« Tu ne retourneras pas à Azkaban, et je compte bien faire tout ce qui est en mon pouvoir pour m'en assurer. »

Bellatrix ne trouva rien à répondre à la jeune femme. Son esprit était tellement tiraillé par la situation qu'il l'empêchait de prendre une décision.

« Qu'est-ce que tu as ?, demanda Hermione, incrédule face au manque de réaction de la femme.

- Je ne sais pas si c'est une bonne idée, finit-elle par souffler en réponse.

- Tu te fous de moi ?, s'emporta la Gryffondor, Ça fait plus d'un mois que tu parles de t'enfuir, et maintenant qu'on n'a plus le choix tu hésites ?! »

Partir en cavale était l'évidence même pour Bellatrix. En revanche, emmener Hermione avec elle dans cette dangereuse escapade lui posait réellement problème.

Devoir se séparer de la fille était tout simplement inconcevable pour la sorcière noire. Seulement, lui faire prendre un tel risque l'était tout autant.

« Il faudrait peut-être que tu te décides à faire un choix Bellatrix. », insista Hermione, mise sous pression par le peu de temps qui leur restait pour agir.

La phrase de la jeune femme fut ponctuée par des coups portés à la porte d'entrée. Coups qui les firent toutes deux sursauter. Coups qui annonçaient l'heure de se rendre au tribunal de la magie. Coups qui firent réagir la sorcière noire au quart de tour.

« Contente de te voir revenir à la raison. », commenta la Gryffondor en observant la Serpentard s'activer à rassembler quelques affaires.

Une poignée de minutes passa avant que de nouveaux coups se fassent entendre.

Hermione regarda discrètement par la fenêtre de la chambre à coucher. Elle aperçut deux sorciers aux aguets et grinça des dents en devinant qu'un bon nombre d'aurors devait être posté tout autour du manoir.

« Tu sais comment on va s'y prendre ?, demanda-t-elle, les traits de son visage trahissant son inquiétude.

- Je n'en ai pas la moindre idée... », répondit Bellatrix dans un souffle.

Un grincement de porte se fit entendre, faisant se crisper les deux femmes.

« Hermione, madame Black, c'est l'heure d'y aller ! »

C'était la voix de Ron.

La Gryffondor soupira de soulagement en comprenant que, comme la veille, les aurors désignés pour venir les chercher n'étaient autres que ses amis de toujours.

La Serpentard ne semblait pas partager le soulagement de son amante, mais elle finit tout de même par la suivre à contre cœur dans sa descente des escaliers.

« Qu'est-ce que vous faisiez ?, s'impatienta le rouquin, Ça fait presque dix minutes qu'on vous attend.

Harry fronça les sourcils en remarquant l'air préoccupé des deux sorcières.

- Qu'est-ce qu'il se passe Hermione ?, demanda-t-il sans la lâcher de ses yeux suspicieux.

- Rien du tout pourquoi ?, dit-elle d'un ton trahissant son angoisse croissante.

- Parce que tu as l'air stressé et que tu n'as clairement pas besoin de ça pour aller au procès, fit-il remarquer en désignant du doigt le petit sac en perles ensorcelé d'une sortilège d'extension, Ne me dis pas que vous allez vous enfuir... »

Bellatrix ne perdit pas de temps pour brandir sa baguette, la pointant en direction des deux garçons qui ne prirent pas longtemps pour dégainer à leur tour.

Le regard affolé d'Hermione fit plusieurs allers-retours entre les deux Gryffondors qui lui faisaient face et la Serpentard placée à ses côtés.

« Baissez vos baguettes. », ordonna-t-elle en s'adressant aux deux jeunes aurors comme à la sorcière noire.

Elle leva les yeux au ciel en les voyant camper sur leur position.

« J'ai dit: baissez vos baguettes. », répéta-t-elle en les gratifiant d'un regard noir.

Ils ne bougèrent pas d'un pouce, alors elle se décida à exercer une pression sur le bras de la sorcière noire qui se résigna finalement à baisser sa baguette. Fusillés par le regard brun, les deux garçons se décidèrent rapidement à faire de même.

« Tu as raison, déclara-t-elle en regardant Harry, On va s'enfuir, parce qu'il n'est pas question que ce procès ait lieu.

- Mais Hermione, c'est de la pure folie !, intervint Ron.

- Est-ce que vous avez lu la Gazette ce matin ?, demanda-t-elle.

Ils firent une réponse négative de la tête.

- Qu'est-ce qu'il y a dans la Gazette ?, demanda Bellatrix en fronçant les sourcils, n'ayant pas encore connaissance de l'article qui avait bouleversé Hermione ce matin.

