Nous arrivons à la fin de cette histoire. J'espère avoi réussi à respecter la psychologie de tous le monde.
En espérant que cette histoire vous aura plut. Je sais que c'est toujours délicat d'écrire sur leurs mensonges et leurs réactions respectives.
Contrairement à la première confrontation entre KB&RC, la deuxième prend une tournure nettement moins dramatique. Je suis pour les happy end.
Sans plus attendre, je vous laisse découvre la conclusion de cette histoire. =)
Conduisant d'une manière qui lui aurait valu d'être arrêtée si elle n'avait pas été de la maison, Kate se fraya un chemin dans les rues de New York. Elle fit largement usage du gyrophare, ce qui lui permit de traverser la moitié de la ville en un temps record. Malgré tous ses efforts pour s'exhorter au calme, la jeune femme n'y arrivait pas. La simple idée qu'il puisse s'agir de Martha lui retournait l'estomac.
Arrivée devant l'immeuble qui abritait l'école de théâtre de la mère de son partenaire, Kate pilla net sans se préoccuper de savoir si elle gênait. Ce n'est qu'en sortant de la voiture qu'elle remarqua l'absence notable d'autres voitures de police. D'habitude, les scènes de crimes grouillaient de monde. Et où étaient donc Ryan et Esposito ? Kate s'arma de son téléphone dans le but d'appeler ses collègues quand un taxi arriva en trombe et freina juste devant elle.
Rick sauta dans le premier taxi venu et promit au chauffeur un bonus de 100$ pour arriver le plus vite possible à destination. Durant tout le trajet, il essaya de s'enlever de la tête des images de sa mère morte ou agonisante. Il avait été sur suffisamment de scènes de crime pour savoir que la mort n'était pas belle. Le taxi fit un arrêt brutal devant l'école de sa mère et Rick planta plusieurs billets de vingt dollars avant de sortir précipitamment du véhicule pour tomber sur Kate.
« Est-ce qu'il s'agit de ma mère ? Beckett, dis-moi, est-ce que c'est ma mère ?
— Je ne sais pas Rick. Je viens d'arriver.
— Où sont les autres ? La scientifique, le camion de la morgue...pourquoi n'y a-t-il personne ?
— Je n'en sais rien ! Mais il doit y avoir une explication logique. Kate essaya de faire abstraction de la manière dont il lui avait parlé, sachant que c'était la panique qui parlait pour lui. Allons voir ce qui se passe.
Rick la suivit docilement en tentant de calmer les battements de son cœur. Tout cela n'avait aucun sens. Ils n'étaient jamais les premiers sur une scène de crime sauf quand ils ne savaient pas qu'il y avait scène de crime. Mais là, Ryan l'avait appelé en disant qu'ils avaient été prévenus par le dispatcher. Il y aurait donc dû y avoir des voitures de patrouilles, de la scientifique, plus celle d'Esposito et Ryan et pas ce vide angoissant.
Kate pénétra dans le hall, vide à cette heure-ci. Cette absence d'activité humaine la mettait mal à l'aise. Il y avait quelque chose de pas clair dans cette histoire. Kate commençait même à se demander si tout cela n'était pas un canular, mais jamais Espo ou Ryan ne lui ferait ça. Encore moins à Rick. Certes, les gars avaient tendance à jouer les frères protecteurs quand elle n'allait pas bien, mais pas au moins de faire du mal à son partenaire en lui faisant croire que quelque chose était arrivé à sa mère.
« Est-ce que tu connais les lieux ?
— Oui, j'ai aidé mère à revoir les plans quand elle a acheté le studio.
Rick la guida à travers le bâtiment, son angoisse grimpant en flèche à mesure de leur progression. Il avait la désagréable impression d'être observé sans savoir d'où provenait ce sentiment. Cela ne venait pas de sa partenaire qui glissait un regard dans sa direction de temps en temps alors qu'elle marchait son arme à la main. Il n'était visiblement pas le seul à trouver cette situation pour le moins déroutante.
Ils passèrent plusieurs pièces sans rien entendre ni rien voir. Au lieu de rassurer Kate, cet état de fait ne faisait que l'alarmer davantage. Elle essaya pourtant de ne rien laisser paraître afin de ne pas inquiéter son partenaire qui était déjà assez tendu. Malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher de regarder régulièrement dans sa direction. Elle ne pouvait qu'imaginer ce qui pouvait passer dans sa tête à l'heure actuelle.
