Bellatrix regarda le hibou noir s'envoler au loin à travers le ciel sombre et nuageux de cette morne journée.

Elle avait puisé toute l'énergie qui lui restait pour rédiger ces lettres juste après le départ des trois adolescents. Elle ne pouvait maintenant plus lutter contre cette affreuse douleur, cette atroce culpabilité qui lui donnait la nausée. L'image d'Hermione pleurant de douleur sous elle la rongeait littéralement.

--

Le transplanage de Dobby les fit atterrir dans la cabane hurlante dans laquelle ils n'avaient plus mis les pieds depuis leur troisième année.

« Merci Dobby, sourit Harry.

- C'est toujours un plaisir pour Dobby d'aider Harry Potter et ses amis, répondit l'elfe.

- Hermione est-ce que ça va ?!, demanda Ron inquiet en observant la fille qui examinait sa blessure au bras.

- Oui ça va, l'entaille n'est pas profonde, articula-t-elle entre ses dents alors que la plaie la brulait.

- Pourtant elle a vraiment un drôle aspect, ajouta Harry en s'approchant du bras d'Hermione, On dirait que la lame a été...

- Empoisonnée, la coupa la fille, La lame de sa dague est empoisonnée... mais je ne pense pas que la plaie soit suffisamment profonde pour que le poison atteigne mon organisme...

- Tu ne penses pas ?! Et si tu te trompais ?, angoissa Ron.

- Ce genre de poison est extrêmement rapide et je ne ressens toujours aucun effet donc il n'est pas rentré dans ma circulation sanguine, expliqua-t-elle.

- Je te promets que la prochaine fois que je la vois, je la tue !, s'exclama Harry plein de colère.

La fille soupira.

- Personne ne va tuer personne, et on va plutôt se dépêcher de rentrer à Poudlard, avança la Gryffondor en sortant la cape d'invisibilité de son sac.

- Rentrer à Poudlard ?, s'étonna Harry, Dumbledore nous a bien dit de ne pas revenir sans avoir détruit le dernier horcruxe...

- Il a aussi dit qu'il fallait attendre que Bellatrix vienne nous retrouver, compléta-t-elle.

- Sauf que je te rappelle que ta chère Lestrange a tué Dumbledore depuis, réplica Harry d'un ton sarcastique.

- Il se sont mis d'accord, ils ont planifié ensemble sa mort !, défendit aussitôt la jeune femme.

- Tu n'as pas trouvé mieux franchement Hermione ? Tu ne peux pas essayer d'être objective rien que deux minutes ?, s'agaça Ron.

- Mais je suis tout à fait objective Ronald, s'énerva-t-elle, Dumbledore lui faisait confiance, elle nous a toujours aidé depuis le début, et si on y réfléchit, on ne sait rien de la mort de Dumbledore si ce n'est ce que la radio nous a dit !

Harry serra les poings.

- On sait que c'est elle qui l'a tué, et je pense que c'est bien suffisant pour ne plus lui faire confiance du tout.

Dobby se racla la gorge pour attirer l'attention des trois adolescents mais ils continuèrent à se contredire et le ton continua de monter.

- Et à moi tu ne me fais pas confiance ?, demanda-elle.

- Je te fais confiance tant que tu ne fais pas confiance à Lestrange, répondit le brun.

- Donc là si je comprends bien tu ne me fais pas confiance ?, demanda-t-elle totalement effarée.

- Exactement, confirma Harry.

- Je n'arrive pas à y croire, souffla-t-elle en levant les yeux au ciel.

- Tu n'arrives pas à croire qu'on ne puisse pas faire confiance à une mangemort qui, en plus d'avoir tué je ne sais pas combien d'innocents, a en plus tué Sirius et Dumbledore ?! Fais un effort Hermione s'il te plaît, asséna Ron.

Dobby se racla une nouvelle fois la gorge, plus bruyamment cette fois-ci.

- Quoi ?!, s'exclamèrent en cœur les trois Gryffondor à bout de nerfs en se tournant vers l'elfe.

- Dobby se permet d'intervenir, commença-t-il timidement, Dobby se permet d'intervenir car il pense que mademoiselle Hermione a raison. C'est madame Black qui a demandé à Dobby de venir sauver Harry Potter et ses amis, c'est aussi madame Black qui lui a demandé d'amener le trio d'or à Poudlard...

Complètement surpris, les deux garçons restèrent sans mot, la bouche entrouverte, alors qu'un grand sourire prit place sur le visage de la fille.

- Vous ne me croyez toujours pas ?, demanda-t-elle d'un ton satisfait.

Ron ne releva pas et s'adressa à Dobby.

- Tu veux dire que tout ce qu'il s'est passé au manoir n'était qu'une mise en scène ? L'histoire du lustre, les menaces de Lestrange ? Tout était planifié entre vous deux ?, interrogea le rouquin septique.

- Tout n'était pas planifié en détails, mais Dobby savait que madame Black devait faire semblant de vouloir garder Harry Potter devant les autres mangemorts pour ne pas éveiller les soupçons, expliqua l'elfe.

- Pourtant la torture d'Hermione ne ressemble pas à une mise en scène..., rétorqua Harry.

- Madame Black n'avait pas parlé de cela à Dobby, se défendit l'elfe.

- Ça n'a aucune importance, écourta la fille, Ce qui compte c'est qu'elle est toujours de notre côté et qu'il faut lui faire confiance...

- Aucun importance ?, s'étonna Ron, Mais enfin Hermione tu as une plaie empoisonnée sur le bras et tes jambes tremblent encore à cause du Doloris !

- Elle ne voulait pas faire ça, elle a fait une crise, comme celle qu'elle a fait en début d'année dans sa salle de classe. J'ai bien vu qu'elle ne se contrôlait pas, dit-elle au deux garçons en ayant l'impression de passer pour l'avocat du diable.

- C'est un peu facile de justifier toutes ses horreurs par des crises, grommela le rouquin.

- Oh Ron qu'est-ce que ça peut bien te faire ?! Est-ce que c'est toi qui a subit le sortilège de torture ? Je ne pense pas. Est-ce que c'est toi qui a une plaie brulante sur l'avant bras ? Je ne pense pas non plus. Alors si tu pouvais essayer d'arrêter de toujours chercher le moindre prétexte pour l'incriminer ça m'arrangerait, s'échauffa Hermione.

