2 mois et demi plus tôt
11 juillet 2018 [18:55]
Internat de la seconde-A
- Je peux savoir ce que tu fiches ?
Le ton de Bakugo ne laissait clairement pas la place à la plaisanterie. Et c'était bien dommage, car Kirishima ne voyait pas par quoi d'autre lui répondre. Ce qu'il faisait ? C'était plutôt évident, non ?
- Quoi ? répliqua-t-il naïvement. C'est trop ?
- Je vais te buter.
- Oulah. Tu es vraiment d'une humeur massacrante ce soir, dis donc. Qu'est-ce qu'il t'arrive exactement ?
- Tu vas rejoindre ce pauvre mec, c'est ça ?
Kirishima soupira. Cela faisait déjà quelques semaines que les échanges qu'il avait avec son meilleur ami se limitaient à ce genre de conversation. Sans complicité, sans continuité, c'était à peine s'ils s'écoutaient l'un l'autre. La preuve en était cette foutue manière qu'avait Bakugo de répondre à une question par une autre, sans prendre le temps de se calmer avant.
- Arrête, lui intima gentiment le garçon aux cheveux rouges. Mao n'a rien d'un pauvre mec, comme tu dis.
- Mais c'est pour lui que tu t'habilles en pingouin, pas vrai ?
L'adolescent aux explosions exagérait. Il était assez clair que la colère et la jalousie parlaient à sa place, car Kirishima était loin de ressembler à un « pingouin ». Suivant les conseils que Mina lui prodiguait depuis des jours, il avait revêtu un pull léger qui marquait sa musculature et un jean délavé. Un style loin du costard-cravate comme le laissait sous-entendre l'expression de Bakugo, mais c'était tout ce qu'il avait trouvé sur le moment pour exprimer sa frustration.
- Il a proposé qu'on dîne ensemble en dehors du lycée, expliqua Kirishima sans prendre la peine de répondre à la provocation de son camarade. Il doit passer dans dix minutes. Aizawa m'a donné l'autorisation.
Pour toute réponse, il entendit Bakugo lâcher un rire jaune.
- T'es vraiment qu'un abruti, fit ce dernier la mâchoire crispée.
Kirishima décela comme une détresse dans la voix de son ami. Il détourna alors instantanément les yeux du miroir de leur salle de bain commune pour se concentrer sur Bakugo, appuyé dans l'encadrement de la porte.
- Qu'est-ce que tu as en ce moment ? osa-t-il demander. Je te trouve bizarre depuis le retour du camp d'été. Et même avant cela, tu avais l'air de cogiter pas mal. Tu veux en parler ?
- Non, répliqua le blond. Je n'ai rien à te dire.
- De qui tu te moques ? Je vois bien que quelque chose te tracasse.
Bakugo n'eut pas le cœur à nier plus vivement. À ce stade de colère, le mensonge aurait pu s'entendre sans mal dans sa réponse. Bien entendu qu'il était perturbé, mais plutôt crever que d'en parler. Surtout à Kirishima.
- Laisse tomber ! finit-il par dire.
Il s'apprêtait à tourner les talons lorsque Red Riot, de son nom de futur héros, lui empoigna le bras pour l'empêcher de partir.
- Tu as fini de jouer les têtes de mules ? s'agaça-t-il. Pourquoi est-ce que tu ne me dis rien ?
- Lâche-moi où je t'explose la face !
- Si tu es contrarié pour X raison, je peux le comprendre, mais ne te défoule pas sur moi.
- X raison ? répéta Bakugo d'un air éberlué.
Celui-ci baissa la tête vers le sol pour masquer toute sa contrariété. Kirishima eut même l'impression de sentir le poignet de son camarade trembler entre ses doigts.
- Tu as vraiment oublié alors, marmonna le blond entre ses dents.
L'accusé sentit son cœur s'emballer à l'idée que les vives réactions de Bakugo soient dû à une faute de sa part, et non pas à son mauvais caractère habituel. Alors, cela le frappa comme la foudre.
Quel abrutiil était, effectivement.
- Oh merde, soupira-t-il. Bakugo, je suis désolé. J'avais complètement oublié.
- Je constate.
- Entre les récents évènements, les cours, les révisions pour le permis et ... Je ne savais plus où donner de la tête.
