« J'ai quelque chose à te dire...
- Quoi ?, demanda Bellatrix sans parvenir à cacher son angoisse croissante.
- Lis ça. », répondit la Gryffondor en lui tendant le journal qu'elle tenait dans les mains.
La femme à la chevelure corbeau n'attendit pas une seconde pour se saisir de la Gazette. Les yeux noirs décryptèrent chaque mot, chaque image, chaque information figurant sur la première page du journal. Lorsqu'elle eut fini de lire, elle laissa tomber la Gazette sur la table et soupira de soulagement.
« Ne me fais plus jamais un coup comme ça Granger, prévint-elle, J'ai cru que tu avais quelque chose de grave à m'annoncer.
Hermione fronça les sourcils.
- Parce que tu ne trouves pas ça grave toi ?
- Si, admit la femme, Mais pas aussi grave que ce que j'avais imaginé.
- Et qu'est-ce que tu avais imaginé ?, questionna la fille.
- Quelque chose de très grave, répondit vaguement la sorcière noire avant de se pencher pour l'embrasser.
- Tu as bien dormi ?, demanda la Gryffondor lorsque les lèvres de la Serpentard quittèrent les siennes.
- Très bien...
- Je dors toujours très bien quand je suis dans tes bras. », compléta Hermione d'un ton taquin.
Bellatrix prit une expression faussement énervée et ébouriffa d'une main énergique l'épaisse tignasse châtain. La femme s'attabla ensuite et se servit une tasse de café noir. Elle remarqua bien vite que la fille la fixait, en pleine réflexion.
« Qu'est-ce qui te préoccupe Saleté ?, articula-t-elle entre deux gorgées de café.
- L'audience débute dans trois heures, informa simplement Hermione.
- Et ?, continua Bellatrix en arquant un sourcil.
- Et je voulais savoir si tu es toujours sûre de ne pas vouloir y aller...
- Je suis sûre, la coupa la sorcière.
- Je peux t'accompagner si tu veux, proposa la Gryffondor.
- Non, je ne veux pas y aller, déclara-t-elle d'un ton ferme.
- Je suis sûre que ta sœur aimerait que tu sois là, insista la jeune femme.
- Je suis sûre que ma sœur n'aimerait pas me voir faire une crise en plein Ministère, rétorqua-t-elle aussitôt, Parce que je suis loin de me faire confiance quand il s'agit de me contrôler face à Thatcher. »
Hermione n'insista pas d'avantage. La sorcière noire avait raison, il ne valait mieux pas tenter le diable. Bellatrix avait déjà réussi à garder son calme la veille alors faire le même effort aujourd'hui était sans doute trop lui demander.
--
Un fracas. Des éclats de verre s'éparpillant au sol. Un liquide ambré pénétrant dans les rainures du plancher.
Après avoir passé son après-midi collée à la radio, trépignante d'impatience à l'idée d'entendre le verdict, il venait de tomber. Alors sous l'euphorie des mots prononcés par le journaliste, elle avait bondi de son fauteuil, lâchant son verre de whisky à la volée.
Elle se sentait légère, comme si le dernier poids qu'elle portait sur ses épaules venait de s'envoler.
Le règne des ténèbres était terminé. Elle n'était plus liée à Voldemort, elle ne portait même plus la marque.
La guerre était terminée. Elle s'en était sortie indemne et avait même évité Azkaban.
Sa relation avec Hermione, elle, n'était pas terminée. Elle se reconstruisait petit à petit, allant un peu mieux chaque jour.
Et voilà maintenant que sa petite sœur et son neveu étaient également tirés d'affaires.
Bellatrix jura qu'elle n'avait jamais eu autant de raisons d'être heureuse.
« Saleté ? », appela-t-elle en quittant le salon.
Elle entra dans la cuisine, cherchant Hermione qu'elle n'avait quasiment pas vu de la journée.
« Granger ? », dit-elle en montant les escaliers.
Elle alla jusqu'à sa chambre, mais elle n'y trouva pas la Gryffondor. Alors elle se rappela de la pièce du manoir la plus susceptible d'abriter la fille.
