14 octobre 2018 [08:19]
Internat de la Seconde-A
« Le garçon que tu aimes n'est jamais mort par ta faute. »
Bakugo aurait pu prendre Aya dans ses bras pour cette simple phrase, si seulement il avait été de nature un peu plus expansive. Mais à son image, il se contenta de resté droit, fier, sans se soucier des quelques perles salées qui s'échappaient de ses yeux, soulagées.
C'est en voyant le visage attendri de la jeune fille qu'il prit conscience de ses larmes. Il les essuya rageusement du dos de la main.
- Si tu racontes ça à qui que ce soit, je te jure que ...
- Que quoi ? le taquina-t-elle. Qu'est-ce que tu comptes faire à celle qui vient de te libérer du poids le lourd qui te pesait ?
Certes. Vu comme ça, même Bakugo et son sale caractère n'avaient rien à redire. Soufflé par une gamine, il ne put que rire de sa propre bêtise, évacuant en même temps toute la culpabilité qu'il avait accumulé depuis sa rupture avec Kirishima.
- Merci, Aya.
La concernée fut profondément touchée par les mots du garçon. Elle avait beau n'avoir utilisé son alter que peu de fois, Bakugo était le seul à s'être rendu compte de tout son impact et de ses conséquences. Et c'était peut-être dérisoire en comparaison des quelques instants de bonheur supplémentaires qu'elle accordait aux gens, mais égoïstement, elle avait besoin de ces remerciements.
- C'est sympa d'avoir quelqu'un avec qui partager tout ça, répondit-elle simplement.
Tout de même gêné de cette situation pleine de bons sentiments qui, d'ordinaire, lui donnaient la nausée, Bakugo se contenta de hausser les épaules, avant de venir rejoindre Aya sur le canapé.
- Alors ...
Il ne savait pas vraiment comment formuler la question. Après tout ce que son amie avait fait pour lui, il ne se sentait pas en droit de continuer à l'interroger sur son alter, mais c'était plus fort que lui. La vie de Kirishima était en jeu, et à ses yeux, c'était bien plus important que tout le reste.
- Si tu as modifié l'attaque du SCA ... Et que Kirishima n'a jamais affronté Midas, qu'est-ce que ça signifie pour cette nouvelle version ? Pourquoi a-t-il de nouveau été sa cible ?
Comme si elle avait prémédité sa demande, Aya farfouilla dans son sac et en sortit quelques dizaines de coupures presse et d'articles imprimés.
- Je me suis renseignée, expliqua-t-il en éparpillant les bouts de papier sur la table basse. Cette fois-ci, Midas n'est pas celui qui a attaqué Kirishima.
Pour appuyer sa déclaration, elle désigna l'un des textes citant les témoignages des différents témoins de l'incident, lesquels mentionnaient avoir tous vu un certain Kendo Rappa, tout juste échappé de prison.
Si le nom ne disait absolument rien à Bakugo, il comprit sans mal de qui il s'agissait en découvrant la photo qui accompagnait l'article : il ne l'avait jamais vu de ses propres yeux mais ce masque en forme de bec d'oiseau était assez révélateur à lui-seul.
- Tu sais de qui il s'agit ? demanda Aya.
- C'est un membre des Huit Préceptes. Sans aucun doute le vilain que Kirishima a affronté avec Fat Gum lors de l'opération de sauvetage d'Eri.
Bakugo était un rattrapage à ce moment-là, aussi bien dans la première version que dans celle remasterisée d'Aya. Sans permis provisoire, ni alternance, il n'avait pas pu participer à la mission et seule les échos que lui en avait fait ses camarades avaient pu lui permettre d'en savoir plus. Il se rappelait très bien avoir manqué de faire exploser l'Internat en apprenant que Kirishima avait fini à l'hôpital à cause d'un vilain.
Mais à son image, joyeuse et insouciante, son partenaire lui avait assuré avec un large sourire que si c'était à refaire, il le referait mille fois. Parce que, dans le processus, la vie d'une petite fille avait pu être épargnée.
