« Qu'est-ce qui vous fait sourire Miss Granger ?, susurra Bellatrix en épinglant les mains d'Hermione au mur.

- C'est ce vouvoiement qui me fait sourire, ricana la jeune femme.

- Je trouvais ça excitant, se défendit la Serpentard en collant un peu plus son corps à celui de la Gryffondor.

- Ça l'est... », confirma Hermione en se penchant pour capturer les lèvres rouges sang.

Un courant électrique traversa les deux êtres à ce contact. Doucement, les mains de Bellatrix relâchèrent les poignets de la jeune femme pour venir se mêler à la chevelure châtain. Les doigts d'Hermione descendirent lentement le long de la femme, se plaisant à caresser les courbes de ce corps qui lui avait tant manqué.

« J'ai terriblement envie de vous faire l'amour contre ce mur Madame Black, souffla la Gryffondor à l'oreille de la Serpentard après avoir brisé le baiser.

Le visage d'Hermione se recula légèrement de celui de Bellatrix, les yeux bruns capturèrent les noirs.

- Et bien faites donc Miss Granger. »

Un nouveau sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme alors qu'elle inversa les rôles en plaquant la sorcière noire contre le mur, nichant sa tête dans le cou délicat, et s'appliquant à parsemer la peau porcelaine d'humides baisers. De ses mains habiles, elle vint délacer le corset de Bellatrix qui s'échoua au sol, suivi de près par sa robe en satin brodée.

Une petite culotte en dentelle noire et des talons hauts, c'est tout ce qui couvrait le corps de la femme à la chevelure ébène.

« Tu m'as manqué... », souffla Hermione en laissant dériver ses yeux le long de l'anatomie divine qui s'offrait à elle.

Bellatrix attira la jeune femme pour fondre leurs lèvres dans un nouveau baiser, baiser qui ne dura pas bien longtemps puisque la langue d'Hermione s'échappa vite de la bouche de la femme pour s'aventurer plus bas, bien plus bas, toujours plus bas...

« Toi aussi tu m'as manqué. », gémit la Serpentard alors que le visage de la Gryffondor se trouvait à présent entre ses cuisses.

Les prunelles brunes s'alignèrent aux noires. Hermione vint se saisir du sous-vêtement en dentelle, dernière barrière à l'intimité de la femme. Elle n'utilisait pas ses mains, elle utilisait ses dents. La mâchoire refermée sur le morceau de tissu, sans quitter les yeux noirs de l'emprise des siens, la jeune femme commença à faire descendre la culotte le long des jambes de Bellatrix dont la peau se couvrait de frissons. Une fois le lambeau de tissu jeté à terre, Hermione remonta rapidement jusqu'au sommet des cuisses de la femme, une violente vague de chaleur s'insinua alors dans le bas ventre de cette dernière. Lorsqu'elle sentit la langue de la fille s'approchait de son point le plus sensible, Bellatrix n'eut aucun doute sur le fait que le feu qui brûlait en elle irait jusqu'à la consumer entièrement.

Ses doigts essayaient vainement de s'agripper au mur auquel elle était adossée. Ses ongles griffaient la tapisserie et une série de gémissements s'échappaient de ses lèvres.

Lorsqu'elle sentit les doigts d'Hermione se glisser en elle, Bellatrix poussa un cri rauque qui résonna dans tout le hall d'entrée, peut-être même dans l'entièreté du manoir. Tous ses muscles se crispaient au rythme des va et vient que la jeune femme s'appliquait à intensifier. Il ne fallut pas très longtemps à la sorcière noire pour atteindre son apogée.

Entendre son prénom sortir de la bouche de celle qu'elle chérissait tant, sentir le corps tremblant de cette dernière se relâcher contre le sien, entendre sa respiration erratique qui lui caressait l'épaule. Cela valait tout l'or du monde pour Hermione.

Après s'être quelque peu remise de son orgasme foudroyant, Bellatrix rouvrit les yeux et releva légèrement la tête, plongeant ainsi dans les orbes bruns et brillants qui la regardaient comme si elle était la huitième merveille du monde.

