Comme d'habitude, j'ai essayé de coller au maximum à la dynamique que l'on peut observer entre chacun d'eux dans la série. Ce n'est pas toujours aisé. Surtout parce qu'on ne les voit pas tous beaucoup interagir entre eux (je pense particulièrement à Kate et son père).

Encore une fois ce sont des discussions pour montrer un peu comment chacun réagit face à la tension du duo.

La "confrontation" de nos chers B&C n'est pas pour ce chapitre encore mais viendra bientôt.

Je vous laisse découvrir =)


« Chica, prête à partir ? demanda Javier en arrivant à la morgue.

— Une seconde Javi. La légiste termina de ranger ses affaires et le rejoignit dans le couloir.

— J'ai vu Beckett descendre te voir tout à l'heure et ensuite elle est partie sans dire un mot de plus. Comment va-t-elle ?

— Comment tu crois qu'elle va avec Castle qui ramène des blondes ou qui suit un autre flic ? soupira Lanie.

— Elle ne t'a vraiment rien dit sur ce qui se passait ? Il y avait fort peu de chance pour que Lanie lui réponde étant donné que Kate était sa meilleure amie, mais Javier voulait quand même tenter. Il ne le montrait peut-être pas, mais le bonheur de Beckett lui importait énormément. Il la considérait comme une sœur et cela le frustrait de ne pas savoir quoi faire pour l'aider.

— Elle n'en sait pas plus que nous, là est tout le problème.

— Comment ça ?

— Elle a remarqué le changement brutal de comportement de Castle, comme nous tous, mais elle ne sait pas ce qui se passe. Elle a essayé de lui parler, mais il refuse systématiquement. Je lui ai dit qu'il en avait sûrement marre d'attendre qu'elle ouvre les yeux.

— Tu penses qu'il agit comme ça parce qu'il croit qu'elle ne veut pas de lui ?

— Peut-on l'en blâmer ? Attention, je ne dis pas que j'accepte ce qu'il fait à mon amie. Si je lui mets la main dessus il va m'entendre pour la faire pleurer. Reconnais quand même qu'on ne peut pas dire que Kate lui facilite la tâche.

— On parle de Beckett ! Je sais qu'elle ne s'ouvre pas facilement. Mais merde, il faudrait être aveugle pour ne pas comprendre. Tu n'as pas l'occasion de les côtoyer ensemble tous les jours, mais tu devrais voir la manière dont elle le regarde, sa gestuelle quand il est prêt d'elle. Elle sourit plus et semble beaucoup plus détendue dès qu'il entre dans la pièce.

— Je sais tout ça Javi. Mais de toute évidence, ce n'est pas suffisant pour que Castle comprenne le message. Je pense qu'il veut des actions plus concrètes...

— Tu veux dire comme ce que lui fait ? Ok il a écrit trois bouquins sur elle qui sont quasiment des lettres d'amour. Mais à chaque fois qu'il l'a vu avec un autre homme il s'est contenté de fuir. Ou alors il s'est ramené avec une nana au bras...Souviens-toi de la dernière fois que Kate a voulu s'ouvrir à lui et qu'il est parti au bras de son ex.

— Il y a des moments où je voudrais pouvoir les frapper sur la tête tous les deux pour leur faire entendre raison.

— Tu n'es pas la seule. Mais dans mon cas, ce serait surtout sur la tête de Castle pour qu'il arrête de la faire souffrir. S'il l'aimait vraiment il se rendrait compte de ce qu'il lui fait en agissant ainsi. Castle était son ami également, mais s'il devait choisir entre l'écrivain et Beckett il la choisissait elle.

Javier était en train de se demander s'il n'allait pas finir par suivre le conseil de sa légiste préférée. Peut-être qu'un bon coup sur la tête sortirait Castle de toute cette merde. Et si rien ne changeait, il n'aurait plus qu'à faire en sorte qu'il reste éloigné du poste et de Kate.


« Richard, combien de temps encore va durer ton petit jeu ? demanda Martha en pénétrant dans son bureau sans attendre qu'il l'y invite.

— Je ne vois pas de quoi tu parles mère. Il n'était pas vraiment d'humeur à écouter sa mère. Entre Kate qui ne voulait pas de lui, Espo qui lui en voulait et la remarque de Ryan tout à l'heure il voulait juste passer du temps tout seul. Sans oublier qu'il avait encore mal. Slaughter frappait fort.