- Une interview qu'a donné Thatcher hier soir, raconta la jeune femme, Une interview dans laquelle elle promet que tu seras condamnée au baiser du détraqueur. »

La voix d'Hermione se déchira en prononçant ces derniers mots et Bellatrix ne sut déterminer si cette faiblesse dans le ton de la fille était responsable du désagréable frisson qui lui transcenda l'échine. Peut-être encore devait-elle cette affreuse sensation à la menace de Thatcher. Quelle qu'en soit la cause, la Gryffondor ne fut pas dupe au malaise de la Serpentard, elle glissa sa main dans celle de la femme, diminuant ainsi la froide contrariété pour la remplacer par la tiédeur du réconfort.

« Je pense que vous comprenez qu'on n'a pas d'autre choix, reprit Hermione en s'adressa à ses deux meilleurs amis, On doit s'enfuir.

Harry ne put qu'être témoin de la détresse qui submergeait les deux femmes en cet instant.

- Je ne pense pas que ce soit la meilleure solution Hermione, contra le rouquin, Le procès s'est plutôt bien passé hier-

- Oui le procès s'est bien passé, mais c'est seulement parce que Poena Thatcher n'a pas encore pris la parole, répliqua-t-elle, Alors ce n'est peut-être pas la meilleure solution, mais c'est malheureusement la seule que l'on ait.

- Et comment vous comptez vous y prendre ?, interrogea Harry en allant dans leur sens, Il y a toute une équipe d'aurors qui attend à l'extérieur de ces portes, et le manoir a été protégé de toute tentative de transplanage.

- Il faudrait trouver un moyen de sortir sans être vu, soupira Hermione, complètement désespérée à l'idée de ne pas réussir à s'échapper du manoir.

Les paroles de la jeune femme firent leur chemin dans l'esprit d'Harry, le jeune homme venait peut-être de trouver une solution.

- Avec ça, pas de risque que l'on vous voit, dit-il en sortant sa cape d'invisibilité de son sac.

Les yeux de Bellatrix s'écarquillèrent et elle fut incapable de masquer le sourire qui s'invita sur ses lèvres.

- Tu veux nous prêter ta cape, souffla Hermione dont les prunelles étaient rendues luisantes tant par le soulagement que par l'émotion que lui procurait ce geste.

- Tu vas vraiment leur donner ta cape ?!, répéta Ron l'air à la fois surpris et déconfit.

- Bien sûr, confirma le brun comme si c'était l'évidence même.

Il lui tendit la cape et la Gryffondor fondit dans ses bras.

- Merci Harry... », chuchota-t-elle en l'étreignant de toutes ses forces.

Sans prendre en compte la forte réticence du rouquin, les trois autres se mirent d'accord sur la démarche à suivre. Les deux garçons sortiraient bredouilles en déclarant que la sorcière noire avait disparu. Les deux femmes profiteraient ensuite de la fouille de la demeure Lestrange pour s'enfuir en toute discrétion et pour transplaner dès qu'elles se seraient suffisamment éloignées de la propriété.

« Maintenant on est complice de leur fuite, bougonna Ron en sortant du manoir, Mais enfin qu'est-ce qui t'as pris Harry ?

La déception dans les yeux du brun lorsqu'ils se posèrent sur le rouquin était flagrante.

- J'ai simplement décidé d'aider ma meilleure amie, répondit-il, J'ai l'impression que tu l'as oublié Ron, mais c'est ce qu'on est censé faire entre amis... »

Les deux garçons s'échangèrent quelques regards noirs mais n'argumentèrent pas plus, se résignant à se taire alors que les regards interrogateurs des aurors s'approchaient d'eux...

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1er jour de cavale

"Gazette des sorciers du 19 novembre 1998

Alors que le verdict de l'audience devait tomber hier matin, l'ex-mangemort Bellatrix Black se serait enfuit durant la nuit du 17 au 18 novembre.

Après plus d'un mois d'affiliation à domicile dans l'attente de son procès, il semblerait que l'accusée ait trouvé un moyen d'échapper à la surveillance des aurors qui s'occupaient d'encadrer le moindre de ses déplacements.

Sous ordre du premier ministre, plusieurs équipes d'aurors ont déjà été envoyées à la recherche de la fugitive."

Le froid soudain la glaça, l'humidité la rongea et le vent puissant la fit frémir.

Le bruit incessant de la pluie battante bourdonna dans ses oreilles. Le claquement des vagues s'écrasant sur la pierre additionné aux hurlements de plainte qui résonnaient entre les murs massifs lui donnèrent la migraine. Les couinements des rongeurs qui partaient et venaient ne firent qu'accentuer la douleur lancinante qui transperçait ses tempes.

Une odeur âpre s'insinua dans ses narines au rythme de ses inspirations. Les effluves nauséabondes de l'eau croupie dans laquelle son corps trempait la firent grimacer.

Elle se mit à trembler furieusement, des larmes s'écoulèrent de ses paupières closes et ses dents s'entrechoquèrent violemment.

Elle savait où elle était, elle avait reconnu cet endroit, et cela la terrifia.

