Les aventures et péripéties d'un superhéros
3. Tu ferais bien de rester sur tes gardes
Bulma, son père et Trunks étaient venus à la cérémonie d'inauguration du nouveau siège de Capsule Corp. et étaient à ses côtés sur le podium. Il y avait tout une foule présente pour assister à l'évènement et aussi, naturellement, une multitude de journalistes. D'innombrables caméras étaient braquées sur Gohan et les flashs fusaient de toutes parts.
Le jeune scientifique tapota sur le microphone, s'assurant qu'il fonctionnait. Il se racla la gorge, les joues rouges, tandis que la foule se tut et que tous les regards se fixèrent sur lui. Il scruta le public à la recherche des visages familiers de sa famille et de ses amis proches qui étaient venus lui témoigner leur soutien. Le poids dans sa poitrine s'atténua lorsqu'il aperçut sa mère, rayonnante de fierté ; son regard glissa sur son petit frère, qui affichait un sourire radieux et lui fit signe de la main ; Krillin lui adressa un pouce en l'air, et Yamcha lui lança un clin d'œil. Et même si Piccolo n'était pas là en personne, Gohan savait que l'ancien dieu observait la scène depuis le Palais Céleste.
C'était un grand moment pour lui, après tout, et ces personnes constituaient sa famille. Ils l'avaient vu grandir, avaient toujours été là pour lui, il était donc naturel qu'ils soient présents pour l'une des plus grandes étapes de sa vie d'adulte.
Il se pencha plus près du micro. Le moment était venu de faire son discours.
- Bonjour à tous. Je suis le Dr. Son Gohan, et je suis le scientifique en chef du siège de Capsule Corp. à Satan City. Je suis titulaire d'un doctorat en physique, en astrophysique, en biotechnologie, en robotique ainsi qu'en ingénierie.
Un murmure s'éleva dans l'assistance à sa déclaration. Il eut un sourire timide.
- Pour tout vous dire, lorsque Bulma m'a proposé le poste, je n'ai d'abord pas accepté sa promotion. Je ne savais pas si j'étais le scientifique le plus qualifié ou le plus expérimenté pour un poste aussi important. Je n'ai que vingt-trois ans et j'étais satisfait du rythme auquel ma carrière évoluait. Je ne suis pas pressé d'arriver au sommet.
Il marqua une pause et balaya du regard la foule qui l'écoutait dans un silence religieux.
Et puis son cœur manqua un battement.
Il distingua Videl parmi la masse de visages inconnus. Toute son attention était concentrée sur lui. Le monde qui l'entourait semblait se dissiper, et Gohan se retrouva perdu dans ses magnifiques yeux bleus. Le sang lui montait au visage, sa gorge se serrait, son cœur battait à tout rompre contre sa cage thoracique.
Bulma fit un pas vers lui et l'appela doucement, le tirant de sa torpeur énamourée. Il rougit de plus belle et baissa la tête, se frottant la nuque pour essayer de se calmer les nerfs.
Il n'était pas surprenant que Videl soit présente à la cérémonie d'inauguration, bien sûr. C'était un grand événement pour la ville, et beaucoup de gens étaient venus pour y assister en personne. Ses amies de tout à l'heure étaient également avec elle.
Cependant, il ne s'était pas attendu à la revoir si vite après l'avoir croisée au café. Et que son regard soit ainsi rivé sur lui...
Elle l'ébranlait.
Gohan fronça les sourcils. Cela l'exaspérait, que cette jeune femme l'affecte à ce point. Ce n'était vraiment pas le moment de se laisser perturber.
Il prit une profonde inspiration et s'efforça de ne pas regarder Videl pendant qu'il révisait son discours dans sa tête, et là où il s'était arrêté. Il reprit donc la parole.
- Si... Si vous pensez que j'ai décroché ce poste uniquement parce que je connais Bulma personnellement, vous auriez tout à fait raison. Mais ce n'est pas parce que nous sommes amis qu'elle m'a préféré aux autres candidats. La vérité, c'est qu'il n'y avait pas d'autre candidat. Capsule Corp. est une entreprise familiale. Bulma est comme une mère pour moi, et je suis comme un fils pour elle ━ et c'est pour cela qu'elle m'a choisi pour le poste de chef. Si son fils Trunks était prêt à prendre la relève, c'est lui qui vous parlerait aujourd'hui, pas moi.
Il désigna d'un geste le jeune garçon debout à côté de sa mère et de son grand-père, qui sourit et croisa les bras d'une manière qui rappelait très fortement Végéta. Gohan sourit à Trunks et lui adressa un clin d'oeil, avant de se tourner à nouveau vers son public.
- Quoi qu'il en soit, malgré mes doutes quant au fait de devenir le scientifique en chef de Capsule Corp à Satan City, et bien que je ne sois toujours pas sûr d'être le meilleur choix pour ce poste, je suis très impatient de commencer. J'adore la science, et ce depuis toujours. Je souhaite être présent pour ses grands moments, je veux plus que tout faire partie du progrès, et je me réjouis de ce qui nous attend. Et je sais que je peux contribuer au progrès. Je ne suis peut-être pas le scientifique le plus expérimenté, mais je n'ai jamais douté de mes capacités : je suis travailleur, compétant, et je veillerai à répondre à toutes vos attentes ━ et même à toutes les dépasser. Et surtout, j'aime ce que je fais. Je suis sincèrement reconnaissant envers Bulma de me donner la chance de continuer à faire ce que j'aime. Je continuerai à m'efforcer de m'améliorer, de grandir et, avec un peu de chance, de devenir le leader que Bulma est persuadée que je suis en mesure de devenir.
Il sourit.
- Je sais que je suis jeune et que j'ai encore beaucoup à apprendre. Travaillons tous ensemble et faisons de notre mieux, pour la science. Merci.
Le public applaudit avec enthousiasme. Visiblement, on avait aimé son discours. Gohan sourit, fier de son succès. Et puis il croisa à nouveau le regard de Videl, et une boule lui monta à la gorge. Une fois de plus, il se sentit troublé, destabilisé, et pourtant, il ne parvenait pas à détourner le regard. Videl rayonnait en l'applaudissant.