« Hermione ? », l'apostropha-t-elle en poussant la porte de la bibliothèque.
Aucune réponse ne se fit entendre, alors la sorcière s'aventura dans la pièce, avançant parmi les rangées de livres jusqu'à s'arrêter lorsqu'une silhouette allongée au sol apparut dans son champ de vision.
Hermione se trouvait là. Profondément endormie, une main reposant sur un livre ouvert, le corps entouré de piles d'ouvrages. Son visage était paisible et un léger ronflement, tout juste audible, sortait de sa bouche, troublant avec douceur l'habituel silence de la bibliothèque.
Un sourire se dessina sur les lèvres rouges sanguines. Bellatrix était complètement charmée par l'image de la jeune femme endormie au milieu de dizaines de bouquins. La trouvant tout bonnement adorable, elle se pencha jusqu'à poser sa main pour caresser avec tendresse la joue tiède d'Hermione. Les orbes noirs se mirent à pétiller lorsqu'ils virent un léger sourire étirer les lèvres roses à ce contact.
Elle se perdit quelques minutes dans sa contemplation avant que son attention ne soit finalement reportée sur le livre ouvert. Curieuse de savoir ce que la fille pouvait bien lire, Bellatrix entreprit de déplacer la main qui recouvrait l'une des pages. Cependant elle s'arrêta avant de la toucher, tétanisée par la simple vision que lui offrait la manche retroussée d'Hermione.
Il lui suffisait de voir cette cicatrice pour être à nouveau plongée dans cette horrible journée. Journée où la fille lui avait brisé le cœur, journée où avait eu lieu cette violente scène. Cette scène de crise, cette tragique scène qui ne remuait pas grand-chose d'agréable, cette scène pour laquelle elle s'en voulait énormément.
Voulant affronter cette petite trace rougeâtre et boursoufflée qui marquait la peau d'Hermione, la femme approcha son index de la cicatrice. La pulpe de son doigt rentra en contact avec la peau meurtrie, et à sa grande surprise, rien ne se passa. Elle qui s'attendait à voir défiler dans son esprit de violents flash de la torture d'Hermione, voilà maintenant qu'elle avait l'espoir de parvenir un jour à faire abstraction de cette vilaine petite cicatrice.
Finissant par délaisser la marque des yeux, elle dégagea délicatement la main d'Hermione du livre avant de s'en saisir.
Bellatrix posa alors un regard attendri sur la jeune femme, comprenant par la lecture du mot "Oubliettes" ce qu'elle avait passé la journée à chercher.
Elle referma le livre et passa tendrement sa main dans les cheveux châtain, se relevant ensuite pour faire léviter la fille endormie du bout de sa baguette.
Arrivée dans la chambre, elle la coucha avec délicatesse sur le lit, prenant les draps pour bien la recouvrir et déposant un doux baiser au sommet de son front avant de quitter la pièce, un objectif bien ancré en tête.
--
Elle fut réveillée en sursaut par du mouvement dans le lit. Après s'être redressée et avoir reconnu la fauteuse de trouble, Hermione se laissa lourdement retomber sur le matelas.
« Il est quelle heure ?, baragouina-t-elle encore à moitié endormie.
- Quatre ou cinq heures je crois, répondit Bellatrix en enfonçant sa tête dans l'oreiller, morte de fatigue.
- Qu'est-ce que tu faisais debout si tard ?, demanda la fille.
- Je fêtais le verdict, mentit la sorcière.
Hermione se redressa à nouveau et, malgré sa mine fatiguée, un immense sourire vint éclairer son visage.
- Je t'avais bien dit qu'ils allaient être déclarés innocents, fit-elle d'un air malin.
Bellatrix roula des yeux en rigolant.
- Taisez-vous Miss-je-sais-tout et venez plutôt m'embrasser. », dit-elle en attirant Hermione par la nuque.
A peine le baiser rompu que les deux femmes sombrèrent dans un doux sommeil, enlacées dans les bras l'une de l'autre.