Hermione vint l'embrasser tendrement, laissant glisser ses mains le long du dos de la femme jusqu'à venir saisir ses fesses.

« Suis-je pardonnée de mon retard Madame Black ?, demanda-t-elle avec un sourire taquin.

Bellatrix regarda son ancienne élève des pieds à la tête, elle était encore toute habillée, cela ne lui plut guère.

- Non Miss Granger, vous n'êtes pas pardonnée, répondit-elle avec un regard malin, Du moins pas encore... »

Elle passa ses bras derrière la nuque de la jeune femme et enroula ses jambes autour de la taille de cette dernière.

« Portez-moi jusqu'à ma chambre Miss Granger je vous prie, exigea-t-elle d'une voix suave, frôlant de ses lèvres celles d'Hermione.

- Avec plaisir Madame Black. », répondit la Gryffondor avant de venir fondre sa bouche à celle de la Serpentard.

Le baiser se prolongea tout au long de l'ascension des escaliers et ne se brisa que lorsque la jeune femme déposa la sorcière noire sur le bord du lit à baldaquin.

« Maintenant déshabillez-vous. », exigea Bellatrix en prenant appuie sur ses coudes, allongée à plat ventre sur les draps en satin noir.

Hermione ne perdit pas une seconde et envoya vite valser ses chaussures, ses chaussettes et son sweat.

« Plus lentement. », grogna Bellatrix sans la lâcher des yeux.

Hermione obtempéra, ralentissant sensiblement le rythme de son déshabillage.

« Pourquoi vous arrêtez-vous ?, interrogea Bellatrix en voyant que la fille ne se défaisait pas de ses sous-vêtements.

- Parce que j'aimerais que vous le fassiez pour moi Madame Black, expliqua Hermione en la toisant d'un regard ardent.

Un petit sourire en coin se dessina sur le visage de Bellatrix.

- Si c'est vraiment ce que vous souhaitez, Miss Granger, on doit pouvoir s'arranger... »

A l'image d'une panthère, elle se leva du lit avec souplesse et se retrouva devant sa proie en un rien de temps.

Du bout des doigts, elle taquina la peau nue d'Hermione qui se recouvrit de frisson. Elle approcha son visage de celui de la fille pour l'embrasser, tout en défaisant l'attache de son soutien-gorge qui ne prit pas longtemps à rejoindre le sol.

La Serpentard poussa alors la Gryffondor sur le lit. L'épinglant au matelas, elle balada sa langue et ses mains sur le corps de la jeune femme qui en voulait toujours plus.

Après lui avoir arraché de nombreux soupirs en s'attardant sur sa poitrine, Bellatrix se décida finalement à retirer la culotte d'Hermione. Le bout de tissu vola dans la pièce, atterrissant sur le tas de vêtements qui gisait déjà au sol.

Les langues des deux femmes dansaient ensembles dans un baiser endiablé lorsque la main de Bellatrix passa malencontreusement sur une petite irrégularité de la peau de sa partenaire qui la glaça sur place.

Elle se redressa brusquement. Rien qu'à sa grimace, Hermione comprit de quoi il était question.

« Tout va bien. », chuchota-t-elle en caressa tendrement les cuisses de la femme qui l'épinglaient toujours au lit.

Voyant que les yeux noirs étaient horrifiés en fixant sa cicatrice, Hermione saisit les mains de la femme dans les siennes.

« Regarde moi Bella, tout va bien, murmura-t-elle, Ce n'est qu'une petite cicatrice... »

Elle exerça une petite pression rassurante autour des doigts de Bellatrix dont les yeux étaient toujours braqués sur l'objet de tous ses tourments.

« Tout va très bien. », répéta Hermione de sa voix la plus douce.

Elle gagna finalement le regard de la sorcière noire.

« Non, tout ne va pas très bien Hermione, condamna-t-elle, Et non, ce n'est pas qu'une petite cicatrice. »

D'un geste brusque, Bellatrix retira ses mains de celles de la jeune femme et se leva d'un bond.

