Les prunelles noires restèrent absorbées de longues minutes par l'orage qui grondait dehors. Son visage crispé et ses bras croisés fermement sur sa poitrine trahissaient son inquiétude. L'esprit totalement embrumé par son mauvais pressentiment, la sorcière noire n'entendit pas la Gryffondor se lever et venir la rejoindre.

A pas de loup, la jeune femme avança jusqu'à la silhouette féline qui lui tournait le dos. Une fois suffisamment proche, Hermione vint lascivement enrouler un bras autour de la taille fine de Bellatrix qui dû réprimer un sursaut de surprise. De son autre main, la fille déplaça les épaisses boucles noires afin de dégager la nuque délicate de la femme. Si les caresses du bout des doigts sur son abdomen n'avaient pas réussi à faire flancher la sorcière noire dont les yeux étaient toujours vissés au ciel sombre et pluvieux, lorsque la jeune femme vint déposer un doux baiser au creux de sa nuque, les yeux de Bellatrix se fermèrent alors et son corps tressaillit violemment.

« Tu as bien dormi ?, demanda Hermione d'une voix douce en caressant de son souffle chaud le cou de la femme.

- Oui, comme un bébé..., répondit-elle toujours les yeux clos, Et toi Saleté tu as bien dormi ?

Hermione déposa un second baiser dans le cou de Bellatrix qui laissa tomber sa tête en arrière pour offrir encore un peu plus de sa peau à la fille.

- J'ai superbement bien dormi, chuchota la Gryffondor à son oreille, Je dors toujours merveilleusement bien quand je suis dans tes bras... », rajouta Hermione d'une voix suave.

La sorcière noire ne put s'empêcher de sourire en pensant qu'elle aussi dormait toujours merveilleusement bien aux côtés de la jeune femme. Son sourire se brisa pour laisser échapper un soupir roque quand Hermione lui embrassa une nouvelle fois le cou. Les mains de la fille s'aventurèrent de plus en plus sur le corps seulement recouvert d'un fin peignoir de mousseline noire. Bellatrix se noya sous le toucher d'Hermione, si bien que pendant quelques instants, elle en oublia totalement toutes les préoccupations qui la perturbaient depuis le réveil.

« On va se recoucher ?, demanda la Gryffondor en s'attendant à une réponse positive.

- Non, répondit simplement la sorcière en ouvrant les yeux, revenant brutalement à la réalité.

- Pourquoi ?, dit-elle en fronçant les sourcils, On est samedi et il n'est que 7h...

La femme se retourna pour faire face à son élève.

- Je sais mais je dois aller voir quelqu'un, expliqua-t-elle avant de venir déposer un chaste baiser sur les lèvres rosées d'Hermione.

La fille haussa les sourcils.

- Et qui est la personne qui te vole à moi si tôt un samedi matin ?, demanda-t-elle la moue boudeuse.

Bellatrix sourit en levant les yeux au ciel.

- Un homme, un charmant jeune homme..., dit-elle d'une voix qui se voulait sérieuse en allant dans sa chambre pour s'habiller.

Hermione se tendit et suivit la femme jusqu'à l'encadrement de la porte pour l'étudier attentivement du regard.

- Et qui est cet homme ?, articula-t-elle entre ses dents.

La femme fit mine d'hésiter à répondre tout en laçant son corset.

- Mmmh... je ne veux pas te dire, dit-elle avec un sourire en coin en attrapant ses bottes.

- Et pourquoi est-ce que tu ne veux pas me dire ?, demanda-t-elle en peinant à cacher son agacement.

- Parce que ça ne te regarde pas, répliqua la sorcière du tac au tac.

- Dis moi, s'enquît la fille.

- Non.

La femme essaya de sortir de sa chambre pour retourner dans la pièce adjacente, mais Hermione lui barra la route.

- Dis moi, répéta la Gryffondor.

- Ou sinon quoi ?, provoqua Bellatrix avec un regard rempli de défi.

- Sinon je t'empêche de passer, soutenu fermement Hermione.

- Ah oui vraiment ?, interrogea la femme sans être capable de réprimer un sourire.

- Oui vraiment, confirma Hermione en gardant une attitude sérieuse.

- Très bien, dit la sorcière en faisant un léger mouvement de poignet.

La Gryffondor lâcha un cri de surprise en se retrouvant brusquement projetée sur le mur d'en face. Elle se releva en assenant un regard noir à Bellatrix qui rigolait à gorge déployée.

- Aïe..., geignit-elle en se frottant la tête.

La femme s'approcha et attrapa en coupe le visage de la fille pour venir déposer un baiser sur sa joue.

- Désolée chérie mais tu ne m'as pas laissé le choix, dit-elle d'une voix espiègle.

La jeune femme leva les yeux au ciel.

- Maintenant dis moi qui est-ce que tu dois rejoindre si tôt, supplia-t-elle presque.

Ce fut au tour de la sorcière noire de lever les yeux au ciel.