--
Le lendemain matin, Hermione fut la première à ouvrir les yeux. Elle ne se leva pas immédiatement, préférant profiter encore quelques instants de la douce tiédeur des draps et de l'exquise odeur ambrée dans laquelle la plongeait la chevelure ébène.
Lorsqu'elle fut finalement décidée à sa glisser hors du lit, la jeune femme ne perdit pas de temps et se dirigea directement vers la bibliothèque. Les choses s'étant apaisées avec Bellatrix, Hermione ne pensait plus qu'à une chose: rendre la mémoire à ses parents.
Elle avait donc passé la journée d'hier à parcourir différents livres de la bibliothèque du manoir sans trouver quoi que ce soit d'intéressant. Elle comptait bien recommencer aujourd'hui, et les jours suivants, jusqu'à trouver une solution.
Elle savait qu'il existait un sortilège annulant la perte de mémoire, seulement il fonctionnait rarement, en particulier sur les moldus. Pourtant, la Gryffondor ne perdait pas espoir, persuadée qu'il devait exister un autre moyen plus fiable, un moyen qui ne demandait qu'à être trouvé.
Elle en eut la confirmation lorsqu'elle trouva posé à l'entrée de la bibliothèque un petit livre usé qu'elle n'avait encore jamais vu. Sur la couverture en tissu vert était cousu avec du fil d'or "Potions anciennes et expérimentales". Curieuse, elle l'ouvrit à la page cornée et découvrit alors la recette d'une potion dont elle n'avait jamais entendu parler mais dont le nom "Memoriam Redire" trahissait les effets. En haut de la page, quelques mots étaient annotés dans une élégante calligraphie noire: "J'ai déjà envoyé un hibou à Poudlard pour demander à Severus de préparer deux potions."
Folle de joie, ce fut une Hermione toute guillerette qui monta les escaliers pour retourner dans la chambre.
Elle fut étonnée de retrouver un lit vide mais remarqua bien vite la porte entrouverte qui donnait sur le salle de bain adjacente.
Se faufilant à travers l'embrasure, la jeune femme tomba nez à nez avec le dos de la sorcière noire ainsi qu'avec l'image de son visage dans le miroir.
Bellatrix, qui l'avait entendue arriver, étouffa un rire en remarquant son reflet réjoui.
« J'en connais une qui a fait un tour à la bibliothèque. », taquina-t-elle.
En réponse, elle vit le sourire d'Hermione s'étirer un peu plus. Puis elle observa la fille s'approcher, collant son corps contre son dos, enlaçant ses bras autour de sa taille et déposant un baiser humide sur sa joue.
Elles se regardèrent longuement dans le reflet du miroir, se dévorant mutuellement des yeux.
« Je t'aime, chuchota la Gryffondor à l'oreille de la Serpentard avant de laisser glisser ses lèvres dans son cou.
Comme à chaque fois qu'elle entendait ces trois mots sortir de la bouche d'Hermione, un intense frisson la transcenda. Les baisers que la fille s'appliquait à déposer sur sa peau n'aidèrent pas à éteindre le feu qui s'embrasait dans son bas ventre. Alors la femme ferma les yeux et se laissa aller contre la Gryffondor, allant même jusqu'à laisser s'échapper de sa bouche deux petits mots terriblement honnêtes et véritablement lourds de sens.
- Moi aussi...»
Ce murmure tout juste audible fit rater plusieurs battements au cœur d'Hermione. La jeune femme arrêta de dévorer le cou de la sorcière noire pour relever le visage, trouvant de ses yeux bruns les yeux sombres et écarquillés de Bellatrix.
A la fois surprise, gênée et troublée par ses propres mots, la sorcière noire s'était figée.
Un long silence suivit. Se regardant dans le blanc des yeux, elles étaient incapables d'enchaîner, essayant vainement d'ouvrir la bouche et de trouver les mots justes.
