Shichibukai
Vingt longues années ont passées depuis leur arrivée au pouvoir. Vingt longues années passées à mettre en place une politique stricte sur l'ensemble du royaume. Vingt longues années de combat pour imposer sa vision des choses, de discussions, de prise de décision et de compromis. Mais aujourd'hui, tout ce dur travail est menacé. Les Révolutionnaires commencent à bouger.
-Nous ne pouvons les laisser faire, hurle Moria.
Considéré comme le plus faible des Shichibukai, il fut celui qui suggéra autrefois d'utiliser les fruits du démon pour affirmer leur autorité, au lieu de simplement les détruire. Il fut l'un des premiers à en manger un : de type Paramecia, le fruit de l'ombre lui permet un contrôle total sur ces dernières. Il s'est empressé de se forger une armée de mort vivant qu'il utilise pour protéger son territoire, la partie du royaume qui lui appartient. D'un naturel confiant, il était le premier à s'énerver lorsqu'un problème se pose.
-Tu es trop bruyant, marmonne Crocodile.
Le seul des Shichibukai à posséder un fruit du démon de type Logia, le genre le plus rare. Les coups physiques sont inutiles sur lui, puisqu'il peut se changer en sable et contrôler ce dernier à sa guise. Responsable d'un réseau d'informateur plutôt bon, il est celui qui découvrit l'existence des Fruits du Démon. S'il s'est initialement fortement opposé à l'utilisation de ces derniers, il finit par se ranger du côté de Moria, intéressé par les capacités qu'il pouvait obtenir grâce à eux. C'est un homme intéressé par la puissance et les armes les plus puissantes.
-Allons, ricane Doflamingo. Inutile de s'emporter.
Le blond est surnommé « le leadeur » car pour beaucoup c'est lui qui détient réellement le pouvoir, étant le plus puissant d'entre eux. Il donnait l'impression que rien ne pouvait l'ébranler, gardant son calme et sa bonne humeur en toute circonstance. Qu'il ait tué son frère il y a des années de cela est désormais connu de tous, ce qui décourage souvent ceux qui voudraient s'en prendre à lui. Il est réputé pour être cruel, son fruit du démon des fils lui offrant le pouvoir de jouer avec ses adversaires de la pire des manières avant de les achever.
Lui, ainsi que Gecko Moria et Crocodile, forment le trio originel, puisqu'ils sont les seuls à avoir mené la Révolution avant de perdre trois de leurs camarades, qui furent remplacés pour constituer l'actuel groupe des Shichibukai.
-Les hommes sont agaçants, peste Hancock.
Seule femme du groupe, elle est celle qui possède le moins de territoire des sept. En effet, elle ne dirige qu'un village composé entièrement de femmes, ainsi que les forêts environnantes. Cependant, son territoire interdit la venue de personne extérieurs. Même ses collègues ne peuvent y pénétrer. Après avoir mangé le fruit de la gorgone, elle peut changer en pierre quiconque ressent une attirance pour elle, ce à quoi son impressionnante beauté contribue grandement. Elle a succédé à une femme qui était également la chef du village des femmes d'où Hancock est originaire.
-Ne pourrions-nous pas en discuter sérieusement, soupire Jinbei.
C'est le seul du groupe qui n'est pas humain, puisqu'il est en réalité un homme-poisson, plus précisément Requin-baleine. Son successeur était pour l'unification des différents peuples, raison pour laquelle il a choisi Jinbei comme nouveau Shichibukai à sa mort. Avec son arrivé au pouvoir, les hommes-poissons ont cessés d'être martyrisé par les humains, devenant leur égal. Certains obtinrent même un titre de noblesse, comme le célèbre Arlong.
-Les réunions s'éternisent à cause de vos enfantillages, sermonne Mihawk.
Aussi connu sous le nom « Œil de Faucon », il a été choisi par son prédécesseur pour ses capacités d'escrime exceptionnelle, il est considéré par tous comme le meilleur épéiste du monde, titre auquel il n'accorde que peu d'attention. Il y a également une autre raison qui explique son arrivé au pouvoir : il est considéré comme une force majeure puisqu'il est connu pour être capable de tenir tête à certains des Révolutionnaires les plus influents, tel que Shanks le Roux. Cependant, le fait qu'il fut autrefois très proche de ce dernier lui attire parfois la méfiance de ses collègues. Ses relations avec Doflamingo ont toujours été tendues.
