Bonsoir !
Quelle volubilité littéraire en ce moment hein ? J'en profite avant de subir le contrecoup de cette inspiration et de la fin du confinement (oups). Une idée toute neuve dont je vous donne le détail en bas.
Merci d'être là et faites moi part de vos retours,
Bisous doux,
Cap'
Hinata Hyuga avait sept ans quand son père la qualifia pour la première fois de ratée. Une expression dont la fillette brune et réservée ne se formalisa pas. Elle parut au contraire y trouver une source de motivation et redoubla d'efforts. Elle était l'héritière d'une famille anciennement noble et bien installée dans les affaires du pays. D'un naturel doux et aimant, on la disait effacée au point de frôler l'invisibilité. Elle avait beau posséder les iris blanches si remarquables de ses ancêtres, Hinata ne se démarquait pas. Elle était moyenne en tous, ne faisait pas de vagues, s'entourait de personnes qui la connaissaient mal et semblait modérée jusque dans l'expression de ses sentiments. L'insignifiance de son existence approchait le zéro.
Hinata grandit sans que les remontrances de son père, la haine de son cousin ou les encouragements de ses professeurs ne troublent la monotonie de ses humeurs. Elle resta inchangée : dévouée, soumise et secrète. Fixer Hinata revenait à arrêter le temps, seul le décor et son corps évoluaient. Les événements glissaient sur elle et c'est pourquoi on ne voyait ni les années passées, ni les diplômes acquis un à un. Ses échecs comme ses succès se noyaient dans la banalité de sa personne.
Elle était âgée de vingt-cinq ans quand son directeur de thèse l'appela. Le sexagénaire passionné de profilage bégayait. Il était vingt-et-une heure du soir, c'était un dimanche, et, en temps normal, un homme de son éducation n'aurait jamais appelé une de ses étudiantes en dehors des heures ouvrées de l'université. Ce jour précis marqua la vie fade d'Hinata Hyuga d'une pierre blanche.
Elle avait écrit sa thèse en un seul jet et l'avait remise à une petite semaine de l'échéance finale. Une méthode qui avait secrètement horripilé son tuteur, y voyant une prétention déplacée ou une oisiveté inappropriée, deux attitudes qui collaient très mal au profil de son élève par ailleurs. Le choix d'Hinata pour son sujet de thèse impliquait pourtant qu'on s'y reprenne à deux fois : « Psychologie du serial killer ». Une thématique vue et revue et, comme si cela ne suffisait pas, dangereusement généraliste.
C'est de mauvais gré qu'il avait ouvert le fichier Word de la Hyuga dimanche à onze heures y trouvant une bonne excuse pour sauter la messe où sa femme aurait souhaité le traîner. Il avait manqué le déjeuner, il avait vidé deux cafetières, il avait éteint l'appel hebdomadaire de son fils, il avait interdit à sa femme de le déranger sous aucun prétexte. En tout, il avait lu trois fois la thèse de son étudiante. Arriver pour la troisième fois à la deux-cent-soixantième page l'amena à la conclusion irrévocable qu'en trente-sept ans de métier c'était, et de loin, la thèse la plus brillante qu'il avait lu. Cela ne tenait pas seulement au fait qu'il ne trouvait aucune faille sur la forme et le fond, ça allait bien au-delà : c'était révolutionnaire.
La vie d'Hinata bascula.
La semaine suivante, son directeur de thèse, l'aida à corriger la police des intertitres et les huit fautes de frappe restantes. Il exigea de l'appeler tous les jours et lui fit part de la nécessité d'envoyer sa thèse aux maisons d'édition le plus tôt possible. L'entrain marqué de frénésie qu'il lui manifestait Hinata le recevait avec sa tiédeur habituelle. Elle souriait avec bienveillance, accédait à toutes ses requêtes concernant la publication et prenait assidument des notes pour la soutenance. A chaque coup de fil, involontairement, l'homme lui martelait « vous êtes le génie de votre génération ». Hinata ne s'en formalisait pas, elle le remerciait avec une modestie embarrassée et toute à son honneur.
Le temps fila ainsi, articulé entre l'œil neuf que lui portait son tuteur et ses obligations familiales. Hinata ne parlait pas de l'avancement de sa thèse ou bien en termes confus à son entourage. La brune n'avait jamais aimé être le centre de l'attention et veilla à ne pas ébruiter l'engouement de son tuteur.
Ainsi que ce dernier l'avait prédit, les maisons d'édition répondirent très favorablement à la publication de la thèse. L'homme en charge de l'aider insista fermement auprès d'elle pour s'occuper personnellement de la sélection de l'éditeur final. Il paraît que le professeur vit passer des offres astronomiques et on recensa trois malencontreux scandales chez les sept candidats en lice pour la publication. Si l'auteure eu vent de la guerre qui avait éclaté en coulisses, elle fit mine de ne pas s'y intéresser.
La soutenance vint clôturer définitivement l'existence terne qu'avait entretenu la jeune femme depuis sa naissance.
