CHAPITRE DEUX.


Katsuki s'emmerdait, vraiment. D'une oreille distraite il suivait le cours, mais n'en avait pas grand-chose à foutre, de toute façon il se débrouillait plutôt bien en anglais et le professeur Mic machin là, lui cassait les oreilles ; ne voulait-il pas arrêter de beugler deux putains de minutes ? Peut-être que c'était l'hôpital qui se foutait de la charité mais, lui au moins savait faire des pauses.

Donc, le blond se faisait chier. Alors, déjà qu'il était sur les nerfs à cause de cette putain de classe qui se mêlait de tout, mais alors vraiment de tout, le prof n'arrangeait pas son humeur. Il sentait le regard angoissé de Denki sur son côté et il allait vraiment finir par lui cramer la gueule s'il ne détournait pas les yeux très vite de sa personne. Vraiment, il allait l'attraper à la fin des cours et lui faire cracher le morceau. Cette classe ... Il voulait savoir ce qu'ils manigançaient, parce qu'il était persuadé que c'était le cas. Ces abrutis ne savaient pas être discrets, certains transpiraient la peur et il sentait un peu trop leurs regards sur lui depuis hier soir. Cette situation ne tournait pas à son avantage et ça l'agaçait.

D'ailleurs, il avait pensé à demander au vert, mais il était évident qu'il n'était visiblement pas dans la confidence ; chose assez rare. Deku n'était jamais mis de côté depuis leur entrée au lycée, alors pourquoi maintenant ? Quelqu'un avait-il un problème avec lui, mais si c'était le cas alors pourquoi maintenant ? Le nerd n'avait jamais rien fait de mal, ni même contre quelqu'un en particulier. Franchement, si quelqu'un avait un problème après lui, Katsuki allait s'énerver. Ou alors, une fille voulait lui déclarer sa flamme, peut-être ? Cette idée qui lui effleurait la tête lui fit grincer des dents, plus que le fait que quelqu'un en avait après lui. Jamais Katsuki ne laisserait cela arriver, pas qu'il aimait le vert hein. Loin de lui ce genre de sentiments, mais personne n'avait le droit de le toucher ni même de se déclarer, c'était comme ça. Et même si ça ressemblait à de la jalousie, ça n'en était pas, putain.

Sa chaise bougea rapidement vers l'avant, alors il grogna. Doucement, il tourna sa tête vers Deku qui le regardait sourcils froncés. Putain, mais qu'est-ce qu'il lui voulait, encore, le nerd ? D'où il se permettait de foutre un coup dans sa chaise, d'abord ?

— Con-cen-tre toi, lui articula-t-il silencieusement.

Il tiqua. Son propre sourcil se releva, pour qui se prenait-il ? Depuis quand avait-il autant pris la confiance avec lui ? Même si ça lui plaisait pas mal, cette confiance dont il faisait maintenant preuve, ça n'était pas la fête non plus. Maudit nerd, il le dégommerait plus tard tout de même, il ne pouvait pas faire d'esclandre en classe, une fois de plus.

— Tch.

Evidemment qu'il n'allait pas se retourner en laissant le dernier mot au vert, et puis quoi encore. Il voulait bien se laisser faire un petit peu, mais pas trop.

Pendant qu'il reprenait sa position initiale, il capta rapidement le regard du bicolore sur lui ou plutôt sur eux. D'ailleurs, il n'était pas le seul à les regarder visiblement, mais les autres détournèrent rapidement leurs yeux – ils n'étaient sans doute pas autant suicidaires que double face. Sa main s'agita sur sa table, c'était quoi ce bordel ? Fichue classe.

Il finirait bien par détourner cette situation à son avantage.

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Il râla quand il entendit sa porte taper contre le mur de sa chambre. Merde, il y avait encore été trop fort, il fallait vraiment qu'il apprenne à faire attention où Aizawa allait une fois de plus lui tomber dessus.

D'un geste brusque, il balança ses quelques vêtements sales dans son panier à linge. Une fois chose faite, il se fit quelques étirements. Katsuki sentait que son dos le tirait un peu, et c'était sûrement parce qu'il était resté une bonne partie de l'après-midi contrarié ... Entre les cours chiants où ils n'avaient pas eu de pratique quant à leurs activités de super-héros, les regards de la classe sur lui dès qu'il osait respirer et surtout, Deku qui avait fui à la vitesse de la lumière lorsque la sonnerie de fin de journée avait retenti, il avait envie de péter un câble. Etonnant, n'est-ce pas ?

