1 mois et demi plus tôt
13 août 2018 [08:55]
Internat de la seconde-A
- KIRISHIMA ! TU VIENS ? ON VA ÊTRE EN RETARD !
- J'ARRI-
Bakugo ravala la fin de phrase de son petit ami en l'embrassant avec avidité.
Allongé sur le lit de sa chambre, le blond maintenait fermement sa moitié contre lui, usant de suffisamment de force pour l'empêcher de partir. Ce n'était pas l'envie de rester qui manquait à Kirishima. Lui aussi aurait préféré, et de loin, poursuivre cette séance d'embrassade, plutôt que de se rendre à son apprentissage. Aussi fort pouvait-il adorer travailler avec Tamaki et Fat Gum, cela ne valait en rien la compagnie de Bakugo. Mais il avait des obligations en tant qu'apprenti en agence et futur héros. Et il n'était pas du genre à jouer les déserteurs.
Il plaqua ses mains sur le torse de Bakugo et s'en servit d'appuie pour se redresser au-dessus de lui. Ce dernier fit part de tout son mécontentement à travers une moue excessive.
- Au cas où tu jouerais les sourds, Midoriya m'a appelé, précisa Kirishima. Ne fais pas semblant de ne pas l'avoir entendu.
- Ce foutu nerd peut très bien se rendre à la gare tout seul ! Vous ne faites même pas partie de la même agence ! Qu'est-ce que ça peut lui faire si tu es en retard ?
- Fat Gum et Night Eye ont décidé de nous faire travailler ensemble pour la journée. Ça ferait tâche d'arriver en décaler alors qu'on vit littéralement en cohabitation.
- Ça se tient, reconnut Bakugo. Mais il y a juste un paramètre que tu as oublié d'inclure dans ton discours.
- Lequel ?
- Je n'en ai absolument rien à foutre.
Kirishima soupira, amusé, tandis que son amant s'asseyait à son tour pour capturer son cou entre ses lèvres. Qu'il continue comme ça et le pauvre garçon aux cheveux rouges allait vraiment finir par être en retard. Il était loin d'être doué quand il s'agissait de résister à Bakugo.
Il fit néanmoins preuve d'une volonté de fer et écarta de nouveau le blond de lui, avant de descendre du lit.
- Je vais finir par croire qu'en réalité, tu veux juste m'empêcher d'aller à cet apprentissage parce que toi, tu es coincé aux rattrapages pour le permis provisoire.
- Oui, il y a sûrement un peu de ça, reconnut Bakugo en grommelant.
Conscient qu'il ne pourrait pas ramener Kirishima près de lui, le blond se laissa lourdement retomber sur le lit. Il fixa le plafond d'un air détaché, jusqu'à ce que la tête de pique ne se retrouve dans son champ de vision, un sourire amusé sur le visage.
- Désolé de t'abandonner à ton triste sort, se moqua le rouge. Je me rattraperai, c'est promis.
- Je serai curieux de savoir comment.
Si Bakugo attendait une réponse salace, Kirishima n'allait certainement lui faire le plaisir de le lui donner. Ils n'en étaient pas à ce stade de relation, de toute façon. Ils s'étaient mis d'accord pour y aller par étape et sans pression. Alors, le plus amoureusement du monde, le plus petit glissa ses doigts dans les mèches blondes de son partenaire et répondit :
- Et si ... Si on se faisait un vrai rendez-vous ?
- Pour que tu aies de quoi comparer le peu que je peux t'offrir à ce que Mao t'avait proposé ? Certainement pas.
Kirishima se mordit l'intérieur de la joue. Ce n'était pas la première fois que Bakugo ramenait Mao sur la table. Son côté possessif faisait partie intégrante de lui, et même avec toutes les preuves d'amour du monde, il resterait méfiant vis-à-vis des garçons, comme des filles, qui auraient le malheur de tourner autour de son petit ami.
C'était un fait avéré, acté, et qu'ils avaient tous les deux finis par accepter.
Mais Kirishima savait pertinemment que la réplique de son partenaire ne relevait pas d'une simple jalousie.
- Laisse-le en dehors de ça, lui command-t-il doucement. Tu sais bien qu'il n'y a rien de comparable. Mao est quelqu'un de bien, j'apprécie sa présence en tant que camarade, mais c'est tout. Je lui ai dit, il l'a compris, ça s'arrête là.
