Luffy

Garp retient difficilement un grognement lorsque son petit-fils poussa un lourd soupire, le dixième durant les cinq dernières minutes. Du haut de ses sept ans, Luffy avait parfaitement comprit comment montrer son mécontentement. Depuis que le vieil l'homme l'a installé de force dans la voiture il boudait, se plaignait et soupirait à répétition. Lorsque le petit garçon recommença, Garp le fixa à travers le rétroviseur.

-Tu vas arrêter, oui ?!

-Nan ! Je ne veux pas partir !

-Je ne te laisse pas le choix gamin ! Tu réfléchiras la prochaine fois que tu auras faim !

Il tourna brusquement à droite, faisant se plaindre Luffy. Avec tout ça, il avait oublié de surveiller la route. Il s'engagea sur un chemin de terre chaotique qui s'enfonçait dans la forêt. Le petit garçon fixa les arbres gigantesques par la fenêtre. N'importe quel enfant de son âge aurait été effrayé par ce lieu, mais pas lui. Il n'avait peur de rien !

-Où on va grand-père ?

-Quelque part où tu seras en sécurité ?

-Pourquoi je ne peux pas rester avec toi ?

-Je ne peux plus te protéger maintenant. Il faut que tu partes ailleurs avant qu'ils ne viennent te chercher.

Garp ralenti la voiture, car la route n'était pas très sûre. Il jetait de temps à autre un regard à son petit-fils, qui balançait ses jambes en fredonnant une chanson. Il ne semblait pas conscient du danger qui le guette… Garp veillait aussi à ce qu'ils ne soient pas suivis, mais heureusement ce ne fut pas le cas. Ils étaient seul sur ce chemin escarpé. Luffy cessa alors de chanter et demanda.

-Pourquoi je suis en danger ?

-Parce que tu as mangé le fruit que tu as volé à cet imbécile de Shanks.

-Shanks est pas un imbécile !

-Si, il l'est ! Ne contredit pas ton grand-père !

-C'est toi l'imbécile.

-Sale gamin ! Tu as de la chance que je conduis !

Marmonnant dans sa barbe, Garp reporta son attention devant lui tandis que Luffy boudait encore à l'arrière. Il y a quelques jours de cela, un groupe de Révolutionnaires s'est arrêtés dans leur village. Garp étant un héros de la marine, le gouvernement ne s'intéressait pas trop à ce qui s'y déroulait. D'autant plus que la base marine l'a plus proche était à deux jours en voiture. Shanks l'avait donc choisi pour faire escale avec son groupe, et Luffy l'avait rencontré.

Ils étaient devenus ami, et Shanks avait même sauvé la vie de Luffy d'un bandit de passage qui voulait profiter de la proximité de la ville avec l'armée pour voler quelques biens. Le roux a perdu son bras dans la bataille, mais ça n'avait pas eu l'air de le déranger. Il avait donné son chapeau de paille à Luffy, disant qu'il viendrait le récupérer quand le monde aura changé. Il était parti en oubliant malheureusement ce qu'il était allé chercher avec son équipe : un fruit de démon.

Luffy l'a trouvé et l'a mangé.

Quand Garp l'a appris, il est passé par toutes les couleurs, avant de passer à Luffy le savon de sa vie. Le petit avait eu bien du mal à comprendre ce qu'il avait fait de mal. Il s'agissait d'un accident, il ne pensait pas que manger ce drôle de fruit était interdit. Les villageois promirent de garder le secret sur Luffy, mais leur village n'était pas écarté de la « zone de chasse ». Garp avait alors dû prendre une décision, pour éviter que son petit-fils soit capturé.

-Écoute-moi bien Luffy, dit-il. Tu dois rester discret maintenant.

-Pourquoi ?

-Le pouvoir que tu possèdes, il y a des hommes méchants qui le veulent. Donc tu ne dois en parler à personne.

-D'accord ! Je ne dirai rien !

Garp soupira de soulagement. Il avait compris. Quand il s'est retrouvé à devoir élever seul son petit-fils, il a décidé de faire de lui un marin. C'était le seul moyen de le préserver de la violence de leur monde. Luffy avait toujours refusé, mais Garp ne voulait pas céder. Cependant, maintenant que Luffy a un pouvoir, il devait reconsidérer sa décision. Il savait mieux que personne comment sont traités ceux qui possèdent un pouvoir. Il ne voulait pas cette vie pour son petit-fils. Alors il a choisi de faire comme tant d'autres personnes : le cacher du gouvernement.

-On est arrivé Luffy.

Il stoppa la voiture devant une vieille maison. Faites de bois, sauf un mur plus ancien fait en pierre, il était étonnant qu'elle tienne encore debout. Il y avait des trous partout. Certaines tuiles du toit étaient noircies, comme brûlées. Il n'y avait plus de porte, juste un grand rideau rouge pour la remplacer. La fenêtre était brisée, et un vêtement a été étendu pour boucher le trou. Il y avait des marques noires dans l'herbe et sur les planches de bois qui constitue cette barraque pourrie jusqu'aux fondations. Luffy sortit de la voiture et ne put s'empêcher de crier.

-Elle est moche cette maison !

-Dadan, hurle Garp. Sort d'ici avant que je vienne te chercher.

Il y eu des bruits de casseroles qui tombent par terre, ainsi que des chuchotements. Puis, le rideau fut tiré et une femme apparut, l'air gênée, une cigarette dans la bouche. Ses cheveux longs, roux et bouclés tombèrent en cascade dans son dos. Sa forte corpulence la rendait imposante, mais elle avait l'air effrayée en voyant Garp, ce que Luffy trouvait très drôle.

-Q… Quoi ? Qu'est-ce que tu veux ?!

-J'ai un autre gamin à te confier.

-Hein ?!

-Je te présente Luffy. Dit bonjour Luffy.

-Salut !

Dadan lui jeta un regard noir, puis fit un pas en arrière, les bras croisés devant elle. Il était hors de question qu'elle accepte un marmot de plus dans sa barraque. Cette dernière va s'effondrer sinon ! Elle pouvait être gentille, mais il ne fallait pas abuser ! En plus, a bien regardé le petit, il devait être aussi chiant que les deux autres !

-Je refuse Garp ! C'est hors de question ! J'ai déjà bien assez de bouches à nourrir !

-Dois-je te rappeler grâce à qui tu es encore là pour protester ?

-Espèce de…

Elle retient l'insulte de franchir ses lèvres juste à temps. Elle et sa bande étaient d'ancien criminels. Si le gouvernement ne les a pas arrêtés, c'est uniquement grâce à Garp. En échange, elle s'occupe des enfants qu'il lui confie. Elle poussa un soupire de défaite, parce qu'elle ne pouvait rien faite contre cet argument, puis demanda.

-Il sort d'où celui-là ?

-C'est mon petit-fils.

-Sérieux ?!

-Il s'est passé… Beaucoup de choses… Mais maintenant j'ai besoin que tu le protège.

Dadan voulu protester à nouveau, mais en voyant le regard du vieil homme, elle ne put que hocher la tête. Garp s'accroupit devant Luffy, l'attrapant par les épaules. Le petit garçon cligna des yeux, ne comprenant pas pourquoi son grand-père avait soudain l'air sérieux et triste.

-Luffy, écoute… Tu dois me promettre d'être prudent, et de rester ici. Je viendrai te voir.

-D'accord…

-Je veux que tu comprennes que tu n'as rien fait de mal ! C'est pour ta sécurité. Mais je suis sûr que tu seras heureux ici, malgré tout.

Il ébouriffa les cheveux de l'enfant en souriant, puis se redressa. Luffy le regarda monter dans la voiture et partir. Bien qu'il ne le montrât pas, il était un peu triste de devoir quitter son village pour venir dans un endroit qu'il ne connait pas, avec des gens bizarres. Mais il avait promis d'être sage, et de rester ici, alors il le fera. Dadan grogna de mécontentement, puis fit volte-face, se dirigeant vers la maison. Elle fit signe à Luffy de la suivre et il lui emboîta le pas.

-Bon, on va mettre les choses au clair gamin. Ici, il faut se battre pour vivre.

-D'accord.

-D'accord ?! Tss… Peu importe. Il y a un truc que tu dois savoir. Tu n'es pas le seul gamin ici. Il y en a deux autres.

Luffy sourit à cette nouvelle. Il était content d'apprendre qu'il serait avec d'autres enfants. Dadan lui expliqua qu'ils avaient trois ans de plus que lui. Elle lui fit visiter la maison rapidement, terminant par une petite pièce au fond du couloir. Elle ouvrit la porte et le poussa à l'intérieur.

-Entre-tuez-vous !

-Elle est bizarre elle, gémit Luffy.

-T'es qui toi ?

Luffy leva les yeux, apercevant deux garçons qui le fixent. L'un d'eux s'est approché de lui. Il avait les cheveux blonds et il lui souriait gentiment. Le deuxième se tenait plus à l'écart, méfiant. Il avait des cheveux noirs et des taches de rousseur. Luffy se leva et s'exclama, souriant de toutes ses dents.

-Je m'appelle Monkey D Luffy ! Papi m'a laissé ici !

-Papi, demande le blond. Tu parles de Garp ?

Luffy acquiesça.

-Je vois… Moi c'est Sabo ! Et le grincheux là-bas, c'est Ace.

-Je ne suis pas grincheux, marmonna Ace.

Sabo l'ignora, demandant à Luffy s'il avait des affaires avec lui. Le brun secoua négativement la tête, expliquant que son grand-père ne lui avait pas laissé le temps d'emmener quoi que ce soit avec lui. Le blond cligna des yeux plusieurs fois, avant de sourire, gêné.

-Je suppose qu'il reviendra demain…

-Il va vraiment rester ici, proteste Ace.

-Si Dadan a accepté, c'est qu'il y a une raison !

-Elle a juste peur du vieux.

-Je suis là parce que j'ai mangé un truc interdit, explique Luffy.

Pour prouver ses dires, il tira sur sa joue, l'étirant autant que le lui permettait son bras. Les deux garçons écarquillèrent les yeux, surprit. Pensant qu'il devrait en montrer plus, Luffy étira ses bras jusqu'à une poutre au plafond, se propulsant pour se retrouver à cheval dessus.

-Vous voyez !

-Impressionnant, souffle le blond. Il est devenu élastique.

Luffy ricana, mais perdit l'équilibre et tomba. Paniqué, Sabo et Ace se jetèrent tous les deux en avant, se fracassant la tête l'un contre l'autre avant que le petit brun ne leur tombe dessus. Remit de sa frayeur, Luffy explosa de rire, avant de se prendre un coup de poing par les deux autres à l'arrière de la tête.

-Tu ne peux pas faire attention, grogne Ace.

-Tu aurais pu te faire mal, ajoute Sabo.

-Désolé…

Ace lui jetant un dernier regard, avant d'aller s'assoir près de la fenêtre. Sabo soupira d'exaspération, avant d'aider Luffy à se relever. Le plus jeune chercha des yeux son chapeau de paille, qui était tombé de sa tête dans sa chute. Il l'aperçut plus loin et s'empressa de le récupérer. Il se retourna ensuite pour s'adresser à Sabo.

-Tu es là pour quoi ?

-Je viens d'une famille de noble. Mes parents sont proches des Shichibukai, mais je ne partage pas leur avis alors je me suis enfuit et caché ici.

-Waouh ! Et toi Ace ?

-Ça ne te regarde pas.

Sabo fit signe à Luffy de l'ignorer, puis se pencha pour lui parler à voix basse.

-Il n'est pas de bonne humeur, laisse tomber.

-J'ai fait quelque chose de mal ?

-Non. Il est juste désagréable.

Ace lui tira la langue, mais le blond l'ignora. Il proposa plutôt à Luffy de s'installer, lui montrant leur lit de fortune. Il s'agissait de plusieurs couvertures étendues sur le sol, avec une pile d'oreiller, mais Luffy semblait content d'avoir un endroit pour dormir. Ils s'assirent en tailleur sur les couvertures, l'un en face de l'autre.

-Bon. Maintenant que tu es avec nous, tu fais partit de notre famille.

-Super !

-Tu es notre petit frère ! Par conséquent, on doit se protéger les uns les autres.

-D'accord ! C'est trop génial, je n'ai jamais eu de frère avant !

Sabo rit et Ace leva les yeux au ciel. Luffy lui jeta un regard, puis se pencha vers le blond, demandant d'une petite voix, pour être sûr de ne pas être entendu.

-Tu peux me dire pourquoi il est là, ou il ne veut pas te le dire à toi non plus ?

-D'accord, mais tu le garde pour toi, et tu n'en parles pas devant lui !

-Promit !

Sabo jeta un coup d'œil à Ace. Le brun regardait dehors, comme perdu dans ses pensées. Il ne faisait pas attention à eux. Il jugea que ce n'était pas risqué et se rapprocha de l'oreille de Luffy pour lui dire.

-Il a mangé un fruit du démon qui lui a donné le pouvoir du feu.

-Pourquoi il ne veut pas le dire ?

-Ce n'est pas ça qui le dérange. Il est recherché par la marine. C'est Garp qui l'a recueilli.

-Pourquoi il est recherché ?

-Son père, c'est Roger.

-Il est le fils du roi Gol D Roger, hurle Luffy.

Sabo plaqua ses mains sur la bouche du brun, mais c'était trop tard. Il tourna la tête, son sang se glaçant lorsqu'il vit le regard de tueur d'Ace posé sur eux. Il frappa Luffy, lui criant qu'il lui avait pourtant dit de ne rien dire devant lui. Luffy se plaint que ce n'était pas sa faute, parce qu'il ne l'avait pas prévenu que ce serait si choquant. Ace s'approchant lentement d'eux.

-Je ne veux pas entendre parler de lui, crache-t-il.

-D… Désolé, murmure Sabo.

-Tu vas reprendre le trône alors, demande Luffy.

-Certainement pas ! Et c'est pas tes oignons !

