Les mains tremblantes, Hermione s'approcha de la fenêtre pour récupérer le courrier que lui amenait l'oiseau. Elle avait hâte d'ouvrir cette lettre et pourtant son contenu l'inquiétait plus qu'elle ne l'aurait voulu. Connaissant la sorcière noire il n'y aurait pas de juste milieu. Les mots écrits dans l'élégante calligraphie noire marqueraient soit un renouveau, soit une fin tragique.
Elle défit le cachet, ouvrit l'enveloppe puis déplia lentement la lettre, redoutant par avance ce qu'elle allait découvrir. Ses sourcils se froncèrent lorsqu'elle ne vit qu'une poignée de mots couchée sur le papier.
"Tu me manques Saleté."
Rien d'autre ne figurait sur le papier, pas même une signature. Hermione ne se douta alors pas un seul instant qu'il avait fallut de longues heures à la sorcière noire pour lui écrire cette unique phrase...
Bellatrix avait passé une bonne partie de sa journée à essayer d'écrire la lettre parfaite. Celle qui refléterait tout ce qu'elle éprouvait pour Hermione. Seulement elle n'était certainement pas la plus douée quand elle devait parler de ses sentiments. Alors elle avait enchaîné les essais, écrit toujours un peu plus de mots, allant jusqu'à vider plusieurs pots d'encre pour grimer un nombre incalculable de feuilles. La sorcière noire était même allée jusqu'à écrire sur l'une des lettres les trois mots interdits, les trois mots que la fille lui avait déjà dit à de nombreuses reprises, les trois mots qui n'étaient jamais parvenus à s'extirper de sa bouche. Cependant elle s'était vite ravisée et n'avait pas tardé à froisser le morceau de papier compromettant pour l'envoyer valser à l'autre bout de la pièce. Lassée par cette écriture répétée et agacée d'elle-même, Bellatrix avait fini par écrire cette simple phrase qui n'exprimait pas le dixième de ce qu'elle aurait souhaité avouer à Hermione. Espérant secrètement que cela suffise à la fille, que cela soit suffisant à la faire revenir.
La jeune femme caressa du bout des doigts les mots inscrits à l'encre noir. Les yeux humides et un sourire aux lèvres, cette simple phrase lui suffisait. Cette lettre bien brève, trop brève, avait le mérite de s'apparenter davantage à un renouveau plutôt qu'à une fin tragique, et elle se contentait de cela. Après tout, même si elle avait rêvé d'une déclaration d'amour écrite de la main de la femme, elle n'attendait véritablement de Bellatrix qu'un simple pas vers elle, un simple signe pour lui dire que tout n'était pas fini. Alors Hermione alla ranger cette lettre avec les quelques autres que la femme lui avait envoyé au cours de l'année et qu'elle gardait précieusement, représentants un véritable trésor à ses yeux.
La Gryffondor se dirigea ensuite vers son bureau pour s'appliquer à rédiger une réponse pour la sorcière noire dont le hibou attendait encore, perché sur le rebord de la fenêtre.
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Elle était assise face à la cheminée, un verre de whisky dans une main, une feuille de papier dans l'autre. Elle lisait, ou plutôt relisait ses propres mots avant de jeter la lettre dans les flammes du foyer. Cela faisait bien une dizaine de fois qu'elle répétait ce processus, lisant les brouillons qu'elle n'avait pas voulu, ou du moins pas osé envoyer à la fille, pour finir par les condamner à une lente combustion dans le feu de cheminée.
Son élan de pyromanie visant à effacer toutes preuves de ses sentiments fut stoppé lorsque son hibou, Tenebris, se glissa par l'ouverture de la fenêtre entrouverte pour venir déposer une lettre sur ses genoux.
Avant d'oser toucher au courrier, Bellatrix prit une dernière gorgée de whisky, puisant du liquide ambré le courage nécessaire pour affronter les mots d'Hermione. Après avoir déposé le verre en cristal sur le sol, elle ouvrit l'enveloppe et déplia délicatement le papier.
"Tu me manques aussi. Je serai là demain soir."
Le message était court mais clair. La fille reviendrait demain soir et cette simple pensée arracha un sourire à la sorcière noire.
Bellatrix se leva alors et éteignit d'un coup de baguette la cheminée qui, en cette soirée de mai, n'avait servi qu'à bruler ses brouillons de lettre. Elle quitta ensuite le salon pour se diriger vers sa chambre. Elle monta les escaliers sans grande difficulté, sa jambe était encore méchamment tâchée de nombreux bleus, mais la douleur avait presque disparu. Une fois arrivée au bord de son lit, elle retira tous ses vêtements pour se glisser nue sous les draps. Lorsqu'elle fut confortablement installée, elle tâtonna le reste du lit, cherchant à mettre la main sur un objet bien particulier. Elle ne tarda pas à le trouver et à le ramener tout contre elle.
