CHAPITRE NEUF.


Un jour, il allait finir par s'occuper très sérieusement du cas de Deku.

Vingt-et-une heure trente et toujours aucun signe de ce fichu nerd. Trente minutes qu'il poireautait comme un putain d'idiot dans sa propre chambre, et Katsuki avait déjà littéralement tout fait pour s'occuper. Battant son propre record, il avait expédié ses devoirs pour le lendemain et même ceux pour les jours suivants, attisant un peu plus sa fierté ... Avec la rapidité d'un éclair, le cendré avait filé vers les douches communes aux garçons. Là aussi, il s'était surpris à éclater une nouvelle fois son record et ça lui avait tiré un soupire mi satisfait, mi dégouté de lui-même ... Merde alors, est-ce qu'il avait de nouveau cinq ans pour ne pas tenir en place et vouloir faire s'écouler le temps plus vite ?

La réponse était pourtant claire et logique : non, il n'avait pas cinq ans, bon sang. Il en avait seize et un foutu nerd jouait avec ses sentiments et son cœur. Sentiment qui ne faisaient que l'emmerder à longueur de journée, parce qu'avoir des sensations étranges dans tout le corps et des envies bizarres – comme celles de vouloir l'embrasser ou le prendre dans ses bras sans raisons – à tout bout de champ, étaient loin d'être agréables. Pour éviter d'y penser et de laisser plus de place à Izuku qu'il ne méritait d'en avoir, il s'attaquait donc chaque soir à ses devoirs, au ménage de sa chambre et à son hygiène. Il aurait très bien pu dire à Kirishima de passer pour se taper une partie sur un jeu quelconque, mais il ne se sentait pas d'humeur à l'entendre brailler – que ce soit ce soir ou celui d'un autre jour de la semaine. Toujours, ses oreilles et son traître de palpitant ne désirait qu'une chose chacun : Deku et ses marmonnements incessants.

Katsuki était à cran, terriblement à cran.

La sensation qu'Izuku ne faisait que jouer avec lui, ne voulait pas quitter son cœur, tordait désagréablement son estomac et rôdait discrètement jour et nuit au fond de sa tête. Pourtant, il avait conscience qu'il était vraiment très mal placé pour le critiquer, le juger, lui faire la morale ou même lui en vouloir ne serait-ce que quelques petites secondes ... Parce que Katsuki était un ingrat avec une fierté mal placée la plupart du temps, qui ne faisait que gueuler et râler. Sans parler du moment où il avait totalement déconné à l'époque du collège, et quand bien même ses raisons étaient justes et protectrices, elles ne justifiaient en rien le harcèlement qu'il avait offert à son ami d'enfance. Et en plus de tout ce bordel, l'explosif continuait de lui imposer sa présence.

Mais voilà ..., c'était bien plus fort que lui. Bakugo voulait Deku plus que tout et ce même type lui avait dit qu'il n'était pas contre, que lui aussi désirait certaines choses. Le vert lui avait certifié – après plusieurs minutes de tortures intensives pour lui soutirer les informations et les réponses à ses questions – qu'il ne voulait pas revivre l'époque du collège, qu'il voulait qu'ils se rapprochent de nouveau et qu'ils retrouvent ce qu'ils avaient avant, parce que Katsuki était son ami le plus précieux. Bon ... Le cendré s'était bien gardé de lui faire comprendre qu'à partir de maintenant ils allaient avoir bien plus qu'avant. Mais Izuku l'avait compris seul, puisqu'il était loin d'être bête et ne pas mettre de mots là-dessus, ne pas clairement définir ce qui les animait et ce qui allait inévitablement se passer entre eux ne semblait pas le déranger.

S'allongeant dans son lit et enfonçant son visage dans son oreiller qui putain, sentait le nerd à plein nez, Katsuki soupira bruyamment. Il souhaitait se perdre encore et encore dans leur petite routine qui s'était progressivement installée peu de temps après avoir enterré la hache de guerre. Rejoindre Izuku dans sa chambre ou l'attendre dans la sienne, pratiquer leurs entraînements ensemble, se donner certains conseils et se disputer gentiment ... Enfin « leur routine » était visiblement un bien grand mot et ne semblait être que la sienne finalement, puisque le buisson n'était pas foutu d'arriver à l'heure, n'avait pas l'air de s'investir plus que cela.