Lorsqu'elle ouvrit les yeux ses pensées se confirmèrent. Les billes noires se promenèrent frénétiquement, observant chaque recoin de la minuscule cellule. La pièce avait beau être sombre, la sorcière noire n'eut aucun mal à discerner chaque petit détail de la pièce qui l'avait accueilli durant quatorze longues années.

Plongée dans l'obscurité des lieux, sa respiration commença à s'amoindrir. Elle inspira de toutes ses forces et pourtant ses poumons ne purent se remplir complètement. Elle étouffait, incapable de respirer correctement. Son cœur palpitait dans sa poitrine et une sueur froide s'écoulait le long de sa colonne vertébrale.

A bout de souffle, la femme laissa tomber son buste au sol. Sa joue s'écrasa brutalement sur le sol de pierre, le haut de son corps se noya dans la flaque d'eau croupie. Le manque d'oxygène commença à brouiller sa vision. Elle se sentait partir, alors elle gratta désespérément sa gorge à la recherche d'air frais. Ses ongles griffèrent la peau de son cou, creusant des sillons assez profond pour faire couler du sang, mais trop superficiels pour permettre à l'air de passer.

Sur le point de perdre connaissance, Bellatrix reconnut une forme qui, malgré qu'elle lui soit familière, la terrifia outre mesure.

Le manque d'air, ou le détraqueur occupé à lui retirer son dernier souffle de vie.

La sorcière noire ne sut déterminer qui avait eu raison d'elle.

Lorsqu'elle ouvrit une nouvelle fois les yeux, il faisait tout aussi noir, et pourtant l'ambiance était bien moins sombre.

L'humidité et la froideur avaient fait place à une tendre et chaude étreinte.

Son regard encore humide par les pleurs se releva pour regarder le doux visage d'Hermione encore endormi.

Tout cela n'était qu'un cauchemar, un mauvais rêve qu'elle n'espérait pas prémonitoire.

Bellatrix soupira lourdement en se blottissant encore un peu plus contre Hermione. Elle posa sa main en haut de la poitrine de la jeune femme, se calant sur le rythme lent de sa respiration pour apaiser la sienne.

Avec l'espoir vain que cette première nuit de cavale ne soit pas à l'image des suivantes, la sorcière noire retrouva le sommeil, ignorant les premiers rayons de l'aurore qui se frayaient un chemin à travers la toile de la tente.

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7ème jour de cavale

"Gazette des sorciers du 25 novembre 1998

Cela fait maintenant une semaine que l'ex-mangemort Bellatrix Black s'est échappée du domicile dans lequel elle était retenue dans l'attente de son procès. Malgré les équipes d'aurors envoyées à sa recherche, aucune piste ne s'est avérée fructueuse. Il semblerait presque que la sorcière se soit complètement volatilisée.

Afin d'aider aux recherches, Poena Thatcher a décidé de mettre en place une récompense de 1000 gallions pour quiconque sera amène d'apporter des informations utiles à la capture de la fugitive.

Le premier ministre annonce aussi que l'audience de Bellatrix Black aura lieu ce soir. Elle déclare: « Avec présence ou non de l'accusée, le verdict tombera aujourd'hui. Dès lors qu'elle sera déclarée coupable, les détraqueurs seront chargés de la retrouver. Les jours de Lestrange en liberté sont comptés, elle retrouvera bien vite sa cellule à Azkaban, je m'y engage personnellement. »"

Une semaine qu'elles s'étaient installées dans les bois, une semaine que Tenebris leur apportait chaque jour le journal, une semaine qu'elles n'avaient croisé l'ombre d'une vie hormis quelques animaux et créatures magiques.

Mis à part les températures descendantes et la pression qu'exerçaient les articles de la Gazette sur leurs esprits, les deux femmes vivaient plutôt bien le début de leur cavale.

« Une mauvaise nouvelle ?, interrogea Hermione en remarquant l'air renfrogné de Bellatrix qui lisait le journal.

La femme releva les yeux.

Le regard noir ancré dans le sien, la peur que dégageait la Serpentard fit frémir la Gryffondor.

- Il vont envoyer les détraqueurs, répondit-elle à demi-mot.

- Quand ?, demanda la fille en grimaçant.

- Demain matin, articula difficilement la sorcière, Peut-être même ce soir ou dans la nuit...

Bellatrix tremblait comme une feuille.

Depuis que les rêves sur son viol avaient cessé, Hermione ne l'avait jamais vue aussi effrayée.

- Tu n'es plus privée de magie comme à Azkaban, avança la fille, En utilisant un Patronus les détraqueurs deviennent inoffensifs.

- Ils seront trop nombreux, la coupa la sorcière noire, S'il nous trouve je suis foutue.

- Mais ta magie est puissante Bella, défendit-elle, Je suis sûre que ton Patronus peut en repousser plusieurs dizaines d'un coup.

- Sauf que je suis incapable de lancer un Patronus Hermione ! », s'époumona la femme.

