« Et toi tu penses vraiment qu'il n'y a rien de plus que du sexe entre nous ? »
Bellatrix resta silencieuse, plongée dans le regard brun elle était perdue, complètement perdue, comme si elle ne savait pas quoi dire alors qu'elle connaissait pourtant très bien la réponse à la question d'Hermione. Seulement ladite réponse ne semblait pas décidée à sortir.
La Gryffondor attendit qu'un quelconque mot sorte de la bouche de la femme, mais au bout d'une longue minute, la jeune fille perdit patience.
« Tu ne comptes pas répondre c'est ça ?, demanda-t-elle en essayant de cacher sa déception.
Sortant tout à coup de ses pensées, Bellatrix dû cligner des yeux plusieurs fois pour revenir à la réalité.
- Ce n'est pas que je ne veux pas répondre mais..., elle détourna la tête pour poser ses yeux sur le plafond, mais c'est compliqué...
Hermione souffla bruyamment, elle était maintenant agacée et ne faisait plus rien pour le cacher.
- Non c'est faux, ce n'est pas compliqué, c'est même très simple en réalité. Je te pose une question et tu n'as qu'à répondre par oui ou par non, dit-elle sèchement en se levant de la table.
- Qu'est-ce que tu fais ?, s'empressa de demander la sorcière en se redressant.
La fille s'afféra de récupérer ses vêtements qui jonchaient le sol ici et là pour se rhabiller en quatrième vitesse.
- Ce que je fais ? Je pars. Tu refuses de me parler ?! Très bien. Alors je n'ai absolument plus rien à faire ici avec toi. », aboya-t-elle.
Bellatrix ne répondit rien, elle se contenta de rester là, assise nue sur la table, les yeux vides à observer la fille renfiler ses habits. Elle ne savait plus quoi faire, quoi dire, devait-elle enfin être honnête envers Hermione, ou devait-elle une nouvelle fois mentir, se taire, et ainsi la laisser partir. Elle ne savait pas, elle hésitait, mais elle était sûre d'une chose, si elle ne disait rien, la fille quittait sa chambre, et si elle partait, c'était reparti pour de longs jours loin d'elle, et ça, Bellatrix ne pouvait le supporter.
Un fois qu'elle eut revêtit tous ses vêtements, Hermione lança un dernier regard assassin à la femme qui était toujours assise immobile sur la table avec l'air absent. Elle leva les yeux au ciel et se retourna vers la porte, elle posa sa main pour appuyer sur la poignée mais elle ne s'ouvrit pas. Elle souffla bruyamment, encore un peu plus agacée par la situation.
« Ouvre cette porte tout de suite. », ordonna-t-elle sans se retourner.
Aucune réponse ne se fit entendre, alors la jeune femme se retourna pour faire face à la sorcière noire dont l'air était toujours aussi absent.
« Tu m'entends ?! Déverrouille tout de suite cette porte Bellatrix, dit-elle en haussant le ton.
Les deux yeux noirs se réanimèrent enfin pour venir capter le regard brun et colérique.
- Non, répondit-elle simplement.
- Comment ça non ?!, demanda Hermione en fronçant les sourcils.
La sorcière noire prit une grande inspiration avant de reprendre sans quitter la jeune femme des yeux.
- Non, je ne pense pas vraiment qu'il n'y a que du sexe entre nous. », avoua-t-elle enfin.
La bouche d'Hermione s'entrouvrit et un de ses sourcils se leva de surprise. Elle ne s'attendait pas à ça, elle ne pensait plus pouvoir tirer une quelconque réponse de Bellatrix ce soir et encore moins la réponse qu'elle attendait. Bien que ça ne soit pas grand chose, et même quasiment rien comparé à la déclaration d'amour qu'elle lui avait fait deux semaines plus tôt, cela suffit tout de même à procurer une délicieux sentiment de soulagement à Hermione. Effectivement, la fille n'en attendait pas plus de la sorcière noire, elle avait bien cerné le personnage et avait donc bien conscience que peut-importe ce qu'elle pouvait ressentir, ce n'est pas demain la veille que Bellatrix lui offrirait les trois mots doux qu'elle rêvait entendre sortir de sa bouche.