« C'est moi qui t'ai fait ça!, vociféra-t-elle, Alors arrête de faire comme si ce n'était rien! »

Hermione observa les beaux yeux noirs se remplir de larmes pendant que Bellatrix criait sa détresse.

« Arrête, demanda la fille en se levant à son tour, Il faut que tu arrêtes de culpabiliser pour ça. »

Hermione s'approcha de la femme jusqu'à saisir son visage en coupe.

« Je ne t'en veux pas, chuchota-t-elle, Je ne t'en ai jamais voulu. »

Les larmes dégoulinaient le long des joues de Bellatrix. Elle vint poser ses mains sur celles d'Hermione.

« Je t'ai fait tellement de mal, pleura-t-elle.

- Je t'en ai fait aussi, justifia la jeune femme, On s'est toutes les deux fait beaucoup de mal.

Hermione caressa tendrement la joue trempée de la sorcière avec son pouce.

- Je suis tellement désolée, murmura Bellatrix.

- Je sais, chuchota-t-elle en retour, Je le suis aussi. »

La Gryffondor glissa ses mains pour les placer derrière la nuque de la Serpentard qui posa les siennes sur les épaules nues de la jeune femme.

« Et si au lieu de se sentir désolées de s'être fait du mal, on s'appliquait plutôt à ne plus se faire que du bien... », proposa Hermione en collant son front à celui de Bellatrix.

Les prunelles noires se noyèrent dans les brunes.

« Je t'aime, rajouta la jeune femme dans un doux murmure.

Les doigts aux ongles vernis de noir se serrèrent un peu plus fermement autour des épaules de la fille à la tignasse châtain.

- Moi aussi..., souffla la sorcière noire avant de poser un bref baiser sur les lèvres rosées, Tellement... »

Les lèvres de Bellatrix rencontrèrent une nouvelle fois celles d'Hermione, sans plus les quitter de toute la nuit...

--

Un rayon de soleil caressa ses paupières, l'obligeant à ouvrir les yeux, la tirant ainsi d'un confortable sommeil. Éblouie par la lumière de cette matinée d'Août, Hermione n'y vit pas clair tout de suite.

Si sa vision ne lui permit pas immédiatement de se repérer, la jeune femme n'avait aucun doute quant à sa position actuelle. La douceur des draps qui la couvraient, la chaleur d'un corps à moitié mêlé au sien, la délicieuse odeur ambrée qu'elle respirait et le souffle tiède d'un autre être qui s'échouait derrière son dos. Elle était dans le lit de sa bien-aimée, c'était une certitude.

La nuit d'amour qu'elle venait de partager avec Bellatrix avait été divine. Après des mois, elle avait enfin retrouvé pleinement la femme qui lui avait tant manqué. Elle ne s'était pas sentie aussi proche de la sorcière noire depuis longtemps. A vrai dire, elle ne s'était tout simplement jamais sentie aussi proche de cette sublime créature qui semblait faire vibrer son cœur un peu plus fort chaque seconde.

Elle prit le temps d'observer le beau visage endormi de longues minutes. La femme avait l'air paisible, et cette idée ravissait la fille. La Gryffondor céda à l'envie de déposer un doux baiser sur la front de la Serpentard. Ses yeux se mirent alors à pétiller lorsqu'elle vit un léger sourire se dessiner sur la bouche de celle qui dormait encore profondément.

Comprenant bien que Bellatrix n'était pas prête de se réveiller, Hermione décida de se lever avec l'ambition de leur préparer un petit déjeuner au lit.

Elle renfila rapidement ses habits et dévala les escaliers, se retrouvant dans la cuisine du manoir en moins de temps qu'il faut pour le dire.

La jeune femme était entrain de farfouiller dans les placards lorsqu'une voix dans son dos la surprit.

« Bonjour.

Hermione se retourna dans un sursaut, se figeant sur place en voyant à qui elle avait à faire.

- Euh... bonjour madame Malfoy, euh... je suis Hermione Granger, balbutia-t-elle sans bouger d'un pouce, ses yeux largement écarquillés et son ton peu assuré trahissant sa panique.

