Son sang se glaça, elle était prise au piège, sa fin était proche.

Son cœur s'était arrêté de battre, où bien s'il se mouvait encore, elle n'en percevait plus les battements. Une boule s'était formée dans sa gorge, empêchant l'air de passer. Elle avait froid, terriblement froid, tellement froid qu'elle en grelotait. Sa peau s'était recouverte de chair de poule. Une sueur froide gouttait le long de son dos. Son teint porcelaine était devenu livide. Ses yeux s'étaient gorgés de larmes. Ses jambes ne la portaient plus.

Elle s'écroula au sol.

« Bellatrix! », s'époumona Hermione.

Elle se jeta par terre aux côtés de la femme et commença à paniquer en constatant qu'elle était gelée. Elle l'appela, encore et encore, la secoua vigoureusement pendant de longues secondes, mais rien n'y fit.

Bellatrix n'était plus qu'une poupée de chiffon gisant au sol.

Penchée au dessus du corps inerte de son amante, Hermione oublia quelques instants les centaines de détraqueurs qui gravitaient autour d'elles. Ce fut seulement lorsqu'une main visqueuse et grisâtre se referma sur son épaule que la jeune femme se rendit compte du danger auquel elles étaient confrontées.

Hermione eut tout juste le temps de voir les longs doigts recouverts de croutes que sa vision s'étiola. Un voile blanc et froid enfuma son regard alors qu'un sentiment étrange la submergea.

Elle n'avait jamais rien ressenti de tel.

C'était comme si tout le bonheur, toute la joie, tout le plaisir, quittaient doucement et douloureusement son corps. Comme si on lui volait ses plus précieux souvenirs. C'était comme si le détraqueur s'attaquait à toute trace de lumière pour ne laisser derrière lui que les ténèbres.

La longue et terrible inspiration du monstre prit fin lorsque, du bout de sa baguette, Hermione parvint à lancer son Patronus.

La petite loutre scintillante vint éclairer le ciel brumeux, faisant reculer les détraqueurs de quelques mètres.

D'abord ravie d'avoir réussi à invoquer son Patronus aussi rapidement, un grand sourire de soulagement vint éclairer son visage. Seulement ce dernier s'effaça dès qu'elle se rendit compte que le sort de protection n'allait pas arrêter les détraqueurs bien longtemps. Son Patronus n'était pas des plus puissants, et ils étaient bien trop nombreux.

« Bellatrix je t'en supplie réveille-toi ! », hurla-t-elle en tombant à genoux, morte de fatigue.

L'appel d'Hermione sonnait comme un lointain murmure dans l'esprit de la sorcière évanouie.

« Bellatrix ! », hurla une nouvelle fois la Gryffondor.

L'attaque du détraqueur avait épuisé la jeune femme, seule sa hargne lui permettait de maintenir le Patronus dont l'intensité baissait à vue d'œil.

Hermione ne sut déterminer le moment exact où elle lâcha sa baguette. Au contraire de Bellatrix qui fut comme foudroyée par le cri de plainte que poussa la fille alors qu'un nouveau détraqueur avait commencé à aspirer son âme.

Les paupières s'ouvrirent pour révéler les orbes noirs et Bellatrix fut horrifiée par la scène qui se déroulait sous ses yeux. L'affreuse créature voilée de noir collée au visage agonisant d'Hermione, les dizaines et dizaines d'autres détraqueurs qui les encerclaient de près.

La nausée lui monta, un fulgurant mal de tête l'assaillit. Elle était sur le point de perdre connaissance à nouveau, victime du terrible effet qu'avait les détraqueurs sur elle. Cependant la sorcière noire trouva au fond d'elle la force de se lever, force provoquée par la douloureuse vue d'une Hermione en danger.

Campée sur ses frêles jambes, Bellatrix pointa sa baguette vers le ciel. L'air défaitiste placardé sur son visage traduisant le peu de confiance qu'elle avait sur ce qui allait suivre. Son bras fermement armé attestant quant à lui du faible espoir qu'elle avait de réussir ce qu'elle n'avait jamais réussi auparavant.