Ace en voulait beaucoup à son père. Il s'était rendu aux Shichibukai, se laissant tuer et leur laissant le trône. S'il s'était battu, leur royaume ne serait pas comme ça aujourd'hui, gouverné par la peur. Sa mère serait peut-être encore en vie aujourd'hui. Ils les avaient abandonnés sa mère et lui, ainsi que son peuple. Il ne voulait pas entendre parler de lui, et encore moins que les gens sachent que Roger est son père.

-C'est dommage que tu ne veuilles pas.

-De toute façon, soupire Sabo, ce n'est pas comme si l'un de nous pourrait gouverner un jour.

-Moi je le ferai, déclare Luffy. Un jour je serai roi.

-Tu dis ça sans le penser, réplique Ace.

-Je suis très sérieux ! Si tu ne veux pas du trône, eh bien moi je le prendrai !

La détermination brûlait dans ses yeux, surprenant les deux autres enfants. Sabo et Ace échangèrent un regard, ne sachant que penser de cette déclaration. Finalement, Ace marmonna qu'il pouvait faire ce qu'il voulait, et retourna s'assoir à la fenêtre. Sabo le regarda tristement, puis leva le poing en l'air.

-Puisque c'est ça, je t'aiderai Luffy !

-C'est vrai ?! Merci !

-Arrêtez de faire du bruit les gosses, hurla Dadan.

Le soir venu, toutes les lumières étaient éteintes. Sabo et Luffy dormaient, blottit l'un contre l'autre. Enfin, le blond était allongé sur le dos, et Luffy était à moitié couché sur lui. Ace était assis sur les couvertures, les regardant dormir. « Il le pensait vraiment » se demande-t-il. « Il a vraiment l'intention de devenir roi ? ». C'était un rêve audacieux, et les rêves n'ont pas leur place dans leur monde.

-Idiot, murmure-t-il en s'endormant, dos à ses « frères ».


Zoro

Un cri de douleur retentit dans tout le Dojo. Le maître des lieux, Koshiro, ne put retenir un sourire amusé en voyant l'un de ses plus jeunes élèves tomber au sol après avoir reçu un coup de sabre en bois dans le ventre. A côté de lui, les autres enfants fixent la scène avec étonnement, avant de crier d'une seule et même voix :

-Tu as encore perdu Zoro !

-Taisez-vous, réplique l'enfant à terre.

-On en est à combien, ricane son adversaire. 2000 défaites pour toi, non ?

Zoro se redressa, jetant un regard noir à la jeune fille qui lui fait face : Kuina. Elle était la meilleure épéiste du Dojo, malgré son jeune âge. Elle était tout de même plus vieille que lui de quelques années. Zoro s'était donné pour objectif de la battre un jour, mais il avait beau essayer encore et encore, il n'y était toujours pas parvenu. Il devrait s'entraîner encore plus dur !

-La prochaine fois, s'exclame-t-il, je vais gagner.

-Bien sûr, on y croit…

-Arrête de te moquer de moi !

Elle lui sourit moqueusement, puis quitta la pièce. Koshiro la regarda s'éloigner, puis ordonna aux enfants de reprendre l'entraînement. Voyant que Zoro était immobile, fixant la porte avec colère, il lui ébouriffa ses courts cheveux verts, lui souriant joyeusement quand le petit leva les yeux vers lui.

-Va boire un peu d'eau. Ensuite reprend ton entraînement.

-Oui sensei !

L'enfant s'exécuta rapidement, ne voulant pas perdre de temps. Il avait besoin de progresser rapidement. En allant boire, il aperçut Kuina assise dehors, regardant le ciel. Il était encore en colère contre elle pour s'être moqué de lui, mais quand il s'approcha d'elle, il remarqua son air triste. Il vit des larmes au coin de ses yeux, qui ne voulaient pas couler. Elle remarqua alors sa présence et se tourna vers lui, dédaigneuse.

-Qu'est-ce que tu veux ?

Zoro la fixa un moment, sans rien dire. Il n'avait rien de spécial à lui dire, mais il était curieux de savoir pourquoi elle était si triste. Il s'avança alors, tendant son poing en avant. La jeune fille regarda ça main, sans comprendre.

-Je te défie, déclare Zoro.

-Qu'est-ce que tu racontes ? Ta défaite d'aujourd'hui ne t'a pas suffi ?

-Avec de vrais sabres.

Kuina écarquilla les yeux, la bouche légèrement entrouverte sous le choc. Zoro était déterminé, les yeux brillants. Elle envisagea de refuser, car il était interdit de se battre avec de vrais katanas alors qu'ils sont si inexpérimentés. Elle possède un sabre, et elle en prend soin, mais elle ne s'est jamais vraiment battue avec. Pourtant, elle avait envie, au fond d'elle, d'affronter sérieusement Zoro, de libérer ses sentiments dans ce combat.

-D'accord.

Il n'a pas répondu, ni même ajouté le moindre mot. Il s'est contenté de tourner les talons, retournant s'entraîner avec les autres. La journée est passé lentement, sans qu'ils n'échangent un regard une seule fois. Le soir venu, alors que seule la lumière de la lune leur permettait de voir, Kuina et Zoro se firent face, une épée dans les mains. La détermination brillait dans leurs yeux alors qu'ils se sont jetés l'un sur l'autre.

Zoro tomba sur le dos, la lame de Wado Ichimonji à quelques centimètres de sa peau.

-2001 combats, souffle Kuina. Ma victoire.

-La prochaine fois… je…

-Abandonne, tu es ridicule !

Retirant son épée, elle s'assit dans l'herbe, regardant Zoro pester à voix basse contre lui-même. Il était encore petit et faible, mais un jour il grandira. S'il continue les entraînements qu'il subit chaque jour, il deviendra sûrement un homme très musclé et très fort. Et a ce moment-là, elle n'aura plus aucune chance contre lui. Elle baissa tristement la tête, parlant d'un ton amer.

-Tu as de la chance toi…

-Pourquoi tu dis ça ?

-En grandissant, tu deviendras plus fort. Moi c'est l'inverse… Parce que je suis une femme.

Elle ignora pourquoi elle n'a pas pu s'empêcher de parler. Parler de ce que son père a dit, de ce qu'elle est et de ce qu'elle deviendra. Les femmes deviennent faibles face aux hommes, c'es inévitables. Tout le monde le pense, et elle fini par y croire. Sa poitrine pousse, elle change. Elle ne pourra jamais devenir la meilleure bretteuse du monde, car le temps est contre elle. Les larmes coulèrent sur ses joues sans qu'elle ne s'en rende compte, trop prise dans ses regrets. Elle aurait tellement voulu naître homme.

-Tout aurait été plus facile, souffle-t-elle.

-Tais-toi, hurle Zoro. Arrête de chercher des excuses !

Kuina releva la tête, le dévisagea avec surprise. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il se mette à crier si soudainement. Il avait l'air très énervé, serrant les dents de rage. Le silence dura de longues minutes où la jeune fille retient son souffle. Puis, Zoro reprit, le ton dur.

-Selon toi, si je gagne un jour contre toi, c'est parce que je suis un homme ? C'est des conneries !

-Non, c'est…

-Si je te bats, c'est parce que je suis meilleur, c'est tout ! Et un jour je serai le meilleur épéiste du monde !

Souriant faiblement, Kuina leva une main pour essuyer ses larmes, murmurant d'une voix tremblante.

-Seulement si tu arrives à me battre.

-Alors on fait une promesse ! On affrontera Mihawk, et on verra qui est le meilleur de nous deux !

Kuina ne répondit pas tout de suite, mordant sa lèvre inférieure nerveusement. Mihawk était connu pour être le meilleur épéiste du monde, ce qui lui a valu d'être choisit pour faire partie des Shichibukai lorsque trois d'entre eux sont mort après la guerre civile. Il n'était pas à sous-estimer, mais Zoro voulait le battre, pensant même le vaincre. En même temps, tous les épéistes le savent : pour devenir le numéro 1, il faut vaincre Mihawk. Confiante, elle tendit sa main à Zoro.

-Je promet, dit-elle.

-Je promet aussi !

Ils se serrèrent la main pour signer leur accord, sans savoir que cette promesse deviendrait un douloureux souvenir. Le lendemain au soir, alors que Zoro dormait profondément, il fut réveillé en sursaut par les hurlements de douleur des villageois. Il était seul dans le dortoir, sans comprendre pourquoi les autres enfants ne sont pas avec lui. « Ils ont dû s'enfuir » pense-t-il. Il se précipita à la fenêtre.

Des soldats du gouvernement étaient là, dans les rues de leur petit village paisible. Zoro pensa d'abord à la chasse, mais ce ne pouvait être ça. Habituellement, ils se montraient plus discret pour cela. Il vit alors certains hommes monter dans un camion, les mains attachées dans le dos. Koshiro était en bas, les enfants prêts de lui. Il parlait avec un soldat, protestant lorsqu'un autre se dirigea vers la porte du Dojo. Il ne put le suivre, bloqué par un autre.

-Qu'est-ce qui se passe ?

-Zoro !

Le petit garçon fit volte-face, surprit par la voix de Kuina. Elle entra dans la pièce, essoufflée. Lorsqu'elle l'aperçut près de la fenêtre, elle se précipita vers lui pour l'éloigner, tirant le rideau. Le pauvre Zoro était perdu. Pourquoi était-elle si effrayée ? Que font ces hommes ici ? Pourquoi personne ne l'a réveillé ? Que se passe-t-il ? Kuina lui prit la main, l'entrainant avec elle dans le couloir.

-Kuina !

-Ils sont là pour toi Zoro ! Tu dois te cacher !

-Pour moi ? Mais pourquoi ? Je n'ai rien fait, je te le jure !

Elle s'arrêta, lui souriant doucement avant de s'accroupir devant lui.

-Je sais. Ce n'est pas ta faute.

-Hé, vous !

Kuina tourna la tête, alors que Zoro se penche sur le côté. Il reconnu le soldat qu'il a vu à la fenêtre. Ce dernier le regarde, et un sourire cruel s'étire sur ses lèvres lorsqu'il reconnait le garçon qu'ils devaient emmener avec eux. Kuina se redressa aussitôt, écartant les bras. Zoro s'approcha d'elle, entourant la taille de la jeune fille de ses bras, ne quittant pas l'homme des yeux. Il avait peur de cette lueur dans son regard, et de son sourire.

-Nous avons pour ordre d'emmener les meilleurs soldats de ce village, déclare-t-il.

-Vous ne prendrez pas Zoro !

-C'est une demande du gouvernement en personne. Il a du talent, et…

-Vous ne le prendrez pas ! Ce n'est qu'un enfant !

-Kuina…

Elle baissa les yeux vers lui, et ce fut là son erreur. Le soldat lui prit le poignet, l'écartant de son chemin, l'arrachant des bras de Zoro. Le petit garçon tendit ses bras en avant, essayant de la rattraper, mais il se fit juste saisir par l'homme plus âgé. Il se débattit, donnant des coups de pieds et de poings, essayant même de le mordre. Il hurlait, voulant qu'on le lâche, mais le soldat ne voulait pas écouter.

-Tien-toi tranquille !

-Lâche-le, hurle Kuina.

Elle sauta en avant, agrippant le bras de l'homme. Ce dernier, agacé, l'envoya voler d'un geste brusque. Kuina fut surprise par le mouvement brusque et elle lâcha prise, projetée en l'air. Zoro vit avec horreur le corps de son amie tomber dans les escaliers, dévalant les marches une à une avant de s'étaler en bas. Elle ne bougeait pas, et il sentit la peur l'envahir alors qu'il hurlait.

-Kuina !

-Lâchez cet enfant !

Les larmes aux yeux, Zoro aperçut Koshiro qui se tenait à quelques mètres de lui. Il avait l'air en colère, plus que Zoro ne l'avait jamais vu. Le soldat avait l'air contrarié par le manque de coopération des habitant de ce village. Il se tourna pour faire face au vieil homme, demandant d'une voix moqueuse.

-Pourquoi ferais-je ça ?

-Ce n'est qu'un enfant. Le prendre maintenant le bloquera dans ses progrès. Vous ne pouvez pas le changer si brusquement d'environnement.

-Nous…

-Soldat ! Faites ce qu'il dit et lâchez cet enfant !

-Commandant…

Zoro aperçut un autre homme venir, se tenant aux côtés de Koshiro. Il ne le reconnut pas tout de suite, mais il pensa qu'il s'agissait de quelqu'un d'important car il fut relâché. Le soldat s'inclina avant de partir, la tête basse. Mais Zoro s'en moquait. Il dévala les marches quatre à quatre, se jetant à genoux à côté de Kuina. Il essaya de la secouer pour qu'elle se réveille, mais elle resta immobile.

-Kuina… Kuina… Aller, réveille-toi Kuina…

-Nous reviendrons prendre l'enfant, déclare le commandant. Quand il sera prêt.

Koshiro ne répondit que par un faible hochement de tête, le regard dur. Comprenant qu'ils n'étaient pas les bienvenus ici, le commandant ordonne à son équipe de partir avec ceux qu'ils ont déjà capturer. Une fois qu'il eut quitter le Dojo, Koshiro laissa échapper un souffle tremblant de soulagement. Ils avaient réussi à empêcher qu'ils ne prennent Zoro avec eux. Il descendit les escaliers, le cœur douloureux en voyant Zoro penché sur le corps de Kuina.

-Zoro…

-Elle ne se réveille pas… Koshiro-san, pourquoi elle ne se réveille pas ?!

Il leva ses yeux pleins de larmes vers le vieil homme, ses petites mains tremblantes serrant toujours le tee-shirt de la jeune fille. Des sanglots lui échappèrent alors qu'il espérait un mot rassurant de son sensei. Il voulait entendre que Kuina allait bien, qu'elle était juste assommée ou quelque chose comme ça. Mais Koshiro secoua la tête, et Zoro vit son monde s'effondrer. Il se tourna pour regarder le visage de son amie, et sanglota plus fort, se recroquevillant contre elle avec désespoir. Koshiro laissa couler ses propres larmes alors qu'il prenait la main de sa fille, posant l'autre sur la tête du garçon.