- Je sais qui vous êtes mademoiselle Granger, répondit Narcissa, Et je suppose donc qu'en plus d'être la fidèle acolyte d'Harry Potter, vous êtes aussi celle qui tient ma soeur éveillée tous les soirs avec vos lettres. »

Aussi étrange que cela puisse paraître, la seule pensée qui vint à l'esprit d'Hermione sur le moment était qu'elle devait abandonner l'idée d'un petit déjeuner au lit ce matin.

--

Elle s'étira un moment sans même ouvrir les yeux. Ses muscles étaient légèrement endoloris, sa nuit n'avait pas été de tout repos, et elle pouvait remercier Hermione pour cela. Pourtant, la sorcière noire ne semblait pas être totalement rassasiée du contact de la fille. Elle se tourna alors dans le lit à sa recherche.

Bellatrix ouvrit brusquement les yeux.

Hermione n'était pas dans le lit.

Bellatrix se redressa pour scruter l'espace de ses yeux noirs.

Hermione n'était pas dans la chambre.

Bellatrix se leva en trombe.

Hermione n'était pas dans la salle de bain non plus.

« Saleté ? », appela-t-elle d'une voix hésitante.

Aucune réponse ne se fit entendre, alors la sorcière noire enfila en vitesse un peignoir en soie noir et quitta la pièce.

Elle descendit les escaliers, priant pour que les deux autres personnes occupant ce manoir ne se soient pas encore croisées. Cependant, tous ses espoirs furent réduits à néant lorsqu'elle entendit quelques éclats de rire venir du salon.

Bellatrix se faufila alors discrètement dans la pièce, observant avec stupéfaction Narcissa et Hermione discuter joyeusement.

« Bella, l'interpella sa soeur, Bien dormi ?

- Je peux tout t'expliquer !, s'empressa de dire l'aînée des Black.

- Ne te fatigue pas, Hermione m'a déjà tout raconté, expliqua Narcissa avec un regard rieur, Je ne savais pas que tu avais des tendances cougars...

La Gryffondor pouffa de rire, récoltant ainsi un regard noir de la part de la Serpentard qui partageait son lit.

- Cissy, je me passerais bien de tes remarques de bon matin, grogna la sorcière en s'asseyant à un bout du canapé, l'autre étant occupé par Hermione.

- Je t'ai déjà connu avec un peu plus d'humour ..., rétorqua malicieusement la brune aux mèches blondes.

Bellatrix s'apprêtait à répliquer mais se ravisa, se contentant de sourire à la place.

Depuis la condamnation de Lucius, Narcissa n'avait jamais été si enjouée et apaisée. La sorcière noire appréciait voir sa soeur comme ça, sans pour autant avoir conscience que c'était son propre bonheur qui rendait sa cadette heureuse.

- Ça fait du bien de te voir sourire, dit-elle.

- Non Bella, contra Narcissa, Ça fait du bien de TE voir sourire. Après tout ce que tu as enduré, je suis contente de te voir enfin heureuse et folle amoureuse. »

Les yeux de Bellatrix manquèrent de peu de se décrocher de leurs orbites alors qu'Hermione faillit s'étouffer en buvant son thé, en renversant une infime quantité sur son jean.

« Je vais me changer. », baragouina-t-elle, profitant de ce prétexte bancal pour prendre la fuite de cette scène gênante.

Narcissa observa la jeune femme sortir en fronçant les sourcils.

« Qu'est-ce qu'il y a ?, interrogea-t-elle à l'adresse de Bellatrix.

- Rien, répondit la sorcière noire.

- Comment ça rien ?, insista la femme, Vous avez l'air aussi gênée l'une que l'autre.

- Tu n'avais pas besoin de dire que j'étais "folle amoureuse", râla l'ainée.

- Pourquoi ? Parce que tu ne l'es pas ?, railla Narcissa, trouvant cette hypothèse complètement absurde.

- Je n'ai pas dit ça.

- Alors quel est le problème ? Tu penses qu'elle en doute ?, questionna la cadette.

- Je ne sais pas..., soupira Bellatrix en regardant ailleurs.