« Expecto patronum. », murmura-t-elle d'un ton ferme dont on pouvait tout de même percevoir la légère failure.

Elle ferma les yeux et se concentra. Une poignée d'images défilèrent dans sa tête. Lorsqu'elle les rouvrit, une violente lumière blanche la frappa de plein fouet.

Un immense phénix immaculé venait de sortir du bout de la baguette incurvée. Un imposant halo blanc avait entouré les deux femmes, renvoyant violemment les détraqueurs en arrière.

Le Patronus lancé par Bellatrix était d'une rare puissance.

Une bouffée d'air frais vint emplir ses poumons. Son coeur battait à tout rompre, allant jusqu'à irradier ses tempes. Un timide sourire entrecoupé de sanglots euphoriques prit place sur son visage rendu brillant par la blancheur du Patronus.

Elle avait réussi. Pour la première fois de sa vie elle y était arrivée. Elle venait de lancer le seul sort qui lui avait toujours résisté.

La sorcière noire ne sut déterminer quel souvenir avait permis cela, mais elle était sûre d'une chose: Hermione en était la protagoniste principale.

--

La chaleur et le réconfort du corps de Bellatrix enlaçant le sien, ce fut sans doute ce qui réveilla Hermione.

La sorcière noire était perdue dans ses pensées depuis quelques heures déjà.

Des pensées qui lui faisaient mal, des pensées qui lui torturaient l'esprit, des pensées qui faisaient saigner son cœur, mais des pensées auxquelles elle avait mûrement réfléchi.

Jouant du bout de ses doigts avec les boucles châtain de la fille, elle ne remarqua pas immédiatement que cette dernière s'était réveillée. Ce fut seulement lorsqu'elle sentit le regard larmoyant posé sur elle que la femme se redressa en grimaçant d'inquiétude.

« Est-ce que ça va ? », demanda-t-elle en prenant le visage d'Hermione en coupe.

Elle ne reçut aucune réponse de la part de la fille.

« Hermione, dis-moi que tu vas bien. », supplia-t-elle.

Une nouvelle fois, la jeune femme dévastée par les pleurs fut incapable de prononcer la moindre réponse.

Le choc de ce qu'il s'était passé. La peur de ce qu'il avait failli se passer. La culpabilité d'être celle qui avait entraîné tout ça.

Hermione pleurait pour cela.

Cependant dans l'esprit de Bellatrix il en était tout autre.

L'attaque du détraqueur avait été trop forte, son aspiration trop longue, et son effet, trop redoutable. La bête des ténèbres avait volé l'entièreté de son âme, et Hermione n'avait pu y résister. La jeune femme n'était maintenant plus que l'ombre d'elle-même. Pareille à un fantôme, elle ne ressentait plus que de la douleur, une douleur cruelle, une douleur causée par le vide et qui se traduisait par des pleurs incessants et un soudain mutisme. Une souffrance que la sorcière noire avait elle-même expérimenté durant ses années passées à Azkaban. Une souffrance qu'elle ne souhaitait pas à son pire ennemi. Une souffrance qui venait pourtant de frapper l'amour de sa vie...

Un soupir de soulagement passa la barrière des lèvres rouges sang lorsque la fille opina finalement de la tête, certifiant ainsi à la femme qu'elle allait bien et que son scénario catastrophe n'avait pas lieu d'être.

« Je suis tellement désolée, furent les premiers mots que la Gryffondor parvint à articuler.

Elle se blottit dans les bras de la Serpentard qui vint l'étreindre en retour.

- Tu n'as pas à être désolée, souffla-t-elle.

- Si, insista la fille, C'est de ma faute s'ils nous ont retrouvé! On n'aurait jamais dû sortir, tu avais raison.

- Ce n'est pas de ta faute, j'étais d'accord pour sortir, argua Bellatrix, J'avais conscience des risques et pourtant je suis quand même sortie. C'est de ma faute, je t'ai mise en danger et tout est de ma faute.»