Un soupire d'aise lui échappa. Couchée dans son lit, serrant contre elle le vêtement vert, laissant le tissu caresser son visage et la douce odeur sucrée l'enivrer, Bellatrix trouva rapidement le sommeil en compagnie de la robe qu'Hermione avait porté quelques jours plus tôt.
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La journée était vite passée. Elle avait d'abord préparé ses affaires puis elle s'était joint aux autres pour préparer la cérémonie du soir même. Lorsqu'elle avait dit à Harry qu'elle partait ce soir pour le manoir Lestrange, il avait plutôt bien réagi, lui demandant seulement de faire attention à elle. Elle redoutait néanmoins que les Weasley se montrent beaucoup moins compréhensifs quant à sa relation avec la sorcière noire.
Elle comprit que ses doutes étaient bien fondés lorsqu'elle les vit arriver à Poudlard sur les coups de 20h. Les regards de Ron et de Ginny n'avaient rien d'amicaux et Molly quant à elle, semblait profondément inquiète.
« Est-ce que tu vas bien ma chérie ? On était tous très inquiets pour toi, dit-elle en serrant Hermione dans ses bras.
- Je vais bien, répondit la fille avec difficulté, à moitié étouffée par l'étreinte de la mère Weasley, Comment va Fred ?
Molly se recula un peu, gardant ses mains posées sur les joues d'Hermione. Elle examina la jeune Gryffondor sous toutes les coutures.
- Il va bien, il devrait sortir de Saint Mangouste d'ici quelques jours, répondit-elle brièvement avant d'enchaîner, Elle ne t'a rien fait ?
- Elle ne m'a rien fait du tout, voulut-elle la rassurer.
- Tu es sûre ?, insista la matriarche.
Hermione fronça les sourcils.
- Bellatrix est sûrement la dernière personne à vouloir me faire du mal, attesta-t-elle.
Molly attrapa le bras de la fille et retroussa sa manche, révélant ainsi la petite mais vilaine cicatrice que la sorcière noire avait creusé de sa dague.
- Pourtant d'après ce qu'on m'a dit c'est elle qui t'a fait ça, contra-t-elle.
Les yeux bruns d'Hermione fusillèrent Ron. Elle dégagea vivement son bras de la prise de Molly sans essayer une seconde de cacher sa contrariété.
- Je vais dans la cour, la cérémonie va bientôt commencer. », marmonna-t-elle avant de partir sans se retourner.
Ginny voulut la suivre mais Harry la retint, sachant très bien que son amie avait besoin de souffler deux minutes et non pas de supporter une nouvelle fois des critiques sur la femme qu'elle aimait.
Présidée par Mcgonagall, la cérémonie d'adieu aux morts de la bataille de Poudlard rassembla beaucoup de monde. Elèves, professeurs, familles, habitants de Pré-au-lard, sorciers de tout le Royaume Uni, la cérémonie d'hommage avait rassemblé de nombreuses personnes. Tous pleuraient les défunts de cette guerre, les victimes des ténèbres, mais tous gardaient en tête que tout cela n'avait pas été vain, qu'ils avaient gagné. La lumière avait triomphé.
Des yeux s'embrumèrent, des larmes coulèrent, plusieurs sanglots éclatèrent, tous les cœurs se serrèrent.
Cela dura deux longues heures au cours desquelles chaque disparu eut droit à quelques mots, quelques souvenirs racontés, quelques remerciements prononcés. La cérémonie se conclut par une minute de silence où les baguettes levées et étincelantes vinrent illuminer le ciel, mêlant la tristesse du deuil à la joie de la paix, la fin de l'horreur au début d'un nouvel espoir pour le Monde des sorciers.
« Je pense que l'on doit parler Hermione, l'interpella Ron alors que le rassemblement commençait à se dissiper.
- Oui on doit parler, confirma Ginny.
Elle les regarda tour à tour en se disant qu'elle n'avait clairement, ni l'envie, ni l'énergie d'avoir cette conversation maintenant.
- Je vous écoute, répondit-elle d'une voix glaciale, Mais faites vite, je n'ai pas le temps.
Le rouquin fut surpris par la froideur de la fille.
- Tu n'as pas le temps ?, interrogea-t-il.
- Non je dois y aller, expliqua-t-elle.
Ils grimacèrent et Hermione leva les yeux au ciel en voyant leurs visages. Elle allait mettre fin à cette conversation avant qu'elle ne tourne en véritable dispute.
