cabreradepartamento : Il est vrai qu'Alexis semble la plus adulte du lot. Je trouve d'ailleurs que les créateurs de la série l'ont fait un peu trop mature pour son âge. Elle est trop souvent la voix de la raison et pas assez une adolescente. C'et souvent le cas dans les séries ou l'un/l'une des protagonistes à un enfant. Bien souvent l'enfant est plus mature et comprend plus vite les choses que le parent. Alexis n'y échappe pas.

Nous arrivons à la partie ou Beckett & Castle se retrouvent l'un en face de l'autre. Dans cette partie on se concentre sur le mensonge de Kate. Celui de Rick suivra dans le chapitre suivant. Le Happy End n'est pas pour tout de suite j'en ai peur.

Evidemment dans le show on aurait jamais pu voir une telle discussion. À l'écrit c'est toujours plus facile. J'alterne entre Kate et Rick alors j'espère que ça ne va pas trop vous perdre.

Bonne lecture


Après deux jours à tergiverser Kate se décida enfin à faire quelque chose. Elle ne pouvait pas continuer ainsi. Repousser la confrontation ne rendrait pas la situation plus supportable. Kate avança le cœur battant vers le loft de son partenaire. Quelle que soit la tournure de la soirée, plus rien ne serait pareil. Tout ce qu'elle espérait, c'était d'avoir la force de l'affronter et de ne pas finir le cœur complétement brisé. Arrivée devant la porte d'entrée, Kate prit une grande inspiration avant de toquer.

Deux jours à regarder fixement la ville depuis la fenêtre de son bureau permirent à Rick de se s'en rendre compte qu'il devait agir. Durant ce laps de temps, sa main s'est portée plus d'une fois sur son téléphone. Plus d'une fois, il s'est retrouvé devant sa porte d'entrée prêt à partir pour le poste. Mais il s'est rétracté à chaque fois. Parler à Kate ne devrait pas être aussi dur pourtant. Il lui suffisait d'aller la voir et de se lancer. Au pire elle le rejetterait, mais au moins serait‑il définitivement fixé. Pris de cette résolution il se précipita vers ses clés avant de s'arrêter net en entendant toquer.

Il ne fallut que quelques secondes pour que la porte s'ouvre sur son partenaire qui la regarda sans rien dire. Kate se balança d'un pied sur l'autre, mal à l'aise devant lui. Ce n'est pas qu'il la regardait avec défiance, mais il avait le regard perdu. Comme s'il hésitait entre la faire entrer ou fuir à toute jambe. Kate connaissait ce regard. C'est le même qu'elle voyait dans son miroir depuis quatre ans dès qu'il était question de faire un pas vers Rick. Elle comprit tout à coup comment son partenaire avait pu se sentir à chaque fois qu'elle s'était rétractée devant ses yeux.

« Est-ce que...hm...est-ce que je peux entrer ? Plus ils restent immobiles chacun d'un côté de la porte, plus sa résolution s'effrites.

Sa question eut le mérite de sortir Rick de sa transe. Il s'effaça aussitôt de la porte d'entrée pour la laisser passer. Il avait du mal à croire que sa muse soit bien là. Il la sentait sur ses gardes, mais au vu de leur relation actuelle, il n'y avait rien d'étonnant à ça. Il referma la porte derrière lui et ouvrit la bouche plusieurs fois avant de retrouver l'usage de sa voix.

« Est-ce que tu veux quelque chose à boire ? Il fut étonné du timbre posé de sa voix considérant l'état de ses nerfs à l'heure actuelle.

— Oui, merci. Quelque chose de fort ? Si elle doit avoir cette conversation avec lui, il valait peut‑être mieux se donner du courage. Elle n'était pas du genre à en avoir besoin, mais ce soir oui.

Elle regarda Castle se diriger vers le cabinet ou il gardait les bouteilles d'alcool fort. Il sortit ensuite deux verres, du scotch et revient vers elle. Kate attendait toujours debout.

« Tu peux t'asseoir tu sais, lui fit remarquer Castle, un léger sourire aux lèvres. Ce comportement la rendit encore plus perplexe. Depuis des semaines, il la regardait de haut et là on aurait presque dit qu'il n'y avait aucun malaise entre eux.

— Est-ce que Martha et Alexis sont à la maison ? En venant ici, Kate n'avait pas réfléchi au fait qu'il ne vivait pas seul et qu'il y aurait sûrement un public à leur conversation.