Les deux prunelles noires scrutèrent attentivement la jeune femme avec appréhension. La femme attendait une réaction de la part d'Hermione et le silence qui commençait à s'éterniser était entrain de l'angoisser sans qu'elle ne puisse vraiment expliquer pourquoi.
« Dis quelque chose s'il te plaît..., murmura-t-elle d'une voix presque suppliante.
Hermione toujours sous la surprise ne voulait certainement pas montrer à quel point la simple phrase de la sorcière lui avait fait plaisir.
- Et tu penses qu'il y a quoi entre nous ?, demanda-t-elle dans l'espoir de tirer toujours plus d'aveux plaisants de la part de la femme.
Bellatrix détourna le regard, le fait qu'elle soit gênée par cette question était flagrant mais elle semblait tout de même vouloir y répondre. Elle prit le temps de réfléchir à ce qu'elle allait révéler, et aux mots qu'elle allait employer pour répondre à la demande d'Hermione sans toutefois en dévoiler trop.
- Je ne sais pas vraiment l'expliquer..., dit-t-elle en fuyant la jeune femme du regard, Mais je pense...non, je sais..., corrigea-t-elle, je sais qu'il y a quelque chose de fort entre nous, quelque chose de très fort...et de peut-être même trop fort... »
Le cœur d'Hermione s'emballa dans sa poitrine, cela avait l'air trop beau pour être vrai et pourtant elle ne doutait pas une seconde de la sincérité de Bellatrix à qui chaque mot semblait avoir coûté affreusement chère. Ce n'était en aucun point comparable à sa propre déclaration, mais c'était déjà beaucoup, et de la part de la sorcière noire, c'était même énorme.
Bellatrix regardait maintenant le sol avec une timidité qui ne lui appartenait pas et se mordillait nerveusement la lèvre inférieure alors que ses joues s'étaient colorées d'une légère teinte rosée. Hermione, un immense sourire aux lèvres, jura qu'elle n'avait jamais vu la femme aussi adorable, qu'elle n'avait d'ailleurs jamais rien vu d'aussi adorable.
Elle s'approcha à pas de loup et lorsqu'elle fut tout proche d'elle, Hermione vint glisser deux doigts sous le menton de Bellatrix pour lui faire relever la tête. Les deux orbes noirs furent comme transpercés par la douceur et l'amour des deux yeux bruns, et un fin sourire prit place sur les lèvres sanguines. La jeune femme approcha lentement son visage de celui de la femme qui ferma les yeux se préparant à sentir Hermione prendre possession de sa bouche, seulement cette dernière s'arrêta alors que leurs souffles se mêlaient. Sentant que la fille s'était stoppée dans la course qui menait à ses lèvres, Bellatrix rouvrit les yeux et fronça légèrement les sourcils ce qui trahit toute son incompréhension.
« Je ne veux plus jamais revivre ne serait-ce qu'un seul jour semblable à ceux de ces deux dernières semaines. », chuchota Hermione, les yeux humides, alors qu'elle se rappelait des jours émotionnellement difficiles qu'elle venait de passer.
Bellatrix posa sa main sur la joue de la fille et commença à la caresser tendrement. Elle se savait la seule responsable de la peine causée à Hermione, et elle s'en voulait énormément pour ça. Elle voulait la rassurer et lui montrer qu'elle n'avait pas été la seule à souffrir de la situation, alors la sorcière noire prit une nouvelle fois sur elle pour se montrer complètement honnête aux yeux d'Hermione.
« Je sais que c'est de ma faute, et uniquement de ma faute si l'on s'est disputées... et pourtant ces deux dernières semaines sans toi, sans pouvoir te parler, sans pouvoir te toucher, m'ont été complètement insupportables... », murmura-t-elle alors que ses propres yeux commençaient à se gorger de larmes.