Le regard triste de la Gryffondor s'aligna aux yeux apeurés de la Serpentard. Elle s'approcha d'elle à pas de loup et l'enlaça une fois arrivée à sa hauteur. Bellatrix se laissa aller dans ses bras, n'essayant plus de refouler les larmes de détresse qui gouttaient sur ses joues. Hermione vint tendrement effacer ses pleurs du revers du pouce.

« Tout ira bien Bella, chuchota-t-elle doucement, Tout ira bien tu verras...

- Arrête de dire ça, grogna la sorcière noire, Tout ne va pas bien et tu le sais.

- Mais-

- Chut! », coupa vivement Bellatrix en plaquant sa main sur la bouche d'Hermione pour la faire taire.

La fille essaya d'abord de se débattre mais s'arrêta vite devant l'air crispé de la femme.

Bellatrix regardait au loin en tendant l'oreille, elle avait entendu des bruits suspects qui, elle en était sûre, n'étaient point le fruit de sa paranoïa.

Un craquement de branche résonna dans leur dos, et avant qu'elle n'ait eu le temps de réagir, Hermione reçu un sort en plein visage.

Un sortilège envoyé par une baguette incurvée qu'elle ne connaissait que trop bien.

« Qui êtes vous ?, appela une voix masculine.

Hermione posa ses mains sur son visage qui la picotait désagréablement. En sentant sa peau se déformer sous ses doigts, elle comprit quel sort avait utilisé Bellatrix.

- Oh bordel c'est elle !, s'écria une seconde voix d'homme.

- Qui ça elle ?, demanda la première voix.

La Gryffondor observa la Serpentard qui se presser de rassembler quelques affaires.

- Lestrange. », répondit le deuxième individu.

Les deux hommes avaient déjà brandi leurs baguettes, mais ils n'eurent le temps de lancer le moindre sort que la sorcière noire avait déjà empoigné la main de la fille pour transplaner.

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8ème jour de cavale

"Gazette des sorciers du 26 novembre 1998

Après sept jours sans laisser de trace, la fugitive Bellatrix Black montre finalement signe de vie. Maintenant officiellement reconnue coupable et condamnée au baiser du détraqueur, l'ex-mangemort a été aperçue hier matin par deux marcheurs dans une forêt au Nord de Cambridge. Selon leur témoignage, Black n'était pas seule, mais accompagnée d'une femme à l'identité inconnue. Les deux hommes ont essayé d'appréhender la fugitive et sa complice, mais elles ont rapidement transplané, laissant derrière elles tout un campement dans lequel elles semblaient séjourner depuis quelques nuits déjà.

Afin de stopper leur cavale, le premier ministre annonce une interdiction de transplaner sans autorisation du Ministère de la Magie. Cette interdiction prend effet dès aujourd'hui et sur tout le sol anglais. Tout le réseau de transplanage sera placé sous haute surveillance et des aurors interviendront dans le cadre de chaque transplanage suspect ou non-autorisé.

En plus de cette mesure, des centaines de détraqueurs ont été missionnés de rechercher activement Bellatrix Black."

« Rappelle-moi pourquoi on ne transplane pas directement là bas ?, questionna Hermione alors que le soleil matinal ne suffisait pas à la réchauffer.

- Parce que la maison est protégée et que j'ignore son emplacement exact. », soupira Bellatrix.

Elles marchaient depuis de longues heures déjà. A vrai dire, après avoir transplané à de nombreuses reprises la veille, les deux femmes avaient passé la nuit à marcher vainement en quête de la demeure d'Arcturus Black.

En échappant aux deux hommes, elles avaient abandonné leur campement et la plupart de leurs affaires, se retrouvant sans grand chose pour affronter la rude météo de cette fin d'automne. La menace des détraqueurs s'ajoutant au mauvais temps, les deux femmes cherchaient désespérément un toit qui pourrait les protéger de toutes ces menaces.

C'est là que l'existence du manoir secret d'Arcturus Black était revenu à l'esprit de Bellatrix.

Elle s'y était déjà rendue une ou deux fois lors de son adolescence mais ne se rappelait que vaguement de sa localisation exacte. Ce qui l'avait marquée en revanche, c'est l'ambiance pesante qui régnait entre les murs froids de cette immense maison. Tout dans ce manoir demeurait aussi glauque que son propriétaire, Arcturus Black, l'arrière grand-père de Bellatrix, un homme qu'elle avait toujours trouvé foncièrement mauvais.

Arcturus n'avait certainement pas attendu la venue de Voldemort pour commencer à faire subir aux moldus et né-moldus les plus affreuses atrocités.

Si la haine du sang non-pur était monnaie courante au sein de la famille Black, la cruauté et la passion exacerbée pour le mal qui émanaient d'Arcturus n'était pas quelque chose dont les Black se vantaient avant l'arrivée du Seigneur des Ténèbres.

Le patriarche Black avait donc vécu ses dernières années cloîtré dans son manoir, perpétrant ainsi les plus grandes monstruosités à l'abris des regards.