- En revanche, tu as été en mesure de te souvenir de ton rendez-vous avec Mao, cracha Bakugo comme du venin. Il semblerait qu'il y ait des priorités.
Au milieu de sa forte culpabilité, Kirishima fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que ... Pourquoi est-ce que tu réagis comme ... ?
- Ça fait des mois qu'on s'entraîne tous les mercredis à la même heure ! Comment est-ce que tu as pu « oublier » ? D'ordinaire c'est toi le plus enthousiastes à l'idée de faire ces sessions !
C'était vrai. Ce moment qu'il ne partageait qu'à deux, représentait le petit plaisir coupable de Kirishima. Celui d'un adolescent qui ne pourrait jamais être plus proche du garçon qu'il aimait qu'à travers le combat. Il s'en était contenté longtemps, mais dernièrement, il avait envie d'être un peu égoïste et de penser autrement.
Ces entraînements étaient un véritable partage qu'il appréciait un peu plus chaque nouveau mercredi. Et ce n'était pas une bonne chose. Pas alors qu'il espérait faire taire ses sentiments pour Bakugo, pas alors qu'il s'évertuait à se rappeler qu'il ne pourrait jamais l'avoir. Peut-être même que sa conscience avait enfin fait sa part du travail en le faisant accepter ce rencard avec Mao, ce jour précis.
Mais alors pourquoi se sentait-il aussi mal ?
- Excuse-moi, reprit-il. Est-ce qu'on peut ... Reporter ça à demain soir ?
Si Kirishima espérait apaiser la situation, il eut tout faux. Bakugo accusa sa demande comme une gifle et son cœur se pinça douloureusement. Ainsi donc, à travers cette simple question, il comprit qu'il était passé définitivement derrière Mao. Qu'il n'était désormais plus la priorité de son meilleur ami. Et cette pensée, bien que narcissique, lui fit bien plus de mal qu'il ne l'aurait cru.
Avant même que Bakugo ne trouve quoi répondre, ils entendirent quelqu'un sonner à la porte de l'internat, signe que le fameux prince charmant devait être arrivé. Pourtant, Kirishima ne bougea pas d'un pouce. Dans sa tête et dans sa poitrines'entremêlaient une multitude de pensées et d'émotions qui n'avaient rien à faire ensemble.
Sa réflexion le pressait de laisser tomber et de descendre retrouver Mao. Mais sa conscience, elle, savait qu'il avait bien plus envie encore de régler son différend avec Bakugo.
Des mots brûlèrent lèvres de Kirishima.
« Demande-moi de rester et je le ferai. »
Mais évidemment, bien avant qu'il n'ait trouvé le courage de les prononcer – si tant est qu'il l'aurait eu –, Bakugo se dégagea violement de l'emprise qu'il exerçait sur son bras et s'éloigna, le dos voûté et les mains dans les poches.
- Je te souhaite te passer une putain de bonne soirée.
Sur ces derniers mots, le garçon aux explosions partit rejoindre sa chambre, laissant derrière lui Kirishima, le cœur plus lourd que jamais.
21 septembre 2018 [12:37]
Préfecture de Shizuoka
Le Bakusquad observa la jeune fille légèrement plus jeune qu'eux. À en juger par son regard fuyant et ses mains qui tiraient nerveusement sur les pans de sa robe, elle n'était pas très à l'aise. Difficile de l'être en présence d'un Bakugo dont la réputation n'était plus à faire, et qui venait à peine de sortir d'un commissariat de police.
- D'où tu sors, toi ? demanda-t-il alors.
Ce n'était, certes, pas la meilleure façon d'aborder une enfant déjà apeurée mais à la grande surprise de ses camarades, Bakugo avait parlé plus calmement qu'à l'accoutumée. La mort de Kirishima, combinée à tous les récents évènements, avaient dû apaiser un tant soit peu son tempérament de feu.
- Eh bien ... Pour être tout à fait honnête, j'ai vu la vidéo de vous qui tourne sur internet depuis ce matin, avoua-t-elle d'une petite voix.
- Quelle vidéo ? demanda Sero.
- Celle où on ... Où on voit ... L'agression ?
Elle avait sorti ce mot comme une interrogation, incertaine que ce soit le bon terme à employer. Enfin, aussi têtu et de mauvaise foi pouvait-il être, Bakugo aurait difficilement pu qualifier son geste envers Mao autrement. Ce serait mentir de dire que ce n'était que de la légitime défense ...
