Le vent frais s'engouffrait dans la pièce par la fenêtre, encore et encore, amenant avec lui tout le silence de la nuit. Pourtant, ce n'était pas lui qui rendait l'air de la pièce glaciale.
Il était environ trois heure lorsqu'Atsumu perçut un son étrange, comme des bruits de pas étouffés mais venant du plafond. Sans attendre un instant de plus, il sortit son arme. À raison puisque moins de dix secondes plus tard, l'une des grandes fenêtres était dégondée et une ombre assez imposante pénétrait la chambre.
Dès que l'intrus posa un pied à l'intérieur, le garde fondit sur lui tel un prédateur le ferait sur sa proie. Sauf qu'ici la proie était entraînée et prête à répliquer. Le blond pesta, Kita, l'Empereur et même Suna les avaient prévenus qu'il risquait d'avoir plus de tentatives d'assassinat sur le prince et de plus en plus, ils rencontraient ce genre d'individus.
Coup après coup, il repoussa l'assassin mais ce dernier répliquait avec ardeur, il était clairement le meilleur de ceux envoyés jusqu'à maintenant. De toute manière, cela ne changerait rien au fait qu'il allait se faire botter le cul.
Cependant, Atsumu choisit la sécurité de Shoyo, avant son égo, avant son envie de prouver qu'il était meilleur de son frère, avant tout le reste.
—'Samu! Intrus!
Habituellement, son jumeau n'aurait pas été réveillé par un simple cri mais il savait parfaitement qu'avec la période qu'ils traversaient ces derniers mois, Osamu avait le sommeil plus léger. Après tout c'était aussi son cas.
Comprenant qu'un renfort arrivait, l'individu en face de lui redoubla d'effort, tenta des attaques plus vicieuses. Malheureusement pour lui, le garde voyait à travers toutes ses tactiques et fini par trouver une faille, lui faisant plier genou.
L'assassin put à peine bouger qu'une lame s'appuyait sur sa gorge rapidement rejointe par une seconde sur sa nuque. Soupirant lourdement, il leva les bras en signe d'abandon mais les armes ne cessèrent de le menacer.
— Qui es-tu ?
— Et pour quelles raisons viens-tu attenter à la vie du prince ?
— Wowowow ! Qui as dit que j'lui voulait du mal ?
— Ton comportement, répondit Osamu de sa voix pas bien réveillé.
— C'est lui qui m'a sauté dessus !
— Parce qu't'es entré par la fenêtre à trois heures du mat' !
— 'Samu, 'Tsumu ? Qu'est-ce qui s'passe ?
La voix tout ensommeillée du rouquin leur fit tout trois tourner la tête vers le lit. Debout, à quelques mètres se tenait l'héritier, qui allumait un chandelier ou, du moins, essayait.
— C'est rien, Sho, rassura le blond.
— Juste un intru. On s'en occupe.
— Tu peux retourner dormir.
— Salut, minimoys. Ça faisait un bail.
Shoyo connaissait le gars qui venait pour le tuer ? Le plus âgé des jumeaux raffermit sa prise sur sa lame, la poussant encore un peu plus sur la peau de l'inconnu.
Le prince s'avança vers le trio avant d'approcher le lumière du visage de l'intrus, révélant son expression espiègle malgré sa position. Celle du rouquin se fit plus neutre, comme si, d'un coup, il renfermait ses émotions, soudainement, il avait besoin d'être sur ses gardes.
— Tetsuro. . . Kozume t'envoie, n'est-ce pas ?
— C'est tout ce que a comme paroles d'accueille ? Tu sais, ce n'est pas si simple d'arriver jusqu'à toi, ces temps-ci. Regarde même tes petits chiens de garde essaient de me mettre en laisse.
Ce fut Osamu qui enfonça son arme plus profondément dans la nuque de leur assaillant, la faisant rougir. Ce dernier ne semblait pas perturbé par l'entaille qu'il venait de gagner.
— Ouh mais celui-là serait prêt à mordre. D'ailleurs, tu pourrais me dire ce qu'il avait à garder dans ton lit, minimoys.
— Arrête avec tes plaisanteries, on sait tous les deux pourquoi tu es là et ce n'est pas pour insulter les personnes que j'aime.
En un instant, l'attitude de l'homme à terre devint sérieuse, grave, pourtant les deux gardes ne le remarquaient pas, trop absorbés par la confession à demi-mots du prince. Ils savaient, bien sûr, qu'il avait des sentiments pour eux. Il le leur rappelait à chaque occasion, à chaque fois qu'ils le lui demandaient.
Cependant l'entendre spontanément, en présence de quelqu'un, certes un intru mais ça quand même restait quelqu'un, avait une saveur totalement différente. C'était un peu comme un plat dont déjà l'odeur faisait saliver, où une seule bouchée était suffisante pour combler n'importe quel estomac mais qui était si bon qu'il serait fou de ne pas se faire gourmand.