Ron resta muet un instant, cherchant quoi répondre à la Gryffondor.

- D'accord, si tu ne veux plus parler de ça on n'en parle plus, concéda-t-il sans pour autant cacher son flagrant mécontentement.

- Bien..., soupira-t-elle.

- Donc on retourne à Poudlard ?, demanda Harry qui bien que toujours réticent à leur alliance avec la mangemort, avait compris que c'était là leur seule option intéressante.

- On retourne à Poudlard, et on va trouver Rogue, annonça Hermione.

- C'est elle qui t'a dit ça ?, demanda le brun.

- Oui, répondit la fille, Elle m'a aussi donné ça et elle m'a dit que tu ne devais jamais t'en séparer, ajouta Hermione en lui tendant la pierre d'un noir absolu.

Il prit la pierre et il l'examina en fronçant les sourcils.

- Qu'est-ce que c'est ?, questionna-t-il.

- Je n'en ai pas la moindre idée, lui répondit-elle, Mais je pense que Rogue pourra sûrement nous en dire plus...

- Alors allons-y ! », clôtura le garçon.

Le trio d'or salua Dobby avant de s'aventurer dans le passage secret qui menait au saule cogneur...

--

Elle se pencha une dernière fois pour vomir dans l'évier de la salle de bain le peu de nourriture qu'il devait rester dans son estomac. Tout son œsophage la brulait mais la douleur n'était rien par rapport à celle qui lui prenait le cœur et les entrailles. Elle se sentait affreusement mal, tellement mal que de se forcer à vomir lui avait paru sur l'instant la seule solution pour faire sortir tout le mal être qui l'accaparait. Cependant cela ne l'avait aidé en rien, elle se sentait toujours aussi monstrueuse, toujours aussi honteuse, toujours aussi misérable pour ce qu'elle venait de faire subir à Hermione. Elle avait commis bien des atrocités tout au long de sa vie, elle en regrettait d'ailleurs plusieurs, et pourtant jamais elle ne s'était sentie aussi misérable que maintenant. Elle s'en voulait énormément d'avoir infligé ça à Hermione, et pourtant elle n'en voulait pas moins à la jeune femme qui l'avait profondément blessée.

Elle nettoya l'évier et se rinça la bouche avant de passer de l'eau fraiche sur son visage que les pleurs avaient gonflé et rougi. La femme se laissa ensuite glisser le long du mur et reposa sa tête sur le bord de la baignoire. L'air dépité elle resta là, silencieuse, essayant de retenir ses larmes, l'esprit occupé par une seule et unique personne, cette agaçante petite Hermione Granger.

« Bella ? Est-ce que tout va bien ? », demanda Narcissa de l'autre côté de la porte.

Bellatrix ne donna aucune réponse à sa sœur en espérant que cette dernière s'en irait.

« Bella réponds-moi... Je sais que tu es là, recommença la femme aux mèches blondes.

La sorcière noire soupira lourdement avant de lui répondre.

- Tout va bien Cissy, alors pars et laisse moi tranquille.

- J'ai besoin de te parler alors je n'irai nulle part, insista la cadette.

- Très bien, reste devant cette fichue porte si ça peut te faire plaisir, réplica l'aînée.

- Bella ouvre cette porte s'il te plaît...

La sorcière noire soupira et tourna finalement la tête vers la porte qui se déverrouilla sous son simple regard.

- Qu'est-ce que tu as à me dire de si important ?, demanda-t-elle en observant sa sœur s'approcher et venir s'assoir à côté d'elle.

- Je..., Narcissa chercha ses mots, Je pense que tu ne m'as pas tout dit.

Bellatrix leva les yeux au ciel en se disant qu'elle avait bien interprété le regard de sa sœur quand sa dague avait raté sa cible.

- Et qu'est-ce que je ne t'aurais pas dit ?

- Pourquoi tu as laissé les trois enfants s'échapper tout à l'heure par exemple, lâcha Narcissa en étudiant le visage de sa grande sœur du regard dans l'espoir d'y lire une réponse.

Bellatrix qui avait prévu les questions de sa cadette n'eut aucun mal à garder son expression de marbre qu'elle savait indéchiffrable.

- Les laisser s'échapper ? J'espère que tu plaisantes... Ce n'est pas moi qui ai laissé les deux garçons dans les cachots sans surveillance et qui me suis faite désarmée par un elfe de maison, se défendit elle en prenant un air outré.

- Peut-être, consentit Narcissa, Mais c'est bien toi qui a délibérément raté ton lancer de poignard.

- Délibérément ? Tu connais beaucoup de personnes capables de viser une cible en plein transplanage Cissy ? Je n'ai certainement pas fait exprès de les rater, se justifia la femme.

- Non tu as raison, je ne connais pas beaucoup de personnes capables d'un tel lancé... En réalité je ne connais qu'une seule personne qui en soit capable, et cette personne c'est toi. », affirma la benjamine Black.

Le visage de Bellatrix ne laissa toujours rien passer alors Narcissa décida de continuer.

«Je sais très bien que dague en main, tu ne rates jamais ta cible. Alors ça m'étonnerait fortement que tu rates une cible aussi importante qu'Harry Potter... Dis moi ce que tu me caches Bella..., demanda-t-elle.

La sorcière noire soupira en passant ses mains sur son visage. Elle le savait, tout mensonge serait vain, elle allait devoir être honnête avec sa sœur.

- Depuis la rentrée je marche à nouveau avec Dumbledore, avoua-t-elle, Si je ne t'ai rien dit c'est... », Bellatrix s'interrompît en entendant des pas pressés s'avancer dans le couloir.

Lucius, la mine pâle, le corps tremblant, fit son apparition dans l'encadrement de la porte. Au vue de son état, il n'eut besoin de dire le moindre mot pour que les soeurs Black comprennent directement l'objet de sa venue. Le sorcier à la chevelure blonde platine prit tout de même la peine d'articuler dans un souffle:

« Il est là... »

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Tous les trois serrés sous la cape d'invisibilité, ils avancèrent prudemment dans les longs couloirs de l'école. Il était 15 heures, et jamais le château n'avait été aussi silencieux à cette heure-ci. Le mauvais temps régnait à l'extérieur, pourtant aucune torche n'était allumée, ce qui avait pour effet de plonger le bâtiment dans un climat sombre et froid. Les trois Gryffondor avaient beau connaître cette école par cœur, maintenant que les ténèbres y avaient élu domicile, ils ne trouvaient en Poudlard plus rien de familier.