- Oh non! Bellatrix Nebula Black, ne me dis pas que tu n'as jamais dit à cette fille que tu l'aimais!, gronda Narcissa en comprenant qu'elle avait cerné le problème.

- Jamais clairement, avoua-t-elle presque honteusement.

- Tu plaisantes j'espère?! Elle non plus ne te l'a jamais dit?!, s'insurgea la benjamine Black.

- Si elle l'a déjà dit pleins de fois, commença Bellatrix.

- Et tu ne lui as jamais dit en retour ?, se lamenta Narcissa.

- Jamais... A chaque fois que je veux lui dire ça ne sort pas. Pourtant crois moi, j'essaie, expliqua la sorcière noire.

Les yeux bruns foncés de Narcissa captèrent les noirs et sincères de Bellatrix.

- Je te crois, dit-elle tendrement en venant s'assoir à ses côtés, Je sais que tu fais de ton mieux et je sais que c'est compliqué pour toi. Mais je sais aussi que tu l'aimes et qu'elle t'aime, ça crève les yeux, alors tout ira bien, la rassura-t-elle en prenant doucement ses mains, Ce n'est plus qu'une question de temps avant que tu lui fasses ta déclaration.

- Tu penses vraiment que je suis du genre à faire une déclaration ?!, se moqua Bellatrix.

- Bien sûr, affirma-t-elle.

- N'importe quoi, nia la sorcière.

- Tu es tellement accro à ta petite Hermione que tu ressembles à une adolescente en plein béguin amoureux, rigola Narcissa, Alors si, crois-moi, tu finiras par lui faire ta déclaration.

Bellatrix roula des yeux.

- Arrête de dire n'importe quoi, tu es au courant de notre relation depuis deux heures à peine alors ne fais pas comme si tu savais tout sur tout, s'agaça-t-elle.

- Je suis peut-être au courant depuis deux heures à peine, comme tu dis, mais si tu savais tout ce qu'elle m'a raconté..., surjoua-t-elle.

- Qu'est-ce qu'elle t'a dit ?!, demanda immédiatement Bellatrix.

- Pleins de choses...

- Raconte moi, exigea la sorcière noire.

- Je ne dirai rien, continua Narcissa.

- Crache le morceau !, s'exclama la femme en perdant patience.

- Non, je ne peux pas, se justifia-t-elle.

- Et pourquoi ça ?, ragea Bellatrix.

- Secret entre belles sœurs, nargua Narcissa.

La sorcière noire leva de nouveau les yeux au ciel.

- Ce n'est même pas ta belle soeur, remarqua-t-elle.

- Ça ne saurait tarder, répliqua la plus jeune des Black.

- Et qu'est-ce qui te fait dire ça ?, interrogea Bellatrix.

- Tu es éperdument amoureuse d'elle, déclara Narcissa.

- Toujours le don d'exagérer, soupira-t-elle.

- Ton air réjoui dès qu'un hibou venait frapper à la fenêtre, toutes les soirées que tu as passé à lire et relire ses lettres, le regard que tu as posé sur elle en entrant dans le salon ce matin, le fait que tu culpabilises de ne pas encore être capable de lui dire je t'aime, énuméra-t-elle, Je n'exagère pas, tu es accro Bellatrix, accro et amoureuse.

Elle leva une nouvelle fois les yeux au ciel à l'écoute du discours de sa sœur.

- Si tu le dis... », marmonna-t-elle en usant d'une extrême mauvaise foi, sachant pertinemment que Narcissa avait raison.

La sorcière aux mèches blondes s'apprêtait à répliquer lorsqu'elle vit la tête hésitante d'Hermione se glisser dans l'encadrement de l'immense porte du salon.

« Vous voulez du thé ?, demanda la jeune femme en s'approchant du canapé, une théière à la main.

Narcissa ne loupa point les yeux pétillants de sa sœur braqués en direction de la fille.

- Je veux bien s'il te plaît, dit-elle finalement, Un petit thé pour la route avant de rentrer chez moi.

- Tu rentres ?!, s'étonna Bellatrix en lâchant Hermione des yeux.