Un son strident se fit entendre dans la pièce d'à côté. L'une des fenêtres venait d'éclater en mille morceaux. Sauvées par le gong, elles se précipitèrent dans la chambre adjacente.
Des fragments de verre jonchaient le sol, l'air doux de mai s'infiltrait par la vitre brisée et un hibou était perché sur la tête de lit, tenant dans son bec une lettre.
Ce n'était pas Tenebris, le bel oiseau au plumage noir et aux yeux jaunes électriques de Bellatrix. L'oiseau en question avait des plumes grises et ternes et un regard fatigué.
« Augustine, gronda la sorcière noire en s'approcha pour récupérer la lettre, File avant que je te réduise en miette comme tu l'as fait avec ma fenêtre.
Le volatile poussa un petit cri de contestation qui fit rouler les yeux de Bellatrix.
- Tu connais cet oiseau ?, demanda Hermione qui avait observé la scène sans rien y comprendre.
- Oui, soupira la femme en décachetant l'enveloppe, C'est la vieille chouette de ma sœur. Elle refuse de s'en séparer alors que cette bestiole cagneuse n'est même pas capable de livrer le courrier correctement.
- Tu exagères, elle n'est pas cagneuse, réfuta la fille.
- Cagneuse et hargneuse, réenchérit Bellatrix.
- Mais non elle a l'air adorable. », affirma Hermione en s'avançant vers la chouette.
Elle tendit prudemment sa main pour caresser l'animal et n'échappa pas au vif coup de bec d'Augustine.
« Aïe !, s'écria la fille en regardant sa main blessée par l'oiseau.
- Tu la trouves toujours aussi adorable ?, se moqua Bellatrix.
- Tu avais peut-être raison sur le hargneuse..., admit-elle à contrecœur.
- Montre-moi ta main, demanda la femme en s'approchant.
- Je n'ai presque rien, répliqua Hermione.
Bellatrix arqua les sourcils.
- Montre. »
La Gryffondor leva les yeux au ciel avant de lui montrer sa main.
« Cette sale bête ne t'a pas loupé Saleté. », constata-t-elle en inspecta la petite coupure qui ornait la paume d'Hermione.
Un filet de magie blanche sortit du bout de la baguette incurvée, refermant l'égratignure en quelques secondes.
« Et voilà, comme neuve ! », s'exclama la femme en souriant.
Bellatrix se retourna ensuite vers l'oiseau et le gratifia d'un regard noir auquel il répondit par un nouveau cri de protestation.
« Dégage d'ici ! », ordonna-t-elle d'une voix autoritaire.
A peine eut-elle levé sa baguette dans sa direction que la chouette s'envola, quittant le manoir avec hâte.
« Augustine a l'air traumatisée par ta baguette, commenta la fille, Ça ne doit pas être la première fois que tu la menaces avec...
- Ce n'est pas non plus la première fois qu'elle abîme une main, se justifia la sorcière noire en s'asseyant sur son lit pour lire attentivement la lettre.
- Qu'est-ce qu'il y a ?, interrogea Hermione en voyant le visage de la femme partagé entre la joie et l'appréhension.
Bellatrix releva son regard pour le plonger dans celui d'Hermione.
- Cissy arrive demain. Avec Draco. Ils vont rester quelques jours. Elle n'est pas bien par rapport à la condamnation de Lucius à Azkaban, annonça-t-elle sans parvenir totalement à cacher la panique dans sa voix.
Hermione n'eut aucun mal à comprendre que la sorcière noire redoutait de la présenter à sa sœur. Et si elle devait être tout à fait honnête, ces présentations ne l'enchantaient guère plus.
- Ça tombe bien, je comptais partir demain matin, répondit-elle dans l'espoir de voir la femme se détendre.
- Partir ?!, répéta Bellatrix en se crispant.
- Seulement quelques jours, pour aller voir mes parents, s'empressa-t-elle d'expliquer.
La Gryffondor fut rassurée de voir le visage de la Serpentard s'apaiser.
- C'est parfait, sourit la sorcière, On passe chacune quelques jours avec notre famille puis tu te dépêches de revenir ici...
