19 septembre 2018 [11:27]

Momijiyama Park

Bakugo aperçut la chevelure blonde d'Aya avant même d'avoir atteint l'entrée du parc. Elle dut sentir sa présence car, même à plusieurs mètres, elle se tourna dans sa direction. Le sourire sur son visage encore enfantin traduisait tout son enthousiasme.

Au milieu de cette étendue d'herbe, à la lumière du soleil, elle avait l'air d'une jeune fille enjouée, comme si elle savait que Kirishima allait bien.

Et peut-être que c'était le cas. Au fond, cette gamine en avait toujours su beaucoup plus que lui sur la situation, même si son alter restait en grande partie un mystère. À classer parmi les plus grands de l'univers, sans aucun doute.

Arrivé à sa hauteur, Bakugo se sentit soudainement anxieux. La dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés tous les deux dans ce parc, elle lui avait expliqué que le destin était inéluctable, que son alter n'était qu'un gain de temps, un bonus aléatoire qui pouvait varier de quelques semaines à quelques années.

Pourtant, aujourd'hui il était bel et bien de retour dans le passé, dans sa propre réalité, avec Kirishima à ses côtés, vivant. Ça n'avait aucun sens. Alors peut-être qu'il était juste fou.

- Il est en vie.

Cette déclaration ne parût pas étonnée Aya plus que ça. Mais ça n'empêcha pas son visage rond de s'illuminer à ces paroles.

- Est-ce que je suis en train de rêver ? osa demander Bakugo.

Sa question eut le don de faire rire l'adolescente. En même temps, elle le comprenait. Après autant de déceptions et de souffrance, c'était normal de s'interroger.

- Non, tu ne rêves pas. Tu peux respirer.

- Oh, bordel, lâcha le garçon en expirant vivement tout son stress.

Aya se sentit reconnaissante de pouvoir assister à ce genre de scène. Il n'y avait pas meilleure satisfaction que de voir quelqu'un que l'on a aidé, se sentir libéré et en paix.


Même s'il mourrait d'envie d'assaillir Aya de questions, Bakugo prit le temps de s'installer sur ce fameux banc où ils avaient eu la plupart de leurs conversations. Le match de foot du jour était terminé, et le parc restait calme, le silence parfois entrecoupé de rires d'enfants au loin.

Une fois assis, il attendit le délai raisonnable de cinq secondes avant de se tourner vers la jeune fille pour lui dire :

- Putain, dis-moi que tu as une idée de ce qu'il s'est passé parce que là, je t'avoue que je suis complètement largué.

Aya mit quelques instants avant de répondre. Non pas qu'elle réfléchissait, elle avait juste l'air de prendre son temps. Comme s'il lui fallait apprécier chaque élément qui l'entourait avant de pouvoir ouvrir la bouche. Mais le garçon ne s'en inquiéta pas vraiment. Elle avait ce sourire sur le visage qui lui donnait l'impression qu'à présent, tout irait bien.

- À toi de me le dire, Bakugo, finit-elle par dire.

- Tu rigoles ou quoi ? C'est ton alter, je te rappelle. S'il a des failles de ce genre, c'est bien toi qui devrait être au courant.

- Je me suis retrouvée ici sans prévenir, exactement comme toi, précisa-t-elle. Et à ce moment-là, j'étais tranquillement dans mon salon en train de manger des sobas. Je doute que ce soit mon repas qui ait affecté les effets de mon alter.

Certes. Dit comme cela, il était effectivement peu probable qu'Aya soit responsable de ce retour inopiné dans cette dimension, et encore moins de la survie miracle de Kirishima.

- Et toi ? demanda-t-elle. Qu'est-ce que tu faisais lorsque ça s'est produit ?

Déjà si jeune, elle arborait ce regard bienveillant et cet écho presque maternel dans la voix. Si bien que sa question résonna comme rhétorique. Comme si au fond, elle avait une petite idée de la réponse. Bakugo en fut légèrement désarçonné. Qu'espérait-elle l'entendre dire ?

