notes: Bonjour, bonsoir! Les miracles existent, je n'ai pas abandonné cette histoire. Voici un nouveau chapitre. Je vous souhaite une bonne lecture.
Chapitre 2
Milo poussa un énième juron en sentant une douleur piquante sous sa plante de pied. Il n'avait jamais était un grand bricoleur, juste ce qu'il fallait pour trafiquer sa moto. Sauf qu'il avait passé ce week-end de soi disant convalescence à cause de son poignet à monter les meubles pour sa chambre: un lit, une étagère et une table basse qui finirait dans le salon. Il s'était trompé dans la référence au moment de l'achat alors qu'il voulait un bureau pour étudier.
Selon Aiolia, ce n'était pas une perte, le salon de l'appartement avait besoin d'un support pour poser les plateaux repas et s'assoir autour pour discuter entre amis. L'autre colocataire avait donné son accord pour la nouvelle installation, à la seule condition qu'on lui autorise à déplacer la table pour faire ses exercices. Quant au dernier habitant, il reviendrait dans le logement le soir même, étant absent lors de l'arrivée de l'étudiant infirmier. À priori parti en séminaire ou autre chose.
De ce fait, Aiolia proposa une soirée pour fêter l'arrivée de Milo et partit faire les courses à cette occasion, pendant que ce dernier tentait d'assembler les morceaux de bois pour réaliser cette table basse. La pièce manquante pour finaliser avait disparu sous le meuble télé. C'était déjà pas facile de monter une table basse en temps normal, et avec un poignet bandé, c'était un vrai défi. Voulant montrer qu'il pouvait y arriver seul, parce que c'était sa contribution en tant que nouvel habitant, il se dépêcha de tout bien fixer comme il fallait. Ça tenait bien, et aucun boulon n'était un orphelin abandonné. Milo pouvait être assez fier. Au pire, il avait acheté également de la colle forte... au cas où...
紹介
Lorsque Aiolia rentra, Milo le rejoignit dans la cuisine pour préparer son premier vrai repas dans l'appartement, avec ses colocataires. Les jours précédents, il avait du poliment refuser, trop épuisé par son déménagement et son accident imprévu. Ce n'était pas dans ses habitudes d'être aussi sauvage, et il s'en voulait un peu. De ce fait, il aida le jeune homme châtain clair à cuisiner un vrai festin d'étudiants habitant ensemble: spaghettis, avec dans des bols, de la garniture au choix, étant donné que Shaka était végétarien, et qu'apparemment, celui qui arriverait sous peu, avait horreur des tomates. Le tout accompagné de canettes de bière et de jus, et un saladier de chips au cas où.
Le futur infirmier se sentait un peu plus chez lui, et ces plats le rassurait un peu sur l'ambiance qui régnait ici. Les trois hommes devaient avoir leur propre vie, mais avaient le même régime alimentaire que lui même dans son ancienne ville...
Tandis qu'il surveillait avec attention l'ébullition de l'eau dans la casserole, il entendit l'autre jeune homme gémir et grimacer.
« Ca va, tenta Milo.
-Oui, t'inquiète, répondit Aiolia. J'ai du me faire mal au boulot, mais rien de grave...
-Euh... tu te tiens les reins, je peux m'inquiéter. Et je vais être infirmier alors...
-Tout va bien, c'est surement quand je suis tombé. Je vais surement avoir un bleu, et c'est tout.
-Je peux quand même te demander ce que tu fais comme boulot?
-Je suis en stage, pour le moment, mais je vais être assistant vétérinaire, spécialisé dans les animaux sauvages.
-Oh, ça en jette, dit comme ça!
-C'est génial, fit le châtain dont le visage s'éclaira d'un coup. Là, je suis au zoo pour mon stage et j'aide l'équipe médicale avec les singes. C'est pas de tout repos, mais je vois qu'ils s'occupent des animaux avec respect et ça me donne encore plus envie de continuer dans cette voie là. Mon rêve serait de m'occuper des gros félins, comme les tigres et les lions. Il paraît qu'ils ont des naissances, parfois et ce serait tellement bien que je puisse assister à une...