« Elle est juste là, déclara Bellatrix en regardant au sommet d'une colline, Je le sens.

- Tu la vois ?, interrogea Hermione en fronçant les sourcils.

- Pas encore. », répondit simplement la sorcière avant d'entamer l'ascension de la colline.

La Gryffondor leva les yeux au ciel avant de suivre son aînée.

Une fois arrivée au sommet, la Serpentard leva sa baguette en l'air, et d'un mouvement ample et souple, elle révéla un immense manoir jusque là camouflé par un sort d'invisibilité.

« Comment tu as su qu'il était là ?, demanda Hermione dont les yeux écarquillés ne pouvaient se décrocher de la demeure apparue de nulle part.

- Je me rappelais qu'elle était en haut d'une colline, expliqua Bellatrix, Et j'ai directement senti que c'était celle-ci.

- En tout cas tu n'avais pas menti, assura la fille, Ce manoir fait froid dans le dos.

Les yeux noirs se posèrent sur la façade de la maison.

- Dis-toi que tu n'as pas encore vu l'intérieur... »

Sur ces mots la sorcière noire s'approcha du lourd portail en fer forgé. Elle essaya de l'ouvrir mais ce dernier était verrouillé.

« Toujours pur. », chuchota-t-elle.

Dans un grincement métallique et sous le visage ébahi d'Hermione, le portail s'ouvrit.

Les deux femmes s'avancèrent ensuite prudemment dans l'allée qui était envahie de ronces aux épines particulièrement menaçantes.

Bellatrix eut le pressentiment que ce n'était pas là l'œuvre du temps mais plutôt l'un des nombreux stratagèmes de défense qu'avait mis en place son arrière grand-père.

« Alohomora, articula parfaitement Hermione lorsqu'elles arrivèrent finalement devant la massive porte d'entrée en bois noir.

- Saleté on est plus à Poudlard ici. »,

ne put s'empêcher de se moquer Bellatrix.

Presque vexée par la raillerie, la jeune femme enchaîna une série de sortilèges, essayant vainement d'ouvrir la porte qui ne cillait pas.

La sorcière noire la regarda faire un instant avant de reculer de quelques pas pour retourner à la hauteur des ronces.

Sans préambule, Bellatrix écorcha sa main à l'aide de l'une des épines avant de revenir poser sa paume ensanglantée sur la porte d'entrée qui se déverrouilla directement.

« La magie du sang, répondit-elle au regard médusé d'Hermione, Seul un Black peut ouvrir cette porte. »

Bellatrix s'avança à l'intérieur du hall d'entrée et constata immédiatement que l'ambiance pesante qui régnait dans la demeure lorsque son propriétaire l'occupait n'avait point disparu.

« Attends moi là, ordonna-t-elle à Hermione avant que cette dernière ne puisse passer la porte.

- Pourquoi ?, demanda la fille en fronçant les sourcils.

- Je dois m'assurer que tu ne cours aucun danger dans cette maison. », expliqua la femme.

Elle n'en dit pas plus et laissa la Gryffondor sur le pas de la porte.

La Serpentard ne pouvait correctement l'expliquer, mais elle sentait bien que quelque chose n'allait pas dans ce manoir.

Les restes humains entassés dans les cachots du sous sol, les objets de torture placés dans les différentes pièces comme de simples objets de décoration, la tapisserie tachée de petites éclaboussures de sang, le parquet griffé par des traces d'ongles, les portraits qui la regardaient d'un mauvais œil en chuchotant quelques insultes.

Tout dans ce manoir participait à le rendre menaçant, seulement Bellatrix sentait quelque chose de plus. Elle sentait la magie noire qui planait dans la demeure, magie noire qui pouvait se révéler à tout instant.

« Fais entrer ta Sang de Bourbe ici, et tu en paieras les conséquences. »

Ces mots prononcés par l'un des portraits alors qu'elle revenait vers le hall d'entrée lui firent froid dans le dos.

« On ne peut pas rester ici, annonça-t-elle en retrouvant la fille devant la porte.

- Je pense que tu as raison. », acquiesça Hermione dont les yeux effrayés zieutaient au dessus de l'épaule de la sorcière noire.

Bellatrix se retourna pour faire face à la traditionnelle tapisserie de l'arbre généalogique des Black.

Un frisson la parcourut lorsqu'elle observa son visage et son nom lentement noircir jusqu'à devenir une simple tâche noirâtre.

Tout comme Sirius, Andromeda et quelques autres avant eux, Bellatrix venait d'être rayée de l'arbre.

« Fichons le camp d'ici. », déclara-t-elle en refermant la porte du manoir.

Si Tenebris n'était pas arrivé au moment même où les deux femmes avaient franchi le portail en fer forgé, elles auraient sans doute causé leur perte en transplanant.