Dieu qu'elle était belle.
Gohan détacha ses yeux d'elle, se frottant la nuque avec malaise. Ce fichu béguin à la noix n'aurait pas pu tomber à un pire moment. Avec ses nouvelles responsabilités en tant que scientifique en chef de l'une des entreprises les plus prolifiques au monde, il ne pouvait pas se permettre de se laisser distraire.
Avec un peu de chance, il ne croiserait plus Videl à l'avenir ━ du moins pas en tant que lui-même. Satan City n'était peut-être pas une très grande ville, mais ce n'est pas non plus un petit bourg. Et puis, aujourd'hui était une occasion spéciale à cause de la cérémonie d'inauguration. Certes, il avait également croisé Videl au café plus tôt, mais ce n'était qu'un coup du hasard, n'est-ce pas ? Cela ne pouvait pas être bien difficile de ne pas croiser le chemin d'une même personne au beau milieu d'une ville en pleine effervescence, si ?
ooOoo
Il savait bien qu'il avait déjà croisé cette jeune femme quelque part.
- Bonjour, je suis le Dr. Eri, se présenta la jeune scientifique à lunettes et à la peau mat en lui tendant la main. C'est un honneur de travailler pour vous, Dr. Son.
Gohan lui serra la poigne, hébété, cherchant encore à comprendre ce qui se passait. Il lui avait bien semblé que l'amie de Videl lui était familière, mais il n'aurait pas imaginé qu'elle se retrouverait à travailler pour lui. Il se souvenait où il l'avait déjà vue maintenant : il avait croisé Eri il y a quelques semaines, alors qu'il sortait du bureau de Bulma et qu'elle y entrait. Cela avait dû être son entretien d'embauche.
Ainsi, il se trouvait être le supérieur de la colocataire de Videl. Bon, cela ne voulait pas dire qu'il allait forcément la rencontrer en tant que Son Gohan. Peut-être en passant, oui, si elle venait chercher Eri au travail ou autre, mais même cela restait peu probable. Et si vraiment cela devait arriver, éviter Videl ne serait pas bien difficile. Gohan était toujours déterminé de ne pas se lier à Videl sous sa véritable identité.
Le reste des scientifiques se présentèrent à lui, et Gohan serra de nombreuses mains ce matin-là. La plupart de ses nouveaux employés étaient agréables, mais certains des plus anciens avaient un air aigri sur le visage et essayaient de le dissimuler avec des sourires forcés. Gohan savait bien qu'il ne pouvait rien y faire. Il était très jeune, et ils ne pensaient probablement pas qu'il serait à la hauteur de la tâche.
Le jeune scientifique comprenait qu'il ne serait pas facile d'être pris au sérieux à cause de son jeune âge et de son manque d'expérience, mais il espérait qu'on finirait par se rendre compte de sa vraie valeur. Il savait qu'il excellait dans son travail. Bulma ne l'avait pas choisi uniquement parce qu'ils étaient des amis proches ━ il se savait compétent et talentueux. Avec le temps, ils finiraient certainement par s'en rendre compte eux aussi, n'est-ce pas ?
Après que tout le monde s'était présenté, il était temps de se mettre au travail. Malheureusement, comme c'était le premier jour et qu'il était à la tête de l'entreprise, Gohan avait des tâches administratives à remplir. Il s'excusa donc auprès du personnel et se rendit à son bureau.
Cela ne le dérangeait pas vraiment de se charger de la paperasse, mais ce n'était pas pour accomplir ce genre de tâches qu'il était devenu un scientifique. Enfin bon, Gohan se dit que cela faisait partie du travail.
Seul dans son bureau, Gohan alluma une chaîne d'information à la radio comme bruit de fond. Et puis bon, si le Great Saiyaman était amené à devoir intervenir quelque part, il ne serait pas contre une pause dans son ennuyeux travail administratif au profit d'un peu d'action.
Étonnamment, ce matin était sans incident. Ou se pouvait-il que la journée d'hier eût été l'exception ? Peut-être que le crime n'était pas aussi fréquent qu'il l'avait été hier. Quatre fois par jour, cela semblait un peu trop ━ et c'était uniquement pour les crimes sur lesquels il était tombé par hasard.
Quoique, peut-être qu'écouter les actualités n'était pas le meilleur moyen de surprendre un acte criminel en cours. Ils rapportaient généralement ce qui se passait après coup, non ? Ou alors il faudrait que ce soit quelque chose de vraiment important pour être aux infos en direct.
Gohan fronça les sourcils. Cela n'irait pas. S'il voulait aider la police à combattre le crime, il lui faudrait un meilleur moyen de savoir où et quand les criminels agissaient.
Peut-être pourrait-il survoler la ville ? Il était au travail, toutefois. Il ne pouvait pas partir aléatoirement dans le seul but de peut-être trouver des méchants à arrêter.
Ce qui serait vraiment utile serait de mettre la main sur une radio de la police. De cette façon, il serait toujours au courant de ce qui se passait en ville. Il ne pouvait cependant pas en dérober une. Ce serait un crime, et il était censé les arrêter, pas les commettre.
Mais peut-être que... Une idée commençait à germer dans son esprit.
Peut-être qu'il pourrait pirater la fréquence radio de la police.
Bon, ce n'était pas tout à fait légal, mais pas moins que le vigilantisme. Parfois, il était nécessaire de contourner certaines règles pour le bien de tous. Et pirater une fréquence radio était définitivement le moindre des deux maux.
Gohan jeta un coup d'oeil aux piles de documents sur son bureau qu'il devait encore remplir, mais il ne parvenait plus à se concentrer là-dessus. Peut-être que si la tâche avait été un tant soit peu intéressante... Mais il ne pouvait s'empêcher de réfléchir à son idée, et Gohan mourait d'envie de s'y mettre sur-le-champ. De plus, les piles de papier n'allaient pas disparaître, si ? Et puis c'est lui le patron maintenant, alors il ne risquait pas de s'attirer des ennuis.