— On a un plan. Il y a d'autres solutions, tu n'as pas besoin de rester ici, d'assumer l'étiquette qu'on t'a collé ! Tout est déjà, faut juste-
— COMBIEN DE FOIS je vais devoir le répéter : mon choix est fait. Je ne vais pas fuir, je ne vais pas aller avec vous, je ne vais pas changer d'avis.
— . . . Je savais que ce serait une perte de temps de venir jusqu'ici, soupira l'assaillant. Tu as toujours été des plus têtu.
— C'est pas comme si tu étais capable de refuser quoi que ce soit à Kozume.
La voix du rouquin s'était adoucie mais restait tellement plus sérieuse. Elle ramenait les jumeaux quelques années auparavant, au début de leur service pour Shoyo, lorsqu'ils n'étaient là que par devoir.
— Tu me connais si bien. Presque à croire qu'on est amis.
— Ce n'est pas ma faute si, même après temps d'année, tu n'as pas changé.
Le prince sourit mais d'un sourire si peu amical, les frères en eurent un frison. Ils n'étaient plus sûrs du genre de situation dans laquelle ils étaient. Devaient-ils relâcher leur prisonnier ou continuer à le maintenir à genoux ? Lui et le plus jeune semblaient proches, alors est-ce qu'ils devaient les laisser discuter plus librement ?
Sans le remarquer, les gardes diminuèrent la pression qu'ils exerçaient sur le noiraud.
— Ne lui laissez pas la moindre marge d'action ! ordonna l'héritier. Il lui en faut peu pour agir.
Suivant le commandement de leur protéger, les deux hommes resserrèrent leur lame et le cou de leur victime. Celle-ci se redressa, cherchant l'air qui semblait soudainement lui manquer.
— Que de vigilance.
— Malgré nos inattendues retrouvailles, je suis fatigué donc si tu avais l'amabilité de t'en aller. Oh et de dire à Kozume de me laisser tranquille une fois pour toute. Atsumu, tu peux lui montrer la sortie.
— Bien sûr, répondit immédiatement le blond.
— Mais je connais le chemin, ne t'inquiète pas !
— Je préfère être certain. Histoire que tu ne te perdes pas.
— Comme c'est aimable de ta part ! s'exclama l'intrus en se relevant une fois les armes autour de sa gorge disparues.
Atsumu emprisonna de suite les bras de Tetsuro lui empêchant d'attaquer. Il le fit ensuite se diriger vers la fenêtre par laquelle l'assassin présumé était entré.
— Une dernière chose avant de me faire jeter dehors, profite bien des prochaines semaines.
— Serait-ce une menace ?
— Nooonnnn, bien sûr que non, assura le noiraud avant de murmurer. Pourquoi menacer un mort . . .
Renforçant sa poigne, le garde aux cheveux d'or fronça les sourcils, il avait entendu son prisonnier parlé mais avait été dans l'incapacité de le comprendre. L'intrus grimaça sous sa force.
— Bien entraînés, tes chiens de garde. J'aurais presque de la peine pour eux, s'ils ne m'avaient pas mis une raclée.
— Tu devrais juste partir avant que je décide de te faire enfermer à la place.
— Ouh, je m'en vais, je m'en vais. Tu es devenu bien cruel, minimoys.
Disparaissant dans les secondes qui suivirent sa libération, Testuro ne se retourna pas, entamant son long voyage de retour.
Dans la chambre, ne subsistait plus que les trois jeunes hommes et l'ambiance froide. Incertains de ce que le reste de la nuit leur réservait, Osamu et son frère s'approchèrent du petit prince.
— Tu veux en parler ? demanda le jumeau aux cheveux gris.
— Non, c'est bon. Juste-juste retournons au lit.
Prenant dans chacune de ses mains l'une de ses gardes, Shoyo les entraîna dans son lit à baldaquin. Le cadet des jumeaux retrouva sa place encore tiède à côtés du plus petit tandis qu'Atsumu s'assit à l'opposé.
— Tu veux pas te coucher ?
— Si, mais ça ne semble pas réel. Pouvez-vous le rendre concret, tangible ? Pouvez-vous me faire sentir vivant ?
Sans même se concerter, les deux jeunes amenèrent les mains du rouquin à leurs lèvres.
— Sans problème, répondirent-ils d'une seule voix.
C'était encore cette période de l'année, pleine d'excitation, de joie et bonne humeur, c'était la fête de l'Empire, mais pour les jumeaux, c'était surtout l'anniversaire de Shoyo. Pour leur première fois en tant que partenaires, ils avaient préparé une surprise, ce qui n'avait pas été simple au vu de leur proximité constante avec la personne à surprendre.
Ce n'était rien de très fantaisiste ou coûteux, mais une fois parti de la soirée en l'honneur du prince, ils feraient monter le rouquin sur le toit pour observer la ville et les étoiles. Vraiment, ce n'était rien d'extraordinaire, cependant c'était le genre de chose qu'il aimait observer le monde, l'univers vivre calmement.