- C'est ta curiosité maladive ou ta soudaine jalousie qui te pousse à absolument vouloir savoir l'identité de ce charmant jeune homme ?, réplica Bellatrix d'un ton gentiment moqueur.

- Peut-être un peu des deux..., avoua Hermione, Maintenant dis moi, ordonna-t-elle en soutenant le regard rieur de la femme.

- Tu veux vraiment savoir qui se cache derrière ce mystérieux individu hein ?, taquina la sorcière.

- Oui vraiment, soupira la fille.

- D'accord et bien si ça te tient tant à cœur je vais te le dire... mon rendez-vous de ce matin n'est autre que notre cher Albus Dumbledore, dit-elle enfin avant de s'esclaffer de la réaction d'Hermione.

- Qu'est-ce que tu es bête, répondit la fille en rigolant.

- Pourquoi ? Tu ne t'attendais pas à lui ?, dit la sorcière noire d'une voix faussement niaise.

- Homme, sans nul doute...charmant, je peux bien le concevoir... mais jeune ? Tu m'as délibérément induit en erreur !, se plaignit-elle en faisant semblant d'être énervée.

- C'est étrange... maintenant je ne te sens plus jalouse du tout..., réplica-t-elle ironiquement.

- Haha très drôle... et pourquoi est-ce que tu dois aller voir Dumbledore de si bonne heure un samedi matin ?, interrogea-t-elle curieuse.

Bellatrix reprit immédiatement son attitude sérieuse. Si les moments avec Hermione la détendaient énormément, les retours à la dure réalité étaient toujours brutaux.

- Il doit me parler... je ne sais pas trop à quel sujet d'ailleurs..., mentit-elle sans être convaincante.

La jeune femme sentit que la sorcière ne lui disait pas tout mais elle n'insista pas davantage, ayant bien conscience qu'elle n'arriverait pas à lui en faire dire plus.

- D'accord... tu reviens ici quand tu as fini ? Je t'attends au lit..., dit-elle dans un doux sourire.

- Non je pense que tu ferais mieux de te préparer et d'aller rejoindre Harry et Ron, répondit-elle directement.

Hermione ne comprit pas la réaction de Bellatrix et fronça les sourcils.

- D'accord..., si c'est ce que tu veux..., concéda-t-elle.

- Ne te vexe pas Saleté, c'est juste que je risque d'en avoir pour un moment, essaya-t-elle de se rattraper, On se retrouve plus tard ? »

Hermione acquiesça d'un léger mouvement de tête et Bellatrix vint l'embrasser tendrement avant de se diriger vers la porte.

La femme avait la boule au ventre de laisser la fille seule, elle avait peur de ne pas la voir avant midi, heure à laquelle les mangemorts auraient envahis Poudlard.

« Et Granger, ajouta-t-elle avant de quitter la pièce, surtout fais très attention à toi... »

Elle fit une réponse positive de la tête sans comprendre où la sorcière noire voulait en venir. Un fois Bellatrix partie, Hermione se dépêcha de se rhabiller pour aller rejoindre les deux garçons. Elle ne savait pas pourquoi la femme lui avait dit de faire ça, mais elle avait bien vu à son air inquiet qu'elle devait savoir quelque chose et décida donc de l'écouter.

--

Arrivée devant le bureau du directeur, Bellatrix croisa Severus qui en sortait la mine fermée, mais la femme, habituée à l'habituel visage dur et froid du sorcier aux cheveux noirs, ne s'en formalisa pas.

« Tu as vu le temps dehors ?

- Oui, abominable, ça n'annonce rien de bon..., répondit Severus.

- Ah! Donc toi aussi tu as eu un mauvais pressentiment en te réveillant ce matin ?, demanda la sorcière noire avec intérêt.

- Non pas un mauvais pressentiment, la tempête est juste un signe que les forces des ténèbres arrivent sur l'école, mais cela ne signifie pas qu'elles vont triompher, avança l'homme.

- J'espère que tu as raison parce que j'ai vraiment l'affreuse impression que quelque chose va mal se passer..., dit-elle en rentrant dans le bureau du vieux sorcier.

- Ne vous en faites pas Bellatrix, tout va très bien se passer, intervint Dumbledore avec un sourire jovial.

- Oui, j'espère que vous avez tout prévu, répondit-elle en se laissant tomber sur l'une des chaises, Allez Albus, je suppose que vous venez déjà de tout dire à Severus, donc dites-moi tout.

- Ecoutez... ça va être très simple, vous allez faire exactement ce que Voldemort vous a demandé de faire. », dit-il d'un ton léger sans quitter son éternel sourire.

Un long blanc suivit pendant lequel les yeux écarquillés de la femme restèrent fixés sur le mage qui affichait son légendaire calme olympien.

« Vous plaisantez n'est-ce pas ?, finit-elle par demander.

- Pas le moins du monde, répondit-il calmement.

- Alors vous n'avez aucun plan ? Vous êtes au courant que je vais devoir vous tuer ?!, commença-t-elle à s'emporter.