— Alexis est avec ses amies et mère à son studio.

Le silence reprit sa place. Rick versa deux verres avant d'en faire passer un à Beckett. Leurs doigts se frôlèrent et il vit sa partenaire se tendre légèrement. D'habitude, elle laissait ses doigts quelques secondes supplémentaires, mais pas aujourd'hui. Elle but ensuite la moitié du verre d'une seule traite, grimaçant alors que l'alcool descendait dans sa gorge. Il n'a jamais vu sa partenaire ainsi. En temps normal elle buvait avec parcimonie et certainement jamais pour se donner contenance. Cela lui fit encore plus craindre la raison pour laquelle elle était venue. Il baissa la tête sur son propre verre et regarda le liquide ambrer. L'air devenait de plus en plus lourd à mesure que les secondes défilaient. Il n'aimait pas ça. Il réalisa soudain qu'il voulait récupérer ce qu'ils avaient avant. Même si elle ne l'aimait pas en retour, il voulait garder son amitié. Parce que c'est ce qu'ils étaient avant tout. Des amis. Il lui avait promis d'être toujours là pour elle et il n'avait pas tenu cette promesse.

« Que s'est-il passé Castle ? Sa question brisa le silence, mais la tension demeura intacte. Kate voudrait pouvoir revenir en arrière pour agir avant que tout ne parte en vrille. Mais jusqu'où remonter ? Les dernières semaines, les derniers mois ?

— Je ne sais pas. La réponse de son partenaire, pourtant dite à voix basse semble se réverbérer dans le loft. Elle ne comprend pas pourquoi il refuse toujours de lui dire ce qui n'allait pas. Ne comprend-il pas qu'elle a besoin de savoir ce qu'elle a fait pour pouvoir réparer leur relation ?

— Castle...Rick...dis-moi ce que j'ai fait.

Rick releva les yeux vers sa partenaire. Pour la première fois peut-être depuis qu'il savait qu'elle lui avait menti, il l'observa vraiment. Traits fatigués, yeux brillants, expression blessée. Tant de signes lui montrant que ses actions des dernières semaines avaient eu un impact sur sa partenaire.

Malgré sa colère inhérente, il s'en voulut de l'avoir blessée de la sorte. Aussi, décida-t-il d'être honnête.

« Je t'ai entendu dans la salle d'interrogatoire avec ce jeune, Bobby Lopez, avoua Castle en se concentrant sur le contenu de son verre.

— Oh...alors c'est pour ça. J'aurais dû comprendre tout de suite. Je suis désolé Castle. Je ne voulais pas que tu l'apprennes comme ça.

— Qu'est-ce qui te dérange vraiment Kate ? Que je l'ai su de cette manière ? Ou alors que je l'ai su tout court ? Il n'arriva pas à empêcher la colère de transparaître dans ses paroles.

— Je ne voulais pas te le cacher aussi longtemps.

— Alors pourquoi l'as-tu fait dans ce cas ?

— J'avais peur d'accord ! Kate se leva, incapable de rester en place et surtout de rester proche de son partenaire.

— Peur de quoi ? De ma réaction si tu m'avais dit que tu ne ressentais pas la même chose ? Tu penses que je t'aurais forcé la main ou que je serais juste parti sans me retourner ?

— Je craignais ma réaction Castle, autant que de la tienne.

— Je ne comprends pas.

— Je craignais que tu penses vraiment ce que tu as dit et en même temps peur que tu ne l'aies fait que sur le coup de l'émotion. J'étais sûre de ne pas dire ce qu'il fallait. Je redoutais de voir notre relation changer. Je ne me sentais pas prête.

Rick l'écouta, se sentant de plus en plus perdu. Il venait de passer plusieurs semaines à se persuader qu'elle ne ressentait rien. Pour lui, c'était la seule explication logique de son mensonge. Malgré tout, il n'arrivait pas à se défaire de la tête qu'elle pourrait très bien faire semblant par peur qu'il parte complétement.

« C'était il y a près de 10 mois Kate. Si tu voulais juste du temps, je t'en aurais donné. Merde, c'est ce que j'ai fait. Je t'ai laissé trois mois où je ne savais même pas si tu allais bien ! Depuis ton retour, j'ai attendu patiemment que tu te rendes compte que j'étais là pour toi...mais tu n'as même pas suffisamment confiance en moi pour me dire la vérité, soupira Rick, défait.