Pour défaire la grimace de contrariété qui déformait le visage de Bakugo, l'adolescent capable de durcir son corps se pencha et l'embrassa tendrement.
- Alors qu'en ce qui te concerne, Katsuki Bakugo, je suis juste fou amoureux.
C'était si bon de pouvoir le dire à voix haute, de ne plus avoir à le garder pour soi, ni à subir cette avalanche de sentiments tout seul. Enfin ... Le blond restait toujours très frileux en matière d'expression orale et de gestes affectueux. Kirishima le comprenait, il ne voulait pas le brusquer. Mais ça n'en restait pas moins frustrant.
- J'imagine que tu ne m'accompagnes pas en bas ? demanda-t-il.
Au fond, il s'avait déjà la réponse, mais il ne désespérait pas d'entendre un jour son compagnon dire oui. Mais pour toute répartie, Bakugo caressa brièvement sa main avant de se caler davantage contre le matelas.
- Dépêche-toi, avant que cet abruti de Deku ne décide de venir te chercher jusqu'ici.
Au fond, peut-être que Kirishima aurait bien aimé. Que Midoriya prenne l'initiative de monter à l'étage et d'ouvrir cette porte qui les séparait du monde extérieur. Monde dans lequel leur couple n'existait pas encore. Car, bien qu'ils soient ensemble depuis un mois, leur relation se limitait aux quatre murs de cette chambre.
Bakugo n'était pas prêt à s'exposer au grand jour, que ce soit auprès de ses parents, de leurs camarades ou du reste de l'univers. Raison pour laquelle il trouvait toujours une excuse pour éviter les rencards, et les marques d'attentions en public. Bien loin de Kirishima qui, lui, ne rêvait que de vivre cet amour au grand jour.
Résigné, il se releva pour enfin sortir et épargner à Midoriya davantage de retard par sa faute. Night Eye et ses airs de parfait bureaucrate n'avaient pas l'air du genre à accepter le moindre écart de conduite.
Arrivé à la porte, il jeta un dernier coup d'œil à Bakugo, allongé nonchalamment sur son lit, la mine toujours aussi désabusée.
- ... N'explose personne en mon absence.
C'était sa façon habituelle à lui de souhaiter une bonne journée à son petit ami. Ce dernier lui répondit par un sourire carnassier, suivit par cette réplique qu'il lui sortait toujours alors :
- Je ne te promets rien.
Le genre de petit rituel secret qui faisait virevolter les papillons qui avaient élu domicile dans le ventre de Kirishima depuis leur rencontre. Oui, il était décidément raide dingue de ce garçon au mauvais caractère et qui avait le fâcheux don de le rendre un peu plus dépendant chaque jour qui passait.
C'était le genre d'émotion qu'il aurait aimé ne pas avoir caché.
Mais bon ... Ils avaient seize ans, ils étaient jeunes, en pleine découverte, et ils avaient tout le temps d'évoluer. Et Kirishima n'était pas pressé. Pour ce garçon, il attendrait.
Bakugo finirait bien par assumer ce qu'il ressentait.
21 septembre 2018 [14:01]
Hôpital de Matsuzawa
Lorsque Bakugo rouvrit les yeux après ce qui lui paru être une brève seconde d'absence, il était toujours à l'hôpital. Dans cette même chambre où Aya avait usé de son alter. À la différence près qu'il s'y trouvait désormais seul. La jeune fille avait disparu, au même titre que le corps endormi de Kirishima.
Le futur numéro 1 eut un élan de panique à la vue de cette pièce vide et froide. Et si ça n'avait pas marché ? Et si Aya lui avait menti ? Et si les médecins avaient emporté le cadavre de son ami pendant cette absence qui lui avait pourtant paru si courte ?
Il secoua la tête.
« Ne commence pas à baliser, putain ! »
Il fallait qu'il se détende. Aya lui avait bien expliqué que son alter ne fonctionnait pas comme un retour dans le temps. Il se contentait de modifier le passé. Et Bakugo ayant fait le choix de garder ses souvenirs, et de ne pas être impacté, il était logique qu'il se réveille au même endroit ou l'adolescente avait usé de son don.