- Oui je suis au courant Bellatrix... Mais cela ne signifie pas que je n'ai aucun plan, ajouta-t-il.

- Attendez pourquoi souriez vous ? Pourquoi avez vous l'air si détendu ? Vous allez me dire qu'en un mois et demi vous vous êtes fait à l'idée que vous alliez mourir et que cela vous convient ?!, s'agaça-t-elle en ne réalisant toujours pas ce qu'il se passait.

- Je ne pensais pas que vous vous soucierez à ce point de ma mort, plaisanta-t-il.

Elle ricana méchamment.

- Détrompez vous Albus, à titre personnel votre mort ne m'affectera pas le moins du monde, affirma-t-elle, Mais si je vous tue, il n'y aura plus aucun obstacle entre Voldemort et le garçon, ce qui veut dire qu'il n'y aura plus rien pour empêcher le Seigneur des ténèbres de récupérer sa puissance d'antan...

- Oui c'est bien vrai, ou c'est du moins ce qu'il croît... et c'est pourquoi ma mort est inévitable. Tant que je serai là pour protéger cette école, tant que je serai là pour me tenir entre Harry et lui, Voldemort ne fera rien et ne pourra donc jamais être vaincu, expliqua-t-il, Vous m'avez dit à l'instant que j'avais pris un mois et demi à me faire à l'idée de mourir... et bien c'est faux, cela fait des années que je suis préparé à ce jour.

Elle haussa les sourcils.

- Donc vous êtes entrain de me dire que vous vous sacrifiez pour qu'Harry puisse tuer le Seigneur des ténèbres ? C'est bien ce que vous êtes entrain de me dire ?, demanda-t-elle de plus en plus perplexe.

- En quelques sortes oui on peut dire ça...

- Et vous pensez vraiment que le gosse en est capable ? Pourquoi vous ne le tuez pas vous même, vous êtes le seul à pouvoir rivaliser avec lui. Nous n'avons qu'à en finir avec les horcruxes puis vous l'affronterez en duel et avec un peu de chance vous le tuerez.

- Je vous ai déjà dit que je suis intimement persuadé que dans sa quête de l'immortalité, Voldemort a cherché à réaliser sept horcruxes, ce qui correspond au nombre magique le plus puissant...

- Oui et son septième fragment d'âme réside dans son corps reconstitué, ajouta-t-elle, ce qui veut dire qu'avant de le tuer il faut détruire les six horcruxes et il ne nous en manque plus qu'un.

- Exactement... il devrait en rester un dernier, et pourtant ce n'est pas le cas...

- Comment ça ?

- Il se trouve qu'il en a créé un dernier horcruxe involontairement, et dont il ignore toujours l'existence.

Bellatrix fronça les sourcils, ne comprenant pas où Dumbledore voulait en venir. La femme se mit à réfléchir activement et elle réalisa tout à coup ce que le vieux sorcier venait de lui dire.

- Potter..., laissa-t-elle échapper sans vraiment en revenir.

Albus acquiesça de la tête.

- Vous comprenez maintenant pourquoi je ne peux pas le tuer...

- Pour le tuer il faut d'abord tuer le gamin, le coupa-t-elle, Il est au courant ?!

- Non, bien sûr que non, répondit Dumbledore comme si c'était l'évidence même.

- Vous avez veillé sur ce garçon toutes ces années comme si c'était votre fils pour finir par l'envoyer comme un vulgaire cochon à l'abattoir ?!, se scandalisa-t-elle.

- Non pas exactement... quand je vous ai dit que j'avais un plan, c'était à ce sujet..., dit-il d'un ton rassurant.

Bellatrix souffla bruyamment en se passant les mains sur le visage. C'était trop d'informations à ingérer d'un coup et elle se dit alors que son mauvais pressentiment prenait maintenant tout son sens.

- Allez y, dites moi tout...

- Je suppose que vous avez déjà entendu parler des Reliques de la mort ?

Elle leva les yeux au ciel.

- Oui le conte des 3 frères... dois-je vous rappeler que j'ai grandi dans une famille de sang pur ? Bien sûr que je connais cette histoire.

- Très bien..., dit-il avec un grand sourire en réajustant ses lunettes aux verres en forme de demi-lune, Maintenant imaginez que ce ne soit pas qu'un conte... »

Dumbledore commença à lui raconter son plan en détails et la sorcière noire se mit à l'écouter attentivement.

--

Il était presque 11h et le trio d'or était confortablement installé dans la salle commune des Gryffondor.

« Mais tu ne sais pas pourquoi il veut nous voir ?, demanda Hermione

- Non il m'a seulement dit qu'il nous voulait tous les trois dans son bureau à 11h précise, expliqua Harry.

- Il a sûrement une piste pour le dernier horcruxe et il veut nous envoyer en repérage risquer notre vie comme à chaque fois, soupira Ron à moitié avachi dans son fauteuil.