-Nous devons agir au plus vite, intervient Kuma.
C'est de loin le plus mystérieux des Shichibukai. Alors que les chefs qui ont menés la Révolution étaient au nombre de six, Doflamingo décida un jour d'intégrer Kuma dans leur groupe. Personne ne s'y est opposé, mais aucun d'eux ne connait exactement la raison pour laquelle il a été admis parmi eux. Néanmoins, sa puissance n'est pas à sous-estimée. Il a en effet mangé le fruit des Coussinets, qui n'est pas à prendre à la légère malgré son nom adorable. Kuma peut repousser tout ce qu'il touche, allant de l'air jusqu'à de véritables personnes.
-Nous devrions envoyer des équipes à la recherche de leur base, s'exclame Moria.
-Ça ne peut pas être si facile, contredit Jinbei.
-Nous devons plutôt grossir nos rangs et réduire les leurs, renchérit Mihawk.
-Vous voulez dire durcir la chasse, souffle Hancock.
-Mettons plus de patrouilles pour capturer ceux qui ont mangé un fruit du démon, propose Crocodile.
-Il faut aussi retrouver ceux qui nous ont échapper, ordonne Doflamingo. Comme Nico Robin et Roronoa Zoro.
-Que faire à propos de ce garçon qui s'est enfui il y a trois ans ?
-Il ne savait rien, de toute évidence. Il est inutile de s'intéresser à lui.
Tous les sept ils continuèrent de mettre en place différents moyens pour assurer une chasse plus stricte dans les différentes parties du Royaume. Ils continuèrent de se disputer de temps en temps, jusqu'à ce que Doflamingo les rappelle à l'ordre. Alors que la réunion était sur le point de se terminer, Crocodile aborda pourtant un sujet inattendu.
-Doflamingo. On devrait parler de ce gamin que tu gardes chez toi.
-Trafalgar D Law, demande Mihawk.
-Pourquoi devrions-nous discuter de lui, grogne le blond.
-Tous les possesseurs d'un fruit du démon doivent rejoindre les rangs de la Marine pour le bien commun. Maintenant que nous avons durci la chasse, il est injuste que tu le garde pour toi.
Doflamingo montra très clairement son mécontentement à cette requête, mais bientôt les autres se montrèrent d'accord avec l'opinion de Crocodile. Le brun lui posa un ultimatum : soit il tue Law, soit le garçon est amené ici, à la capitale, pour être à leur service à tous. Refusant de perdre un tel atout, Doflamingo n'eut d'autre choix que d'accepter.
-Je vais retourner dans ma propriété, et le ramènerai dans les prochains jours. La réunion est terminée.
Luffy
Cette fois-là, Luffy fut violemment tiré de son sommeil par Ace qui criait son nom, le secouant comme un prunier. Il ouvrit péniblement les yeux, surprit de voir qu'il faisait encore nuit dehors. Pourquoi son frère est venu le réveiller alors qu'il avait encore du temps pour dormir ? Il leva un regard fatigué vers Ace, mais ce dernier s'était déjà détourné de lui, fourrant dans un sac tout ce qu'il pouvait, comme des vêtements et de la nourriture. Luffy se redressa, se frottant les yeux.
-Ace… Qu'est-ce qu'il y a ?
-Ils nous ont retrouvés. On doit se barrer d'ici !
-Qui ?
Mais il n'obtient aucune réponse. Une fois sûr qu'il n'a rien oublié, Ace mit le sac sur son dos et empoigna Luffy par le poignet, le forçant à se mettre debout. Confus, le plus petit s'efforça malgré tout de le suivre sans traîner. Ils quittèrent la chambre pour trouver Dadan dans le couloir, entouré de ses hommes. Elle avait l'air inquiète, bien qu'elle s'efforçât de ne rien laisser paraitre.
-Ils ont durci la chasse, dit-elle. Nous aurions dû savoir qu'ils finiraient par vous trouver.
-De qui vous parlez, gémit Luffy.
-Du gouvernement idiot, grogne Ace.
-Hein ?! Mais comment ils ont pu ?!
-Je ne sais pas… Ils ont dû demander en ville. Nous devons partir tout de suite !
-Attendez que les autres reviennent, proteste Dadan.
