Elle traversa l'école en courant. Sa respiration était secouée de sursauts et les larmes avaient inondé ses joues. Elle n'avait qu'une hâte, se refugier dans son lit et se laisser emporter par le chagrin. Elle savait pourtant que le lit qu'elle retrouverait serait vide et froid, à vrai dire sans elle à ses côtés, tous les lits lui paraîtraient vides et froids, sans elle, cette femme qui venait de lui briser le cœur, tout lui semblerait vide et froid.
Elle fut soulagée de ne croiser personne sur son chemin et une fois arrivée dans la salle commune Gryffondor, elle se dépêcha de monter les escaliers qui menaient aux chambres mais dans sa hâte, elle percuta quelqu'un.
« Hermione ? Qu'est-ce qu'il y a ?!
De toutes les personnes qu'elle aurait pu croiser, il avait fallu que ce soit Ginny...
- Rien, j'allais me coucher, renifla-t-elle en baissant la tête.
- Pourquoi est-ce que tu pleures ?
- Je ne pleure pas.
- Tu sais il fait peut-être sombre, mais je vois quand même très bien que tes yeux sont remplis de larmes, insista Ginny, qu'est-ce qui ne va pas ?
- Tout va très bien je suis juste fatiguée, répondit la fille en se frayant un chemin pour continuer à monter l'escalier.
Quand Hermione se trouva en haut des marches, Ginny s'osa à reprendre la parole.
- C'est à cause d'elle n'est-ce pas ?
Le corps d'Hermione fut secoué d'un sanglot.
- Elle m'a brisé le cœur... », laissa-t-elle échapper dans un souffle avant de s'engouffrer dans sa chambre sans se retourner.
Ginny connaissait bien son amie et elle savait qu'Hermione avait besoin de rester seule. La rouquine rejoignit donc son dortoir en se disant qu'elle devrait attendre le lendemain pour en savoir plus. La sorcière noire l'avait-elle quitté ? Ou Hermione avait-elle découvert quelque chose de compromettant sur la mangemort ? Ginny n'en savait rien, mais elle était par contre sûre d'une chose, elle n'avait jamais vu Hermione avait l'air aussi anéanti...
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Le réveil fut difficile pour la femme. Le sommeil avait été bref, la nuit éprouvante, et cette journée n'annonçaient rien de bien meilleur. Elle alla se regarder dans le miroir et grimaça en voyant son visage qui reflétait les ravages de la fatigue, de la peine et de la colère dont elle avait été la victime toute cette nuit. Néanmoins, les ravages de l'alcool, eux, n'étaient pas présents sur les traits tirés de la sorcière noire.
Si dans un premier temps, noyer tout son chagrin dans le whisky l'avait fortement tenté, Bellatrix s'était rapidement ravisée, se disant qu'elle avait déjà infligé bien assez de peine à Hermione ce soir et qu'elle ne pouvait donc pas en plus se permettre de lui imposer le spectacle infernal de sa personne complètement saoule.
La sorcière noire avait donc passé la nuit à se tourner et à se retourner dans son lit, ne cherchant même pas le sommeil, trop occupée à se blâmer pour tout et n'importe quoi. Elle s'en voulait terriblement, pour absolument tout. Pour avoir rejeté Hermione et pour lui avoir dit des mots qu'elle ne pensait pas une seconde. Mais ce pourquoi Bellatrix s'en voulait le plus était d'éprouver ce qu'elle éprouvait pour la fille. Elle se détestait pour ça.
Si jusque là elle s'était voilée la face, la femme le savait maintenant, elle avait à l'égard d'Hermione des sentiments qu'elle n'avait jamais eu pour personne d'autre. Des sentiments qu'elle s'était toujours interdit de ressentir, des sentiments qu'elle avait toujours su facilement maîtriser, des sentiments qui venaient pourtant de lui éclater au visage. Elle ne pouvait plus se le cacher, elle était tombée amoureuse de la fille, sans le faire exprès, sans rien contrôler une seconde...en somme elle s'était bien faite avoir.
Entre ses pleurs, Bellatrix avait beaucoup cogité. Elle était désormais consciente de ses sentiments pour Hermione mais ce n'est pas pour autant qu'elle s'autorisait à les ressentir. Elle devait les faire taire et elle en était persuadée, elle pourrait aisément les faire disparaître. Pour cela, il lui suffirait de continuer à les nier auprès d'Hermione, de se tenir loin d'elle, et d'attendre tout simplement qu'ils cessent. Bien entendu, en pensant qu'éteindre le feu qui brulait en elle pour la fille serait si simple, Bellatrix se mettait le doigt dans l'œil...
