Saluuuut !

Ca n'a pas manqué le retour à la vie réelle n'a pas été très positif pour l'avancement de mes fanfictions. J'espère que vous ne m'en voulez pas trop d'avoir pris du retard et que ce troisième chapitre vous plaira !

Bisous doux !

Réponses aux reviews :

Liby-7 : ah je suis trop contente que ce chapitre t'es plu ! J'ai dû mal m'exprimer dedans par contre, ses cicatrices sont liées au fait qu'il éteint ses cigarettes directement sur sa peau pour expier le fait de se pourrir les poumons et il lui dit qu'il est gaucher parce qu'il n'a brisé que sa chaîne droite (eheh le petit farceur dis donc)

KisaAkisara :rooooooh tu vas me faire rougir ! ça me fait super plaisir que l'histoire t'emballes autant et qu'en plus ça colle avec ton genre de prédilection. J'espère que la suite te plaira aussi !

Guest : Merci ! La suite aussi ? :)))

KitKat : Déjà j'adore ton pseudo. C'est un vrai plaisir de lire tes petites hypothèses sur l'histoire, je ne te dévoile rien parce que secret professionnel mais tu auras des réponses à toutes tes questions en temps voulu promis. Itachi fera bien parti du panel sélectionné pour les entretiens mais pas tout de suite. En ce qui concerne Sasuke, je pense le mentionner mais je ne sais pas encore si je vais l'intégrer "physiquement" (c'est bizarre dis comme ça non ?) dans les chapitres. Je suis ravie que tu me lises en tout cas, c'est du bonheur de lire tes retours.

Katoo77 : Merciiiiiiii, c'est carrément génial de savoir que ça plait en tout cas !


Aparté 2 – Danzo

La vie au bloc 64 était routinière.

La lumière s'allumait dans un cliquetis hésitant qui se réverbérait dans les centaines de pièces et couloirs. Un grand grésillement suivit du claquement simultané de dizaines de portes annonçait la ronde matinale des garnisons. Leur allure synchronisée quand ils marchaient au pas s'éloignait et se rapprochait du bureau d'Hinata à trois reprises.

Elle écoutait les yeux ouverts, ses mains agrippées au bord du drap.

Le silence revenait comme s'ils avaient disparu. Elle inspirait une grande goulée de l'air empreint de javel. Une petite femme replète passait une heure avant la fin du couvre-feu et en tartinait chiotte et évier polluant l'odeur des premières heures d'éveil de l'occupante.

La psychiatre s'asseyait toujours en direction de la porte. Elle comptait jusqu'à dix puis soulevait son matelas où une petite réserve de serviettes illégales continuaient de résister aux inspections de ses geôliers. A la photo, la jeune femme avait pris soin d'ajouter d'autres notes. Certaines contenaient des éléments factuels, d'autres s'apparentaient à des pages de journal intime relatant les faits dont elle avait été témoin, plus récemment elle avait emballé des craies blanches. Cet examen terminé, Hinata inspirait une seconde fois et immanquablement sentait la tension dans son corps se détendre. Elle s'empressait alors de rabattre le matelas et prenait sa première toilette de la journée.

Ino lui avait offert un gant rose usé pour faciliter l'opération ce qui n'empêchait pas Hinata de serrer les dents en sentant la javel mal essuyée abraser sa peau. Il lui fallait une dizaine de minutes pour sécher au contact de l'air libre, un temps qu'elle occupait en brossant ses dents et en coiffant maladroitement ses cheveux du bout des doigts. Plonger dans ses vêtements était de loin une des plus belles récompenses de la journée. Pour une raison obscure, c'était les seuls biens personnels qu'on l'avait explicitement autorisée à conserver. Les enfiler insufflait à la jeune femme un peu de force. Elle se rappelait les boutiques et les emballages multicolores d'où ils provenaient.

Hinata Hyuga s'autorisait pourtant peu de nostalgie. Il lui semblait que la vie qu'elle menait ici accaparer toute son énergie. Elle ouvrit le couvercle de son premier repas et se força à le terminer. Chaque geste était plus pesant ici, combattre l'apathie était une lutte de tous les instants. Elle bascula couverts et barquette dans la poubelle jaune avant d'inscrire la date dans le coin supérieur d'une page vierge du bloc. Peu de ses questions trouvaient des réponses et elle était de toute évidence trop polie pour insister auprès des infirmières qui esquivaient habilement ses tentatives d'en savoir plus. En deux semaines, elle avait eu le temps de rencontrer la quasi-totalité de ses patients et d'étayer leur profil respectif. L'odeur de la javel était vraiment insupportable et l'envie de rendre le curry juste avalé difficile à enrayer.