Afin de trouver un chemin sûr pour que les deux garçons puissent partir, elle avait envoyé une poignée d'homme se renseigner sur l'arrivée des soldats. Luffy pouvait sentir qu'Ace était nerveux, à la façon dont il serrait sa main et à son regard sombre qui reste fixé sur la porte, comme s'il s'attendait à ce que les agents du gouvernement débarquent soudainement. Il aurait voulu lui assurer que tout irait bien, mais lui-même se sentait mal à l'aise, effrayé à propos de leur avenir incertain.
Luffy avait maintenant dix-sept ans, et Ace vingt. Ils ont passé dix ans ensemble, se remettant de la disparition de Sabo doucement et veillant l'un sur l'autre. Luffy avait dû changer de foyer pour être en sécurité, et Ace n'avait toujours connu que cet endroit et ce mode de vie. Devoir partir maintenant, sans savoir où aller et comment ils vont pouvoir survivre, ne les rassurait guère. En l'état actuel des choses, ils étaient seul contre le monde.
-Ne t'inquiète pas Luffy, murmure Ace. Je resterai toujours avec toi. Je te l'ai promis.
-Je te fais confiance Ace.
-On va s'enfuir tous les deux. Je trouverai un endroit sûr pour nous.
Luffy acquiesça, et la porte s'ouvrit. Les hommes de Dadan entrèrent, un large sourire aux lèvres. Ils avaient trouvé un chemin sûr. Ils expliquèrent à Ace comment sortir de la forêt sans se faire repérer. S'ils parviennent à atteindre la rivière et la traverser, les chasseurs perdront leur trace pour quelques jours et ils auront le temps de trouver un nouvel endroit où se cacher.
-Vous devez vous rendre dans un village plus éloigné où les contrôles sont plus rares, déclare Dadan.
-Comprit.
-Faites attention à vous surtout…
Les deux garçons lui firent un sourire rassurant, puis Luffy enroula ses bras élastiques autour d'elle en riant. Elle tenta de le repousser, affirmant qu'il était collant, mais elle ne put rien faire contre les larmes qui lui montaient aux yeux. Quand le petit brun se détacha, elle ressentit comme un grand vide dans son cœur, qui ne pourra jamais vraiment disparaitre.
-Merci d'avoir pris soin de nous Dadan, s'exclame Ace.
-Faites attention à vous, ajoute Luffy.
Puis ils quittèrent la maison en courant, disparaissant dans la forêt. Ace avait allumer de petites flammes au bout de ses doigts pour voir le chemin. Dadan et les autres bandits suivirent la petite lumière des yeux jusqu'à ce qu'elle disparaisse. Ils étaient partis pour de bon. Ils ne pourront plus les protéger désormais. Alors qu'ils auraient dû se sentir libre de ne plus avoir ces deux gamins sur le dos, ils avaient plutôt l'impression qu'une partie d'eux-mêmes était partie avec eux.
-J'espère que tout ira bien pour eux, murmure Dadan, le visage inondé de larmes.
Tout en prenant soin de veiller à ce que Luffy le suive bien, Ace se répétait mentalement le chemin qu'ils devaient prendre, essayant de ne pas se tromper. La forêt était dense une particularité de leur région. Il leur faudrait quelques heures pour atteindre la rivière, même en courant vite et en plein jour. Alors là, avec cette obscurité et le besoin d'être discret et à l'affut du moindre bruit, le chemin sera long… Et plus il y pensait, plus Ace se disait que quelque chose n'allait pas.
-C'est trop calme, pense-t-il. Les animaux ne sont pas là, et c'est le seul chemin sans surveillance.
-Ace, appelle Luffy. J'ai entendu quelque chose !
Le garçon s'arrêta, faisant volte-face. Luffy avait le regard posé sur un buisson. Immédiatement, Ace se mit en position de défense, avançant prudemment. Mais c'est un petit lapin qui sortit d'entre les feuilles, bondissant en couinant, filant rapidement et disparaissant bientôt du champ de vision des deux frères. Luffy le regarda, clignant des yeux dans l'incompréhension, puis se tourna vers Ace.
-Qu'est-ce qu'il a ?
-Il a eu peur de quelque chose… Luffy ! Attention, derrière toi !
Le plus jeune fit volte-face. L'un des chasseurs était là, son fusil à la main. Il tira mais la balle s'enfonça dans son corps en caoutchouc et rebondit. Luffy asséna à l'homme un coup de poing qui l'assomma directement. Ace le rejoignit bientôt, et ils se mirent dos à dos. En quelques secondes, ils se retrouvèrent encerclés. Le combat semblait inévitable désormais. Enflammant ses poings, Ace jeta un simple coup d'œil à son frère avant de s'élancer.