Ayant réussi à se convaincre qu'il ne ferait rien de mal - non pas qu'il eût tant besoin d'être persuadé - Gohan sortit de son bureau et se dirigea vers l'ascenseur. Pendant qu'il l'attendait, il se fit une liste mentale de toutes les pièces dont il aurait besoin pour construire une radio et pirater l'antenne de la police. Il aurait sans doute été plus simple d'aller acheter une radio et de partir de là, mais Gohan aimait bien fabriquer ses propres équipements. Il avait un doctorat en ingénierie, après tout.
ooOoo
Erasa dressa le cou, balayant le restaurant de Capsule Corp du regard.
- Où est ton patron ? demanda-t-elle à Eri qui roula des yeux. Il ne déjeune pas avec vous autres ?
- C'est notre premier jour, alors comment veux-tu que je le sache ? lança Eri en haussant les épaules. Je crois avoir entendu dire qu'il a commencé à travailler sur quelque chose ce matin et qu'il n'est pas sorti de son labo depuis. Il a dû perdre la notion du temps, j'imagine.
Erasa s'adossa à sa chaise et croisa les bras, prenant un air boudeur.
- C'est trop nul. Je voulais le rencontrer !
Elle regarda dans le vague avec un sourire idiot sur les lèvres, le rouge aux joues.
- Il est tellement séduisant ! Et en plus il a notre âge.
Eri détourna la tête dans l'espoir de cacher la rougeur de son visage. Il était difficile de ne pas être d'accord avec Erasa sur ce point. Son nouveau patron était indéniablement un très bel homme.
- J'ai bien aimé son discours, commenta Videl. Il a l'air très humble et terre à terre, mais aussi conscient de sa propre valeur. Je pense que Bulma a fait le bon choix en faisant de lui le scientifique en chef, même se c'est vrai qu'il est plutôt jeune.
- Je ne pense pas qu'elle ait été beaucoup plus âgée quand elle a pris la direction de l'entreprise, ajouta Eri. Je l'ai rencontré brièvement tout à l'heure, et il a l'air très gentil. Et ça n'a pas l'air d'être une façade ou quelque chose du genre, il a vraiment l'air d'être quelqu'un de sincèrement gentil.
Erasa poussa un soupir rêveur.
- T'as vraiment trop de chance, tu peux le voir tous les jours. J'aurais dû devenir une scientifique...
Ses amies échangèrent un regard à l'idée que la blonde pétillante, qui avait à peine eu le niveau en maths au lycée, travaille comme scientifique, et elles éclatèrent de rire.
Erasa gloussa, ne pouvant s'empêcher de reconnaître le ridicule de cette vision.
- Je dis juste que j'aimerais avoir une excuse pour le voir tous les jours, dit-elle. Il est si séduisant… C'est tout à fait mon type d'homme.
- Si tu traînes dans le coin pour voir Eri, tu vas forcément tomber sur lui, raisonna Videl en haussant les épaules.
- Alors, quoi, maintenant je ne suis qu'un outil pour approcher un homme séduisant ? Je vois ce qu'il en est.
Eri croisa les bras et détourna la tête d'un air faussement vexée. Erasa gloussa.
- Plutôt, je vais pouvoir te voir, et en prime je pourrai rencontrer un homme séduisant.
Eri sourit.
- Je préfère ça.
- Je me demande s'il a une petite amie, songea Erasa, le regard perdu vers le plafond.
- Il est réputé pour ne s'intéresser à personne, dit Eri. D'après ce que j'ai entendu dire, on le drague constamment mais il ne s'en rend pas même compte. Et on ne l'a jamais vu avec quelqu'un non plus. J'imagine qu'il est focalisé sur son travail.
Videl inclina la tête sur le côté à cette information. Elle repensa à la réaction du patron d'Eri lorsqu'il l'avait repérée dans le public pendant son discours. Il avait eu l'air troublé quand leurs regards se sont croisés, Bulma avait même dû le rappeler à la réalité. Videl n'était pas sûre de ce que cela signifiait, si peut-être il l'avait reconnue comme la fille de Mr. Satan et avait été stupéfait, ou s'il avait simplement réagi à la vue d'une jolie fille. Quoi qu'il en soit, il avait eu l'air de manifester de l'intérêt, contrairement à ce qu'Eri avait entendu dire à son sujet.
- Bouh, c'est vraiment pas drôle, fit Erasa avec une moue, avant de s'illuminer : Mais peut-être qu'il n'a tout simplement pas encore rencontré la bonne personne.
À ce moment-là, le sujet de leur conversation entra dans le restaurant de l'entreprise. Il regarda autour de lui pour se trouver une table, puis il se figea dans son élan en croisant le regard de Videl. Ses yeux se dilatèrent et son visage s'empourpra, puis il détourna rapidement les yeux et marcha d'un pas vif jusqu'à une table libre, se servant de son menu pour cacher son visage cramoisi.
Videl haussa les sourcils. Ce n'était pas ainsi que les gens réagissaient lorsqu'ils voyaient une célébrité, en général. Normalement, on s'approchait d'elle pour lui demander un autographe, un selfie ou quelque chose du genre. Mais le patron d'Eri semblait embarrassé et agissait comme s'il essayait de l'éviter. Étrange.
Erasa et Eri, qui tournaient le dos à l'entrée, ne l'avaient pas vu entrer dans le restaurant. Videl se demanda si elle devrait leur signaler qu'il venait d'arriver.
Elle le vit sortir une pile de documents de sa mallette et commencer à les compléter, un froncement de sourcils pensif sur le visage. Il semblait occupé de toute façon, et n'avait pas l'air d'avoir envie de socialiser dans l'immédiat, alors il était sans doute préférable de le laisser tranquille. Ce qui ne serait pas possible si Erasa le voyait. Videl décida de ne rien dire.