-Elle est partit Zoro. C'est fini…

-Non… Non… Kuina !

Le lendemain, Kuina fut enterrée. Il pleuvait.

Zoro ne dit rien de la journée, regardant les gens comme s'il ne pouvait pas les voir. Le cercueil fut descendu sous terre, le trou rebouché et tous pleurèrent cette fille morte pour sauver les siens, partit trop tôt à cause des hommes cruels qui détiennent le pouvoir. Tous retournèrent au Dojo en silence. Il n'y eut pas d'entraînement ce jour-là. Zoro ne parlait toujours pas, regardant dehors l'endroit où lui et Kuina se sont affrontés pour la dernière fois.

Il ne dormit pas de la nuit.

-Koshiro-san…

A genoux devant la photo de Kuina, Koshiro fredonna en signe qu'il écoutait, allumant une bougie. Zoro le regarda faire et ils restèrent silencieux une minute, en respect pour la mémoire de la jeune fille. Puis, le petit garçon demanda d'une voix peu assurée.

-Pourquoi cet homme voulait m'emmener ?

-Tu as un pouvoir hors-du-commun Zoro. Il dort en toi, sans que tu ne t'en rendes compte.

-Quel pouvoir ?

-Je ne peux te le décrire. Mais il peut te permettre de renverser le gouvernement. Alors ces hommes qui dirigent ont peur de toi.

Zoro baissa la tête. Un pouvoir qui fait peur aux hommes les plus puissants de ce monde, il n'en voulait pas. Il n'avait pas besoin d'avoir le monde entre ses mains quand tout ce qu'il voulait, c'était revoir une dernière fois le sourire de Kuina. Il la revoyait encore, arrachée de lui, jetée dans les escaliers puis allongée sur le sol, immobile. Il voyant encore le sang sur sa tête, qu'il a tenté d'essuyer. Il l'a sur les mains, son sang. Le sang de Kuina.

-Je n'en veux pas…

-Zoro…

-Je ne veux pas d'un pouvoir qui me prend ceux que j'aime !

Koshiro lui jeta un coup d'œil par-dessus son épaule, puis reporta son attention sur la photo. Zoro fait partie de ces enfants qui n'ont pas choisi. De ces enfants dont le destin est sombre et froid, un destin tout tracé qu'ils n'ont pas mérités, mais qu'ils doivent supporter, parce qu'ils sont eux. Parce qu'il possède sans le vouloir, sans le savoir, un pouvoir puissant qui pourra changer le monde. Zoro serra son pantalon de toutes ses forces, les larmes aux yeux, et s'écria.

-Donnez-moi le sabre de Kuina ! Donnez-moi Wado Ichimonji !

-Pourquoi le veux-tu ?

-J'ai fais une promesse à Kuina. Je vais devenir le meilleur épéiste du monde ! J'utiliserai mon pouvoir pour me débarrasser de ces gens qui ont peur de moi ! Ensuite…

Koshiro se tourna pour faire face à l'enfant. Il avait l'air si sérieux que le vieil homme s'en retrouva secoué au plus profond de son cœur.

-Je mettrai un roi de confiance sur le trône, et je deviendrai son bras droit !

Le gouvernement a tué Kuina parce qu'il possède un pouvoir, alors dans ce cas il utilisera ce pouvoir précisément pour se venger. Il les renversera, et il sauvera les siens de la cruauté des dirigeants. Il est seul qui peut choisir son roi, celui a qui il obéira. Il est le seul à pouvoir choisir son destin. Koshiro comprit ce que Zoro ressentait, et il acquiesça.

-Entendu. Tu peux avoir Wado Ichimonji. Et tu te battras pour réaliser ce rêve. Je promets de te protéger d'ici là.

-Merci sensei.

« Attend un peu Kuina. Un jour, justice sera faites. »


Nami

-Nami !

La petite fille se figea en reconnaissant son nom. Elle serra plus fort le livre qu'elle tenait contre elle, avant de tourner la tête, offrant un sourire enjoué au maire de la ville : Gen-san. Ce dernier ne paraissait pas attendri par l'évidente innocence de l'enfant. Il se pencha vers elle, visiblement très en colère.

-Tu n'aurais pas encore volé un livre, par hasard…

-Moi ?! Pas du tout voyons !

-Alors dit moi ce que tu caches.

Nami regarda autour d'elle, cherchant une échappatoire, mais elle n'en trouve pas. Elle offrit un sourire d'excuse à Gen, lequel soupira avec désespoir. Cette petite ne changerait jamais. Il l'attrapa par le col de sa robe comme si elle était un chaton, se dirigeant vers la maison à l'extérieur du village, là où habite la petite fille. Nami eut beau se débattre, il ne la lâcha qu'une fois devant la vieille cabane. Il frappa trop coup puissant à la porte.

-Belmer ! Vient récupérer ta gamine !

La porte s'ouvrit quelques secondes plus tard et une femme passa sa tête dehors. Elle avait une cigarette dans la bouche et semblait ennuyée. Elle baissa les yeux vers Nami et lui sourit joyeusement avant de s'exclamer.

-Bon retour Nami !

-Je suis rentrée Belmer !

-Ne vous saluez pas si naturellement, s'emporte Gen. Elle a recommencé !

Il désigna le livre que Nami tenait toujours dans ses mains. Belmer considéra le livre un moment, puis sourit à Gen. Elle ouvrit la porte plus grande, permettant à Nami de se réfugier à l'intérieur de la maison. Elle s'approcha de Gen, se tenant très près de lui. L'homme ne put s'empêcher de rougir, essayant de regarder partout ailleurs que la jeune femme. Lui offrant un sourire charmeur, Belmer susurra doucement.

-Ce n'est qu'une enfant… Tu peux lui pardonner…

-Hé bien… Oui, mais ça ne doit pas se reproduire à nouveau !

-J'y veillerai ! Merci Gen-san !

L'homme marmonna dans sa barbe, s'éloignant vers la ville. Belmer ferma la porte tandis que la petite Nami riait aux éclats, répétant que Gen était facilement manipulable. Elle se reçut alors un coup sur la tête qui l'a fit s'arrêter net. Elle gémit de douleur, levant des yeux larmoyants vers Belmer.

-Ça fait mal…

-Combien de fois t'ai-je dit de ne pas voler ? Si tu veux un livre, tu n'as qu'à me demander.

-Mais…

-Tu n'es pas discrète Nami. Moi je ne me serais pas fait prendre.

Nami tourna la tête pour voir sa sœur venir dans leur direction. Nojiko lui jetait un regard suffisant, jouant avec une de ses mèches bleues. Nami lui tira la langue, et les petites se prirent toutes les deux un nouveau coup sur la tête. Elles poussèrent un cri de douleur.

-Je plaisantais, proteste Nojiko.

-Je vous interdit de voler à nouveau, déclare Belmer. Tu le voulais vraiment ce livre, Nami ?

La rouquine hocha la tête, lui montrant son livre qu'elle n'avait toujours pas lâché. Il s'agissait d'une encyclopédie comportant plusieurs cartes terrestres et maritimes du royaume de Grand Line et des autres pays autour. Nami était passionnée par les cartes et pouvait passer des heures à les étudier et en dessiner. Elle a même réalisé une carte très précise de leur village. Belmer sourit et lui ébouriffa les cheveux.

-C'est pour ta carte du monde n'est-ce pas ?

-Oui ! Mais il y a encore des territoires inexplorées… J'irai un jour, et je ferai une vraie carte du monde !

-Si tu veux absolument ce livre, allons en livre et je rembourserai la libraire pour ton petit vol.

-Vraiment ? On n'a pas beaucoup d'argent…

-Si tu le veux à ce point, je peux faire un sacrifice.

Elles partirent donc toutes les trois en direction de la ville, se rendant à la librairie. Une vieille femme les accueillies en souriant, reconnaissant immédiatement Belmer, Nami et Nojiko. Elle fit un sourire espiègle à Nami, se penchant par-dessus le comptoir, une main sur la hanche.

-Vous voulez quelque chose, demande-t-elle.

Nami rougit et tendit son livre, la tête basse. La libraire rit et proposa à Belmer de lui faire un prix, ce que la jeune femme accepta avec plaisir. Elle paya le livre et elles quittèrent la boutique en bavardant joyeusement, saluant la vendeuse. Belmer proposa aux filles de rentrer manger des mandarines, lorsqu'un cri retentit soudainement.

-Qu'est-ce que c'était, demande Nojiko.

-Restez près de moi les filles, ordonne Belmer.

Les deux petites allèrent se réfugier derrière elle. Elles virent alors plusieurs soldats venir, escortant une personne richement habillée. Tous le reconnurent immédiatement. Il s'agissait d'un homme-poisson, une espèce née sur Grand Line qui s'est mélangée aux hommes, gardant leur propre culture. D'abord rejetés par la société, ils furent pourtant considérés comme égales aux hommes lorsque Jinbei, un homme-poisson, fut désigné comme nouveau Shichibukai après la mort de trois d'entre eux. Mais celui qui se trouve en face d'eux n'était pas réputé pour sa gentillesse. Il était devenu noble, et il profitait des nombreux avantages que cela lui apporte. Son nom est Arlong.

-Écoutez-moi, vous tous, hurle-t-il.

Une foule se rassembla autour de lui. Gen rejoignit Belmer et les filles, leur demandant de se tenir à l'écart et prêtes à s'enfuir s'il le fallait. Nami serra de toutes ses forces son livre contre elle, tenant d'une main la jambe de Belmer. Arlong parcourut l'assemblée du regard puis déclara.

-Cette ville m'appartient désormais. Et comme vous y habitez, vous devrez me payer une taxe !

-Qu'est-ce que c'est que cette histoire, proteste quelqu'un.

-Pourquoi on devrait te payer ?!

-Tu n'as pas le droit de faire ça !

Des soldats s'approchèrent. Ils étaient eux aussi des hommes poissons, constituant la garde personnelle d'Arlong. Ils frappèrent ceux qui avaient osé protester contre les ordres d'Arlong. Il y eut des cris de paniques dans la foule. Arlong leva les mains comme pour calmer tout le monde, puis expliqua calmement.

-J'ai proposé au gouvernement de me charger personnellement de la Chasse dans ce village, en échange d'avoir le droit de vous imposer cette taxe.

-Toute personne s'opposant à nous sera arrêtée et exécutée.

-Toute personne ne pouvant payer la taxe sera exécutée.

-La taxe est de 10 000 Berry pour les adultes, et 5 000 Berry pour les enfants.

-La première collecte a lieu maintenant.

Tout le monde se fit encercler, les soldats réclamant de l'argent. Il y eu des cris, mais rapidement tout le monde céda et paya la taxe. Arlong éclata de rire en voyant tout l'argent qu'il a ramassé. Gen se pencha vers Belmer, murmurant à voix basse.

-Tu as combien ?

-10 000 Berry…

-Tu peux payer ta part alors… Il faut faire partir les filles.

-Je refuse d'abandonner Nami et Nojiko !

-On n'a pas le choix ! Elles seront tuées sinon !

Belmer baissa les yeux vers les deux petites, toujours accrochées à ses jambes. Elle ne pouvait pas les laisser mourir. Ce sont ses précieuses petites filles. Les larmes aux yeux, elle hocha la tête à Gen et prit les mains de Nami et Nojiko, les entraînant vers la forêt qui entoure le village. Peinant à suivre son rythme, les deux enfants ne comprenait pas ce qu'il était en train de se passer.

-Belmer ! Où on va ?!

-Vous devez vous enfuir !

-Pourquoi ?

-Ils vous tueront ! Je n'ai pas assez d'argent pour…

Elle fut interrompue par un tir et elle hurla de douleur en s'effondrant au sol. On lui a tiré dans la jambe. Elle grimaça, portant une main à sa blessure. Nami et Nojiko se pressèrent vers elle, inquiètes. Elle entendit Gen hurler son nom et leva la tête pour voir Arlong lui-même lui faire face, un pistolet dans les mains. Il ricana méchamment.

-On veut s'enfuir…

-Laisse partir mes filles !

-Vous devez payer la taxe, ou je serai contraint de vous arrêter.

Regardant autour d'elle, Belmer comprit qu'elle n'avait pas d'autre alternative que de céder. Elle tendit à l'homme l'argent qu'elle possède : 10 000 Berry. Arlong la remercia faussement, puis se tourna vers Nami et Nojiko, les pointant de son arme. Les deux petites se serrèrent l'une contre l'autre. Mais avant que l'homme-poisson n'ait pu appuyer sur la gâchette, Belmer l'arrêta.

-Attend !

-Hn ?

-L'argent est pour elle ! J'ai payé assez pour qu'elles puissent vivre toutes les deux.

-Belmer, hurlent les deux filles.

Arlong leur tourna le dos, posant le canon de son arme sur le front de Belmer. La jeune femme se tient debout tant bien que mal devant lui, fière malgré la position dans laquelle elle se trouve. Arlong lui adressa un sourire carnassier et demanda.

-Un dernier mot ?

-Nami ! Nojiko !

Belmer plongea ses yeux dans ceux de ses filles, avec un sourire triste.

-Je vous aime.

Arlong tira. Les petites hurlèrent le nom de leur mère. Gen s'effondra à genoux. Le village entier se figea. Le silence dura, seulement troublé par le rire puissant d'Arlong. Il regarda ensuite les deux enfants, prostrées au sol, les yeux rivés sur le corps sans vie de Belmer. Il pointa son arme sur Nojiko.

-Je devrais les tuer pour l'exemple.

-Ne fait pas ça, proteste Gen. Belmer à payer pour elles !