Ce n'était pourtant pas bien compliqué de fermer ses cahiers, de laisser tomber ses devoirs et de mettre sa tête au repos pour quelques heures, si ? Se bourrer le crâne pendant quatre heures après une journée de cours de sept heures, c'était vraiment tout sauf normal et logique. Pourtant, Izuku s'emmerdait avec de telles formalités, ne laissait pas son cerveau souffler et ne venait pas se glisser au pieux avec lui le plus tôt possible. Et quand il ne s'agissait pas de ses devoirs, c'était ses révisions ou son entraînement. Assurément, le vert avait quelques cases en moins pour travailler autant.

Le cendré se retourna sur le dos, fixant le plafond de ses yeux carmins. Il avait bien conscience qu'il n'était pas du genre romantique, et il ne trouvait aucun intérêt à être coller en permanence à quelqu'un ... Mais Izuku venait toujours tout foutre en l'air, venait faire tomber ses barrières et ses certitudes, il finissait même par ranger sa fierté et son égo de côté, dans un coin bien au fond de son crâne. C'était un don – irritant d'ailleurs –, une faculté que l'explosif voulait bien concevoir mais n'arrivait pas à expliquer ni le comment ni le pourquoi. Depuis quelque temps déjà, il avait cessé de s'interroger, de se questionner jusqu'à l'aurore et il laissait les choses se dérouler naturellement ..., aussi naturellement qu'il le lui était possible, évidemment.

Il se frotta les yeux, essayant d'échapper aux bras de Morphée.

Parce que c'était ce fichu Midoriya Izuku, son ami d'enfance, son rival, il souhaitait être avec lui autant que possible et de manière inexplicable. L'entendre déblatérer pendant des heures ne le gavait plus tant que cela, du moins juste pour les apparences. Le regarder s'exciter dans tous les sens parce qu'il pensait s'être fait cramer en venant le rejoindre dans sa chambre, ou parce qu'il avait apparemment oublié un exercice pour le lendemain, ne lui déclenchait plus une crise de colère mais plutôt un débordement de tendresse. Le sentir se détendre dans ses bras dans un automatisme et s'endormir la tête posée entre son cou et son torse en quelques secondes seulement, le rendait heureux. Capter son regard fier et empli d'admiration après un exercice de simulation rendait son cœur dingue, tellement qu'il en oubliait de battre pendant quelques secondes.

Bordel, il avait fait de lui sa priorité mais comprendre tout doucement que le nerd n'avait pas les mêmes sentiments, les mêmes envies et priorités avec lui était quelque peu douloureux à supporter et à encaisser à la longue.

— Katchan, murmura une petite voix derrière sa porte de chambre qu'il associa très vite à celle d'Izuku.

Aussitôt, l'explosif sauta en dehors de son lit, contrôlant au mieux l'impatience qui le rongeait depuis plusieurs minutes – heures, en réalité. En quelques mouvements, il fut devant sa porte et enclencha la poignée, prêt à se mettre à gueuler sur Deku juste pour lui faire comprendre qu'il l'avait attendu comme un con, qu'il commençait sérieusement à en avoir marre de son comportement d'empoté et qu'ils devaient absolument discuter avec l'objectif de poser des mots sur ce qu'il se passait entre eux. Ouais, ils devaient faire ça avant de foncer droit dans le mur. Et la vie de Katsuki était pleine de ça casse ou bien ça passe, mais certainement pas d'entre-deux et de non-dit.

— Deku, commença Bakugo la mâchoire contractée en entrebâillant doucement la porte.

D'un coup d'épaule, le vert termina d'ouvrir le morceau de bois et se laissa choir contre le torse du cendré, le surprenant. Merde ..., son cœur venait de louper un battement, pour la énième fois de la journée. Il devait se ressaisir, ne pas se laisser attendrir et avoir de cette façon mais Izuku qui s'amusait à frotter son nez contre son cou eut raison de lui et de toute sa colère.

— Katchan, j'suis fatigué ..., bailla le vert tout en pressant encore plus son corps contre celui de l'explosif.

Putain de Deku. Putain de sentiments. Putain de cœur en carton.

— Viens, marmonna Bakugo gêné. On va s'coucher.

Doucement, il enroula son bras droit autour du plus jeune et le colla encore plus contre lui, tout de même heureux de ressentir enfin sa chaleur. Avec de petits pas pour préserver l'équilibre de Deku et ne pas trop le secouer, Katsuki recula vers l'intérieur de sa chambre. La tête toujours fourrée contre le corps chaud de cendré, le bouclé le suivit bien docilement appréciant la douceur dont son ami pouvait parfois faire preuve.