« Je n'arrive pas à comprendre pourquoi il n'y a personne. Où sont les gars pour commencer ? demanda Rick quand le silence devient trop pesant.
— Je ne comprends pas plus que toi. Qu'est-ce que t'a dit Ryan ?
— Qu'ils avaient reçu un appel et que l'adresse était ici. Il n'en savait pas plus, mais préférait me prévenir tout de suite. Tu en sais plus ?
— Non. Espo m'a dit la même chose et je dois avouer que je n'ai pas cherché à en savoir plus. J'ai laissé mon père en plan et j'ai roulé jusqu'ici aussi vite que possible, expliqua Kate.
Ils arrivèrent dans la salle de répétition. Toujours aux aguets, ils poursuivirent leur progression jusqu'à atteindre le centre de la pièce. Kate se demanda pourquoi de la nourriture et des couvertures seraient stockées ici alors que de toute évidence il n'y avait personne dans le bâtiment. Ses yeux accrochèrent une feuille de papier, mais alors qu'elle s'apprêtait à lire, son attention fut détournée vers le bruit d'une porte qui se ferme. Kate se retourna, arme au poing, se mettant d'instinct devant son partenaire. Mais il n'y avait personne à part eux deux. Elle remarqua la porte, par laquelle ils venaient d'entrer, fermée et se dirigea d'un pas résolu vers celle-ci en intimant à Rick de rester où il était. Elle essaya de l'ouvrir, mais la porte résistait.
« Qu'est-ce que... — Kate ? L'interrompit Rick. Il attendit qu'elle lui accorde son attention avant de poursuivre. Je crois qu'on a été piégé. C'est une note de ma mère, enfin si l'on veut. Kate retourna vers lui et lut le mot qu'il lui tendait.
Mes chères enfants,
Comme il apparaît évident que vous êtes incapables de discuter sans que l'un de vous s'enfuît, nous avons décidé qu'il était temps de vous aider. Vous trouverez de quoi vous nourrir et de quoi être confortable pendant que vous mettrez les choses aux clairs entre vous deux. Sachez que vous ne pourrez pas sortir tant que ce ne sera pas le cas. Profiter donc de cette opportunité pour ouvrir les yeux et voir ce qu'il y a juste devant vous.
Martha, Alexis, Jim, Lanie, Javier, Kevin
P.S. Kate ne pense même pas à utiliser ton arme pour te sortir de là. Parle avec Writer boy (ou fait d'autres choses plus intéressantes si tu vois de quoi je parle) - Lanie
P.s.s : C'est dégoûtant, Lanie. Mais elle a raison. Parlez et arrêtez de vous comporter comme des enfants. – Alexis
« Je ne sais pas trop si je dois être touchée qu'ils veuillent à ce point nous aider ou bien leur en vouloir pour leurs manigances, soupira Kate en reposant la feuille.
— Ne m'en parle pas. Utiliser ma mère comme appât, c'était bas.
— Ils savaient que si ça touchait Martha ou Alexis on mettrait nos différends de côté. Tout en parlant, elle alla s'asseoir sur les coussins après avoir posé son arme sur la table.
— Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Rick la rejoignit et s'assit en face d'elle à distance respectable. Je ne t'en voudrais pas d'utiliser ton arme pour sortir. Une porte est vite remplacée.
— Rick je ne vais pas faire usage de mon arme, même sur une porte, uniquement pour ne pas avoir à discuter avec toi, répliqua Kate, légèrement agacée qu'il puisse penser qu'elle le ferait.
Le silence s'installa sans qu'aucun d'eux ne sache comment le briser. Leurs amis avaient raison, il était temps qu'ils arrêtent de fuir et qu'ils mettent une bonne fois pour toutes la situation au clair. Leurs amis et même leurs familles avaient mis au point un stratagème pour qu'ils discutent, montrant que la situation actuelle n'affectait pas qu'eux. Seulement par quoi commencer ? Régulièrement, un des deux levait les yeux pour regarder l'autre, mais les baissait dès que leurs regards se croisaient.
L'estomac de Rick finit par se rappeler à lui et il se leva pour regarder ce que sa mère avait laissé pour eux. Il y avait deux milk-shakes ainsi que des bouteilles d'eau. Rick fouilla les sacs et ressortit un bocal de cookies faits maison, probablement par Alexis, un autre avec un assortiment de fruits. Il se retourna pour savoir si sa muse avait faim et la regarda se lever pour rejoindre la table. Ils prirent chacun un milk-shake et deux cookies avant de se rasseoir aux mêmes places.