« Donc je récapitule, commença Hermione, Nous avons perdu notre tente et la plupart de nos affaires, on ne peut pas entrer dans la maison de ton arrière grand-père, des centaines de détraqueurs et l'ensemble de la Grande-Bretagne sont à nos trousses, et pour couronner le tout, on ne peut plus transplaner.

- J'aurais dû oublietter ces deux abrutis, maintenant je suis foutue, se lamenta Bellatrix.

- Nous sommes foutues, corrigea Hermione en s'asseyant au sol aux côtés de sa compagne, Ils savent que tu as une complice maintenant.

- Ils le savent depuis le début Hermione, avança la femme, Tu penses vraiment qu'ils n'ont pas trouvé ça étrange que tu disparaisses subitement alors que tu étais avec moi durant tout le mois précédent le procès?Tu m'as même accompagné à l'audience.

- Mais dans la Gazette ils disent que je suis "une complice à l'identité inconnue", précisa la fille.

- Oui parce que j'ai modifié ton apparence pour que les marcheurs ne te reconnaissent pas, défendit Bellatrix.

- Je ne te suis plus, avoua la jeune femme.

La sorcière leva les yeux au ciel.

- Tu ne trouves pas ça étrange que ton nom ne soit jamais apparu dans aucun des articles me concernant ?, demanda-t-elle, Que ce soit avant, pendant ou après mon procès, tu n'as jamais été évoquée dans aucun journal, pourtant tous les aurors savent que tu vis avec moi et toutes les personnes présentes au tribunal t'ont vu m'accompagner, ce n'est pas bizarre ?

- C'est vrai que je n'y avais jamais pensé, avoua la jeune femme.

- Et tu sais pourquoi ton nom n'est jamais associé au mien ?, continua Bellatrix.

Hermione venait de comprendre.

- Parce que Poena Thatcher ne veut pas que le public associe le nom de la mangemort qu'elle veut condamner à celui de la fille du Trio d'Or, énonça-t-elle.

- Exactement, affirma la femme, En tuant Voldemort j'ai déjà emporté une partie de l'opinion publique, alors si le Monde apprend en plus mon lien avec toi, Thatcher sait très bien qu'il n'y aura plus grand monde pour la soutenir dans ma condamnation.

- Ça se tient, appuya Hermione, Mais alors pourquoi tu as déformé mon visage ?! Si les deux marcheurs m'avaient reconnu la rumeur se serait répandue, Thatcher ne peut pas censurer toute la presse.

- Parce que tu penses vraiment que je vais t'embarquer dans ma chute ?, soupira tristement Bellatrix, Tu n'as toujours pas compris que je ne veux pas de cette vie pour toi ? Jamais tu ne seras officiellement impliquée dans ma cavale. Tu garderas toujours la possibilité de retourner à ta vie d'avant sans payer les conséquences de ta complicité avec Bellatrix Lestrange.

Hermione posa sa main sur la joue de la femme qui ferma les yeux à ce doux contact.

- Parce que tu penses vraiment que je vais retourner vivre ma vie sans te savoir en sécurité à mes côtés ?, répliqua-t-elle, Tu n'as toujours pas compris que je ne veux pas d'une vie sans toi ? Je ne t'abandonnerais jamais Bellatrix Black. »

Dans une délicatesse presque exagérée, Hermione posa ses lèvres sur celles de Bellatrix.

Une larme dévala la joue couleur porcelaine.

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10ème jour de cavale

"Gazette des sorciers du 28 novembre 1998

Une étrange trainée de fumée noire survolant le Londres moldu a été aperçue durant la nuit. S'agit-il de Bellatrix Black? Certains témoins affirment que cela s'apparentait bien à la technique de vol par magie noire utilisée par les mangemorts."

« Je reste persuadée que ce n'est pas une bonne idée. », commenta Bellatrix alors qu'elles venaient d'arriver devant une modeste mais jolie maison en brique où une plaque gravée "Granger" ornait la boîte aux lettres.

Cette idée invraisemblable venait de toute évidence d'Hermione.

« Bellatrix Black chez les moldus, s'était-elle écriée, C'est tellement improbable que personne n'y pensera. »

Seulement à moitié convaincue, Bellatrix avait tout de même accepté cette stratégie farfelue.

Elles avaient donc survolé une bonne partie de l'Angleterre durant de longues heures, et voilà qu'elles se retrouvaient de bon matin devant la maison des parents d'Hermione.

Si la sorcière noire avait accepté de se rendre chez la fille, elle n'avait tout de même pas convenu à rencontrer ses parents.

Lorsque la Gryffondor toqua à la porte, la Serpentard ne perdit donc pas de temps à se glisser sous la cape d'invisibilité.

Elle assista silencieusement aux retrouvailles entre Hermione et ses parents, gardant pour elle le sentiment d'envie que cela lui procurait.

La fille expliqua à ses parents qu'elle comptait rester ici quelques temps et sans grande surprise, ils en furent plus que ravis.

