Quelques heures avant la mort de Kirishima

18 septembre 2018 [19:38]

Internat de la Seconde-A

- Tiens, Bakugo.

L'intéressé releva la tête. Par-delà le dossier du canapé sur lequel il était renfrogné, Yaoyorozu le regardait d'un sourire triste, un bol de ramen fumant entre les mains. Prévisible. Elle avait cet instinct maternel qui l'empêchait de laisser un camarade s'affamer, quand bien même c'était son choix.

- Si tu ne veux pas dîner avec nous, essaye au moins d'avaler quelque chose, lui conseilla-t-elle. Ça ne peut pas te faire de mal.

Dans un sens, Bakugo admirait sa détermination. Après tout, c'était un schéma qu'elle répétait tous les soirs depuis une semaine. Depuis ce fameux jour où le blond avait brisé toute communication possible entre lui et Kirishima.

Il ne l'aurait jamais cru, mais cette dispute avait altéré l'ensemble de la classe. L'ambiance s'en été retrouvée considérablement dégradée. Cette situation leur avait à tous permis de réaliser combien Kirishima les soudait les uns aux autres : un véritable rayon de soleil pour le groupe. Mais une lumière affaiblie n'était plus en mesure d'éclairer personne.

Au fond, chacun se sentait morose à sa façon, même s'ils tentaient de garder la face. Et pour cause, ce n'était pas vraiment leurs affaires. Cette histoire ne concernait que Bakugo et Kirishima, par conséquent, personne ne se sentait vraiment légitime d'être aussi déprimé. Mais c'était sans doute là, la plus grosse querelle que leur classe ait connu depuis le début d'année, alors forcément … Cela avait de quoi marquer les esprits..

Pour traverser cette désagréable période, ils se consolaient tous de la même manière : en se rappelant que les deux facteurs de cette dispute étaient inséparables. Embrouille ou pas, Bakugo et Kirishima ne sauraient jamais rester loin l'un de l'autre bien longtemps. C'était un fait avéré en lequel tout le monde croyait.

Ces deux idiots finiraient par se réconcilier. Quel qu'était l'objet de leur accrochage.

C'est le genre de pensée qui poussait la jolie Creaty à apporter de quoi manger à Bakugo. À défaut de pouvoir réchauffer les cœurs, en attendant leurs retrouvailles, elle pouvait toujours renflouer leurs estomacs. Une véritable protectrice dans l'âme.

- Merci, mais je n'ai pas faim.

Yaoyoruzu prenait d'autant plus conscience de la gravité de la chose depuis que son camarade d'ordinaire si râleur et impulsif, prenait le temps de la remercier, malgré tout. Elle était loin d'avoir réussi à les apaiser.

- Je te le pose là, fit-elle en contournant le canapé pour installer le repas sur la table basse. Au cas où, tu changerais d'avis.

Elle s'efforça de lui sourire malgré ses maigres espoirs. Plus tard, dans la soirée, elle retrouverait sûrement le bol à peine touché. Comme d'habitude.

Bakugo attendit que la belle brune s'éloigne pour récupérer son portable. D'un air nostalgique, il consulta l'écran, dans l'attente d'un message qui ne viendrait sans doute jamais. Cela faisait une semaine que lui et Kirishima n'avaient pas échangé de quelle que façon que ce soit. Pas même un regard en coin, ni même un semblant de tentative d'approche. Du moins du côté du rouge.

Parce qu'aussi fort Bakugo pouvait-il avoir l'air détaché, il lui était impossible de manquer la façon dont le garçon qu'il aimait souffrait de leur séparation. La façon dont le blond lui avait assuré n'avoir jamais rien ressenti pour lui, l'avait anéanti. Cela se traduisait dans son pas lourd, son dos courbé, ses cheveux qu'il ne prenait plus le temps de coiffer et son sourire perdu.

Bakugo se détestait pour être la raison de son malheur, mais il se consolait en s'efforçant de se rappeler que ce n'était que temporaire. Que Kirishima finirait par panser ses blessures avec le temps et que, lorsqu'il tomberait de nouveau amoureux, il en oublierait cette première histoire. Comme si elle n'avait jamais existé.

Il sortit de ses douloureuses pensées lorsqu'une odeur délicieusement sucrée lui emplit les narines. Intrigué, il tourna la tête pour découvrir le visage rond et ô combien trop bienveillant de ce fichu Deku.

- Qu'est-ce que tu me veux, sale nerd ?