« C'est ça, être un héros, lui avait-il assuré, rayonnant malgré ses bandages. Je regrette même de ne pas avoir pu faire plus. Mais je vais devenir plus fort et la prochaine fois, je serai vraiment utile. »
C'était quelques semaines avant que Bakugo ne prenne la décision de rompre avec lui, et ne le voit mourir des suites d'une hémorragie cérébrale.
- Ça signifie que cette fois-ci, c'est ce Kendo Rappa qui veut la peau de Kirishima ? demanda-t-il.
- S'il l'a déjà affronté et qu'il a perdu, c'est bien possible qu'il ait les mêmes intentions qu'avaient Midas la première fois. La vengeance.
L'histoire se répétait donc bien. Pas à l'identique, mais les grandes lignes restaient les mêmes, dessinaient un cercle qui paraissait sans fin. Si ce n'était pas un vilain, ça en serait un autre.
- Pardon, Bakugo. C'est moi qui modifie l'histoire en me basant sur ce que je vois de la vie d'une personne. C'était ma déduction et j'ai bêtement cru qu'écarter Midas suffirait à le protéger, au moins quelques dizaines d'années encore.
Elle s'excusait. Mais au fond, Aya avait-elle réellement un lien avec ça ? C'était ainsi que fonctionnait la vie choisie par les élèves de Yuei. Sauver les gens, c'était aussi accepter de se faire un nombre incalculable d'ennemis. Même pour quelqu'un d'aussi pure et gentil que Kirishima ...
Personne ne pouvait rien contre ça.
- Et malheureusement, je ne peux changer l'avenir d'une personne qu'une seule fois, acheva-t-elle.
- Ce n'est pas ta faute. La plupart d'entre nous mourront certainement des mains d'un vilain. Ainsi va le quotidien de héros.
- Mais j'aurais aimé pouvoir le sauver. Et pas seulement pour quelques semaines.
- Tu as fait tout ce que tu as pu, lui assura-t-il.
- Moi peut-être. Mais toi, non.
Bakugo tourna vivement la tête vers l'adolescente, les sourcils froncés sous l'incompréhension.
- Qu'est-ce que tu racontes ? Je croyais que le destin était immuable, même avec l'intervention de ton alter.
- C'est ce que je me suis toujours dit depuis que j'ai vu mon ami Matsuo mourir une seconde fois, mais et si j'avais tort ?
- Comment ça ?
Les yeux d'Aya pétillaient d'espoir et de détermination, comme une détective amatrice qui serait sur le point de résoudre un mystère.
- Écoute, peu importe la temporalité et l'univers dans lequel il était, Matsuo était condamné à mourir dans un accident de la route. Ce n'est pas comme si c'était quelque chose d'évitable. On prend la voiture presque tous les jours. Même s'il avait su les raisons de sa mort, il n'aurait pas pu fuir les transports toute sa vie. Mais pour Kirishima, c'est différent.
- En quoi ?
- Parce qu'il est formé aux métiers de héros, parce qu'on ne croise pas des vilains aux alters de force tous les jours et surtout parce que toi, tu es là.
Le blond sentit son cœur s'emballer.
- Tu es en train de me dire qu'il y a peut-être un moyen de le sauver ?
- C'est bien pour ce genre de chose que tu es formé, non ? Si tu évolues à ses côtés, si tu es près de lui lors de ses missions, si tu lui donnes la force et la motivation de s'améliorer encore et encore, alors tu pourras sûrement lui faire gagner quelques années de vie supplémentaires.
- Tu veux que dire que ...
- La mort de Matsuo était un accident, imprévisible. Celle de Kirishima était un meurtre. Tu dois sans doute pouvoir l'empêcher, aussi longtemps que tu acceptes cette nouvelle charge en tant que futur numéro 1. Bats-toi à ses côtés.
Évidemment qu'il l'acceptait. Il aurait tout fait pour Kirishima, mais il n'aurait jamais cru que rester près de lui pourrait être une option, lui qui s'était toujours imaginé être la raison de sa mort.
Il en aurait presque de nouveau les larmes aux yeux. En réalité, c'était bel et bien le cas, mais sa fierté l'empêcha de le réaliser. Mais ça ne suffit pas à tromper Aya qui sentit son cœur se réchauffer, à l'idée d'avoir pu apaiser ses craintes.