Rapidement, Hermione s'éclipsa dans sa chambre, Bellatrix à sa suite.

La sorcière noire s'écroula sur le lit de la jeune femme, épuisée d'avoir volé des heures durant, elle s'endormit sur le coup. La fille s'allongeât à ses côtés, prête à tomber dans les bras de Morphée... C'était sans compter sur la voix de sa mère qui résonna dans la cage d'escalier.

« Hermione ! Viens manger ma chérie. »

Elle se leva en soupirant, un petit sourire au coin de ses lèvres.

Malgré la fatigue et le stress constant dans lequel elle était plongée depuis maintenant dix jours, Hermione devait bien avouer qu'elle était ravie de passer un peu de temps avec ses parents.

Si la Gryffondor était convaincue que la cavale serait plus tranquille parmi les moldus et que la sorcière noire pourrait se permettre quelques sorties au sein de la foule de non-sorciers, ses espoirs furent réduis à néant lorsqu'elle retrouva la Serpentard entrain de jeter une multitude de sorts dans sa chambre.

« Qu'est-ce que tu fais ?, demanda-t-elle en fermant la porte derrière elle.

- Je protège la pièce, répondit la sorcière dont le visage était marqué par l'angoisse, Ils savent que je suis chez les moldus. », ajouta-t-elle en pointant du doigt la Gazette que Tenebris venait d'apporter.

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43ème jour de cavale

"Gazette du 31 décembre 1998

Poena Thatcher s'exprime quant à la fugitive la plus célèbre du Royaume Uni:

« Voilà maintenant près d'un mois et demi que Bellatrix Black est en cavale. Cela fait également plus d'un mois que les détraqueurs ont remplis les rues et que le transplanage est strictement régulé.

J'aimerais vous dire que l'on voit le bout du tunnel, seulement ce n'est pas le cas, et ça ne sera pas le cas tant que la meurtrière Bellatrix Lestrange n'aura pas retrouvé sa cellule à Azkaban.

Si vous détenez une quelconque information qui serait amène de retrouver Lestrange, vous êtes priez d'en faire part au Ministère. »"

Un lion en cage.

C'était Bellatrix depuis un mois maintenant. Piégée dans la chambre d'Hermione dont elle ne sortait que rarement, la sorcière noire n'était jamais allée plus loin que le petit jardinet qu'offrait la maison de banlieue des Granger.

Elle étouffait, ne supportant plus l'enfermement qui lui rappelait de mauvais souvenirs.

Cependant elle résistait, coûte que coûte, car malgré tout, cet enfermement valait tout l'or du monde par rapport à celui d'Azkaban.

La sorcière noire s'était même résignée à ne plus utiliser la magie. Outre pour jeter les sorts de protections sur la maison des Granger, la femme n'avait plus touché à sa baguette.

Elle savait grâce aux journaux que Londres était toujours sous haute surveillance. Les détraqueurs étaient partout dans les rues, invisibles aux yeux des moldus, mais toujours aux aguets, prêts à se jeter sur la moindre petite étincelle de magie qu'ils arrivaient à repérer.

Alors elle avait passé un long mois terré dans cette chambre, une continuelle peur au ventre de voir débarquer à tout instant un détraqueur ou une horde d'aurors.

Un long mois durant lequel Hermione lui avait tenu compagnie tant bien que mal, contrainte de la laisser seule une bonne partie de la journée pour ne par éveiller les soupçons de ses parents.

Un long mois durant lequel elle avait réfléchit, beaucoup réfléchit. Elle n'avait pas fuit une condamnation à Azkaban pour se retrouver à croupir dans une chambre moldue.

Elle avait déjà perdue bien trop de temps, et si elle voulait vivre, elle ne pourrait pas le faire au Royaume-Uni.

Allongée seule sur le lit de la jeune femme en ce soir du 31 décembre, Bellatrix venait d'en arriver à cette conclusion: elle voulait vraiment vivre.

« Le dîner est servi !, annonça joyeusement Hermione, un plateau à la main.

La femme se redressa dans un sursaut.

- Mais qu'est-ce que tu fais là ?, s'étonna-t-elle, Il n'est que vingt trois heures.

- J'ai prétexté un gros mal de tête pour m'éclipser du repas, expliqua la fille, Je voulais fêter la nouvelle année avec toi.

- Tes parents doivent être déçus, fit remarquer Bellatrix.

- Ils ne sont pas seuls, ils avaient invités des amis, contra-t-elle, Et puis mes parents sont déjà bien assez contents que je sois revenue vivre chez eux.

- Et toi tu es contente ?, interrogea la femme.

La fille fronça les sourcils.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?, demanda-t-elle.

- Est-ce que tu es contente d'être revenue vivre chez tes parents alors que tu pourrais occuper le poste de tes rêves au Ministère de la Magie ?, énonça-t-elle d'une traite.

Hermione écarquilla des yeux.