Ce crétin aux cheveux verts était sans aucun doute la dernière personne avec qui Bakugo avait envie de discuter. S'il on exceptait Mao et sa confortable marge.

Bien entendu, Midoriya ne se formalisa pas de cette réaction brutale. Il était celui qui en avait le plus l'habitude parmi leurs camardes et cela faisait déjà quelques mois que les paroles acérées de son ami d'enfance ne lui faisaient plus l'effet d'une menace. Il l'avait vu pleurer, imploser, laisser éclater ses sentiments : l'actuel détenteur du One For All savait que derrière cette apparence froide et insensible, se cachait un adolescent qui n'avait pas encore fini de mûrir.

- Je t'ai ramené des mochis.

Effectivement. Dans une assiette ronde, trois petites boules blanches reconnaissables étaient disposées, prêtes à être dévorées. Bakugo fronça les sourcils.

- Tu ne veux peut-être pas de ramen, mais je me souviens que, quand on était gamins, tu ne savais pas résister aux mochis qu'on nous servait en dessert à la cantine, conta le protégé d'All Might dans un sourire.

- Tu es trop bizarre à te souvenir de ce genre de conneries.

- Si tu n'en veux pas, je peux toujours les rapporter en cuisine.

Mais déjà Bakugo s'était emparé de l'assiette, incapable de résister à l'appel de son ventre qui grondait. Il faut dire qu'il ne le nourrissait pas très bien depuis plusieurs jours. Un peu de sucre ne lui ferait pas de mal.

Midoriya fut ravi de voir son camarade s'accorder un instant de répit au milieu de toute cette tension. Les mochis ne guériraient pas ses maux mais ils pouvaient lui faire penser à autre chose, au moins le temps de quelques bouchées.

- Kacchan, je sais bien que je suis la dernière personne à qui tu voudrais te confier mais … Si tu as besoin de parler, je suis là.

- En effet, réflexion stupide. Pourquoi j'irai discuter de quoi que ce soit avec toi ? répliqua-t-il, la bouche pleine.

Le plus petit observa les alentours pour s'assurer que personne ne les écoutait et s'autorisa à s'asseoir aux côtés du blond, tout en maintenant une certaine distance de sécurité au cas où ce dernier déciderait de lui exploser la figure.

- Depuis des mois tu gardes le secret de mon alter, expliqua Deku. Tu as encaissé un tas d'informations concernant le One For All, sa transmission et ce que cela impliquait pour All Might. Je ne doute pas que ça doit être lourd et pesant de responsabilités.

Bakugo ne répondit rien. Il n'y voyait pas spécialement de poids quelconque. Au contraire, cela représentait une sorte de motivation à le dépasser.

- Alors, si tu as su écouter mes déboires concernant mon pouvoir, je peux bien te soulager de tes regrets amoureux, acheva Midoryia.

- Ouais, bah désolé, mais ce n'est pas mon genre de me confier sur ce genre de cho…

Il s'interrompit brusquement, le visage en feu et le cœur tambourinant de stress. Mais quel con ! Bakugo avait répondu sans nier ses derniers mots : comme si la raison profonde cachée derrière sa dispute avec Kirishima, était une évidence !

- Eh mais d'où tu sors des conneries pareilles, toi ? Il n'est pas question de regrets, d'amour ou d'autres niaiseries du style !

- Ah bon ? répliqua innocemment Deku. J'aurais pourtant cru que vous étiez ensemble, toi et Kirishima.

- Mais … Qu'est-ce qui t'as fait pensé un tel truc ?

- Eh bien, à dire vrai, beaucoup de choses. La façon dont vous vous regardiez, les quelques gestes tendres et discrets, ton sourire d'ordinaire si rare mais sincère et récurrent lorsque tu es avec lui, ton…

- Ça va, ça va, j'ai compris !

Il n'avait pas besoin – ni envie – d'entendre cet angoissé de la vie lui parler de tous ces petits détails qui faisaient autrefois sa relation avec Kirishima. C'était aussi douloureux que malaisant.

- Je me serais trompé ? osa demander Deku.

Bakugo était sur le point de répondre que oui, il s'était planté. Qu'il n'y avait jamais rien eu entre cette foutue tête d'ortie et lui. Que jamais ils n'avaient été plus que des amis. Et que leur altercation n'avait rien à voir avec une quelconque forme de romantisme ou de …

Le futur numéro 1 soupira. Voilà, tout ce qu'il aurait répondu en temps normal. À n'importe qui. Mais il s'agissait de Deku - Izuku Midoriya - très certainement le garçon le plus agaçant, le plus trouillard et le moins confiant de la planète. Mais aussi le plus altruiste et le plus pure dans sa façon d'aborder les gens.