- J'espère que tu as raison, plus vite on aura détruit l'horcruxe et plus vite on... »

Harry fut interrompu par un éclair qui transcenda le ciel d'une lumière si vive que les trois adolescents en furent presque éblouis. Une ou deux secondes plus tard un énorme grondement se fit entendre.

« L'orage se rapproche, commenta Hermione en s'avançant vers la fenêtre où la pluie tombait à torrent, je ne sais pas pourquoi mais j'ai un mauvais pressentiment, dit-elle en fixant le paysage qui avait pris d'étranges tons sombres qui se semblaient pas naturels.

Harry s'approcha à son tour de la fenêtre.

- Ce n'est qu'une tempête, ça va passer..., dit-il en faisant un sourire rassurant à la fille, Vous venez, on doit y aller il est presque 11h. »

Les trois Gryffondor quittèrent la tour de leur maison pour se diriger vers le bureau de Dumbledore.

« D'autres questions ?, demanda le sorcier à la barbe blanche.

- Non... je crois que tout est clair, répondit la sorcière noire, Je vais aller chercher Severus pour qu'il soit le témoin de l'Inviolable, ajouta-t-elle en se levant.

Le directeur afficha un visage surpris.

- Non restez ici Bellatrix, je n'ai absolument pas besoin du serment Inviolable, assura-t-il.

La femme afficha elle aussi un visage surpris mais écouta Dumbledore et se rassit.

- Au vue de l'importance de la tache que vous me confiez, je pensais que vous vouliez être sûr que je fasse bien tout ce que vous m'avez demandé, s'expliqua-t-elle.

- Ah mais je suis sûr que vous allez bien faire tout ce dont nous avons convenu, affirma-t-il.

- Et comment pouvez-vous en être sûr Albus ? Comment pouvez vous croire que je ne changerai pas d'avis au dernier moment si cela m'arrange ?, demanda-t-elle en ne comprenant pas que le vieux sorcier ne soit pas plus prudent.

- Je suis sûr que vous prendrez la bonne décision Bellatrix, tout d'abord parce que, même si cela peut vous paraître absurde, j'ai entièrement confiance en vous.

Elle leva les yeux au ciel.

Ensuite, si à la rentrée vous n'en aviez que faire de l'issu de cette guerre, je sais qu'aujourd'hui ce n'est plus le cas et que vous voulez tout autant que moi voir le règne de la terreur prendre fin.

Elle aurait aimé le contredire, mais elle savait qu'il avait raison.

Enfin, même si je n'avais pas entièrement confiance en vous et en vos intentions, ce qui n'est pas le cas, j'ai quand même une assurance... Une certaine Gryffondor de septième année, brillante et aux cheveux en bataille. Et je sais que pour elle, que vous le vouliez ou non, vous prendrez la bonne décision quoi qu'il arrive... », dit-il dans un grand sourire.

La femme resta bouche bée devant les dires de Dumbledore. Venait-il de faire des allusions sur sa relation avec Hermione ? Apparemment oui. Était-il réellement au courant ? Sans aucun doute. Comment avait-il découvert cela ? Bellatrix n'en avait aucune idée, mais elle se dit qu'après tout il s'agissait d'Albus Dumbledore, et que ce dernier semblait savoir tout sur tout, en particulier sur ce qui se passait entre les murs de Poudlard.

Des coups se firent entendre contre la porte et Bellatrix interrogea le directeur du regard.

« Notre bon vieux trio d'or, répondit-il à l'interrogation silencieuse de la femme, Entrez ! », ajouta-t-il à voix haute.

Les trois adolescents entrèrent dans le bureau et saluèrent les deux professeurs. Les deux garçons dévisagèrent Bellatrix alors que la fille la gratifia d'un large sourire.

« Harry... Ron... Hermione... les choses sérieuses commencent aujourd'hui ! », s'exclama le vieil homme.

Bellatrix roula des yeux et les trois Gryffondor regardèrent Dumbledore avec un visage mélangeant interrogation et appréhension.

« Vous n'êtes pas sans savoir que la guerre gronde déjà depuis quelques mois... et bien il semblerait qu'elle arrive sur Poudlard aujourd'hui... Dans une petite heure si je dois être exact.

Les trois jeunes écarquillèrent des yeux.

- Pardon ?, demanda Hermione.

- Les mangemorts attaqueront Poudlard sous les coups de midi, répondit Albus.

- Comment êtes-vous au courant ?, s'étonna Harry.

- Peut-importe... Ce qui importe c'est que tous les trois, vous ayez déserté les lieux quand ils pénètreront dans l'école, dit-il.

- Mais pourquoi ? Nous allons nous battre et les empêcher d'entrer, réplica le garçon.

- Non Harry, vous allez prendre la fuite, trouver le dernier horcruxe et le détruire. Vous ne servirez à rien en restant ici et c'est bien trop risqué. Si Voldemort attaque l'école c'est pour te tuer, alors il ne faut pas que tu sois là quand il arrivera.

- Vous savez où se trouve le dernier horcruxe ?, interrogea Hermione.