-On règle ça vite et on part, ordonne-t-il.
-Ok, répond Luffy.
Ils étaient plutôt fort tous les deux, échangeant des coups avec les chasseurs et les mettant à terre facilement. Mais il faisait nuit et leur champ de vision était assez réduit. Ace pouvait voir un peu mieux grâce à ses flammes, mais ce n'était pas le cas de Luffy, qui se retrouva au sol, une épée contre la gorge. Si les balles et les boulets de cannons ne lui font rien, il était malheureusement sensible aux lames. Ace l'aperçut et se précipita pour l'aider.
-Luffy !
-Tu ne devrais pas tourner le dos à ton adversaire.
Le garçon se retrouva lui aussi au sol, le visage enfoncé dans la terre et ses mains tordues dans son dos. Quelque chose de lourd, comme un bâton, appuyait sur son dos, le vidant de ses forces en plus de la pression douloureuse. « Kairoseki » grogne-t-il à voix basse. Cette pierre marine est le point faible de ceux qui possède un fruit du démon, car elle contient l'énergie de la mer. L'un des chasseurs sortit un mini den-den-mushi de sa poche et déclara d'une voix pleine de fierté.
-Nous avons capturer les deux fugitifs. Nous les arrêtons immédiatement. Terminé.
-Amenez-les menottes !
Ace se débattit, mais l'homme qui le maintenait se contenta d'augmenter la pression sur sa colonne vertébrale. C'est alors qu'un hurlement retentit. Ce n'était pas quelque chose d'humain, mais c'était plus puissant que celui d'un animal. Les chasseurs étant aussi surprit qu'eux, les deux frères comprirent qu'ils ne savaient pas non plus d'où ce cri pouvait provenir. Ils avaient beau regarder de tous les côtés, l'origine du bruit resta inconnue. Et il devient évident que ça leur faisait peur.
-Qu'est-ce que c'était à votre avis ?
-Maintenant que j'y pense, on aurait dit…
Le bruit retentit de nouveau, beaucoup plus proche cette fois. Toujours maintenu face contre terre, Ace ne pouvait pas voire grand-chose. Il apercevait à peine Luffy, quelques mètres devant lui. Mais maintenant que la surprise fut passée, ce cri lui paraissait familier. Il ne l'avait jamais entendu auparavant, mais ça ressemblait vaguement au bruit d'un animal.
-On dirait un oiseau…
-C'est quoi cette chose ?!
Luffy écarquilla les yeux alors qu'une créature fit son apparition, fauchant d'un coup quelques chasseurs, avant de remonter dans le ciel. Le brun ne pouvait distinguer exactement le corps de la bête, mais il pouvait voir qu'elle brûlait. Mais les flammes étaient étranges, bleues et très lumineuses. Elles ne dégageaient pas non plus de chaleur, comme on aurait pu s'y attendre. L'oiseau fonça dans sa direction, mais elle ne lui fit aucun mal, attrapant simplement le chasseur qui le retenait et le jetant contre un arbre.
-Trop cool, s'exclame Luffy.
L'oiseau fit la même chose avec ceux qui retenaient Ace, et ce dernier se remit sur ses pieds rapidement. Les chasseurs regardaient la créature enflammée avec terreur, et ils finirent par s'enfuir en courant. Les deux frères dévisagèrent l'oiseau, regardant avec effarement les flammes disparaitre pour laisser place à un homme blond. Ce dernier passa une main dans ses cheveux, l'air amusé.
-Ça fait longtemps que je n'avais pas fait ça.
-Qui es-tu, l'interroge Ace, méfiant.
-Tes pouvoirs sont trop cool, cri Luffy.
Le blond leur sourit et se présenta.
-Je m'appelle Marco. Je suis le commandant en second d'un des groupes de l'armée Révolutionnaires.
Ace écarquilla les yeux. Il avait déjà entendu parler de cet homme. Il avait semé le trouble à divers endroits de Grand Line et était activement recherché par le gouvernement, comme beaucoup de ses collègues Révolutionnaires. Il était particulièrement connu pour son fruit du démon de type Zoan Mythique : le fruit de l'oiseau modèle Phoenix. Il avait la réputation d'être intouchable.
-Pourquoi un homme tel que toi est ici, demande Ace.