Bakugo n'avait pas ressenti la moindre forme de jugement, de dégoût, de répulsion, ni même de curiosité malsaine lorsque son ancien souffre-douleur avait évoqué leur couple à Kirishima et lui. Ce n'était que la tendresse amicale, de l'inquiétude bienveillante couplée à une envie profonde d'arranger les choses. Et si c'était possible ? De se décharger auprès d'une oreille attentive ?

- Non, finit par répondre Bakugo en baissant la tête. Tu ne t'es pas trompé.

Il ignorait s'il regretterait ces mots, mais Deku avait au moins eu raison sur une chose : cela faisait un bien fou de parler. De reconnaître que ce qu'il s'était passé ces quelques derniers mois n'avaient pas été qu'une illusion.

Il n'osa pas regarder la réaction de son camarade.

- Alors pourquoi tu lui as dit qu'il ne représentait rien ? l'interrogea Deku.

Étonné qu'il ose poser cette question, connaissant son caractère constamment apeuré, Bakugo releva vivement la tête. Le pauvre Midoriya recula en sursautant, par peur d'avoir gaffé. Il leva aussitôt les mains en signe de paix.

- Je … J'ai été trop loin ? Je suis désolé, je n'aurais pas dû, c'était déplacé et je devrais …

- Tu sais la fermer des fois ? râla Bakugo en se massant les tempes.

- Pardon, c'est juste que je ne voulais pas …

- Quoi ? Viser en plein de le mile ?

Deku, intrigué, se détendit un peu face à l'étrange calme dont son ami faisait preuve. La situation devait véritablement l'affecter au plus haut point pour qu'il privilégie la discussion plutôt que la force de ses poings.

- J'ai merdé, reprit le blond. Sur tous les plans. J'aurais voulu le rendre heureux mais, j'en étais incapable alors, j'ai préféré m'éloigner. Mais … Comme il est du genre … têtu et déterminé, il n'a pas voulu me laisser partir. Alors j'ai fait ce que je sais faire de mieux : être une ordure.

À résumer ainsi leur relation, Bakugo prit d'autant plus conscience de la façon dont il avait détruit une histoire qui aurait pu être incroyable si seulement il avait eu le courage de se laisser aller davantage.

- Kacchan, l'interpella doucement Deku. Tu n'as jamais été incapable de quoi que ce soit. Pourquoi tu t'imagines que ça aurait été différent avec lui ?

- Tu as vu tout ce qu'il se passe en ce moment avec Blue Riders ? Concilier la vie de héros à laquelle j'aspire avec notre relation n'aurait jamais fonctionné. Il voulait vivre au grand jour, et moi, devenir le numéro 1. Même s'il disait être prêt à rester caché, ce n'est pas ce que je voulais pour lui.

L'adolescent aux cheveux verts fronça les sourcils. Bakugo soupira intérieurement : pas étonnant, il ne s'attendait à ce que quiconque comprenne son choix, et c'était d'autant plus difficile pour quelqu'un d'hétéro de réaliser tout l'impact que pouvait avoir un amour comme celui qu'il partageait avec Kirishima.

- Je lui ai dit des horreurs pour qu'il me déteste et s'éloigne de moi de son propre chef, acheva-t-il. Pour qu'il trouve quelqu'un de bien mieux que moi et je …

- Tu penses quoi d'All Might ?

Ce fut au tour de Bakugo de froncer les sourcils. De quoi parlait ce foutu nerd ?

- C'est quoi le rapport ? demanda-t-il, agacé.

- Je veux dire : est-ce que tu l'admires moins maintenant qu'il a … perdu son alter ? Maintenant qu'il ne peut plus se battre ?

C'était une question idiote à laquelle le blond n'avait même jamais eu l'intention de réfléchir. Et que Deku l'interrompe dans ses confessions pour lui demander une débilité pareille le renfrogna d'autant plus.

- Je savais que je n'aurais jamais dû te parler de ça, cracha-t-il en commençant à se lever. Tu es vraiment à côté de la plaque, pauvre tâche.

- Bien sûr que non, relança le plus petit en ignorant sa remarque précédente. All Might n'a jamais baissé dans ton estime, pas une seule seconde, même après qu'il ait pris sa retraite.