-Ces gamines n'ont aucun moyen de gagner de…

Arlong remarqua alors un papier blanc par terre. Intrigué, il le ramassa et le déplia. Il fut surpris d'y trouver une carte très précise du village. Il regarda Belmer, pensant que ça lui appartenait. Pour le coup, il regretta son geste. Si cette femme dessine aussi bien, elle aurait pu lui être utile… Il fut surpris de sentir de petites mains lui frapper la jambe.

-Rend-moi ma carte !

-Nami ! Arrête !

Arlong regarda la petite, puis le dessin. Alors c'est la gamine qui a réalisé cette carte. Il sourit et attrapa Nami par le bras, la tirant en arrière. Elle se débattit, les larmes aux yeux. Il remarqua le bouquin qu'elle avait laissé tomber au sol. Un livre sur la cartographie. Il regarda la petite Nami dans les yeux et déclara.

-J'ai un marché à te proposer.

-Hein ? Quel marché ?

-Travaille pour moi, et je vous laisserai en vie ta sœur et toi.

Nami écarquilla les yeux, puis regarda Nojiko. Cette dernière lui fit signe de refuser, la priant du regard de ne pas se livrer à ce monstre. Gen lui cria la même chose, mais la petite n'écoutait pas. Elle avait trop peur que Nojiko disparaisse comme Belmer. Alors, les larmes aux yeux, elle répondit.

-D'accord.

-Nami, non !

-Désolé Nojiko…

Arlong se remit à rire, puis la lâcha, lui faisant signe de venir avec lui. Mais alors qu'il s'éloignait, Nami l'interpella.

-Je veux qu'on fasse une promesse !

-Quelle promesse ?

-Quand j'aurais réuni 100 millions de Berry, je te rachèterai le village ! D'ici là, je travaillerai pour toi.

Arlong la regarda du coin de l'œil, puis hocha la tête. Déglutissant, Nami lui emboîta le pas, ignorant les appels de Nojiko. Gen fit la navette entre les deux, ne sachant quoi faire. Devait-il empêcher Arlong d'emmener Nami ? Que se passera-t-il s'il essaie ? Ou même s'il y parvient ? Serrant les poings de rage, il se précipita vers Nojiko, empêchant cette dernière de retenir sa sœur.

-Lâche-moi Gen-san !

-Je ne peux pas.

-Je dois rattraper Nami ! Nami !

-Elle a fait son choix. Nous ne pouvons rien faire.

Les larmes aux yeux, ils regardèrent tous deux la petite fille s'éloigner d'eux. Gen ne s'était jamais senti aussi impuissant de toute sa vie. Il jeta un coup d'œil au corps sans vie à côté de lui. « Pardonne-moi Belmer » pense-t-il. « Je ne serai pas en mesure de protéger Nami… ». Ils ne pouvaient que prier que la petite parvienne à obtenir les 100 millions…

Ils ne pouvaient qu'attendre.


Usopp

Il existe un village, assez éloigné de la capitale du royaume, au bord de la mer, qui prospère dans ce monde. Un petit village très peu concerné par la Chasse. Une équipe envoyée par le gouvernement passait une fois par mois, parfois même une fois en deux mois, pour être sûr qu'aucun utilisateur de fruit du démon ne s'y cache. En général, ceux qui possèdent un pouvoir ne s'y trouve pas, car dans ce village se trouvent les maisons secondaires de toutes les familles nobles du royaume. Ils s'y rendent rarement, mais se tenir si près des nobles était dangereux pour ceux qui sont recherchés par les Shichibukai et la marine. Pourtant, c'est ici qu'un homme a choisi de cacher sa famille.

Un enfant se tient assit au bord de la falaise, le regard fixé sur l'horizon. Il n'y avait rien en particulier qui pourrait attirer son attention. Il n'y avait que la mer, seul territoire libre que les Shichibukai n'ont pu s'approprié, parce que la mer est indomptable. Les histoires racontent que des monstres gigantesques vivent dans ces eaux, que les tempêtes couleraient les plus puissants navires, et que les territoires au-delà des frontières du royaume sont peuplés d'être cruels et de dangers inimaginables. L'enfant se demande si ce que l'on raconte est vrai.

A la tombée de la nuit, alors qu'il n'a pas bougé d'un pouce durant des heures, il se leva enfin et courut jusqu'au village. Il ne s'arrêta pas pour saluer les derniers habitants qui se pressaient de rentrer chez eux, les évitant parfois de justesse. Trop habitué de voir ce turbulent gamin, personne ne prit la peine de lui faire une remarque, certains le saluant même. Le jeune garçon arriva alors devant une maison éloignée du village et entra.

-Maman ?

-Usopp, tu es rentré.

Refermant précipitamment la porte derrière lui, Usopp se précipita dans la chambre. Il trouva sa mère allongée dans son lit, des cernes sous les yeux et la respiration haletante. Depuis plusieurs mois maintenant, elle était tombée gravement malade, ne pouvait se lever. Usopp s'appliquait à prendre soin d'elle, cachant le plus possible son inquiétude. Il grimpa sur le lit, prenant la main de sa mère dans les siennes, plus petites.

-Comment tu te sens ?

-Un peu mieux…

-Vraiment ? Tu veux que j'appelle le docteur ?

-Non. Je t'assure que ça va.

Elle lui sourit faiblement pour tenter de le convaincre. Usopp fit la moue, mais il n'insista pas et il raconta à sa mère sa journée. Il expliqua qu'il avait rencontré ses amis, et qu'ils s'étaient beaucoup amusés. Il inventa un prétendu concours qu'il avait remporté évidemment. Il mentait, ne voulant pas dire à sa mère qu'il avait passé des heures à attendre en regardant l'océan. La femme rit doucement, parvenant à glisser une main tremblante dans les cheveux de son fils.

-Tu es très fort n'est-ce pas.

-J'ai hâte que tu guérisses ! Je te montrerai !

-J'ai hâte, moi aussi.

Dire ces mots lui fit mal au cœur, mais elle ne laissa rien paraître. Peu importe ses efforts, peu importe la détermination du médecin, peu importe l'amour et les soins que lui apportent son fils, elle sait qu'il n'y a plus de chance pour elle. Elle pouvait mourir à n'importe quel moment, peut-être même ce soir. Elle avait peur que ce moment arrive, l'attendant avec appréhension. Ce n'est pas de la mort dont elle a peur, détrompez-vous. Elle a peur de laisser son fils seul, de l'abandonner alors qu'il n'a qu'elle. Elle sait qu'il est en sécurité ici, que jamais personne ne les dénoncera, mais son instinct de mère la pousse à imaginer le pire. Ils vivent dans un monde si cruel, même avec les plus jeunes enfants. Elle ne pouvait accepter que quelqu'un fasse du mal à son enfant.

-Tu penses que tu seras guérie bientôt, demande timidement Usopp.

-Peut-être. Le docteur a dit que ma fièvre a beaucoup baissée.

-Tu seras en bonne santé pour le retour de papa alors ! Il a appelé aujourd'hui ! Il a promis de rentrer bientôt !

En pensant à son mari, la jeune maman sourit chaleureusement. Il lui manquait beaucoup, mais elle ne pouvait lui en vouloir d'être parti. Il avait ses raisons. Son petit garçon leur ressemblait tellement à tous les deux. Il avait son nez et ses cheveux, mais quand il fait un sourire, tout le monde s'accorde à dire que c'est de son père qu'il le tient. Elle la première. Elle sourit tendrement à son fils.

-Il a dit ça ?

-Oui ! Il a aussi dit qu'il t'aimait beaucoup et qu'il avait hâte de rentrer !

Usopp mentait encore, mais le sourire sincère de sa mère valait tous les mensonges du monde. Il pourrait inventer les histoires les plus sordides juste pour le voir. Sa mère tenait beaucoup à son père, et elle ne pouvait se montrer triste lorsqu'ils parlent de lui ensemble. Alors il ignorait ce petit pincement dans son cœur au profit de fausses histoires, de fausses paroles et de fausses promesses. Et la journée, il guette la mer dans l'espoir de revoir son père. Malheureusement, chaque jour est une déception.

-Dit, maman…

-Oui ?

-Pourquoi papa est parti ? Pourquoi il nous a abandonné ?

La femme sourit tristement, puis se redressa doucement, malgré les protestations de son fils pour qu'elle reste couchée. Elle tendit son bras, l'invitant silencieusement à se blottir contre elle. Les larmes aux yeux, il retira ses chaussures et s'approcha, se recroquevillant contre elle. Elle l'entoura d'un bras protecteur, le berçant doucement. De son autre main, elle lui caresse doucement les cheveux.

-Tu es né avec un pouvoir incroyable Usopp.

-Un pouvoir ?

-Oui. Un immense pouvoir ! Le même que ton père. Tu as l'âme d'un sniper Usopp.

Le petit sourit fièrement à cela. Il est vrai qu'il était plutôt doué pour tirer avec quoi que ce soit qu'on lui ait mit entre les mains. Il avait entendu dire par les gens du village que son père était l'un des meilleurs snipers du monde, et qu'Usopp semblait suivre le même chemin. Il était content d'avoir un point commun avec son père. Sa mère prit alors une expression grave, parlant très sérieusement.

-A cause de tes capacités, certaines personnes se sentent en danger.

-Qui ?

-Le gouvernement. C'est parce que tu n'es pas autorisé à jouer au sniper devant les nobles, tu le sais.

Usopp hocha la tête. On lui avait toujours interdit de tirer avec son lance-pierre lorsque les nobles regardent. Il avait toujours cru que c'était pour ne pas les déranger, mais maintenant il comprend que c'était pour une toute autre raison. Heureusement, les nobles n'accordaient que peu d'attention aux enfants. Pour eux, il était impensable qu'un gamin n'ayant mangé aucun fruit du démon représente une menace. Ils avaient tort, mais pourquoi les contredire quand on peut en tirer des avantages ?

-Ton père est parti pour te protéger.

-Des nobles ?

-De tout le monde. Le gouvernement le cherche au lieu de se concentrer sur toi. Il est avec les Révolutionnaires, avec ses amis et ils se battent pour que toi et les autres enfants, vous puissiez grandir dans un monde juste, en toute sécurité.

Parler des Révolutionnaires est interdit. Le gouvernement a longtemps cherché à cacher leur existence, prétextant encore aujourd'hui qu'ils n'existent pas. Mais aujourd'hui tout le monde sait qu'une armée s'est dressé pour s'opposer au régime mis en place, récupérant de plus en plus d'alliés chaque jour. Il s'est écoulé dix années depuis la mort du roi Gol d Roger, mais certains de ses plus proches amis continuent encore de se battre en sa mémoire.

-Alors… Papa se bat pour moi ?

-C'est ça.

-C'est dangereux non ?

-Ton père est fort. Rien ne pourra le faire tomber !

Ils restèrent de longues minutes dans le silence, puis Usopp se redressa. Sa mère avait besoin de repos. Il ne pouvait pas continuer à la déranger avec ses questions. Il tira la couverture de sorte qu'elle soit confortablement installée, puis descendit du lit. Il offrit ensuite à sa mère un immense sourire.

-Tu sais quoi maman ?!

-Non, dit-moi.

-Un jour, je deviendrai assez fort pour partir avec papa ! Je serai un brave guerrier et j'aiderai les Révolutionnaires ! Il y aura un nouveau roi et tout le monde sera heureux !

La jeune femme ne dit rien au début, surprise. Elle se demanda un moment si son fils avait compris ce qu'elle n'avait osé dire. Son petit garçon possède un de ces pouvoirs qui n'apparait qu'une fois par siècle, et qui le rend si spéciale. A-t-il compris les responsabilités que cela lui apporte ? A-t-il compris que le monde ne changera pas à temps pour qu'il puisse grandir dans un monde meilleur ? A-t-il compris que ce serait son rôle de le transformer ? Elle ne peut pas le savoir… Elle lui sourit alors et déclare doucement.

-Je suis certaine que tu y arriveras un jour.

Quelques minutes plus tard, elle s'était endormit. Usopp n'avait pas bougé avant d'être sûr qu'elle n'allait pas se réveiller, et qu'elle ne souffrait pas. Il s'éloigna vers la cuisine, mangeant ce que sa mère lui a laissé avec appétit. Les mots qu'il avait prononcés n'ont pas quitté son esprit. Il voulait sérieusement devenir un jour capable de renverser le gouvernement. Puis il alla dans son propre lit, se blottissant sous les couvertures. Il leva les yeux au plafond, ignorant une larme qui a coulé sur sa joue.

-Même si c'est pour me protéger que tu es parti, j'aimerai que tu reviennes papa.

Il pouvait faire toutes les promesses du monde, son père lui manquait toujours.


Sanji

A la capitale, il existe un quartier magnifique, où toutes les maisons entrent en concurrence les unes avec les autres pour savoir laquelle est la plus grande est la plus prestigieuse. C'est dans ce quartier que se trouvent tous les nobles, ceux qui sont regardés avec envie et dégoût à la fois par le reste de la population. Ceux qui vivent le plus aisément, sans connaître les horreurs de la Chasse, la violence ou l'oppression. En réalité, l'horreur se trouvait dans les maisons même.

Ceux qui naissent noble le savent c'est un univers à part et complètement faux. La noblesse n'est constituée que d'hypocrites qui ont savent quand jouer un rôle avant d'obtenir les bonnes grâces des Shichibukai, ou des autres nobles, et d'en tirer profit. Ils semblent s'aimer entre eux alors qu'ils se montrent méfiants et se détestent quand les dos sont tournés. Les commérages vont bon train quand on passe ses journées entourées de personnes avides de pouvoir et d'argent. Parfois, les horreurs vont plus loin.

Il y a une famille de noble qui est ouvertement rejetée par toutes les autres, bien qu'elle garde son statut : la famille Vinsmoke. Personne ne les apprécie, car l'homme à la tête de cette famille était froid et calculateur. Il ne semblait faire preuve d'aucun sentiment, même envers son épouse du temps où celle-ci vivait encore. Beaucoup le suspectait de préparer un mauvais coup, de ne vouloir que la couronne. Même s'ils ne pensaient pas une seule de ces accusations, ils étaient cruellement proche de la vérité.