Après s'être apprêtée de sorte à ce que la fatigue soit la plus discrète possible sur son visage, Bellatrix traîna du pied jusqu'à la grande salle. Arrivée devant les portes, elle inspira un bon coup, releva le menton, et arbora une mine suffisante pour s'avancer de sa démarche assurée jusqu'à la table des professeurs. Soigneusement, elle évita le regard brun qu'elle sentit se poser sur elle dès l'instant où elle pénétra dans la pièce. Une fois assise à sa place, la femme s'enquit d'entamer la conversation avec Severus de peur de craquer et de se laisser happer par les deux yeux qui restaient vissés sur elle.
Les faux-semblants instaurés par la femme semblaient fonctionner puisque Hermione était maintenant persuadée que Bellatrix allait bien. Si d'un côté elle était soulagée de la voir parfaitement sobre, la voir avec l'air si indifférent à leur dispute de la veille continuait de briser un peu plus le cœur de la jeune femme. Égoïstement, elle pensa alors qu'elle aurait sûrement préféré la trouver saoule plutôt que de la voir l'air presque radieux entrain de discuter tranquillement avec Rogue. Les yeux humides et pleins de peine d'Hermione ne parvenaient pas à se détacher de la silhouette de la sorcière noire qui arborait un visage paisible sonnant affreusement faux, mais arrivant pourtant très bien à la berner.
« Arrête de la regarder comme ça et dis moi plutôt ce qu'elle a fait pour te mettre dans cet état, lui dit Ginny en s'installant en face d'elle.
Hermione détourna enfin son regard pour le poser sur la rouquine.
- Elle m'a quitté. », répondit-elle simplement avant de plonger les yeux dans son bol de céréales.
Ginny ne dit rien et fronça les sourcils. Elle était contente que la relation entre les deux femmes ait pris fin même si elle devait avouer que le fait que la mangemort quitte Hermione n'était pas très concordant avec toutes ses hypothèses de coups montés avec Voldemort.
Hermione releva les yeux sur son amie et voyant que cette dernière ne comptait rien dire, elle reprit la parole:
« Hier soir, je lui ai tout dit, tout avoué... Je lui ai dit que je l'aimais et elle m'a dit qu'elle ne voulait plus continuer, que tout ce qu'il y avait entre nous n'était que du sexe et qu'il n'y aurait rien de plus, expliqua-t-elle douloureusement.
- Hermione... je suis vraiment désolée, dit Ginny en lui offrant un regard compatissant.
- Non tu ne l'es pas... mais ce n'est pas grave car tu n'as pas à l'être, au final j'aurai dû t'écouter. Tu avais raison elle se servait de moi... pas pour Voldemort comme tu le pensais, mais simplement pour elle même... Qu'est-ce que j'ai pu être idiote ! », soupira Hermione alors que les larmes commençaient à lui monter.
Ginny déposa sa main sur celle de son amie et lui fit un sourire rempli de compassion. Hermione essaya de ravaler ses sanglots mais se rendit vite compte qu'elle en était incapable. Alors qu'une larme commençait à lui échapper, elle remarqua du coin de l'œil qu'Harry et Ron arrivaient les rejoindre. Elle ne se sentait pas la force d'inventer un mensonge pour expliquer ses pleurs et préféra prendre la fuite.
« J'y vais, on se voit à midi. », dit-elle sans laisser le temps à Ginny de répondre.
Aucun des deux garçons ne prêtèrent attention à Hermione qui quittait précipitamment la table Gryffondor. En effet, les yeux amoureux de Ginny avaient hypnotisé Harry alors que l'énorme pudding disposé sur la table avait attiré toute l'attention de Ron. A l'inverse, une certaine sorcière noire ne rata pas une miette de la fuite d'Hermione. Ses deux yeux noirs braqués sur la silhouette de la fille qui sortait de la grande salle, Bellatrix dû lutter pour ne pas courir la rejoindre. Pour ne pas la prendre dans ses bras, pour ne pas la consoler, pour ne pas s'excuser auprès d'elle. Seulement elle ne fit rien, si elle voulait l'oublier, elle ne devait plus lui prêter attention.
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La semaine se déroula doucement et fut aussi douloureuse pour Hermione que pour Bellatrix. Leurs nuits l'une loin de l'autre étaient toujours aussi éprouvantes et c'est la mine fatiguée, les yeux gonflés et l'oreiller trempé de larmes qu'elles se réveillaient chaque matin. Leurs journées n'étaient pas bien plus agréables et se résumaient pour Hermione à arborer un visage abattu tout en jurant à Harry et Ron que tout allait bien et pour Bellatrix à afficher un faux air tranquille tout en luttant contre la tentation que représentait tantôt la fille, tantôt la bouteille de whisky.
Les pires moments restaient sans aucun doute les cours de Défenses contre les forces du mal où elles se retrouvaient l'une face à l'autre et où Bellatrix était confrontée à toute la peine qu'elle infligeait à Hermione. C'est donc le cœur serré que la femme observait la fille qui se laissait chaque jour submerger un peu plus par son chagrin.
