laquelle, malgré les épaisses couvertures qui la recouvraient, régnait un froid glacial .

Elle laissa ainsi seule la femme qui se détestait d'avoir fait couler cette larme, la femme dont l'esprit était torturé par la nouvelle tâche que lui avait confié le Seigneur des ténèbres, la femme qui allait donc sans surprise se soulager de toutes ses préoccupations grâce à son amie la plus fidèle, sa bonne vieille bouteille de whisky...