Judge Vinsmoke désirait plus de pouvoir, et son plan pour cela était bien en marche. Il est parvenu à modifier génétiquement ses enfants pour les rendre plus fort. Ils sont devenus des armes à sa merci. A cette puissance s'ajoute malheureusement une cruauté terrifiante. Les gens étaient effrayés chaque fois qu'ils les apercevaient. Tous se demandaient même comment Judge faisait pour les garder sous contrôle, et pour ne pas avoir peur de le perdre. Il y avait tout de même une faille dans son projet.

Sur ses cinq enfants, un n'était pas comme les autres.

Réprimant difficilement un sanglot, le petit Sanji ouvrit lentement la porte de sa chambre, regardant dans le couloir si ses frères étaient là. Ne voyant personne, il sortit sur la pointe des pieds et se précipita dans le jardin. Il s'approcha d'un parterre de fleur, en cueillant quelques-unes avec soin. Un sourire heureux avait pris place sur ses lèvres. Il était tellement concentré sur ce qu'il faisait qu'il n'entendit pas les pas de personnes qui s'approchaient de lui.

-Qu'est-ce que tu fais encore, idiot ?!

Le petit blond tressaillit, serrant les fleurs contre sa poitrine. Il se redressa, tournant la tête pour apercevoir ses trois frères qui lui jettent un regard méchant. Sa sœur se tient en retrait, ne le regardant même pas. Elle semble l'ignorer à chaque fois, mais Sanji aurait préféré que ses frères en fassent autant. Ichiji, l'aîné des quatre, fit un pas vers lui.

-Tu veux retourner sur la tombe de maman, n'est-ce pas ?

-N… Non…

-Père a dit que tu n'avais pas le droit d'y aller, ajoute Niji.

-Il va encore se mettre en colère contre toi !

Les trois garçons se mirent à rire et Sanji baissa la tête. D'aussi longtemps qu'il s'en souvienne, sa mère a toujours été très malade. Elle passait ses journées au lit et Sanji lui rendait visite très souvent. C'est la seule personne de sa famille qui était gentille avec lui. Elle est morte il y a quelques mois, et le petit garçon a beaucoup pleurer. Il lui rendait visite chaque jour sur sa tombe, mais quand son père l'a appris, il s'est mis très en colère et le lui a interdit. D'après lui, s'attacher à quelqu'un qui est partit est une preuve de faiblesse. Sanji avait essayé de ne pas y retenir, parce qu'il voulait être fort pour son père. Mais sa mère lui manque et il a finalement décidé d'y retourner en cachette.

-Pourquoi tu veux y aller, grogne Yonji. Ce n'est pas comme si tu allais revoir maman…

-J'ai juste besoin d'y aller, répond Sanji.

-Laisse-le Yonji, c'est encore un bébé.

-C'est faux ! Je ne suis pas un bébé !

Bien qu'il ait crié, ses frères ne furent pas impressionnés. Ils se contentèrent de rire, répétant plusieurs fois qu'il n'était qu'un bébé pleurnichard. Le blond sera le poing, mais il ne pouvait pas se défendre. Peu importe combien de fois il a essayé, il n'est jamais parvenu à faire mal à ses frères. Pas qu'il n'y ait pas mit toute sa force et sa volonté. Ils sont tout simplement plus fort que lui. S'il lève la main sur eux, tous les trois s'acharneront sur lui à nouveau. Il est la honte de la famille parce qu'il ne peut même pas tenir tête aux siens. Il tenta un sourire fragile, jetant un coup d'œil à ses frères sans pour autant lever la tête.

-Je suis désolé… Je ne recommencerai plus. Je… Je vais rentrer maintenant.

Comme ils ne répondirent pas, Sanji pensa qu'ils avaient laissé tomber pour cette fois et il s'avança d'un pas tremblant. Il passa entre eux, n'osant pas croiser leur regard. C'est alors que Yonji tendit la main, prenant les fleurs qu'il tenait encore contre lui, les lui arrachant des mains. Sanji fit volte-face, tendant immédiatement les bras dans l'espoir de récupérer son bien. Immédiatement, ses deux autres frères l'attrapèrent par la taille, le forçant à rester immobile.

-Tu n'as pas besoin de ça maintenant, se moque Yonji.

-C'est à moi ! Rends-le !

Avec un rictus mauvais, le plus jeune de la famille jeta les fleurs au sol, les écrasant sous son pied. Sanji essaya de protester, mais aucun des enfants n'entendit ses plaintes, tant ils riaient fort. Yonji écrasa les plantes avec joie, un sourire victorieux sur les lèvres lorsque Sanji cessa de se débattre, résigné. Le petit blond sentit les larmes monter et ses frères le remarquèrent.

-Tu vas encore te mettre à pleurer ?!

-T'es pathétique Sanji !

Le blond fut poussé au sol et il entoura sa tête de ses bras par réflexe, sachant ce qu'il allait arriver. Ichiji fut le premier à le frapper, enfonçant son pied dans les côtés de son petit frère. Comme s'il s'agissait là d'un signal, les deux autres distribuèrent des coups également. Sanji ferma les yeux, essayant de ne pas crier de douleur. Les larmes coulèrent sur son visage et des gémissements lui échappèrent. Il ne pouvait que souhaiter très fort que ça s'arrête au plus vite.

-Veuillez cesser !

A l'entente de la voix, les trois gamins s'immobilisèrent, jetant un regard ennuyé au domestique qui a parlé. Ce dernier se tenait bien droit, à proximité, pas le moins du monde effrayé par les trois enfants. Il garde une expression neutre, bien qu'intérieurement, il ne ressent que de la rage. Devoir obéissance et respect absolu à trois marmots aussi monstrueux… Il déteste son métier, mais il a besoin d'argent pour faire vivre sa famille. Il ne peut malheureusement rien faire…

-Pourquoi tu nous as arrêté, se plaint Niji.

-J'ai pour ordre d'emmener Monsieur Sanji.

-Moi, s'étonne le blond.

-C'est sûrement papa qui veut te voir, souffle Ichiji.

Il s'écarta, bientôt imité de ses frères. Restée en retrait, Reiju ne quittait pas des yeux le domestique. Si leur père voulait voir Sanji, pourquoi le vieil homme ne l'a pas dit ? Sanji se releva tant bien que mal, essuyant ses larmes. Le domestique tourna les talons pour s'éloigner, et le petit lui emboîta le pas. Il avait mal partout, mais si son père demande à le voir, il ne peut pas trainer. Il essaya d'épousseter rapidement ses vêtements pour être présentable.

-Pourquoi père veut me voir, demande-t-il d'une petite voix.

-Votre père ne vous a pas convoqué. Mais je dois vous emmener quelque part.

-Où ?

-Vous le verrez bien assez vite, Monsieur.

Il ouvrit une porte et un courant d'air froid fit trembler le petit garçon. Un escalier de pierre assez étroit lui fait face, descendant dans l'obscurité. Il jette un coup d'œil incertain au domestique, lequel lui fit signe d'y aller. Déglutissant, Sanji s'avança et descendit les premières marches. La porte claqua dans son dos et il couina de surprise, se retournant.

-Avancez Monsieur Sanji.

Le blond enroula ses bras autour de lui, essayant de combattre la peur qui tourbillonne dans son ventre. Descendre cet escalier lui paru duré une éternité. Il n'en voyait pas la fin. Il se posait tellement de question, mais il avait peur de se faire disputer s'il ose les poser à voix haute. Quand ils arrivèrent enfin au bout, le petit garçon vit des dizaines de cellules s'étendre devant ses yeux.

-Le cachot, murmure-t-il.

-Suivez-moi Monsieur Sanji.

-Pourquoi sommes-nous ici ?

Le domestique ne répondit pas, ouvrant simplement l'une des cellules. Sanji envisagea de tourner les talons et de s'enfuir, mais il n'avait aucune chance. L'autre était plus grand et plus fort que lui. Il pourrait l'attraper facilement, et le trainer jusqu'ici. Alors il se résigna et s'approcha. Le domestique entra dans la cellule et Sanji le suivit. Il n'y avait rien ici, hormis une couverture pliée et posée au centre de la pièce. Deux chaînes pendent contre un mur, couvertes de traces de sang séché et de rouille. Il faisait très froid, et il n'y avait aucune fenêtre. La seule source de lumière sont les torches accrochées à l'extérieur des cellules.

-Que dois-je faire maintenant ?

Sanji se retourna et sa vision fut bloquée par quelque chose. Rapidement, quelque chose de lourd fut posé sur sa tête. Dans la précipitation, l'objet fut mal positionné et lui érafla la joue lorsqu'il fut forcé sur son crâne. Il gémit, fermant les yeux très forts. L'objet pesait douloureusement sur sa tête et lui faisait mal. Quand il osa enfin regarder autour de lui, son champ de vision était restreint. Il n'y avait qu'une petite fente devant ses yeux. Son nez et sa bouche était bloqués, et il pouvait à peine respirer correctement. Il plaqua ses mains sur l'objet. Un casque ?

-Enlevez-le moi ! S'il-vous-plaît, il me fait mal !

-Désolé Monsieur Sanji. Je ne peux pas.

Il y eu un bruit, comme un claquement, et le domestique apparut en face de lui, tenant une clé dans sa main. Sanji essaya de retirer seul le casque, mais il n'y parvient pas. Il se mit à pleurer, criant qu'il voulait être libéré. Il avait de plus en plus mal, et le fait qu'il pleurait ne l'aidait pas à mieux respirer. Le domestique sortit de la cellule et claqua la porte, la fermant à double tour. Le petit blond parvient tant bien que mal à saisir les barreaux.

-Pourquoi vous me faites ça ?! Je ne veux pas rester ici, ça me fait peur ! Je ne veux pas être tout seul !

Le domestique ne lui accorda aucun regard, se dirigeant vers les escaliers comme un robot. Sanji eu beau hurler et gémir, il ne revient pas le chercher. Le sang et les larmes coulent sur ses joues mais il ne peut pas les essuyer à cause du casque. En désespoir de cause, et même si ça risquait de le mettre en colère, il appela son père.

-Papa ! Papa !

-Il ne peut pas t'entendre, souffle le domestique.

-Papa ! Je ne veux pas être ici ! Vient me chercher, papa !

-Tu vas arrêter, imbécile ! Tu ne comprends rien !

Sanji se figea, tremblant de tout son corps. Le domestique le regarde enfin, l'air fou. Ses yeux brillent de colère, et le blond pense que c'est dirigé contre lui. L'a-t-il trop énervé avec ses cris et ses pleurs ? Il se recroquevilla, prêt à courir au fond de sa cellule si jamais l'homme s'approche brusquement. Mais le domestique ne vient pas. Il se mit juste à crier.

-Arrête de demander à ton père de t'aider ! Arrête de croire en lui ! Il ne viendra pas te chercher !

-M… Mais…

-C'est lui qui a ordonné ça ! C'est lui qui a voulu t'enfermer ici ! Il veut que tu souffres pour toujours ! Alors arrête de faire confiance à cet homme !

Sanji sentit son petit cœur se briser. Il ne voulait pas y croire, mais au fond de lui il savait que le domestique disait la vérité. Son père le déteste au point de vouloir l'abandonner dans cet endroit sombre et froid, en proie à la solitude. Le domestique partit précipitamment, laissant Sanji seul. Le petit garçon resta un long moment à regarder les escaliers, puis il lâcha les barreaux et s'en écarta. Il ramassa la couverture au sol et s'enroula dedans, s'appuyant contre un mur, assit par terre.

Il envisagea de crier à nouveau après son père. S'il lui promet de faire des efforts, viendra-t-il le libérer ? S'il lui promet de faire des efforts, de s'entrainer plus durement, de rattraper ses frères et sa sœur ? Son père acceptera-t-il de lui laisser une deuxième chance ? L'espoir ne grandit pas en lui. Il ne croyait pas en ses propres pensées. Il allait rester ici, peu importe ce qu'il essaiera.

-Papa me déteste vraiment, sanglote-t-il.


Chopper

Les fruits du démon qui ont été créés par le scientifique sont répartit en trois types : les Paramecia, les Logia et les Zoan. Chaque fruit est classé en fonction des pouvoirs qu'il apporte à son utilisateur. S'il vous confère l'apparence d'un animal ainsi qu'une force incommensurable, il s'agit d'un type Zoan. S'il vous donne le contrôle d'un élément et l'invincibilité contre toute attaque physique, il s'agit d'un Logia. Les autres sont des Paramecia. Leur création fut le résultat de plusieurs années de recherches. Pour les Zoan cependant, le tout premier fut considéré comme inutile, car il ne pouvait apporter aucun avantage : le fruit de l'humain. Quel intérêt de donner à un humain le pouvoir de se transformer en humain ? Mais personne n'aurait pu prédire ce qui allait se passer.

Ce n'est pas un humain qui trouva ce fruit et le mangea. Ce fut un animal. Un renne pour être plus précis. Un jeune renne au nez bleu qui fut rejeté par les siens pour sa différence. Il se retrouva capable de marcher sur deux pattes et de parler sans comprendre comment. Il avait l'impression de l'avoir toujours fait, même si personne ne le lui a appris. Comme si les connaissances sont apparues dans son cerveau d'un coup. C'est le pouvoir du fruit de l'humain.

Il ne s'en retrouva que plus seul encore.

Les rennes ne veulent pas de lui, et les humains l'ont rejeté également lorsqu'il a essayé de les approcher. Pas totalement renne, ni totalement humain il appartient aux deux peuples, et à aucun en même temps. Le voilà donc errant dans la forêt, ne sachant que faire. Il est blessé et affamé, ne sachant pas combien de temps il pourra tenir comme ça. C'est à ce moment qu'il est apparu.