Elles restèrent silencieuses un moment. Hermione essayant de calmer ses pleurs, Bellatrix tentant de ravaler ceux qu'elle sentait menacer.

« On va devoir partir n'est-ce pas ?, chuchota finalement la jeune femme.

- Oui, on partira demain matin, abrégea-t-elle, ne se sentant pas capable de tout lui expliquer maintenant.

- Et où irons-nous ?, questionna la fille.

Plongée dans les orbes bruns dans lesquels elle faillit se noyer, Bellatrix hésita sur la réponse qu'elle devait donner à Hermione.

- J'hésite encore, mentit-elle, Je me laisse la nuit pour y réfléchir. »

En vérité, la sorcière noire se laissait la nuit pour profiter. Pour savourer ces derniers instants de quiétude. Pour déguster ces derniers fragments de passion. Pour se délecter de ces derniers moments d'affection. Pour mémoriser ces dernières étincelles d'amour.

Il restait tout juste une poignée d'heures avant le lever du soleil, et Bellatrix comptait bien mettre à profit chaque seconde qui lui restait pour rendre cette nuit inoubliable.

« Mais j'y pense !, s'exclama Hermione en se redressant, Comment a-t-on échappé aux détraqueurs ?!

La fille connaissait la réponse, cependant elle voulait entendre la femme le dire.

- J'ai réussi à jeter mon Patronus, avoua la sorcière noire, Et c'est grâce à toi..., ajouta-t-elle en roulant des yeux devant l'air exagérément ravi de la Gryffondor.

- Je t'aime tellement... », fut la seule chose que la jeune femme trouva à dire tant elle était heureuse pour la Serpentard.

Avec toute la tendresse du monde, la sorcière noire posa ses lèvres au sommet du crâne d'Hermione, puis sur son front, sur sa tempe, sur sa pommette, sa joue, au coin de ses lèvres, et finalement sur sa bouche. Elle sentit Hermione sourire dans le baiser, cela fit s'emballer son cœur.

La tendresse laissant vite place à la fougue, Bellatrix quitta les lèvres de la fille pour venir embrasser sa mâchoire, puis sa gorge, la naissance de son cou, sa clavicule saillante, elle descendit aussi bas que lui permit le décolleté de la robe de réveillon. Elle sentit la fille frémir sous ses baisers, cela fit se déchainer son bas ventre.

Elle retira la robe à sequins rouges du corps bouillant d'Hermione et se délecta de cette silhouette nue qu'elle aimait tant. Elle dévora son corps des yeux, le frôla de sa paume, le caressa de ses doigts, le goûta de sa bouche, et le chérit de son cœur. Elle aimait tout du corps d'Hermione, et si seulement elle n'avait aimé que ça...

En réalité, tout chez Hermione trouvait grâce aux yeux de Bellatrix. Allant de son éternel courage Gryffondor à sa curiosité abusive, de son goût du savoir jusqu'à sa haine de l'injustice, de sa naïveté parfois juvénile jusqu'à son air passionné. Bellatrix adorait tout cela, elle adorait ses plus belles qualités et ses défauts les plus ridicules. Elle ne faisait d'ailleurs pas que les adorer, elle en était amoureuse. Bellatrix était follement amoureuse de tout ce qui pouvait composer la jeune femme, simplement parce que c'était elle, simplement parce que c'était Hermione.

Lorsqu'elle sentit le corps de la Gryffondor se tendre sous elle, lorsqu'elle l'entendit crier son prénom, lorsqu'elle la vit venir pour elle, la Serpentard ne put faire autrement que de laisser s'échapper une larme, peut-être deux.

Cette étreinte torride avait ravivé Hermione, lui rendant les forces prises par l'attaque des détraqueurs. Allongée sur le matelas moelleux, la respiration erratique, le cœur battant à deux milles et le corps nu de Bellatrix noué au sien, la jeune femme se remettait lentement du délicieux orgasme que venait de lui offrir sa dulcinée.