Ce n'était pas les moyens de vérifications qui manquaient.
Dans un premier temps, il récupéra son portable à la hâte, manquant de le faire tomber au passage. L'écran s'illumina pour laisser apparaître la date et l'heure : le vingt-et-un septembre deux-mille-dix-huit. Quatorze heures et trois minutes. Ces deux petites informations suffirent à calmer un tant soit peu le garçon. Il était toujours au bon jour, du bon mois, de la bonne année, et vraisemblablement, toujours au Japon.
Il ne lui restait donc plus qu'une chose à vérifier : que Kirishima soit bel et bien vivant.
Son cœur repartit au galop, angoissé à l'idée que tout ait foiré. De ses doigts tremblants, il déverrouilla son portable après s'y être repris à trois fois. Il aperçut quelques textos manqués de Kaminari et Mina qui lui commandaient de se dépêcher de rentrer à l'internat pour la séance de révision, ainsi qu'un e-mail concernant ses cours de rattrapages au permis provisoire.
Bakugo grommela.
« Même dans une réalité parallèle, il y a visiblement de ces choses qui ne changent pas. »
Mais peu importait.
Il rattraperait un millier de fois son examen et subirait des millions d'heures de ces cours supplémentaires, si seulement, à côté de cela, Kirishima était toujours en vie.
Incapable d'attendre plus longtemps d'en avoir le cœur net, il chercha le contact du garçon aux cheveux rouges dans son téléphone, dans l'idée de l'appeler. Le corps de Bakugo fut parcouru de frissons rien qu'à la perspective de réentendre sa voix. Mais ...
Étrangement, après de multiples scrolling dans son carnet d'appel, le blond ne trouva aucune mention de sa « tête d'ortie », comme il l'avait si affectueusement baptisé dans son téléphone. Une absence qui n'était pas pour le rassurer. Pas alors qu'il avait même le numéro de cet abruti de Deku. Ça n'avait aucun sens.
Ses espoirs de revoir Kirishima vivant furent rapidement ternis par ce constat. Quelque chose clochait et Bakugo avait besoin de savoir quoi. Au risque de devenir complètement fou.
D'une puissante endurance, le lycéen quitta l'hôpital à vive allure, ignorant les regards interrogateurs des membres du personnel qui s'étonnaient de voir un adolescent sortir en trombe d'une chambre vide.
Si Bakugo s'en referait aux messages que Kaminari et Mina lui avaient envoyé concernant une soi-disant séance de révision, tous ces camarades devaient se trouver en ce moment-même à l'internat. Kirishima y compris.
Alors, sans jamais faiblir, l'apprenti héros courut jusqu'au fameux bâtiment, heureux de constater que, malgré l'intervention d'Aya, lui et ses amis vivaient toujours sous le même toit. Cela signifiait certainement que, même dans cette réalité, le camp d'été avait été une catastrophe, poussant les professeurs à construire cet internat pour garder les élèves sous surveillance rapprochée.
« Et si les vilains m'ont aussi enlevé dans cette version de l'histoire, alors Kirishima m'a sans doute de nouveau sauvé... » pensa Bakugo.
Il sourit tout seul au souvenir de cette main que son petit ami lui avait tendu dans les airs pour le tirer des griffes de l'Alliance.
Gagné par un regain d'optimisme, il pénétra dans la grande maison et retrouva une partie de ses camarades de classe installés dans le salon, attentifs à ce que Yaoyorozu leur expliquait. Tous tournèrent la tête en découvrant Bakugo entrer.
- Eh bien, ce n'est pas trop tôt ! se plaignit Sero. T'abuses quand même. T'avais dit que tu serais là pour nous aider.
- On a dû se taper une heure sur l'hypothèse de la singularité altérique, soupira Mina. A quoi ça va nous servir ça ? Ça ne concernera même pas notre génération !
- Pourquoi Yuei juge utile de nous donner des examens écrits de toute façon ? s'enquit Masahiro. Je veux dire, on n'est pas censé être évalués sur nos compétences de terrain ? Qu'est-ce que vienne faire les maths et les sciences naturelles là-dedans ?
- J'avoue que je serai beaucoup plus attentif si on avait Mount Lady comme professeure au lieu de Monsieur Aiza...
- Fermez-là !