- Tu l'as sauvé, par vrai ? l'interrogea Aya.

- Tu parles, soupira-t-il les yeux dans le vague. Je me suis fait complètement massacré.

- Ce n'est pas ce que je t'ai demandé.

Le blond s'obligea à faire face à son interlocutrice. Il prit le temps de reconsidérer sa question et de l'aborder sous un angle différent.

- J'ai voulu le protéger, expliqua-t-il. Je l'ai suivi en patrouille et je me suis retrouvé face à Kendo Rappa. Ce taré a ... Il nous a vu nous embrasser, et il s'est servi de ça pour se venger. Il a jugé que ce serait plus douloureux pour Kirishima de me voir mourir plutôt que de le tuer directement. Et c'est ce qu'il a fait ...

L'adolescent lâcha un rire jaune.

- Je me suis battu autant que j'ai pu mais ... Il faut se rendre à l'évidence : je n'étais pas à la hauteur et j'en ai payé le prix fort. Ce mec m'a réduit en charpie. Je me suis évanoui. Je me suis vu mourir. Et en me réveillant, je me suis retrouvé dans cette chambre d'hôpital auprès de Kirishima, au dix-sept septembre. Comme si tout ça n'avait été ... qu'un étrange cauchemar.

- Tu t'es sacrifié.

Cette fois-ci, cela n'avait rien d'une question. C'était un fait avéré, dont Aya semblait entièrement convaincue.

- J'ai échoué à le protéger, rectifia-t-il.

- Bakugo, je commence à te connaître. Au-delà de ton talent indéniable au combat, toi, ton sale caractère et ta foutue fierté vous ne vous seriez jamais avoué vaincu face à un vilain aussi écervelé que Kendo Rappa.

Cette gamine était beaucoup trop intelligente, pour son propre bien.

- Tu t'es volontairement laissé tuer, poursuivit-elle. Parce que tu savais que ce psychopathe s'en satisferait et que, par conséquent, il abandonnerait l'idée de faire du mal à Kirishima.

Le blond resta de silencieux. Qu'aurait-il pu répondre de toute façon ? C'était exactement ce qu'il s'était passé. Alors il se contenta de hausser les épaules.

- Que veux-tu ? On ne refait pas les égoïstes dans mon genre.

- C'est loin d'être égoïste. Au contraire, c'est ce qui a tout arrangé.

Le garçon se tourna vers son amie, intrigué par ces mots.

- Comment ça ?

- Grâce à toi, je crois que j'ai enfin compris les réelles capacités de mon alter.

Son sourire presque soulagé en disait long sur ces dites révélations qu'elle avait eu grâce au geste désespéré de Bakugo.

- Je ne sauve pas les gens, je ne renverse pas le cours des choses, expliqua-t-elle. Je crée une réalité alternative qui nous offre une chance de nous rattraper. Je pensais qu'il ne s'agissait qu'un gain de temps face à un sort inéluctable, mais le destin n'est pas aussi diabolique et intransigeant qu'il en a l'air. Il ne suit pas de chemin tout tracé, et dérive volontiers de sa route d'origine, pour peu qu'on l'y aide. Suspendu entre le passé et le futur, ces nouvelles versions de l'histoire que je crée nous permettent de bouleverser les choses.

- Tu parles trop, déclara Bakugo. Qu'est-ce que tout cela signifie exactement ?

- Que si tu parviens à réparer les choses dans un univers, ça se répercute dans l'autre.

Le lycéen tenta de rassembler les différents éléments qu'Aya venait de lui donner et d'en faire quelque chose de cohérent.

- Tu veux dire qu'en sauvant Kirishima de Kendo Rappa là-bas, c'est comme si je l'avais sauvé de Midas ici ?

- Oui. Face à un tel sacrifice de ta part, même la fatalité n'aurait pas pu être insensible.

- Mais j'ai échoué ! Je suis mort parce que j'étais trop faible pour le protéger de mon vivant !