Milo écoutait Aiolia qui parlait encore et encore. Il était agréablement étonné de l'entrain qu'il avait pour son futur métier et avait comme une envie de l'encourager à réaliser son rêve. Alors qu'il n'était pas intéressé par les gens bavards, la voix de cet homme, grave avec un léger zozotement le maintenait attentionné. Et il le voyait sourire, ses yeux bleu vert s'agrandissant au fur et à mesure de ses paroles. Au point d'oublier l'eau qui débordait comme il faut de la casserole, éteignant le gaz par la même occasion.
-Ca va, tu t'es pas brulé, Milo?
-Non, tout va bien. Juste à rallumer le feu... J'ai fait pire...
-Toi aussi, tu es une catastrophe en cuisine?
-J'ai mes périodes...
-Il y a un restaurant chinois en bas de la rue, si tu veux pas risquer ta vie un peu trop.
-Oui, j'y ai déjà commandé. C'est très sympa.
-C'est notre solution de secours quand on a la flemme de cuisiner. Même si on a tenté de faire une rotation pour les tâches ménagères, comme tu le vois, sur le frigo, le planning a pas été mis à jour depuis trois mois...
-C'était l'intention qui comptait, constata Milo en riant.
-Voilà. Et puis la seule règle qu'on impose en général ici, c'est que la cuisine et les sanitaires soient propres. Et le salon, il faut qu'on puisse y circuler, donc on évite de mettre trop de bordel. Il y en aura toujours mais voilà.
-Ca me va comme règlement de vie. Et... le quatrième locataire, il est comment?
-Au premier abord, spécial, mais il n'est pas méchant, surtout quand on le connait bien.
Un peu comme Shaka et Aiolia, en somme...
-Il était parti dans sa famille pour une semaine... Ah à ce propos... ne lui parle pas de sa famille.
-Pourquoi?
-C'est... pour la bonne entente de la collocation et le voisinage.
-Si tu le dis... »
紹介
Quelques minutes plus tard, Shaka revenait d'un cours particulier qu'il venait de donner à une cliente en fin d'après-midi. Sans s'étaler plus sur son travail, il aida les autres à installer leur repas autour de la nouvelle table basse, quand l'on frappa à la porte. Puis le voisin d'à côté protesta, et un éclat de voix retentit à sa suite.
Aiolia, qui posait les verres, alla ouvrir.
« Encore perdu tes clés, Camus, fit-il au jeune homme aux longs cheveux bleu nuit et au visage fermé, presque menaçant qui pestait sur le voisin.
-Oui, elles doivent être au fond de mon sac, répondit-il en avançant à l'intérieur. Bonjour, désolé. Il a quoi, Rune? Il guette nos arrivées pour nous crier dessus ou quoi?
-Qui sait... Au fait, je te présente le dernier arrivé de la collocation, Milo.
Ce dernier s'avança pour serrer la main.
-Enchanté.
-Pareil. Je sais pas s'ils te l'ont dit, mais évite de laisser trainer tes affaires trop longtemps. Si on veut que la cohabitation marche, vaut mieux que ce soit en harmonie, ajouta Camus avant de disparaître dans le couloir, puis sur la droite.
L'infirmier interrogea Shaka et Aiolia du regard. S'il récapitulait, dans cet immeuble, il y avait un voisin légèrement chafouin qui attendait le moindre mouvement dans les escaliers pour dénoncer une nuisance sonore, et dans son nouveau chez-lui un prof de yoga qui squattait le salon le matin et qui devait travailler par intermittence, un vétérinaire stagiaire qui manquait se faire bouffer par des animaux sauvages et un autre gars qui avait dû être malade, le jour où on apprenait la politesse à l'école...
-Ne t'inquiète pas, fit le châtain. Il est toujours comme ça, quand il revient ici. Ça ira mieux avec le temps.
-Si tu le dis...
-Camus, s'écria Aiolia d'un coup, faisant sursauter Milo. On mange dans deux minutes! Vaut mieux le prévenir, il serait capable de rester enfermé dans sa chambre jusqu'à demain.
-... d'accord... »
Peu après, les quatre colocataires étaient réunis autour de la table basse, assis au sol sur de gros coussins pour partager leur premier repas tous ensemble.
« Je propose de lever nos verres de... de vos boissons respectives en l'honneur de Milo qui vient d'emménager, fit Aiolia d'un coup.
-Vous l'avez pas fait à son arrivée?
-On t'attendait, Camus, répondit Shaka.
-Vous étiez pas obligé, hein...