Un soir, alors que la sonnerie venait de marquer la fin du cours et qu'Hermione était sur le point de quitter la salle à la suite des deux garçons, Bellatrix craqua. Voir la fille se laisser aller au point de ne plus prendre la peine d'écouter et de participer à son cours fit du mal à la femme. Elle s'en voulait de faire souffrir ainsi Hermione, elle s'en voulait tellement qu'elle en oublia, du moins l'espace d'un instant, qu'elle ne devait plus lui parler si elle souhaitait vraiment l'oublier.
« Granger viens ici deux minutes s'il te plaît. », laissa-t-elle échapper.
Hermione se stoppa net et un frisson parcourut son dos en entendant la voix de la femme qui s'adressait à elle pour la première fois de cette longue semaine. Le silence se fit alors qu'elle n'osait se retourner. Elle finit cependant par le faire et son cœur se réchauffa dès l'instant où son regard se fondit aux yeux noirs de Bellatrix. Elle s'avança prudemment jusqu'au bureau et regarda intensément la femme qui semblait peu à peu perdre ses moyens.
« Je voulais te parler parce que... tu n'as pas l'air d'aller bien, dit elle d'une voix douce mais hésitante.
- Tu t'attendais à ce que j'aille comment ?, s'emporta Hermione, Est-ce que tu as conscience du mal que tu m'as fait en te servant de moi ?!, ajouta-t-elle alors que les larmes perlaient déjà sur ses joues.
Sans réfléchir, par réflexe, Bellatrix posa sa main sur l'épaule de la fille et commença à doucement caresser la naissance de son cou. Sous le toucher de la femme, Hermione ferma les yeux et se détendit presque immédiatement. A l'instant où la sorcière noire retira sa main, la Gryffondor rouvrit les yeux et tomba nez à nez avec le beau regard noir rempli d'amour qui la regardait.
- Ecoute Saleté... je suis désolée... »
Hermione s'approcha un peu plus de la femme. Elle venait de passer une semaine horrible et la sorcière lui manquait terriblement, alors ces simples mots, bien que sans doute pas suffisant à excuser le comportement cruel qu'avait eu Bellatrix, lui suffirent sur l'instant. Sans quitter la femme des yeux, elle posa délicatement sa main sur le visage au teint porcelaine et vint lentement caresser du pouce la bouche rouge sanguine. Elle sentit Bellatrix frémir sous son geste et la vit fermer les yeux en soupirant.
Une guerre se déroulait à l'intérieur de la sorcière noire. Le cœur luttait contre la raison, les sentiments se battaient avec la stupide fierté. Elle ne savait pas quoi faire et resta les yeux clos, réfléchissant à mille à l'heure, le cœur battant si fort qu'il était près à déchirer sa poitrine. Elle sentit le souffle chaud d'Hermione se mêler au sien et devina ainsi que la fille était sur le point de l'embrasser. Elle mourrait d'envie de fondre ses lèvres à celle de la jeune femme, de se laisser porter par ses sentiments sans penser à rien. Elle aurait aimé que tout soit simple, mais avec elle rien ne l'était jamais et certainement pas quand cela concernait ses sentiments. Elle avait peur, affreusement peur, une peur démesurée de ce qu'elle ressentait pour la fille, une peur exacerbée de ce sentiment inconnu mais qu'elle savait fort, sans doute trop fort pour qu'elle ne puisse le supporter. Tout au long de sa vie elle avait aimé peu de monde, pour ne pas dire très peu de monde, mais jamais elle n'avait aimé quelqu'un de la manière dont elle aimait Hermione aujourd'hui. La vie lui avait appris bien assez tôt que s'attacher au gens signifiait souffrir davantage, hors elle avait déjà bien assez souffert durant ses quarante dernières années et elle ne pouvait, ou du moins ne voulait pas donner ce pouvoir à Hermione. Elle ne pouvait pas se permettre d'aimer la fille car elle savait que tôt ou tard, d'une manière ou d'une autre, elle en souffrirait. Elle sentit la bouche de la fille effleurer la sienne ce qui lui causa un fort fourmillement dans l'estomac. Si même la fierté de Bellatrix était prête à succomber à Hermione, la carapace qu'elle s'était appliquée à forger tout au long de sa vie fut plus forte et alors que le baiser était sur le point de se sceller, la sorcière noire tourna la tête.
« Je suis désolée de te faire du mal, je suis vraiment désolée de ne pas avoir réagi avant et de t'avoir laissé tomber amoureuse de moi. », dit-elle d'une voix imperturbable en essayant de garder la face alors que son cœur se serrait dans son thorax.