Alors ils avaient prévu des encas, des couvertures, tout ce qu'il leur faudrait une fois là-haut. Tous deux étaient impatients de voir la réaction du petit prince, certains que ses yeux s'illumineraient et que son rire résonnerait dans la nuit.
Pour le moment, il fallait encore garder le secret, un peu plus de vingt-quatre heures, plus si longtemps mais toujours trop. Atsumu sentait, qu'à la moindre occasion, il pourrait prendre la main du plus jeune et l'entrainer là où il n'y aurait qu'eux - et son frère qui les suivrait, malheureusement -.
Bon la moindre occasion, c'était vite dit, parce qu'actuellement, il était bien coincé par le petit rayon de soleil de sa vie, incapable de bouger un seul muscle, pas qu'il le veule. Ses mains enroulées autour du ventre de l'héritier tandis que ce dernier parlait d'un sujet qui lui avait totalement échappé avec son jumeau, leurs jambes entremêlées.
— Oh! Il faut finir les tartelettes qu'on a fait ce matin ! Elles ne vont plus être bonnes demain, réfléchit à voix haute le cadet du trio.
— Je vais les chercher si tu me libères, proposa Osamu avec un rictus.
— Mais on est bien comme ça ! râla le jeune aux cheveux roux.
— Mais si tu veux ces tartelettes, va bien falloir que quelqu'un aille les chercher.
Faisant une moue adorable, Shoyo laissa partir, à contre cœur, son second garde.
— Je reviens vite, assura ce dernier déposant un baiser sur la joue du plus jeune.
Puis il quitta la pièce, abandonnant les deux hommes aux cheveux colorés. Immédiatement après le départ de son frère, Atsumu fit glisser une de ses mains sous les vêtements princiers. La douceur de la peau du jeune dans ses bras sous ses doigts était l'une des sensations préférées du plus âgé, en ardue compétition avec celle de leurs lèvres qui fusionnaient et celle de la main de Shoyo passant dans ses cheveux.
Sentant que son compagnon n'avait pas la réaction qu'il avait souhaité, le blond posa sa tête sur l'épaule devant lui.
— À quoi tu penses ? lui murmura-t-il à l'oreille.
L'héritier n'eut même pas un sursaut à la voix si proche de l'autre homme. Il posa son regard sur Atsumu et ce dernier eut l'impression de fondre.
— À rien en particulier. Je me disais juste que j'étais heureux, avec toi, avec 'Samu.
— Moi aussi, j'suis heureux.
— Et aussi, je me demandais ce qui te poussait à doubler la taille de mon haut.
— Hmm, joker ?
— Ça passe. Mais uniquement parce que c'est toi.
— Waaaaaw, c'est d'une telle gentillesse, dit le plus grand d'un ton amusé.
— Hummm, je viens de changer d'avis. Un acte aussi outrageux exige réparation.
À bout d'air, le blond s'éloigna de son petit prince, observa un instant les joues rougies, sa respiration haletante le temps de récupérer la sienne.
— Y vaut combien c'lui-ci ?
— Hmmmille.
— Oh alors payons cette peine au plus vite, répliqua le garde avec un sourire narquois en se penchant vers son interlocuteur, lui offrant un nouveau baiser.
Bien trop pris par leur activité, ils n'entendèrent pas la porte s'ouvrir, ou les pas qui claquaient le sol de plus en plus proche. Enfin, Atsumu l'avait remarqué mais préférait l'ignorer, sachant pertinemment que c'était son frère qui venait. Il ne put ignorer le coup de pied habile et discret qu'Osamu lui donna en posant le plateau sur la table basse.
— 'Samu ! s'exclama le jeune aux yeux ambrés avec un grand sourire. Tu es de retour ! Avec les petites tartes !
Le cadet de la fratrie fixa, mécontent, la tête blonde avant de laisser sa contrariété devenir allégresse en voyant Shoyo se libérer de l'étreinte de l'autre homme.
— Yup, ça mérite bien une récompense, n'est-ce pas ?
Sans rien dire, le prince se hissa à hauteur du garde pour joindre délicatement leur bouche. Plus par automatisme qu'autre chose, Osamu encercla la taille du plus petit, serrant leur corps l'un contre l'autre.
Un claquement de langue agacé fut la preuve que son plan fut un succès, Atsumu n'avait qu'à pas espère l'exaspérer sans connaître le même ressenti. Il y avait plus important à l'instant, du genre, la peau d'ange qui attirait son corps plus qu'elle ne le devrait, les cheveux oranges qui le chatouillaient, la main de Shoyo qui se glissait sur sa nuque pour approfondir leur baiser.
C'était bien plus important que l'agacement de l'idiot qui lui servait de copie.
Alors qu'en haut, sa langue distrayait - du moins, il l'espérait - l'esprit du plus jeune, plus bas, ses mains se dirigeaient vers le fessier de son amoureux.