Il traversaient à pas de loup l'école plongée dans le silence à la recherche de Rogue quand ils entendirent tout à coup des bruits de pas venir dans leur direction, de nombreux bruits de pas qui semblaient arriver des deux bouts du couloir. Très vite ils virent apparaître deux rangs d'élèves menaient par deux mangemorts. Ils reconnurent bien vite leurs camarades qui marchaient le dos droit, en rythme, tous affichaient une mine triste bien accordée avec l'horreur qui dominait Poudlard depuis quinze longs jours.

Les deux rangées d'élèves arrivaient droit sur eux et s'il n'agissait pas vite, le trio d'or n'allait pas tarder à se faire démasquer. En un regard, les trois amis se mirent d'accord et se précipitèrent dans la seule pièce qui pouvait leur servir d'échappatoire: l'infirmerie. Ils poussèrent discrètement la porte et pénétrèrent dans la pièce qui par chance s'avérait vide. Seule madame Pomfresh se tenait devant une étagère pleine de remèdes et de potions et semblait faire du rangement. Ils décidèrent de retirer la cape en se disant qu'ils ne risquaient rien en compagnie de l'infirmière. La femme se tenait dos à eux et ne les avait pas entendu entrer.

« Madame Pomfresh ?, l'appela prudemment Hermione.

La sorcière se retourna et écarquilla les yeux en découvrant le trio d'or.

- Mais qu'est-ce que vous faites ici ? Personne ne vous a vu ?, demanda-t-elle le regard apeuré.

- Non personne, nous étions sous ma cape, la rassura Harry.

- Tu ne devrais pas être ici Harry, ils te cherchent, ajouta l'infirmière.

- Et nous nous cherchons Rogue, répondit le brun.

- Severus ?, s'étonna la sorcière en blouse blanche, Mais il est avec eux, il était avec Black quand elle a tué Albus, pensa-t-elle apprendre aux trois jeunes.

- Oui on est au courant, dit Hermione, Mais on doit quand même lui parler, vous savez où il est ?

- Il doit être dans sa salle de classe, je peux aller le chercher si vous voulez, proposa-t-elle.

- Oui s'il vous plaît, et s'il est seul, précisez lui que c'est nous, il doit être au courant normalement. », ajouta Hermione.

La femme fronça les sourcils, ne comprenant pas très bien l'implication de Rogue, puis elle hocha la tête et sortit de l'infirmerie à la recherche du sorcier aux cheveux noirs.

Hermione souleva sa manche et observa sa blessure qui était bien enflammée et pas très jolie à voir. Elle se dirigea vers l'étagère et la fouilla à la recherche d'une potion pour désinfecter la plaie et calmer l'inflammation dut au poison. Elle mit vite la main sur deux flacons et en versa le contenu sur son entaille suintante en serrant les dents. Une vive douleur prit d'assaut son bras avant de disparaître aussi vite qu'elle était venue. Elle se tourna ensuite vers les deux garçons et voyant qu'Harry était perdu dans ses pensées entrain d'étudier la pierre couleur corbeau, la fille demanda de l'aide au rouquin pour bander sa blessure. A peine Ron eut-il finit le pansement que les portes de l'infirmerie s'ouvrirent brusquement pour laisser passer Rogue suivit de Pomfresh.

« Potter désarme-moi, ordonna l'homme sans donner aucune explication.

- Quoi ?, demanda Harry sans rien comprendre.

- Désarme-moi, répéta simplement le sorcier.

- Mais pourquoi ?, interrogea le brun en fronçant les sourcils.

- Potter ne pose pas de question et fais ce que je te dis, on n'a pas beaucoup de temps, dit l'homme d'une voix pressée.

- D'accord, céda finalement Harry, Expelliarmus !

La baguette du professeur de potion vola jusqu'à la main d'Harry, mais Rogue s'avança rapidement pour la récupérer.

- Très bien, maintenant allez vous cacher et tachez de passer inaperçus. L'attaque du Seigneur des ténèbres ne tardera pas, ce n'est plus qu'une question de jours ou peut-être même d'heures, expliqua-t-il tout en se dirigeant vers la sortie.

Les trois Gryffondor se regardèrent avec de grands yeux, tous les trois surpris que Rogue ne leur en disent pas plus.

- Professeur attendez, l'interpela Hermione, Vous n'avez rien à nous dire de plus ? Madame Black nous a laissé un objet, une pierre noire, avec pour seule instruction de venir à Poudlard et de vous trouver...

Le sorcier se tourna vers eux.

- Connaissant Bellatrix elle a dû vous laisser toutes les explications nécessaires quelque part. », répondit-il avant de prendre la porte.

Ils étaient déçus de n'avoir rien appris de leur entrevue avec Rogue, et ils trouvaient cela étrange que le professeur de potion paraisse si pressé. Ils remercièrent alors madame Pomfresh et se recouvrirent de la cape avant de sortir de l'infirmerie. Ils avancèrent en veillant à faire le moins de bruit possible et au détour d'un couloir ils virent Rogue se faire interpeller par un mangemort.

« Severus on doit y aller, il nous appelle. Il laisse l'école aux Carrow le temps de la réunion. », l'informa l'homme.

Rogue acquiesça et très vite, les deux sorciers s'envolèrent dans une trainée de fumée noire.

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« Vous êtes entrain de me dire que vous aviez trouvé le garçon mais que vous l'avez laissé s'échapper ? J'espère que vous vous rendez compte que votre incompétence frise le ridicule !, hurla-t-il aux Malfoy et aux Black qui se faisaient tout petit, Vous l'aviez juste là sous la main, et vous n'avez pas été capable de le retenir et de me prévenir, c'est une honte ! Et maintenant nous n'avons plus aucune idée d'où il se trouve !

Bellatrix se racla la gorge pour attirer l'attention de son maître. Ce dernier s'arrêta et la fusilla du regard.