A peine eut-elle dit ces mots que la fille brisa la courte distance qui les séparait encore pour venir l'embrasser amoureusement. Les mains d'Hermione glissèrent le long du corps de la femme pour venir se poser au creux de ses reins, alors que les doigts de Bellatrix s'agrippèrent à la nuque de la fille. Si le fait de s'adonner plus tôt au plaisir charnel avait déjà était libérateur pour les deux femmes, ce fut ce baiser rempli de passion et de sentiments qui leur permis de tourner la page sur les deux semaines de conflit qui venaient de passer.
Bellatrix descendit de la table et après avoir rompu le baiser, elle tira Hermione par la main pour l'amener jusque dans sa chambre. La femme rentra sous les draps et la Gryffondor se dépêcha de retirer tous ses vêtements pour la rejoindre. La sorcière noire lui ouvrit les bras et la jeune femme vint se lover contre son corps chaud.
Hermione se laissa aller, le visage enfouit dans le cou de la femme, elle se laissa doucement bercer par sa délicieuse odeur ambrée et par les tendres caresses dans les cheveux que Bellatrix lui prodiguait. Elle poussa un soupir contre la peau porcelaine, elle se sentait bien, elle se sentait affreusement bien, et alors que le sommeil commençait à lentement l'emporter, elle se dit alors qu'elle voulait ressentir ce sentiment de bien-être tous les jours, tous les jours durant le restant de sa vie elle voulait se sentir aussi bien qu'elle l'était à l'instant.
Bellatrix passait et repassait inlassablement sa main dans la chevelure de la fille, se délectant de la douce odeur sucrée que dégageaient les cheveux châtains à chaque caresse. Pour la première fois depuis des jours et des jours, elle se couchait l'esprit vide, totalement vidé de toutes préoccupations, comme si un poids venait de lui être enlevé, elle se sentait bien, tout simplement. Elle était profondément soulagée que la Gryffondor aille mieux, et même si elle pensait seulement faire du bien à Hermione en se confiant à elle, la sorcière se rendit compte que cela lui avait également permis de s'apaiser elle-même.
Sa main qui ne jouait pas avec les cheveux châtains était occupée à maintenir le corps de la jeune femme contre le sien. Bellatrix tenait fermement Hermione contre elle, comme si elle avait peur qu'il lui arrive quelque chose, qu'elle s'échappe, qu'elle lui échappe, que la sensation de bonheur intense qu'elle ressentait en ce moment cesse brusquement.
Elle entendit la respiration d'Hermione devenir de plus en plus régulière et elle comprit que la fille sombrait petit à petit dans le sommeil. Alors, sans arrêter ses caresses, Bellatrix ferma les yeux, prête à tomber bien volontiers dans les bras de Morphée sans opposer la moindre résistance.
« Je t'aime... »
Un frisson parcourut tout son corps en entendant Hermione à moitié endormie lui chuchoter ces mots. Une intense chaleur envahie tout son corps, et c'est le sourire aux lèvres que la sorcière noire s'endormit paisiblement en tenant dans ses bras sa petite Gryffondor.
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Le lendemain matin, c'est une Hermione rayonnante qui arriva dans la grande salle pour prendre son petit déjeuner. Cette bonne humeur dénotait complètement de l'état exécrable dans lequel elle était plongée depuis quinze derniers jours. Son bonheur était en effet tellement visible, qu'à l'instant où elle posa ses fesses sur le banc de la table Gryffondor, elle n'eut même pas à ouvrir la bouffe pour que Ginny comprenne exactement ce qui s'était passé la veille.
La benjamine Weasley eut du mal à se retenir de dire quelque chose, mais elle en fut contrainte, non seulement par la présence d'Harry et Ron, mais aussi par la menace de Bellatrix qu'elle continuait à raison à bien prendre au sérieux.
« Tu m'as l'air de bien bonne humeur ce matin ? Est-ce que tout va bien ?, la taquina Harry.
- Oui tout va très bien aujourd'hui, répondit Hermione joyeusement en se servant un verre de jus d'orange.
- Et d'où sort ce bonheur soudain ?, demanda Ginny d'un ton plein de sous-entendu qu'elle peina à cacher.