— Arrête donc ce cinéma. Tu sais très bien de quoi je parle. Quand vas-tu arrêter de te comporter comme un idiot et punir Katherine ? Alexis m'a dit qu'elle l'avait croisée en partant de la morgue et qu'elle semblait avoir pleuré. Lui as-tu au moins dit pourquoi tu te comportais de la sorte ?

— Ce n'est pas comme si elle, elle avait eu la décence d'être honnête avec moi. Il fit taire la petite voix qui lui disait qu'elle avait sûrement pleuré à cause de son comportement.

— Dois-je te rappeler que tu lui mens aussi ?

— Ce n'est pas la même chose.

— En quoi est-ce différent ? Tu ne sais même pas pourquoi elle t'a menti. Tu as tiré tes propres conclusions sans savoir si elles étaient justes. Tu ne penses pas qu'il serait mieux de lui parler ? Et d'être toi aussi honnête avec elle.

— Si elle tenait à moi, elle ne m'aurait pas menti, s'obstina Castle.

— Tu dis l'aimer et tu lui as pourtant menti, répliqua Martha.

Rick ne trouva rien à répondre. Sa mère avait raison. Il voulait se persuader que tous les torts étaient sur Kate, mais il n'était pas tout blanc non plus.


« Papa ? demanda sa fille en s'installant à ses côtés sur le canapé. Ils venaient de dîner et Martha était retournée dans sa chambre pour se préparer avant de sortir.

— Oui Alexis ?

— Qu'est-ce qui se passe entre toi et Beckett ?

— Rien, rien, assure-t-il immédiatement. Décidément, tout le monde voulait lui parler de sa relation avec Beckett.

— Papa, tu n'as jamais su très bien mentir. Ça fait des semaines que tu te morfonds et j'ai bien vu que tu n'allais plus au poste. Sans compter cette espèce de bimbo que tu as ramenée de Las Vegas. Vous vous êtes encore disputés ?

— Beckett prépare un important procès. Il n'y a aucune raison d'être au poste.

— Ça ne t'a jamais empêché d'être là-bas jusqu'à présent. À chaque fois que tu es resté loin du poste c'est quand Beckett ne voulait plus de toi. Qu'est-ce qui se passe ? s'enquit sa fille avec hésitation.

— Rien. C'est compliqué c'est tout. Je vais juste laisser Beckett tranquille quelque temps, voilà tout. La dernière chose dont il avait besoin était de discuter avec sa fille de l'état lamentable de sa vie amoureuse.

— Papa, ça fait quatre ans que c'est compliqué. Tu ne penses pas qu'il serait temps de faire quelque chose ? Vous ne pouvez pas continuer indéfiniment ce petit jeu de chat et de la souris.

— Je ne sais pas quoi faire, avoua finalement Castle dans un soupir.

— Réfléchis-y. Mieux encore, parle avec elle et décidez-vous une bonne fois pour toutes sur ce que vous voulez. Mais si tu décides de ne plus la suivre, tu devras lui dire pour l'accord que tu as conclu. Elle mérite de le savoir, acheva Alexis avant de se lever pour chercher un film à mettre.

Rick resta dans ses pensées toute la durée du film. Il se sentait perdu. Voulait-il véritablement tout arrêter ? Était-il prêt à tourner entièrement la page ? Bien qu'il soit en colère contre sa partenaire, il savait aussi que sa réaction était peut-être exagérée. Il avait reproché à Kate de ne jamais parler des sujets importants, mais lui-même avait préféré fuir toute confrontation. Il était peut-être temps de suivre les conseils de tout le monde et d'avoir une franche discussion avec elle.


« Papa, désolé d'être en retard, s'annonça Kate en arrivant chez son père. Bien qu'elle ait quitté le travail à l'heure, elle avait perdu la notion du temps. Castle ne quittait pas ses pensées et la rendait distraite.

— Aucun problème Katie. Comment avance la préparation du procès ? s'enquit son père après l'avoir prise dans ses bras pour l'accueillir.

— Bien. Il y a beaucoup de dossiers à revoir évidemment, mais ce n'est pas désagréable pour une fois d'avoir des horaires de bureau. Si seulement elle ne passait pas la moitié de ses soirées à retourner en boucle les événements des dernières semaines pour comprendre ce qui avait mal tourné entre Castle et elle.

— Et comment va Richard, cela fait un moment que je ne t'ai pas entendu parler de lui.

— Oh il va bien.

