Nous sommes de retour avec nos chers amis qui sont là pour mettre un peu de plomb dans le cerveau de KB&RC (ce qui n'est pas évident ^^)
Après ce chapitre, il en restera deux. D'abord un chapitre avec le groupe qui manigance pour forcer les deux partenaires à se parler une nouvelle fois et finalement la 2ème confrontation de notre cher couple qui finira bien mieux que la 1ère.
Bonne lecture
« Tu as vu Beckett ? Elle n'est pas à son bureau et je ne vois pas ses affaires.
— Non. C'est bizarre. Elle devrait déjà être là. Je vais l'appeler. Espo prit son téléphone et appuya sur le raccourci n°3. Les sonneries s'enchaînèrent jusqu'à la boîte vocale.
— Beckett décroche toujours son téléphone. Les deux gars se regardèrent, soudain inquiets pour leur boss et amie. Gates choisit cet instant pour ouvrir la porte de son bureau.
— Messieurs, le lieutenant Beckett est souffrante et ne viendra pas aujourd'hui. Assurez-vous que le traitement des dossiers pour le procès ne prenne pas de retard.
— Depuis qu'on travaille avec elle, Beckett n'a jamais pris un seul jour de congé maladie. Qu'est-ce qui se passe ? Tu penses qu'on devrait s'inquiéter ? Ryan ne cachait pas ses inquiétudes. La veille, son amie semblait en forme, physiquement parlant à tout le moins.
— Je vais prévenir Lanie. Elle est de repos aujourd'hui, elle pourra passer la voir. Si l'on débarque tous les deux, Beckett va se fermer, qu'elle soit vraiment malade ou non. Si c'est à cause de Castle...
Esposito ne termina pas sa phrase, mais la menace était bien présente. Son instinct lui disait que l'absence de son amie était liée à l'écrivain et qu'il avait dû se passer quelque chose de mauvais entre eux.
« Kate ? Tu es là ma belle ? »
Dès que Javi l'avait appelée pour la prévenir que Kate était 'souffrante', Lanie avait sauté dans le premier taxi jusqu'à son appartement. Même malade, Kate n'était pas du genre à rester chez elle en temps normal. La veille encore elle était en pleine forme. Non, Lanie ne croyait pas à la thèse selon laquelle Kate était souffrante, pas au sens malade du terme. Elle avait envie de croire que son amie était de l'autre côté de cette porte à faire des galipettes avec Castle. Pourtant, quelque chose lui disait que ce n'était pas la raison de son absence au poste.
Comme Kate ne répondait pas à la porte, Lanie utilisa la clé qu'elle possédait pour entrer. Il n'y avait personne dans la pièce de vie. Lanie traversa l'espace, remarquant le désordre. Le sac de son amie traînait sur le sol, sa veste avait été négligemment jetée sur le dossier d'un fauteuil, ses talons étaient à 30cm de distance l'un de l'autre entre le canapé et la cuisine. De plus en plus inquiète, Lanie poursuivit jusqu'à la chambre. Les rideaux fermés ne laissaient filtrer qu'une bande de lumière. Malgré ça, Lanie perçut une forme allongée de côté dans le lit. Elle s'approcha doucement jusqu'à voir le visage de son amie. Celle-ci ne dormait pas, pourtant elle ne semblait pas remarquer la présence de Lanie.
« Kate ? Honey, c'est Lanie. Tout en parlant, la légiste posa sa main sur l'épaule de son amie qui dépassait de la couverture.
Ce simple geste sortit Kate de sa transe. Elle fixa son regard dans celui de Lanie et son cœur se brisa à la vue de sa souffrance et de ses yeux rougis. Lanie s'installa de l'autre côté du lit avant de s'approcher et de l'encercler de ses bras. Le simple fait que Kate ne l'en empêche pas en disait long sur son état émotionnel. Lanie pouvait compter sur les doigts de la main le nombre de fois où celle-ci lui avait véritablement permise de la réconforter de la sorte.
Le temps s'écoula sans qu'aucune d'elles parle. Le seul changement résidait dans le fait que Kate ait refermé son bras droit sur celui de Lanie comme si elle avait craint que la légiste ne reparte. Lanie ne la poussa pas. Elle savait que tôt ou tard, Kate s'ouvrirait sur ce qui l'avait mise dans cet état. Même si elle pensait savoir ce qui s'était passé. Son amie avait dû suivre ses conseils de confronter Castle, mais de toute évidence quelque chose s'était mal passé.
« Slaughter, Jacinda, ses piques blessantes...il voulait juste me faire du mal. Kate parla à voix basse et sa voix était rauque d'avoir pleurée. S'il n'y avait pas eu que le silence autour d'elles, Lanie ne l'aurait même pas entendu.
— C'est ce qu'il t'a dit ?
— Oui. Il a su que je lui avais menti sur mes souvenirs du cimetière. Il m'a entendu dire à un de nos suspects que je me souvenais de tout ce qui s'était passé quand on m'a tiré dessus.