« Quand exactement as-tu fait ce marcher avec Smith ? Pourquoi ne m'as-tu rien dit ? Kate garda sa voix neutre, ne souhaitant pas entamer leur conversation sur de mauvaises bases.
— Quand tu es revenue. J'ai reçu un appel de cet homme qui m'a dit qu'il avait passé un accord, mais que pour qu'il tienne tu devais arrêter toute investigation. Mère m'a dit de te le dire, mais tu étais déjà en train de sombrer à nouveau et je pensais que si je t'en parlais tu voudrais retrouver Smith. Je savais qu'il faudrait tôt ou tard t'en parler. Je voulais juste que tu ailles mieux alors j'ai continué de mon côté. Tu as dit qu'à la mort de ta mère tu avais bâti un mur et qu'il te fallait résoudre son enquête pour avancer. J'ai cru…je voulais le faire pour toi, pour t'aider à avancer.
— Tu sais ce que ça fait de devoir apprendre à vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de soi ? Tu ne crois pas que j'aurais aimé savoir que je ne risquais rien ? Et plus que tout que je ne vous mettais pas en danger non plus ?
— Je voulais juste t'aider, murmura Rick. Les paroles de sa muse résonnaient douloureusement dans sa tête. Il aurait dû écouter sa mère et être honnête. Au lieu de ça, il avait laissé sa partenaire, sa meilleure amie, la femme qu'il aimait, se débrouiller avec ses peurs.
— Je sais, soupira Kate. Je comprends que tu as voulu me protéger, mais tu n'aurais pas dû avoir à me mentir pour le faire. Même si je suppose que sur ça je suis très mal placée pour te faire la morale. Ce que je ne comprends pas par contre c'est que pour protéger ma vie tu as décidé de mettre la tienne en danger et pire encore celle de Martha et d'Alexis. Te rends-tu compte de la stupidité de tes actions ?
Cette fois-ci, Kate laissa sa colère transparaître. Comment son partenaire avait-il pu croire que c'était une bonne idée de se mettre dans la ligne de mire ? Il avait une famille. Une fille d'à peine 18 ans qui avait toute la vie devant elle et qui pourrait se retrouver comme Kate au même âge. Ce n'était pas acceptable.
— J'ai fait attention, répondit Rick sans conviction.
— Et tu penses que ça va les arrêter ? Kate se leva et se mit à faire les cent pas devant lui. Ma mère est morte Rick, Montgomery est mort…je refuse de te perdre toi aussi. Toi ou quiconque de notre famille. Elle le regarda dans les yeux, des larmes perlant à l'orée des siens.
Rick se leva à son tour et la prit dans ses bras sans se poser de questions. —Tu ne me perdras pas.
— Tu ne peux pas le savoir. Alors, promets-moi d'arrêter. Si je dois rester à l'écart pour l'instant, toi aussi, murmura Kate contre son épaule en resserrant son étreinte.
— Tu…tu ne vas pas essayer de retrouver Smith pour son dossier ?
— Non et toi non plus.
— Mais et ton mur, tes réponses ? Je croyais que tu avais besoin de ça pour avancer ?
Kate s'écarta légèrement pour le regarder dans les yeux. — J'avais tort. On peut résoudre cette enquête demain comme ne jamais le faire. Il m'a fallu du temps et un certain nombre de rappels de la part du docteur Burke et de Lanie pour le comprendre, mais je ne peux pas attendre d'avoir toutes les réponses pour avancer dans ma vie. Pendant 13 ans, j'ai laissé cette enquête me consumer. Je ne veux pas me réveiller un matin et me rendre compte que 13 autres longues années sont passées et que c'est toujours le cas.
— Tu es sûre ? Rick avait envie de croire ce qu'elle disait, mais craignait qu'elle ne le fasse pour de mauvaises raisons.
— Sûre de choisir la vie, de te choisir toi au lieu du meurtrier de ma mère ? Oui, Rick. Même si l'on remonte jusqu'au dragon, ma mère sera toujours morte. Toi par contre tu es vivant, tu es réel et je ne veux pas passer à côté de ce qu'on pourrait vivre. Pendant trop longtemps, j'ai laissé ma peur dicter mes actes. Je veux que ça change. Alors si tu es prêt à pardonner mes erreurs, prêt à accepter la femme très compliquée et pas du tout amusante que je suis… Kate mit sa phrase en suspens pour voir ce qu'allait dire Rick. La balle était dans son camp à présent.