-Hé toi ! Attends un peu !

Le petit renne tourna la tête pour apercevoir un homme venir en courant vers lui. Il peinait à avancer, ses pieds s'enfonçant dans l'épaisse couche de neige. Il tenait une valise dans sa main, un objet que le petit renne ne connaissait pas. Effrayé à l'idée qu'il s'agisse là d'une nouvelle arme qui pourrait lui faire du mal, il se dressa sur ses pattes arrière. Son corps devient soudainement plus volumineux, ses sabots se fendant pour faire place à des doigts. Son visage s'arrondit, ses hanches se creusèrent, il bomba le torse et il leva les bras, poussant un hurlement de colère.

-Impressionnant, souffle l'homme.

-Laissez-moi, cri le renne. Je ne vous fais pas confiance !

Il lui jeta un regard noir, espérant faire peur à l'homme et le faire partir. Mais au lieu de cela, le vieillard retira un à un ses vêtements. Il grelottait de froid, mais ça ne l'empêcha pas de faire ce qu'il voulait. Une fois complètement nu, il écarta les bras, un sourire immense sur les lèvres. « C'est qui ce type » pense le renne. Quel genre d'homme se fout à poil dans la neige ?!

-Je ne suis pas armé petit ! Je le jure !

-Mais…

-Je suis médecin ! Je vais te soigner !

Il montra sa sacoche avec fierté, mais le petit renne n'y prêta pas attention. Sa vision est devenue soudainement floue. Il tituba quelque peu, avant de s'étaler de tout son long dans la neige. Il avait l'impression de voir le monde tourner autour de lui. Il ne sentait plus le froid ou le vent. Il avait mal à la tête et ses doigts étaient engourdis. Le vieil homme s'approcha de lui en courant, se jetant à genoux près de sa tête.

-Petit ?! Tu as perdu trop de sang… Reste avec moi petit !

-L… Laissez-moi…

-Pas question ! Un médecin n'abandonne pas un patient !

Reprenant doucement son apparence, le petit renne perdit connaissance. Il eu juste le temps de sentir des mains dans son pelage, manquant le contact du sol sous lui, avant que tout ne devienne noir. Il ignora combien de temps a passé avant qu'il ne se réveille, mais il n'était plus au même endroit. Il se trouvait maintenant dans une petite maison. Il se redressa, reniflant l'air tout en observant son nouvel environnement.

-Tu es réveillé !

-Aah !

Le petit renne bondit dans le lit, se reculant le plus possible jusqu'à sentir le mur contre son dos. Le vieil homme était là, tenant deux bols de soupe dans ses mains. Il ricane et pose l'un des deux récipients sur le lit, avant d'aller s'assoir plus loin. Le renne s'approcha doucement, reniflant le liquide avant de risquer un coup de langue. C'est bon.

-J'ai soigné tes blessures, dit l'homme. Heureusement, ce n'est rien de grave.

-Pourquoi m'avoir aidé ? Les autres hommes…

-Ils ont eu peur de toi petit. Ils ont peur de ce qu'ils ne connaissent pas.

Le renne baissa la tête. Ce n'est pas sa faute s'il est bizarre, s'il est différent de ce que les hommes connaissent. Il n'a pas voulu être comme ça. Il termina de boire la soupe silencieusement. Ça lui faisait du bien, après avoir passé autant de temps sans manger. Lorsqu'il eut terminé, il attribua au vieil homme un sourire plein de joie, sans même réaliser ce qu'il faisait.

-Merci ! C'était très bon !

-Hm… De rien petit. C'est quoi ton petit nom ?

-Nom ?

-Ouais. Comment tu t'appelles ? Moi, je suis le docteur Hiluluk !

Le renne pencha la tête sur le côté. Il n'a pas de nom. Les rennes n'ont pas de nom. Il ne sait même pas ce que c'est. Est-ce même important ? Peut-être que c'est un moyen pour les humains de se différenciés. Mais lui, il n'est pas humain depuis longtemps. Personne ne lui a dit quel est son nom. Hiluluk le regarda un moment, puis demanda.

-Tu n'en as pas ?

-Non…

-Alors je vais t'en donner un ! A partir de maintenant, tu t'appelles Tony Tony Chopper !

-Chopper ?

-Ouais ! Tu en penses quoi ?

Le petit renne baissa la tête, et une sensation de chaleur se propagea dans son corps. En fait, ça lui plaisait d'avoir un nom. Il planta son regard brillant dans celui d'Hiluluk.

-Je m'appelle Chopper.

-Hé, ça te va bien petit !

Le jeune renne continua de répéter en boucle son nouveau nom, heureux. Ça lui donne un sentiment d'appartenance. Il n'est plus seul maintenant, parce que quelqu'un lui a donné un nom, le connait et l'appelle ainsi. Chopper… Il ne sait pas si ça veut dire quelque chose, mais ça importe peu. Hiluluk lui fit signe de se calmer, puis lui demanda.

-Tu sais ce que c'est un « fruit du démon » ?

-Un fruit du démon ? Non, je ne sais.

-C'est un fruit avec des spirales sur sa chair. Regarde !

Il sortit un livre et l'ouvrit, tournant les pages à toute vitesse. Chopper sauta du lit et vient le rejoindre, curieux. Hiluluk s'arrêta sur une page et se pencha pour que le petit renne puisse voir. Il vit les yeux de Chopper s'écarquiller alors qu'il pose un sabot sur l'un des fruits dessinés sur la page.

-Je reconnais ce fruit ! J'en ai mangé un l'autre jour !

-Dans ce livre sont répertoriés tous les fruits du démon qui ont été créés.

-Qui les a fabriqués ?

-Un scientifique qui est mort il y a longtemps. Il a tenu une liste précise des fruits qu'il a inventé, les classant en catégorie. Il n'existe qu'un exemplaire de chaque fruit.

Hiluluk lui expliqua que chaque fruit pouvait accorder à celui qui le mange un pouvoir impressionnant, en fonction du type de fruit. Il lui expliqua que ceux qui en ont mangé ne peuvent plus nager en contrepartie, et que l'on ne peut pas revenir en arrière. Il lui expliqua que le gouvernement a prouvé cependant que si un possesseur du fruit du démon meurt, le fruit qu'il a mangé sort de son corps et peut-être mangé par quelque d'autre. Chopper regarda la livre à nouveau.

-Alors j'ai…

-Tu as mangé le fruit de l'humain. C'est pour cette raison que tu peux te transformer.

-Que va-t-il m'arriver alors ?

Hiluluk ferma le livre et le posa sur son bureau, avant de prendre entre ses grandes mains les petits sabots de Chopper. Le renne avait les larmes aux yeux. Un pouvoir si grand devait être convoités. Est-il en danger ? Hiluluk lui sourit pour le rassurer.

- Ne t'inquiète pas petit ! Je suis là maintenant !

-Docteur…

-Le gouvernement cherche ceux qui possèdent un pouvoir comme toi. Mais tant que tu reste avec moi, et qu'ils ignorent ton existence, alors tu ne crains rien ! Je vais te protéger.

-Merci… Merci beaucoup…

Tout en pleurant, Chopper se jeta au cou du vieil homme, soulagé. Il était en sécurité, et il n'était plus seul. Hiluluk le serra contre lui, passant sa main doucement dans le dos poilu du petit renne. Il était si adorable, il ne pouvait pas le laisser seul face aux hommes cruels de ce monde. Même s'il est petit, faible et qu'il s'agit d'un renne, ces salauds n'auront aucune pitié. Il devait lui apprendre comment se battre, contrôler son pouvoir, se cacher et surtout à prendre soin de lui.

-Dit Chopper… Tu aimerais apprendre la médecine ?


Robin

Tournant les pages de son livre, la petite fille ne pouvait se détacher de son sourire plein de joie. Elle n'a que huit ans, mais elle est déjà une lectrice passionnée. Romans d'amour, documents historiques, tout y passe. On ne la voit jamais sans un livre dans les mains. C'est une échappatoire pour elle. Un moyen de s'éloigner de son existence misérable.

Orpheline, elle vit chez sa tante qui n'a aucune considération pour elle. Elle dort dans un matelas troué à même le sol, mange très peu et est chargée de toutes les tâches de la maison. Elle n'a pas d'amis, les autres enfants la détestent et la traite de démon. Alors elle se réfugie dans la bibliothèque de la ville, lit des livres et rêve d'un monde meilleur. Elle aimerait partir, quittait la ville et voyager, découvrir les secrets de l'histoire de leur royaume, des territoires inexplorés, des ruines pleines de trésors… Mais elle ne peut pas. Si elle part seule, elle pourrait être prise pour cible par les chasseurs.

Elle fut tirée de sa lecture par une douleur dans son bras.

-Hé, Robin !

La petite fille grimaça, tenant son bras. Elle jeta un coup d'œil à la pierre par terre. Les enfants du village l'entourèrent, des cailloux dans les mains et un sourire méchant aux lèvres. Robin se leva, fermant son livre et le tenant contre elle en leur jetant un regard noir. L'un d'eux fit rebondir la pierre dans sa main, demandant moqueusement.

-Tu lis qui aujourd'hui, le démon.

-Ça ne te regarde pas, lui réplique-t-elle.

-Tu vas nous maudire ?

Elle se fit pousser par un enfant derrière elle, et les autres se mirent à rire avant de lui jeter les pierres qu'ils avaient dans les mains. Ils ne cessaient de répéter en boucle qu'elle était un démon, que ses parents l'avaient abandonné pour ça et qu'elle devrait mourir. Réprimant ses larmes, la petite fille espérait qu'ils se lasseraient vite. Soudain, une voix retentit, faisant s'arrêter immédiatement les enfants.

-Qu'est-ce que vous les gosses ?! Arrêtez de vous en prendre à cette gamine !

Immédiatement, les enfants partirent en courant. Robin se releva, constatant qu'elle n'avait que des blessures mineures. Elle s'empressa de récupérer son livre, s'assurant qu'il n'est pas abîmé. Un adulte vint la rejoindre rapidement, sûrement celui qui a crié. Il se pencha vers elle, posant une main sur son épaule alors qu'il détaille les blessures sur son corps.

-Ces enfants, ils mériteraient une bonne correction…

-Ça va monsieur. Merci de m'avoir aidé.

-De rien ! Si jamais je les choppe, je les ramènerai en pleurant à leurs parents !

Voyant que la petite commençait à s'éloigner, il s'exclama.

-Attends ! Tu es sûr que ça ira ? Tu es blessée…

-J'ai l'habitude. Merci de vous inquiéter.

Avant qu'il ne puisse insister, elle partit rapidement. Elle se précipita vers la bibliothèque, son seul refuge dans cette ville. Elle s'assura que personne ne la suivait, puis poussa la lourde porte d'entrée, souriant en voyant les étagères familières et les pile de livres qui ont été apportés récemment. Ça lui faisait plus à lire et découvrir. Même si pour le moment, c'est un autre type de livre qu'elle voulait voir. Elle s'approcha du mur tout au fond et elle retira plusieurs livres présents sur l'une des étagères. Un petit bouton apparut et elle s'empressa d'appuyer dessus. Il y eu un déclic et l'armoire se détacha du mur, laissant la petite face à un trou qui faisait office d'entrée.

-C'est parti, s'exclame-t-elle.

Elle vérifia que personne ne pouvait la voir, puis se précipita dans les escaliers. Elle dévala les marches une à une, arrivant ensuite dans une grande pièce de stockage. Les livres présents ici sont de vieux parchemins très abimés par le temps, jaunit par parfois déchirés à cause de l'humidité. Ils ont une particularité qui fait que la jeune Robin les aime : ils sont écrits dans une langue ancienne appelé « Ponéglyphe ».

La jeune demoiselle s'empara d'un livre qu'elle n'avait pas encore lu, parcourant les pages des yeux avec des yeux brillants. Elle jetait de temps en temps un coup d'œil à son carnet dans lequel elle a prit des notes pour traduire les livres. Elle était si absorbée dans ce qu'elle lisait qu'elle ne vit pas une porte s'ouvrir un peu plus loin, et un vieil homme en sortir.

-Robin ?! Que fais-tu ici ?!

-Ah ! Monsieur le gérant !

-Tu n'as pas le droit d'être ici ! Comment connais-tu même l'existence de cette pièce ?!

Du coin de l'œil il aperçut l'armoire encore ouverte, grimaçant. Qui sait depuis combien de temps elle vient ici. Lorsqu'il s'approcha d'elle, il remarqua le livre ouvert à ses pieds, ainsi que le carnet de note. Il vit la culpabilité sur le visage de Robin, qui mordillait sa lèvre et jouait avec ses mains nerveusement. Il ramassa le livre et le posa sur une pile, avant de lui tendre son petit carnet.

-Tu peux les lire ?

Robin hocha la tête et le gérant soupira.

-Écoute Robin, tu ne dois plus venir ici.

-Pourquoi ?! Je veux seulement connaître le trou dans l'histoire !

-Ces écrits sont très anciens et le gouvernement ne veut pas que qui que ce soit puisse les lire ! Tu le peux, et tu détiens désormais un grand pouvoir !

Robin regarda les livres. Ils ne faisaient que parler d'histoire. Elle ne voyait pas ce qu'elle pourrait faire de toutes ces informations. Le vieil homme lui parla alors d'une arme antique appelée « Pluton ». Une arme si puissante et dévastatrice que son utilisation a été interdite. Il n'existe personne aujourd'hui capable de la créé sans les plans et sans savoir lire les Ponéglyphe. Mais l'on raconte que si un jour quelqu'un possède cette arme, il aura le pouvoir de renverser le gouvernement à lui seul.

-Si les Shichibukai apprennent que tu peux lire les Ponéglyphe, ils voudront te tuer Robin !

-Mais je ne veux pas faire renaître Pluton !