— Deku, hein, lâcha-t-il, un sourire mauvais pointant le bout de son nez.

Alors qu'il était assis au sol, les jambes étirées de chaque côté, ses doigts allèrent toucher la pointe de ses pieds, il laissa quelques secondes passer et recommença de l'autre côté. Malgré la douleur du départ, rapidement cela lui fit du bien. Ses yeux se fermèrent tout seul, profitant de ce repos. Mais l'image d'un visage tacheté de rousseurs s'imposa à lui et il se relâcha. Il maudissait sa tête et peut-être un peu son cœur parce qu'il était persuadé que c'était ce stupide organe qui le déréglait, qui l'obligeait à penser à ce foutu buisson.

Deku, ouais. Deku qu'il avait soudainement envie de voir, tiens, la faute à qui, hein putain. Et puis aussi, parce qu'il n'avait pas oublié que ce dernier avait shooté le pied de sa chaise, puis qu'il lui avait ordonné de se concentrer. Non, il n'avait pas oublié qu'il devait le dégommer ; il allait le fumer. Qu'on le laisse se complaire dans cette excuse de génie qu'il venait de se dégoter pour aller le retrouver.

Alors, s'il se releva à la vitesse de l'éclair et qu'il fut devant sa porte aussitôt qu'il eut pensé cela c'était vraiment et uniquement pour le faire payer. Certainement pas parce qu'il lui manquait. Et puis quoi encore, il ne fallait pas exagérer.

Un coup d'œil à droite puis un autre à gauche lui indiquèrent que personne en apparence, n'était dans les parages et que par conséquent, aucun individu ne le verrait entrer, c'était sa chance. Là, il prit soin de pas défoncer la porte histoire de rester discret et puis surtout parce qu'il fallait qu'il fasse attention ; il se trouvait suffisamment surveiller par sa classe comme ça, et s'il éclatait par mégarde la porte de chambre d'Izuku, Aizawa ferait pire que de le punir pour le reste de l'année.

Le blond retrouva le vert dos à lui, assis sur sa chaise de bureau. Les écouteurs vissés dans ses oreilles l'empêchaient d'entendre le moindre bruit extérieur. Il referma tout doucement la porte en regardant la touffe verte du plus jeune bouger dans tous les sens. Evidemment qu'il allait en profiter pour le faire hurler de peur, tiens, vengeance. Le nerd n'avait qu'à être sur ses gardes.

A pas de loup donc, Katsuki commença son ascension. Tout doucement, il se mit à avancer et il prit même le soin de se concentrer sur sa respiration ... Il lui tenait à cœur de vraiment faire flipper Deku, parce que personne ne lui disait quoi faire, bordel. Et, il était à quelques centimètres du vert, bientôt il lui toucherait les épaules pour le faire hurler de peur.

— Katchan, je sais que tu es là.

— Putain, mais c'est pas vrai ! s'énerva-t-il. Comment c'est possible, maudit nerd ?

Izuku se retourna, et prit la peine d'enlever ses écouteurs. Katsuki haussa un sourcil, au vu de la musique qui s'échappait, il était impossible pour le plus petit de l'avoir entendu.

— Je ne sais pas, je sens juste ta présence, je suppose ?

Dans un mouvement rageur, le blond écrase son poing sur le haut de sa tête, tirant un gémissement de douleur à son ami. Putain, il n'aurait jamais dû venir dans sa chambre, stupide cœur et stupide raison. Et stupide Deku qui lui sortait vraiment les pires pirouettes.

— C'est bon, Katchan, soupira le vert un sourire tout de même présent sur ses lèvres. Repose-toi.

— La ferme Deku, ne m'dit pas ce que je dois faire, râla-t-il et il sembla à Izuku que c'était uniquement pour la forme.

Midoriya n'ajouta rien de plus et confirma que le blond râlait vraiment par habitude, parce qu'il s'était déjà couché en étoile de mer sur son lit.

— Avoue que t'étais venu pour te venger de cette après-midi, lança Deku en se retournant en direction de ses devoirs.

— Évidemment, pourquoi j'serais venu sinon ?

— Oh ... Je ne sais pas ? répondit malicieusement le vert.