C'était certes brusque et violent, mais Bakugo n'aurait pas supporté davantage de leurs jérémiades dont il se fichait royalement. Il n'avait pas le temps de s'attarder sur les examens à venir, sur la singularité altérique, ni même sur l'obsession sans borne de Mineta pour les super-héroïnes à forte poitrine !
Tout ce qu'il voulait, c'était savoir pourquoi les trois-quarts du Bakusquad était présents dans cette pièce, excepté le seul membre qu'il aurait voulu vraiment voir.
- Détends-toi, mec, soupira Kaminari. On ne voulait pas t'énerver, mais ce n'est pas juste que toi tu réussisses sur tous les plans, quand nous on galère autant à avoir la moyenne.
- Où est Kirishima ?
Il s'inquiéterait des états d'âme de ses amis plus tard. Pour le moment, il avait juste besoin d'être fixé, sans quoi il finirait par devenir taré.
Sa question, aussi simple soit-elle, laissa retomber un lourd silence sur l'ensemble du salon. Ses camarades s'échangèrent des regards perplexes, comme si sa demande était stupide, voire complètement absurde.
Face à leur réaction, l'espace d'une seconde, Bakugo eut l'irrépressible angoisse de les entendre lui répondre que Kirishima était mort, qu'il était censé le savoir, que sa question n'avait pas lieu d'être.
Et que tout avait échoué.
- Euh ... Il est dans sa chambre, répondit Kaminari. Mais pourquoi tu ...
Bakugo n'attendit même pas que son camarade termine sa phrase, qu'il était déjà en haut des escaliers, prêt à rejoindre le premier étage où se trouvaient son espace, ainsi que celui du garçon qu'il aimait.
Son cœur tambourinait, comme envieux de s'échapper de sa poitrine pour arriver plus vite à la fameuse chambre. Un sourire béat lui fendait le visage, impossible à décoller. Il était bien trop excité à l'idée de revoir Kirishima pour se soucier de l'air complètement niais qu'il devait avoir.
Enhardi par l'adrénaline, il ouvrit la porte de la chambre de son ami à la volée, sans même prendre la peine de frapper. Debout, près de l'armoire, se tenait la silhouette fine et divinement musclée de Kirishima, tout ce qu'il y avait de plus vivant. En pleine séance habillage, ce dernier se figea à mi-chemin dans le boutonnage de sa chemise en découvrant Bakugo, essouflé sur le seuil de sa porte.
- Bon sang, mec, mais qu'est-ce que tu fiches ?
Sa voix aussi légère que puissante parvint aux oreilles du blond comme la plus douce des mélodies. Ses dernières retenues l'abandonnèrent complètement, et il se rua sur sa moitié pour le serrer dans ses bras.
L'étreinte était presque douloureuse, trop forte, trop désespérée. Bakugo eut tout le mal du monde à retenir ses larmes, tant il était bouleversé de revoir Kirishima ainsi. Chaque courbe de son corps, son parfum, sa façon de respirer ... Rien n'avait changé, et c'était là le plus merveilleux.
Et alors qu'il profitait pleinement de ce moment, Bakugo se fit la promesse de ne pas tout faire foirer cette fois-ci et de vouer sa reconnaissance éternelle à Aya pour lui avoir rendu ce garçon qu'il aimait à en crever.
Kirishima devait manquer d'oxygène, car il le repoussa violemment.
- Wo ! Sérieusement, qu'est-ce qui se passe ?
Bakugo ne put s'empêcher de sourire face à son adorable incompréhension. Évidemment que la situation lui paraissait étrange. Dans son esprit, tout allait bien.
- Je suis juste ... Tellement content que tu ailles bien.
Voilà bien le genre de phrase qui n'allait pas aider Kirishima à y voir plus clair mais c'était tout ce que Bakugo était en mesure d'exprimer sur le moment.
Le garçon capable de durcir son corps resta silencieux, perplexe, avant de porter sa main au front de son camarade.
- Tu es malade ou quoi ? Pourquoi tu sors des trucs pareils ?
Jamais Bakugo n'avait senti de contact plus chaleureux que cette main sur sa peau. Il aurait pu profiter de ce moment des heures durant, mais Kaminari eut l'affreuse idée de venir s'incruster.