- Oui, répondit-elle, Je suis restée ici tout l'été, il est temps que je retourne chez moi.

- Mais tu peux encore rester, tu es toujours la bienvenue, précisa-t-elle.

- Je sais, affirma Narcissa, Mais je ne vais pas vivre éternellement à tes crochets, plaisanta-t-elle.

- Tu es sûre de vouloir retourner au manoir Malfoy toute seule ?, s'inquiéta sa soeur.

- Draco rentrera dans un jour ou deux, voulut-elle la rassurer.

- D'accord, si c'est ce que tu veux. », finit par céder Bellatrix.

Seules Narcissa et Hermione firent la conversation en buvant leur thé, Bellatrix demeurait silencieuse. Elle avait l'air préoccupée et la jeune femme savait que son inquiétude était causée par l'état de sa sœur.

« Et si vous veniez manger demain midi ?, proposa soudainement la Gryffondor alors qu'elle et Bellatrix raccompagnaient Narcissa et ses affaires à la porte.

Les soeurs Black échangèrent un regard surpris.

- C'est bon pour toi ?, voulut-elle s'assurer à l'adresse de son aînée.

- Oui, bien sûr que oui, s'empressa d'affirmer Bellatrix qui ne demandait qu'à revoir sa soeur le plus tôt possible.

- Très bien, alors j'accepte l'invitation Hermione, répondit-elle avec un léger sourire, A demain ! »

Sur ces mots Narcissa quitta le manoir Lestrange, laissant ainsi les deux femmes face à face dans le grand hall d'entrée.

Hermione ne laissa pas planer le silence trop longtemps, se décidant à lancer une plaisanterie qui n'était pas trop au goût de Bellatrix au vu de sa grimace.

« Bon ça s'est plutôt bien passé, quand est-ce que tu rencontres mes parents ? »

--

Hemione se leva aux aurores le matin suivant. La jeune femme était bien décidée à préparer tout le repas du midi sans demander d'aide aux elfes de maison.

Après de longues heures aux fourneaux, elle venait finalement d'enfourner son plat. Elle s'attaqua alors au monticule de vaisselle qui s'était entassée dans l'évier. Il faut dire que la fille n'était pas des plus organisées lorsqu'il s'agissait de cuisiner, alors, elle avait utilisé un bon nombre de divers saladiers et récipients qu'elle se retrouvait maintenant à devoir nettoyer.

Elle sursauta et lâcha son éponge lorsqu'elle sentit deux bras se glisser autour de sa taille.

« Je vous ai fait peur Miss Granger ?, se moqua Bellatrix.

- Non Madame Black, contra Hermione, Vous m'avez simplement surprise.

- Vous êtes terriblement séduisante avec ce tablier, enchaîna la femme.

- Je m'en doute pas, joua la fille en rattrapa son éponge pour continuer de faire la vaisselle.

- Pose cette éponge et retourne toi que je puisse t'embrasser, demanda Bellatrix.

- Non, refusa-t-elle, La vaisselle ne va pas se faire toute seule.

- Arrête de faire ta moldue Granger, bien sûr que la vaisselle peut se faire toute seule, grogna la sorcière en posant un baiser au creux de la nuque d'Hermione dont les cheveux étaient relevés dans un chignon flou.

- Ça ne me dérange pas de la faire, contra la fille en essayant tant bien que mal de masquer l'effet que venait de lui faire ce baiser.

- Et bien moi ça me dérange, affirma Bellatrix.

- Ah oui ? Et pourquoi ?, interrogea la Gryffondor en arquant un sourcil, le regard toujours rivé sur le bol qu'elle nettoyait.

- Parce que tes mains ne devraient pas être en train de toucher une foutue éponge et un fichu bol, expliqua-t-elle, Elles devraient être entrain de me toucher, moi.

Hermione pouffa de rire.

- Ces deux nuits de sexe ne vous ont-elles pas suffit ?, demanda-t-elle en posant son éponge, Vous êtes vraiment insatiable Madame Black, déclara-t-elle en se retournant dans les bras de Bellatrix pour lui faire face.