La jeune femme laissa son regard glisser sur ses traits. Elle devait admettre qu'Erasa avait raison. Cet homme était très beau. Ses cheveux noirs étaient hérissés, à l'exception d'une seule mèche qui retombait sur son front, mais il ne semblait pas utiliser de gel pour leur donner cette aspect. Il portait des lunettes, et la fine monture lui allait bien. Il avait des traits très fins, avec des yeux sombres, un nez droit, des pommettes hautes, une mâchoire définie et des lèvres minces et charnues à la fois. Son cou était également assez épais, et il avait de larges épaules, laissant deviner un physique bien bâti sous son costume impeccable. Videl sourit en signe d'appréciation. Ce n'était vraiment pas étonnant qu'il se faisait draguer tout le temps.
ooOoo
Gohan avait décidé d'essayer de se changer les idées en travaillant un peu. Il avait terminé la radio avant le déjeuner et portait actuellement une oreillette invisible connectée à l'antenne de la police qui se mettait en marche automatiquement dès qu'il se passait quelque chose, mais maintenant il devait rattraper le travail qu'il avait laissé de côté ce matin.
C'était plutôt ennuyeux que Videl soit amie avec l'une de ses employés, mais bon, qu'il ne pouvait rien y faire. Il devrait juste s'assurer d'éviter de la rencontrer en tant que lui-même. Même s'ils continuaient à se croiser, cela ne voulait pas dire qu'ils allaient forcément se rencontrer officiellement à un moment ou à un autre. Même si Eri finissait par lui présenter son amie, Gohan n'aurait qu'à lui serrer poliment la main et s'excuser auprès d'elle pour éviter tout contact ultérieur. Tout devrait bien se passer, n'est-ce pas ?
Il se concentra sur sa paperasse tout en mangeant à un rythme lent. Au moins, il devrait avoir terminé avant la fin de la journée, et ensuite il pourrait enfin faire le travail qui l'intéressait vraiment.
Il se redressa subitement lorsque la radio grésilla dans son oreille. Au même moment, un bip continu retentit à proximité. Gohan suivit distraitement l'origine du bruit tout en écoutant le rapport de police. Il fronça les sourcils lorsque Videl arrêta le bip en appuyant sur un bouton de sa montre-bracelet et commença à lui parler. D'après ce qu'il saisit, son interlocuteur lui communiquait les mêmes informations que Gohan écoutait sur la fréquence de la police. Était-ce ainsi qu'ils la contactaient quand ils avaient besoin de son aide ?
Il s'agissait d'un braquage de banque et d'une prise d'otage cette fois-ci. Gohan rangea rapidement ses affaires et se précipita dehors, laissant son déjeuner inachevé derrière lui. Il accéléra le pas en se glissant dans une ruelle déserte et sauta sur le toit du bâtiment le plus proche pour pouvoir se transformer en Saiyaman de là.
Il vit Videl se précipiter hors du restaurant et jeter une capsule à terre. Elle était vraisemblablement en route pour la même banque.
- Où se trouve cette banque, d'ailleurs ? se demanda Gohan à voix haute.
Il était encore nouveau en ville après tout. Il supposait qu'il devrait étudier une carte de la zone pour que ce genre de chose ne se reproduise pas à l'avenir. C'était une chance que Videl allait dans la même direction. En attendant, il n'avait qu'à la suivre.
Elle monta dans son jetcopter et décolla. Gohan la suivit, s'assurant de voler bien haut au-dessus de son véhicule pour ne pas se faire repérer. En baissant le regard, il en profita pour observer attentivement les reliefs de la ville.
Il devait avouer qu'il était plutôt impatient à l'idée de combattre le crime aux côtés de Videl à nouveau. Même s'il ne pouvait se permettre de la rencontrer en tant que lui-même, il n'avait pas cette restriction quand il se changeait en super-héros. Ils pourraient même devenir amis. Il sourit à cette pensée.
Dommage qu'ils ne pourraient jamais être plus que ça, songea Gohan avant de pouvoir s'en empêcher. Cette pensée le fit rougir.
Bien assez tôt, il aperçut des voitures de police encerclant une banque au loin, et le jetcopter de Videl commença à descendre. Il fronça les sourcils derrière sa visière, sentant de nombreuses empreintes énergétiques à l'intérieur de la banque, la plupart d'entre elles étant terrifiées. Il y avait beaucoup d'otages. Gohan ne savait pas comment Videl gérait habituellement ce genre de situation, mais comme elle combattait le crime depuis des années, il se dit qu'elle devait savoir ce qu'elle faisait. Néanmoins, il pourrait tout de même s'avérer utile.
Elle était déjà en train de parler avec un policier haut gradé lorsque Gohan atterrit derrière eux. Ils se retournèrent au son de ses bottes qui claquèrent sur la chaussée.
- Saiyaman, dit Videl, les sourcils levés en signe de surprise.
Il esquissa un sourire. Elle avait enfin prononcé son nom de super-héros correctement.
- Bonjour, Videl. Capitaine, ajouta-t-il en faisant un signe de tête à l'homme en uniforme. Puis-je vous proposer mon aide ?
- Eh bien, comme je le disais à Videl, commença le capitaine de police, les braqueurs affirment avoir des explosifs.
Gohan serra les lèvres. Cela n'augurait rien de bon.
- Et ils nous disent de battre en retraite et de les laisser partir sans quoi ils vont tout faire sauter, continua Videl. Ils disent qu'ils ont attaché une bombe à l'un des otages.
- L'équipe d'intervention est en route, informa l'homme d'âge mûr. Mais au vu de la situation, je ne pense pas qu'on ait le choix. On doit faire ce qu'ils demandent. On ne peut pas risquer la vie des otages.
Gohan acquiesça d'un air grave.
- C'est une bonne chose que je sois là. Je vais m'assurer que personne ne soit blessé et je ne laisserai pas les criminels s'échapper.
Videl croisa les bras, une expression dubitative sur le visage.
- Et comment comptez-vous vous y prendre ? Si on essaye de les arrêter, ils vont faire sauter la bombe. Et on ne peut rien faire tant que l'équipe d'intervention n'est pas là.