Hermione se figea un instant, complètement abasourdie par l'ascenseur émotionnel que la femme venait de lui faire vivre. La tête baissée, elle ne remarqua pas les larmes poindre dans les yeux noirs posés sur elle et elle resta un instant là à réfléchir, se rendant compte que Bellatrix venait une nouvelle fois de jouer avec ses sentiments. Toute la tristesse qu'elle avait ressentit tout au long de la semaine ne disparut pas, mais se transforma en une forme de haine. Elle releva la tête, assena un regard d'une froideur extrême à la femme et quitta la salle sans se retourner. Le temps des lamentations était fini pour Hermione, faisant maintenant place à la colère et à l'amertume qu'elle éprouvait pour Bellatrix.
La sorcière noire regarda partir la jeune femme qu'elle venait une nouvelle fois de blesser en se disant qu'elle avait entièrement raison, elle n'était qu'un monstre dénué de toute émotion...
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Le soir au dîner, Hermione rumina sa colère en silence sous les regards inquiets de ses trois meilleurs amis. Si les larmes avaient quitté ses yeux, la douleur, elle, ne s'était pas envolée. Elle lui en voulait énormément et aveuglée par sa blessure, la fille voulait se venger. C'était sans doute immature et bien loin de sa bienveillance habituelle, mais Hermione ne souhaitait plus qu'une chose, que Bellatrix souffre autant qu'elle la faisait souffrir en ce moment. La fille se trouva alors fortement agacée en se rendant compte que le seul moyen que la femme ait aussi mal qu'elle n'était pas à sa portée, effectivement, Bellatrix n'avait aucun sentiment pour elle ce qui signifiait qu'elle ne pourrait pas lui briser le cœur comme la sorcière noire ne s'était pas privée de le faire.
Hermione n'avait alors pas conscience que, bien que la femme soit responsable de la situation, elle en souffrait terriblement, sans doute tout autant qu'elle...
Alors qu'elle peinait à terminer son assiette, la Gryffondor sentit que quelqu'un la regardait, qu'elle la regardait. Elle leva alors les yeux en direction de la table des professeurs mais n'eut pas le temps de croiser son regard que les deux yeux noirs s'étaient déjà détournés. Agacée, Hermione quitta la table en soufflant et sans donner aucune explication à ses amis.
« Vous savez ce qu'elle a ?, demanda Ron soucieux à sa sœur et à son meilleur ami.
- Je n'en ai pas la moindre idée, dès que j'essaye de lui parler elle me dit que tout va bien, répondit Harry.
Ginny ne rajouta rien et fit mine de se concentrer sur son repas. Devant son silence inhabituel, les deux garçons la regardèrent d'un air suspicieux.
- Toi tu sais quelque chose, affirma le rouquin à l'adresse de sa cadette.
- Non...enfin peut-être, hésita-t-elle.
- Qu'est-ce qui la met dans cet état, tu sais ou tu ne sais pas ?, commença à s'impatienter Harry.
- Oui je sais... mais je ne sais pas si je peux vous le dire..., répondit-elle.
- Dis, ordonna Ron.
- Elle est... elle est amoureuse et elle s'est rendue compte que ce n'était pas réciproque, lâcha-t-elle d'une traite.
Ron manqua de peu de s'étouffer avec la nourriture qu'il venait d'avaler.
- Quoi ?! Comment ça amoureuse ? De qui ?!, cria-t-il en bondissant du banc.
- Calme toi et parle moins fort, gronda Ginny en attendant que son frère se rassoit, Et je n'en sais rien, elle n'a rien voulu me dire de plus, mentit-elle en regardant inconsciemment vers Bellatrix tout en se remémorant ses menaces.
Harry fronça les sourcils, il n'était pas dupe au mensonge de la rouquine.
- Tu n'en sais vraiment pas plus ? Tu es sûre ?, demanda-t-il.
- Si j'en savais plus, pourquoi est-ce que je vous le cacherais ?, répondit-elle en évitant de le regarder dans les yeux.
- Mais... mais elle est sûre d'être amoureuse ? », interrogea Ron toujours sous le choc de la nouvelle.
Ginny fit un oui de la tête et la mine de son frère se décomposa encore un peu plus.
« Non, non ce n'est pas possible, affirma-t-il.
- Oui tu dois avoir raison Ron, si elle a passé toute la semaine à pleurer pour cette personne, c'est sûr qu'elle n'en est pas amoureuse..., répondit Harry plein de sarcasme.
- Je vais aller la voir, dit-il en se relevant brusquement.
- Non tu n'iras nulle part !, s'exclama Harry en retenant le rouquin par le bras pour le faire rassoir.
- Mais je dois lui parler, protesta Ron.
- Je sais très bien ce que tu vas lui dire et crois moi elle n'a pas besoin d'entendre ça maintenant, expliqua Harry.
- Et qu'est-ce que je veux lui dire d'après toi ?, demanda le rouquin.