- Ce n'est pas tout à fait exact mon seigneur, commença-t-elle, Quand l'elfe nous a désarmé, j'ai compris qu'ils arriveraient sans doute à s'échapper, alors j'ai dit à la fille de retourner directement à Poudlard. Ils me font encore confiance, alors je peux vous assurer qu'ils y sont.

Au fil de l'explication de la sorcière, l'expression de Voldemort passa d'une intense fureur à une immense satisfaction.

- Je vois que je peux encore compter sur mon bras droit pour se montrer compétente et pour faire honneur à mon enseignement, dit-il ravi, Si tu as raison et qu'il te font encore confiance tu penses qu'ils seront encore à Poudlard demain ?, demanda-t-il intéressé.

- Je n'ai aucun doute là dessus, je leur ai dit d'y rester jusqu'à ce que je vienne les chercher, répondit-elle avec un sourire en coin, se rendant bien compte que son plan fonctionnait à merveille.

- Parfait. C'est parfait Bella. Demain à l'aube nous attaquerons l'école. », affirma le mage noire.

Narcissa qui n'était pas au courant du plan de Bellatrix regarda sa sœur avec interrogation, et la femme aux boucles corbeaux lui répondit par un petit regard qui lui montrait qu'elle maîtrisait la situation.

Voldemort ne perdit pas une seconde pour appuyer sur sa marque afin de convoquer tous les autres mangemorts. Petit à petit, la salle se remplit, Rogue, Greyback, Dolohov, Macnair, Yaxley, ainsi que les plus jeunes comme Draco, Crabbe, Goyle, Zabini, tous étaient présents, tous sauf les Carrow qui avaient été assignés à la garde de Poudlard. Une fois la centaine de mangemorts rassemblée, le Seigneur des ténèbres se mit à expliquer à ses fidèles sa stratégie d'attaque pour la bataille du lendemain.

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Après avoir traversé Poudlard en toute discrétion, le trio d'or décida d'aller trouver refuge dans la chambre de préfète d'Hermione où ils ne risquaient pas de croiser grand monde. Dès qu'ils rentrèrent dans la pièce ils sentirent un courant d'air et furent surpris de trouver la vitre de la fenêtre brisée. De nombreux éclats de verres jonchaient le sol et Hermione repéra rapidement le petit paquet posé sur son lit.

« Qui est-ce qui a bien pu faire ça ?, demanda Ron l'air inquiet.

- Sans doute un hibou, répondit simplement la fille en allant réparer sa fenêtre du bout de sa baguette.

- Un hibou ?, s'étonna le rouquin.

- J'ai reçu du courrier. », dit-elle en pointant du doigt le petit paquet.

Harry s'approcha pour attraper le colis mais Hermione, qui se doutait de l'expéditrice, fut plus rapide que le garçon et se saisit du petit paquet en papier kraft. Elle l'ouvrit et en sortit un livre et une enveloppe.

« Les contes de Beedle le Barde, lut-elle à haute voix.

- Je connais !, s'exclama Ron en se saisissant du livre, Ma mère nous les lisait souvent quand on était petit.

- Qui peut bien t'envoyer un livre de contes ?, demanda Harry surpris.

- Je n'en ai pas la moindre idée, mentit-elle en ouvrant la lettre.

- Lestrange..., grommela Ron en laissant tomber sur le lit le livre ouvert à la première page où était inscrit dans une élégante calligraphie le nom de "Bellatrix Lestrange."

Hermione survola la lettre écrite à l'encre noire avant de se racler la gorge et d'entamer la lecture de celle-ci à voix haute.

- Granger, Potter, Weasley, si vous lisez ceci c'est que vous avez réussi à retourner à Poudlard. Si vous n'avez pas encore vu Severus, allez le trouver, c'est très important. Si je pense bien, le Seigneur des ténèbres voudra attaquer Poudlard dès demain et d'ici là, restez dans cette chambre, vous y êtes en sécurité, j'y ai placé des sorts de protection et l'entrée est invisible pour toutes personnes ne connaissant pas son existence.

Potter, tu ne dois te faire désarmer par quiconque. Alors tu évites au maximum le combat, et si tu y es contraint, tu dois gagner le duel. C'est extrêmement important.

Ensuite je suppose que vous êtes préoccupés par l'horcruxe que vous n'avez pas réussi à trouver. Et bien vous allez être ravis d'apprendre que je l'ai trouvé. Nagini, le serpent de Voldemort, est un horcruxe. Il l'amène partout avec lui donc elle sera là demain pendant la bataille. Concentrez vous sur Nagini, évitez le combat, soyez discret, surtout toi Potter, et cherchez le serpent.

Avec cette lettre je vous confie mon exemplaire des "Contes de Beedle le Barde", tachez d'en prendre soin et lisez très attentivement le conte de la page 12, vous en apprendrez plus sur la pierre que Dumbledore m'a confié le jour de sa mort, et qu'il m'a demandé de te donner Potter. Surtout garde-la toujours sur toi, et au risque de me répéter, tu ne dois jamais être désarmé ou perdre un duel.

J'ai également prévenu Mcgonagall de l'attaque de demain et je lui ai demandé de tenir au courant les membres de l'Ordre.

J'espère que vous écouterez mes instructions parce que si vous ne le faites pas vous aurez affaire à moi, et si j'étais à votre place, j'éviterai...

Je sais que vous ne me faites pas totalement confiance, peut-être même pas du tout, mais j'espère que vous avez conscience que vous êtes obligés de m'écouter si vous voulez gagner cette guerre. Ne vous faites pas d'illusion, je ne prends moi non plus aucun plaisir à devoir faire équipe avec trois gamins, mais c'est ce que Dumbledore voulait, et c'est certainement le seul moyen de battre les forces des ténèbres.

Je ne vais pas vous dire d'être courageux, c'est à l'évidence la seule qualité qu'on ne peut pas vous enlever. Je vous demande par contre de ne pas agir bêtement et d'écouter tout ce que je viens de vous dire. Je tâcherai de vous trouver au plus vite pour vous donner la marche à suivre une fois que Nagini sera détruite. D'ici là restez prudents et réfléchis.

...

Bellatrix Black. », termina Hermione en sautant délibérément le dernier paragraphe.