Hermione s'apprêta à répondre mais Ron la coupa dans son élan.
- Je suis sûr que c'est parce que ça s'est arrangé avec son copain, plaça-t-il sans prendre la peine de cacher son mécontentement.
Hermione haussa les sourcils, prête à s'énerver contre le rouquin, mais elle se reprit vite en se disant qu'elle était d'une humeur véritablement flamboyante ce matin et que ce n'était certainement pas Ron qui allait gâcher ça.
- Oui en effet tu as raison, dit-elle d'un ton enjoué, tout s'est arrangé.
Le garçon vira au rouge cramoisi mais ne rajouta rien.
- Et tu comptes un jour nous révéler sa mystérieuse identité ?, interrogea Harry.
Hermione plissa des yeux et se mordit la lèvre.
- Un jour, oui sans doute, mais pas aujourd'hui. », conclut-elle.
Les quatre amis changèrent de sujet de conversation et continuèrent tranquillement de déjeuner jusqu'à ce qu'un bruit de talons ne vienne résonner dans toute la grande salle. Leurs regards, comme ceux de la plupart des gens présents, furent attirés par la silhouette de la sorcière noire qui se dirigeait vers la table des professeurs l'air radieux. Mais alors que tous les yeux se détachèrent rapidement de Bellatrix, deux regards ne lâchèrent pas prise et cela n'échappa pas à Harry.
Il fut d'abord dans l'incompréhension totale en voyant Ginny littéralement assassiner la professeure du regard. Quand il vit ensuite les yeux clairs de la rouquine faire des aller-retours entre la sorcière noire et Hermione, son attention se porta sur sa meilleure amies et sur ses yeux béats avec lesquels elle regardait la femme. Il manqua alors de s'étouffer avec ses céréales. Si le comportement d'Hermione l'avait intrigué la veille, aujourd'hui de véritables doutes planaient dans l'esprit du garçon.
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Bellatrix déambulait dans sa salle de classe, donnant des conseils à un élève, en réprimandant un autre. Elle ne leur avait pas dit, mais la professeure était rassurée de leur progression. Si en septembre elle n'avait pas misé un clou sur ses élèves de septième année, arrivé maintenant au mois de mars, la plupart était capable de se défendre efficacement et quelques uns se révélaient même plutôt bons duellistes.
En ce jour de réconciliation, la sorcière noire était radieuse et de nombreux élèves furent surpris de recevoir des encouragements de sa part alors qu'elle était d'habitude plus adepte de remarques cinglantes. Aucun ne se plaignit de cette soudaine clémence de la part de l'ancienne mangemort et aucun n'essaya d'ailleurs d'en deviner la source. Effectivement, tous n'en avaient que faire, tous, sauf Harry...
Hermione se battait contre Susan Bones, une Poufsouffle au niveau plus que limité, et cela lui convenait très bien car elle n'avait pas besoin de grandement se concentrer pour mener ce duel. Elle contrait les attaques de la jeune fille sans aucune difficulté et se permettait même la distraction de laisser ses yeux pétillants se faire absorber par la silhouette de Bellatrix. La sorcière noire sentait le regard brun sur elle et offrait quelques sourires furtifs à la fille qui lui souriait béatement en retour. Le fait de voir Hermione aller si bien après l'avoir vu aller si mal faisait chaud au cœur de la femme qui ne se souciait même pas du fait que le regard insistant de la jeune fille soit loin d'être discret. C'est lorsqu'elle croisa les yeux assassins d'Harry que le sang de la sorcière noire se glaça.
"Saleté arrête de me regarder comme ça Potter est entrain de se douter de quelque chose.", résonna la voix de Bellatrix dans la tête d'Hermione.
La fille sursauta en entendant la voix de la femme dans sa tête et il n'en fallut pas plus à la Poufsouffle pour enfin parvenir à la toucher d'un sort. La Gryffondor fut projetée contre le mur sous les rires de quelques camarades qui savaient que son adversaire était l'une des plus médiocres duellistes de la classe.