- Non je ne sais pas, mais je compte sur vous pour le découvrir. Vous partirez d'ici tous les trois dans moins d'une heure et vous chercherez l'horcruxe. Vous ne reviendrez ici sous aucun prétexte tant que l'horcruxe ne sera pas détruit, ordonna-t-il d'une voix grave, Et vous attendrez que Bellatrix vous retrouve pour revenir à Poudlard... C'est bien compris ?

Les trois Gryffondor firent oui de la tête, leurs regards étaient vides et leurs visages plutôt déconcertés.

- Je ne comprends pas pourquoi nous ne pouvons pas revenir ici avant d'avoir détruit l'horcruxe... Vous ne pensez quand même pas que les mangemorts vont réussir à assaillir Poudlard ?, demanda Harry perplexe.

- Nous allons tout faire pour contenir l'attaque, mais Voldemort semble avoir bien préparé son coup et le risque reste trop grand. C'est pourquoi je ne veux vous voir revenir sous aucun prétexte sans que Bellatrix ne soit venue vous chercher, insista Dumbledore.

- Et si nous n'arrivons pas à trouver l'horcruxe ? Et si nous nous faisons capturer par des mangemorts entre temps ?, s'inquiéta Ron.

Le visage d'Albus s'orna d'un sourire bienveillant.

- Mes enfants, vous avez accompli tant de choses tous les trois depuis que vous êtes arrivés à Poudlard que je ne me fais aucun souci pour vous. Vous êtes plus qu'aptes à trouver ce dernier horcruxe, car ensemble vous êtes capables d'accomplir de grandes choses, et ça vous n'avez cessé de le prouver à tous depuis que vous avez franchi les portes de cette école. Alors voyez la chasse de cet horcruxe comme une nouvelle aventure, une dernière aventure, la dernière tâche à accomplir pour vaincre les ténèbres contre lesquels vous luttez depuis des années. Si vous restez soudés, vous viendrez à bout de cette guerre sans grande difficulté, car après tout, vous n'êtes pas le trio d'or pour rien. », encouragea Albus.

Les trois adolescents regardèrent le directeur avec un sourire plutôt rassuré en se disant qu'il avait bien raison, ils avaient gagné tant de combats ensembles qu'ils n'étaient plus à un petit horcruxe près.

« Bien maintenant dépêchez vous d'aller préparer quelques affaires car il faut vraiment que vous quittiez le château à midi pétante. Deux balais vous attendent dans la salle commune Gryffondor et vous partirez en direction de la foret interdite. Vous pouvez y aller, sauf toi Harry, je vais te retenir encore quelques minutes. Hermione, Ron, je vous souhaite bonne chance même si je sais que vous n'en aurez pas vraiment besoin. », finit Dumbledore en leur faisant un clin d'œil.

Les deux jeunes saluèrent le directeur et sortirent du bureau suivis de près par Bellatrix. La fille et la femme échangèrent un rapide regard entendu et Hermione dit à Ron de prendre de l'avance et qu'elle le rejoindrait après. Le rouquin acquiesça tout en regardant la fille d'un air suspicieux.

Hermione se dépêcha de rejoindre la sorcière noire qui l'attendait cachée dans un des renfoncements du couloir.

« Tu étais au courant ?, demanda directement la fille.

- Au courant de quoi ?

- De cette attaque.

La femme hésita un instant ne sachant que répondre.

- Oui j'étais au courant, dit-elle simplement.

- Pourquoi est-ce que tu ne m'as rien dit ?, s'étonna Hermione.

- Parce qu'avec Albus nous avions convenu de ne pas vous en parler tant que ce n'était pas sûr, se justifia la femme.

- Je vois..., elle avait l'air déçu, Donc sans que je m'en rende compte tu continues à me cacher des choses...

La sorcière leva les yeux au ciel.

- En quoi ça t'aurait avancé d'être au courant avant ?, demanda-t-elle.

- Je ne sais pas... mais si tu ne m'as rien dit ça veut dire que tu n'as pas vraiment confiance en moi, dit-elle en baissant les yeux à moitié vexée.

- Arrête de faire l'enfant Granger, dit la sorcière en soufflant, Bien sûr que j'ai confiance en toi..., le visage d'Hermione s'éclaira, Mais ça ne veut pas dire que je dois te parler de tout alors que ça ne te concerne même pas.

- Oui c'est vrai que ça ne me concerne absolument pas, c'est vrai que ce n'est pas moi qui pars à la chasse à l'horcruxe dans quelques minutes pendant que toute l'école va se retrouver attaquée par les mangemorts, s'agaça-t-elle en levant la voix alors que les larmes lui montaient aux yeux.

- Qu'est-ce que tu as ?, demanda la femme inquiète de voir Hermione dans cet état.

La jeune femme baissa les yeux.

- J'ai peur..., chuchota-t-elle.

- Une Gryffondor qui a peur ? C'est une plaisanterie ?, se moqua la sorcière.

La fille soupira.