— Je doute que Castle réagisse ainsi juste parce que tu lui as dit ne pas te souvenir des événements.
— Ce n'est pas ça qui lui importe. C'est ce qu'il m'a dit après qu'on m'a eu tiré dessus, avant que je ne perde connaissance. Il m'a dit qu'il m'aimait et à mon réveil je lui ai dit que je ne me souvenais de rien. J'avais peur Lanie et j'étais vulnérable et c'était stupide de mentir je le sais bien, mais je ne savais pas quoi faire d'autre, avoua Kate tandis que ses pleurs reprenaient.
— Oh Honey. Lanie garda son étreinte pour réconforter son amie.
Les pièces du puzzle des dernières semaines s'emboîtèrent enfin. Castle qui s'éloignait, Vegas, l'hôtesse de l'air, Slaughter. Au lieu de confronter Kate sur ses mensonges, il avait tiré des conclusions et décidé de la punir. Parfois, elle se demandait si ses amis étaient vraiment aussi intelligents et observateurs que tout le monde le disait.
— Il m'en a tellement voulu pour mon mensonge. Il a couché avec cette Bimbo, il s'est acoquiné avec Slaughter, il a arrêté de répondre à mes appels, ne venait plus au poste. Il me regardait à peine et s'il le faisait c'était pour le faire froidement et avec tellement de colère dans ses yeux. Il ne m'a même pas laissé une chance de m'expliquer quand il m'a entendu dans cette salle d'interrogation. En fin de compte, il n'est pas mieux que moi. Tous ses discours sur le mensonge par lâcheté...ça ne s'applique pas à lui apparemment.
Lanie comprit que l'histoire ne s'arrêtait pas là. Avec ce qu'elle lui avait dit, Lanie se serait attendue à la voir en colère, blessée même par les actes de Castle, mais pas au point d'être recroquevillée dans son lit à broyer du noir. De toute évidence, Castle lui avait menti également et sur quelque chose d'important.
— Il m'a menti, Lanie. Depuis mon retour. Il a continué à enquêter sur la mort de ma mère, Montgomery, le sniper, tout. Il m'a dit d'abandonner alors que lui continuait derrière mon dos. Il a fait un marché avec un homme qu'il ne connaît pas en mon nom. Il a dit que ça me protégeait, mais il ne m'a rien dit.
Oh ! Castle, pour quoi avoir fait ça. Lanie comprenait ses raisons. Il l'aimait et elle savait qu'il ferait tout pour la protéger. Mais cacher une information aussi importante n'était pas la solution.
Lanie avait mis plusieurs semaines pour que Kate lui parle de son ressentit depuis qu'on lui avait tiré dessus. Il avait fallu l'enquête sur le sniper pour que celle-ci lui avoue enfin sa peur que le sniper revienne pour elle. Pas étonnant que Kate réagisse de la sorte en apprenant que Castle savait qu'elle ne risquait rien, mais qu'il ne lui avait rien dit. Avoir vécu pendant neuf mois en pensant avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête et apprendre que ce n'était pas le cas...
— Honey. Je sais que pour le moment tu n'arrives pas à voir au-delà de sa trahison, mais laisse-toi du temps. Il n'aurait pas dû te mentir et te cacher des informations, mais je sais qu'il ne l'a pas fait pour te faire souffrir. Il t'a vu mourir, Kate. Souviens-toi de la manière dont tu t'es sentie quand il s'est retrouvé dans cette banque et que tu as cru l'avoir perdu.
Javier Esposito marchait d'un pas déterminé, Ryan juste derrière lui. Après avoir reçu des nouvelles de Kate via Lanie, il avait décidé qu'une discussion avec Castle s'imposait.
« Tu es sûr que c'est une bonne idée ? Kate ne va pas aimer qu'on se mêle de leurs histoires.
— Si on les laisse faire Kevin, on n'en sortira jamais, assena Espo en se tournant vers son ami.
Ils avaient quitté le travail à la seconde ou leur journée s'était terminée. Si cela n'avait tenu qu'à Esposito, ils y seraient allés dès la pause déjeuner, mais son ami avait insisté en arguant qu'ils ne devaient pas se mettre Gates à dos.
Arrivé devant le loft de l'écrivain, Esposito frappa fort. La porte s'ouvrit presque immédiatement sur Alexis.
« Bonsoir lieutenant Ryan, Esposito.
— Bonsoir, Alexis, est-ce que ton père est là ? demanda Ryan.
— Dans son bureau, je crois. Il ne veut voir personne, expliqua la jeune fille d'une voix lasse.
— Si tu nous le permets, on aimerait essayer de lui parler. Alexis les laissa entrer et referma derrière eux avant de prendre la direction de sa chambre en leur souhaitant bonne chance.