« Granger concentre toi un peu, gronda-t-elle, peu importe ta maîtrise des sorts, dans un duel il faut toujours être extrêmement concentré. Et Bones très bien, toujours savoir prendre l'avantage sur son adversaire à la moindre distraction. »
Susan sourit de toutes ses dents et Hermione roula des yeux en se relevant.
« Allez, on tourne, changez tous d'adversaire ! »
Hermione se concentra et n'accorda plus un regard à la femme jusqu'à la fin de l'heure, seulement, quand elle vit Harry la rejoindre avec le visage fermé à la fin du cours, la Gryffondor comprit que la discussion serait inévitable.
« Hermione je crois que tu as quelque chose à me dire, lui dit-il simplement.
Elle imita un regard surpris.
- Euh... je ne vois pas du tout de quoi tu veux parler, répondit-elle d'un ton innocent.
- Tu es sûre ?, insista-t-il.
- Qu'est-ce qui te prends ?, demanda-t-elle sur la défensive.
- Ce qui me prends c'est que j'ai remarqué certains regards, certaines attitudes qui ne trompent pas, expliqua-t-il.
- Qu'est-ce que tu essaies d'insinuer ?, interrogea-t-elle en fronçant les sourcils.
- Ce que j'essaie d'insinuer c'est que, j'espère me tromper, mais j'ai l'impression qu'il se passe un truc entre... Lestrange et toi, lâcha-t-il.
- Black, elle s'appelle Black, corrigea la fille d'un ton neutre devant le regard effaré d'Harry.
- C'est vraiment tout ce que tu trouves à répondre ?!, s'exclama-t-il.
Elle leva les yeux au ciel.
- C'est tellement absurde que je n'ai rien à dire de plus, affirma-t-elle.
- Oui ça pour être absurde, c'est vraiment absurde, confirma-t-il, Et pourtant je suis quasiment sûr qu'il n'y a jamais eu de petit ami secret mais que c'est elle ton secret, dit-il en essayant de lire la vérité dans le regard brun d'Hermione.
La fille baissa les yeux, elle ne savait plus si elle devait continuer de mentir vainement à Harry ou si elle devait lui dire la vérité, tout simplement.
- Je..., elle hésita jusqu'au dernier moment, je ne sais même pas quoi te dire pour que tu arrêtes de t'imaginer des choses aussi ridicules...
Harry souffla.
- D'accord... alors est-ce que tu peux me promettre qu'il ne se passe absolument rien entre Bellatrix et toi?
Elle releva le regard pour planter ses yeux dans ceux d'Harry.
- Je te le promets, déclara-t-elle sans hésiter une seconde tout en s'en voulant énormément de mentir à son meilleur ami.
Le garçon sourit.
- Alors je te crois. », dit-il sincèrement.
Harry avait réellement confiance en Hermione, alors même si les doutes persistaient dans son esprit, il décida de la croire. Après tout il avait toujours pu compter sur elle et elle était sa meilleure amie, alors pourquoi lui mentirait-elle et surtout pourquoi serait-elle tombée amoureuse de la mangemort qui avait tué Sirius ? Il pensa qu'Hermione avait raison, tout cela était complètement absurde.
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Les jours défilèrent, la prudence d'Hermione augmenta, les soupçons d'Harry s'amenuisèrent et la relation entre les deux femme resta au beau fixe. Le mois de mars touchait à sa fin et la douceur du temps printanier augmentait de jour en jour. Si le Londres sorcier comme le Londres moldu étaient coincés sous un épais brouillard et de plus en plus assaillis par les forces du mal, Poudlard avec son climat calme et son temps ensoleillé était bien le seul endroit de tout le Royaume Uni à résister à la guerre. Hormis l'inquiétude grandissante de chacun nourrie par les tragiques nouvelles relayaient chaque jour dans la Gazette du sorcier, Poudlard semblait pour l'instant totalement préservé du climat d'horreur de cette guerre.