- La même chose que ce que tu lui as dit à Noël et qui l'a fait rentrer précipitamment à Poudlard en plein 25 décembre. », lâcha Harry sans prendre de pincettes.
Ron vira à l'écarlate et visiblement vexé, il ne rajouta rien et reporta toute son attention sur son dessert à peine entamé.
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La semaine défila et la colère d'Hermione ne s'atténua pas, sa soif de vengeance, par contre, s'était totalement éteinte. Elle s'était vite rendue compte que peu importe à quel point elle en voulait à Bellatrix, la dernière chose qu'elle voulait été de lui faire du mal. La fille se contentait donc d'éviter la femme le plus possible, de penser à elle le moins possible, et de lui lancer quelques regards noirs quand elle sentait les yeux de cette dernière se poser un peu trop longtemps sur elle.
Effectivement Bellatrix regardait souvent Hermione, sans qu'elle ne parvienne à le contrôler, son regard était toujours irrésistiblement attiré par la jeune femme. Elle se rendait d'ailleurs compte qu'elle n'avait jamais autant regardé la fille que depuis qu'elle était censée l'oublier, et cela l'exaspérait au plus au point. Maintenant deux semaines qu'elles s'étaient disputées, deux semaines qu'elle avait quitté la Gryffondor, deux semaines qu'elle essayait d'oublier la fille et pourtant, son cœur semblait battre un peu plus fort pour Hermione à chaque minute qui passait.
La femme prenait doucement compte que d'effacer la fille de son esprit et surtout de son cœur lui serait bien plus difficile que prévu. Tous ses efforts restaient vains, peu importe ce qu'elle faisait, peu importe à quel point elle luttait, Hermione hantait toutes ses pensées, tous ses rêves, tous ses fantasmes, tous ses regards... Plus elle essayait de se défaire de la jeune femme et plus cette dernière prenait possession de son cœur, de son âme, de son être...
Bellatrix commençait donc à s'inquiéter, plus les jours passaient et plus vivre loin d'Hermione lui semblait compliqué. Elle avait espéré que se détacher de la fille soit plus simple, mais malheureusement cela n'était pas le cas. Si elle détestait et craignait l'emprise que son élève avait sur elle, la sorcière n'en avait pourtant jamais assez d'elle et à son plus grand désarroi en voulait toujours plus d'Hermione. La femme était en colère contre elle-même de se montrer aussi faible mais était aussi injustement en colère contre la fille, cette fille dont elle voulait effacer toute trace mais qui pourtant possédait encore un peu plus son cœur chaque seconde...
Elle était peut-être en colère contre Hermione , mais cette colère n'était rien comparée au manque qu'elle éprouvait. Se tenir loin d'elle était à chaque instant un peu plus douloureux et Bellatrix supportait de moins en moins cette douleur, ce mal qu'elle s'était elle-même infligée en quittant la fille mais dont elle la jugeait quand même responsable.
C'est donc pleines de rancœur que les deux femmes abordaient chacune de leurs rencontres, ne communiquant pas l'une avec l'autre et n'échangeant guère plus que quelques regards fuyants. Le silence s'était donc installé entre elles, un silence plein de ressentiments et de non-dits, un silence qui était pourtant sur le point de s'arrêter.
Effectivement, si Bellatrix s'était jusque là appliquée à ne pas décrocher le moindre mot à Hermione qui le lui rendait bien, voir la fille discuter avec Ron sous son nez depuis le début du cours allait enfin avoir raison de son mutisme. Elle peinait déjà à supporter voir Hermione décrocher peu à peu de son cours, alors entendre sa voix, cette voix qui lui manquait tant, venir troubler sa leçon pour s'adresser en plus, non pas à elle, mais au rouquin, agaça profondément la professeure.
« Hermione je ne comprends pas pourquoi tu ne veux pas me dire qui c'est, chuchota Ron sans grande discrétion.
- Parce que ça ne te regarde pas, expliqua-t-elle en soufflant.
- Dis moi, demanda-t-il pour la centième fois de la semaine, J'ai besoin de savoir qui c'est, j'ai besoin de savoir ce qu'il a de plus que moi.
Hermione leva les yeux au ciel, de plus en plus irritée par l'insistance du rouquin.
- Ron il faut vraiment que tu arrêtes avec...
- Granger tais toi. », la coupa sèchement Bellatrix.
Si elle était déjà énervée par Ron, l'agacement d'Hermione venait à présent d'atteindre son paroxysme et elle eut une envie de meurtre quand le rouquin recommença à peine quelques secondes après à lui parler.
« Granger il me semble t'avoir déjà dit de te taire, gronda la femme d'une voix glaciale.
- Mais..., voulut se justifier Hermione.
- Il n'y a pas de mais. Tu sais le fait que tu ne participes plus ses dernières semaines est pour moi et sans doute pour toute la classe une vraie bénédiction, alors évite de venir troubler ce doux silence en bavardant, nous t'en serions tous très reconnaissants. », asséna-t-elle d'une voix froide.