Les paupières closes, Hermione caressait lascivement les boucles ébènes étalées sur son torse, attendant patiemment que le tremblement de ses jambes cesse et que son souffle reprenne un rythme mesuré. Une fois que cela fut fait, la Gryffondor se décida enfin à ouvrir les yeux dans l'idée de regarder amoureusement la Serpentard qui l'enlaçait.

Un sourire aux lèvres, Hermione redressa légèrement la tête pour mieux observer Bellatrix. Le corps gracieux de la femme attira d'abord son attention. Sa peau laiteuse, ses courbes délicieuses et sa cambrure aguicheuse. A peine remis de sa jouissance, le bas ventre de la fille gronda à nouveau. Seulement son fulgurant désir fut stoppé net par les larmes qui tâchaient le teint porcelaine de Bellatrix.

« Tu pleures ?, s'inquiéta Hermione en se redressa un peu plus, faisant ainsi se relever le visage de la femme qui s'était posé sur son ventre.

- Non, nia vainement Bellatrix en essuyant ses joues d'un revers de main.

La Gryffondor vint prendre en coupe le visage larmoyant de la Serpentard.

- Pourquoi est-ce que tu pleures ?, demanda-t-elle dans une douceur absolue.

Les prunelles noires fondues aux brunes, Bellatrix se laissa happer par le regard d'Hermione jusqu'à ce que son cœur parle pour elle.

- Parce que je t'aime. », prononça enfin la sorcière noire.

Les orbes bruns plongés dans les noirs, Hermione déjà noyée dans le regard de Bellatrix se laissa entrainer dans les profondeurs de ce dernier jusqu'à ce que son cœur lui fasse fermer les yeux.

L'organe vital se gorgea de chaleur avant d'inonder d'amour tout le reste de son être. Hermione avait attendu ces trois petits mots patiemment, elle les avait tellement attendu qu'elle avait fini par ne plus les voir arriver. Seulement ils étaient finalement venus et ils lui avaient fait bien plus d'effet que ce qu'elle avait imaginé. Elle avait l'impression de s'être pris un violent ras de marée de plein fouet, une tempête qui avait tout détruit et tout emporté sur son passage, ne laissant derrière elle que du bonheur. Un sentiment de bonheur infini.

Du bonheur pur et dur.

Malgré ses larmes, Bellatrix ne put s'empêcher de sourire devant l'air émerveillé qu'affichait Hermione. Son sourire était sincère, mais son sourire était également triste. La sorcière noire s'en voulait et souffrait d'avance de ce qu'allait amener l'aurore. Et bien qu'il fasse encore nuit noire, Bellatrix redoutait déjà le soleil levant.

« Fais-moi l'amour. », exigea Hermione dans un murmure ardent alors qu'elle avait finalement réouvert les yeux.

Et Bellatrix obéit. Mettant de côté tout ce qui la torturait, mettant au second plan tout le mal qui la rongeait, la femme aux boucles corbeaux ne souhaitait plus qu'une chose, aimer et se laisser aimer jusqu'au bout de la nuit. Inconditionnellement et sans rien regretter, jamais.

--

Le ciel était morne. Hermione ne fut donc pas réveillée par les doux chatouillis des rayons du soleil levant. Non, la jeune femme n'eut définitivement pas droit à un réveil si doux.

Foudroyée par une mauvaise intuition, la Gryffondor avait bondi hors des draps dès l'instant où elle n'avait pas sentit la Serpentard dans le lit.

Bellatrix était peut-être descendue chercher à manger, ça n'aurait pas était la première fois. Peut-être encore était-elle allée rassembler des affaires pour leur départ. Cela était très probable, et pourtant Hermione n'y crut pas une seconde.

Prise d'une panique irrationnelle, la jeune femme se mit à faire les cent pas dans sa chambre. Son cœur martelait dans sa poitrine alors que sa respiration se faisait de plus en plus difficile. Ses yeux tournaient et viraient dans la pièce, comme si elle s'attendait à voir la femme surgir de derrière la commode ou de dessous le bureau.