Hermione passa ses bras derrière la nuque de Bellatrix pour l'embrasser tendrement, ne résistant pas un instant à l'image de son visage souriant.
- C'est parfait. », confirma la jeune femme en décollant ses lèvres de celles rouges sanguines.
--
Tirée de son sommeil par un bruit qu'elle n'arrivait pas à identifier, Bellatrix se redressa dans son lit et papillonna plusieurs fois des paupières, éblouie par la lumière de l'aurore qui filtrait à travers les rideaux. Ce fut seulement lorsque les pupilles noires distinguèrent la silhouette sanglotante d'Hermione que la femme comprit l'origine du bruit.
Se glissant hors du lit avec l'agilité d'un félin, elle arriva jusqu'au bureau où était accoudée Hermione sans faire le moindre bruit. Elle observa alors la fille jouer nerveusement avec les deux flacons de Memoriam Redire que Rogue leur avait envoyé la veille.
« Arrête de t'angoisser pour rien. », finit-elle par intervenir.
Hermione sursauta en entendant sa voix et se retourna pour lui faire face, exposant ainsi son visage reluisant de larmes.
« Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi doué en potion que Severus, continua-t-elle, Ça va fonctionner, je n'ai aucun doute là-dessus.
- Tu es sûre ?, insista Hermione.
- Sûre et certaine, affirma Bellatrix en la prenant dans ses bras.
La jeune femme se laissa aller contre le corps de la sorcière noire, inspirant l'odeur ambrée qui la faisait se sentir mieux en toute circonstance.
- J'ai tellement peur qu'ils m'aient oublié pour toujours, se lamenta-t-elle
Bellatrix se recula et aligna ses prunelles noires aux brunes d'Hermione.
- Il faudrait être bien bête pour arriver à t'oublier Saleté... »
Les yeux pétillants, la Gryffondor approcha son visage de celui de la Serpentard pour lui voler un baiser.
Le reste de la matinée fut léger. Elles le passèrent à se dire aurevoir, pensant à tort qu'elles se quittaient pour une poignée de jours seulement...
--
"Bella,
Cela fait à peine un jour que nous nous sommes quittées mais je t'écris déjà cette lettre pour te dire que je risque de partir un peu plus longtemps que prévu...
Lorsque je suis arrivée chez mes parents hier soir, j'ai eu la surprise de trouver la maison vide. Je suis allée toquer chez les voisins, et c'est là que j'ai appris qu'ils étaient partis pour l'Australie il y a quelques mois. Par chance, ils ont donné leur nouvelle adresse aux voisins.
Je t'écris donc ces quelques mots depuis l'aéroport dans l'attente de mon avion qui m'amènera jusqu'à Melbourne.
J'espère que tout va bien de ton côté, que Narcissa et Draco sont bien arrivés et que tu profites pleinement de ta famille.
Je t'embrasse,
Hermione."
--
"Saleté,
Ici tout va bien. Narcissa n'est pas dans ses meilleurs jours, loin de là, mais elle se porte beaucoup mieux que ce que j'avais imaginé. Elle et Draco risquent de rester chez moi un peu plus longtemps que prévu, Cissy ne se sent pas encore capable de retourner vivre au manoir Malfoy.
J'espère que ton petit séjour en Australie va bien se passer et je n'ai aucun doute sur le fait que tes parents vont être ravis de te revoir. Je compte sur toi pour tout me raconter, et je veux que tu saches que tu me manques déjà...
Je t'embrasse,
Bella."
--
"Bella,
Je t'écris cette lettre depuis la nouvelle maison de mes parents. Je pense donc que tu l'as compris, la potion a fonctionné à merveille !