- Aller où ?, demanda-t-il.
- Aller avec elle, siffla Ginny.
- Oui et je vais y aller tout de suite d'ailleurs, répliqua la jeune femme, Je ne pense pas que l'on soit prêts à avoir cette discussion. »
Hermione ne tarda pas à quitter Poudlard après avoir prit soin de dire au revoir à Minerva et à Harry. Le garçon la rassura en lui disant qu'il allait essayer de raisonner les Weasley et la fille l'en remercia. Elle se rendit alors compte que si quelqu'un devait lui en vouloir de sa relation avec Bellatrix, c'était bien Harry. Pourtant il semblait être l'un des seuls à la soutenir et rien que pour cela, elle était vraiment reconnaissante de l'avoir comme meilleur ami.
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Elle triturait la nappe, trafiquait les couverts. Ses yeux ne cessaient de faire des allers-retours en direction de l'horloge. Elle était attablée depuis deux longues heures, attendant impatiemment que la fille pointe le bout de son nez. 22h30 sonnait lorsqu'elle se décida à quitter la table pour rejoindre le salon, se servant un verre de whisky en chemin.
Bellatrix s'était fait belle en prévision du retour d'Hermione. Après plusieurs jours de débauche, elle avait passé la moitié de l'après-midi dans la salle de bain à se préparer, pendant que les elfes s'attelaient à confectionner un dîner d'exception. La femme avait ensuite tourné et viré dans le manoir dès le coucher du soleil, trépignant d'impatience à l'idée de la retrouver. Seulement tout était prêt depuis longtemps et toujours aucune trace d'Hermione.
Buvant son verre d'une traite, la sorcière commença à désespérer de voir un jour la fille arriver.
Avait-elle changé d'avis ?
Était-elle simplement en retard ?
Lui était-il arrivé quelque chose ?
Bellatrix penchait plus pour la première solution et à cette pensée, elle se laissa lourdement tomber sur le canapé, portant le goulot de la bouteille directement à sa bouche.
L'alcool descendait lentement le long de sa gorge quand elle entendit trois bruits distincts. Trois coups. Elle prit quelques instants à réaliser que quelqu'un toquait à la porte, mais lorsqu'elle le comprit, elle ne perdit pas une seconde à se ruer jusqu'au hall d'entrée. Elle prit une grande inspiration et appuya sur la poignée.
« Désolée si j'arrive tard c'est parce que... »
Hermione ne put dire un mot de plus. Les lèvres sanguines vinrent se plaquer sur les siennes avec besoin. Les fines mains blanches se mélangèrent à sa chevelure châtain alors que le corps bouillant de la femme se collait au sien.
D'abord surprise, la fille ne répondit pas immédiatement au baiser, mais bien vite elle fut à son tour plongée dans toute la passion de l'étreinte. Elle dû alors se résoudre à lâcher la lanière de son sac de voyage pour venir agripper à la place les hanches de la femme. Les effluves de whisky dansant dans la bouche de Bellatrix ne lui échappèrent pas mais elle décida bien vite de les ignorer, fondant complètement dans ce baiser ardent.
La sorcière noire, à bout de souffle, brisa le baiser pour venir loger son visage dans la nuque de la fille. Les mains d'Hermione quittèrent bien vite les hanches saillantes de Bellatrix pour venir caresser son dos. Son ventre se réchauffa quand, sous ses doigts, elle sentit la peau de la femme, laissant deviner le dos nu plongeant de sa robe.
Un soupire roque sortit des lèvres rouges sang lorsqu'elle sentit les mains de la jeune femme rouler le long de sa colonne vertébrale pour finir par venir se poser en bas de ses reins.
Hermione finit par se reculer, brisant ainsi l'étreinte pour pouvoir admirer l'aînée des Black.
Des escarpins rouges sang accentuaient le galbe naturel de sa silhouette. Ses fines jambes blanches dont l'une était révélée par la fente de sa longue robe en satin rouge très foncé. Le tissu souple offrait un léger décolleté alors que les fines bretelles laissaient ses épaules dégagées où retombait en de somptueuse boucles sa sauvage chevelure ébène. Son visage n'était que légèrement maquillé, son éternel rouge à lèvre couleur sang suffisant à relever son teint porcelaine.
Bellatrix mordait sa lèvre inférieure et transcendait la jeune femme de ses yeux noirs et pétillants.
Hermione le jura, elle ne l'avait jamais vu aussi belle.
« Tu es magnifique. », parvint-elle finalement à articuler.
Elle était parfaitement subjuguée par la femme qui se tenait devant elle et il fallait avouer que cette dernière n'en menait pas large non plus.