Tout allait donc pour le mieux pour Hermione, tout, à l'exception d'une petite rousse irritante, la seule ombre au tableau idyllique de ce mois de mars. La benjamine Weasley, malgré que Bellatrix lui ait interdit, avait recommencé ses remarques incessantes, exposant chaque jour à Hermione une nouvelle raison de quitter la sorcière noire. Bien entendu les dires de Ginny n'arrivaient plus à faire douter Hermione, ils n'avaient d'ailleurs plus aucun effet sur elle si ce n'est celui de l'agacer profondément.
L'horloge indiquait 21h en ce mercredi 31 mars lorsque la sorcière noire entendit quelqu'un toquer à la porte. Elle se leva de son fauteuil pour aller ouvrir et ne fut pas surprise en découvrant l'identité de la personne se tenant dans le couloir, il s'agissait d'Hermione qui, comme tous les soirs, venait la rejoindre après le dîner pour passer la nuit dans son lit.
La fille lui offrit un sourire chaleureux rapidement suivit d'un baiser amoureux, comme elle le faisait chaque fois qu'elles se retrouvaient seules, et pourtant Bellatrix comprit immédiatement que la Gryffondor était énervée.
« Qu'est-ce que tu as ? Tu m'as l'air agacée..., demanda-t-elle en plissant les yeux.
- Tout va bien ne t'inquiète pas, répondit-t-elle en se laissant tomber sur le canapé.
- Si tu ne veux rien dire, ne dis rien, mais je sais très bien que quelque chose ne va pas... je lis en toi comme dans un livre ouvert, se moqua-t-elle gentiment en s'asseyant dans son fauteuil.
Hermione souffla bruyamment en tournant sa tête vers la femme.
- C'est encore Ginny qui me prend la tête, expliqua-t-elle.
- Elle te prend la tête par rapport à quoi ?, demanda la sorcière noire alors qu'elle pensait déjà connaître la réponse.
-Par rapport à nous...», soupira la Gryffondor.
Bellatrix ne dit rien mais n'en pensa pas moins. Sa menace n'avait pas marché ? Très bien.
Elle avait déjà gentiment prévenu la rouquine, il était maintenant temps de passer à l'action...
Elle allèrent se coucher et la sorcière attendit d'être sûre que la jeune femme soit profondément endormie pour se glisser hors des draps. Elle s'habilla et se chaussa le plus discrètement possible avant de quitter ses appartements.
Faisant claquer ses talons à chacun de ses pas, Bellatrix se dirigea de sa démarche féline en direction de la tour Gryffondor. Comme elle l'avait fait de nombreuses fois au début de l'année quand elle donnait des cours d'Occlumancie à Hermione, la femme se faufila dans la salle commune avant de monter les escaliers en colimaçon qui menaient aux chambres des filles. Seulement pour la première fois, elle ne se dirigea pas vers la chambre de préfète mais vers le dortoir des sixièmes années.
Elle appuya délicatement sur la poignée de la porte et pénétra dans la pièce sans un bruit. Elle étudia l'espace sombre et silencieux du regard et chercha à repérer Ginny parmi la bonne dizaine de filles endormies. Par chance la nuit était claire et elle révélait ainsi quelques couleurs dans la pièce, Bellatrix remercia alors la légendaire tignasse rousse des Weasley qui, éclairée par la lueur de la lune, lui sauta aux yeux.
Elle s'approcha lentement et tel un prédateur chassant sa proie, elle bondit sur le lit, piégeant ainsi Ginny sous son corps. La fille se réveilla en sursaut et se mit à hurler, à hurler de toutes ses forces, et pourtant aucun son ne passa la barrière de ses lèvres. La rouquine comprit rapidement qu'elle était victime du sortilège Silencio et se mit à trembler violemment en voyant les deux prunelles noires et sadiques la fixer méchamment.
Le visage de Bellatrix s'orna d'un immense sourire cruel qui donna la chair de poule à la fille. Lentement, très lentement, elle glissa sa main le long de sa cuisse pour venir saisir sa dague. Sans rompre le contact avec les yeux de Ginny qui étaient déjà remplis de larmes, la sorcière vint poser le côté plat de la lame contre la gorge blanche. Sous le contact du métal froid, tous les muscles de la Gryffondor se figèrent, la peur avait complètement tétanisé la jeune fille dont les larmes commençaient à dévaler les joues. La femme se pencha pour venir placer sa bouche juste à côté de son oreille.