- Je n'ai pas peur pour moi, j'ai peur pour toutes les personnes qui reste à Poudlard, j'ai peur pour mes amis... j'ai peur pour toi..., ajouta-t-elle dans un souffle en plongeant ses yeux dans les deux prunelles noires.

Bellatrix essuya les deux larmes qui venaient de perler des yeux bruns et offrit un sourire plein de douceur à Hermione.

- Saleté il ne faut pas que tu t'inquiètes pour cette école, quoi qu'il arrive, Severus et Mcgonagall seront là pour veiller sur tout le monde...

Hermione plissa des yeux en remarquant que la femme ne faisait pas allusion à Dumbledore, mais elle ne s'arrêta pas longtemps dessus.

Et en ce qui me concerne, tu n'as pas à avoir peur... tu n'es peut-être pas la sorcière la plus brillante de ta génération pour rien... mais je ne suis pas non plus la meilleure duelliste de tous les temps pour rien, plaisanta-t-elle pour détendre la fille.

Les deux femmes rirent un instant mais un éclair à la détonation plus qu'importante les rappela vite à l'ordre.

- Tu me promets de faire très attention à toi et de te dépêcher de venir nous chercher une fois que vous aurez réussi à sécuriser le château ?, demanda Hermione.

- Je te le promets..., répondit Bellatrix en lui souriant tendrement, Et toi tu me promets de toujours avoir confiance en moi ?

Les yeux noirs plongés dans les yeux bruns, les visages des deux femmes se rapprochèrent jusqu'à ce que leur fronts se touchent.

- Je te le promets. », affirma Hermione sans aucune hésitation, elle avait une confiance absolue en Bellatrix ces derniers temps et elle ne voyait pas ce qui pourrait changer ça.

Les pupilles noires se mirent à pétiller, la fille vint briser la distance qui la séparait de la femme et elle vint prendre possession de la bouche rouge sang. Le baiser fut passionnel, rempli d'amour, mais avait un goût différent des précédents. Effectivement, pour les deux sorcières il sonnait presque comme un baiser d'adieu. Lorsqu'elles se séparèrent, elles avaient toutes deux les yeux humides mais un grand sourire, elles étaient en réalité profondément inquiètes l'une pour l'autre mais refusaient de le montrer.

« Je ferai mieux d'y aller, dit finalement Hermione en se reculant de la prise de la sorcière.

- Oui tu ferais mieux de te dépêcher Saleté, répondit la femme.

Hermione se rapprocha et déposa un doux baiser sur la joue de Bellatrix.

- Je t'aime... », lui rappela-t-elle avant de partir dans le couloir.

Ces trois mots provoquèrent un frisson de plaisir à la sorcière noire, et provoquèrent au contraire, un frisson de dégoût au rouquin qui venait d'être le témoin de toute la scène...

--

Harry les rejoignit dans la salle commune peu avant midi. Hermione avait méticuleusement vérifié à de multiples reprises le contenu de son sac magique sous le regard ennuyé de Ron dont elle n'arrivait pas à expliquer l'humeur massacrante.

« Tu es enfin là !, s'exclama la fille en voyant Harry arriver, Qu'est-ce que Dumbledore a bien pu te dire pour te retenir autant de temps ?

- Il ne m'a parlé que quelques minutes de choses plus ou moins abstraites, répondit le garçon.

- Et qu'est-ce que tu faisais depuis tout à l'heure alors?, demanda-t-elle intriguée.

- Je disais au revoir à Ginny, avoua-t-il en rougissant.

- C'est bien, je vois que tout le monde a pris le temps de dire au revoir alors, dit Ron d'un ton sarcastique.

Harry et Hermione le regardèrent en fronça les sourcils, ne comprenant pas l'attitude du jeune homme.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?, demanda la Gryffondor.

- Rien, Hermione. Je ne veux rien dire, répondit-il sèchement.

Les deux autres se regardèrent en haussant les sourcils quand un éclair foudroyant transperça le ciel en détonnant instantanément. Il était quasiment midi, et l'orage ne faisait que confirmer l'arrivée imminente des ténèbres sur l'école.

--

Elle toqua et entra avant qu'il n'ait eu le temps de répondre quoi que ce soit. Elle le surprit alors entrain de ranger une petite fiole dans l'armoire située à côté de la pensine.

« Qu'est-ce que vous faites ?, demanda-t-elle.

- Rien, dit-il en se retournant, J'avais une affaire à régler mais c'est maintenant chose faite... Allons-y. »

Côte à côte, Dumbledore et Bellatrix traversèrent les longs couloirs du château pour se diriger en direction de la tour d'astronomie. Ils croisèrent sur leur chemins les élèves qui, l'estomac affamé, se précipitaient dans la grande salle. Albus ne disait rien, mais il prenait le temps de regarder attentivement chaque recoin du château, chaque visage de chaque élève qui passaient dans son champ de vision. Il connaissait cette école et ses habitants par cœur et les regarder une dernière fois, pouvoir les voir une dernière fois avant de ne plus voir que le néant, lui fit un bien fou.