Ainsi donc un des élèves présents dans le hall avait filmé toute la scène avant de la balancer sur la toile. Sûrement dans l'idée de faire le buzz.
Kaminari serra les poings.
- Quelle bande d'ordures, cracha-t-il.
La jeune Aya de son prénom, ressentit toute la peine contenue dans cette injure et dans la mâchoire crispée du garçon à l'alter électrique. Dans un sens, elle fut soulagée de constater que le deuil que ressentaient le groupe d'adolescents, était bien réelle. Personne ne saurait aussi bien jouer la comédie, et elle n'aurait pas voulu aider à tort des gens qui, en réalité, se fichaient bien de la mort d'un de leurs amis.
Bakugo baissa la tête, l'air grave.
- Si tu as vu cet enregistrement, j'imagine que tu sais ce dont je suis capable sous le coup de mes émotions, dit ce dernier. Qu'est-ce qui t'as poussé à prendre le risque de venir me voir ? Qu'est-ce que tu espères au juste ?
- R-Rien du tout. Seulement ... Cette haine, cette impuissance que vous avez l'air de ressentir dans cette vidéo ... C'est un sentiment que j'ai connu moi aussi.
Les quatre lycéens froncèrent les sourcils, tous dans l'incompréhension.
- J'ai perdu mon frère jumeau il y a un an, poursuivit Aya. Il est mort en essayant de me protéger d'une attaque de vilains lors d'un cambriolage qui a mal tourné. J'ai parfaitement conscience de cette sensation qui mêle à la fois le deuil et la culpabilité.
- Où est-ce que tu veux en venir ? l'interrogea Bakugo.
La jeune fille inspira profondément et trouva le courage de répéter plus fort la réelle raison de sa présence ici.
- Votre détresse qui transparait sur la vidéo m'a énormément touchée. Je me suis reconnue en vous et je ... Je me suis dit que je pourrais peut-être vous venir en aide.
- De quelle façon ? s'enquit Mina.
Le regard insistant et presque suspicieux des futurs héros perturba grandement Aya qui recula légèrement par réflexe, resserrant sa prise autour de la lanière de son sac à dos comme pour se rassurer.
- Est-ce qu'on peut ... En discuter en priver ?
Elle s'était adressée à Bakugo. Dans un sens, c'était logique, c'était lui qui l'avait ému, pas les autres, et à en juger par son comportement plutôt réservé et introverti, elle ne devait pas être du genre à vouloir s'exposer plus que de raison.
Néanmoins, son jeune âge ne la rendait pas inoffensive pour autant.
- Qu'est-ce qui me prouve que ce n'est pas une vieille entourloupe ? demanda l'adolescent. Tu es peut-être juste la gamine d'un journaliste qui cherche des détails croustillant sur mon pétage de plombs.
- Non, non, pas du tout. Je veux vraiment vous aider mais ... Je n'aime pas ébruiter ce dont je suis capable avec mon alter. Je préfère rester discrète ...
Elle osa relever ses yeux brillants de stress pour faire valoir toute la détermination dont elle faisait preuve, malgré tout.
- Je suis sincèrement désolée, reprit-elle. Mais hormis ma parole, je ne peux rien vous donner qui saurait vous convaincre que ce je m'apprête à vous dire est la vérité.
Bakugo étudia la proposition. Une majorité de son être était du genre cartésien, et les mots d'une gamine un peu paumée étaient loin d'être suffisants pour réussir à le convaincre de quoi que ce soit. Mais une infime partie de lui ne pouvait s'empêcher d'être curieux de ce qu'elle avait à dire. Lui qui avait passé toutes ses dernières nuits à éplucher le net à la recherche d'une façon de contrer le destin, ne pouvait pas juste réfuter le fait que cette Aya mente complètement.
Et si elle avait réellement un moyen de changer les choses. Il fallait qu'il en ait le cœur net.
- Rentrez à l'Internat, commanda-t-il à ses amis.
- Attends, Bakugo, l'interrompit Sero. Tu ne crois tout de même pas que ...
- Je ne crois rien du tout pour l'instant. Seulement, si cette fille a su faire le déplacement jusqu'ici pour me parler, j'aimerais savoir ce qu'il en retourne réellement.