-Je le sais Robin. Je sais que tu ne feras jamais rien de mal. Mais le gouvernement ne voudra pas te croire. Promets-moi que tu ne reviendras plus ici et que tu n'en parleras à personne !

La petite fille fit la moue, mais promit malgré tout. Elle n'avait pas le choix. Tenant toujours dans ses mains son roman et son carnet, elle remonta les marches et quitta la bibliothèque. Elle aperçut, juste avant de disparaitre, le gérant en train de condamné la porte par laquelle elle est entrée. Elle ne pourra plus jamais remettre les pieds dans l'autre pièce, et ça l'attrista. Elle aurait voulu découvrir plus de choses…

Elle arriva dans la forêt, son deuxième lieu de paix et de calme. Leur village est assez exclu et le gouvernement vient très peu les voir. En général, c'est pour la chasse. Les villageois affirment que des criminels, des Révolutionnaires ou des bêtes sauvages se cachent dans la forêt pour être tranquille. Robin n'y croit pas, et comme les autres ont trop peur, ils ne viennent pas la déranger quand elle est ici. Plongée dans ses pensées, elle s'enfonça plus loin que d'habitude, et c'est là qu'elle l'aperçu.

-Qu'est-ce que c'est ?

Lorsqu'elle tient la trouvaille entre ses mains, elle constata qu'il s'agissait d'un fruit. Elle ne l'avait jamais vu avant, mais elle le trouvait très joli. Il avait l'air bon aussi, la chair molle sous ses doigts couverte de spirale. Sans se poser de question, elle mordit dedans avant de grimacer au goût amer. Elle jeta le reste du fruit dans un buisson et s'assit au pied d'un arbre pour lire.

-J'y arriverai un jour, dit-elle, pleine de conviction.

Oui, un jour elle découvrira ce qui s'est passé pendant ce « trou dans l'histoire ».


Franky

Il était tard le soir lorsque Tom retourna chez lui. Lorsqu'il passa la porte, Iceburg apparut avec une expression inquiète, suivit peu de temps après de Kokoro. Ils vivaient dans une maison reculée à proximité d'une ville laissée à l'abandon. Le crime règne en maitre ici et ne le voyant pas revenir ils avaient eu peur qu'il soit arrivé quelque chose au charpentier. Iceburg soupira de soulagement en le voyant sain et sauf.

-Où étiez-vous sensei ?

-Je me suis fait une connaissance et je l'ai ramenée.

-Une connaissance, demande Kokoro.

Ils remarquèrent alors le petit garçon qui se tenait derrière Tom et qui leur lançait des regards méfiants. Il avait les cheveux bleus et les yeux noirs. Iceburg pensa qu'il venait des quartiers les plus pauvres, au vu de sa tenue vestimentaire : une chemise et un caleçon, pas de pantalon. Il apprendra plus tard qu'il n'aimait tout simplement pas en porter. Tom s'écarta et poussa le gamin en avant, le forçant à s'avancer.

-Soit pas timide, gamin !

-Pourquoi tu l'as ramené ?

-Il m'a demandé de faire de lui mon apprenti. Il a l'air plutôt doué.

Tom éclata de rire, alors qu'Iceburg et le gamin s'échange un regard haineux. Ils le savaient, ils n'allaient pas s'entendre. Kokoro sourit, amusé par leur rivalité naissante, puis s'approcha du plus jeune pour lui demander.

-Comment tu t'appelles ?

-Cutty Flamme !

-C'est pas un prénom ça, marmonne Iceburg.

-Je m'en fou de ton avis ! Je t'ai pas sonné !

-Apprend le respect morveux !

Les jours passèrent dans la bonne humeur, même si les deux enfants ne cessaient de se disputer au moindre prétexte. N'aimant pas le nom de Cutty Flamme, Iceburg commença à l'appeler Franky, ce qui ne le dérangeait pas. Tom leur apprenait à tous les deux le métier de charpentier, et il s'avéra qu'ils étaient aussi doués l'un que l'autre. Tom était très fier d'eux et ne cessait de vanter leur mérite chaque jour. Les mois passèrent, et le jeune Cutty Flamme s'était parfaitement adapté à sa nouvelle famille. Il appréciait même Iceburg, mais il ne l'avouera jamais.

Un jour, il était dehors, observant la décharge. Ils habitent près de l'eau et leur maison est situé près de ce que tout le monde appelle un « cimetière de bateau ». Tom et ses deux apprentis avaient l'habitude de se servir dans les restes des bateaux échoués pour construire d'autres bateaux ou objets qu'ils pourraient vendre ou se servir. Observant les carcasses de navires, Cutty Flamme sortit une feuille et un crayon, dessinant sans vraiment regarder.

-J'y pense encore, se dit-il.

Depuis longtemps, en fait depuis qu'il sait dessiner, il refait assez souvent le même plan. C'est devenu une habitude et il sait qu'il pourrait le faire les yeux fermés s'il avait envie d'essayer. Il ne sait pas exactement de quel plan il s'agit cependant, mais plus il apprend auprès de Tom et plus il comprend ce qu'il dessine, et il commençait à trouver ce truc plutôt cool.

-Tu fais quoi morveux ?

-Ça ne te regarde pas, idiot.

-C'est un plan non ? Je peux le voir ?

Le jeune garçon haussa les épaules et lui tendit son dessin. Ils se détestent peut-être, mais quand il est question de leur travail, ils savent être sérieux et respectueux. Iceburg observa attentivement le dessin et il fronça les sourcils. C'était quelque chose de très élaboré, un peu trop pour Cutty Flamme. Il n'avait pas encore toutes les connaissances nécessaires pour réaliser ça. Tom arriva derrière lui et se pencha pour observer le plan. A peine il eut jeté un coup d'œil qu'il s'exclama, paniqué.

-Où avez-vous trouvé ça ?!

-Hein ? C'est cet idiot qui l'a dessiné.

-Hé !

Tom regarda le plus jeune, choqué. Lui, il a dessiné ça ? Mais comment étais-ce même possible qu'il puisse connaitre ce plan ?! Comment a-t-il pu le dessiner avec autant de détails, il dirait même à la perfection ?! Il prit le plan des mains d'Iceburg et le montra à Cutty Flamme.

-Comment connais-tu ce plan ?!

-Tom-san, qu'est-ce qu'il y a avec ce plan, demande Iceburg.

-Je pense que j'ai dû le voir un jour, quand j'étais petit, répond le jeune garçon. Je n'arrive pas à l'oublier, peu importe combien de fois je le dessine et brûle le dessin.

Il reprit son plan et le déchira lui-même, sous les yeux effarés de Tom et Iceburg. Puis il prit une nouvelle feuille et en quelques minutes à peine, il le redessina à l'identique. Il avait l'air ennuyé, comme si ce qu'il tenait entre ses mains n'avait que très peu d'importance. Tom comprit qu'il ne savait pas ce que représente exactement ce plan. Il regarda autour de lui, pour être sûr que personne n'a écouté leur conversation. Puis il fit signe aux deux garçons de venir avec lui et ils retournèrent à la maison.

-Tom-san, quel est le problème avec le plan de Franky ?

-Je vais vous expliquer. Comprenez qu'il s'agit-là de quelque chose de très dangereux.

Les deux garçons échangèrent un regard, puis hochèrent la tête. Quoi qu'ils apprennent maintenant, ils devaient le garder pour eux. Tom prit une profonde inspiration avant de parler. Il s'agit d'un sujet sérieux et il fallait impérativement que ses disciples comprennent la gravité de la situation dans laquelle se trouve Cutty Flamme.

-Il existait autrefois ce que l'on appelle les « Armes Antiques ».

-Les armes antiques ?

-Ce sont des armes extrêmement puissantes. Capables de détruire le monde. Leur construction a été interdite par le gouvernement il y a des siècles.

-Quel est le rapport avec mon plan, grogne Cutty Flamme.

-Tom-san, ne me dites pas que…

Tom hocha la tête, l'air grave. Iceburg serra les poings. Lui aussi commençait à paniquer. Le plus jeune les regarda tour à tour, ne comprenant pas ce qu'il se passait. Quel était le problème avec son plan ?

-Ce que tu as dessiné Franky… C'est le plan de l'arme antique Pluton.

-Quoi… Mais…

-Je ne comprends pas, s'exclame Iceburg. Comment a-t-il pu voir ce plan si les armes antiques sont interdites depuis des centaines d'années ?!

Tom haussa les épaules. Comment Cutty Flamme est parvenu à prendre connaissance de ce plan est un mystère. Le gamin lui-même ne pouvait dire quel jour il a vu ce plan et ce qu'il s'est passé à ce moment-là. Il ne sait pas d'où il vient. Son dernier souvenir de son père, c'est quand il l'a jeté à la mer parce qu'il gênait. Tom reprit bientôt la parole.

-Le plan de Pluton se transmet de génération en génération chez les charpentiers. Mon maitre m'en a confié la garde il y a des années.

-Vous avez les plans de Pluton, s'exclament les deux enfants.

-Non. Je les ai détruits.

Depuis le jour où il a compris que Pluton était dangereux, l'homme qui avait en sa possession les plans a prit une décision importante. Il ne permettrait à personne de s'en servir. Il a gardé les plans cachés, affirmant qu'ils n'existaient plus pour que personne ne cherche à s'en emparer. Il l'a transmis à son élève en lui expliquant de quoi cette arme était capable. Son élève a choisi de cacher les plans lui aussi, et à sa mort de le transmettre à son propre disciple. Cela à continuer sur plusieurs générations. Chacun pouvait faire ce qu'il voulait des plans, mais tous ont pris la même décision : les cacher.

Jusqu'à Tom.

Quand il a eu les plans en mains et qu'il les a étudiés, il a décidé que de tels plans ne devaient même pas existés. Son maitre lui a dit que trois choix se présentaient à lui : utiliser les plans pour construire l'arme, les cacher ou les détruire. Tom a alors brûlé les plans. S'ils n'existent plus, Pluton disparaitrait définitivement. Mais l'arrivée de Cutty Flamme remet tout en question.

-Tu es désormais la seule personne capable de réveiller Pluton.

-Non… Je ne peux pas ! Il y a des écrits sur le plan !

-Des écrits, s'étonne Iceburg. De quoi tu parles ?!

Le jeune garçon redessina le plan, mais cette fois il prit plus de temps. Quand les deux hommes regardèrent à nouveau, il y avait des notes cette fois. Mais impossible de déchiffrer ce qu'elles voulaient dire. Iceburg serra les dents et jeta un regard désespéré à Cutty Flamme.

-Tu écris mal…

-Tais-toi !

-C'est écrit en Ponéglyphe, murmure Tom. Tu as retenu les textes mais tu ne sais pas le lire…

Cutty Flamme hocha la tête avant de déchirer son plan furieusement. Il n'y avait pas de quoi en faire toute une histoire, puisqu'il ne peut pas faire marcher l'arme sans les textes. Il s'agissait probablement de note, mais comment construire Pluton s'il ne les comprend pas ?! Tom ne parut pourtant pas soulagé par cette nouvelle.

-Même si te ne peux pas le lire, tu n'es pas tranquille.

-Pourquoi ?! Ce plan ne sert à rien !

-Peut-être mais le gouvernement cherche à récupérer les plans. S'ils savent que tu peux les dessiner, ils viendront te chercher. Pour le moment, ils pensent que c'est moi qui le possède.

-Franky, intervient Iceburg. Promet que tu n'en parleras à personne, et que tu seras discret !

Le jeune homme regarda tour à tour Iceburg et Tom, avant de baisser la tête. Il venait d'apprendre en quelques minutes qu'il connaissait par cœur le plan d'une arme qui pourrait causer la fin du monde, et que sa vie est en danger. A partir de maintenant il n'est plus maitre de son destin. Ce qui lui plait le moins, c'est l'air inquiet sur les visages de Tom et Iceburg. Jamais ils ne l'avaient regardé comme ça. Finalement, il se résigna. Il ne pouvait pas lutter contre ça.

-Ok… Je le promets…


Brook

-Brook ! Joue encore la chanson !

Le musicien releva la tête à l'entente de son nom, apercevant son capitaine à quelques mètres de lui, souriant. Sans hésiter, il attrapa son violon et le rejoignit en courant. Quand il arriva sur le pont du bateau, ses compagnons avaient empoignés leurs instruments. Il se plaça au centre, jouant les premières notes de la chanson préféré de leur capitaine : Bink's sake. Immédiatement, d'une seule et même voix, tout le monde se mit à chanter avec bonheur. Brook ne put s'empêcher de sourire, mettant plus de passions dans la musique.

Il n'avait plus de maison depuis longtemps, vivant uniquement de son amour de la musique. Il pouvait jouer de n'importe quel instrument, même s'il préférait le violon et le piano. Il pouvait apprendre n'importe quelle partition et la rejouer plusieurs centaines de fois sans se tromper. Il n'y a rien de plus jouissif pour lui que de jouer de la musique. Quand la chanson se termina, il reçut un tonnerre d'applaudissement.

-Tu es le meilleur Brook !

-Encore ! Encore !

-Hé, laissez-le se reposer !

-Je peux jouer toute la nuit !

-Tu dois vraiment te reposer Brook…

Ne les écoutant pas, Brook commença une nouvelle chanson, sous les protestations de ses amis et les rires de leur capitaine. Yorki était un homme de valeur, qui avait décidé de prendre un jour la mer pour vivre libéré des lois ridicules instaurées par les Shichibukai. Il voulait explorer le monde. Ils étaient des hors-la-loi, mais ils vivaient heureux. Quand il a proposé à Brook, son meilleur ami, de venir avec lui sur les mers, le musicien n'a pas hésité et a tout laissé tomber pour le suivre. Il est devenu le second de l'équipage.

Ils ont emmené avec eux tous ceux qui étaient assez fou pour tout plaqué et les suivre. Depuis plusieurs années maintenant, ils arpentent les mers, découvrent des îles vierges de toute civilisation et regorgeants de denrées délicieuses et de paysages magnifiques. Yorki disait toujours que s'ils pouvaient emmener toute la population sur ces îles paradisiaques, la vie mériterait d'être menées. Brook ne pouvait qu'être d'accord avec lui.