« Je vois que Mademoiselle Weasley fait beaucoup moins la maline lorsque les paroles sont remplacées par les actes...
Maintenant tu vas m'écouter très attentivement sinon je n'ai qu'un mouvement à faire pour que ta jolie petite gorge se retrouve tranchée...
Je t'avais dit de ne plus embêter Granger, tu m'as écouté au début... mais voilà que tu recommences. Alors tu comprends que tu ne me laisses plus trop le choix... Si tu n'es pas capable de tenir ta langue... je vais être obligée de te la couper... », murmura-t-elle d'une voix glaciale au ton menaçant.
Sans se redresser, d'un mouvement habile de la main, Bellatrix retourna sa dague de sorte à ce que la face tranchante se retrouve contre le cou de Ginny. Délicatement, sans exercer une quelconque pression, la femme fit passer la dague d'un côté à l'autre de la gorge de la rouquine. La lame extrêmement coupante ne traversa pas la peau mais la griffa tout de même ce qui fit tourner de l'œil à Ginny dont le teint était livide et le visage baigné de pleurs.
« Est-ce que cette fois tu as vraiment compris ? », lui siffla Bellatrix à l'oreille.
Ginny acquiesça d'un signe de tête presque imperceptible tant elle avait peur que la lame s'enfonce davantage dans sa peau.
« Très bien alors on va s'arrêter là pour ce soir... je vais me lever, retirer le sort de mutisme et partir d'ici. Quand le sort sera retiré, le moindre cri, le moindre bruit suspect... et je reviens pour t'égorger vraiment cette fois-ci, elle retira la lame de la peau de la fille, Tu as bien compris Weasley ? »
Ginny acquiesça une nouvelle fois de la tête, d'un mouvement plus franc cette fois, mais avec une mine toujours aussi apeurée.
La femme se redressa mais avant de libérer la rouquine du poids de son corps elle rajouta en la regardant de ses yeux dangereux:
« Dis toi bien une chose sale fouine, la seule et unique raison pour laquelle je t'épargne est Granger... Mais je te promets que si tu recommences à essayer de nous séparer d'une quelconque manière... Granger ou pas, je ne donnerai pas chère de ta peau. »
Une fois qu'elle eut dit ces mots, la sorcière noire bondit tel un félin hors du lit, et avant que Ginny ait le temps de réaliser quoi que ce soit, la femme avait disparu et le sort de mutisme avec.
La rouquine essuya ses larmes et essaya de calmer sa respiration, elle avait eu peur... très peur. Elle caressa du bout des doigts la griffure faite par la dague et elle se dit alors qu'il s'en serait fallut de peu pour qu'elle y passe.
La sorcière noire avançait de son pas assuré dans les couloirs de l'école. Elle était contente de son effet et le sourire aux lèvres, elle se dit que si elle avait encore insisté un peu plus, la fille aurait fini par s'uriner dessus. Elle jura alors qu'après la peur qu'elle venait d'avoir, la rouquine serait bien dingue de recommencer à lui mettre des bâtons dans les roues.
Bellatrix n'avait maintenant plus qu'une hâte, aller se recoucher dans son lit et passer une nuit paisible aux côtés d'Hermione. Malheureusement, quand une intense douleur s'installa brusquement dans son avant-bras, la femme comprit qu'elle n'aurait pas droit à cette nuit paisible, ou du moins pas tout de suite. Elle se demanda alors qu'elle était la raison de cette convocation, mais en remarquant qu'il était minuit passé elle comprit qu'on était le premier avril, jour de la planification de l'attaque de Poudlard.
—
Bellatrix rentra dans ses appartements sous les coups de 3h du matin, elle était épuisée, complètement lessivée et elle se dépêcha de rejoindre Hermione en priant pour qu'elle ne se soit pas réveillée pendant son absence.