— Hey ! protesta le rouquin en reculant, les joues rouges. Fais pas ça sans prévenir.
Hum, donc s'il prévenait, c'était bon ? S'apprêtant à répliquer, il s'arrêta en voyant une main passer à côté de lui, trop basse pour être celle du prince.
— Hé, te sers pas en cachette ! commanda le jeune à la chevelure grisâtre. C'est pas pour toi qu'j'les ai rapporter !
— M'en fout ! J'ai faim alors j'en mange ! Puis Sho voudrait pas qu'j'meurs de faim, lui !
— T'as jamais dit qu't'avais faim ! De toute la soirée, t'as rien dit.
— Sho ! Dis lui que c'est pour nous tous !
D'un même mouvement, ils portèrent leur attention sur l'élu de leur cœur qui semblait s'être perdu dans un monde rien qu'à lui, loin, vraiment loin d'eux.
— Sho ! appela le blond. Sho! répéta-t-il en lui saisissant le bras.
Revenant parmi les vivants, Shoyo eut un sursaut. Ils les dévisagea tour à tour, le regard brumeux, pas encore entièrement de retour avec eux. Sans leur donner plus de temps pour comprendre ce qu'il se passait, le prince parla d'une voix aussi étranglée que distante.
— Pourquoi vous m'aimez ?
Une impression étrange s'empara des gardes, comme si le temps ralentissait, jusqu'à s'arrêter. Il existait des tas de raisons, bien trop pour toutes les énumérer et jamais les jumeaux ne pourraient en choisir une seule.
Mais là, Shoyo leur demandait une réponse, et pour lui, ils feraient tout et même plus. Surtout que le ton du rouquin était alarmant, mais probablement pas autant que l'incertitude qui possédaient tous ses pores. Ils devaient lui répondre, maintenant, le rassurer sans attendre quitte à débuter une conversation sans fin.
— Tes yeux, brillants, ensorcelants, qui semblent renfermés les secrets des plus beaux coucher de soleil, dit Osamu.
— La lueur qui s'y loge et persiste quand tu donnes ton maximum.
— Ta peau douce que j'aimerais sur la mienne plus souvent qu'elle ne l'est déjà.
— Tes gestes bienveillants et réconfortants, poursuivit le blond en saisissant la main de plus jeune et le guidant vers le fauteuil.
— Ta voix ferme ou mielleuse, calme ou enjouée qui apporte toujours cette chaleur à nos discussions.
— Les remarques si honnêtes que tu lâches comme on respire, ajouta l'aîné des orphelins
— Tes cheveux aussi agréables au toucher qu'ils y paraissent.
— La manière dont ils dansent quand on s'entraîne.
— La dévotion que tu as pour le bien-être des autres, pour notre bien-être, pour ton peuple, admit le plus jeune des deux frères.
— Ton fessier.
— Pffffff!
S'esclaffant, Shoyo partit dans un fou rire dont ses deux gardes restèrent témoins, pleinement satisfait que leur petit soleil ait retrouvé son entrain habituel. Entourant tous deux le rouquin comme ils le pouvaient, Atsumu prit une tartelette qu'il dégusta.
— Tu te sens mieux ? demanda son jumeau
— Oui, merci.
— Qu'est-ce qui s'est passé.
— Rien, vraiment. Juste, j'étais un peu perplexe, je crois. Enfin, j'avais l'impression de perdre de vue ce qui me poussait à avancer. Mais grâce à vous, ça va mieux, tout va toujours mieux grâce à vous.
Le compliment inattendu fut trop pour les amoureux transis mais Shoyo était comme ça, à offrir des éloges comme on donne un "bonjour" le matin. C'était délectable autant que c'était horrible, aucun des deux n'avaient été habitué à d'aussi sincères louanges avant celle du prince et clairement, ils avaient du mal à y réagir.
Ça faisait des années aujourd'hui que le plus jeune les couvrait d'attention, malgré tout, ça leur faisait encore le même effet. Peut-être parce que le prince trouvait les bons mots, ceux qui atteignaient leur cœur sans peine. Ou alors parce qu'ils venaient de Shoyo, le déterminé premier prince de l'Empire, l'homme qui voulait une paix universelle, le soleil humain qui avait entre ses doigts, leur vie, leur cœur et leurs envies.
Dans l'espoir de noyer son embarras naissant, Osamu prit un des encas qu'il avait rapporté. Il n'avait jamais eu de mal à retourner les flatteries et félicitations des autres apprentis lors de son entraînement mais avec Shoyo, c'était plus complexe, son avis comptait tellement pour le jeune homme, il avait peur d'un jour le décevoir.
C'était déjà arrivé, avec Kita et Aran, pourtant c'était différent, il y avait cette envie de ne pas décevoir, d'être bien vu par la personne mais avec ses mentors, il n'y avait jamais eu le désir de plaire, d'être admiré par l'autre.