- Laissez-moi m'occuper de la bombe, dit Gohan en plaçant une main contre sa poitrine. Et une fois que tout le monde sera en sécurité, nous pourrons attraper les braqueurs.
Elle fronça profondément les sourcils en le scrutant avec attention.
- Qu'entendez-vous par vous « occuper de la bombe » ? Vous savez comment désarmer un système d'explosifs ?"
- Ne vous en faites pas pour ça et laissez-moi m'en charger, fit Gohan, avant d'esquisser un sourire. Vous ne me prenez pas encore pour un super-vilain, si ?
Videl rougit et détourna les yeux.
- Bien sûr que non.
Elle croisa à nouveau son regard, l'air sérieux. Gohan sentit sa poitrine se serrer en voyant la méfiance dans ses yeux bleus qu'elle plissait en l'avisant.
- Mais le fait est qu'on ne vous connaît pas, et et on ne peut pas être sûrs de pouvoir vous faire confiance.
Il inclina la tête sur le côté.
- Avez-vous vraiment le choix là, maintenant ? Quand l'équipe d'intervention est-elle censée arriver ?"
Videl se pinça les lèvres. Il sut qu'elle ne trouvait rien à redire à cela.
- Il est vrai que nous ne savons rien de vous, acquiesça le capitaine. Mais nous ne pouvons nier à quel point vous avez été utile hier. Le chef de la police a encore des réserves à votre sujet, mais elle nous a dit de vous donner une chance de faire vos preuves. Il est certain que nous avons besoin de toute l'aide que nous pourrons obtenir, et la vôtre n'est pas des moindres.
- C'est bon à savoir, dit Gohan avec un sourire. Je promets de me montrer digne de votre confiance."
Le quarantenaire acquiesça et ils se serrèrent la main. Videl avait toujours les yeux plissés et les bras croisés cependant, sur la défensive. Elle n'était manifestement pas convaincue.
Gohan se tourna vers elle et lui tendit sa main gantée.
- Me donnerez-vous une chance de faire mes preuves, Videl ?
Le regard de la jeune combattante se baissa sur sa main tendue, l'observant avec précaution. Au final, elle soupira et détendit ses épaules, décroisant les bras pour serrer la main du superhéros.
- Très bien. Allez-y. C'est toujours mieux que d'attendre l'équipe d'intervention et de laisser une bande de criminels en liberté.
Gohan hocha la tête, serrant toujours la main de Videl. Il regretta un peu de porter des gants à cet instant, désirant à son insu toucher directement sa peau. Il retira rapidement sa main et se reprocha mentalement d'avoir eu de telles pensées. Il devait empêcher son esprit de s'égarer ainsi, surtout lorsqu'il devait se concentrer sur quelque chose de bien plus important que son béguin à la noix.
- Faites savoir aux braqueurs qu'ils peuvent partir, dit-il au capitaine de police. Une fois que j'en aurai fini avec la bombe, vous pourrez vous lancer à leur poursuite, et je vous rejoindrai au plus vite.
L'homme hocha la tête en signe de compréhension et utilisa sa radio pour informer son escouade de leur stratégie.
- Comment allez-vous désarmer la bombe ? demanda Videl. Vous en êtes vraiment capable ?
Gohan pouvait voir son esprit s'agiter dans sa façon de l'observer. Essayait-elle de trouver des indices sur qui il était vraiment ? C'était trop mignon.
Il lui adressa un sourire mystérieux.
- Pas tout à fait. Mais ne vous en faites pas, je sais ce que je fais.
Elle fronçait toujours les sourcils, visiblement mécontente qu'il soit resté vague dans ses réponses. Il estima qu'expliquer à Videl ce qu'il prévoyait réellement de faire n'était probablement pas une bonne idée. Elle ignorait totalement ce dont il était capable, et elle pourrait essayer de l'arrêter, pensant qu'il mettrait sa vie en danger. Il n'avait pas le temps de lui faire comprendre à quel point il était fort, ou de la convaincre qu'il ne risquait rien, alors mieux valait en rester là pour l'instant.
Les braqueurs sortirent de la banque. Gohan fronça profondément les sourcils en voyant qu'ils traînaient une otage avec eux alors qu'ils avaient attaché une bombe à un autre dans la banque. Ces gars-là ne laissaient rien au hasard. Même après qu'il se serait occupé de la bombe, les forces de police auraient du mal à les arrêter tant qu'ils garderaient une innocente en otage.
Ils filèrent dans leur jeep pour s'échapper. Gohan fit un signe de tête à Videl avant de se précipiter à l'intérieur de la banque, donnant l'impression de s'être volatilisé et d'avoir été remplacé par un courant d'air.
La jeune femme cligna des yeux à l'endroit où le super-héros s'était tenu un instant plus tôt. Comment était-ce possible d'être aussi rapide ? Ou bien était-ce de la téléportation ?
Se remettant de son étonnement, Videl se précipita dans la banque, se frayant un chemin parmi tous les autres otages qui se hâtaient de sortir pour s'éloigner le plus possible des explosifs. Saiyaman était accroupi devant le malheureux sur qui les braqueurs avaient choisi d'attacher leur bombe.
L'homme attrapa la main de Saiyaman, empêchant le super-héros de saisir la sangle et détacher la bombe autour de son torse.
- Faites pas ça, dit-il, les lèvres tremblantes. Si vous y touchez, ça va exploser.
- Je sais ce que je fais, affirma Saiyaman, le ton confiant, dénué de doute. Faites-moi confiance.
L'homme déglutit bruyamment.
- Je... j'ai des enfants, et une femme. Je ne peux pas mourir.
- Ça n'arrivera pas. Pas tant que je serai là.
L'otage lâcha la main de Saiyaman et ferma les yeux très fort, hochant la tête pour lui donner le feu vert.
- Qu'est-ce que vous allez faire ? ne put s'empêcher de demander Videl en faisant un pas en avant.
Saiyaman la regarda par-dessus son épaule.