Elle déposa une main sur son épaule.
- Ne joue pas les loups solitaires, et cesse de croire une bonne foi pour toute que personne n'a besoin de toi.
Sur ces paroles, elle récupéra le peu d'affaires qu'elle avait prit la peine d'emmener, et se releva. D'un regard bienveillant, elle observa ce garçon blond au mauvais caractère qui, au fond, ne rêvait que de protéger ceux qu'il aimait.
- J'ai aperçu Kirishima lorsque j'attendais devant la grille de l'Internat ce matin, expliqua-t-elle. Je ne sais pas ce que tu lui as dit pour l'éloigner de toi, ni ce quelle a été sa réaction, mais il avait l'air tout sauf heureux.
Bakugo n'en avait que trop conscience mais sur le moment, il avait sincèrement pensé faire ça pour son bien.
- Parle-lui, lui conseilla Aya. Du passé, de sa mort, de moi, de tout ce dont tu rêves pour lui et des raisons qui t'ont poussé à agir. Il n'attend que ça.
Sur le moment, le blond ne réagit pas. Il ne parvenait pas vraiment à imaginer la réaction qu'aurait Kirishima en entendant ces révélations toutes plus folles les unes que les autres. Mais le discours d'Aya, couplé aux mots que le rouge avait eu la veille ...
« Tu n'as pas à me dire quoi que ce soit si tu n'es pas prêt. Mais j'espère que ce sera le cas un jour. Et que tu me feras suffisamment confiance pour m'expliquer tout ce que ça signifie. Parce que j'ai comme la sensation que quelque chose me dépasse fortement dans cette histoire. »
... achevèrent de le convaincre.
Il ne pouvait pas nier avoir besoin de vider son sac, ni avoir envie que Kirishima sache la vérité. Alors peut-être qu'effectivement, si par la suite Bakugo prenait la peine de le protéger plutôt que de le fuir, il n'y aurait pas de problème à tout lui raconter.
- À une condition, déclara-t-il à la jeune fille.
- Comment ça ?
- Je parlerai à Eijiro, si tu me promets d'en faire de même avec ton frère.
Cette perspective n'eut pas l'air d'enchanter la collégienne.
- Bakugo, ça n'a rien à voir ... Atsushi et moi, on ...
- Vous êtes jumeaux, quoi qu'en dise ton alter. Vous avez besoin l'un de l'autre.
- Je ne vois pas comment, de mon maigre gabarit et de mes faibles ressources, je pourrais le sauver de la balle qui finira pas le tuer un jour.
- Moi, je ferai en sorte de le sauver. Quand je serai devenu le numéro 1, je te jure que je ferai tout pour qu'il survive le plus longtemps possible. Mais en échange, tu devras appliquer tes propres conseils et lui parler.
C'était peut-être dit de façon maladroite mais l'intention était pure. Et Aya en fut profondément touchée.
- J'essaierai, répondit-elle simplement.
Et Bakugo n'insista pas. Il ne savait que trop bien que chacun devait agir à son rythme. Et il était mal placé pour lui imposer quoi que ce soit quand lui mettait déjà tant de temps à gérer ses propres problèmes.
Ne pouvant rien faire de plus pour la remercier, il prit au moins la peine de la raccompagner jusqu'à la porte de l'Internat.
- Je vais voir Atsushi en entraînement tous les mardis et les vendredis, lança Aya. Si jamais tu as envie ... de discuter avec une amie.
L'intention toucha Bakugo plus qu'il ne l'admettrait jamais, mais il se garda bien de le montrer. Et dans un sens, il n'en avait pas besoin, la jeune fille commençait à suffisamment bien le connaître pour décrypter ses réactions. Et sa manière de fuir son regard et de hocher simplement la tête en disait beaucoup plus sur sa reconnaissance que n'importe quel mot.
14 octobre 2018 [17:27]
Internat de la Seconde-A
Bakugo passa le reste de la journée à ressasser tout ce qu'il avait appris ces dernières heures. Libéré du poids de la culpabilité pour la première fois depuis des semaines, il eut l'impression de pouvoir réfléchir à nouveau correctement.