-Je suis venu vous chercher. Un de nos informateurs nous a prévenu que deux détenteurs d'un fruit du démon étaient ici et seraient capturés cette nuit. Je suis venu en urgence.
Il jeta un coup d'œil à la forêt. Même s'il a réussi à faire partir les chasseurs, ils allaient sûrement bientôt revenir avec des renforts et mieux préparés à l'affronter. Ils ne devaient pas traînés ici. Il fit signe aux deux frères de le suivre.
-Je vais vous emmener à notre QG. Là-bas vous serez en sécurité.
-Tu penses qu'on va te croire, peste Ace.
-D'accord, répond solennellement Luffy.
-Mais Luffy…
-Il a dit qu'on serait en sécurité. Et il nous a sauvé. C'est une bonne personne.
Marco eut un sourire narquois, alors qu'Ace soupirait devant la stupidité de son petit frère. Luffy n'était absolument pas méfiant. Pour peu que tu lui donne un coup de main, ou de la nourriture, il te faisait confiance sans se poser de question. Un jour, ça allait lui attirer des ennuis. Mais si Luffy a décidé de suivre le blond, alors il ne pouvait qu'accepter. Il ne voulait pas quitter Luffy.
-D'accord, cède-t-il. On vient.
Satisfait, Marco laissa ses flammes bleues courir le long de sa peau. Ses bras se changèrent bientôt en ailes, même si le reste de son corps resta humain. Il s'envola dans les airs, faisant attention de rester suffisamment bas pour que les deux garçons puissent encore le voir.
-Dans ce cas… Suivez-moi !
Zoro
Après avoir fui son visage, Zoro savait qu'il serait recherché. Il ne sait pas pourquoi le gouvernement tient tellement à l'obtenir, lui plus que les autres, et il ne cherchait pas non plus à la savoir. Cependant, jamais il n'aurait cru qu'ils enverraient quelqu'un d'aussi puissant pour le capturer. Peu importe sa réputation, il devait être très important aux yeux des Shichibukai pour que l'un d'eux se charge de venir le chercher. Mais il ne pouvait pas mieux tomber.
-Œil de faucon.
-Roronoa Zoro.
Le vert dégaina aussitôt ses trois sabres, prêt pour le combat. Mihawk ne fit pas preuve d'autant d'entrain. Il se contenta d'observer Zoro de ses yeux jaunes, comme s'il pouvait lire dans son esprit. Son épée était attachée dans son dos, et il ne semblait pas presser de la saisir. Zoro ne put s'empêcher de se sentir un peu insulter par ce manque de prudence de la part de son adversaire. Plaçant l'un des sabres entre ses dents, il se mit en position pour attaquer.
-Tu as l'intention de m'emmener à la capitale, demande-t-il.
-Je ne partage pas le même intérêt pour toi que mes camarades.
-Tu me sous-estime.
-Je ne dis jamais non à un combat. Voyons de quoi tu es capable et j'aviserai ensuite.
Mihawk s'arma d'une arme ridiculement petite, ce qui n'aida pas Zoro à retrouver son calme. Le brun était clairement en train de le rabaisser en prétendant pouvoir le battre facilement avec un couteau. Prenant appui sur ses jambes, Zoro se projeta en avant, visant avec précision la poitrine de son ennemi. Il porta son coup avec toute la force dont il était capable, mais ses trois sabres furent stoppés par le petit couteau du brun.
-Impossible…
-Tu es trop pressé.
D'un habile mouvement du poignet, Mihawk repoussa ses katanas et enfonça la petite lame dans la poitrine du vert jusqu'au manche. Zoro poussa un cri étranglé, crachant du sang. La douleur l'envahit soudainement, alors que sa poitrine le brûlait terriblement. Il sentit le sang couler sur sa peau, tâchant son tee-shirt. Pourtant, il mit suffisamment de pression dans ses pieds pour rester debout, de reculant pas d'un millimètre. Mihawk lui-même fut surprit par ce geste.
-Pourquoi ne pas t'enfuir, demande-t-il.
-Si je le fais… Je ne pourrai plus jamais me présenter devant toi.
-Je pourrai facilement te tuer. Est-ce mieux ?
-Je préfère mourir avec honneur. Si je te tourne le dos, tu me tueras.
Le brun ne sut quoi répondre. Finalement, il arracha le couteau. Zoro serra les dents pour ne pas crier, portant instinctivement une main à la blessure. Le combat n'était pas encore terminé, et l'adrénaline coulant dans ses veines parvient à atténuer la douleur qu'il ressentait. Il se mit en position de défense cette fois-ci, mais Mihawk ne l'attaqua pas. Il jeta son couteau plus loin.