-Merci à vous trois, en tout cas pour me laisser habiter avec vous, enchaina Milo.
Ils firent s'entrechoquer doucement leurs verres et burent, comme pour signifier qu'ils étaient réellement tous à partager cet appartement.
-Sinon, tu t'es fait quoi au poignet? Demanda Camus.
-Ah... un accident de moto, le jour de mon arrivée, répondit l'infirmier. Dans une semaine ce ne sera qu'un souvenir.
-Mais tu avais dit qu'en plus ta moto justement était en réparation, fit Shaka.
-Oui. D'ailleurs, demain, il faut que j'appelle le garagiste pour qu'il me fasse peur sur l'état de ma bécane.
-Tu as déjà trouvé un garagiste?
-Oui, c'est le chauffard qui m'a renversé qui m'a conseillé. Aries Motors, si vous connaissez...?
-Ah... lui...
La voix de Shaka prit un ton méprisant, si bien que Milo n'osa pas demander la raison sur le coup.
-Le propriétaire du garage est un ami d'enfance de Shaka, mais ils se sont brouillés, expliqua Camus. Pour pas grand chose, d'après ce que j'ai compris?
Le blond leva des yeux certes magnifiques mais meurtriers en direction de son colocataire.
-''Pas grand chose''? S'emporta-t-il. Parce que tu estimes que tomber de l'huile de moteur sur des ouvrages bouddhiques précieux dont la valeur est inconcevable, tu trouves que c'est une broutille?! Saccager le fruit de mois de boulot ingrat dans un fast-food infâme pour se payer ça, tu trouves que c'est ''pas grand chose''?
-Pardon, je ne pensais pas que ce garagiste allait être un sujet de dispute entre vous...
-Tu y es pour rien, Milo, répondit Shaka. Camus a tellement de bouquins et d'argent par sa famille qu'il peut se permettre de dire que des livres bouddhiques précieux ne sont ''pas grand chose''...
-Bon ça suffit, intervint Aiolia. On est là pour passer un bon moment pour l'arrivée de Milo, on va pas s'engueuler non plus. Tiens, ressers-toi de pâtes, Camus. »
La bonne ambiance revint dans la soirée, au cours de laquelle les quatre jeunes hommes discutèrent de tout et de rien jusqu'à très tard dans la nuit. Ainsi, Milo apprit en effet, que Camus venait d'une famille fortunée de par ses parents politiciens et universitaires de profession. Du peu qu'il avait voulu dévoiler, il ne s'entendait pas avec eux qui voyaient en lui l'héritier de leur domaine qui devait gérer le patrimoine dans leur propriété, sans la moindre possibilité de bouger pratiquement de chez eux. Camus avait catégoriquement refusé cet avenir et entamé des études de littérature et travaillait à mi temps dans une librairie. L'histoire de ses origines s'arrêtait là.
L'étudiant infirmier n'insista pas davantage. Ses colocataires avaient chacun un caractère bien trempé, et les éclats de voix seraient bien meilleurs pour la survie de tout le monde quand c'était pour rire en racontant des bêtises.
Il en apprit un peu plus sur Shaka, qui, lui aussi n'avait pas eu un début de vie facile, et avait saisi cette opportunité et cette bourse d'études pour devenir professeur de yoga. Le bouddhisme faisait partie intégrante de son existence, et, malgré la pauvreté dans laquelle il avait passé son enfance, il parlait avec comme une once de tendresse de ses premières années en Inde, avant d'emménager ici. Il résuma en une phrase ses années de lycée de cette manière: « au lycée, j'ai pas eu de problèmes à part la fois où j'étais allé bosser chez Mu et puis voilà. ». Il y avait encore beaucoup de rancune pour ce garagiste...
Quant à Aiolia, il avait toujours vécu dans cette région. Deuxième enfant d'une fratrie de trois garçons, son petit frère était encore au lycée, et son ainé était un sportif professionnel. Lorsqu'il parlait de sa famille, ses yeux bleu vert pétillaient à la lumière de l'ampoule qui pendait sans lustre autour, accrochée au plafond du salon. Avec une affection non dissimulée pour son cadet et une admiration presque contagieuse pour ce grand frère, qui, malgré son hospitalisation à cause de blessures, devait être un modèle pour le futur vétérinaire.