Le goût de la tartelette ramena son esprit sur terre, la crème onctueuse, les fraises si goûteuses, et la pâte parfaitement cuite, c'était sans doute la meilleure petite tarte qu'il n'avait jamais préparé. Il prit une seconde bouchée, et une fois de plus les saveurs se répandirent sur son palais.
Il entendait son frère et Shoyo discuter mais tout semblait distant, lointain. La tartelette, après l'avoir sorti de ses pensées, l'emmenait dans un autre monde. Un nouveau croc et de nouvelles saveurs, celles qui tardent à se goûter, celles qu'on ne pourrait pas sentir en mangeant vite.
Une autre bouchée, et cette fois, un arrière-goût étrange, pas mauvais, plutôt bon même mais qu'il n'avait jamais trouvé dans une tarte.
— Désolé, j'ai comme un coup de mou.
— C'est pas grave. Il est déjà tard, tu peux aller dormir 'Tsumu.
— Hmmnan, je veux rester avec toi.
— Si tu es fatigué, va te reposer.
— Mais Shoooo.
— Fais pas l'enfant et va dormir, ordonna Osamu.
Son frère avait un don pour gâcher ses petits moments de plaisir, ce n'était pas possible autrement.
— S'il te plait, Shooo.
— Très bien, lève-toi, gros bébé, je viens avec toi.
Avec très peu d'énergie, le blond suivit le prince jusqu'au lit sur lequel il tomba comme une masse. L'autre garde entendit des murmures, deux-trois plaintes et savait que le rouquin répondait certainement à toutes les demandes de l'homme somnolant.
Il préférait se concentrer sur son dessert, ignorer au mieux les gestes qu'il savait amoureux du plus jeune envers son portrait qui n'était pas lui, nier jusqu'au bout qu'il y avait quelqu'un d'autre qui habitait les pensées, le cœur de son rayon de soleil.
Au moment où il finit la tartelette, une main se posa sur son épaule. Shoyo était derrière lui, portant son habituel sourire quoi qu'un peu raboté sur les bords.
— Il dort déjà ?
— Oui, il avait l'air épuisé, répondit le membre de la famille impériale en allant se coller contre l'autre jeune.
— Hmm.
La fatigue soudaine de son collègue inquiétait un peu le cadet de la fratrie, aucun signe de somnolence durant l'après-midi, aucune remarque de la part d'Atsumu. Ce n'était pas normal. Ce n'était pas quelque chose qui arrivait à son frère.
— Tu sais, parfois, j'ai l'impression d'être dans un rêve.
— Un bon ?
— Le meilleur. J'ai seulement peur du réveil, admit le plus jeune en fondant contre le torse de son compagnon.
— Tu n'devrais pas, même si t'te réveilles, je serais encore à tes côtés.
Aucune réponse ne suivit sa réplique, avait-il réussi à calmer les craintes du prince ? C'était assez dur à dire, Shoyo ne se confiait pas tant sur ses appréhensions et ne les laissait peu transparaître alors savoir si elles étaient apaisées n'était jamais simple.
Mais Osamu voulait croire qu'il pouvait les chasser d'une parole ou de quelques gestes. Il voulait être assez fort pour soutenir le rouquin, assez important pour que ses mots aient un impact. Le poids contre lui s'alourdit et il reposa sa tête dans la chevelure orange.
Il se sentait lourd d'un coup, il pourrait fermer les yeux et s'endormir la minute suivante. Cependant, il n'avait pas le loisir de sombrer si facilement dans les limbes du sommeil. Il fallait que quelqu'un veille sur le prince.
— 'Samu, tu sais, n'est ce pas, que je vous aime énormément, toi et Atsumu.
— J'avais cru comprendre, mais si j'ai du mal à voir ce que tu trouves à 'Tsumu.
— Hé bien, je lui trouve des qualités et des attraits comme j'en ai trouvé pour toi.
— . . . Je pourrais les entendre ? Les qualités que tu vois en moi ?
Glissant ses doigts entre ceux de son garde, Shoyo se repositionna plus confortablement. Le cœur d'Osamu était prêt à sortir de sa poitrine et le reste de son corps s'engourdit en un instant.
— J'aurais du mal à toutes les dire, mais oui, je peux en parler. Ce que je préfère chez toi, c'est les petits sourires que tu réserves à tes passions, quand tu cuisines ou remporte un combat face à Atsumu. J'aime aussi la patience dont tu fais preuve et ta volonté de faire passer les besoins des autres avant les tiens.
— Non, je fais ça qu'avec toi, que pour toi.
— Tu le fais quand même. C'est ce qui compte.
Était-ce seulement vrai ? Le plus âgé n'en était pas certain mais puisque que ça suffisait à son petit prince, il ferait de son mieux.
— Tu as aussi l'air fatigué.
Osamu ne se sentait pas fatigué, il se sentait lourd, l'impression de peser une tonne mais il n'était pas fatigué. En tout cas, il ne pouvait pas se permettre de dormir, pas maintenant, pas tant qu'Atsumu ne s'était pas levé.