Les deux garçons restèrent silencieux un instant, le temps d'assimiler toutes les informations contenues dans la lettre. Harry attrapa le livre de conte, l'ouvrit à la douzième page, et commença à en faire la lecture.

« Le conte des 3 frères, commença-t-il, Il était une fois...

- Pas besoin, le coupa Ron, Je connais cette histoire par cœur.

Ce sont trois frères qui pour échapper à la noyade en traversant une rivière, font apparaître un pont par magie et là ils rencontrent la Mort qui les félicite de leur ingéniosité en leur offrant trois objets exceptionnels.

Le frère ainé souhaite posséder la baguette la plus puissante du monde des sorciers. La Mort lui fabrique alors la baguette de Sureau.

Le second demande un moyen de ressusciter les morts, la Mort lui offre donc une pierre ayant ce pouvoir.

Enfin le troisième, le plus humble et le plus sage de la fratrie, demande une cape d'invisibilité que la Mort lui donne à contre cœur.

Le premier frère finira tué par un sorcier voulant devenir le nouveau maître de la baguette de Sureau. Le second frère, sombrera dans la folie en utilisant la pierre qui ne ressuscite pas réellement les morts mais qui en donne seulement l'illusion. Il finira par se suicider. Le troisième est finalement le seul à avoir une longue vie en arrivant à échapper à la Mort grâce à sa cape. Il finira par la léguer à son fils et mourra de vieillesse en accueillant la Mort comme son amie.

Ces trois objets, la baguette de Sureau, la pierre de résurrection et la cape d'invisibilité sont appelés les reliques de la Mort. Pour certains cette histoire n'est qu'une légende, mais pour beaucoup de sorciers ces reliques existeraient vraiment et on raconte que si une personne est amenée à posséder les trois reliques, elle deviendrait le maître de la mort et elle serait immortelle tant qu'elle reste la propriétaire des trois objets.

Hermione survola des yeux le conte pour vérifier que Ron disait vrai. Quand elle en eut la confirmation elle commença à se creuser les méninges tout en caressant mécaniquement du bout des doigts le symbole des reliques imprimé sur la page du livre. Après quelques secondes de réflexion, la jeune femme eut une révélation.

- Ils veulent que tu sois le maître de la mort, murmura la fille pour elle-même avant de répéter à l'adresse des deux garçons, Dumbledore, Bellatrix, et même Rogue, ils ont fait en sorte que tu deviennes le maître de la mort Harry !, ils la regardèrent perplexes, Mais si, réfléchissez, ta cape d'invisibilité te vient de ton père, c'est un objet extrêmement rare et l'on n'est même pas sûrs qu'il en existe d'autres. La pierre que Bellatrix veut que tu gardes sur toi, c'est la pierre de résurrection. Rogue qui veut que tu le désarmes, et Bellatrix qui insiste dans la lettre pour que tu ne te fasses pas désarmer, je suis prête à parier que Rogue était le précédent maître de la baguette de Sureau. Mais maintenant c'est toi Harry, et si j'ai raison, tu possèdes maintenant les trois reliques de la mort, ce qui fait de toi...

- Le maître de la mort, la coupa-t-il dans un souffle.

- Exactement !, s'exclama la Gryffondor en souriant au brun qui lui sourit à son tour.

- Attendez, tout ça n'est peut-être qu'un piège, tenta Ron pour calmer ses deux amis à moitié euphoriques.

- Pourquoi est-ce que ça en serait un ?, demanda Hermione en levant les yeux au ciel.

- Peut-être parce qu'il s'agit de Rogue et Lestrange, précisa le rouquin sarcastiquement.

La fille souffla d'agacement pendant que le brun semblait réfléchir.

-Hermione, est-ce que tu penses vraiment qu'elle est de notre côté et qu'on doit faire ce qu'elle nous dit ?, demanda finalement Harry.

- J'en suis sûre et certaine Harry, affirma la jeune femme.

Le brun lui sourit.

- Alors moi aussi, dit-il, Je te fais confiance. »

Hermione était heureuse d'avoir réussi à convaincre Harry qu'ils pouvaient se fier à Bellatrix. Ron restait très réticent, mais ils se mirent quand même à préparer ensembles une stratégie d'action pour le lendemain en suivant à la lettre, ou presque, les instructions de la sorcière noire.

La Gryffondor aurait dû se montrer rassuré d'avoir des indications et de ne pas s'aventurer dans cette guerre à l'aveugle. Cependant, bien que soulagée, un poids pesait encore dans sa poitrine. Poids qui était apparu lors de la lecture du dernier paragraphe qui lui était destiné.

"Granger, ce passage n'est destiné qu'à toi. Tout d'abord je tenais à m'excuser pour ce qu'il vient de se passer. Jamais je n'aurais imaginé pouvoir me montrer aussi violente, aussi cruelle avec toi, et je suis vraiment désolée d'en être arrivée là. Je t'ai fait du mal, beaucoup de mal, et jamais je ne pourrai me pardonner de t'avoir fait ça... Alors je pense que tu es d'accord avec moi pour dire que pour ton bien, comme pour le miens, il vaut mieux qu'on arrête ici toi et moi..."

Hermione n'était bien évidemment pas d'accord avec la femme et ce passage fut particulièrement amère à lire pour elle. Ces quelques lignes avaient serré le cœur de la jeune femme et elle avait dû grandement prendre sur elle pour ne pas fondre en larmes face aux deux garçons.

--

Le jour émergea doucement et le trio d'or se décida à s'aventurer hors de la chambre de préfète. Cachés sous la cape d'invisibilité, les trois adolescents pénétrèrent dans la grande salle où tous les élèves déjeunaient dans un silence religieux. Les Carrow circulaient entre les tables, prêts à punir les adolescents à la moindre incartade. Les professeurs déjeunaient eux aussi dans le silence et Mcgonagall observait les deux mangemorts d'un mauvais œil.

Les trois Gryffondor furent scotchés devant ce spectacle, jamais Poudlard ne leur avait paru aussi morne, aussi sombre, et ils n'étaient pas au bout de leurs surprises. En effet, une jeune Poufsouffle de première année eut le malheur de chuchoter quelques mots à son camarade. Il n'en fallut pas plus aux Carrow pour décider de la punir. L'un des deux attrapa la jeune fille par le bras et la fit se lever, et l'autre n'attendit pas longtemps avant de jeter sur la gamine le sortilège du Doloris.