En bas des escaliers de la tour, Minerva les attendait, un triste sourire aux lèvres. Elle ne dit rien mais quand Albus s'approcha d'elle en lui ouvrant les bras, la sorcière à la robe émeraude n'hésita pas une seconde à se fondre dans l'étreinte du vieux directeur qui était son meilleur ami depuis de longues décennies déjà. Quand ils se séparèrent, une larme avait roulé sur la joue de la professeure et le vieux sorcier lui offrit un sourire rassurant et rempli de toute l'affection qu'il portait à la femme.

« Au revoir Minerva, lui dit-il.

- Au revoir Albus. », lui répondit-elle en tentant tant bien que mal de cacher sa peine.

La vieille femme essuya ses yeux et attendit de perdre de vue Bellatrix et Dumbledore qui montaient l'escalier avant de finalement s'en aller vers la Grande salle. Quand elle franchit les portes, elle se mit à compter avec attention le nombre d'élèves assis autour des quatre tables et poussa un soupire de soulagement en constatant que tous étaient présents. D'un large geste de baguette elle verrouilla alors les grandes portes et commença à appliquer de multiples sorts de protections sur toutes les fenêtres de la salle. Elle attira très vite le regard de tous les élèves et des autres professeurs qui n'étaient pas au courant de l'attaque et qui l'observaient donc avec curiosité.

Les douze coups de midi résonnèrent dans toute la pièce, dehors sous la pluie battante Rogue ouvrit le portail aux mangemorts, et Minerva monta sur l'estrade des professeurs pour articuler d'une voix forte et solennel:

« J'aimerai avoir l'attention de tous s'il vous plaît. Je vais tout d'abord vous demander de garder votre calme et d'être fort. Nous sommes le 15 avril et il est midi, je sais que pour vous ça ne représente sûrement rien, mais ça ne va pas durer longtemps... D'une minute à l'autre les mangemorts pénètreront dans l'enceinte de Poudlard...

Tous les personnes présentes retinrent leur souffle.

J'ai protégé la salle de plusieurs sorts de protections qui devraient les retenir un bon moment. Vous allez donc tous rester ici, dans le calme, tout en restant tout de même sur vos gardes. Ne vous inquiétez pas plus que de raison, ce n'est pas après vous qu'ils en ont... Celui qu'ils cherchent est déjà loin je l'espère... », finit-elle.

Lorsqu'ils virent midi s'afficher sur l'horloge de la salle commune ils durent s'y mettre à trois pour parvenir à ouvrir une des fenêtres tant le vent était fort.

« Dumbledore n'aurait pas pu trouver un moyen de transport plus adapté à la météo, se plaignit Ron à juste raison.

- C'est sûr que ça risque d'être compliqué d'aller très loin avec cette pluie et ce vent, rajouta le brun.

- On va déjà essayer de sortir de l'enceinte de Poudlard puis on trouvera au plus vite un endroit où se poser et on continuera à pied, proposa Hermione, Je monte avec qui ?

- Harry, répondit le rouquin du tac au tac.

- D'accord... », dit-elle en dévisageant le rouquin dont elle ne comprenait toujours pas le comportement désagréable.

Hermione grimpa derrière Harry et les deux garçons firent décoller leurs balais.

En haut de la tour d'astronomie, Bellatrix ne cessait de faire les cent pas.

« Calmez vous Bellatrix, lui demanda Albus.

Elle le regarda pleine de désarroi.

- Je ne comprends pas comment vous faites pour être toujours aussi calme, ça me dépasse franchement, répondit-elle.

- Arrêtez de vous inquiéter, tout va très bien se passer, répéta le vieux mage.

- Mais qu'est-ce que vous en savez ?! Et si j'échoue ? Et si je n'arrive pas à faire tout ce que vous m'avez demandé ?! Et si je ne parvient pas à faire tout ce qui est nécessaire ?, s'emporta-t-elle.

- Arrêtez de douter, vous allez y arriver, affirma-t-il sûr de lui.

- J'ai l'impression que tout le poids du monde repose sur mes épaules maintenant, se lamenta-t-elle en fixant le ciel sombre.

- Ce n'est pas qu'une impression, rigola-t-il, Tout repose plus ou moins sur vos épaules maintenant, sur vos épaules et sur celles des trois enfants...

Elle se retourna pour regarder Dumbledore dans les yeux.

- Pourquoi moi ?, souffla-t-elle, Pourquoi m'avez vous choisi moi ?

Il s'approcha et posa sa main sur l'épaule frêle de la femme.

- Parce que tu es la seule personne capable de faire tout ça Bellatrix, répondit-il en la tutoyant car il savait qu'elle en avait besoin, Et parce que ce n'est pas un hasard si tu es la sorcière la plus douée de tous les temps. », plaisanta-t-il.

Il lui sourit et la sorcière noire lui rendit sincèrement son sourire.

