Hey !

Je n'avais pas du tout prévu d'écrire ceci à la base, mais comme c'est l'anniversaire de Lena Headey aujourd'hui, je me suis dit qu'une petite fic comme ça ne ferait pas de mal ^^

De plus, je sais que mon amie Litany_Riddle ne va pas très fort en ce moment, donc je sais qu'un texte pas (trop) drama et avec du fluff lui fera plaisir, donc voici un petit cadeau pour toi (le chapitre suivant sera plus joyeux, je te le promets)

Sur ce, bonne lecture !


C'était le beau milieu de la nuit quand Cersei le réveilla en s'agrippant à lui comme si sa vie en dépendait.

Jaime n'était pas surpris.

C'est quelque chose de fréquent, que Cersei le tire de l'étreinte chaleureuse du sommeil pour s'accrocher à lui, exactement comme elle l'a fait lorsqu'elle a cru que le Donjon Rouge allait les ensevelir, s'effondrant sur eux, juste avant que, comme par miracle, il parvienne à ouvrir une brèche dans le mur que les pierres qui étaient tombées avaient formé et qui les séparaient de la petite crique où les attendaient la barque prévue par Tyrion pour qu'ils puissent fuir loin de Westeros, à Pentos, à Braavos, à Lys, peu importe où, tant que Daenerys ne pouvaient pas remettre la main sur eux, et les exécuter pour haute trahison envers la Couronne.

Et ils avaient réussi.

Quand ils s'étaient échoués sur la plage, au large de Pentos, ils avaient presque cru à un rêve, à un miracle, ils n'avaient plus rien, plus d'argent, mis à part le sac de pièces d'or que Tyrion avait glissé dans la petite embarcation, plus d'héritage, plus de pouvoir, même plus de maison, et le nom de famille qui avait fait leur fierté pendant de longues années, avec une célèbre maxime qui y était associée les auraient certainement fait tuer, mais au moins, ils étaient vivants, ils étaient vivants, ils étaient ensemble, mais surtout, surtout, ils étaient libres.

Ils étaient libres, et cette liberté n'avait pas de prix, et Jaime comprit dès qu'il posa les pieds sur le sable humide et blanc d'écume que c'était en réalité à cette vie-là qu'il avait réellement aspiré.

Une vie où ils n'étaient personne, pas une reine et un chevalier, pas des Lannister, pas des frère et sœur, une vie où il n'étaient personne, mais une vie où il était libre de dire que Cersei était sa femme et de penser que le petit lionceau qui grandissait en sécurité dans son ventre était le sien, et de pouvoir l'élever.

Les débuts avaient été difficile, il avait fallu se trouver une maison, une maison à l'écart de la ville, et puis se trouver d'autres noms, Jaime et Cersei, c'était trop peu commun, cela sonnait beaucoup trop étranger, beaucoup trop exotique pour les habitants de Pentos, et, associé à la main d'or de Jaime, cela aurait attiré l'attention, alors que tout ce qu'ils voulaient, c'était se faire discrets.

Ils s'étaient fâchés, plusieurs fois, à tous les sujets, Brienne, Tyrion, la guerre, la reine-dragon, le Trône de Fer, les promesses non tenues faites aux pourparlers de Fossedragon, et les menaces presque prononcées, qui avaient été retenues alors qu'elles étaient sur le bout des lèvres de Cersei.

Ce n'était que lorsque Jaime était parti en claquant la porte après une dispute particulièrement violente, que Cersei avait eu peur qu'au final, tout cela n'ait été pour rien, qu'il parte, comme tout le monde, après tout, qu'il l'abandonne, qu'il la laisse seule avec le bébé, et qu'il était rentré pour la retrouvée assise sur une chaise au bord de la fenêtre en larmes qu'ils avaient commencé à mettre leurs différends des derniers mois sur le côté.

Les choses n'avaient pas été vraiment plus simples pour autant.