-Quel est ton ambition, Roronoa Zoro ?
-Te battre, pour devenir le meilleur épéiste du monde.
-Alors, par respect pour ce rêve, je vais me battre sérieusement.
D'un geste il saisit son épée. La lame noire brillait au clair de lune. Zoro fut un instant émerveillé par la qualité de cette épée démoniaque. Il allait vraiment se battre contre Œil de Faucon, et ce sabre si célèbre ? Il ne devait pas laisser passer sa chance. Tout en chargeant sur lui, Mihawk déclara d'une voix puissante.
-Regarde l'écart entre toi et moi, Roronoa Zoro !
Le jeune homme plaça ses sabres devant lui pour bloquer le premier coup. Lorsque la lame entra en contact avec les siennes, il se sentit faiblir. Le coup était puissant. Il s'écarte à la dernière seconde, parvenant à éviter de se faire couper une jambe. Il n'était pas assez puissant pour parer les attaques de Mihawk de front. Ce dernier donna des coups secs dans l'air, et des lames de vents manquèrent de le couper de toute part.
-Quelle puissance…
-Montre-moi tout ce que tu as.
Le dernier coup est pour maintenant. Fonçant l'un sur l'autre, les deux épéistes portèrent leur meilleur coup sur l'autre. Malheureusement, Mihawk s'en sortit indemne, et Zoro cracha du sang. Il était complètement écrasé par la puissance du Shichibukai. Mihawk fit volte-face, préparant son dernier coup. Ses yeux ne quittèrent pas Zoro alors qu'il chargeait.
Le vert lui fit face, les bras écartés.
-Pourquoi faire ça, l'interroge Mihawk.
-Il n'y a rien de plus humiliant pour un épéiste qu'un coup porté dans le dos.
Le brun sourit, et le sang gicla. Avec un gémissement de souffrance, Zoro s'effondra. Ses sabres tombèrent à ses côtés, mais il n'avait pas la force de bouger pour les ramasser. Mihawk rengaina son épée et tourna les talons pour s'éloigner. Ignorant les larmes chaudes dans ses yeux, Zoro marmonna.
-Tu ne m'achèves pas ?
-En l'état actuelle des choses, tu n'es pas une menace. Je te laisse la vie sauve cette fois-ci. Entraîne-toi, devient plus fort et un jour nous nous battrons.
Sûrement cette décision finira un jour par lui coûter cher. Il voulait faire un pari. Laissez la vie sauve à Zoro, et voir si un jour il pourra le renverser, et prendre le contrôle de ce pays. Voir si un jour il réalisera son rêve et volera à Mihawk son titre de Meilleur épéiste du monde. Zoro, après avoir entendu ses mots, perdit rapidement connaissance, en se demandant s'il allait vraiment survivre après avoir perdu autant de sang. Il pensait que non.
Pourtant il ouvrit les yeux.
-Il est réveillé, cri quelqu'un.
Zoro se redressa tant bien que mal, grimaçant lorsque sa blessure à la poitrine lui fit mal. Un adolescent était à côté de lui. Les cheveux bruns et les yeux rieur, il portait un chapeau de paille sur la tête et des vêtements plutôt léger pour le froid qui régnait ici. « Drôle de look » pensa Zoro. Derrière lui, il y avait un autre garçon encore moins vêtu. Il ne portait sur lui qu'un short en fait, avec un chapeau orange sur la tête. Il avait les cheveux noirs et des taches de rousseur sur le visage. Zoro les fixa tour à tour.
-Vous êtes qui, demande-t-il.
-Moi c'est Luffy ! Lui, c'est mon frère Ace !
-Salut.
-On t'a trouvé dans la forêt et Marco t'a soigné !
-Marco ?
Un homme apparut alors, un animal mort sur le dos. Il aperçut Zoro et lui sourit gentiment, jetant son butin aux pieds de Luffy qui se mit à baver d'envie. L'homme avait les cheveux blonds coiffés en ananas et sur son torse se trouvait un tatouage que Zoro aurait reconnu entre milles : celui de Barbe Blanche, l'un des commandants de l'armée Révolutionnaires. Marco suivit son regard et son sourire s'agrandit.
-Je suppose qu'il est inutile de me présenter.