« Assez !, vociféra Minerva en se levant de sa chaise et en désarmant le mangemort, Ne touchez pas à cette enfant ! »

L'autre sorcier lâcha la fille et commença à attaquer Mcgonagall. Au même moment Severus entra dans la grande salle et sous la stupéfaction générale des élèves, il désarma le second Carrow et assomma les deux mangemorts. Il se tourna ensuite vers Minerva pour lui dire:

« Ils sont partis, ils seront là dans moins d'une heure. »

Une fois sa phrase dite, l'homme quitta la pièce en de grandes enjambées, faisant ainsi voleter sa cape derrière lui. Un brouhaha emplit alors la grande salle, élèves comme professeurs se demandaient ce qu'il allait se passer. Tous se turent pour prendre une grande inspiration quand le trio d'or se révéla en retirant la cape d'invisibilité. Ginny accouru pour enlacer Harry et de nombreux camarades se pressèrent autour des trois Gryffondor. Mcgonagall regarda les retrouvailles avec bienveillance avant de les interrompre pour donner quelques consignes.

« Vous l'avez sûrement compris, Voldemort et son armée seront là d'ici peu. Comme vous avez pu le remarquer durant ces deux dernières semaines, les mangemorts sont des sorciers hautement qualifiés en magie noire, qui agissent cruellement et sans aucun scrupule. C'est pourquoi tous les élèves de 1ère, 2ème, 3ème, 4ème et 5ème année ne participeront pas au combat. En ce qui concerne les élèves de 6ème et 7ème année, je vous laisse le choix.

Monsieur Weasley et mademoiselle Lovegood, allez amener tous ceux qui ne participe pas à cette guerre dans la salle sur demande s'il vous plaît.

Monsieur Thomas, monsieur Finnigan et mademoiselle Brown, allez libérer les élèves des cachots et enfermez les Carrow à la place s'il vous plaît.

Ceux qui souhaitent participer à ce combat, veuillez me suivre, nous avons une école à protéger ! »

Tous écoutèrent les instructions de Mcgonagall et Harry, Hermione, Ginny et Neville se dirigèrent vers l'extérieur du château pour venir ériger des sortilèges de protection.

« Des élèves dans les cachots ?!, s'étonna Hermione.

- Oui, tous les nés-moldus y sont enfermés depuis quinze jours, expliqua Ginny.

Harry et Hermione se regardèrent les yeux pleins d'effroi.

- Depuis que Dumbledore est mort et que vous êtes partis, le moins que l'on puisse dire c'est que ça n'a pas était tout beau tout rose ici à Poudlard, ajouta Neville, Mais je suppose que ça n'a pas dû être beaucoup plus joyeux de votre côté... Vous avez réussi à détruire le dernier horcruxe ?

- Non, répondit Harry, mais on sait ce que c'est et on ne va pas tarder à la tuer.

- La tuer ?, demanda Neville.

- C'est Nagini, le serpent de Voldemort. », expliqua le garçon.

Très vite les membres de l'Ordre arrivèrent à Poudlard. Lupin, Tonks, les Weasley, tous étaient là et se joignirent aux élèves et aux professeurs pour ériger de nombreux sortilèges de défenses autour du château. Bientôt un immense dôme transparent vint recouvrir tout le domaine de Poudlard.

« Vous pensez que ça va suffire pour les retenir ?, demanda innocemment Ginny.

- Les retenir ?, rigola Lupin, Certainement pas, mais les retarder, sans aucun doute. »

Minerva s'approcha ensuite du portail du bâtiment et du bout de sa baguette, elle déclencha le mécanisme de défense du château. Des dizaines et des dizaines de soldats en pierre et en fer sortirent des murs et s'avancèrent dans l'allée, prêt à défendre l'école des futurs assaillants.

« J'ai toujours rêver de faire ça ! », s'exclama la femme à la robe émeraude en voyant les soldats statues s'avancer dans la cours.

A Poudlard, tous étaient prêts à en découdre. Les plus jeunes étaient cachés dans la salle sur demande, alors que les autres sorciers, accompagnés des habitants de Pré-au-lard, de centaures, des fantômes de l'école et d'elfes de maison, étaient positionnés aux différentes entrées de l'école. Soudés, motivés, courageux, il étaient prêts à tout pour protéger l'école et vaincre les ténèbres.

Très vite ils purent apercevoir au loin, la gigantesque armée de Voldemort s'avancer vers le château. Une bonne centaine de mangemorts, guidée par son leader, s'approchait du pont en bois, alors que des dizaines de géants, une centaine d'acromentules et un nombre incalculable d'inféris arrivaient vers l'entrée principale.

Les mangemorts se mirent à attaquer les barrières de protections, et en quelques minutes, le dôme de protection éclata en milles morceaux. La bataille débuta alors entre les camps adversaires. Rapidement des sorciers furent tué, d'autres blessés, mais aucun n'abandonna, trop fidèles à la cause qu'ils défendaient.

Harry, Ron et Hermione se regroupèrent à l'intérieur avant de se mettre d'accord sur le fait qu'ils devaient se séparer pour trouver Nagini. La fille prit alors une direction, et le brun et le roux en prirent une autre.

Hermione observa de loin les agroupements de sorciers à la recherche du serpent, mais elle ne vit Nagini nulle part. Elle continua alors à s'aventurer dans le château quand elle tomba nez à nez avec un spectacle répugnant. Un cadavre se tenait devant elle, un cadavre qu'elle identifia comme étant celui de Lavande Brown. Sur le corps de la jeune femme décédée était penché le loup-garou et mangemort, Fenrir Greyback. Hermione ne put discerner si l'homme dévorait ou abusait du corps de Lavande, mais dans tous les cas, cette vue la dégouta profondément.

« Ne la touche pas Greyback. », ordonna-t-elle d'une voix autoritaire.

La Gryffondor lança alors un Stupéfix sur Greyback, mais le sort fut un échec. Le loup garou lâcha alors le cadavre pour s'avancer vers Hermione un grand sourire aux lèvres.

« C'est déjà la troisième fois que l'on se croise ma jolie... », dit-il en s'approchant tel un prédateur.