Esposito et Ryan se dirigèrent vers le bureau. Ils toquèrent pour la forme et entrèrent sans attendre de réponse de l'écrivain. Ils s'arrêtèrent sur le seuil du bureau pour prendre la mesure de la scène devant eux. L'écran de leur ami était allumé, révélant un tableau d'enquête. Le visage souriant de Beckett les accueillit, entouré de toutes les personnes liées à l'enquête sur sa mère. Détournant les yeux, Esposito vit Castle écroulé sur le fauteuil qui y faisait face, les traits tirés même dans son sommeil. Un verre de whiskey à moitié plein était abandonné sur la surface du bureau. Pendant que lui-même s'approchait de l'écran, Ryan s'occupa de réveiller Castle. L'écrivain avait pris des notes sur toutes les personnes mortes et/ou liées à Johanna Beckett. Certains détails ne venaient pas d'eux c'était évident. Il resta intrigué devant les informations qu'il y avait sur le maire. Il ne lui semblait pas qu'un lien quelconque avait été trouvé entre le maire et Johanna Beckett.
« Kate vous a tout raconté ? demanda Castle d'une voix contrite en se redressant sur le fauteuil.
— On ne la même pas vue. Elle a appelé Gates pour dire qu'elle était souffrante. Avec Espo, on était inquiet alors on a demandé à Lanie de passer la voir. C'est elle qui nous a un peu expliqué ce qui se passe.
— Est-ce que Kate va bien ?
— Comment va-t-elle d'après toi ? répondit hargneusement Espo en pointant le tableau derrière lui. Tu as enquêté derrière son dos, tu aurais pu la faire virer avec Slaughter, tu te remets à coucher avec la première Bimbo venue pour la punir parce que tu t'es mis dans le crâne qu'elle ne t'aimait pas. Où as-tu pu chercher une idée pareille ?"
— J'ai été con et stupide ! Castle se leva et fit les cent pas avant de se prendre la tête dans ses mains. Quoi que je fasse, c'est toujours comme ça que ça finit avec Kate. Et maintenant, il est trop tard.
Ryan prit la relève et s'approcha de leur ami. — Tout le monde commet des erreurs Castle. Il est évident que Beckett et toi devez améliorer la communication entre vous, mais ce ne sera trop tard que si tu restes dans ton coin à te morfondre.
— Elle ne voudra jamais me parler. J'ai été le pire des salauds parce qu'elle m'a menti. Je l'ai blessée, je l'ai trahie. Mais j'ai fait pareil et je me suis persuadé que mes raisons pour lui cacher la vérité étaient nobles, mais ça ne change rien au fait que je n'ai pas été honnête alors que j'aurais dû."
En voyant l'écrivain au bord des larmes, une première depuis qu'il le connaissait, la colère d'Esposito baissa d'un cran. Il soupira, maudissant ses amis d'être aussi bornés et irréfléchis quand il s'agissait de l'autre. À n'en pas douter, Lanie avait dû avoir affaire à la même chose avec Kate.
— Ça fait quatre ans que tu te cherches des excuses Castle. Tu reproches à Beckett de sortir avec des hommes tout en flirtant à tout va. Elle sort avec Demming, tu t'enfuis avec ton ex-femme. Josh ? Tu joues les mecs jaloux sans même te demander si elle est heureuse tout en continuant ton aventure avec Gina. Et cet été, tu l'as laissée s'enfuir sans même tenter de la rattraper. Et quand tu apprends qu'elle a menti sur ses souvenirs, tu ne cherches même pas à comprendre ses raisons, tu abandonnes juste et tu sautes sur la première femme venue. Je croyais que tu l'aimais ?
— Bien sûr que je l'aime ! rétorqua Castle avec force.
— Alors, arrête de chouiner et agis ! Tu sais très bien que Beckett n'est pas du genre à s'ouvrir facilement. Je comprends que ce soit frustrant, mais n'oublie pas le nombre de personnes qui l'ont abandonnée. Pourquoi crois-tu qu'il lui a fallu autant de temps pour baisser sa garde avec toi ? Tu as divorcé deux fois et tu dragues tout ce qui a des seins. Alors si tu es sérieux, il faut que tu arrêtes de t'enfuir ou de ramener une autre femme dès que la situation se complique. Si tu n'as pas encore compris qu'elle est dingue de toi, c'est que tu es un idiot.
Castle le fixa sans rien dire, visiblement sous le choc de la véhémence avec laquelle Espo venait de lui parler. En dehors de Lanie, il avait été le premier à comprendre que Kate était tombée amoureuse de l'écrivain et qu'elle avait lutté contre ce sentiment. Il savait très bien que sous sa carapace de flic dur à cuire, il y avait une jeune femme blessée par la vie. Quand Castle était parti dans les Hamptons, il avait regretté d'avoir ouvert sa bouche. En quelques heures, la rumeur de sa rupture avec Demming avait fait le tour de leur groupe et Esposito avait compris que Kate avait rompu pour l'écrivain, mais que c'était trop tard. Aujourd'hui, toute cette souffrance et ses opportunités manquées devaient cesser.