— On peut aller se coucher un peu.
— Non! J'ai pas besoin de dormir. J'dois veiller sur toi.
— Je pense que ça te ferait du bien de t'allonger un instant, insista le jeune aux cheveux roux.
— Non! C'est bon.
— Accompagne-moi au moins jusqu'au lit.
Avant qu'il ne puisse réagir, le garde était couché sur le lit, toutes ses forces quittaient son corps. Il sentait à peine la main de Shoyo dans la sienne mais il savait qu'elle y était toujours. Ses paupières étaient lourdes, comme ses bras, ses jambes, sa tête.
— Sho, réveille. . . Réveille 'Tsumu. Tu dois-
Les abîmes du sommeil l'engloutirent sans qu'il finisse sa phrase.
La pression sur sa main disparut lorsque Osamu tomba dans l'inconscience, mais Shoyo ne lâcha pas pour autant la main de son garde. Non, à la place, il la garda dans la sienne comme incapable de briser le contact qu'il existait entre leur peau.
Des yeux, il détoura le vissage des deux endormis, gravant le maximum de détails possibles. Tout son corps tremblait, ses larmes étaient sur le point de déborder et inonder sa chambre. Le prince se mordit la lèvre, les empêchant de couler, ça ne servirait à rien de pleurer maintenant.
Toc, toc, toc.
— Il est l'heure, déclara l'homme qui venait d'interrompre le silence.
Shoyo observa une nouvelle fois les jumeaux, les hommes qui habitaient son cœur comme personne n'avait pu le faire. Il avait toujours su que ce moment viendrait, ça ne le rendait pas plus simple à supporter. Ravalant une bonne fois ses larmes, il libéra la main d'Osamu.
— J'arrive.
Sans se retourner, il ferma la porte de la pièce où dormaient ses amoureux. Il était temps de se réveiller. Il emboîta le pas à l'homme venu le chercher.
Ils s'arrêtèrent dans le grand hall du palais, au centre, son père attendait aussi fermé et mécontent que la dernière fois qu'il l'avait vu.
— Où sont tes gardes ? demanda l'Empereur d'un ton plus froid que la glace.
— Ce n'est pas comme s'ils étaient encore nécessaires, déclara son fils.
Ne lui accordant pas un autre regard, l'adulte avança vers la sortie tandis qu'au loin minuit sonnait. À contre cœur, le jeune homme accompagna son paternel.
La première chose qu'Atsumu perçut était que le soleil venait réchauffer ses paupières. Ce n'était pas habituel, normalement, il était debout avant le soleil, avant que ses rayons n'atteigne la chambre.
Osamu aurait dû le réveiller à cinq heure pile, pour prendre le dernier tour de garde de la nuit. D'ailleurs, il ne se souvenait pas avoir veillé cette nuit, juste d'avoir parlé à Shoyo, d'avoir mangé un morceau et puis- et puis, plus rien.
Ce n'était pas normal. D'un bond, il se leva, shooté par l'adrénaline qui parcourait ses veines. Premier réflexe, chercher le petit rouquin mais aucune trace de lui dans le lit. Il aurait pu être aux toilettes, ou ailleurs mais le faux blond n'y croyait pas. Shoyo ne serait pas parti sans eux, pas sans rien dire.
— 'Samu! 'Samu!
Il secoua son jumeau, espérant qu'il se réveille vite.
— Hmm, laisse-moi dormir. J'suis crevé, laisse-moi un peu. . . plus.
— Sho est pas là!
La seconde suivante, le cadet était debout, totalement éveillé. En deux coups d'œil, il balaya la pièce, confirmant les dires de son frère.
— Où ?
— 'Cune idée.
Il ne leur en fallut pas plus pour partir à la recherche du petit prince. Couloirs après couloirs, les gardes fouillèrent dans chaque pièce, mais il ne trouvèrent ni le rouquin ni personne. Ils auraient dû au moins croiser quelqu'un, un autre garde, une domestique, mais le palais semblait vide.
Du moins, jusqu'à ce qu'ils bousculèrent une domestique plutôt âgée. C'était la première fois qu'ils la voyaient et ils venaient de renverser son panier de linge. Ils avaient clairement plus important que deux draps pour le moment.
— Où est le prince ?!
La femme les dévisagea un instant, comme s'il leur poussait une seconde tête avant de regarder aux alentours. Elle craignait qu'on les entende mais il n'y avait personne.
— Hé bien, c'est le dix-neuvième anniversaire du Cadeau.
Seule l'incompréhension des gardes se refléta puisqu'elle continua à voix basse.
— Ce n'est qu'une rumeur mais on dit que les envoyés divins ne passent pas leurs vingt printemps. Quand j'étais enfant, on disait qu'il fallait les rendre aux Dieux avant qu'ils ne se fâchent.
Le pressentiment qui tenait les jumeaux depuis leur réveil tourna autour de tous leurs muscles, les serrant comme pour les étouffer, les lacérant comme pour n'en laisser que des miettes.