Katsuki préféra ne pas relever le ton moqueur du vert ni son balancement de tête, ni-même le fait qu'il semblait mine de rien avoir une idée du pourquoi il était ici derrière la tête. Il ne voulait pas qu'il se fasse des idées sur la situation, ni sur le pourquoi du comment il se retrouvait encore dans son lit. Si Izuku trouvait un moyen de mettre des mots sur ce qu'il se passait alors ... Alors les choses deviendraient plus réelles, et Bakugo n'était peut-être pas encore prêt à les accepter, à leur donner un vrai sens. C'est pour ça qu'il ne dit rien et qu'il laissa son ami d'enfance continuer à astiquer seul cette idée qu'il semblait avoir.

Même s'il savait que Deku y avait déjà réfléchi et avait probablement déjà placé des mots sur leur relation, il lui jeta tout de même un oreiller sur son visage. Une tentative, vaine d'accord, afin de détourner son attention et de l'empêcher de cogiter. Qui fonctionna, parce qu'Izuku connaissait bien le blond alors pour lui alléger encore quelque temps la conscience et qu'il comprenne seul tout ce que signifiait leurs actions, il se jeta dans la mêlée.

Le cendré n'était pas dupe, Deku se pliait juste à sa volonté silencieuse, à sa demande. Le vert ne changerait jamais, à toujours faire passer volontairement les autres et leurs besoins avant lui, avant ses propres besoins.

Dans un geste brusque, parce que la colère commençait à le gagner tout doucement, il retourna Deku sur le dos et lui écrasa l'oreiller sur la tête. Il n'appuya pas dessus, laissant son rire se propager en même temps qu'un étrange sentiment l'étreignait, qu'une sensation désagréable lui comprimait le cœur : qui faisait passer ce sale nerd avant tout ?

Il se redressa juste après que la révélation l'ait frappé, écarta son arme qui lui servait pendant la bataille du visage de Deku et planta son regard dans le sien. Les yeux émeraudes étaient partagés entre le rire et la curiosité. Qui prenait soin de lui, de cette lueur de bonheur qui résidait au fond de ces iris ? Qui offrait à Izuku, ce que lui offrait à tout le monde ?

Son cœur se serra, mais il ne voulait rien laisser paraître, ne voulait pas qu'Izuku comprenne ce qui pouvait bien se tramer dans sa tête. Alors rapidement il vient cacher son visage dans son cou. L'odeur du vert chatouille ses narines, et tout ce qu'il avait pu s'imaginer ne rivalisait pas avec tout ce qui étaient en train de se passer en lui ; quelque chose s'éveillait.

Dommage que Katsuki n'ait pas vérifié une dernière fois avant de fermer la porte.


J'aillais presque oublier de publier le chapitre de ce soir ... La honte. Mais bon, le principal au final c'est qu'il soit là, et que je n'ai pas failli à mon devoir. J'espère que la lecture aura été bonne, et je vous souhaite bon courage pour la nouvelle semaine !

On se revoit dimanche prochain, prenez soin de vous !

Je vais en profiter pour faire une petite réponse aux petits commentaire :

scrameustache4 : Salut à toi ! Je vais bien et toi, alors ? (Bonne année, bonne santé, la réussite et tout ce qui va avec pour toi !) Merci d'avoir pris le temps de me lire, et de m'avoir en plus laissé ton avis : c'est un plaisir pour moi ! Effectivement, le fait que Katchan devine tout est totalement vu et revu, mais comme tu dis, l'histoire est toujours bien meilleure de cette façon. Pour autant, j'espère arriver à un résultat original et que te (vous) plaira ! Il est évident qu'il arrivera quelques petites broutilles à Eijiro et Denki, sans quoi rien ne serait drôle ! J'espère ne pas te décevoir avec ce deuxième chapitre, ainsi que te revoir bientôt ! Bonne semaine, on se revoit dimanche prochain ! (OH, tu m'en vois toujours aussi ravie, ça me fait chaud au cœur !)

LeonorRiddle : A toi aussi, merci d'avoir pris le temps de lire ce chapitre, ainsi que d'y avoir laisser ton avis ! Je suis très heureuse qu'elle te plaise déjà, et j'espère que la suite sera tout autant à ton goût ! Rien de bien méchant n'attend Midoriya voyons, tout le monde l'adore, pas vrai ...? J'espère te faire rire maintenant et à l'avenir ! A la semaine prochaine !