Milo, lui aussi raconta sa vie d'orphelin sans cesse balloté d'un côté et d'un autre sans trouver un véritable endroit où se poser réellement. Il n'était pas malheureux pour autant, parce qu'il savait ce qu'il voulait devenir: infirmier. Il confia à ses nouveaux amis, que ce but qu'il voulait atteindre le motivait chaque jour. Les trois autres lui répondirent alors:
« Tu vas y arriver. T'as réussi à monter la table basse, tu peux tout faire »
« Tu es chez toi, ici. C'est écrit sur ton contrat de location, donc... »
« Et surtout, tu t'es pas enfui quand tu as surpris Shaka faire ses étirements matinaux! »
La dernière phrase prononcée par Aiolia déclencha de nouveaux rires et une bataille de coussins dans un premier temps et d'autres projectiles par la suite. Camus décréta que le lendemain, tout le monde se collerait au ménage, sans exception...
紹介
Une nouvelle semaine débuta, et Milo se rendit à l'école d'infirmiers proche de l'hôpital, en compagnie d'Aiolia. Ce dernier, avant de partir à son stage, allait dire bonjour à son grand frère, dans sa chambre, mais il n'invita pas son nouvel ami.
« C'est pas que je veux pas que tu rencontres mon frère, expliqua-t-il, mais il n'a pas une grande conversation en ce moment. Il est dans le coma et... »
Le futur infirmier comprit, surtout en voyant les yeux du futur vétérinaire se baisser petit à petit. Il ne sut répondre sur le moment, mais il espérait que cet ainé que Aiolia aimait tant se réveille le plus tôt possible. Et il attendrait que ce dernier se confie de lui même. Après tout, ils ne se connaissaient que depuis peu et ce serait dommage de briser ce début d'amitié.
Milo avait eu de la chance, ses premiers cours ne se passaient pas dans l'enceinte même de l'hôpital. Il put ainsi arriver à l'heure sans se perdre dans le dédale infernal à cause des travaux. Son poignet le lançait un peu moins, donc, en fin d'après midi, une fois sa journée terminée, il décida de se rendre au garage pour constater l'état de sa moto.
En son for intérieur, il craignait devoir faire ses adieux à son véhicule. Surtout au vu de ses finances et de ses achats de meubles de ces derniers jours.
Il avait songé ne pas rappeler le chauffard qui l'avait renversé et qui voulait payer les réparations, mais il n'avait pas trop le choix. Dès qu'il aurait la facture, il le contacterait. Pas avant.
Arrivé devant le garage de Aries Motors, le jeune homme découvrit son propriétaire sur le trottoir. Sa première impression restait la même aujourd'hui encore: c'était un bel homme et ses cheveux lavande détachés volaient légèrement au vent. Et ce contraste entre ce bleu de travail tâché çà et là de cambouis et autres substances provenant de l'intérieur d'un véhicule, et ce qui pouvait ressembler à une beauté pure et immaculée de cette peau, de ce regard et de ses cheveux le fascinait plus que de raison.
Non, c'était du grand n'importe quoi...
Milo se disait que la fatigue reprenait le dessus, comme le jour de son accident où il était choqué de sa chute. Oui, ce garagiste était beau, il l'admettait. Mais cela restait justement qu'un garagiste. Et à priori l'ancien ami d'enfance de Shaka.
Et par simple soutien pour son colocataire, une fois sa moto récupérée, en un seul ou plusieurs morceaux, il ne remettrait jamais les pieds chez Aries Motors et se trouverait un autre garage.
Mais entre sa résolution et la réalité, il y avait une grande différence et quelques remords qui le rongeraient des années plus tard...
notes de fin: Merci d'avoir lu! Comme je le disais, je n'ai pas abandonné cette histoire. Je suis tellement inspirée par d'autres écrits que j'ai également en cours, tels que Saint Kanon ou le recueil de bénédictions que je l'ai laissée un peu à part, sans pour autant la laisser tomber. J'ai toujours autant d'idées, mais je ne veux pas me forcer à écrire absolument dessus pour au final m'en dégouter. C'est une histoire sans prise de tête, sur mon ship préféré et leur amour qui grandira peu à peu, donc je veux faire ça bien, peu importe le temps que ça prendra. Donc la suite viendra un jour, c'est certain.
Les caractères d'interlude sont ceux de shoukai, présentation en japonais.
Je vous fais des bisous et à la prochaine.