Il attrapa sans mal Hermione par la nuque et colla le corps de la jeune femme tout contre le sien.

« Cette fois on va pouvoir bien s'amuser tous les deux. », affirma-t-il dans un grognement animal.

Hermione commença à angoisser en se rendant compte qu'elle était totalement à la merci de l'homme-loup.

« Lâche-la immédiatement Greyback, articula une voix bien familière, Combien de fois vais-je devoir te dire que c'est MA sang de bourbe, que cette fille est à MOI ?!

- Bellatrix, je t'avais bien dit que cette fois je la garderai, répondit le loup-garou en resserrant un peu plus sa main autour de la gorge d'Hermione.

Les yeux bruns et pleins de détresse croisèrent les yeux noirs.

- Très bien, alors tu as pris ta décision... AVADA KEDAVRA ! »

Hermione eut un frisson en voyant son agresseur tomber raide mort à ses pieds, foudroyé par un éclair de magie vert.

« Est-ce que ça va ?, demanda Bellatrix en se précipitant sur Hermione.

- Oui, ça va..., chuchota la fille en se tenant le cou et en regardant avec horreur le cadavre de Lavande.

- Tu es sûre ?, insista la femme en prenant les joues de la fille entre ses mains de sorte à ce qu'elle la regarde.

Hermione plongea son regard dans celui de Bellatrix et les larmes lui montèrent. Non, bien sûr que non elle n'allait pas bien, mais ce n'était pas à cause du loup garou ou même à cause de cette guerre, alors la jeune femme n'osa le dire.

- Oui je suis sûre. », répondit elle dans un souffle.

Bellatrix lui offrit un léger sourire avant de retirer ses mains et de reculer d'un pas. Le contact de la femme sur ses joues manqua instantanément à Hermione qui dut essuyer une larme perlant sur sa joue. Les deux femmes se déplacèrent discrètement dans le château à la recherche des deux garçons.

« Hermione ! Enfin on te retrouve !, s'exclama Ron.

Les deux femmes se tournèrent pour voir arriver vers elles les deux Gryffondor.

- On a trouvé Nagini, informa Harry en dévisagea la sorcière noire.

- Et où est-elle ?, demanda alors Bellatrix.

- Elle est dans la grande salle au milieu de tous ceux qui se battent, répondit le brun, Alors si on utilise le Feudeymon, on ne tue pas seulement le serpent, on tue tout le monde...

- Il y a forcément un autre moyen, intervint Hermione.

- J'espère, parce qu'on est bien obligé d'en trouver un, ajouta la sorcière noire.

- Si seulement on avait encore l'épée de Gryffondor, se lamenta Ron.

Bellatrix écarquilla les yeux, elle venait d'avoir une idée.

- On n'a pas besoin de cette épée en particulier, on a besoin d'une épée..., dit-elle en prenant l'épée d'une armure décorative, et du venin du basilique.

- Vous pensez qu'il reste encore du venin après tout ce temps, demanda Harry septique.

- Je n'en suis pas sûre mais c'est la meilleure option que l'on a. Alors tous les trois allez discrètement surveiller Nagini pendant que je vais faire un petit tour dans la chambre des secrets.

- Vous y êtes déjà allé ?, demanda le brun.

- Non, répondit la femme, Mais je sais où se trouve l'entrée. »

Sur ces mots Bellatrix commença à monter l'escalier et les deux garçons s'apprêtèrent à partir dans la direction de la grande salle.

« Attends !, s'exclama Hermione, Je viens avec toi.

La femme se retourna et fit semblant de réfléchir.

- Comme tu voudras Granger, mais tâche de ne pas me ralentir. », répondit la sorcière noire.

Hermione sourit à la femme et se hâta de la rattraper sous le regard d'incompréhension d'Harry et les yeux jaloux de Ron.

Les deux femmes traversèrent Poudlard pour se rendre dans les toilettes des filles du deuxième étage. Avec tout le boucan qui régnait dans l'école, elle ne se rendirent même pas compte que quelqu'un les avait suivi depuis qu'elles s'étaient séparées des deux garçons.

C'est sans grand souci qu'elles pénétrèrent dans la chambre après avoir marché quelques minutes sur les ossements des anciennes victimes du serpent, et après que Bellatrix ait chuchoté quelques mots en fourchelangue afin d'actionner le mécanisme de la porte en métal.

Elles avancèrent dans la longue pièce humide faiblement éclairée d'une lumière verdâtre et repérèrent rapidement l'immense squelette, seul vestige du monstre de Salazar Serpentard après le passage d'Harry il y a cinq ans. La femme s'approcha, et d'une main ferme, elle arracha le crochet de la carcasse du basilique. Elle eut très vite la satisfaction de voir s'écouler du venin et elle le laissa perler sur la lame de l'épée.

« Tu penses que ça va marcher ?, demanda Hermione qui se tenait juste derrière elle.

- Je ne vois pas pourquoi ça ne marcherait pas, répondit Bellatrix en se relevant.

La sorcière entreprit de retourner vers la sortie mais la fille la retint par le poignet.

- Bella je suis désolée, dit-elle dans un souffle alors que ses yeux se gorgeaient de larmes, Je sais que je t'ai fait du mal et je suis tellement désolée...

Bellatrix détourna le regard, incapable de supporter l'image d'Hermione pleurant à cause d'elle.

- Ne fais pas ça... pas maintenant s'il te plaît. », chuchota la femme.

Hermione essaya de se calmer mais, complètement esclave de ses émotions, elle continua à sangloter sans pouvoir se contrôler.

« Arrête s'il te plaît, lui demanda la femme dans un murmure.

- Je...n'y...arrive...pas. », articula-t-elle difficilement de sa voix saccadée par les pleurs.

Bellatrix, ne supportant plus ce spectacle qui la déchirait, décida de faire la seule chose qui pouvait calmer la fille. Elle s'approcha d'Hermione et l'enlaça tendrement. La jeune femme ne se fit pas prier pour se coller contre le corps chaud de la sorcière. Elle laissa reposer sa tête sur l'épaule de la femme et inspira sa douce odeur ambrée qui l'apaisa instantanément. Elle perdit ses doigts dans la chevelure noire et joua distraitement avec les boucles ébènes, se délectant des tendres caresses que lui offrait Bellatrix. Hermione s'aventura à déposer un furtif baiser sur la délicate nuque blanche, électrisant ainsi tout le corps de la sorcière noire.