Travailler n'aidait pas.

Au contraire, Hinata Hyuga bataillait des heures durant avec ses notes et les images qui y étaient raccrochées. Personne ne lui avait dit en quoi consistait son travail depuis qu'elle était arrivée. Elle se bornait donc aux documents qu'on lui avait remis préalablement : établir le profil psychologique détaillé de chacun des meurtriers et en apprendre plus sur le lien qui les unissait entre eux. Cependant, sans retour et contrainte de tout faire manuellement, la jeune femme avait non seulement le sentiment d'être lâchée à l'aveuglette mais aussi de perdre beaucoup trop de temps. La cloque à son index droit témoignait de l'entêtement patient qu'elle mettait à la tâche. Studieuse à défaut d'être brillante, Hinata Hyuga progressait avec lenteur sans pouvoir se défaire de l'idée qu'un homme plus expérimenté aurait su tirer des conclusions bien meilleures que les siennes.

Pendant un moment qui correspondait d'après ses calculs au milieu de la journée, une infirmière passait les bras chargées de denrées de contrebande : cigarettes, bonbons, crayons multicolores, échantillons de parfum et parfois même une flasque de mauvais gin. Ce laps de temps où Hinata vivait son seul contact humain de la journée en dehors des consultations, elle l'avait généreusement baptisé « l'entracte ». La plupart des biens étaient gratuits à condition de se servir avec parcimonie, d'autres en revanche ne pouvait s'acquérir que par le troc. C'est ainsi que la brune avait consenti à se séparer de deux culottes en dentelle contre une paire de ciseaux. Il faut dire que ce genre de coquetterie n'avait plus beaucoup de sens ici.

La brune refusa les clopes que l'infirmière aux cheveux rouge vif, une certaine Karin, lui tendait. L'autre roula des yeux en maugréant quelque chose au sujet de son inaptitude à la socialisation. C'était une remarque devenue familière, le fumoir étant de loin le lieu le plus propice pour faire des rencontres d'après ce qu'elle avait compris. Après avoir récupéré une demi-tablette de chocolat et échangé une jupe de tailleur contre un briquet, Hinata fit mine de s'intéresser à la vie de Karin pour échapper aux yeux noirs soupçonneux dardaient sur elle. Peu passionnée par les mondanités, la rousse la prévint rendez-vous avec le patron ce soir avant de partir dans un claquement de talons.

Personne n'appelait Hiruzen Sarutobi le patron.

Dans cet endroit c'était le seul qui avait droit à la distinction respectueuse de « Monsieur ». Certaines infirmières appelaient la Hyuga « Madame » mais elle avait fini par comprendre que c'était un égard hypocrite à sa position supérieure dans la hiérarchie du bloc.

La brune expira de façon résignée, les yeux clos. Les choses allaient plus vite que prévu. Elle souleva de nouveau le matelas et collecta toutes les notes et images qui y étaient dissimulées. Hinata les étala sur le sol face à elle et les scruta avec attention pendant cinq bonnes minutes. Puis elle en fit un petit tas auquel elle mit feu sans état d'âme apparent. Le visage de sa sœur lui sourit une dernière fois avant que la fumée noire ne l'oblige à rabattre le tissu de son col roulé au-dessus des yeux pour se protéger. Comme pour l'odeur de la javel, il fallut plus d'une heure à la fumée et son odeur pour s'évacuer correctement. Un temps que la brune occupât en mouillant un t-shirt pour en faire un filtre plus efficace aux particules toxiques emmagasinées dans l'air opaque de la pièce.

Impassiblement, la brune s'attabla ensuite à son bureau où elle compléta quelques notes et s'autorisa une ou deux conjectures sur l'état mental de ses patients et un réseau organisé du crime.

La porte s'ouvrit sur deux hommes en uniforme. Le plus grand d'entre eux l'invita à sortir d'un geste pendant que l'autre entrait dans la pièce d'une démarche martiale. Elle eut à peine le temps de le voir soulever le matelas avant qu'on ne lui couvre le visage avec un sac en tissus opaque.