Non, nonnonnonnonnonnon, ce n'était pas possible. Ça ne pouvait pas être vrai.
— Où ?
La voix d'Osamu exigeait une réponse rapide, brève. Le blond n'y entendait pas d'espoir, mais il savait que son frère en avait encore. Peut-être avait-il raison. . . Peut-être qu'il n'était pas trop tard!
— Où ? Où est sensé se passer ?
La vielle femme recula d'un pas, menacée par les questions du plus jeune, son linge abandonné sur le sol.
— On-On raconte que la cérémonie prend place au Temple Solis, celui au Sud-Est de la capitale.
Ne perdant pas une seule seconde de plus, les deux hommes se précipitèrent aux écuries. Ils récupèrent un cheval chacun, ne tardant pas à se mettre en chemin.
Ils n'étaient jamais allés au Temple Solis , mais de ce qu'il avait pu voir dans la capitale, ceux consacré à Hélios était voyant, très voyant. Ils n'auraient aucun mal à le trouver, ils en étaient persuadés.
Et ils avaient raison de l'être, après plus d'une heure à galoper dans la direction donnée par la vieille, ils arrivèrent à destination. Ce qui devait être leur destination : une plaine recouverte de pierres blanches s'étendant à l'infini, reflétant les rayons du soleil qui venaient de partout.
L'endroit était lumineux au possible, à en faire pleurer en quelques secondes. Chaque pierre au sol était décorée de fine écriture dorée, de jolies arabesques, mais les deux hommes n'en avaient cure.
Dès leur arrivée, ils avaient sauté de leur cheval, couru vers l'autel au centre de la structure, couru vers la seule source de couleur qu'ils pouvaient voir. Un orange pur, détonant avec le reste du lieu.
À bout de souffle, Atsumu s'arrêta, alors que son frère atteignait leur soleil.
— Sho! Sho! Réveille-toi!
Le manque de réaction du jeune homme couché sur l'hôtel n'affecta pas Osamu qui continua à agiter le plus jeune.
— 'Samu. . .
— Faut qu'on l'ramène dans sa chambre, trancha l'homme aux cheveux argentés d'un ton ferme. Y va avoir froid s'il dort ici.
Là où il n'y avait que de l'assurance et de la détermination exsudant du comportement de son cadet, Atsumu y voyait de la peur et de l'incertitude.
Le blond posa son regard sur le corps à un petit mètre de lui. Il posa son regard sur Shoyo, couché là, à quelques dizaines de centimètres. En tendant son bras, il pourrait le toucher, caresser cette peau qu'il avait déjà tant de fois frôler. Shoyo était là, il ne bougeait pas. Shoyo était là et Atsumu en était soulagé. Shoyo était là mais il savait que Shoyo n'était pas là.
Ils avaient tout deux compris, peut-être pas réalisés et certainement pas acceptés mais ils ne pouvaient pas non plus l'ignorer. L'aîné s'avança pour aider son frère.
— Qu'est-ce que vous faites !
Le cri fit tourner la tête aux deux gardes, un homme mince, grand courait vers eux. Ils n'avaient pas remarqué d'autres présences.
— Il- Shoyo doit se reposer dans son lit !
— Imbéciles ! Vous ne pouvez pas le prendre, nous devons nous assurer que le soleil recueille son âme pour la porter par delà l'horizon ! Vous n'avez pas le droit de le substituer aux rayons solaires, de priver son âme de la place lui étant due parmi les Dieux.
— Non! Sho est à sa place avec nous et personne d'autre! Vous avez pas le droit de nous l'enlevé !
— C'était son devoir de partir et il l'a accompli. Maintenant, ne faites rien, le rituel doit être terminé correctement pour satisfaire les Dieux. Vous ne voudriez pas rendre ses actes caducs par votre stupide comportement, n'est-ce pas ?
La fratrie s'immobilisa, paralysée par la question de l'homme. Osamu bougea défensivement, protégeant au mieux le prince, son frère l'imita. Peu importe qui il était, il n'approcherait pas.
— Voyons, ne soyez pas si agressifs, une fois les Dieux satisfaits, je n'aurais plus rien à faire ici, sourit l'homme. Vous pourrez faire ce que vous voudrez, après le coucher du soleil.
— Shoyo va tomber malade s'il reste ici comme ça, argumenta le cadet d'un ton plutôt plaintif.
— Pauvres enfants, il est mort, jamais ses paupières ne se lèveront, les Dieux avaient exigé son retour parmi eux et c'est là-bas qu'il se dirige maintenant.
Certain que les gardes n'agiraient pas, l'homme s'éloignant, retournant à l'exécution de son rituel et de ses prières. L'esquive de la réalité devenu impossible, les jumeaux restèrent penauds, sans un mouvement, pendant des heures.