Aya avait raison. Pour protéger Kirishima, il fallait qu'il reste à ses côtés. Et pour justifier sa présence autrement que par amour, il allait devoir lui raconter tout ce qui les liait l'un à l'autre. Dans cette nouvelle vie, comme dans celle qu'ils avaient commencé à partager avant.
Il avait fait les cents pas tout l'après-midi pour essayer d'établir la meilleure façon de lui expliquer, mais chaque formule, chaque construction de phrase qui lui passait par la tête lui semblait si fade et insipide qu'il en était devenu fou.
Assis sur son lit, les doigts ancrés dans ses mèches blondes, Bakugo entendait ses camarades, fraîchement revenus depuis plus d'une heure à l'Internat, s'activer dans le salon. Néanmoins, il ne parvenait pas à se résoudre à descendre. Aussi bien par peur de la réaction de Kirishima à tout ce qu'il était sur le point de lui dire, que par honte étant donné tout ce qu'il lui avait dit la veille pour le tenir à distance.
- Reprends-toi, merde ! lâcha-t-il pour lui-même.
L'amour rendait stupide et hésitant. Ce n'était clairement pas comme ça qu'il s'imaginait être pour sa première relation, mais il fallait se rendre à l'évidence : avoir le courage de parler et d'assumer ses erreurs, c'est aussi ce qui ferait de lui un véritable héros.
Il inspira profondément et s'arma d'une détermination qu'il perdrait sûrement dans les cinq prochaines secondes s'il ne se levait pas immédiatement pour aller parler à Kirishima.
Ni une, ni deux, il se redressa de son matelas et se rendit jusqu'à la porte de sa chambre qu'il ouvrit à la volée pour rejoindre le rez-de-chaussée. Mais à peine eu-t-il tiré sur la poignée, qu'il découvrit la silhouette de sa moitié sur le pas de la pièce, le poing tendu, prêt à frapper.
Ils se retrouvèrent ainsi, en face à face, pris au dépourvu, la gorge nouée et incapables de masquer le feu sur leurs joues. Deux adolescents, fous amoureux, mais incroyablement têtus et idiots. Ils restèrent ainsi quelques secondes, à attendre que l'autre daigne ouvrir la bouche en premier.
Ce que Bakugo finit par faire :
- Tu ... Tu voulais me voir ?
- Je –oui ... enfin, non ! C'est juste que ... Comme tu n'es pas venu en cours aujourd'hui, je voulais juste m'assurer que ce n'était pas à cause de moi. Ou plutôt ... à cause de ce que tu m'as dit hier soir. Je ne veux pas que tu te sentes mal à cause de ça. Je vais bien.
Sa façon de chercher ses mots et de bégayer légèrement ne lui ressemblait pas. Kirishima était du genre à l'aise en toutes circonstances. Hors là, il avait l'air tout sauf convaincu. Mais Bakugo se garda bien de lui dire. Il ne voulait pas le brusquer.
- Oh ... D'accord, répliqua-t-il simplement. Tu n'aurais pas dû te prendre la tête pour moi à ce sujet.
- Ça me semblait normal d'au moins venir voir si toi tu allais bien.
C'était faux. Kirishima avait juste envie de s'assurer qu'il était toujours là, à portée, même s'il ne pourrait jamais complètement l'avoir. Il se sentait bête d'avoir usé d'une excuse aussi bancale pour justifier sa présence devant sa chambre. Mais ses jambes l'y avaient porté d'elles-mêmes et il fallait bien qu'il trouve une raison à lui donner.
- Voilà, lâcha-t-il en triturant nerveusement ses doigts. Je vais ... retourner en bas.
Et il tourna les talons.
Quant à Bakugo, perplexe et anxieux, il fut incapable de le retenir. S'il le faisait, il devrait se jeter à l'eau, tenir sa parole envers Aya et lui révéler tout ce qu'il savait de sa future mort et de leur relation passée. Et il n'avait clairement pas eu assez de toute l'après-midi pour y réfléchir !
Par quoi devrait-il commencer ? Comment aborder la chose sans lui faire peur ? De quelle façon pouvait-il lui parler de ça tout en étant crédible ? Et si c'était trop tôt ? Et si Kirishima le rejetait définitivement après ça ?