- C'est de la torture, se plaignit Kaminari. Tout ce que ce que tu vas en tirer, ce sont de faux espoirs et un énième coup de massue sur le cœur ! Tu ne crois pas que tu souffres déjà assez comme ça ?
- Je n'espère plus rien, lui assura le blond. Et ce n'est pas comme si j'avais encore quelque chose à perdre.
Difficile pour ses trois amis de réfuter cette dernière déclaration. Sa moitié en mort cérébrale, sa réputation entachée à jamais par une vidéo compromettante, son avenir à Yuei ruiné par la menace d'un procès ... Effectivement, Katsuki Bakugo n'avait plus rien à perdre.
C'est Mina qui en prit conscience la première en venant déposer sa main sur l'épaule du garçon dans un geste de soutien.
- On a dit aux parents de Kirishima qu'on serait à l'hôpital dans deux heures et demi, lui dit-elle simplement. Tache juste d'être présent...
Momijiyama Park
Une fois Sero, Kaminari et Mina partis rejoindre les autres à l'Internat, la jeune Aya osa proposer à Bakugo de s'installer dans un parc pour qu'ils puissent discuter. Au-delà du calme et de la discrétion que la jeune fille recherchait, il y avait quelque chose qu'elle tenait absolument à lui montrer.
Non sans grogner légèrement, le blond la suivit, le dos arqué et le pas lourd. Après quelques minutes de marche silencieuse, ils finirent par s'installer sur un banc tagué de déclarations en tout genre. En face d'eux, un terrain de foot était foulé par quelques pré-adolescents en plein match improvisé.
- Pourquoi tu m'as amené ici ? demanda Bakugo.
Pour toute réponse, Aya secoua le bras en directement du terrain et hurla :
- Atsushi !
L'un des garçons présents sur le terrain s'arrêta brusquement dans son action à l'appel de son nom. Visiblement agacé d'avoir été interrompu, il quitta le terrain pour venir vers le banc en grommelant.
- Bordel, Aya ! Qu'est-ce que tu fous ici ?
- Maman m'a dit de te prévenir que tu dois rentrer pour 14h.
- M'emmerdes pas ! T'aurais pu m'envoyer un SMS, si c'était juste pour me dire ça !
Sans accorder davantage de son temps à la jeune fille, le dénommé Atsushi retourna à son match. De quoi intriguer Bakugo.
- C'est qui ce crétin ? l'interrogea-t-il sans forme.
- Mon frère jumeau.
L'élève de Yuei se redressa vivement à cette déclaration.
« J'ai perdu mon frère jumeau il y a un an. Il est mort en essayant de me protéger d'une attaque de vilains lors d'un cambriolage qui a mal tourné. »
C'était à ne rien y comprendre.
Méfiant, Bakugo s'écarta de la gamine comme si son contact risquait de lui refiler un étrange virus.
- C'est quoi ces conneries ? Tu nous as dit qu'il était décédé l'année dernière !
- Et je n'ai pas menti. Il est bel et bien mort au cours d'une altercation entre les forces de polices et des malfrats. Il a été touché d'une balle perdue à l'abdomen. J'aurais dû la prendre mais il s'est interposé pour me protéger et il ne s'en ait pas sorti.
- Alors qu'est-ce qu'il fout sur ce putain de terrain à jouer au foot comme s'il était dans la meilleure des formes ?
Pour répondre à ses suspicions, Aya sortit une photo de son sac et la lui tendit. Sur le cliché, la petite blonde y apparaissait légèrement plus jeune en compagnie d'un garçon, copie conforme du fameux Atsushi. Ils y affichaient tous les deux un immense sourire et une complicité plus qu'évidente. Face à cette photo, Bakugo put mieux détailler les ressemblances physiques que partageaient les deux enfants et effectivement ... À y regarder de plus près, difficile de nier leur gémellité.
- Comment c'est possible ? souffla-t-il.
- Comme tu as sans doute pu le deviner ... Tout ça a un lien avec mon alter.
- ... Tu ... Tu peux ressusciter les personnes disparues ?
- C'est plus compliqué que ça.
Aya se renfonça dans le banc comme si elle cherchait à s'y fondre et à disparaître.
- Mon alter s'appelle « Fatalité », expliqua-t-elle. Il consiste à modifier un élément du passé pour améliorer le présent.
Bakugo tenta d'assimiler ce qu'elle venait de lui révéler, non sans difficulté.