— D'habitude, tu es plus éloquente quand il s'agit de lui, lui dit son père en souriant. Son sourire disparut cependant en constatant que Kate baissait les yeux. Est-ce que tout va bien entre vous ?

— Oui. Tout va très bien, assura Kate sur un ton peu convaincant même à ses propres oreilles.

— Qu'est-ce qui se passe ?

— Rien, je t'assure. On prend juste un peu de temps chacun de notre côté. Ce n'est pas la première fois.

— Ma chérie, je vois bien que quelque chose te perturbe.

— C'est compliqué… souffla Kate.

— Tu me dis ça depuis le début de votre relation. Tu ne crois pas qu'il est temps de faire quelque chose ? Ta mère et moi le répétions aussi avant de nous mettre ensemble, mais au final ce n'était qu'une manière de nous voiler la face. Crois-en mon expérience Katie, chaque minute est précieuse avec la personne que l'on aime. Il accompagna ses paroles en prenant les mains de sa fille entre les siennes.

— Je ne sais même pas ce qui ne va pas papa. Inutile de faire semblant et de dire que sa relation avec Castle n'avait rien à voir avec celle que son père et sa mère avaient partagée.

— Demande-lui dans ce cas.

— J'ai essayé, mais il refuse d'en discuter.

— Depuis quand ça t'arrête ? Tu as toujours été aussi têtue que ta mère quand tu voulais quelque chose. Je suis certain que tu trouveras un moyen.

Kate médita les paroles de son père sur le chemin du retour. Il était peut-être temps en effet de forcer Castle à lui parler. Jusqu'à présent, elle avait essayé, mais sans véritablement insisté, persuadée que ce n'était qu'une passade. Mais ce n'en n'était pas une et Kate refusait d'abandonner maintenant. Pas après tout le travail effectué ses derniers mois.

« Lieutenant Beckett ? Beckett se retourna sur son fauteuil pour apercevoir Alexis qui marchait vers elle.

— Un problème Alexis ? Elle se demandait ce que lui voulait la jeune fille. Non pas qu'elle n'appréciait pas discuter avec, mais depuis sa blessure, plus rien n'était pareil. Et puis qui sait ce que Castle avait bien pu lui dire.

— Non. Enfin, j'espère que non. J'aurais juste aimé vous parler quelques instants ? Si vous avez le temps bien sûr, ajouta la jeune fille, apparemment mal à l'aise.

— Aucun problème. Allons dans la salle de réunion, proposa Kate en se levant de son bureau. Elle entraîna la fille de son partenaire dans la pièce et referma derrière elles. Quoi que l'adolescente ait à lui dire, mieux valait éviter les oreilles indiscrètes. De quoi voulais-tu me parler ?

— Écoutez...je sais que depuis votre retour je n'ai pas toujours été très sympathique avec vous et je voudrais commencer par m'en excuser. Et...hm...voilà ce qu'il y a c'est que mon père n'est pas vraiment lui-même en ce moment. Je sais que ce qui se passe entre vous deux ce ne sont pas mes affaires, mais je n'aime pas le voir comme ça.

— Qu'est-ce que t'a dit ton père ? demanda Kate d'une voix mal assurée.

— Il a dit qu'il vous laissait juste tranquille à cause du procès que vous préparez, mais je sais que ce n'est pas ça. Kate s'apprêta à répondre, mais Alexis la coupa avant qu'elle ait pu dire quoi que ce soit. — Ne dites pas que c'est compliqué, s'il vous plait. Papa me dit la même chose. Il est évident qu'il y a quelque chose entre vous deux, mais aucun de vous ne fait rien. Et je vois bien que mon père a du mal à le supporter, tout comme vous, expliqua la jeune fille d'une voix posée en regardant Kate dans les yeux.

— Je...je..., Kate ne sut même pas quoi dire. La jeune femme ne voulait pas avoir l'air de se morfondre et de dire que son père n'avait de toute évidence plus aucune envie de quoique soit avec elle.

— Je ne sais pas ce qui vous retient lieutenant Beckett. Si vous avez peur de ce que j'en penserai, il n'y a aucune raison. Je veux juste qu'il soit heureux. Alors s'il vous plait, ne le laissez pas comme ça.

— Je vais lui parler Alexis, promis. En espérant qu'il voudra bien m'écouter. La dernière remarque était plus murmurée pour elle-même, mais cela n'empêcha pas Alexis de l'entendre.

— Je suis certaine qu'il vous écoutera si vous êtes tous les deux honnêtes l'un envers l'autre.