Les prunelles noires et étincelantes scrutèrent la jeune femme de haut en bas. Hermione, simplement vêtue d'un jeans et d'un sweat gris, était tout à fait au goût de la sorcière noire. La femme était complètement charmée par son visage d'ange et sa silhouette gracieuse.
« Tu es encore plus belle. », affirma la sorcière.
Hermione observa Bellatrix s'approcher et lorsqu'elle sentit son souffle fouetter gentiment son visage, elle ferma les yeux. L'intense parfum ambré de la femme vint incendier tout son corps et lorsqu'elle sentit un baiser humide se poser sur sa joue, sa respiration se coupa.
Le parfum s'estompa, le souffle s'éloigna et très vite, des bruits de talons frappant le sol de marbre se firent entendre. Alors Hermione ouvrit les yeux pour assister à un nouveau spectacle qui lui tordit un peu plus le ventre.
De sa démarche féline, mouvant ses hanches pas après pas, la femme se dirigeait vers la salle à manger. Les yeux bruns se perdirent dans l'indécent dos nu qui semblait sans fin.
N'entendant pas la fille la suivre, Bellatrix s'arrêta et tourna la tête. Elle vit alors que les yeux d'Hermione s'étaient égarés dans son dos et un sourire se dessina sur ses lèvres. Elle avait bien choisi sa robe.
« Tu viens manger Saleté ? », articula-t-elle, faisant presque sursauter la jeune femme perdue dans sa contemplation.
Hermione hocha vivement la tête, attrapa son sac, ferma la porte du manoir derrière elle et suivit la maitresse de maison, veillant à garder ses esprits face à ce dos nu qui lui faisait un effet monstre.
Elle s'attablèrent et dégustèrent un à un les succulents mets cuisinés par les elfes de maison. La discussion était fluide et tournait principalement autour de ce qu'avait fait Hermione à Poudlard durant la semaine passée. Lorsqu'elles eurent fini de parler de sujets légers, la jeune femme décida de se lancer sur quelque chose qui la tracassait depuis son arrivée.
« Qu'est-ce que je fais ici ?, demanda-t-elle simplement, brisant ainsi le confortable silence qui s'était installé depuis quelques minutes.
- Pardon ?, répondit Bellatrix en fronçant les sourcils alors que ses yeux étaient occupés à regarder son assiette.
- Qu'est-ce que je fais ici ?, répéta Hermione.
- Tu es entrain de manger un repas succulent en bonne compagnie, plaisanta la femme.
- Non Bella...je veux dire, pourquoi tu m'as envoyé cette lettre ?, interrogea-t-elle.
Les yeux noirs se levèrent pour venir croiser les bruns. Le silence plana de nouveau dans la salle à manger du manoir Lestrange.
- Parce que tu me manquais, répondit-elle à demi-mots.
- Mais tu m'en veux encore ?, demanda-t-elle avant de se corriger aussitôt, Non tu ne m'en veux pas, mais tu n'as toujours pas confiance en moi ? Pas comme avant ?
- Non c'est vrai, je n'ai pas totalement confiance en toi, admit la femme.
- Alors pourquoi est-ce que l'on parle comme si de rien n'était ? Pourquoi est-ce que tu m'appelles Saleté et tu ne me reprends plus quand je t'appelle Bella ? Pourquoi est-ce que tu fais comme si tout allait bien ?, questionna la Gryffondor, avide de réponses.
Le regard noir vaqua à travers la pièce pendant que la sorcière réfléchissait à la réponse qu'elle allait donner à la fille.
- Parce que j'ai envie que tout aille bien, avoua-t-elle finalement, se laissant aller à l'honnêteté pure et dure, J'ai envie de nous donner une seconde chance, j'ai envie d'apprendre à te refaire confiance. J'ai envie d'être avec toi Hermione, tout simplement. »
Un grand sourire aux lèvres, la fille se leva pour venir rejoindre la femme à l'autre bout de la table. Les yeux noirs la suivirent, la fixant intensément. Sans rien dire, Hermione passa une jambe de part et d'autre de celles de Bellatrix pour venir s'assoir sur ses cuisses. Les mains de la femme se posèrent directement sur la taille de la fille alors que la Gryffondor plongea son visage dans la nuque de la Serpentard. Elle vint parsemer sa peau de baisers jusqu'à atteindre son oreille.
« Je t'aime tellement. », lui souffla-t-elle.
Elle la sentit frissonner, alors elle recula son visage pour pouvoir l'observer, et un sourire en coin s'invita sur sa bouche lorsqu'elle vit que les pupilles de la femme s'étaient largement dilatées, rendant le regard noir encore un peu plus intense.