Dès que j'ai posé un pied hors de l'avion, je me suis empressée de rejoindre leur adresse. Puis arrivée devant chez eux, je suis restée bloquée comme une idiote devant la porte pendant de longues minutes, j'étais incapable de toquer. Quand j'ai finalement pris mon courage à deux mains et qu'ils m'ont ouverts, j'ai directement fondu en larmes en les voyant. Ils ont dû me prendre pour une folle mais puisque je n'arrivais pas à m'arrêter, ils m'ont laissé entrer. Ensuite j'ai dû passer une bonne heure à les convaincre de boire la potion et même s'ils pensaient de plus en plus que je n'avais pas toute ma tête, ils ont fini par la boire. Ils ont immédiatement recouvert la mémoire et ils se sont aussi mis à pleurer, je n'avais jamais vu mes parents dans un tel état. Je leur ai tout raconté et si au début ils m'en voulaient, ils ont vite compris mon geste et ils l'ont qualifié de très courageux.
Désolée de ne pas t'avoir répondu plus tôt, mais je pense que tu as deviné que j'ai été assez occupée ces derniers jours. Pourtant pas une journée ne passe sans que je pense à toi, je meurs déjà d'envie de te retrouver. Mais, parce qu'il y a un mais, je ne rentrerai pas avant fin Août... Mes parents vont retourner vivre à Londres, mais ils veulent rester passer les vacances en Australie pour me faire découvrir le pays.
J'espère que de ton côté tout va bien et j'espère que tu ne m'en voudras pas trop de cette absence prolongée... je compte sur toi pour m'envoyer de nombreuses lettres, je ne me sens pas capable de passer trois mois sans avoir de tes nouvelles.
Je t'aime,
Hermione."
--
"Hermione,
Bien sûr que je ne t'en veux pas, ces trois mois vont sans doute me paraître interminables, mais je suis tellement heureuse pour toi. D'ailleurs je ne voudrais pas voler ton rôle de Miss-je-sais-tout, mais je t'avais bien dit que la potion marcherait...
Je compte sur toi pour profiter de tes parents et de l'Australie. Et ne t'en fais pas, je ne suis pas prête d'arrêter de répondre à tes lettres, je dois avouer que cette petite correspondance épistolaire me plaît beaucoup.
Sinon ici tout va très bien. Cissy est chaque jour un peu moins abattue et Draco est parti passer l'été chez ses cousins du côté de son père. Je pense donc que nous allons passer notre été entre sœurs et cette idée me plaît bien, ça fait longtemps que l'on ne s'était pas retrouvées que toutes les deux.
J'ai hâte de te revoir,
Bella."
--
"Bella,
Je suis contente pour ta sœur et j'espère que vous passerez un bel été.
Le mien commence plutôt bien. Pas une journée ne passe sans que mes parents n'aient un nouveau lieu à me faire visiter. Les paysages sont spectaculaires ici et le temps est au beau fixe. Ce n'est pas la période la plus chaude de l'année et pourtant le soleil brille plus qu'il ne brille jamais en Angleterre. J'ai déjà vu un nombre incalculable d'animaux qui m'étaient jusqu'alors inconnus et la flore est toute aussi impressionnante. J'ai pris plusieurs photos, j'ai hâte de te les montrer.
Demain matin nous partons en excursion dans le désert, je suis déjà pressée de te raconter tout ça...
J'étais entrain de t'écrire cette lettre lorsque j'ai été interrompue par une chouette blanche qui toquait à ma fenêtre. C'était une lettre d'Harry qui disait que lui et les Weasley avaient hâte de me revoir. Selon lui, Ron, Ginny et Molly se seraient calmés par rapport à nous. Je pense aller les voir quand je reviendrais.
J'ai hâte de recevoir ta lettre,
Hermione."
--
"Granger,
Je te jure que si tu vas chez les Weasley avant de venir me voir je te broie les os ! Ce n'est pas une menace, c'est une promesse.
Je me fiche que ces petites têtes rousses aient hâte de te voir, c'est à moi que tu manques le plus.
Alors quand tu descendras de ce foutu engin volant, tu as intérêt à venir directement chez moi, aucun détour ne te sera permis si tu tiens à ta vie.
J'espère que le message est bien passé et que je peux maintenant répondre au reste de ta lettre l'esprit tranquille.