On la fit marcher longtemps et surtout sans un mot. Hinata ne réussit pas à calmer son pouls irrégulier. Elle éprouvait des difficultés à se concentrer sur son environnement. Immanquablement, elle finit par se heurter au garde dont le cliquetis des bottes s'était arrêté depuis déjà un moment. Le bruit d'une porte qu'on déverrouille puis la sensation d'être jetée en avant par deux mains étrangères suffirent à la faire buter sur le rebord de la porte.

C'est en aveugle et à quatre pattes qu'elle fit la connaissance d'une figure majeure du bloc 64 : Danzô.

« Docteur Hyuga, quel plaisir que vous ayez pu répondre à mon invitation. »

La voix enrouée et grave lui était inconnue. Elle semblait émanée d'un homme à plusieurs mètres de là où elle se trouvait. La porte se referma brutalement alors qu'Hinata tentait péniblement de se relever toujours plongée dans l'obscurité. Le rire sec de son interlocuteur lui hérissa la peau. Deux mains très fines lui ôtèrent finalement sa cagoule et Hinata garda obstinément les yeux baissés.

La pièce était la plus grande qu'elle ait vu jusqu'alors. C'était aussi la mieux aménagée. Même si les murs et le sol était tout aussi vétustes que dans le reste du bloc, l'ameublement avait été soigné. Ainsi un salon avec deux grands fauteuils en velours bleu et une petite table au plateau cristallin occupée une partie de la pièce. Contre le mur opposé, un grand bar en acajou était appuyé, il s'y trouvait une carafe en cristal de whisky et des verres destinés à l'usage spécifique de cette boisson. Un gramophone magnifique avec une corne dorée était situé dans l'angle droit de la pièce et un immense tapis brodé or et brun apportait un cachet presque ostentatoire au lieu.

« Vous êtes bien amochée Docteur Hyuga. Donne-lui donc un peu de glace Sai. »

L'homme qui l'avait emmenée jusqu'ici s'obtempéra et se rendit en direction du bar dont il ouvrit les placards sans hésitation.

Hinata se focalisa sur l'homme qui était à l'origine de cette entrevue s'appliquant à ne pas le regarder directement dans les yeux. Il dégageait une prestance naturelle que sa tenue d'apparat soulignée : un uniforme kaki paré de médailles cliquantes et des bottes à crampons maculées de boue séchée.

La sensation violente de la glace pressée contre sa joue tuméfiée lui arracha un glapissement endolori.

« Vous êtes bien silencieuse Docteur Hyuga. Je vous en prie, mettez-vous à votre aise, prenez un siège. »

Il avait beau y mettre quantité de formes, quelque chose d'agressif se dégageait de la silhouette du vieil homme. Le garde demeuré avec eux la fit asseoir d'une simple pression sur ses épaules. Le contact du fauteuil rembourré rappela à Hinata que cela faisait longtemps qu'elle n'avait rien expérimenté qui puisse porter le qualificatif de confortable. Le patron fit le tour du salon pour aller servir deux verres de liquide ambré. Alors qu'il débouchait la carafe en cristal, il reprit la parole.

« Je vous présente mes excuses, nous n'avons pas encore été présenté. Je suis Danzô Shimura, le véritable directeur du bloc. Cet emploi que vous avez accepté avec tant de véhémence, c'était entièrement mon idée. »

Il n'était pas difficile de cerner la fierté et l'arrogance qu'il tirait de sa position, même officieuse. Hinata s'humecta les lèvres, considérant ses options.

« Enchantée, je m'appelle Hinata Hyuga. Sous votre respect Monsieur Shimura, c'est Monsieur Sarutobi qui m'a fait cette offre d'emploi. »

La crispation de son vis-à-vis chargea l'air d'électricité et la sensation que ce dernier se contenait depuis le départ s'accentua.

« J'aurais apprécié un peu plus de chaleur mais je suppose que c'était trop en attendre de la petite noblesse de Konoha. »

Le venin avec lequel il rétorqua aurait passé l'envie à n'importe qui de répondre. Hinata baissa un peu plus la tête, les mains docilement à plat sur ses genoux et s'enquit d'une voie chargée d'innocence :

« Je suis navrée de vous donner cette impression Monsieur Shimura, je suis au contraire très reconnaissante de pouvoir faire votre connaissance. »

Danzô laissa échapper un claquement de langue sec traduisant son mécontentement. Il luttait activement pour maintenir le semblant de civilités que la vie au bloc ne lui avait pas fait oublier.