Elle entra dans l'élite triée sur le volet de ceux qui étaient passés de l'anonymat à la célébrité en une nuit. Malgré une élocution moyenne, sa soutenance avait subjugué un jury acquis à la minute où il avait lu sa thèse. On imprima son livre en des milliers d'exemplaires, on lui demanda les droits pour trois traductions en langues étrangères et bientôt le nom de son projet de fin d'étude fût sur toutes les lèvres – y comprises celles du commun des mortels.
Alors, naturellement, à la grande remise finale du diplôme, le directeur universitaire lui rédigea manuellement un courrier personnel en guise d'invitation.
Pour la première fois depuis des décennies, la cérémonie fut un événement médiatisé et les mauvaises langues grincèrent qu'Hinata allait faire de l'ombre à tous les autres doctorants de sa promotion. Hiashi Hyuga, son père, avait rebondi rapidement à l'entente de la nouvelle et il l'accompagna en personne à la fête. Les flashs mitraillèrent leur arrivée. Hinata, rougissante, gardait les yeux baissés, ses mains maladroitement enroulées autour du bras de son père. Elle laissa le bon soin à son père de répondre aux journalistes à sa place. Ils n'avaient pas fait cinq pas dans l'allée encombrée qui menait à l'enceinte réservée pour l'occasion qu'elle vit apparaître son directeur de thèse. Le petit homme maigre en costume avait les yeux brillants derrière ses lunettes. Il marcha d'un pas pressé pour épauler le patriarche Hyuga face aux nombreux micros qui leur barraient la route.
Hinata Hyuga était parée d'une robe somptueuse ce soir-là. Son père avait lourdement insisté pour qu'elle sélectionne parmi les modèles les plus coûteux du magasin déjà luxueux où ils s'étaient rendus. Et malgré cela, Hinata avait trouvé la seule robe qu'aucune strass, aucune échancrure ne venait sublimer. La robe sur laquelle son choix s'était arrêté était longue au point de ne dévoiler d'un tiers de sa cheville. Elle était faite d'une mousseline noire et opaque qui accompagnait chacun des mouvements de la brune avec fluidité. Le corset imitait la forme d'un cache-cœur de danseuse dont le ruban noué dans un nœud élaboré soulignait sa taille mince. Les manches étaient longues et amples, doublées d'un tissu plus transparent qui leurs conférait un aspect vaporeux.
Si elle avait la prestance d'une actrice pour un grand festival du septième art, c'est avec sa timidité caractéristique qu'Hinata adressa quelques mots de remerciement hésitants à l'assemblée. La foule l'applaudit pourtant comme un seul homme et des chuchotements louant sa modestie et sa réserve parcoururent la salle. Elle revint finalement s'asseoir les joues brûlantes.
Elle découvrit que son père s'était momentanément absenté, laissant un siège vide à sa gauche. En voyant une silhouette s'approcher, la brune préparait en avance une formulation polie pour renvoyer l'inconnu. Alors qu'elle relevait des yeux navrés vers l'indésiré, elle eut un hoquet de surprise.
Hiruzen Sarutobi. Il s'agissait de la plus grande pointure encore en vie dans le domaine de la psychiatrie. Un homme dont les écrits avaient nourri sa propre thèse. Mais surtout le directeur en charge du bloc 64 de l'hôpital psychiatrique de Konoha. Le bloc 64 faisait parler de lui à l'international depuis un an et cela pour la bonne raison qu'il abritait cinq des huit plus grands tueurs en série de toute l'histoire de l'humanité. Rencontrer cet homme c'était rencontrer l'Hokage pour quelqu'un dans le cursus de la brune. Elle en perdit les mots alors que le visage sillonné de rides d'Hiruzen s'étirait dans un mince sourire avant qu'il ne s'assoie tranquillement à côté d'elle.
« Enchanté de faire votre connaissance Mademoiselle Hyuga. Je suis Hiruzen Sarutobi, le directeur du bloc 64 à l'hôpital psychiatrique. A mon âge, on trouve le temps précieux alors je n'irai pas par quatre chemins. Seriez-vous intéressée par le poste vacant de psychiatre au bloc 64 ? »
Alors nous y sommes !
Déjà merci d'avoir lu ce prologue de bout en bout.
Maintenant parlons un peu de cette histoire. L'idée est la suivante, les chapitres vont s'articuler sous forme de "confessions" qui retranscriront un entretien entre Hinata et un membre de l'akatsuki. Je me garde le droit de faire des chapitres courts en aparté de ces entretiens pour nourrir un peu la trame globale de l'histoire. Contrairement à d'habitude j'ai une idées assez précise de ce que je veux faire et de comment l'histoire se termine (oui si vous suivez mes autres histoires sachez qu'elles sont toutes susceptibles de mourir d'un essoufflement d'idées de ma part) donc je peux déjà vous dire que l'histoire dans sa totalité fera au maximum 10 chapitres de longueurs très inégales.
J'espère que vous accrochez au concept et que vous m'encouragerez/critiquerez/signalerez votre lecture par reviews,
Bisous doux,
Cap'