Je dois t'avouer que ce que tu me racontes me donne presque envie de venir te rejoindre en Australie. J'attends le résumé détaillé de ton excursion avec impatience et j'ai hâte de voir les photos.
Sinon les beaux jours arrivent ici mais les températures ne sont pas encore bien chaudes. Moi qui comptait sur ma petite Gryffondor pour venir réchauffer mes draps, j'ai l'impression que je vais devoir me débrouiller toute seule...
J'ai hâte de te revoir,
Bella."
--
"Bella,
Ne t'en fais pas, le premier pas que je ferai en sortant de l'avion sera en direction de ton manoir, les Weasley attendront...
J'avais l'intention de te raconter en détails ma petite excursion dans le désert, mais finalement je pense que ça pourra attendre mon retour. Ton lit froid me semble être un sujet beaucoup plus urgent à traiter...
Je veux que tu saches que chaque nuit, avant de m'endormir, je t'imagine, je nous imagine.
Tu m'attends assise au bord du lit. Tu ne portes rien d'autre qu'une fine nuisette en mousseline noire. Les rayons de lune qui filtrent à travers les rideaux me permettent d'apercevoir tous les traits de ton corps se dessiner à travers le tissu. Tes seins, ta taille, tes hanches, tes cuisses, la nuisette ne cache rien. Tu me regardes de tes yeux perçants, assombris par le désir. Je te dévore du regard, et lorsque tu te lèves, la simple image de ta silhouette féline me donne des frissons. Je m'approche de toi et tu enroules tes bras autour de ma nuque. Je m'approche encore un peu et tes lèvres viennent se poser sur les miennes. A ce contact, je sens tout mon être s'électriser et le souffle rauque qui s'échappe de ta bouche lorsque je pose mes mains en bas de tes reins me montre que je te fais le même effet. Nos lèvres cèdent rapidement passage à nos langues et je descends mes mains, les faisant glisser sur tes fesses pour essayer de te porter. Seulement tu n'es pas de cet avis et comme tu es toujours la plus rapide, tu me coupes dans mon élan et sans que j'arrive à comprendre comment, je me retrouve épinglée au lit, chevauchée par une divine créature qui porte ton nom. Tu me regardes de ton éternel air victorieux mais lorsque je commence à caresser tes cuisses, tu arrêtes de faire la maligne et tu plonges pour joindre ta bouche à la mienne. Très vite je me retrouve sans aucun vêtement pour me couvrir, et ta nuisette en mousseline n'est plus qu'un lointain souvenir. Alors je sens tes mains descendre le long de mon ventre et je suis incapable de retenir mes gémissements quand tu commences à me toucher. Je sens tes lèvres marquer mon cou et tes baisers descendent eux aussi, ils se posent d'abord sur mes seins avant de se retrouver entre mes cuisses. Mes mains sont sans doute emmêlées dans ta chevelure noire et bientôt, je ne réponds plus de rien. Je m'écroule contre le matelas, suffocante, le cœur battant à m'en déchirer la poitrine, je n'ai plus qu'une seule idée en tête, te faire ressentir tout le plaisir que tu viens de me donner. Alors je me redresse pour te surplomber et je t'embrasse. Passionnément, avec amour, et avec besoin. Tes lèvres sont douces et désireuses, le baiser est ardent et je sens une chaleur brulante s'insinuer dans mon ventre. Je pose mes genoux de part et d'autre de tes hanches et je commence à embrasser ta mâchoire, puis ton cou. Je te sens frissonner à chacun des baisers que je pose sur ta gorge, c'est ma faiblesse. Lorsque j'ai fini de mordiller ton cou, je rejoins progressivement ta poitrine et je sais qu'à ce moment là, tu commences à avoir du mal à retenir tes gémissements, c'est ta faiblesse. Seulement tu es bornée alors je vais devoir attendre encore un peu pour t'entendre vraiment gémir. Mes doigts viennent caresser tes côtes pendant que ma langue s'occupe de laisser une trainée humide sur ton ventre. Je sens