Bellatrix remarqua ce petit sourire et s'empressa de l'anéantir. Les fines mains blanches quittèrent la taille de la jeune femme pour venir agripper l'arrière de sa tête. Elle n'eut pas besoin d'exercer une grande pression pour attirer les lèvres d'Hermione vers les siennes. Les bouches se mélangèrent dans un baiser bouillant pendant que les mains de l'une se baladaient sur le corps de l'autre.
Très vite, elles se retrouvèrent dans les escaliers, Hermione entreprenant leur ascension tout en portant une Bellatrix trop occupée à marquer son cou sous ses baisers pour être capable de marcher. La jeune femme monta lentement une marche après l'autre, se délectant de la douce torture que lui infligeait la femme dont les jambes étaient fermement enroulées autour de sa taille. Etant venue à bout des escaliers, Hermione finit par la déposer assise au pied du lit.
En proie au désir, Bellatrix la regarda de haut en bas tout en mordillant sa lèvre inférieure. D'un simple regard, la sorcière noire ne fit qu'une bouchée d'Hermione qui eut l'impression de s'être faite dévorée par les deux prunelles acérées. La femme voulait aussi se sentir dévorée par la Gryffondor, alors elle se leva lentement puis se retourna pour lui faire dos.
« Déshabille-moi. », demanda-t-elle d'un ton autoritaire, s'interdisant de supplier.
La voix roque fit trembler Hermione qui avait de plus en plus de mal à retenir son excitement.
Du bout des doigts, elle vint délicatement effleurer le dos de la femme. Partant du bas de ses reins pour remonter avec une lenteur extrême jusqu'en haut de sa nuque. Elle congédia la cascade de boucles noires vers l'avant, voulant toujours plus du dos nu de la femme. Elle s'approcha alors et déposa un premier baiser au creux de sa nuque.
Le corps de Bellatrix s'électrisa peu à peu quand elle sentit Hermione l'effleurer du bout des lèvres. Baiser après baiser, elle sentait son dos se couvrir de frissons alors que son bas ventre s'échauffait toujours un peu plus. Les mains d'Hermione poussèrent les bretelles de sa robe et le bout de tissu rouge sang glissa le long de son corps pour venir s'écrouler au sol. Elle sentit ensuite le corps de la fille se coller derrière le sien qui n'était plus recouvert que par une fine culotte en dentelle noire.
Ses doigts s'aventurèrent sur le ventre de la femme et sous son toucher, Hermione sentit les muscles se contracter un à un. Alors qu'elle remontait doucement le long de ses flancs, les mains de Bellatrix vinrent se poser sur les siennes. La sorcière lia ses doigts aux siens et attira les mains d'Hermione jusqu'à ses seins. La Gryffondor ne perdit pas de temps et commença à malaxer la poitrine de la femme, se délectant du gémissement qu'elle lui arracha.
Bellatrix tourna sa tête sur le côté pour pouvoir regarder Hermione. En constatant que les yeux bruns mourraient de désir, la sorcière noire ne put faire autrement que de se retourner pour l'embrasser avec passion, reprenant aussitôt les commandes. Sous ses mains habiles le sweat gris et le jean furent vites envoyés dans un coin de la chambre et ce fut une Hermione en fins sous-vêtements noirs qu'elle poussa sur son lit.
Allongée sur les draps en soie, Hermione ne tarda pas à être rejoint par une Bellatrix en petite culotte et en talons hauts qui la chevaucha sauvagement. D'un geste rapide, son soutien-gorge partit rejoindre le reste des vêtements qui jonchaient le sol. Plusieurs gémissements lui échappèrent alors que la femme s'évertuait à parsemer son buste de baisers toujours plus langoureux. Hermione entreprit de poser ses mains dans le dos de Bellatrix, mais cette dernière fut plus rapide et les intercepta.
La Serpentard déposa un baiser sur les doigts d'Hermione, puis un deuxième sur la paume de sa main, puis un autre sur le poignet, puis encore un autre dans le creux de son coude et cela jusqu'au sommet de son épaule. Lorsqu'elle eut couvert le bras droit de baisers elle s'attela à faire de même au gauche. Un baiser sur les doigts, un deuxième sur la paume de sa main, puis un autre sur le poignet, puis... plus rien. Elle s'arrêta, paralysée par la vision d'horreur qui emplissait son esprit.
Malgré ses yeux fermés, la jeune femme avait très bien senti sa compagne se tendre au dessus d'elle.
« Qu'est-ce qu'il y a ?, demanda-t-elle en se redressant, inquiète du visage décomposé qu'affichait Bellatrix.