- Pas le temps d'expliquer. Ayez confiance, tout va bien se passer.
Après qu'il eut prononcé cette phrase, tout se passa en un clin d'œil. Saiyaman détacha la bombe si rapidement qu'il lui fallut moins d'une seconde, et Videl eut à peine le temps d'écarquiller les yeux sous le choc de ce qu'il venait de faire qu'il était déjà hors de la banque et s'envolait au loin.
Une détonation lointaine retentit l'instant d'après, et la terre trembla. Videl parvint à maintenir son équilibre, son cœur s'affolant dans sa poitrine. Mais qu'avait fait Saiyaman ? Venait-il vraiment de... sacrifier sa propre vie pour sauver cet homme ? Ou se pourrait-il qu'il ait pu survivre à l'explosion ? Ou alors, il aurait balancé la bombe assez loin pour ne pas être pris dedans ? Il avait affirmé qu'il les aiderait à attraper les criminels dès qu'il aurait fini de « s'occuper de la bombe ». Il l'avait pensé, n'est-ce pas ? Il ne venait pas de mourir alors qu'il venait à peine de commencer sa carrière de super-héros, hein ?
Elle se rua dehors, incapable de supporter le tension. Elle devait savoir ce qui s'était passé, même si une partie d'elle redoutait ce qui l'attendait dehors.
Elle fut de nouveau capable de respirer, soulagée, tandis que le super-héros flottait vers le sol en s'époussetant. Son costume était déchiré par endroits et le bord de sa cape était roussi, mais à part cela, il semblait totalement indemne.
Avait-il réellement survécu à l'explosion d'une bombe ? Jusqu'à quel point cet homme était-il puissant ? Comment était-ce seulement possible ?
Il la repéra et sourit, lui tendant la main.
- Je vous dépose ? Je pense que la police va avoir besoin de notre aide pour arrêter les braqueurs vu qu'ils ont pris une otage avec eux.
Elle cligna des yeux et accepta sa main sans rien dire. Il l'attira à lui et la serra contre lui, passant un bras autour de sa taille. Elle remarqua distraitement que la partie découverte de son visage devint plus rouge. Il détourna sa tête casquée et se racla la gorge.
Videl ne put s'empêcher d'esquisser un sourire en coin. Était-il troublé de la tenir près de lui ? Le même homme qui venait d'être pris dans une explosion et qui s'en était sorti sans une égratignure ?
Sans un mot, il décolla en suivant le son des sirènes de police. Videl enroula ses bras autour de son cou tandis qu'il fendait le ciel. Elle contempla le paysage qui défilait à toute allure, clignant des yeux à cause du vent. Voler ainsi, avec seulement cet homme qui la tenait, c'était tellement différent que de piloter un avion. C'était... vivifiant.
Et ce n'était définitivement pas un tour de passe-passe. Elle tourna son attention vers la tête casquée du héros. Qui était donc ce Saiyaman ? Comment pouvait-il être si fort ? Comment ses pouvoirs pouvaient être réels ? D'où venait-il ? Comment un tel être pouvait seulement exister ? Dans les bandes dessinées, les super-héros venaient soit d'un autre monde, soit ils étaient le résultat d'un accident impliquant une d'expérience scientifique, sans parler de ceux qui consacraient simplement leur vie à s'entraîner pour être les plus forts possibles. C'était plutôt idiot de comparer la vie réelle aux personnages de bandes dessinées, mais c'était la seule source qui traitait de personnes comme le Great Saiyaman.
Elle mourrait d'envie de lui arracher son casque ridicule de la tête, mais Videl estima que ce n'était sans doute pas le meilleur moment pour ce genre de tentative. Ils devaient avant tout se concentrer à appréhender les criminels et sauver l'otage. Démasquer le nouveau super-héros de Satan City devrait attendre.
Les voitures de police poursuivaient toujours la jeep en fuite. Les braqueurs à l'arrière les mitraillent de coups de feu. Saiyaman plongea en piqué au moment où l'une des voitures de police fut touchée aux pneus et fit une embardée incontrôlable. Sans lâcher Videl, il atterrit sur le trottoir et stabilisa la voiture de sa main libre, la stoppant net dans son élan.
Videl était sous le choc. La main du superhéros avait même laissé une empreinte sur le capot de la voiture. Elle se souvint qu'il avait dit avoir arrêté le fourgon blindé hier et qu'il avait laissé l'empreinte de son pied sur le capot, mais assister à un tel exploit n'était pas la même chose qu'en entendre parler en passant.
Cet homme avait réellement arrêté une voiture d'une seule main, comme si ce de rien n'était, comme s'il venait d'attraper une simple balle. Videl releva la tête vers lui, ne pouvant s'empêcher de le fixer. Mais qui était cet homme ?
- Tout le monde va bien ? demanda-t-il aux policiers qui acquiescèrent depuis l'intérieur du véhicule.
Saiyaman hocha la tête à son tour avant de s'envoler à nouveau vers le ciel.
- Comment avez-vous fait ça ? ne put-elle se retenir de lui demander.
Il rit doucement.
- Vous me croiriez si je vous disais que je me suis juste énormément entraîné ?
- Que pensez-vous que j'ai fait toute ma vie ? Et je suis loin d'avoir votre niveau. Vous êtes une sorte... de surhomme.
Il tourna son attention vers l'avant. Ils avaient atteint la jeep en fuite des braqueurs.
- Je suppose que vous n'êtes pas très loin de la vérité.
Il plongea sur la route, survolant la jeep pour atterrir juste devant elle. Il stoppa net le véhicule avec son pied, projetant les braqueurs en avant et au-dessus d'eux sous l'impact, vu qu'ils n'avaient pas mis leur ceinture de sécurité. Malheureusement, l'otage ne s'était pas attachée non plus. Saiyaman réagit au quart de tour et, sans lâcher Videl, bondit et attrapa la femme dans son autre bras tandis que les criminels atterrissaient douloureusement sur le bitume.