« Très bien, si votre reconnaissance est sincère, pouvez-vous m'expliquer la lenteur exaspérante de votre travail. »

Il n'y avait pas une once d'interrogation dans le ton acerbe adopté. Il vint s'asseoir face à Hinata sans même attendre de la jeune femme qu'elle décline son verre pour le vider dans le sien. Le tapotement des doigts son interlocuteur sur le plateau de cristal traduisait un étrange compte à rebours.

« En l'état des choses, je ne peux vous communiquez de rapport satisfaisant Monsieur Shimura. J'ai à cœur ce travail, aussi l'idée de vous partager un dossier incomplet ne me convient pas. »

Hinata ne se cacha pas derrière son manque d'expérience. Elle n'évoqua pas le fait pourtant évident que l'étude d'un psychiatre passait par la collaboration active du patient. Elle s'abstint de faire mention qu'une quinzaine de jours était, à tous les égards, un intervalle de temps bien trop mince par rapport à la tâche qui lui avait été confiée.

Danzô eut un nouvel éclat de rire froid qui se mua en quinte de toux. La brune fut assez surprise pour oser relever les yeux. La vision de ce visage dévoré par des bandages neufs et couturé de cicatrices se grava en elle. Il avait des yeux plissés de vieillard avec des cernes pochés en-dessous et des lèvres sèches qui s'effritaient malgré le whisky. Sans l'aura suffocante qui émanait de lui, c'était juste une relique sur le point de disparaitre. Derrière lui, Sai ressemblait à une poupée de marbre au garde à vous ou une énième infirmière.

« Est-ce que vous avez eu le temps de vous figurer quel était le véritable objectif du bloc Docteur Hyuga ? »

Hinata baissa à nouveau le regard, connaissant sa place.

« J'ai formulé l'hypothèse qu'il ne s'agissait pas simplement de soins et d'étude. »

Égale à elle-même, Hinata laissa paraître une légère anxiété à travers le flou qui entourait sa réponse. Danzô sembla y voir un signe d'intelligence et un mince sourire traversa ses bandages.

« Vous formulez bien. Cet endroit n'a pas des objectifs aussi fastidieux et superficiels qu'une impossible guérison ou encore satisfaire la curiosité étriquée des savants. Ici, nous sommes sérieux. »

Son dédain pour la couverture officielle du bloc était glaçant. La psychiatre s'enfonça un peu plus dans le dossier molletonné, nerveuse.

« Nous sommes ici pour assurer la survie du village de Konoha, que dis-je, du monde. Et cela passe par des résultats. Vous comprenez le sens du mot résultat Docteur Hyuga n'est-ce pas ? »

Il avait étendu ses bras comme si sa prétention s'étendait effectivement bien au-delà de l'acier trempé des parois du bloc. Hinata détaillait les branches florales du tapis ayant saisi que la dernière question était parfaitement rhétorique. Danzô finit son verre d'une traite avant de le reposer sur la table avec une brutalité devenue trop familière à la brune.

« Je vous donne trois semaines pour connaître la localisation des autres tueurs. Si vous échouez, nous reverrons votre rang dans la hiérarchie du bloc. Me suis-je bien fait comprendre Docteur Hyuga ?

Oui Monsieur Shimura.

Très bien, vous pouvez disposer alors. »

Et sans préavis sa vision fut de nouveau occultée par la cagoule.

Hinata ne parvint pas non plus à se concentrer sur le chemin du retour, elle était obsédée par la vision des bottes sales de Danzô Shimura.


Fin du deuxième aparté (et de son lot d'avancement dans l'intrigue), j'espère que vous aimez toujours la façon dont c'est amené et que vous êtes prêt à lire (dans pas trop longtemps j'espère aussi ahah), le deuxième entretien intitulé : Confession d'un pantin de chair.

J'attends vos retours qui sont toujours magiques et merveilleux (ainsi qu'un carburant premier choix dans ma motivation à écrire), merci pour vos ajouts en favoris et à ceux qui suivent. Vous êtes chouette !

Bisous doux,

Cap'