Elle resta silencieuse, le regard vide avant de finalement revenir à elle sans toutefois oser regarder Hermione.
- Je n'en ai plus envie, répondit-elle d'un ton neutre, Je suis fatiguée et je préfèrerais que l'on dorme.
Le ventre d'Hermione se tordit de frustration mais elle n'en montra rien et afficha à la place un sourire qui se voulait rassurant.
- Dormons alors. »
Bellatrix acquiesça d'un signe de tête et se releva. La jeune femme l'observa marcher jusqu'à un coin de la pièce pour revenir avec son sweat gris.
« Tiens, remets ça. », lui demanda-t-elle avant de s'échapper dans la salle de bain.
Hermione fronça les sourcils d'incompréhension mais ne préféra rien dire. Elle enfila son sweat gris et s'enroula dans les draps en soie noire en attendant que la femme la rejoigne.
Dans la salle de bain, Bellatrix se passa à plusieurs reprises de l'eau fraîche sur le visage, détestant à chaque fois un peu plus voir son reflet dans le miroir. Lorsqu'elle fut calmée, elle repartit en direction du lit et se glissa sous les draps, ne tardant pas à sentir un corps encore bouillant se couler à son dos.
« Tu es sûre que ça va ?, demanda Hermione d'une voix douce.
- Oui je suis juste fatiguée. », mentit-elle.
Une fine main blanche ne tarda pas à venir saisir celle d'Hermione. Bellatrix apporta la main jusque sous sa joue, appréciant le réconfort de l'étreinte de la fille.
« Bonne nuit, chuchota la Gryffondor déjà à moitié endormie, la tête enfouie dans la chevelure corbeau.
- Bonne nuit Saleté. », répondit la femme dans un murmure.
Une larme perla des yeux noirs. Une larme causée par la vue de la cicatrice sur l'avant bras de la fille. Une larme de culpabilité.
--
Elle ne put définir à quoi elle devait son réveil. Était-ce à cause des rayons du soleil levant ? Ou bien était-ce le bruit du plancher craquant sous les pas d'Hermione ? Elle ne savait pas exactement, et s'en moquait bien d'ailleurs.
Bellatrix s'étira dans son lit, bailla bruyamment et papillonna des paupières pour s'habituer à la lumière du jour.
« Bien dormi ?, demanda la jeune femme.
- Très bien, répondit-elle de sa voix encore endormie, Je dors toujours bien dans tes bras. », rajouta-elle sans réfléchir.
La sorcière noire put deviner sans même le voir le sourire qui s'était dessiné sur les lèvres d'Hermione.
Elle se tourna, se retourna dans les draps, mais finit par se redresser en entendant que la fille faisait du bruit en trafiquant quelque chose.
« Qu'est-ce que tu fais ?, demanda la femme en fronçant les sourcils.
Hermione pointa du doigt la petite malle en cuir rouge et au lettrage d'or.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Ça Saleté, c'est peut-être ce qui va m'éviter Azkaban, dit-elle en se levant.
- Quoi ?!, réagit la fille perplexe.
Bellatrix la rejoignit, ouvrit la mallette et en sortit l'une des fioles.
- Là dedans vois-tu, se trouve un souvenir de notre bon vieux Albus Dumbledore, expliqua-t-elle, Un souvenir me concernant et toutes ces fioles en contiennent d'autres.
Hermione écarquilla les yeux.
- Comment est-ce que tu as eu ça ?!
- Fumseck me l'a apporté samedi matin, il y avait une lettre d'Albus avec, informa la sorcière, Il pense que ses souvenirs pourraient m'innocenter.
Les yeux bruns étaient maintenant pétillants.
- Mais c'est génial !, s'exclama-t-elle en sautant dans les bras de Bellatrix.
La femme rigola de son enthousiasme.
- Si il a raison et que ça fonctionne, alors oui ce serait génial, confirma-t-elle.
- Dumbledore a toujours raison, plaisanta la Gryffondor.
- Je n'irai pas jusque là...
- Non c'est vrai, mais je suis sûre qu'il a raison pour ça, insista la fille sans perdre de sa positivité.
- Je l'espère, soupira Bellatrix.
- Tu n'y crois pas vraiment ?, s'inquiéta Hermione.
- Je n'ai pas envie de trop m'emballer, mais oui j'y crois. J'y crois suffisamment pour me rendre au procès. J'y crois tellement que c'est l'euphorie de recevoir cette malle qui m'a fait t'écrire, avoua-t-elle.
La fille haussa les sourcils.
- Alors si je comprends bien je dois remercier Dumbledore parce que sans lui tu ne m'aurais pas écrit, fit-elle remarquer.