-Pourquoi un Révolutionnaire est ici ?
-Il nous a aidé à nous échapper, explique Ace.
-Il va nous emmener au QG. Tu viens avec nous ?
Marco se laissa tomber à côté du vert, retirant le bandage pour vérifier la blessure. En même temps, il lui expliqua qu'il avait pour mission de sauver Ace et Luffy du gouvernement pour les ramener à la base des Révolutionnaires. Luffy l'interrompit pour montrer à Zoro son pouvoir élastique et il convainquit Ace de faire une démonstration du sien. Zoro n'avait encore jamais vu quelqu'un ayant mangé un fruit du démon, en-dehors de l'homme léopard qui a attaqué son village, alors il ne put cacher son étonnement.
-Impressionnant…
-Le pouvoir de Marco est encore plus cool ! Il peut devenir un Phoenix !
-Tu n'es pas du genre discret, ricane le blond.
-C'est une grande gueule, marmonne Ace.
Alors que les deux frères se disputaient, Marco avoua à Zoro qu'ils l'avaient trouvé alors qu'ils se rendaient justement au QG des Révolutionnaires. Il se vidait de son sang alors, comme le blond était médecin, il l'a recousu et ils sont restés avec lui en attendant son réveil. Quand Zoro demande pour ses sabres, Marco pointa du doigt un arbre où les trois biens du vert se trouvaient. Il soupira de soulagement.
-Comment t'es-tu retrouvé dans cet état ?
-Je me suis battu contre Mihawk. J'ai perdu.
-Le Shichibukai, s'exclame Luffy. Super !
-Tu es recherché toi aussi ?
-Je suppose… Il m'a quand même laissé partir, mais je reste un fugitif.
-Vient avec nous alors !
Zoro dévisagea Luffy, incrédule. Venir avec eux ?! Mais il ne les connait même pas, ces types ?! Il a entendu tellement de choses sur les Révolutionnaires. Comment être sûr qu'il peut leur faire confiance ? Mais après réflexion, leur QG était sûrement l'endroit le plus sûr de Grand Line pour quelqu'un comme lui… Trouvant qu'il tardait trop à répondre, Luffy demanda d'une voix triste.
-Tu ne veux pas ?
-Tu as obtenu la reconnaissance de Mihawk, intervient Marco. Tu dois être fort. Tu pourrais nous être très utile, si tu acceptes de nous rejoindre bien sûr.
-Je veux qu'on soit nakamas !
Zoro ne sait pas pourquoi, mais il a accepté la proposition. Ils se remirent rapidement en route, Marco ne voulant pas traîner trop pour ne pas attirer l'attention sur eux. Tout en marchant, Zoro discuta avec Luffy pour faire plus ample connaissance. Le brun lui parla de son rêve de devenir Roi pour offrir la liberté à tout le monde. L'épéiste ne put s'empêcher de rire à ces mots.
-Tu penses que je n'en suis pas capable ?!
-Non. Au contraire, je pense que tu mérites d'être Roi. Et tu sais quoi ?
-Dit-moi.
Zoro lui fit un sourire narquois et déclara.
-Je vais t'aider.
Nami
Un rire puissant se fit entendre dans les rues du petit village de Cocoyashi. Les habitants ne purent retenir un frisson à ce bruit. Pourtant, ils s'efforcèrent de faire comme si de rien n'était, se pressant de rentrer chez eux et de claquer leur porte. Dans son immense demeure, le noble Arlong, maître de ces terres, déclara avec joie tout en agitant une bouteille de champagne en l'air.
-Faisons la fête, mes amis !
-Seigneur Arlong est de bonne humeur ce soir, sourit quelqu'un.
-Qu'est-ce qui le rend si joyeux à votre avis ?
-Sûrement le retour de Nami !
-Ouais, ça fait trois mois qu'on ne l'a pas vu.
-Elle était sur un gros projet…
Leurs regards convergèrent vers la jeune femme aux courts cheveux roux, qui se tenait assise aux côtés d'Arlong, riant avec lui. Habillé d'une robe magnifique qui met en valeur ses courbes, elle tient à la main un verre remplie d'alcool, qu'elle consomme à petite gorgée. Elle était parvenue à voler une somme d'argent assez conséquente et était revenue quelques heures plus tôt avec son butin. Arlong avait immédiatement ordonné qu'une fête soit donnée en son honneur.
-Tu deviens plus forte de jour en jour, sourit fièrement l'homme-requin.