La réunion dirigée par le Seigneur des ténèbres s'était déroulée sans problème et leur avait permis d'en apprendre plus sur les intentions et la stratégie d'attaque du mage noir. Elle et Severus avaient donc prévu de parler de tout cela à Dumbledore le lendemain. La femme croyait en la capacité du vieux directeur à contrer les plans de Voldemort, et c'est donc l'esprit assez léger qu'elle s'endormit en respirant la douce senteur sucrée de la chevelure châtain dans laquelle elle avait plongé le visage.
—
Quand ils virent Albus quitter la grande salle après avoir fini son petit déjeuner, Bellatrix et Severus n'attendirent pas une seconde pour lui emboîter le pas jusqu'à son bureau.
« Alors qu'avait vous appris de nouveau ?, commença le vieux sorcier.
- L'attaque est maintenue au 15 avril et elle aura lieu sur les coups de midi pour que le maximum de personnes soit dans la grande salle, expliqua Rogue, Je serai au portail extérieur pour faire rentrer les mangemorts qui seront une trentaine.
Il regarda Bellatrix pour lui intimer de continuer.
- Je vous attirerai en haut de la tour d'astronomie et je vous occuperai en attendant que Severus et quelques mangemorts nous rejoignent.
- Les autres mangemorts resteront dans la grande salle pour contenir les élèves et les professeurs, rajouta Rogue.
- Puis je devrais vous tuez..., finit-elle.
- D'accord je vois, répondit Dumbledore, Et quand arrivera-t-il ?
- Quand je vous aurai tué..., lui dit-elle.
- Et il récupérera ma baguette.», ajouta le directeur.
Rogue et Bellatrix froncèrent les sourcils, surpris que le vieux sorcier soit au courant.
« Il récupérera ma baguette, la baguette de Sureau, puis il ira tuer Harry, dit-il d'un ton tellement calme que ça en était troublant.
- Et du coup quel est votre plan ?, interrogea-t-elle.
- Vous en avez bien un ?, demanda Severus à son tour.
- Bien entendu, et il me reste quinze jours pour le peaufiner, dit-il avec un sourire rassurant.
- Attendez... vous n'allez rien nous dire de plus ?!, s'exclama-t-elle.
- Non pas pour l'instant, je vous dirai tout le matin du jour J, je ne préfère pas vous ennuyer avec les détails maintenant.
Elle fronça les sourcils, n'étant pas tout à fait convaincue.
- Mais vous êtes sûr de tenir une solution... n'est-ce pas Albus ?, voulut-elle s'assurer.
- Bien sûr, ne vous en faites pas Bellatrix, maintenant allez donner vos cours et surtout ne vous en faites pas, tout ira pour le mieux. », mentit-il avec son éternel sourire chaleureux.
—
Bellatrix se réveilla en sursaut, le corps ruisselant d'une sueur froide et le souffle court. Elle n'avait pourtant pas fait de cauchemars et ne pouvait donc pas expliquer son état de panique. Elle prit le temps de se calmer et se dégagea doucement du lit en faisant attention à ne pas réveiller Hermione qui dormait à poings fermés.
Une fois qu'elle eut regagné son calme, elle se rendit vite compte que quelques chose n'allait pas. Étrangement, la sorcière noire avait un mauvais pressentiment, un très mauvais pressentiment.
Elle sortit de la chambre pour aller dans la pièce principale dont les volets étaient restés ouverts. Elle constata alors avec stupeur le temps abominable qui régnait dehors, et qui contrastait brutalement avec le temps ensoleillé et doux qu'avaient offert les premiers jours d'avril.
Si le soleil, le ciel bleu et les températures agréables qui avaient rythmé le début du mois d'avril avaient été synonymes de calme et de sérénité, Bellatrix ne put s'empêcher de voir dans cette pluie battante, ce vent violent et ce ciel sombre un mauvais présage.
Son cœur rata un battement en se rendant compte de la date du jour. Elle se dit alors que ce soudain mauvais temps n'avait rien d'un hasard, non, en ce matin du 15 avril, les ténèbres qui semblaient avoir envahis le ciel marquaient un tournant, et ils n'annonçaient rien de bon pour les jours suivants...