-Brook, fait donc une pause, ordonne Yorki.

-Oui capitaine.

-Nous allons accoster sur une île ce soir. Economises-toi pour la fête.

-D'accord !

Il pouvait être appelé un idiot, ou un soumis. Brook avait juste un profond respect pour son capitaine. Il est le genre d'homme qui ne flanche pas, peu importe la situation. Ils ont vécu des moments difficiles, perdus des compagnons, mais Yorki a ravalé ses larmes, supporté la tristesse des autres et donnés un adieu honorable aux disparus. Il faisait partie de ses personnes nées pour dirigées, sans en avoir conscience.

Yorki aimait beaucoup la musique de Brook, et ne se lassait jamais d'entendre sa chanson préférée au violon, chantée par l'ensemble de ses hommes. Ce sont les moments qu'ils préfèrent dans sa vie. Les jours passent, il se dit que sa vie est simple, et il n'a pas de rêve. Malgré tout, il est heureux. Il serait prêt à vivre ainsi pour l'éternité. Quand il le peut, il demande à Brook de jouer, et le musicien est tellement heureux de pouvoir faire ça pour lui qu'il ne refuse jamais. Il se précipite à chaque fois, jouant jusqu'à s'effondrer de fatigue, ou jusqu'à ce que Yorki parvienne à le convaincre de s'arrêter.

-Capitaine, l'interroge Brook. Tout va bien ?

-Ouais. Je me disais juste que… Je ne serai pas heureux sans vous les gars.

-C'est toi qui nous as réunis. Le mérite te revient.

-Je suis content que tu ais accepté de me suivre ce jour-là Brook. Sans toi, je ne serai rien.

-Mais… Yorki, c'est toi…

-Non. Ce n'est pas moi. C'est nous Brook. Un homme ne peut rien accomplir seul.

Brook n'osa plus rien dire après cela. Il y avait une telle profondeur dans les mots de son capitaine. Il était trop ému pour parler. Cet homme n'avait tout simplement pas conscience de sa propre valeur, accordant trop d'importance à celle de ses hommes. Brook posa son violon sur son épaule et leva son archer.

-Je t'ai dit de faire une pause…

-Je veux le faire pour vous capitaine.

Il commença une version plus triste de Bink's sake, sans paroles. La musique est plus lente, les notes plus longues, et elle est chargée de sentiments. Yorki écarquilla les yeux, surprit et touché. Peu à peu, les autres marins fredonnèrent pour accompagner Brook, et quelqu'un suivit son rythme au piano. C'est comme s'ils disaient tous merci à leur capitaine. Les larmes aux yeux, Yorki baissa la tête.

-Bande d'idiot… Merci…

Le soir venu, ils accostèrent comme prévu sur une petite île paradisiaque et firent la fête. Il y eu beaucoup à manger des fruits inconnus et de la viande juteuse. Il y eu aussi beaucoup de musique, les marins dansant autour d'un immense feu, au rythme du violon de Brook. Yorki fut traité comme l'invité d'honneur de cette fête, forcé à danser par ses amis et constamment entouré. Il ne resta pas seul une minute et passa la soirée à plaisanter. C'est à une heure très avancée que tous les marins s'endormirent, couché sur le sable et ronflant comme des locomotives.

-Je n'avais pas besoin de remerciements spéciales.

-Ça nous fait juste plaisir capitaine.

-Je m'en souviendrai Brook.

-Bien sûr capitaine.

Le musicien joua une douce berceuse et Yorki ne tarda pas à se laisser tomber dans les bras de morphée à son tour. Une fois sur que tout le monde dormait profondément, Brook se leva. Il posa son violon en sécurité contre un arbre, puis secoua le sable de ses cheveux. Il regarda son capitaine, ne résistant pas à mettre une couverture sur lui, et sur chacun des membres de leur joyeux équipage. Il s'éloigna ensuite sur la plage pour se promener avant de dormir.

-Ça fait longtemps qu'on n'a pas vu la terre, se dit-il. C'est agréable.

Il longea la plage, les pieds dans l'eau, laissant l'eau glaciale lui caresser la peau. Parfois, il se demandait comment ça se passait pour ceux qui sont toujours au royaume. Est-ce que les lois sont devenues plus laxistes, ou se sont-elles au contraire durcies ? S'ils reviennent un jour, dans quel état vont-ils retrouvés leur pays ? Il se sentait un peu égoïste d'avoir cette vie, quand tant d'autres souffrent chaque jour. S'il pouvait tous les sauver, il le ferait. Il aimerait en avoir le pouvoir.

-C'est mon seul souhait ! Je veux que Grand Line puisse prospérer à l'avenir !

Quelque chose attira alors son attention. Il s'approcha et trouva un étrange fruit dans le sable. Il avait des spirales sur sa coque, et il semblait tendre sous ses doigts. Il ne parvient pas à se rappeler s'il y avait ce genre de fruit durant leur banquet. En tout cas, il n'en a pas mangé, et il aimerait bien y goûter ! Il mordit dans le fruit, l'engloutit tout entier et tira la langue.

-Ça a un très mauvais goût…

Il poussa un bâillement et décida de retourner vers les autres. Il s'installa contre l'arbre, à côté de son violon, et ferma les yeux. La dernière chose qu'il vit avant de sombrer dans le sommeil, fut les sourires sur les visages endormit de ses compagnons.


Law

Les flammes. A parte de vue. Pas un seul bâtiment n'a été épargnés. Certains se sont même déjà effondrés. Au milieu de ce chaos, une respiration haletante poussée par un petit garçon. Il court, jetant de temps à autres un regard aux multiples cadavres qui jonchent le sol. Lui-même est blessé. Ses genoux et ses mains son écorchées, et il a une blessure à la tête. Le sang coule et le gêne, mais il ne veut pas s'arrêter. Ses muscles le brûlent, il a du mal à respirer mais il ne peut pas s'arrêter. Il arrive bientôt à sa destination et un gémissement le quitte.

L'hôpital. IL est aussi en feu.

Il s'approche et aperçoit alors des corps devant la grille d'entrée. Deux corps sans vie, baignant dans une grande flaque de sang. Sa lèvre inférieure tremble et il s'approche en courant des deux corps. Il se jette à leur côté, ignorant le sang sur sa peau et sur ses vêtements. Il n'ose pas toucher de ses mains, tremblant sans savoir quoi faire. Les larmes troublent sa vision, et il les chasse d'un battement de cil alors qu'il murmure.

-Papa… Maman…

Un sanglot lui échappa. La douleur était si forte, si puissante en lui. Il serra les poings, et c'est comme s'il avait perdu la raison. Il leva la tête au ciel, hurlant son désespoir. La ville brûle autour de lui, ses parents sont morts, tout le monde est mort il ne sait pas pourquoi. Qu'ont-ils fait ? L'ont-ils mérité ? Ses parents ont toujours soigné les autres, ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour aider, sans se plaindre, sans être injuste. Pourquoi devaient-ils mourir et le laisser ?

-Hé. Gamin.

Le petit garçon se stoppa. Il y avait quelqu'un derrière lui, quelqu'un dont la seule présence est intimidante. Il n'était qu'un enfant, mais il pouvait sentir le danger. Il vit un couteau dans la main de son père, et s'en saisit. Il fit volte-face, brandissant le couteau vers l'homme qui se trouve derrière lui, le regard mauvais. Il le reconnut facilement : le Shichibukai Doflamingo. Le blond ne paru pas impressionné un seul instant par la menace, paraissant plutôt amusé.

-Qu'espère-tu faire avec ça ?

-Je ne vous laisserai pas me tuer !

-Je n'ai pas l'intention. En fait, tu as l'air intéressant comme petit. Tu t'appelles ?

L'enfant hésita à répondre, puis un mot s'échappa d'entre ses lèvres dans un murmure, comme s'il s'agissait d'un secret.

-Law. Trafalgar D Water Law.

-Law… Je vois…

Doflamingo avait entendu parler de cet enfant. Tout le monde disait qu'il finirait par devenir un brillant médecin, au vu de ses progrès fulgurants et de son ambition. Ce village s'était opposé au pouvoir des Shichibukai un peu trop vigoureusement au goût de Doflamingo, et il fallait qu'ils paient. Mais il serait dommage de perdre un aussi bon élément. Il fit un pas en avant mais n'essaya pas d'aller plus loin lorsque Law brandit plus haut son couteau.

-Tu te trompes si tu penses que je suis ton ennemi.

-Vous avez détruit la ville. Vous avez tué tout le monde !

-C'est faux. Je suis venu ici pour punir le responsable. C'est chose faites. Tes parents sont vengés.

Law baissa le couteau et Doflamingo sourit. Le petit croyait à son mensonge. Law jeta un coup d'œil aux corps derrière lui, le cœur serré de douleur. Même s'ils sont vengés, ils ne reviendront pas. Il était tout seul maintenant ? Qu'allait-il devenir ? Où aller ? Que faire ? Il ne pouvait pas survivre tout seul…

-Petit.

-Je… Je ne sais pas quoi faire…

-Viens avec moi.

Law dévisagea avec surprise l'homme en face de lui. Venir ? Vivre avec lui ? Pourquoi cet homme si important, qu'il ne connait pas, lui propose cela ? Pourquoi s'intéresser à un orphelin comme lui ? Doflamingo s'approcha et lui retira le couteau des mains avant de le jeter plus loin. Puis il prit le petit par les épaules.

-J'ai entendu parler de toi. Tu as un talent. Si tu travailles dur, tu pourras devenir un brillant médecin.

-Mais… Mes parents sont…

-Je pourrais t'apprendre à leur place ! Tu ne manqueras de rien si tu viens avec moi, je le jure !

Law jeta un dernier regard à ses parents, puis hocha la tête. La suite se passa comme dans un brouillard. Sans doute était-il trop épuisé par les évènements, sa fuite et le choc de la perte de ses parents. Il ne souvient pas avoir quitté la ville, ni être monté dans une voiture avec Doflamingo. Il se réveilla lorsque le blond le secoua pour le réveiller. Il était allongé sur la banquette arrière et la portière était ouverte. Il comprit qu'il devait descendre et s'exécuta sans un mot.

-Nous sommes arrivés chez moi. C'est également ta nouvelle maison.

Le petit garçon leva les yeux vers l'immense manoir qui se dresse devant lui. Des domestiques se précipitèrent, proposant de l'emmener pour se changer. C'est vrai qu'il était encore couvert de sang. Law regarda ses mains, grattant pour enlever le liquide poisseux qui a séché. Doflamingo congédia les domestiques, disant qu'ils s'occuperaient de Law plus tard. Il s'adressa ensuite au petit, tout en le conduisant à l'intérieur.

-Je vais être très occupé, mais ne t'en fais pas. Je ne vais pas te laisser te débrouiller seul.

-Je pensais que je resterai avec vous…

-Ne t'inquiète pas. Je vais te confier à quelqu'un en qui j'ai confiance.

Il le guida dans un grand couloir et s'arrêta devant une double porte. Il toqua deux coups très insistants, puis entra sans attendre de réponse. Law lui emboita le pas rapidement. La pièce était grande, comme un salon. Assit sur l'un des canapés, il y avait un homme qui ressemblait beaucoup à Doflamingo. En les apercevant, il se leva rapidement, trébucha sur ses propres pieds et s'étala de tout son long sur le sol.

-Law. Je te présente mon frère Corazon. Ne t'attend pas à ce qu'il te parle, il est muet.

L'homme se releva tant bien que mal, puis s'inclina. Doflamingo lui expliqua qu'il serait responsable de Law à partir de ce jour, et que le jeune garçon devait apprendre la médecine. Corazon acquiesça à tout ce que disait Doflamingo. Satisfait, le Shichibukai quitta la pièce, disant que des domestiques viendraient bientôt s'occuper de Law. Une fois qu'il fut parti, Corazon se tourna vers Law et le fixa.

-Quoi, demande l'enfant.

Se rappelant qu'il ne pouvait pas parler, il s'apprêtait à lui dire d'arrêter de le fixer puis de changer de sujet, mais une voix douce lui fit presque faire un grand bon.

-Donc tu t'appelles Law, sourit Corazon.

-Mais… Tu… Tu parles ?! Je croyais que…

Corazon s'approcha en lui disant de ne pas faire de bruit, mais il trébucha à nouveau et s'effondra, manquant de peu de faire tomber Law avec lui. Le petit garçon s'écarta à temps, fixant le blond comme s'il était un extraterrestre. Corazon se redressa et s'approcha de lui, lui faisant un sourire espiègle.

-C'est un secret…

-Pourquoi ?

-Je vais t'expliquer. Mais ça va prendre un moment… Il y a beaucoup à dire.

Les domestiques passèrent comme prévus pour s'occuper de Law. Ils attendirent qu'ils soient partis avant que Corazon n'explique à Law ce qui se passait ici. Il lui parla des différents qu'il a eu avec son frère a propos du coup d'état. Il a décidé de faire semblant d'être de son côté, et de faire semblant d'être muet grâce à son fruit du démon. Il ne développa pas les raisons pour lesquelles il le faisait vraiment, mais Law ne demanda pas. Il comprit que Corazon devait attendre le bon moment pour supprimer lui-même son frère, parce qu'il sentait que c'était là son devoir.

Law se demandait juste s'il en serait capable le moment venu…


Premier chapitre terminé !

Il introduit un peu les personnages principaux de cette nouvelle fan-fiction. Comme vous avez pu le remarquer, je reprends certains éléments principaux de l'œuvre, mais je remanie les choses a ma façon. Il s'agit d'un Univers Alternatif ! Un mélange entre l'univers de l'œuvre originale et de notre monde !

Je voudrais publier un chapitre par semaine, mai je ne promets rien...