- Qu'est-ce que tu essayes de me dire, putain ?!

- Que ce qui a fait toute la force d'All Might, ce n'est pas sa capacité à sauver presque tout le monde. Mais le fait qu'il soit un symbole.

Bakugo s'apaisa un peu, intrigué de savoir où son camarade voulait en venir.

- Toi, moi, comme beaucoup d'autres gens, nous l'admirons depuis tout petit et encore aujourd'hui parce que c'est notre modèle. Une personne à laquelle on a envie de ressembler. C'est ce qui le différencie d'Endeavor dans un sens. Tous les deux, ils sauvaient pratiquement le même nombre de personnes chaque année, arrêtaient le même quota de vilains, mais le public préférait All Might pour ce qu'il représentait et pour ce qu'il inspirait aux jeunes générations.

Midoriya osa relever la tête vers son ami.

- Tu n'es pas seul, Kacchan. Partout dans ce monde, il y a tout en tas de personnes qui ont vécu les mêmes angoisses que toi concernant leur orientation sexuelle et ce que cela impliquait pour leur avenir. C'est ainsi depuis des années, encore aujourd'hui, et étant donné le tabou du sujet, même en 2018, cela continuera dans l'avenir. À moins que quelque chose ne change.

- Quoi ? Qu'est-ce qui pourrait être assez puissant pour changer les mentalités de merde de ce monde ?

- Un symbole justement.

Ce mot, aussi simple et commun pouvait-être dans leur monde, prit un tout nouveau sens déclencha une étincelle en Bakugo

- Ça pourrait être toi, Kacchan, poursuivit Deku. Ce héros fort et courageux qui prouverait à tous les enfants de ce monde, que ce qu'ils ressentent, ce qu'ils désirent, ne doit jamais être un obstacle à leurs rêves. Tu pourrais être ce symbole qui ferait taire les critiques et les mauvais penseurs qui jugent qu'un héros digne de ce nom se doit de rentrer dans la « norme ».

Le jeune possesseur du One For All se leva à son tour et, après une brève hésitation, déposa une main amicale sur l'épaule de Bakugo.

- Deviens ce héros qui aurait donné envie au petit garçon que tu étais, de s'assumer pleinement et de ne jamais abandonner.

Sur ces dernières paroles, Deku laissa son ami pour rejoindre la cuisine. Il ignorait si son petit discours ferait mouche, mais il espérait au moins que ça le ferait réfléchir.

Et il avait raison d'y croire. Désormais seul, debout au milieu du salon, Bakugo resta figé quelques instants, impacté plus que de raison par les mots d'un nerd qu'il avait toujours jugé bien trop stupide et trouillard pour comprendre quoi que ce soit. En définitif, c'était lui-même, le plus idiot de tous.

Il serra les poings, tandis que sa gorge se nouait. Deku était sans aucun doute bien plus courageux que lui. Ce petit con avait assimilé des notions concernant la vie de héros dont Bakugo ignorait même l'existence.

Il était à la traîne … Encore et toujours, quoi qu'il fasse, quoi qu'il en dise. Et cette fois-ci, sur sa route vers le sommet, il avait fait une victime derrière lui. Un garçon qu'il aimait pourtant plus qu'il ne l'aurait cru possible.

Peut-être que Midoriya avait raison. Peut-être qu'il pourrait devenir ce modèle dont il avait terriblement manqué en tant qu'adolescent homosexuel et amoureux pour la première fois ? Peut-être qu'être un héros ne se limitait pas à écarter physiquement les autres du danger ? Peut-être que l'expression « sauver des vie » avait une portée plus profonde que celle que les médias lui accordaient ?

Dans un geste fou et instinctif, il fouilla dans sa poche à la recherche de son portable. D'une main tremblante mais pas moins déterminée, il chercha le nom de Kirishima dans ses contacts et l'appela.

Il fallait qu'il lui parle, qu'il lui explique les choses, qu'ils en discutent calmement, qu'il lui demande pardon. Qu'il lui dise que, quoi qu'il ait pu dire ou faire, il était fou amoureux de lui.

Mais il tomba sur la messagerie. Frustrant, mais pas étonnant. Kirishima était en mission avec Fat Gum et Tamaki ce soir-là. Ces interventions de dernière minute faisaient partie de son quotidien de stagiaire.

Bakugo prit son mal en patience. Il attendrait son retour à l'Internat pour lui parler.

