Et voilà… Cette fois je ne vous ai pas fait trop patienter !

La suite de One PLS est enfin là, et j'espère que vous êtes prêt(e)s car je vous ai préparé de sacrés évènements.

J'aimerais adresser de chaleureux remerciements à mes lectrices de toujours : lululuciole (qui ne m'écrit pas de reviews mais m'offre d'adorables messages), Miss Macaronii (qui a repris la fiction récemment et dont le retour a empli mon coeur de joie) et TrefleV (qui a le droit à une petite référence dans ce chapitre).


۩๑ ๑۩ I. If only my chèvres knew ۩๑ ๑۩


— Je crois qu'il est grand temps de prendre ma retraite.

Affalée sans grâce sur son canapé, la Commodore d'Ostrad, Brynn, fixait le plafond d'un air las. Depuis une heure, elle scrutait le temps sans passion tandis que des soupirs échappaient à ses lèvres.

— Ce matin, une des recrues a fait sauter une partie de nos réserves de poudres et de mon bureau… Je lui ai seulement ordonné de nettoyer la base avec un torchon et un seau d'eau tiède.

Son regard clair retomba sur ses mains, dont les doigts calleux se trituraient nerveusement.

— Il y a deux ans, je lui aurais flanqué une brosse à dents usée et un seau d'eau bouillant.

Admettre sa faiblesse de cœur coûtait à cette marine revêche, mais Brynn devait être honnête avec elle-même. Les années n'amélioraient plus son caractère, elles l'épuisaient mentalement et physiquement.

— J'ai perdu la flamme. Je ne suis plus aussi féroce qu'avant.

Un mouvement de tête lui répondit. La femme aux cheveux grisonnants soupira, encore sans même réaliser sa propre réaction. En dehors de ses rides, de ses fils parsemés de gris et de ses seins tombants, elle ressemblait à une adolescente désabusée.

— Je patpat mon second, je crie une heure seulement pendant les entrainements et je me contente de botter le cul des boucs malodorants qui draguent des brebis pendant leurs heures…

Un café froid, depuis des heures, reposait sur la table basse à ses côtés. Brynn n'y avait pas touché, pas une fois trempé ses lèvres dans son amertume habituellement si réconfortante.

— Je suis la risée des formateurs.

Elle le pensait sincèrement ; et imaginait d'ores et déjà les moqueries, messes basses et regards en coin de ses collègues. Plus personne ne la respecterait et ne craindrait ses coups de poings rageurs. Sa carrière touchait à sa fin, et il s'agissait là d'un insupportable constat.

— Je me suis trop attendrie au cours de ces deux dernières années.

Un autre mouvement de tête lui répondit.

— Je crois que, malgré moi, la fibre maternelle ressort et prend le dessus. Je vais devenir une mamie gâteau si ça continue à ce rythme…

Soudain, le visage de Brynn pâlit. Elle se figurait au milieu d'une myriade de chevreaux hurlants, bêlants et bondissants comme des petits diables tandis qu'elle se noyait sous les tartes, gâteaux et vêtements à recoudre. Son corps fut parcouru de frémissements, un pareil tableau ressemblait aux pires tortures d'Impel Down. Elle refusait de devenir une petite mamie sans caractère, soumise et reléguée aux tâches ménagères.

— Que le Dieu des chèvres ait pitié de moi, je n'y survivrais pas…

— Bêêêêêê… Bêêê…

En face du canapé, une chèvre mâchait les coussins du fauteuil. Il s'agissait de l'animal de compagnie de la famille, d'une chèvre à la fois loyale et taquine. Aujourd'hui, elle servait de psychologue à sa maîtresse.

— Bêêêêê…

— Je comprends, Tréfouille.

Après un court silence, Brynn baissa les yeux, vaincue.

— Ma fille me manque.

— Bêê…

— Voilà, je l'ai dit ! Ma petite brebis galeuse me manque, Tréfouille.

Maîtresse et chèvre échangèrent un regard dans le silence, puis l'animal abandonna le confort du fauteuil afin de rejoindre Brynn. Aussitôt, la marine glissa sa main sur son crâne soyeux. Lorsque son mari était absent, elle se réconfortait ainsi et combattait la faiblesse de son cœur vieillissant.

Cette fois-ci, malgré ses précautions, elle n'échappa pas au regard acéré de son compagnon. Ce dernier surgit soudain d la cuisine, armé de deux tasses brûlantes. Brynn reconnut l'odeur rassurante du chocolat chaud, aperçut une épaisse mousse de lait saupoudrée de copeaux de chocolat. Comme toujours, Angus prenait soin d'elle.

L'homme semblait plus jeune que sa femme, et sa peau noircie par le soleil lui conférait un charme exotique. Ses grands yeux clairs ressortaient, tout comme sa courte chevelure mauve. Dam lui ressemblait beaucoup, trop au goût de Brynn. Et pour se venger de cet état de fait, elle tenta d'ignorer son époux, en vain. Lorsqu'Angus déposa la tasse face à elle, la cinquantenaire s'en saisit brusquement, quitte à se brûler les doigts. Lui s'installa à ses côtés, à la fois calme et détendu.

— Elle reviendra.

— Hm…

— Ma brebis parfumée, qu'avons-nous dit à propos des onomatopées ?

— Hm…

Brynn avala une première gorgée de son chocolat, le grognement au bout des lèvres. Son mari fit de même, puis reprit d'une voix douce :

— Elle s'en sortira, Brynn. Elle possède ta force de caractère.

— Et tes mauvaises manies.

Les deux parents échangèrent un sourire, avant que la Commodore ne s'effondrât contre l'épaule de son précieux compagnon.

— Je devrais démissionner.

— Tu as fait de ton mieux. Elle a choisi sa voie et nous devons maintenant l'accepter, attendre son retour et ne pas trop nous inquiéter. C'est notre job, en tant que parents, tu sais tout cela n'est-ce-pas ?

— Les chevreaux finissent toujours par quitter l'enclos, hein ?

Il ne répondit rien, tous deux savaient. Ils savaient et il ne leur restait plus qu'à prier le Dieu des chèvres pour la survie de leur fille.


Brynn m'avait manqué !

Et je profite de ce chapitre pour vous introduire plus intimement au père de Dam, el famoso ! El numero unoo !