chacun de tes muscles se contracter au passage de ma bouche et c'est lorsque je la glisse entre tes cuisses que tu gémis pour la première fois. Je n'attends pas plus pour joindre mes doigts à ma langue et toi tu t'agrippes à mon dos, je devine déjà que tes ongles laisseront des traces. Sous mes caresses, tu finis par céder au plaisir et tu te cambres contre moi, m'offrant ainsi la plus érotiques des images. Comme toujours, ton orgasme est foudroyant et, comme je l'avais deviné, tes ongles dessinent de longs sillons rouges dans mon dos dont certains seront encore visible demain. Une fois ton point culminant atteint, tu t'effondres au milieu des draps. Ta bouche est entrouverte, tes yeux sont clos, et les miens se délectent de ta beauté. Tu as du mal à reprendre ta respiration et je peux presque entendre ton cœur battre dans ta poitrine. Moi je reste là, silencieuse. Je te regarde et je joue négligemment avec tes cheveux, respirant ton odeur ambrée qui a le don de me faire chavirer. Lorsque tes prunelles noires finissent par se révéler à nouveau, je te dis que je t'aime et je vois tes yeux pétiller. Tu relèves un peu la tête pour venir m'embrasser et je devine que la nuit est loin d'être finie...
J'espère que ça t'aura permis de réchauffer tes draps, les miens sont bouillants,
Ta petite Gryffondor."
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Au bout de ces trois mois, quelques dizaines de lettres s'étaient accumulées. La plupart contaient simplement les nouvelles des derniers jours, certaines au contraire, étaient un peu plus intimes et osées...
Bellatrix ne se lassait jamais de la lecture de ces lettres et chaque soir, lorsque sa sœur était couchée, elle consacrait son temps à les relire, encore et encore.
Il devait être un peu plus de 23h en ce soir d'Août et la sorcière noire entamait la lecture de la dernière lettre qu'elle avait reçu d'Hermione, trois jours auparavant. Dans ce courrier, la fille lui expliquait qu'elle prenait l'avion en direction de Londres le soir même. Seulement, trois jours étaient passés, et pas une trace de la Gryffondor au manoir Lestrange.
La jeune femme s'était d'abord rendue chez les Weasley avant de venir la voir, Bellatrix commençait à sérieusement envisager cette hypothèse. Et cette simple idée avait le don de méchamment l'agacer.
Cependant, cette pensée désagréable s'évapora de son esprit à l'instant même où elle entendit quelqu'un toquer à la porte du manoir. Elle ne fut pas surprise que ce quelqu'un soit Hermione.
La femme prit grand soin de contenir sa joie, voulant bien montrer à la fille qu'elle n'avait pas apprécié ces trois jours d'attente supplémentaire.
« Qu'est-ce qu'il y a ?, demanda la Gryffondor, ne comprenant pas l'accueil froid de la sorcière noire.
- Où étais-tu ?, enchaîna-t-elle simplement.
- En Australie..., répondit innocemment la fille.
- Non, coupa sèchement Bellatrix, Où étais-tu pendant ces trois derniers jours ?
- J'aidais mes parents à réemménager. », expliqua-t-elle.
Bellatrix se détendit immédiatement, se rendant compte que son hypothèse concernant les Weasley était complètement ridicule.
Consciente du trouble qu'elle avait instauré chez Hermione, elle décida d'en jouer un peu. Son visage froid s'effaça alors pour laisser place à une mine terriblement malicieuse.
« Je vous avez prévenu qu'aucun détour ne vous serait permis Miss Granger, condamna-t-elle d'un ton des plus sérieux.
- Mais...
- Il n'y a pas de mais Miss Granger, coupa-t-elle, Je vous conseille de vite vous faire pardonner si vous tenez vraiment à votre vie. »
Sur ces mots, Bellatrix tira la fille à l'intérieur du hall d'entrée.
Lorsqu'Hermione se retrouva acculée au mur par un corps bouillant, elle troqua son visage troublé pour un grand sourire, comprenant enfin où la femme voulait en venir...