Kate le regarda, les yeux grands ouverts. Elle savait qu'elle aurait dû être plus honnête. Elle le savait. Combien de fois avait-elle voulu prendre son téléphone durant sa convalescence ou même après. Combien de fois avait-elle été à deux doigts de tout lâcher, mais elle ne l'avait jamais fait. À la place, elle s'était contentée de lui sourire, de laisser ses doigts plus longtemps que prévu sur sa main en récupérant son café, de faire des sous-entendus. Le tout en espérant qu'il comprenne. Ce qui, de toute évidence, n'a jamais été le cas.

« C'est vraiment ce que tu penses ? Que je n'ai pas confiance en toi ? demanda-t-elle pratiquement dans un murmure.

— Je ne sais pas Kate...Ça me paraît l'explication la plus logique pour expliquer ton silence durant tout ce temps.

— J'ai confiance en toi Rick, mais je ne savais pas comment faire pour t'expliquer. J'étais brisée. Tes mots étaient à la fois une bénédiction et une malédiction. Dès que je fermai les yeux, j'étais là‑bas et je me sentais mourir. Nuit après nuit, tes mots se mélangeaient à cette sensation et je ne savais pas comment m'en défaire. Quand je suis revenue, j'ai essayé de t'expliquer que je voulais plus, mais que je n'y étais pas prête. Maladroitement, je le reconnais. Je suis retournée voir mon psy et il m'aide à faire face à mes émotions. Ça prend du temps. Mais c'est trop tard maintenant n'est-ce pas ? J'ai mis trop longtemps pour aller mieux et tu es passé à autre chose. Des larmes finirent par s'échapper de la bordure de ses yeux et elle les essuya d'un geste las.

Rick l'écouta attentivement et sentit la culpabilité grimper en lui à mesure que sa partenaire parlait. Sa mère avait raison. Il avait tiré des conclusions sans rien savoir. Il avait voulu se convaincre que Kate se servait de lui. Il ne lui était jamais venu à l'esprit qu'elle puisse avoir du mal à séparer sa déclaration des événements. Bien sûr, il avait vu les symptômes du SSPT, mais sans en comprendre la signification réelle pour elle.

« Je suis désolé. Kate, je suis tellement désolé. »

Ses larmes redoublèrent face aux excuses de Rick. Elle n'était pas surprise qu'il soit passé à autre chose. La douleur n'en est pas moindre pour autant.

Kate s'éloigna brusquement, incapable de rester plus longtemps près de lui. Elle peinait à respirer et s'exhorta à se calmer. Il fallait qu'elle parte, vite, avant de craquer complétement devant lui. Sans trop savoir comment, elle arriva à lui répondre qu'elle comprenait et se dirigea ensuite vers la porte d'entrée.

Rick resta médusé une seconde avant de réagir. Il avait mal choisi ses mots et à présent Kate croyait qu'il s'excusait pour être passé à autre chose. Il la rattrapa en deux enjambées et l'enveloppa de ses bras avant qu'elle ne puisse réagir. Il se crispa et tenta de s'échapper, mais il ne la laissa pas faire. Il resserra son étreinte, déterminé à faire comprendre à Kate qu'il ne comptait pas la laisser partir sans se battre.

Tout à coup, Kate craqua. Ses sanglots, étouffés par son torse, se répercutèrent dans tout son être et lui brisèrent le cœur. Qu'avait-il fait ? Sous couvert de faire passer sa colère, il avait agi comme un crétin fini. Comment avait-il fait pour ne pas voir que sa muse souffrait de son comportement ? Elle avait passé des mois à se reconstruire et il ne lui avait fallu qu'une seconde pour tout détruire.

Lorsque Rick la rattrapa et qu'elle se retrouva dans ses bras, Kate essaya immédiatement de s'éloigner. Cette proximité est plus qu'elle ne peut le supporter. Pas maintenant que son cœur est en mille morceaux. Ses mouvements ne firent que resserrer l'étreinte de son partenaire. Pourquoi lui infligeait-il ça ? N'était-ce pas suffisant qu'il soit passé à autre chose, il fallait également qu'il soit témoin de son effondrement ? Elle tenta de ne pas craquer, mais c'était peine perdue. Quand Rick commença à rebrousser chemin vers le canapé, Kate le laissa faire. Elle n'avait plus la force de lutter de toute manière.

Pourquoi était-elle tombée pour lui ? Tout aurait été tellement plus simple si elle ne l'aimait pas autant. Mais son stupide cœur déjà malmené en avait décidé autrement et voilà le résultat à présent.