Vexée, Hermione se leva, prit ses affaires et se dirigea d'un pas décidé vers la porte.
« Granger reviens immédiatement t'assoir. », ordonna la femme.
Hermione l'ignora et continua de marcher.
« Granger reviens t'assoir ou...
- Ou quoi ?, la coupa-t-elle brusquement en se retournant pour soutenir son regard, Qu'est-ce que vous pourriez bien me faire de plus madame Black? », laissa-t-elle échapper dans un souffle avant de sortir en claquant la porte.
Bellatrix écarquilla les yeux en réalisant que la dernière phrase d'Hermione était plus que compromettante et elle se mit à bouillir en voyant tous les regards interrogateurs se braquer sur elle. Alors même si elle avait envie de courir derrière la fille pour la réprimander de son insolence et de sa négligence, elle se contenta de reprendre son cours comme si de rien n'était afin de ne pas attiser davantage la curiosité de ses élèves, et particulièrement celle d'Harry qui la regardait d'un air aussi troublé que suspicieux.
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Toujours sur les nerfs suite à son altercation avec la femme, Hermione ne parvenait pas à trouver le sommeil et décida donc de trouver refuge dans un lieu qui avait toujours eu le don de l'apaiser, son lieu favori à Poudlard, la bibliothèque. Elle traversa les longs couloirs du château pour s'y rendre, et lorsqu'elle entendit les talons frapper le sol derrière elle, elle comprit instantanément que ce soir, l'apaisement ne serait pas au rendez-vous.
La femme qui comptait initialement s'adonner à l'une de ses petites escapades nocturnes à la recherche de crin de licorne changea brusquement de plan quand elle repéra la silhouette d'Hermione au détour d'un couloir. Elle la suivit et entra dans la bibliothèque, bien décidée à la sermonner sur son attitude de l'après-midi maintenant qu'elles étaient à l'abris des regards.
« Qu'est-ce qui t'as pris tout à l'heure ? Ça t'amuse de faire ça ?! Tu veux que tout le monde commence à se poser des questions ou quoi ?!, s'énerva-t-elle en s'approchant de la fille qui s'était adossée à une des étagères.
- Parce que maintenant ça te gêne ? Je croyais que tu n'en avais rien à faire quand quelqu'un nous avait vu dans la salle de bain des préfets ?, s'agaça Hermione.
- Je n'en avais rien à faire, j'ai juste changé d'avis.
- Oui ça c'est sûr que tu adores changer d'avis, répondit la fille sarcastiquement.
- Tu peux penser ce que tu veux mais pour ça je n'ai jamais changé d'avis, depuis le début je savais qu'il n'y aurait rien de plus qu'une relation purement sexuelle entre nous. », déclara la sorcière noire en pensant que piquer la fille évacuerait un peu de toute la colère qu'elle gardait en elle.
La rage commençait à prendre possession d'Hermione tant la femme la poussait à bout.
« Tu n'as plus rien à répondre ? C'est étonnant tu étais bien plus bavarde tout à l'heure. », ajouta-elle.
Ce fut la goutte de trop pour Hermione qui vit sa main se lever pour venir s'écraser contre la joue de la femme. Bellatrix vint poser sa main sur sa joue rougie par le coup et Hermione écarquilla les yeux, choquée par son propre geste.
« Je..., elle secoua la tête en se rendant compte de l'effet libérateur de son geste, non en fait je ne suis pas désolée. »
Hermione contourna la femme pour se diriger vers la sortie de la bibliothèque. Cependant, elle ne put faire que quelques pas avant de sentir une main fine se refermer autour de son poignet.
« Tu penses sincèrement pouvoir t'en tirer comme ça ?! », grogna la femme.
La jeune femme ne put rien répondre qu'elle se retrouva propulser avec force contre l'étagère où son dos s'écrasa avec force, faisant par la même occasion tomber plusieurs bouquins.
La sorcière noire la maintenait adossée à l'étagère en pressant tout son corps contre le sien et quand Hermione croisa le regard à la fois sombre et étincelant de Bellatrix, une vague de chaleur fulgurante traversa tout son corps.
Bellatrix ne contrôlait pas vraiment ce qu'elle faisait, animée par une violente pulsion, la main serrée autour du cou d'Hermione, elle s'approcha un peu plus pour venir plaquer brutalement sa bouche à celle de la fille. La jeune femme répondit immédiatement au baiser et vint mêler ses mains aux boucles noires de la sorcière, oubliant tout à coup qu'elle lui en voulait et se laissant porter par son désir pour elle.