- Comment est-ce que tu es au courant ?! Je ne t'en ai jamais parlé.

- Ce n'est pas important Hermione, réfuta Bellatrix, Ce qui l'est en revanche c'est que tu es entrain de passer à côté de ta vie à cause de moi.

- C'est faux, je ne passe pas à côté de ma vie tant que je suis avec toi, nia la jeune femme.

- Bien sûr que si, affirma-t-elle, Tu es entrain de ruiner ton avenir pour moi. On ne vit pas Hermione, on ne vit plus, on survit. Et je pense que l'on mérite toutes les deux plus que ça. Ou en tout cas toi, tu mérites beaucoup plus que ça.

La véracité des propos de Bellatrix poignardèrent Hermione en plein cœur.

- Est-ce qu'on peut parler de ça une autre fois s'il te plait, demanda-t-elle en ravalant ses sanglots.

- On parlera de ça une autre fois. », la rassura la sorcière en posant une main sur sa joue pour la calmer.

Hermione l'embrassa amoureusement avant de l'inviter à manger le repas qu'elle lui avait apporté.

« Cette soirée est spéciale, j'ai envie que l'on fête ça, déclara la Gryffondor après quelques minutes de silence passées à regarder la Serpentard manger.

- Cette soirée est spéciale ?, s'étonna la plus vieille.

- Tu ne te rappelles pas ce qui s'est passé l'an dernier à la même date ?, s'insurgea la jeune femme.

Bellatrix n'eut à réfléchir qu'une seconde pour se rendre compte de sa bêtise.

- Bien sûr que je m'en rappelle. », assura-t-elle.

Elle vit à la mine renfrognée d'Hermione que cette dernière n'était pas convaincue par ses dires.

« Il y a un an jour pour jour, je te dévorais des yeux dans ta petite robe de bal. Puis je me suis faite priée pour t'accompagner danser et lorsqu'est arrivée l'heure des slow, tu as essayé de t'échapper mais je t'ai retenu par le bras, et j'ai bien fait parce qu'à la fin de la chanson c'est toi qui m'a tiré par le bras pour m'embrasser sauvagement dans l'une des alcôves du couloir. Ensuite j'ai décidé de t'emmener dans ma chambre, puis nous avons fait l'amour, des heures et des heures durant. »

Un petit sourire malicieux se glissa sur la bouche rosée de la plus jeune, rapidement balayé par le baiser torride initié par son ainée.

Mais alors que la tension grimpait entre les deux corps bouillants de désir, Hermione mit fin à l'étreinte.

« Je croyais que tu voulais fêter ça, fit remarquer Bellatrix en fronçant les sourcils.

- Oui c'est exactement ce que j'ai dit, confirma la fille, Et je ne veux pas fêter ça dans la chambre dans laquelle tu es confinée depuis plus d'un mois. Allons nous balader, il y a un superbe parc à quelques centaines de mètres d'ici.

- Ce n'est pas prudent Hermione, avança la sorcière.

- Juste pour ce soir, négocia la Gryffondor.

- Même si c'est juste pour ce soir, c'est beaucoup trop dangereux, insista la Serpentard.

- Je sais, déclara Hermione, Mais comme tu l'as dit, ne nous contentons pas de survivre. Vivons.»

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Après un long argumentaire, la sorcière noire s'était laissée convaincre par la fille.

Le regrettait-elle ? Pas le moins du monde.

Allongée dans l'herbe fraiche aux abords d'un lac où se reflétait l'éclat de la lune et des étoiles, Bellatrix ne s'était pas sentie aussi bien depuis longtemps.

L'air froid de l'hiver lui caressant le visage lui était agréable. Le calme qui régnait dans le parc l'apaisait. Et la main d'Hermione fermement liée à la sienne suffisait à la réchauffer.

« Bonne année Bellatrix. », chuchota Hermione à l'oreille de la femme alors que les douze coups de minuit sonnaient.

Un sourire prit place sur les lèvres sanguines de Bellatrix qui laissa tomber sa tête sur le côté pour regarder la fille de ses yeux pétillants.

- Bonne année Hermione. », murmura-t-elle à son tour avant de venir embrasser passionnément la jeune femme.

Bellatrix n'eut pas de doute, en cet instant précis, elle faisait bien plus que survivre.

Une fois qu'elles eurent échangé ce délicieux baiser, les deux femmes dont les mains étaient toujours liées se remirent à admirer le ciel étoilé.

Ces éclats de lumière, purs et puissants, qui transcendaient l'étendue ténébreuse du ciel nocturne.

La sorcière noire aurait pu passer des heures à observer les différentes constellations sans jamais s'en lasser.

Seulement bien vite le ciel se couvrit, des nuages sombres et un épais brouillard prirent d'assaut le lac alors qu'un froid glacial qui n'avait plus rien d'agréable s'insinua entre les arbres.

Elles se levèrent pour constater qu'il était trop tard, elles étaient encerclées, ils étaient des centaines.