Saiyaman les déposa toutes les deux sur la route et se tourna vers les malfaiteurs qui se remettaient sur pied, tandis que la civile fila se mettre à l'abri derrière la jeep. Videl secoua la tête pour se remettre de son étonnement devant les exploits du superhéros et fit également face aux hors-la-loi, se traits se durcissant tandis qu'elle serra les poings.
- Ils sont cinq, compta Saiyaman. On fait équipe ?
Elle sourit.
- Bah. Pourquoi pas.
ooOoo
Gohan avait du mal à se concentrer sur sa tâche. Son regard ne cessait de s'égarer sur Videl qui combattait deux criminels à la fois. Elle était si... gracieuse. La façon dont elle se mouvait, son savoir-faire, sa technique... Elle était vraiment une combattante épatante.
Il était tellement distrait à cause d'elle que l'un des criminels qui lui faisait face réussit à lui donner un coup de poing dans l'estomac. Le coup fit plus de mal au bandit qu'à lui, bien entendu, cependant Gohan cligna des yeux, choqué que l'un d'entre eux ait réussi à le toucher. Il fronça les sourcils et se força à se concentrer. Il était temps de mettre un terme à cette affaire.
Il saisit deux bras lancés vers lui et bloqua un coup de pied avec son genou, avant de pousser les deux hommes qu'il tenait à se heurter l'un contre l'autre et de donner un coup de pied dans le ventre du troisième dans le même élan. Les trois hommes s'effondrèrent instantanément.
Il regarda vers Videl, pour voir comment elle se débrouillait. L'un de ses adversaires était déjà à terre, et celui qui était encore debout n'avait pas l'air de pouvoir tenir encore bien longtemps.
Au moment où cette pensée quittait son esprit, Videl asséna un puissant uppercut au menton de l'homme, la force du coup le projetant plusieurs mètres en arrière.
Gohan sentit une boule se former dans sa gorge. Son visage brûlait. Pourquoi trouvait-il sa force et son habileté si attirantes ?
Les policiers approchèrent d'eux munis de menottes. Gohan secoua vivement la tête. Il supposait que son travail était terminé maintenant. Il pouvait aussi bien retourner à Capsule Corp.
- Saiyaman, attendez, l'appela Videl au moment où il était sur le point de s'envoler.
Il l'avisa par-dessus son épaule. Elle avança d'un pas.
- Pourriez-vous... me ramener ? J'ai laissé mon jetcopter près de la banque.
Il se frotta la nuque. Il ressentait un trouble rien qu'à l'idée de tenir Videl à nouveau contre lui. Il avait été assez audacieux tout à l'heure, de proposer à la jeune combattante de l'emmener avec lui, mais le geste lui avait paru logique sur le moment. Il était bien plus rapide que n'importe quel véhicule existant, et il savait que Videl n'aurait pas voulu être laissée à la traîne pour appréhender les criminels.
Il se racla la gorge.
- Euh, oui, d'accord.
Elle parcourut le reste de la distance jusqu'à lui et enroula ses bras autour de son cou. Gohan se sentit rougir. Sa respiration se fit plus laborieuse alors qu'il se retrouva noyé dans ses yeux profondément bleus qui le scrutaient. Elle était si près. Ce n'était pas une bonne idée. Il était bien trop attiré par elle.
Il détacha son regard d'elle et déglutit bruyamment. Sans qu'il le sache, Videl affichait un sourire amusé. C'est moi qui le rends aussi nerveux ?
- Alors ? On y va ?
Il hocha la tête et la souleva dans ses bras, glissant une main sous ses genoux tandis que l'autre s'enroula autour de son dos.
- On retourne à la banque, alors ? demanda-t-il en commençant à léviter.
Il était bien content que les équipes de journalistes n'étaient pas encore arrivées sur les lieux, sinon lui et Videl auraient fait la une des journaux à coup sûr dans cette position.
- Pourriez-vous me déposer à Capsule Corp. plutôt ? Mes amies doivent m'y attendre.
Il se tourna pour la regarder.
- Et votre jetcopter ?
- C'est pas un problème, fit-elle en haussant les épaules. La police pourra me le garder un peu, j'irai le récupérer plus tard.
Il devina que Videl devait avoir plus d'un moyen de transport.
- Très bien.
Au moins, de cette façon, il ne ferait pas de détour avant de regagner son lieu de travail.
Il décolla et vola à un rythme tranquille, ne voulant pas que le vent dérange sa passagère s'il allait trop vite.
Cette considération passa inaperçue, car Videl avait d'autres choses en tête. Elle n'en revenait pas de sa chance, que Saiyaman la porte à deux bras cette fois. C'était une opportunité qu'elle ne pouvait se permettre de gaspiller.
Mais, avec sa super-vitesse, elle supposait qu'elle ne pourrait pas aller bien loin si elle essayait de défaire l'attache de son casque. Même s'il avait un désavantage avec ses deux mains prises, elle n'était pas sûre de pouvoir ôter son casque de sa tête.
Il lui fallait de détourner son attention, décida-t-elle. Une idée commença à germer dans son esprit. Saiyaman était tout gêné rien qu'en la tenant près de lui... Videl n'avait pas l'habitude de recourir à ce genre de méthode, et elle n'aimait pas vraiment ça, mais elle serait bête de ne pas tenter le coup. Elle n'aurait certainement pas d'autre occasions ━ si elle échouait cette fois, il était peu probable que Saiyaman la laisse à nouveau l'approcher d'aussi près.
Elle fit tournoyer un doigt sur son torse d'une manière qu'elle espérait aguicheuse.
- Et sinon... vous avez une petite amie ?
Elle éprouva une certaine fierté lorsque le tout-puissant superhéros vacilla dans les airs pendant une seconde. Il se rattrapa rapidement et se tourna vers elle, la partie non couverte de son visage complètement cramoisie.
- Qu... Quoi ?
Elle sourit, se donnant l'air coquette, et fit courir ses doigts le long du pectoral saillant du héros jusqu'à sa clavicule.