Le baiser initié par Bellatrix n'avait rien de doux, rien de tendre, il était sauvage, animal, presque primitif. Elle laissa découler dans ce contact toute la colère qu'elle ressentait, tout le désir qui brulait pour la fille, tout le besoin d'Hermione qu'elle n'arrivait plus à réprimer. Cette pulsion où l'amour se mêlait à la haine la libéra d'un certain poids, mais quand elle retira ses lèvres de celles d'Hermione, elle se rendit compte que ce n'était pas suffisant, qu'elle en voulait plus, qu'elle avait besoin de plus.
Si la gifle avait déjà était libératrice pour Hermione, ce n'était rien par rapport à l'effet que venait de lui faire ce baiser, alors elle en voulait plus, beaucoup plus. Laissant de côté toutes ses rancœurs, la jeune femme ne voulait qu'une chose, que Bellatrix continue ce qu'elle avait commençait, et qu'elle le fasse de la même manière sauvage, presque violente avec laquelle elle venait de l'embrasser. Parce qu'en cet instant, il n'était plus seulement question d'amour ou de désir mais aussi de toute la colère, toute la peur, tous les doutes, toutes les peines qu'elles avaient chacune gardé en elles trop longtemps et qu'il était maintenant temps de laisser s'échapper.
Hermione haletante contre elle, Bellatrix vint resserrer sa prise autour de son cou, pas assez pour la blesser ou la marquer, mais suffisamment pour faire sortir un soupir roque de la bouche de la jeune femme. Elle vint l'embrasser fougueusement alors que sa jambe se glissait entre celle de la Gryffondor. Elle brisa ensuite le baiser pour venir violemment mordre la lèvre inférieure d'Hermione, lui arrachant ainsi un gémissement alors que quelques gouttes de sang coulaient et qu'un goût métallique prenait possession des deux bouches. Elle desserra sa main du cou et commença à retirer la cape puis le pull d'Hermione. Sentant les mains de cette dernière commençaient à essayer de défaire le nœud de son corset et voulant avoir le contrôle total de la situation, d'un coup de baguette, les mains de la fille se retrouvèrent attachées à l'étagère au dessus de sa tête. Hermione était maintenant totalement à la merci de la sorcière noire et cela l'excita encore davantage. Bellatrix se hâta de retirer tous les vêtements restants et un frisson lui parcourut le dos quand elle se retrouva face à une Hermione entièrement nue, les mains attachées et le regard ardent braqué sur elle. La femme commença alors à empoigner la poitrine de la jeune femme alors que de sa bouche elle vint mordre chaque parcelle de son ventre, suffisamment fort pour y laisser la trace de ces dents et pour arracher à Hermione des gémissements de plus en plus fulgurants. La jeune femme trouva cette douleur tout bonnement exquise et se délecta alors que la bouche de la sorcière commençait doucement à descendre de plus en plus le long de son corps pour finir par se retrouver entre ses cuisses. La femme constata alors que le fruit de l'excitation causé par sa douce torture était suffisant et vint brusquement glisser deux puis rapidement trois doigts en Hermione dont le corps de cambra violemment. La bouche sanguine vint prendre place sur la poitrine de la fille alors que le rythme des pénétrations accélérait, arrachant toujours plus de cris à Hermione qui tirait sur ses mains attachées vainement, voulant glisser ses doigts entre les boucles corbeaux pour les tirer de toutes ses forces, pour extérioriser tout le plaisir intense qu'elle ressentait chaque seconde un peu plus. La jeune femme atteignit rapidement l'orgasme dans un cri, un cri au volume sûrement un peu trop élevé...
« Je sais qu'il y a quelqu'un, alors montrez vous tout de suite si vous ne voulez pas avoir plus de problèmes que vous en aurez déjà. », dit une voix nasillarde que les deux femmes reconnurent immédiatement comme étant celle de Rusard.
La respiration saccadée et le corps tremblant encore de son orgasme Hermione écarquilla les yeux paniquant soudain qu'on ne la voit ainsi. Bellatrix leva les yeux au ciel, agacée d'avoir été interrompue et retira ses doigts du vagin de la jeune femme pour venir les lécher. Elle mit ensuite un doigt contre la bouche d'Hermione lui mimant de ne pas faire de bruit et d'un léger coup de baguette elle lui libéra les mains.
« Montrez vous je sais qu'il y a quelqu'un. Je vous préviens, vous allez avoir des problèmes. », répéta la voix désagréable accompagné du miaulement aigu de Miss Teigne.
Bellatrix soupira et sortit d'une des rangées de la bibliothèque en arborant son habituelle attitude hautaine qui lui allait si bien. Elle se délecta de l'air médusé de Rusard quand il la vit et elle renforça un peu plus l'expression déjà glaciale de son visage.
« Et quels problèmes vais-je donc avoir ?, demanda-t-elle avec un petit sourire qui marquait toute sa supériorité et qui fit perdre tous ses moyens à l'homme.