— Tu es la femme la plus remarquable, frustrante, exaltante et exaspérante que je n'ai jamais connue et je ne te changerai pour rien au monde, parce que j'aime qui tu es. Je ne veux que toi Kate, même si c'est deux pas en avant et un en arrière. Parce que je sais que je peux être celui qu'il te faut. J'ai envie d'être ton grand amour tout comme toi tu es le mien.
La seconde suivante, Kate l'embrassait comme on ne l'avait jamais embrassé. Rick réajusta sa prise sur la taille de sa muse avec une main et plaça l'autre dans ses cheveux tout en répondant activement au baiser. C'était encore mieux que leur baiser sous couverture et ce baiser-là lui avait déjà donné matière à bon nombre de fantasmes. Comme ce soir-là, Kate donnait autant qu'elle recevait. Elle était passionnée et conquérante, tout en étant douce et affectueuse. Ce mélange d'autorité et de candeur l'enivrait totalement. Il la laissa mener la danse, s'ajustant à son rythme et transmis autant d'émotion qu'elle dans cet échange. Au bout d'un temps qui parut bien trop court à ses yeux, le besoin d'air les força à se séparer. Ils restèrent front contre front, respirant laborieusement le même air en essayant de reprendre leurs esprits.
« Waouh…on aurait dû faire ça il y a longtemps.
— Il ne tient qu'à nous de rattraper le temps perdu. Pour toute réponse, Rick l'embrassa à nouveau, le rire de sa muse se répercutant dans tout son être à travers sa bouche.
« YES ! crièrent Lanie et Alexis d'une même voix, faisant sursauter les autres membres du groupe.
— Attention, vous allez les alerter qu'on est là, rappela Esposito à voix basse.
— Oh allez, on a le droit d'exprimer notre joie. Tu n'es pas heureux de savoir qu'ils sont enfin entrés dans leur bon sens ?
— Bien sûr que si, mais je n'ai pas trop envie que Beckett vienne nous trouver. Elle a peut-être sa langue au fond de la gorge de Castle, pardon Jim, mais je suis certaine que ça ne l'empêcherait pas de venir nous arracher la tête si elle savait qu'elle a un public.
— À mon avis, ils sont bien trop occupés, répliqua Alexis.
Ils regardèrent tous pour constater qu'effectivement leurs deux tourtereaux ne semblaient pas vouloir se séparer. Au moins se contentaient-ils de s'embrasser, pour l'instant, même si Castle avait clairement ses mains sous la blouse de leur amie dans son dos.
— C'est comme regarder ses parents, statua Ryan avec une moue dégoûtée.
— On devrait peut-être les laisser. Il s'agit tout de même de ma fille et même si je suis très heureux pour eux, je n'ai pas besoin d'en voir plus, déclara Jim en s'éloignant.
— Jim a raison. Laissons-les profiter de ce moment. Martha le rejoignit vers la porte, incitant sa petite-fille à faire de même.
Lanie, Ryan et Esposito regardèrent encore quelques secondes, ravis de voir leurs deux amis enfin réunis. — Prochain pari sur la mise en route d'un mini Castle-Beckett ou leur mariage ? demanda Lanie en s'éloignant à son tour, un énorme sourire au visage.
— S'ils rattrapent le temps perdu, je dirais bébé en premier, mariage ensuite, affirma Esposito.
— Je ne sais pas, Beckett ne m'a pas l'air du genre à être à fond sur les bébés. Je pencherais sur le mariage en premier et bébé plus tard, décida Ryan.
— Vous tenez tous les deux un bon point. Je sens que tout ça va être intéressant à suivre, expliqua Lanie.
— Et pourquoi pas les deux en même temps ? intervient Alexis.
Le groupe s'éloigna du studio après s'être assuré d'avoir rouvert la porte de la salle où ils avaient piégé leurs amis et continua son débat sur les futurs paris à mettre en place sur leur couple préféré. Lanie sortit son téléphone pour envoyer un message à sa meilleure amie même si elle se doutait que ladite meilleure amie ne le verrait pas tout de suite.
«La porte est ouverte, vous pouvez sortir. Enfin, une fois que vous aurez finis =). N'oublie pas, je veux TOUS les détails. »