Un éclair creva le ciel et des bruits de pas se firent entendre. Ils étaient là...

Harry et Ron guidaient leur balais avec difficulté à travers la tempête, ils avançaient lentement, lutant contre la force du vent pour franchir chaque mètre. Hermione se cramponnait de toutes ses forces au manche du Nimbus 2000 mais cela ne suffit pas et une bourrasque fit basculer la fille dans le vide. Harry, comme s'il était à la quête du vif d'or en plein match de Quidditch, plongea vers le sol pour la rattraper, ce qu'il réussit à faire de justesse avant de redresser la trajectoire de son balais.

« Ça va ? », demanda-t-il à Hermione en se tournant pour la regarder.

En voyant le visage horrifié de la fille, Harry comprit très vite que quelque chose clochait, et il eut à peine le temps de se retourner pour regarder devant lui qu'ils rentrèrent de plein fouet dans un arbre.

Le balais se brisa sous le choc et les deux amis restèrent un moment étourdis, perchés dans les branches de l'arbre. Ron les rejoignit prudemment et les aida à descendre au sol.

« Bon et bien je suppose que l'on va devoir continuer à pieds. », dit le rouquin.

Les trois Gryffondor qui étaient à la lisière de la forêt interdite se mirent alors à marcher pour s'enfoncer dans cette dernière.

Rogue arriva en haut de la tour accompagné de Fenrir Greyback, des Carrow et de Gibbon. Comme convenu, d'un rapide et discret geste de baguette, Severus désarma Dumbledore sous les grognements d'excitation des quatre autres mangemorts.

« Severus... Bellatrix... Qu'est-ce qui se passe ?, demanda Albus en mimant un air surpris.

- Il se passe qu'ils t'ont bien eu, se moqua Gibbon, Rogue et Lestrange ont toujours servis loyalement le Seigneur des ténèbres... Et maintenant elle doit te tuer..., rajouta-t-il d'une voix nasillarde.

Bellatrix ne bougea pas, elle savait très bien ce qui lui restait à faire et pourtant elle n'osa bouger un muscle.

- Et bien qu'est-ce que tu attends Bellatrix, lui chuchota Greyback à l'oreille, Tu te dégonfles ?, ricana-t-il.

- Recule tout de suite ou c'est toi que je vais tuer sale sac à puces, gronda-t-elle.

Le loup garou se recula non sans grogner de mécontentement.

Sans regarder l'homme qui se tenait face à elle, Bellatrix leva lentement sa baguette dans sa direction. Elle dû souffler un bon coup pour calmer les tremblements de son bras. Elle n'avait jamais réagi ainsi en tuant quelqu'un et elle trouvait cela vraiment étrange. Si elle avait rêvé d'arracher la vie au vieux sorcier pendant quinze longues années, aujourd'hui qu'elle devait le faire, elle n'en avait plus la moindre envie. Le fait de tuer lui était-il devenu un peu plus compliqué ? Peut-être, après tout beaucoup de choses avaient changé cette année. Tuer Dumbledore, l'homme dont elle avait été la complice durant des années avant d'en devenir l'ennemie après Azkaban, se révélait être une tâche bien plus complexe que ce qu'elle avait pu imaginer.

« Bellatrix... », appela Dumbledore. Si sa voix pouvait paraître suppliante pour les mangemorts présents, Bellatrix comprit très clairement qu'il s'agissait là d'un ultime encouragement de la part du directeur de Poudlard.

Alors la femme aux cheveux de jais planta ses yeux dans ceux d'Albus avant de prononcer d'une voix ferme:

« AVADA KEDAVRA »

Un puissant filet de lumière verte jaillit de la baguette courbée et vint frapper Dumbledore en pleine poitrine.

Bellatrix capta le léger et éternel sourire que le vieux sorcier lui offrait alors que le sortilège de mort venait de le toucher.

Le choc du sort le fit reculer d'un pas, puis de deux, et son corps bascula dans le vide.

Au même moment, la foudre tomba sur le sommet de la tour d'astronomie.

Alerté par l'éclair foudroyant, les trois Gryffondor se stoppèrent dans leur course et assistèrent alors impuissants à la chute presque interminable du corps de Dumbledore.

Malgré la distance, ils devinèrent très rapidement l'identité du mort et Harry s'écroula au sol sous le choc.

En haut de la tour, des cris victorieux résonnèrent et Gibbon se précipita pour lancer la marque des ténèbres au dessus de Poudlard.

Bellatrix ramassa la baguette de Sureau et suivit Rogue qui descendait les escaliers pour se rendre dans la Grande salle.

La sorcière noire se dit alors que son instinct ne s'était pas trompé ce matin. Cette journée du 15 avril n'était pas encore finie, mais avait déjà été forte en émotions.

Ce jour ne marquait pas seulement l'arrivée des forces du mal à Poudlard, ce jour était maintenant celui de la mort d'Albus Dumbledore. Ce 15 avril marquait un tournant, sans doute le début de la fin, quelque soit la fin en question...