- Euh... mada...madame Black, je suis vraiment désolé de vous avoir dérangé, je ne savais pas que c'était vous, veuillez m'excuser..., bredouilla-t-il.
- Et bien maintenant que tu le sais, ne me dérange plus et déguerpis d'ici, réplica-t-elle sèchement.
- Oui...oui madame Black. », répondit-il avant de fuir avec hâte la bibliothèque.
Bellatrix le regarda partir avec un regard satisfait et laissa échapper un lourd soupir quand elle sentit la bouche d'Hermione se poser au creux de sa nuque. La fille s'était rhabillée mais n'en avait pour autant pas fini avec la femme qu'elle voulait sentir nue sous ses mains, sous ses lèvres. Alors Hermione attrapa la sorcière par les épaules et vint la plaquer brutalement contre un mur, lui arrachant de nouveau un soupir. De ses mains maintenant habiles, la fille entreprit de détacher le nœud du corset de Bellatrix mais fut stopper dans son élan par les mains fermes de celle-ci.
« Non. », soupira la sorcière noire..
Le visage d'Hermione se décomposa et Bellatrix laissa délibérément quelques longues secondes passer.
« Pas ici... », rajouta la femme avec un sourire en coin presque diabolique.
Hermione se détendit immédiatement et sa main dans celle de la femme, elle se laissa amener par cette dernière jusque dans ses appartements. C'est en traversant les couloirs interminables alors que le désir bouillonnait dans son bas-ventre que Bellatrix détesta Dumbledore d'avoir annulé le transplanage au sein des murs de Poudlard. Quand elles furent enfin arrivées dans les appartements de la femme, Hermione ne perdit pas une seconde pour se jeter sur Bellatrix, pour le plus grand plaisir de cette dernière.
La jeune femme eut enfin la satisfaction de pouvoir retirer le corset noir, et la robe de la femme ne tarda pas à également rejoindre le sol, suivit de près par les vêtements d'Hermione. C'est une Bellatrix seulement vêtue de sous-vêtements en dentelle noire qui ne laissaient aucunement place à l'imagination qu'Hermione poussa jusqu'à faire vaciller sur la table.
Allongée sur la surface de bois froid, la peau de la femme fut recouverte de frissons qui ne s'amenuisèrent pas lorsqu'elle sentit le corps d'Hermione se glisser entre ses jambes alors que la fille se penchait au dessus d'elle pour venir l'embrasser. Hermione vint saisir entre ses dents la lèvre inférieure de Bellatrix et vint la tirer faisant ainsi relever la tête de la femme. La fille lâcha la bouche sanguine pour venir lécher la mâchoire saillante de la sorcière. La langue d'Hermione entreprit une lente descente pour venir se loger au creux du cou délicat de la femme auquel elle ne pouvait résister et qu'elle commença à mordre avec besoin. La respiration de Bellatrix se faisait de plus en plus lourde et tout son corps se mit à frémir de plus en plus violemment sous la torture qu'Hermione infligeait à son cou. La fille ne s'arrêta pas là et d'une main, elle vint retirer le soutien gorge de la femme, prenant ainsi le temps d'apprécier la vue du corps parfait de Bellatrix pendant que son autre main vint se faufiler sous la culotte en dentelle pour venir glisser ses doigts dans l'intimité de la femme. La fille s'appliqua à dévorer chaque millimètre du corps de la sorcière noire qui finit après de longue minutes par venir à elle dans un orgasme foudroyant. Elle se cambra, poussa un ultime gémissement alors que dans ce plaisir intense elle eut un malencontreux mouvement de bras qui fit tomber un petit plateau en argent massif où était posé six verres de whisky. Le gémissement de plaisir fut donc mêlé au bruit de verre brisé alors qu'Hermione sentit le vagin de la femme se resserrer autour de ses doigts.
La jeune femme s'allongea sur la table au côté de sa professeure, fixant le plafond en la laissant se remettre de sa jouissance.
Elles se sentaient bizarres, vidées, légères. Comme si s'adonner ensemble à ce plaisir charnel, à cette luxure brutale les avaient libérées de toute la tension qu'elles avaient dû supporter ses derniers jours.
« Saleté ?, appela Bellatrix d'une voix hésitante.
- Mmh..., répondit simplement Hermione sans quitter le plafond des yeux.
Un moment de silence fit suite durant lequel Bellatrix observa attentivement le profil de la jeune femme avant d'oser poser sa question.
- Tu penses vraiment que je suis un monstre dénué de toute émotion ?, finit-elle par chuchoter tout juste audiblement.
Hermione ne s'attendait pas à ça et se tourna pour fondre ses yeux à ceux luisants de Bellatrix. Elle sut alors exactement quoi répondre à la question de la femme.
- Et toi tu penses vraiment qu'il n'y a rien de plus que du sexe entre nous ? »