« Je t'aime tellement Bella..., chuchota-t-elle désespérément à l'oreille de la femme à qui elle procura de violents frissons, Je t'aime et je suis tellement désolée de t'avoir fait du mal...

- Je sais... », répondit la sorcière noire dans un souffle, incapable d'en dire plus sans fondre en larmes.

Elles restèrent enlacées encore une minute ou peut-être deux, se ressourçant du contact de l'autre, avant de se séparer et d'avancer vers la sortie de la chambre. Elles étaient sur le point de passer la porte quand un raclement de gorge résonna dans tout la pièce. Elles se retournèrent dans un sursaut et leur sang se glaça quand elles virent une silhouette bien familière se dégager de l'ombre d'un des serpents sculptés.

« Je t'avoue que je suis surpris par tes choix d'amants Bella... Une gamine sang de bourbe, sérieusement ?

- Ferme la Rodolphus, grinça Bellatrix.

Il ricana méchamment tout en s'approchant lentement d'elles.

- Tu sais ce qui m'a encore plus étonné ? C'est la petite conversation que j'ai surpris entre toi et le garçon au sujet de l'horcruxe... Alors comme ça en plus d'être une traînée tu es aussi une traitre? Je ne suis pas sûr que notre seigneur continuera à t'appeler son bras droit quand il apprendra la nouvelle..., menaça l'homme.

Un méchant sourire apparu sur le visage de la femme.

- Et comment est-ce que tu veux qu'il l'apprenne ?, demanda-t-elle d'un ton rieur.

Rodolphus fronça les sourcils.

- Il va l'apprendre parce que je vais aller lui dire, répondit-il comme si c'était une évidence.

- Parce que tu penses vraiment que tu vas pouvoir sortir de cette chambre ?, réplica-t-elle du tac au tac.

Le mangemort comprit tout à coup dans quelle position il se trouvait et son visage se décomposa.

- Non... non tu ne peux pas ! Il t'a bien dit que tu ne pouvais pas me tuer tant que la guerre n'était pas gagnée !, s'exclama-t-il en reculant.

- Mon pauvre Rodolphus, dit-elle d'un ton moqueur, Tu viens de le dire toi même, en plus d'être une traînée, je suis une traître... Alors n'imagine pas une seconde que les ordres de Voldemort vont m'empêcher de faire ce que je veux et dont je suis privée depuis de longs mois... »

Elle ne laissa pas le temps à l'homme de répliquer qu'elle le foudroya d'un éclair rouge, abattant le Doloris sur son mari qui s'écroula au sol en hurlant à plein poumon toute sa douleur. Hermione resta en retrait, elle ne se délectait pas de cette scène mais n'éprouvait cependant aucun peine pour l'homme qui le méritait amplement.

La torture dura de longues minutes, bien plus longtemps que celle d'Hermione la veille, et l'homme n'arrêta pas d'hurler et de se tordre de douleur. Quand Bellatrix retira sa baguette, Rodolphus était dans un tel état que la femme jura que si elle avait tenu le Doloris un peu plus longtemps, il en serait mort. L'envie ne manquait pas à la sorcière noire mais le temps si, alors elle décida de ne pas recommencer le sortilège de torture.

« Est-ce que tu as très mal ? », demanda-t-elle cruellement au mangemort.

Il était dans l'incapacité totale de formuler une quelconque réponse.

« Il me semble que je t'ai posé une question... Alors réponds ! », hurla-t-elle en lui mettant un coup de pied dans les côtes.

Un fort gémissement de plainte passa les lèvres de l'homme et la femme se mit à sourire.

« Je vais prendre ça pour un oui. », dit-elle d'un ton satisfait.

Elle contempla l'homme étendu à ses pieds et sa satisfaction ne dura pas longtemps. Elle se rendit douloureusement compte que peu importe le plaisir qu'elle pouvait éprouver en se vengeant de son mari, cela ne pourrait jamais effacer toute la souffrance qu'il avait causé chez elle, et qu'il continuait de lui infliger chaque jour. Une unique larme dévala la joue au teint porcelaine de Bellatrix face à ce cruel aveu.

Hermione s'approcha prudemment de la femme qui se retourna vers elle en arborant un faux sourire.

« Allez viens Granger, on a un horcruxe à détruire. », dit elle en se dirigeant vers la sortie.

Hermione la suivit sans sourciller mais lorsqu'elles passèrent la porte, elle interpella la femme:

« Tu comptes le laisser là ? Tu n'as pas peur qu'il aille prévenir Voldemort ?, demanda-t-elle en désignant Rodolphus qui tentait en vain de se redresser.

- Non je n'ai pas peur, répondit la femme, Mais tu as raison il ne faut pas lui laisser une chance de s'échapper... »

Elle prit quelques secondes pour réfléchir au sort qu'elle allait lui réserver.

« Je vais le détruire... », ajouta-t-elle les yeux brillants.

D'un ample geste de baguette, Bellatrix lâcha le monstre de feu dans la chambre des secrets. Le Feudeymon vint rapidement noyer de ses flammes l'intégralité de la pièce, emportant avec lui Rodolphus, ne laissant plus de l'homme qu'un petit tas de poussière.

Absorbée par le spectacle qu'offrait le dragon de feu, Bellatrix ne se rendit même pas compte que les larmes avaient inondé ses joues. Doucement, elle sentit la main d'Hermione venir prendre la sienne. La femme se tourna alors vers la fille qui vint tendrement essuyer du bout des doigts son visage trempé par les pleurs. Les prunelles noires plongées dans les pupilles brunes, Bellatrix ne répondait plus de rien et s'approcha du visage d'Hermione jusqu'à venir frôler ses lèvres.

« Hermione ? Tu es là ? », résonna la voix du rouquin dans tout le souterrain.

Pour Bellatrix qui était sur le point d'embrasser Hermione avec toute la passion qui l'habitait, la désagréable voix nasillarde de Ron sonna comme une douloureuse piqûre de rappel.

La sorcière noire se recula de la jeune femme et, le visage glacial, elle se remit à marcher vers la sortie.