Dans le doute, juste avant de refermer entièrement la porte de sa chambre, Katsuki prit quelques secondes pour jeter un coup d'œil aux alentours. Il était sûr de ne croiser le regard de personne, à cette heure-ci les autres traînaient surtout dans leur propre chambre pour se reposer ou gueulait dans le salon en se battant. Mais par précaution, juste pour avoir l'esprit tranquille et ne pas inquiéter Izuku, il prend réellement le temps d'inspecter le couloir. Couloir qui ne cachait aucun individu à la différence de l'ascenseur dont les portes ne se fermaient pas et laissaient apparaître quelques mèches blondes et châtains et deux paires d'yeux bien trop curieux à son goût.

Katsuki serra les dents et tout son corps se tendit. Tête d'œuf et la pile électrique étaient bien là à les observer avec leurs joues rouges de gêne et un sourire qui leur montait jusqu'aux oreilles.

— Katchan ?

Deku remua contre lui, cherchant à se défaire de son emprise pour essayer de comprendre ce qui n'allait pas. Si jamais le plus jeune comprenait quel était le problème et qui les avait vu alors s'en était fini de leurs soirées ensemble, de ce début de relation paisible qui s'était instauré entre eux. Adieu les baisers enflammés qu'il lui volait au fond du lit, adieu les gémissements d'Izuku lorsqu'il osait s'aventurer en dessous de ses vêtements, adieu les réveils chaleureux et emplis de tendresse pour bien commencer la journée.

Merde, non.

Katsuki n'avait pas encore eu le temps de parler avec lui et de le forcer à mettre des mots sur ce qu'il se passait entre eux. Izuku ne devait pas savoir ce qui se tramait, ne devait pas apercevoir les visages à demi-caché des deux fouines qui leur servait d'amis. Du moins, pas avant que les choses ne soient officielles entre eux.

— C'n'est rien, Deku.

Alors que tout son corps hurlait à la violence, à l'envie de refaire le portrait des deux idiots campés dans l'ascenseur, il lutta pour se détendre. Le plus jeune déposa doucement sa bouche la naissance de son cou, inconscient de ce qu'il se passait réellement mais désireux de rejoindre les bras et le lit de l'explosif. Le geste eut le mérite de détendre rapidement le cendré qui, juste avant de refermer entièrement la porte de sa chambre, prit le temps d'adresser un regard meurtrier à Ochacco et Denki, leur promettant silencieusement de s'occuper rapidement, très rapidement de leur cas.

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Lorsqu'il ouvre ses yeux, la lumière du soleil tape si fort dans la pièce qu'il les referme immédiatement. Comme une mesure de sécurité supplémentaire, il place son avant-bras sur le haut de sa tête, espérant filtrer un peu plus la lumière et atténuer le mal de crâne qui commence à pointer le bout de son nez. Le contre coup du combat contre Denki se fait déjà ressentir et si seulement il n'y avait que cela ...

Les quelques restes de son rêve – ou cauchemar plutôt – viennent prendre place en s'éparpillant dans son esprit et Katsuki expire bruyamment. Il sait pertinemment que ce n'est en rien un rêve, mais bel et bien des bribes de souvenirs datant du début de son rapprochement avec Izuku. Inconsciemment, il a dû refouler cette rencontre qui tombait vraiment mal pour éviter d'y penser et de gaffer devant le nerd.

A cette époque, les choses étaient si fragiles entre eux ... Izuku bien que peu rancunier peinait à agir naturellement avec lui, surtout en présence des autres. Si pendant un combat qu'il s'agisse d'un entraînement ou d'une vraie scène de guerre, le vert n'hésitait pas à lui confier ses arrières sans la moindre parole, le champ de bataille que représentait leur quotidien semblait bien plus angoissant pour Deku. Ce soir-là, les réflexions de Katsuki étaient surtout animées par la colère et le désespoir, voyant déjà depuis le fond de son lit tous ses efforts pour se rapprocher du nerd être anéantit en quelques révélations.

— Merde, marmonna-t-il la bouche pâteuse et les paupières lourdes.

Bon ..., sur le coup attraper la pile électrique au détour d'un couloir dès les premières heures de cours lui avait semblé être une bonne idée, la meilleure stratégie à adopter. Un regard noir qui promettait les pires tortures alors qu'il tenait le col de Denki contre un mur, avait suffi à le dissuader d'ouvrir sa bouche et un « T'es mort. », bien glacial l'avait convaincu de tout faire pour qu'Ochacco garde le silence sur ce qu'ils avaient vu. Rien de plus, rien de moins.