...
Oh et puis merde.
- Eijiro, att-
- Tu sais quoi ?
Bakugo n'avait pas eu le temps de terminer sa phrase que le rouge était revenu sur ses pas, l'air aussi affolé que déterminé.
- J'ai menti, reprit Kirishima. Quand je t'ai dit hier soir que je comprenais ta décision. C'est faux. J'aimerais être quelqu'un d'assez bien pour accepter ton choix sans poser de questions mais je n'y arrive pas. Et si je t'ai fait croire le contraire, c'est parce que je ne veux pas que tu me prennes pour un sale égoïste qui ne pense qu'à ses propres envies mais ... Il faut croire que c'est le cas. Parce que quand tu m'as dit que tu ne parvenais pas à faire le deuil de ton ex, la seule chose que j'étais ressenti ... C'est de la jalousie.
Il avait débité ses paroles si vite que Bakugo eut peur de ne pas avoir bien saisi. Et de toute façon, engagé, Kirishima poursuivit sur sa lancée sans laisser au blond une occasion de répliquer quelque chose.
- Ça m'a tué de savoir que quelque part dans ce monde, il y a eu quelqu'un qui s'est ancré dans ta peau au point de ne plus me laisser aucune place. Et je me déteste de penser comme ça, parce que ce garçon devait être quelqu'un de génial et toi, tu n'y es pour rien si tu n'arrives pas à l'oublier. Et moi, je ... Je n'ai aucun droit de te réclamer quoi que ce soit mais ... Je crois que je suis tombé amoureux.
Bakugo n'aurait jamais cru pouvoir ressentir plus d'amour pour ce garçon que la fois où il lui avait fait part de ses sentiments pour la première fois, alors qu'il revenait d'un rendez-vous avec Mao pendant que lui, s'acharnait contre un punching-ball. Mais c'était arrivé. À cet instant, il l'aimait tellement qu'il aurait pu le demander en mariage sur le pas de sa porte. Peut-être même qu'il l'aurait vraiment fait si Kirishima n'avait pas continué à parler.
- Et c'est ce qui me rend d'autant plus horrible quand je t'ai dit que ... Que si je suis là maintenant, c'est pour m'assurer que tu vas bien, en prétendant que pour moi tout baigne ... En réalité, j'ai passé la journée à repenser à tout ça, et si je suis ici, devant ta chambre, c'est juste parce que ... j'avais envie de te voir.
Il était à bout de souffle. Comme si tous ces mots l'avaient déchargé de son énergie. Compréhensible. Il fallait un courage au moins digne d'un marathon pour oser avouer tout ça.
Bakugo en était complètement renversé. Il n'avait jamais vu Kirishima dans un état pareil : aussi direct et impulsif. Mais ça lui allait divinement bien.
Toujours en train d'essayer d'assimiler ce que sa moitié venait de lui dire, le blond resta silencieux, face à un Kirishima plus que nerveux à l'idée d'entendre sa réponse. En réalité, Bakugo essayait de trouver des mots qui auraient au moins autant d'impact que ceux qu'il venait d'entendre.
Peine perdue.
Il n'était pas doué pour les discours.
- Tu fais chier, lâcha-t-il dans un petit rire léger.
- ... Pardon, je ...
Mais il ne lui laissa pas le loisir de s'excuser plus. Et comme aucune parole en ce monde ne lui semblait suffisamment efficace pour lui répondre, Bakugo l'attira vivement contre lui et l'embrassa avec toute l'intensité qu'il ressentait en ce moment.
Kirishima allait sûrement le prendre pour le garçon le plus indécis et le plus illogique de la planète mais il s'en fichait pas mal. Tout ce qui comptait à cet instant, c'était la bouche de ce garçon merveilleux contre la sienne, la douceur de ses mèches rouges sur ses doigts et la fermeté de corps près du sien.
Et alors qu'il les entraînait tous les deux à l'intérieur de la chambre, sans lâcher ses lèvres, Bakugo s'excusa silencieusement auprès d'Aya.
Les explications pouvaient bien attendre encore quelques minutes, non ?
À suivre.