- C'est ça. », taquina la femme.
Hermione fit semblant d'être vexée et partit s'asseoir sur le lit, les bras croisés et la mine boudeuse.
« C'est bon Saleté je rigolais, bien sûr que j'aurais fini par t'écrire...»
Elle reçut un oreiller en pleine face et entendit Hermione exploser de rire.
« En fait je retire ce que j'ai dit... »
Elle reçut un second oreiller qu'elle parvint à éviter de justesse.
« Alors là tu vas me le payer très cher Granger. »
Hermione rigola de plus belle. Bellatrix lui lança un coussin en plein visage, engendrant ainsi une véritable bataille d'oreillers.
Les plumes volèrent, les rires fusèrent, quelques baisers s'échangèrent. La scène était légère et remplie d'amour, à l'image des deux jours suivants.
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Elle était assise, menottée sur une chaise peinte en noir au centre de la pièce. Cela faisait huit longues heures qu'elle n'avait pas bougé, écoutant différents jurés débattre de son cas. Tantôt lasse, tantôt agacée, elle commençait presque à regretter de ne pas s'être enfuie.
Si les fioles de Dumbledore semblaient avoir convaincu la grande majorité, la juge, une certaine madame Thatcher, luttait encore bec et ongles pour l'enfermer à Azkaban.
La pièce était protégée des sortilèges, sinon Bellatrix jura qu'elle aurait pu assassiner cette vieille blonde aigrie d'un simple regard tant sa magie bouillonnait dans ses entrailles.
Le verdict allait bientôt tomber.
La sueur goûtait sur son front rien qu'à l'idée de retourner à Azkaban.
La respiration erratique, le teint livide, les jambes tremblantes, Bellatrix n'avait pas fière allure.
Le ministre de la magie, Kingsley Shacklebolt, présidait l'audience. Lorsqu'il s'avança pour donner le verdict, Bellatrix ne tenait plus en place, elle tourna alors la tête à la recherche d'un réconfort.
Les yeux noirs se plongèrent dans les bruns. Hermione lui offrit un sourire rassurant, rempli d'optimisme.
Elle entendit ensuite la voix du ministre mais fut incapable de comprendre ses mots. Tout ce qu'elle vit fut le visage de la fille s'illuminer, alors, elle comprit. Une larme perla sur sa joue.
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Elle n'en revenait toujours pas. Elle était bien là, installée sur un canapé de son manoir, un verre à la main, l'autre plongée dans la chevelure d'Hermione dont la tête reposait sur ses genoux. Et elle se sentait affreusement mal pour cela. Elle se sentait injustement coupable, pensant foncièrement ne pas mériter la liberté, la souhaitant pourtant plus que tout.
« Je n'arrive toujours pas à y croire. », répéta-t-elle pour la énième fois de la soirée.
« Je ne comprends pas ce que je fais en liberté. Je ne mérite pas d'être en liberté.», ajouta-t-elle en prenant une gorgée de whisky.
Hermione soupira, se redressa, retira le verre de la main de Bellatrix pour le poser sur la table. Enfin, elle prit le visage de la femme en coupe et aligna ses yeux aux siens.
« Maintenant écoute moi bien, commença-t-elle, Tu es en liberté parce que tu as amené des preuves convaincantes, parce que tu as déjà sacrifié toute ta vie à aider Dumbledore et l'Ordre et parce que surtout, tu le mérites. Alors tu vas arrêter tout de suite de te sentir coupable et tu vas profiter de ta liberté. Tout va bien, enfin, alors ce n'est certainement pas le moment de te laisser aller à la culpabilité.
Elle prit en compte les mots d'Hermione, mais Bellatrix était quelqu'un de bornée.
- Tout ne va pas bien, on ne sait même pas si Narcissa et Draco vont être déclarés innocents, continua la sorcière noire.
Hermione leva les yeux au ciel.
- Bien sûr qu'ils vont être jugés innocents, souffla la fille.
- Tu n'en sais rien, l'audience a lieu demain après-midi, rétorqua la femme.
- Le procès a peut-être lieu demain mais ils seront déclarés innocents, parce qu'ils sont innocents, déclara la Gryffondor.
- J'espère que tu as raison, soupira Bellatrix en se penchant pour attraper son verre.
Hermione lui reprit directement pour le reposer sur la table.
- Bien sûr que j'ai raison, alors en attendant demain arrête de te lamenter, arrête avec le whisky et embrasse-moi à la place. »
Bellatrix leva les yeux au ciel mais écouta Hermione. Elle abandonna un instant ses idées négatives pour s'abandonner à la fille.