Atsumu entendit des pleurs mais il aurait bien été incapable de dire si c'était les sien ou ceux d' ce qu'il ressentait était un vide sans fin qui absorbait le monde autour, le temps, l'avenir dont il avait osé rêvé. Il ne restait que lui et un corps qui avaient perdu tout ce qui le rendait particulier.
Ce n'était que lorsque le soleil déclina qu'il reprit conscience, il n'était pas seul, pas totalement. Il y avait 'Samu, ils partageaient sans doute les mêmes sensations, et arriveraient à la même conclusion.
— Dis 'Samu. . .
— Hmm ?
Son frère lui avait répondu sans se mouvoir d'un centimètre mais ce n'était pas très important. Il n'avait pas besoin de voir le regard ou le visage d'Osamu pour savoir.
— Allons derrière l'horizon.
— . . . D'accord.
Sans bouger, les deux hommes entamèrent leur voyage.
La légende raconte qu'après la mort du prince impérial, ses gardes ont refusé de quitter un seul instant les côtés de leur ami. Les Dieux, en voyant ça, auraient pris pitié des deux jeunes. Toute leur vie avait été consacrée à protéger celle du garçon qu'eux avaient envoyé en bas et ce rôle leur avait été brutalement arraché.
C'était tragique et désolant.
On dit aussi qu'en arrivant auprès des Dieux et en réalisant ce qu'il se passait avec ses proches restés près de la trace de son passage en bas, le prince supplia les Divinités de faire quelque chose, de les sortir de là. Malheureusement, c'était au-delà de leur pouvoir, les deux hommes avaient fait leur choix et ce n'était pas une chose qu'ils contrôlaient.
Cependant, face à cette situation, les Dieux eurent une idée. Ils ne pouvaient agir sur les choix humains, mais ils disposaient d'un champ d'actions concernant la suite. Dans leur grande grâce, ils proposèrent à leur cadeau revenu de retourner parmi les hommes, dans une autre vie en échange de sa place à leur côté.
Le prince aurait argumenté, disant qu'il ne voulait pas retourner là-bas, ils avaient juste besoin de savoir ses êtres aimés en sécurité. Il ne voulait pas d'une autre vie sans eux. Très compréhensif, les Dieux assurèrent à leur protégé qu'ils lieraient son âme et celle de ceux qu'il chérissait et que plus tard, ils pourraient se retrouver.
Le choix fut alors tout tracé pour l'homme entouré des Divins et son âme, à peine arrivée, repartie vers la terre.
Malgré tout, les Dieux craignaient une nouvelle situation où ils ne pourraient intervenir. Alors, ils envoyèrent l'un des leurs pour qu'il veille sur les trois âmes amoureuses et qu'il les aide à se retrouver.
— Mais alors, y-ils se sont retrouvés ?
— Pourquoi le prince, y pouvait pas aller toute suite près de ses amis ?
L'adulte observa chacun des enfants longuement.
Hé bien, même les Dieux ne peuvent faire revenir les morts à la vie.
— Finalement ils se sont trouvés ? insista le garçon avant de se frotter les yeux.
Je ne sais pas. L'avez-vous trouvé ?
Les deux garçons la dévisagèrent de leur regard identique. Il était certainement trop tôt.
Pas encore ? Nous vous en faite pas, ça arrivera. Je suis là pour ça. Maintenant vous devriez dormir, il se fait tard.
Se glissant sagement sur leur couverture, ils fermèrent leurs paupières tandis que l'adulte quitta la pièce, éteignant la lumière au passage. Il y eut un moment de silence, rapidement effacé.
— Tu penses que c'était vrai ? demanda l'un des deux, la voix remplie d'excitation.
— Non, c'est qu'une légende. Réfléchis un peu.
— Bah, ça pourrait être vrai. Je veux y croire. Puis tu dis ça juste parce que tu sais que tu pourras jamais trouver le prince avant moi.
— N'importe quoi ! Je peux te battre n'importe quand, à n'importe quoi !
— Prouve-le !
— Au premier qui trouve le prince.
— Au premier qui trouve le prince, répéta son jumeau avec un sourire malicieux caché dans le noir.
Cette nuit-là, les enfants s'endormirent avec un nouvel objectif.
Fin
Voici pour le dernier chapitre de cette histoire. Je remercie tous les lecteurs qui ont lu cette histoire ainsi que mes deux beta lectrices sans qui il y aurait bien plus d'erreurs dans ce texte.
Voici encore des petites infos ^^
- Kita est devenu capitaine en grande partie grâce à Shoyo. C'est ce dernier qui lui demandait d'aller explorer les frontières où il a trouvé Suna et les jumeaux.
- Shoyo est très à cheval sur le fait d'appeller les gens par leur prénom parce que personne ou presque ne l'appele par le sien.
- Au final, environ 10 ans s'écoulent dans cette histoire.
- Kuroo est un garde/assassin de Kenma. Comme Tsukki est celui de Yamaguchi. Je n'ai pas pu placer tout le monde mais beaucoup était là.
- Les noms des pays viennent de noms d'étoiles.