- Tu l'auras compris, le destin n'existe pas. Ce sont nos choix qui déterminent quel chemin prendra notre vie. Certains nous mènent vers une mort prématurée. Comme pour mon frère jumeau, ou pour ton ami Kirishima.
- Qu'est-ce ... Comment est-ce que tu procèdes exactement ?
- Pour faire simple, il me suffit de regarder le visage d'une personne pour avoir un aperçu de toutes les grandes décisions de sa vie qui l'ont mené là où il en est aujourd'hui, poursuivit-elle. Grâce à mon alter, je peux influencer l'une de ces décisions et l'orienter vers un autre choix qui, par conséquent, l'amènera sur un autre chemin, vers un avenir plus long.
Elle releva la tête pour regarder son frère au loin qui avait repris son match.
- Ce qui a tué Atsushi, c'est son instinct protecteur. Nous étions des frères et sœurs unis. Rares sont ceux qui connaissent un lien aussi fort que celui que nous partagions. Alors évidemment, lorsqu'il a vu cette balle arriver sur moi, il n'a pas hésité à se sacrifier.
Une larme orpheline roula sur la joue de la jeune fille.
- Cet amour sans faille qu'il avait pour moi, est dû à un traumatisme que nous avons vécu ensemble. L'accouchement de notre mère a été extrêmement compliqué et nous avons bien failli y rester tous les deux. Crois-le ou non, mais même pour des nouveau-nés, c'est une expérience qui marque et qui s'ancre jusqu'au plus profonds de nos êtres. Nous avons été sauvés in extremis par les médecins alors que nous manquions tous les deux cruellement d'oxygène. Ce moment douloureux que nous avons expérimenté ensemble nous a profondément lié l'un à l'autre. Lien qui a perduré jusqu'alors, à travers une complicité et un instinct de protection intense. Celui-là même qui a poussé Atushi à prendre cette balle à ma place.
Bakugo commençait à comprendre où elle voulait en venir.
- Tu as modifié le déroulement de l'accouchement, réalisa-t-il. Cet élément du passé qui a fait que vous étiez si proches l'un de l'autre.
Aya hocha la tête fébrilement.
- J'ai changé cet instant avec mon alter. J'ai fait en sorte que tout se passe bien, qu'il n'y ait aucune complication, que ma mère accouche sans le moindre souci. Résultat, dans cette nouvelle version de l'histoire, Atsushi et moi avons grandi sans ce besoin irrépressible de se protéger l'un l'autre. Bien que jumeau, cette sorte de réalité parallèle a complètement changé la relation que nous avions. Tu l'as bien vu à la façon dont il m'a parlé tout à l'heure. Nous ne sommes plus du tout proches.
Effectivement. Ce changement avait peut-être ramené Atsushi, mais au péril d'un autre grand sacrifice.
- Mais au fond, peu importe, fit-elle. Tout ce qui compte pour moi, c'est qu'il soit en vie.
Aya essuya sa joue mouillée et se tourna enfin pour faire face à Bakugo.
- Tu comprends ce que j'essaye de te dire ? Rien ne me ferait plus plaisir que de modifier l'élément qui a précipité la mort de ton ami Kirishima. Mais tu devais savoir combien les conséquences de mon alter peuvent être douloureuses et compliquées à gérer. Cela n'affecteraient pas votre entourage, ce sera comme si tout cela n'était jamais arrivé. Mais je ne peux pas prédire à quel point le présent sera différent. Alors j'ai besoin de savoir : si je fais en sorte de ramener Kirishima, seras-tu prêt à faire face à tout ce que ça peut impliquer ? Votre relation risque de s'en retrouver complètement bouleverser.
Bakugo dût prendre plusieurs secondes, voire minutes pour emmagasiner toutes ces informations. C'était beaucoup à digérer, beaucoup à concevoir... Mais la promesse de cet alter était bien trop belle ... L'adolescent ne parvenait pas à raisonner convenablement. La simple idée qu'il puisse revoir le sourire de Kirishima, l'entendre rire, le toucher à nouveau, effaçait tout les mauvais côtés qu'Aya venait de lui exposer.
Pour seule réponse, il ne put que reprendre les propres mots de la jeune fille :
« Peu importe. Tout ce qui compte pour moi, c'est qu'il soit en vie. »
À suivre.