- Tu t'es laissé mourir pour lui ! insista-t-elle. Ça n'a peut-être l'air de rien, mais c'est justement ce qui en fait l'acte le plus pure et le plus héroïque qui soit !

Elle prit vivement ses mains dans les siennes et l'obligea à la regarder.

- Bakugo ... Ce n'est pas tout le monde qui serait prêt à donner sa vie pour protéger quelqu'un. Surtout à seize ans et encore moins pour un premier amour. Là où tu aurais pu te contenter d'attendre, de profiter du temps qu'il vous restait, tu t'es battu au risque de tout perdre plus tôt que prévu. Et ça, dans l'unique but de le sauver, C'est à ça qu'on reconnaît les véritables héros.

Les mots de la jeune fille touchèrent Bakugo au plus profond de son être. Mais il se garda bien de le montrer. Enfin, Aya n'avait pas besoin de l'entendre s'exprimer pour le savoir. Son regard fuyant et son visage rouge étaient suffisamment équivoques.

Elle s'en amusa un peu.

- Moi et mon alter nous t'avons offert une opportunité, mais c'est toi et toi seul qui a su la saisir.

- Et si je n'avais rien fait ? J'aurais été condamné à vivre dans cette autre réalité jusqu'à ma mort ? Sans possibilité de retour en arrière ?

Aya avait peut-être compris les plus grandes subtilités de son pouvoir, il restait de ces choses qui n'auraient sans doute jamais de réelles explications.

- Va savoir. Je doute que mon alter soit si unique que ça. Peut-être qu'au fond, on est plusieurs milliers dans le monde à agir sur l'univers et sur ses lois. Peut-être qu'on vit tous une temporalité et une version différente du présent. C'est sans doute ça le concept de vies multiples. Quand on meurt ici, on repart à zéro dans ce même corps et on revit les choses d'une autre façon. À dire vrai, je n'en sais rien. Ce ne sont que des suppositions.

- ... Non, tu as sans doute raison.

Ce fut au tour de la collégienne d'être intriguée.

- Avant que je ne quitte l'hôpital, Kirishima m'a dit qu'il avait fait ... une sorte de rêve étrange pendant sa mort cérébrale. Et il me l'a décrit comme ce que nous avons vécu dans cette autre réalité. Alors, c'est sûrement vrai. En mourant ici, il est revenu au point de départ et a entamé une nouvelle existence. Avec un nouveau petit ami, des objectifs différents, une autre façon de penser ... Ton pouvoir nous donne peut-être un aperçu de ce que sera notre prochaine vie.

- Ou de ce qu'était l'ancienne.

Aya garda les yeux rivés sur ce terrain de foot que son jumeau avait l'habitude de fouler lors des matchs d'entraînement.

- Il y en encore un tas de variables qui m'échappent, continua-t-elle. Et au fond, c'est certainement mieux comme ça. La vie doit garder une certaine part de mystère.

- Donc ... tu crois que c'est réellement fini maintenant ? Que Kirishima est hors de danger ?

- Dans un présent comme le nôtre ? Avec des vilains et des super-pouvoirs. Bien sûr que non. Aucun de nous n'est en sécurité, un monde pareil n'existe pas. Mais il n'est pas plus en danger que la plupart d'entre nous. Tant que tu seras à ses côtés, tout devrait bien se passer.

Elle retrouva son joli sourire et regarda son partenaire d'aventures.

- Et puis, c'est un héros lui aussi. Fais-lui confiance. Je suis persuadé qu'il s'en sortira très bien.

- Et toi ?

Aya écarquilla les yeux sous la surprise. Il fut un temps où Katsuki Bakugo se serait contenté de savoir ce qui le concernait, avant de tourner les talons. Aujourd'hui pourtant, il prenait le temps de s'intéresser à son amie, de s'inquiéter de son avenir.

Cette expérience, bien que difficile, l'avait clairement fait évoluer.

- Moi, je vais continuer à vivre ainsi, en espérant un jour pouvoir retrouver mon frère tel que je l'ai connu avant d'user de mon pouvoir sur lui, déclara-t-elle.