- Kirishima, tu es ... Oh. Désolé de vous interrompre.
- Bouge de là, l'ampoule !
Bon. Réalité différente ou non, Bakugo ne pouvait décemment pas tout changer de sa personnalité non plus. Le lycéen aux cheveux rouges ignora l'insulte pour ne se concentrer que sur Kaminari.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Eh bien, Mao est en bas. Il t'attend. Mais je peux lui dire que tu es occup...
- Non, non. Ce n'est rien, je descends.
Bakugo eut l'impression de sentir ses organes internes chuter dans son corps. C'était quoi cette histoire ? Pourquoi Mao faisait-il encore partie de l'équation ?
Alors même que Kirishima ne lui accordait plus la moindre attention –préférant s'attarder sur les derniers boutons à fermer de sa chemise- le blond lui empoigna le bras pour l'obliger à le regarder.
- C'est quoi ces conneries ? Pourquoi Mao est ici ?
Kirishima laissa échapper un rire léger.
- Bakugo, je veux bien que tu te t'intéresse pas vraiment au reste de la classe, mais enfin ça fait quand même deux mois maintenant.
- Deux mois que quoi ?
- Que je sors avec Mao, lâcha-t-il comme une évidence.
Cette annonce eut le même effet qu'une bombe. Tout ce que Bakugo s'était construit comme illusions jusqu'alors, s'effondra comme un château de cartes.
Kirishima ... Avec Mao ? Mais ... Alors lui ? Qu'est-ce que ... ?
La main de sa tête d'ortie se déposa sur son épaule et le sortit de sa torpeur.
- Écoute, ça me fait plaisir que tu t'inquiètes pour moi. Non, je t'assure, c'est cool, quoi qu'un peu sorti de nulle part. Mais si tu veux bien, on en rediscutera plus tard. Ou pas, hein ? Enfin, ce serait un peu bizarre, sachant qu'on ne s'est jamais vraiment parlé, mais bon ... C'est comme tu veux. Alors ... Bonne soirée ?
Et sur ces derniers mots, il s'éloigna dans le couloir pour rejoindre l'escalier, en bas desquels l'attendait sûrement Mao.
Vide, détruit moralement, complètement abattu, Bakugo s'efforçait de rejouer les dernières secondes dans sa tête pour essayer de comprendre. Kirishima sortait avec un autre depuis deux mois, et son discours laissait entendre que lui et Bakugo ne s'était jamais véritablement adressé la parole jusqu'à maintenant.
...
Ce n'était pas seulement leur vive dispute qu'Aya avait dû corriger pour ramener Kirishima à la vie. Mais les débuts même de leur amitié, qui avait vu le jour lors de l'attaque du SCA. Au contraire de ce qu'il avait vécu dans les souvenirs de Bakugo, dans cette version de l'histoire, peut-être qu'ils avaient combattus les vilains séparément. Ou, allez savoir, peut-être que l'attaque n'avait même jamais eu eu lieu ...
Et si Aya avait eu besoin de changer ce moment précis de leur passé commun, c'était bien la l'ultime preuve que c'était lui, l'élément déclencheur de tous les malheurs de Kirishima. C'était Bakugo qui l'avait conduit dans les bras de la faucheuse.
« C'est de ta faute s'il est mort. Et s'il m'avait choisi, il serait toujours en vie. »
Mao avait vu juste.
Dans cette réalité où le cœur de Kirishima lui appartenait, au moins, il était en vie.
À l'inverse, Bakugo, lui, se retrouvait de côté. Il était désormais un parfait étranger aux yeux de ce garçon qu'il aimait plus que tout. Inconnu au point de ne pas avoir son numéro dans son téléphone, et de déclencher la perplexité chez ses camarades de classes lorsqu'il demandait à le voir.
Alors qu'ils avaient été camarades, meilleurs amis et amants dans une vie, dans celle-ci, le simple fait qu'ils s'adressent la parole pouvait paraître incongru.
« Tu n'es rien pour moi. »
Bakugo serra les poings et laissa libre court à ses larmes silencieuses. Il lâcha un petit rire rauque, empli de douleur, de colère et de frustration.
À présent, c'était lui qui n'était plus rien pour Kirishima.
Au final, ce n'était qu'un vif retour de bâton ...
À suivre.