- Je suis toujours terriblement affamée lorsqu'il s'agit de vous Miss Granger. », articula la femme d'une voix brulante avant de poser un baiser sur les lèvres d'Hermione.

Les mains fermement resserrées autour de la taille de la fille, la femme ne tarda pas à la soulever pour l'assoir sur le rebord de l'évier.

Hermione se laissa complètement aller dans l'étreinte initiée par Bellatrix. L'excitation que la Serpentard avait manifesté de bon matin était contagieuse, si bien que la Gryffondor sentait déjà des frissons se glisser dans son bas ventre.

Les vêtements devinrent vite une barrière au désir grandissant des deux femmes et Bellatrix ne perdit pas de temps pour délacer la lanière du tablier d'Hermione, lui retirant d'un geste brusque, sans doute un peu trop brusque puisqu'il attira dans sa chute trois verres en cristal qui reposaient sagement sur l'égouttoir.

Le bruit de verre brisé ramena la Gryffondor à la raison, au plus grand damne de la Serpentard qui était déjà repartie à l'assaut de sa bouche.

« Pas maintenant Bellatrix, souffla-t-elle, Ta soeur arrive bientôt et il reste encore pleins de choses à faire.

- Qu'est-ce qu'il reste à faire ?, demanda-t-elle sans décoller son corps de celui de la jeune femme.

- Je dois finir la vaisselle, mettre la table, ramasser les verres que tu viens de casser et me préparer. », lista Hermione.

Un petit sourire en coin se dessina sur les lèvres rouges sang et la fille sut immédiatement ce que la sorcière noire avait en tête.

Trois petits mouvements de baguette, cela suffit à faire disparaître les éclats de verre dans la poubelle, à dresser la table et à enchanter l'éponge pour qu'elle se charge elle-même de la vaisselle.

« Bon et bien Miss Granger, commença-t-elle d'un air malin, J'ai l'impression qu'il ne vous reste plus qu'à vous préparer... Je vous attends sous la douche. »

Un petit clin d'œil, un bref baiser, et Bellatrix avait quitté la pièce.

Hermione leva les yeux en l'air sans pouvoir s'empêcher de sourire.

« J'arrive tout de suite Madame Black. », se chuchota-t-elle pour elle-même.

--

Le repas se déroula à merveille. L'ambiance était paisible et joviale et le plat était bon, malgré sa légère sur-cuisson dut à la douche à rallonge qu'avaient pris les deux femmes.

Une fois la table levée par un autre coup de la baguette de Bellatrix, elles se dirigèrent toutes les trois dans le salon pour prolonger l'après-midi autour d'un thé.

La sorcière noire prit alors le temps d'admirer avec attention les deux êtres auxquels elle tenait le plus au monde et qui se trouvaient là, auprès d'elle, entrain de discuter gaiment. Elle jura alors que jamais elle ne s'était sentie aussi bien. Jamais elle n'avait ressenti le bonheur sans ombre qu'elle ressentait à cet instant.

Pour la première fois depuis bien longtemps et sans doute d'ailleurs pour la première fois de sa vie, Bellatrix pouvait le dire, elle était heureuse.

Elle se demanda alors si cela n'était peut-être pas trop beau pour durer.

Elle fut tirée de ses pensées par son hibou Tenebris qui se glissa par l'une des fenêtres ouvertes pour venir déposer la Gazette des sorciers sur la table basse.

Sans qu'elle ne puisse l'expliquer, Bellatrix eut immédiatement une mauvaise intuition.

Hermione attrapa innocemment le journal et se figea en voyant l'article qui ornait la première page, confirmant ainsi les craintes de la femme.

« Bellatrix ?, dit-elle timidement en la regardant de ses yeux inquiets.

La sorcière noire n'eut pas besoin de plus pour comprendre que ce qui se trouvait sur ce journal était la suite logique de l'article dont elles avaient brièvement parlé au début de l'été.

- Elle a été élue ? », demanda-t-elle simplement.

D'un signe de tête, Hermione lui donna une réponse positive.

Bellatrix se dit alors qu'elle avait bien raison, tout cela était définitivement trop beau pour durer...