- Je veux dire... vous êtes jeune, n'est-ce pas ? devina-t-elle, traçant le contour de sa bouche. Vous n'avez pas de rides, là. Et vous avez une mâchoire bien dessinée.
Elle fit glisser ses doigts le long de sa mâchoire en disant cela.
- Je parie que vous être très séduisant sous ce casque ridicule. J'ai tort ?
Elle appréciait la façon dont il était complètement figé face à ses avances. Et il rougissait tellement. Ses lèvres étaient entrouvertes, tremblantes, et des respirations rapides et saccadées s'en échappaient.
Parfait. Discrètement, elle chercha l'attache de son casque sur le côté de sa mâchoire. Il n'eut pas l'air de le remarquer. Videl aurait pu se donner une tape dans le dos pour se féliciter. Qui aurait cru qu'elle était si habile pour flirter ? Elle n'en avait assurément pas l'habitude, mais ça avait fait l'affaire. Tant que l'attention de Saiyaman était sur elle, et non sur ce qu'elle tripotait, dans quelques instants, c'était ses yeux qui la fixeraient à la place de la visière noire de son casque.
Elle réduisit l'espace entre eux, afin de garder son attention détournée tout en essayant de ne pas se faire surprendre pendant qu'elle défaisait l'attache de son casque. Videl se sentit rougir malgré elle lorsque leurs lèvres furent à quelques centimètres seulement. Sa respiration s'accéléra. Elle déglutit.
- V... Videl ? croassa-t-il.
Elle se surprit à fixer ses lèvres. Sa gorge se serra. Ce n'était qu'une réaction physique, raisonna-t-elle. Elle était une femme après tout, et Saiyaman était un homme fort et musclé dont la bouche était particulièrement attrayante.
Clic. Videl se mordit la lèvre, espérant que Saiyaman n'avait pas remarqué le bruit qu'elle avait fait en défaisant l'attache. Elle saisit alors le casque des deux mains ━ si elle voulait y arriver, elle devait agir vite et ne pas laisser à Saiyaman le temps de l'arrêter.
- Att... Qu... ?
Elle aperçut à peine le bout de son nez que le super-héros recula brusquement la tête et tendit les bras devant lui pour la maintenir hors de portée. La sangle de son casque pendait depuis le côté de sa mâchoire.
Videl se renfrogna. Si près du but !
- Vous... Vous vous êtes joué de moi.
Elle ne put s'empêcher d'avoir un sourire en coin.
- Vous ne pouvez pas m'en vouloir d'avoir tenter ma chance.
Il déglutit difficilement.
- Alors, à l'instant... vous jouiez la comédie ?
Elle tenta de saisir son casque, mais les bras du Saiyaman étaient plus longs que les siens et ses efforts furent vains.
- Quoi, vous êtes déçu ?
Il se pinça les lèvres et se détourna. Videl se sentait un peu coupable de l'avoir induit en erreur. Elle ne voyait peut-être pas grand-chose de son visage, mais elle pouvait deviner qu'il était fâché qu'elle l'ait mené en bateau.
- Laissez tomber. Allons-y.
Il la déplaça entre ses bras pour n'en utiliser qu'un en la tenant contre lui, et referma l'attache de son casque de sa main désormais libre.
- Et ne refaites pas ça, ajouta-t-il.
- Ça, je ne peux pas le promettre, sourit-elle, une pointe d'amusement brillant dans ses yeux. Ce n'est pas parce que j'ai échoué que je vais arrêter d'essayer de vous démasquer, Saiyaman.
Il eut un petit rire. Ses épaules semblaient se relâcher.
- Je vois. Je suppose que je vais devoir rester sur mes gardes, hein ?
Il reprit la route, plus rapidement cette fois. Videl observa son casque, se demandant à quoi il ressemblait, et si, effectivement, il était bel homme là-dessous. Son regard se posa une fois de plus sur sa bouche, et Videl sentit son visage s'échauffer. Elle détourna rapidement les yeux.
Le dôme géant qu'était Capsule Corp. apparut bientôt. Saiyaman se posa dans une ruelle tranquille à proximité, cherchant visiblement à ne pas attirer l'attention, et la relâcha.
- Merci pour la balade, dit-elle. Mais ne croyez pas que j'en aie terminé avec vous. Je finirai bien par découvrir qui vous êtes, d'une manière ou d'une autre.
Il rit.
- Bonne chance alors.
Il se retourna, se préparant à décoller, quand la voix de Videl le retint.
- Et juste pour info, dit-elle.
Il l'avisa par-dessus son épaule, attendant qu'elle continue. Elle rougit et se tripota les cheveux.
- Tout à l'heure... c'est vrai que je jouais la comédie, mais pas entièrement. Je tenais à ce que vous le sachiez.
Saiyaman demeura silencieux, son expression impossible à lire à cause de son casque qui faisait obstacle.
- Bien.
Sur ce, le superhéros se détourna et prit son envol. Videl n'était pas sûre pourquoi elle avait ressenti le besoin de lui faire cette précision, et elle ne savait pas vraiment quoi penser de la réaction de Saiyaman.
Quoi qu'il en soit, il semblait qu'elle venait de se trouver un nouveau passe-temps.
Sur le toit d'un immeuble environnant, et fraîchement débarrassé de son déguisement, Gohan regardait la jeune femme le sourire aux lèvres. Il pressentait que Videl allait rendre sa vie nettement plus intéressante.
J'ai mis un peu plus longtemps que je pensais pour traduire le chapitre. Même avec DeepL, c'est pas si facile et c'est long à finir ! Sans parler des relectures... Enfin, ça en vaut la peine parce que cette fic est géniale, je l'adore, et je peux en faire profiter plus de lecteurs ! Serieux, je kiff trop, j'arrête pas de la relire mdr xDD
J'espère que vous aussi vous prenez plaisir à la lire ! N'oubliez pas de me laisser une petite review s'il vous plaît ! :D En plus c'était mon anniversaire cette semaine - ce serait cool d'avoir des reviews en cadeau haha.
3 septembre 2021