Le ventre de Cersei commençait à s'arrondir nettement, très nettement, et s'il n'y avait rien qui le remplissait plus de joie que de voir la femme qu'il aimait depuis sa naissance, leur naissance, porter leur enfant, le fruit de leurs amours, la grossesse était particulièrement difficile.

Cersei n'était plus toute jeune, et lui non plus, et ils avaient l'impression que la dernière guerre pour le Trône à laquelle ils avaient failli ne pas réchapper les avait fait vieillir de dix ans.

La première chose qu'ils avaient fait lorsqu'ils étaient entrés dans la ville avait été d'aller voir un mestre, aussi bien pour les blessures de Jaime causées par Euron Greyjoy, qui étaient suffisamment profondes pour être inquiétantes, que pour le bébé, que Cersei ne sentait plus bouger depuis qu'ils avaient quitté Westeros.

Si ce dernier avait été ravi de savoir que c'était là sa cinquième grossesse, et que Cersei en avait déjà menée quatre à terme sans aucun problème, il avait été nettement moins ravi de connaître son âge.

Porter un enfant et accoucher à quarante ans passés était une chose extrêmement dangereuse, toutes les femmes le savaient, et depuis le jour où Cersei lui avait annoncé attendre son enfant dans son bureau, sa joie d'avoir enfin un fils ou une fille à lui, bien à lui, qu'il pourrait revendiquer comme étant son enfant, sans cerf pour le réclamer à sa place, qu'il pourrait élever et aimer au vu et au su de tous s'était mêlée de la peur que sa sœur connaisse le même destin funeste que leur mère, que ses lèvres se peignent en bleu et que sa peau d'albâtre ne devienne encore plus diaphane qu'elle ne l'était déjà, pour qu'elle laisse échapper son dernier souffle, les draps blancs teintés du fatal rouge Lannister, teintés du sang perdu par Cersei en quantité trop importante, bien trop importante.

En plus de cela, ils ne dormaient quasiment pas de la nuit, même si, comme ils l'avaient toujours voulu, ils pouvaient partager librement un lit, dormir collé l'un contre l'autre, et se réveiller en ayant leurs bras et leurs jambes entrelacés, seul le ventre rond de Cersei, seul leur petit lionceau faisant obstacle au rapprochement de leurs corps, et le peu de sommeil qu'ils parvenaient à arracher était peuplé de cauchemars, de dragons survolant la ville et crachant ses jets de flammes meurtriers dans les rues de la ville, répandant le feu et le sang, et du Donjon Rouge s'effondrant sur eux, sans qu'ils ne puissent s'échapper, voyant leurs chances d'enfin fonder une famille comme ils l'avaient souhaité réduites en cendres avec le reste de la capitale.

Jaime savait que, si ces cauchemars avaient peu à peu arrêté d'infester son sommeil, ce n'était pas le cas pour Cersei, qui continuait encore à avoir ces visions d'horreur, au point de se serrer complètement inconsciemment contre lui encore plus qu'elle ne l'était déjà, murmurant précipitamment des supplications à son encontre, l'implorant de ne pas la laisser mourir, lui disant qu'elle voulait que leur bébé voie le jour.

S'il avait toujours détesté la voir se sentir aussi faible, aussi mal, dans un sens, il était heureux qu'elle lui fasse encore suffisamment confiance pour se montrer aussi vulnérable devant lui, comme elle l'avait toujours fait, comme quand elle se laissait complètement aller et se mettait à pleurer sur son épaule, enfouissant son visage dans le creux de son cou, ou comme quand elle le rejoignait après que Robert l'ait malmenée d'une manière ou d'une autre.

Mais il comprit que ce soir n'était pas comme les précédents quand il vit les deux yeux émeraude de Cersei briller dans l'obscurité, signe qu'elle était bien réveillée, et qu'il sentit une étrange humidité sur les draps.

Il vit une larme brillante perler au coin des yeux de sa sœur avant de couler le long de sa joue.

« Jaime… J'ai perdu les eaux… »


Merci pour la lecture ^^

Le titre vient de la version anglaise de la chanson Histoire Eternelle de La Belle et la Bête.