À cet instant, seulement, il ignorait encore que le garçon qu'il aimait été en train de se faire tuer. Et que quelques heures plus tard, en plein milieu de la nuit, il recevrait un appel d'Aizawa, porteur d'une terrible nouvelle qui bouleverserait sa vie toute entière.

10 octobre 2018 [18:37]

Internat de la Seconde-A

Bakugo ne perdit pas une seule seconde lorsqu'il traversa la porte de l'internat. Il avait passé toute la fin de journée à ressasser ce baiser qu'il avait partagé avec Kirishima dans le local de ménage, plutôt que de se concentrer sur son rattrapage du permis.

Il était même si peu concentré que Gang Orca avait fini par abandonner l'idée de le mater et avait mis fin au cours une demi-heure plus tôt que prévu. Bakugo le paierait sûrement en exercices supplémentaires et en pression verbale à la prochaine séance mais il s'en fichait.

Tout ce qui lui importait, c'était de retrouver Kirishima et de savoir ce qui était ressorti de cet échange. Il avait sûrement eu le temps d'y réfléchir un peu durant l'après-midi, même si Mao avait eu le foutu instinct d'appeler durant cet instant crucial.

Bakugo avait confiance. Il connaissait sa tête de pique mieux que personne, et il avait constaté la façon dont il avait répondu à son baiser. Kirishima avait aimé, désiré ce moment au moins autant que Bakugo lui-même.

Peut-être qu'il nierait avoir ressenti quoi que ce soit, mais le blond saurait lui rappeler la façon dont ses lèvres s'étaient muée contre les siennes, l'accélération soudaine de son cœur qu'il avait senti battre contre son torse et les frissons d'excitation qui lui avait perçu sous ses doigts.

Bakugo entrevoyait enfin une lumière à son cauchemar et pendant un instant, il se plut à croire qu'il allait peut-être enfin retrouver ce garçon qu'il avait perdu beaucoup trop tôt.

Ne le voyant dans le salon avec les autres, le futur numéro 1 grimpa les marches quatre à quatre jusqu'à l'étage où se trouvaient leurs chambres. Après avoir frappé plusieurs coups à la porte du rouge, Bakugo comprit que Kirishima n'était pas là – où qu'il choisissait délibérément de l'ignorer - mais à en juger par le silence glaçant du couloir, il était bel et bien seul ici.

Peut-être que le lycéen à l'alter de durcissement passait l'après-midi avec Mao.

Ravalant tant bien que mal sa jalousie, Bakugo se rassura en repensant une énième fois à leur baiser. Il fallait qu'il se détende et qu'il patiente jusqu'à son retour de dieu seul savait où.

Il rentra alors dans sa propre chambre et découvrit sur le parquet, une petite feuille pliée en quatre qui avait sûrement été glissée sous l'encadrement en son absence.

Curieux, il se pencha pour le ramasser et sentit son cœur s'emballer en reconnaissant l'écriture de Kirishima. Un sourire étira ses lèvres sans même qu'il ne s'en rende compte.

« J'aurais voulu attendre que tu rentres de ton rattrapage, mais j'ai été appelé par Fat Gum pour l'aider sur une patrouille. Je ne sais pas encore à quelle heure je rentrerai mais possible de discuter de ce qu'il s'est passé à mon retour ? Si ça te va, tu n'auras cas laissé ta porte de chambre entrouverte. J'essaierai de ne pas te réveiller en sursaut.

Eijiro. »

Le message était simple, clair et ne laissait entrevoir aucun indice sur ce que Kirishima avait pu tiré comme conclusion de cet étrange après-midi. Mais Bakugo s'en moquait. Il s'était promis de lui laisser du temps, de faire les choses au rythme de sa moitié cette fois-ci, et il comptait bien tenir cet engagement.

Alors comme convenu, il laissa sa porte entrouverte et il s'allongea sur le lit, impatient que Kirishima revienne de mission. Que ce dernier se rassure, il ne le réveillerait pas en sursaut. Comme si Bakugo allait réussir à s'endormir en l'attendant.

Pourtant, la fatigue finit par le rattraper, et c'est sans même être descendu dîner, que le blond tomba dans les bras de Morphé, encore tout habillé et apaisé par le souvenir de la bouche de Kirishima sur la sienne.

Mais quelques heures plus tard, au milieu de la nuit, il fut sorti de son sommeil par un bruit qui lui glaça le sang. La sonnerie de son portable. Et sur l'écran, un nom affiché, qui le replongea brusquement dans le cauchemar d'il y a quelques semaines.

Aizawa.

À suivre.