Le bureau.

Un frisson glacial descendit le long de sa colonne lorsqu'elle vit la cape d'invisibilité d'Harry soigneusement repliée sur le bureau. Sur la cape reposait une lettre.

Ses lèvres commencèrent à trembler, ses yeux s'embrumèrent. Elle avança prudemment, comme si elle craignait que la lettre lui saute au visage. Une fois suffisamment proche pour l'atteindre, elle tendit une main hésitante et finit par se saisir du courrier.

Elle ferma les yeux, laissa couler une larme, souffla un bon coup, ouvrit l'enveloppe et déplia la feuille de papier.

"Hermione..."

Son prénom inscrit dans l'élégante calligraphie noire suffit à faire pâlir la jeune femme.

"...je veux d'abord que tu saches que je suis désolée, terriblement désolée de t'avoir embarqué là dedans. Et je suis tout autant désolée que tu aies à lire cette lettre. Je sais qu'elle va te faire du mal, sans doute autant de mal que celui que je ressens en l'écrivant..."

Bellatrix avait raison, rien n'avait encore été dit dans cette lettre et pourtant Hermione avait déjà mal, terriblement mal.

"...Je n'aurais jamais pensé avoir un jour à écrire une lettre d'adieu, parce que je n'avais jamais osé espérer manquer à quelqu'un en partant..."

La mâchoire d'Hermione se resserra pour empêcher les sanglots d'éclater.

"...Si tu n'avais pas été là Hermione, je serais parti l'esprit léger, je serais parti sans souffrance ni regret, je serais parti sans rien laisser derrière moi et sans culpabilité..."

L'incompréhension d'Hermione entraîna sa colère. Elle resserra furieusement ses doigts sur le papier, cornant un coin de la lettre sans pour autant en arrêter la lecture.

"...Seulement tu es là et je ne te remercierai jamais assez pour ça. Parce que sans toi Hermione, certes je souffrirais moins à présent, mais sans toi je n'aurais pas survécu. Sans toi je n'aurais jamais retrouvé goût à la vie. Sans toi je n'aurais jamais eu la foi d'aller jusqu'au bout. Sans toi je n'aurais jamais eu la force de tuer Voldemort. Sans toi je n'aurais jamais pu vaincre mes démons. Sans toi je n'aurais eu la chance d'aimer et d'être aimé..."

Les larmes coulaient à torrent des yeux bruns. Mais malgré sa vision rendue floue par les pleurs, Hermione n'aurait interrompu sa lecture pour rien au monde.

"Je te serai à jamais reconnaissante Hermione. En l'espace d'un an à tes côtés, tu m'as fait ressentir des choses qui m'étaient jusqu'alors inconnues. Tu m'as fait ressentir les plus belles choses qui soient. Tu m'as offert les plus beaux mois de ma vie et je veux que tu saches que je n'oublierai jamais cela.

Je n'oublierai jamais la première fois que tu m'as tenu tête lors du premier cours sur les sortilèges impardonnables.

Je n'oublierai jamais la première fois que je t'ai senti me déshabiller du regard.

Je n'oublierai jamais ta réaction quand tu as réussi à lancer le Feudeymon, et encore moins le baiser que tu m'as volé en revenant de Gringotts.

Je n'oublierai jamais comme tu étais douce et adorable à mon chevet dès le lendemain. Je faisais mine de m'en moquer, mais la vérité est que ton inquiétude pour moi m'avait vraiment touché.

Je n'oublierai jamais notre fameux jeu. Je n'oublierai jamais à quel point je prenais un malin plaisir à te troubler lors de nos cours d'Occlumancie ou lors de notre balade dans la Forêt interdite.

Je n'oublierai pas non plus le moment où j'étais sur le point de gagner le duel et où tu as refusé de m'embrasser, me troublant réellement pour la première fois.

Je n'oublierai jamais la tension entre nous lors du bal d'hiver. Et je n'oublierai certainement pas l'étrange manque que j'ai ressenti lorsque tu as quitté Poudlard pendant quelques jours.