- Je ferai en sorte que ça arrive.

La détermination dans la voix de Bakugo ne laissait place à aucune négociation.

- Je le sauverai, je t'en ai fait la promesse, poursuivit-il. Je te dois bien ça, non ?

- ... Et si sauver mon frère avait le même effet que lorsque tu t'es sacrifié pour Kirishima ? Peut-être que ça me ramènera un an en arrière, à ce fameux jour,où il est mort pour me protéger, dans ma propre temporalité. Dans un univers où on ne s'est jamais rencontré.

- Si tu as peur que je t'oublie, sois rassuré, ça n'arrivera pas.

Dans un geste affectueux qui ne lui ressemblait pourtant pas, le garçon ébouriffa les cheveux blonds d'Aya comme il le ferait avec cette petite sœur qu'il n'avait jamais eue. De quoi faire rougir la plus jeune.

- Tu as un pouvoir incroyable, lui assura Bakugo. Foutrement compliqué et insaisissable, mais incroyable. Et qui fera sans doute de toi la plus grande héroïne que le monde ait portée.

- Tu le penses sincèrement ?

- Parole de futur numéro 1.

Sans avoir à le promettre, avec un sourire tel que celui qu'il lui offrait en ce moment, Aya n'aurait pu que le croire.

Le portable de Bakugo vint interrompre leur discussion et les yeux garçon s'illuminèrent en voyant le nom de Kirishima apparaître à l'écran. La jolie blonde espéra secrètement qu'un jour, elle aussi tombe amoureuse au point d'avoir ce regard rien que pour un coup de fil.

Il décrocha.

- Eijiro ? Ça va ?

- Moyennement, répondit l'intéressé. Je suis réveillé et tu n'es pas là !

- Tu es donc incapable de survivre sans moi plus d'une heure ?

- Ne te moque pas de moi. Je viens de revenir d'entre les morts, précisa le rouge. Je suis presque un demi-dieu, tu me dois le respect.

Bakugo rit de cette blague douteuse mais ça lui fit un bien fou d'évacuer toute cette pression accumulée ces dernières semaines.

- J'arrive, lui assura-t-il. Je suis avec une amie.

- Toi, tu as une amie ? fit Kirishima, taquin.

À ces mots, son petit copain glissa ses yeux sur Aya, sans se départir de son sourire.

- Je te la présenterai. Tu vas l'adorer.

- ... Avec plaisir.

La conversation s'acheva ainsi, en toute simplicité et le plus naturellement du monde. Comme si plus rien ne pouvait leur arriver. Bakugo avait envie d'y croire.

- Je vais devoir t'abandonner, fit-il à Aya en se levant.

- Tu comptes lui dire ?

L'adolescent ne comprit pas tout de suite la question.

- Pour mon alter, et tout ce que vous avez vécu dans cette autre réalité ? précisa-t-elle.

- ... Ça t'embêterait ?

Aya prit quelques secondes pour y réfléchir.

- Pas du tout. Il a l'air d'être quelqu'un de génial. Je suis sûre qu'il comprendrait.

- Alors je lui parlerai. Mais avant, je vais lui laisser un peu de temps pour se remettre.

Bakugo commença à s'éloigner, avant de se retourner une dernière fois pour lancer :

- Si tu as envie de discuter, tu sais où se trouve l'internat !


19 septembre 2018 [12:35]

Hôpital de Matsuzawa

- La porte !

Bakugo eut à peine le temps de pénétrer dans la chambre de Kirishima que déjà son petit ami lui commander de refermer.

- La chaise, précisa-t-il. Bloque la poignée avec !

Bien qu'il soit un peu perplexe par cette demande, le blond s'exécuta et positionna le dos de la chaise sous la poignée pour en bloquer le mécanisme. Ce n'est qu'une fois fait que Kirishima s'autorisa enfin un soupir de soulagement.

- Tu m'expliques ? demanda Bakugo.