Le baiser fut d'abord doux et tendre mais bien vite il devint fougueux et ardent. Les corps encore habillés se mouvaient sur le canapé en velours noir, les mains s'entrelaçaient, les bouches ne se lâchaient pas.
Seulement lorsque la jeune femme retira son pull, la sorcière noire se bloqua à nouveau, et cela n'échappa pas au regard brun d'Hermione.
Elle remit son pull et prit tendrement les mains de Bellatrix dans les siennes, cherchant désespérément à établir un contact avec les prunelles noires et fuyantes.
« S'il te plaît dis moi ce qui ne va pas, supplia-t-elle presque.
- Tout va bien, répondit aussitôt la femme.
- Non ce n'est pas vrai, contra la fille, Tout va bien jusqu'à ce que tu te bloques tout d'un coup.
- Je ne me bloque pas, nia-t-elle en bloc.
- Si, tu te bloques, insista la Gryffondor, Et je sais pourquoi, tu n'as pas confiance en moi. Pourtant je vois bien que tu essaies, mais tu n'y arrives pas, tu es bloquée, continua-t-elle la voix tremblante, Et c'est de ma faute alors je suis vraiment désolée pour ça.
Bellatrix vint essuyer du bout des doigts les débuts de larmes qui s'écoulaient des yeux bruns.
- Qu'est-ce que tu peux être idiote, soupira-t-elle, Ce n'est pas de ta faute, c'est de la mienne. C'est ce que je t'ai fait qui me bloque.
Hermione fronça les sourcils.
- Mais tu ne m'as rien fait, dit-elle sans comprendre.
- Retrousse ta manche. La gauche, précisa la femme.
La fille obéit et ce fut seulement lorsqu'elle vit le regard que portait Bellatrix sur sa cicatrice qu'elle comprit de quoi il était question.
- Ne me dis pas que c'est à cause de ça que tu ne supportes plus de me voir déshabillée ?, rigola-t-elle à moitié, Et c'est moi que tu traites d'idiote ?! »
La sorcière lui lança un regard noir et se leva pour récupérer son verre et le boire d'une traite.
Hermione, comprenant que cela n'avait rien d'une plaisanterie, se leva pour l'étreindre de ses bras. Bellatrix se laissa aller contre le corps de la fille.
« Je m'en veux tellement de t'avoir fait ça, souffla-t-elle.
Les doigts de la Gryffondor caressèrent gentiment les boucles ébènes.
- Moi je ne t'en veux pas du tout, affirma la fille.
- Tu es bien trop indulgente avec moi Granger.
- Tu es bien trop rancunière envers toi-même, alors il faut bien compenser, plaisanta la jeune femme.
- Je ne rigole pas Granger, appuya la sorcière, Je t'ai torturé, je t'ai laissé une marque à vie...
- Tu faisais une crise Bellatrix, la coupa Hermione, Et puis je ne suis pas traumatisée, en plus je ne remarque même pas cette cicatrice.
- Je ne sais pas comment tu fais, se lamenta la femme, Dès que je la vois je revis la scène. Je me vois te faire du mal et ça m'est insupportable. Je m'en veux tellement, répéta-t-elle.
- Arrête de t'en vouloir pour des choses aussi ridicules et viens plutôt te coucher, proposa la fille, J'ai l'impression que le whisky n'aide pas à diminuer ta culpabilité. »
Bellatrix se contenta d'acquiescer et suivit Hermione jusqu'à la chambre. Une fois couchées dans les bras l'une de l'autre, les deux femmes ne luttèrent pas longtemps contre le sommeil. Bien que victorieuse, la journée d'audience n'avait pas été de tout repos et elles tombèrent sans grand mal dans les bras de Morphée.
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Elle se réveilla tard le lendemain matin. Le sommeil l'avait porté longtemps, l'aidant à se remettre du trop plein d'alcool et d'émotions de la veille. Lorsqu'elle ouvrit enfin les paupières elle vit que le lit était vide, elle plissa alors les yeux pour étudier le reste de la pièce, pas la moindre trace d'Hermione dans la chambre.
Elle eut alors un mauvais pressentiment.
Bellatrix se leva en trombe et dévala les escaliers à la hâte. Elle lâcha un lourd soupire de soulagement en la trouvant assise dans la cuisine.
« Tu m'as fait peur Saleté ! », souffla-t-elle.
Hermione se retourna et rien qu'à l'expression de son visage, la sorcière comprit que quelque chose clochait.
« Qu'est-ce qu'il y a ?, demanda la sorcière noire sans totalement parvenir à masquer son inquiétude.
- J'ai quelque chose à te dire... »