Je n'oublierai définitivement pas notre premier baiser le soir de Noël. Je n'oublierai pas non plus les joyeux jours de vacances que nous avons passé ensembles, et encore moins notre première nuit le soir du réveillon...

Je n'oublierai jamais tout ce que tu as fait pour moi lorsque j'étais au plus bas.

Je n'oublierai jamais au grand jamais le soir où tu m'as dit que tu m'aimais. Je n'oublierai pas ta belle déclaration qui m'a complètement bouleversé.

Je n'oublierai pas non plus nos nombreuses disputes, parce qu'après tout elles n'ont jamais affaibli les sentiments que nous ressentons l'une pour l'autre.

Je n'oublierai jamais ces précieux instants de bonheur que tu m'as offert, et je n'oublierai jamais la délicieuse sensation d'être à tes côtés.

Je n'oublierai jamais tout ce que tu m'as apporté. Je ne t'oublierai jamais Hermione.

J'étais perdue dans la noirceur que j'avais toujours connue et tu m'as sauvé.

Tu es mon étoile, mon étoile parmi les ténèbres.

Je t'aime Hermione, je t'aime infiniment..."

Les larmes d'Hermione s'échouaient une à une sur la lettre, déformant lentement l'écriture à l'encre noire.

"...Je t'aime tellement que je veux plus pour toi. Je veux beaucoup plus que ce que je suis amène de t'apporter.

Je sais que tu penses que tu seras plus heureuse avec moi malgré tout, mais je te promets que tu te trompes. Ce serait se mentir que de dire que l'on était heureuse ces dernières semaines.

Je n'étais pas heureuse et toi non plus.

Tu ne voyais plus tes amis, tu ne sortais quasiment plus, tu n'avais même plus le cœur à lire ou à étudier.

Nous ne vivions plus, nous survivions.

Et je suis peut-être condamnée à survivre pour échapper à Azkaban, mais ce n'est pas ton cas.

Alors je ne veux pas te voir survivre Hermione. Je ne veux plus te mettre en danger comme je l'ai fait ces dernières semaines. Je ne veux plus te garder égoïstement avec moi et te condamner à mon triste sort. Je veux te voir vivre Hermione.

Je veux que tu continues à voir tes amis. Je veux que tu retournes parmi les sorciers. Je veux que tu continues d'étudier. Je veux que tu acceptes le poste de tes rêves au Ministère. Je veux que tu deviennes la femme extraordinaire que tu es destinée à être. Je veux que tu réalises tous tes rêves. Et par dessus tout, je veux que tu sois heureuse.

Je n'oublierai rien, et je sais que toi non plus, mais je t'en prie Hermione, ne te prive pas de vivre pour moi. Tu ne mérites pas ça et moi non plus. Je mérites de savoir que l'être que je chéris plus que tout au monde va se relever et vivre la merveilleuse vie qui l'attend.

Mais je te fais confiance. Ça m'a peut-être pris longtemps, mais je veux que tu saches que je te fais entièrement confiance à présent. Alors peu importe à quel point ce sera difficile, je sais que tu y arriveras.

Et je sais qu'un jour, toute notre histoire ne te fera plus souffrir mais ne sera plus qu'un beau souvenir. Un magnifique souvenir.

Cette lettre touche à sa fin, le jour va bientôt se lever et lorsque tu te réveilleras je serai partie. Sans doute loin, très loin de Londres et du Royaume-Uni.

Tu dors encore. Tu as l'air paisible et tu serres mon oreiller contre toi. Tu es tellement belle.

Je sais que c'est lâche de te laisser avec une lettre, mais je sais aussi qu'il serait bien trop difficile de te quitter en t'ayant en face de moi. C'est déjà tellement difficile...

Je t'aime Hermione, et je t'aimerai toujours.

Bella"

Le ciel était morne. L'âme d'Hermione l'était tout autant.

Fin

[ Et bien voilà, c'est fini, j'espère que cette histoire vous a plu :) ]