- Le Bakusquad a débarqué pendant que tu traînais dehors. Ils sont descendus prendre un café et je ne suis pas prêt à les voir revenir dans cette pièce alors que je viens à peine de me réveiller. Et Kaminari a manqué de faire dérailler les machines en s'approchant trop près du moniteur. Mieux vaut qu'il se tienne à distance.

Imaginer ce Pikachu ambulant, suivi de Mina et Sero, débarquer dans la pièce, heureux de retrouver leur ami en vie, suffit à réchauffer le cœur de Bakugo. Il avait beau laisser entendre le contraire, il appréciait ce trio infernal.

- On a combien de temps tranquille, tu penses ? demanda-t-il en se rapprochant de son amant.

- Je dirais entre six et treize minutes si mes parents arrivent à les retenir.

C'était peu mais suffisant pour que Bakugo puisse profiter un minimum. Il se pencha sur Kirishima et l'embrassa tendrement, toujours émerveillé de cette sensation qu'il avait cru perdre de trop nombreuses fois.

- Alors ... Comme ça tu étais avec une « amie » ? fit le rouge. J'ai le droit d'en savoir plus ?

- Elle s'appelle Aya. Elle a treize ans.

- Que tu sois ami avec une autre fille que Mina m'a déjà cloué sur place, mais de savoir que c'est une collégienne, ça me sidère complètement. Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait du Katsuki que j'ai toujours connu ?

- C'est une très longue histoire ...

- J'ai tout mon temps.

Peut-être pas, mais Bakugo préféra ne pas y penser. Envisager l'avenir était stupide tant il restait incertain pour la majorité d'entre eux. Il ne voulait plus vivre dans la peur de ce qui pourrait arriver, ni dans le contrôle constant pour essayer de l'empêcher. À partir de maintenant, il allait profiter des moments présents, sans pression. Il le méritait bien, après tout.

Il observa alors son petit ami d'un regard attendri et s'agenouilla à côté du lit, puisque la chaise était occupée à tenir le Bakusquad de l'autre côté de la porte.

- Un jour, je t'en parlerai.

Quelque peu fatigué, le blond déposa sa tête sur les genoux de Kirishima et s'autorisa à fermer les yeux.

- Mais avant, j'aimerais que tu me racontes ce rêve que tu as fait. Celui où tu sortais avec Mao et où on ne traînait pas ensemble.

- ... Tu es sûr de vouloir m'entendre raconter ça ? Tu sais ... ça n'avait pas vraiment de sens.

- C'est important pour moi. Je veux tout savoir.

Kirishima hésita quelques instants, mais finit par abdiquer. Et alors que Bakugo se laissait doucement bercer par la main de son partenaire, glissée dans ses cheveux, il l'écouta raconter en détails tout ce qu'il avait vécu dans cette réalité alternative.

De leur étreinte impromptue dans la chambre du rouge, à leur amour (re)naissant, en passant par leurs entraînements nocturnes ... Seul demeurait flou ses souvenirs quant à cette discussion qu'ils avaient eue dans la chambre de Kirishima et où Bakugo lui avait révélé toute la vérité sur Aya et son pouvoir. Le futur Red Riot se rappelait seulement d'une conversation importante et difficile mais qui avait achevé de le convaincre dans ses sentiments.

Bakugo l'écouta sans l'interrompre, tout en réfléchissant.

Peut-être qu'il lui dirait effectivement la vérité un jour. Où peut-être que, pour son mental et sa protection, il le laisserait croire à jamais qu'il ne s'agissait effectivement que d'un rêve, et que son retour d'entre les morts n'était rien d'autre qu'un miracle.

Il ne savait pas encore.

Profiter des moments présents : les doigts de Kirishima massant son cuir chevelu, sa voix rauque qui résonnait dans son oreille, la douceur du drap sous sa joue, le bip régulier du moniteur cardiaque, l'odeur aseptisée de la pièce.

C'était peu de chose, mais c'était tout ce qui comptait pour l'instant.

À suivre ... (pour un dernier chapitre)