Puis après quelques heures d'intenses réflexions, il avait commencé à s'en vouloir, rien qu'un peu, juste un tout petit peu ... Ses mauvaises habitudes avaient repris le dessus sur ses efforts. La tête enfoncée contre son oreiller, sa raison avait refait surface, lui intimant silencieusement et douloureusement qu'il avait foiré : non seulement il mentait à Deku mais en plus il avait intimidé sa meilleure-amie et menacé son propre pote. Merde alors, il s'évertuait à regagner la confiance du nerd, à devenir un peu meilleur pour lui et son entourage, et voilà que pris dans l'engrenage de la panique de tout perdre, sa langue de serpent avait repris ses droits sur son corps.

Katsuki ne plaisantait qu'à moitié, quand il disait que Deku lui faisait faire n'importe quoi.


Salut la compagnie !

Je sais, ne dites rien j'ai énormément beaucoup de retard et j'avoue que j'en suis pas très fière ... Mais, laissons mon retard de côté et fêtons l'arrivée de ce chapitre qui vient célébrer ma réussite universitaire : je possède désormais la Licence pfiouuuuuu ! Ouais, j'attendais d'avoir mes résultats pour le poster (j'assume d'être une enfant).

J'ai bien conscience qu'il est un peu court mais criez de joie plutôt non, parce qu'on découvre enfin (presque) ce qu'il s'est passé entre Katchan, Denki et Ocha ! Et comme prévu, l'infirmerie et ses lits, c'est plutôt sympa pour se remettre de ses émotions !

Pour le prochain chapitre, c'est encore un peu flou. Mais j'vois bien un peu de fluff ? sûrement des stratégies à la con de la part de Katchan ? un petit combat aussi, entre notre tête brûlée et le bicolore ? hum, ouais ça me semble pas mal ... reste plus qu'à savoir : pourquoi ? hum hum huuuum !

Réponses au petit commentaire :

scrameustache4 : Bonjouuur scram ! (Très heureuse de voir que la salutation est accordée !) Je suis pas mal en retard, oups … Du coup, ça fait un petit moment que je ne t'ai pas croisé alors : est-ce que tu vas bien ? quoi de neuf ? La vie n'est pas trop compliquée ? J'espère que tu prends soin de toi !

Maintenant que j'ai terminé mes études (enfin pour le moment seulement pfiou) et mes candidatures pour la suite chaotique de ma vie, je vais donc pouvoir réellement m'attaquer à la lecture de tes histoires. Bon … même si elles ne sont pas toutes drôles, je me ferais tout de même un plaisir de toutes les lires, oh ! ShinDeku, un ship que je n'ai encore jamais expérimentée bon, il y a un début à tout ! Dire que je n'écris que tristesse, lamentations et tristitude, c'est dur quand même ouin :(((( … J'arrête ma comédie. Je ne me prends même pas au sérieux mdrrr, j'aime écrire de la tristesse c'est si beau quand Deku meurt et que Katchan souffre …! Après j'aime bien écrire des trucs kiki hein faut pas croire mdrrrr !

AH, les menaces … Les menaces qui ne servent plus à rien, non ? parce que coucou le flashback est lààààà ! Enfin, pas dans sa totalité mais une grande partie oui !

Quand est-ce que je refais de la baston ? Et bien, au prochain chapitre normalement, c'est prévu ! Et j'espère qu'il sera aussi satisfaisant que celui du chapitre huit et au passage, merci pour le compliment. Quand il s'agit de décrire de la baston je suis vraiment nulle … mais quand c'est pour de l'amour ou de larmes, là l'imagination est au rendez-vous !

Prochain os, je transforme Katchan en attraction de fête foraine, pour trois euros ça se tente après tout ! Et celui qui tape le plus Katchan remporte le droit d'embrasser Deku, juste histoire de le mettre un peu plus vénère !

Bon du coup, il n'y a pas de eu d'Izuku ni de Shoto pendant ce chapitre …, disons que pour le prochain ils feront leur apparition ! AH oui mais non : pas de séparation, ni de larmes sous la pluie (en plus je déteste la pluie purée !) ou de sang ! Après on va recevoir des plaintes et tout … pfiou !

Encore navrée pour le retard, je me suis bien reposée et je suis prête à reprendre du service ! Prends soin de toi, et bon courage pour la suite ! S'il fait beau profite du soleil, et n'oublie pas de te reposer ! Bon courage aussi pour de quelconques examens ou pour le taff ! A la prochaaaaine !