-J'ai finis par connaitre toutes les combines, répond nonchalamment la rouquine.
-Ce n'est plus qu'une question de temps avant que tu ne puisses racheter ton village.
Nami acquiesça, un sourire rayonnant sur son visage. Mais au fond d'elle, elle bouillonnait de rage. Elle le sait, Arlong recommencera. Il lui volera à nouveau son trésor, lui demandant de tout recommencer. Il voulait qu'elle travaille pour lui, qu'elle réalise tes cartes de Grand Line, terrestres et maritimes pour qu'il puisse les vendre. Ce n'était pas ce qu'elle voulait. Elle désirait plus que tout être libre, pouvoir voyager et dessiner une carte du monde, s'étendant bien au-delà du royaume. Mais jamais elle ne pourra réaliser ce rêve.
-Plus de boisson, hurle Arlong. Nous célébrons Nami ce soir !
-Bien sûr monsieur !
Des bouteilles supplémentaires furent apportées, ainsi que de la nourriture en abondance. Arlong riait, Nami restait à son côté, discutant avec lui, approuvant chaque remarque, buvant chacune de ses paroles comme si ça lui importait. Elle mangeait avec appétit, se contentant d'un verre ou d'eau, affirmant qu'elle avait beaucoup de travail qui l'attendait le lendemain, et qu'elle ne pouvait se permettre de tomber ivre ce soir. Arlong n'insista pas, avalant l'alcool a grande gorgée sans se soucier un seul instant de ce que pouvait ressentir réellement Nami. Peut-être aurait-il dû…
Quand le premier homme tomba, personne n'y prêta grande attention. Ils étaient là depuis des heures, ils n'en étaient pas à leur première fête, et il n'était pas rare qu'au bout d'un certain moment certains d'entre eux s'effondrent à cause de l'alcool. Ils pensèrent qu'il était tout simplement endormit, ne remarquant pas son visage tordu dans une grimace de douleur profonde. Mais quelques minutes après, quelqu'un se mit à crier, sa main crispée sur sa poitrine. Arlong se redressa sur sa chaise, alors qu'à côté de lui Nami plaqua sa main sur sa bouche, clairement choquée.
-Que se passe-t-il, aboie Arlong.
L'homme tenta d'expliquer, mais ce ne fut que des bruits étranglés qui sortirent d'entre ses lèvres. Il devient pâle, comme si le sang ne pouvait plus circuler dans son corps, suffoquant. Il ne pouvait plus parler, et l'air ne rentrait plus. Il s'effondra au sol comme son camarade plus tôt, le corps parcourut de spasmes. Paniqués, ses camarades s'approchèrent, essayant de l'aider. Mais bientôt, il se retrouva complètement immobile. L'un d'eux posa deux doigts sous son menton, contre sa gorge avant de secouer tragiquement la tête.
-Il est mort.
-Il n'était pourtant pas malade !
-Se serait-il étouffé avec la nourriture ?
-C'est étrange…
Tous commençaient à se poser des questions, mais ils n'eurent pas le temps de chercher à comprendre ce qu'il venait de se passer. En peu de temps, ils se retrouvèrent tous à souffrir du même mal. Arlong regarda un à un ses hommes s'effondrer au sol. Un gémissement retentit à côté de lui et il regarda, incrédule, la jeune Nami serrer sa robe au niveau de sa poitrine, comme si elle souffrait. Il murmura son nom, mais la rousse tomba dans ses bras.
-A… Arlong…
-Nami ! Que t'arrive-t-il ?!
-Je… Je ne peux… plus… respirer…
Elle ferma lentement les yeux, sa main crispée autour du bras d'Arlong lâchant prise, pour pendre mollement dans le vide. Horrifié, Arlong cala la rousse contre lui avant d'attraper son verre. Le problème viendrait-il de là ? Il sentit la liqueur, essayant de détecter la présence d'un éventuel poison. Rien. Il jeta le verre à travers la pièce en poussant un cri de rage. Il tendit la main vers une assiette.
-La nourriture peut-être…
Il se stoppa en plein geste, la gorge nouée. Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'il sentait le feu se propager dans sa poitrine, une intense sensation de brûlure. Il allongea prudemment Nami sur le sol avant de balayer la pièce des yeux. Ses hommes… Ils sont tous morts. Tous sans exception. Il était le seul encore en vie, mais son tour arrivait. Il sentait le même mal s'installer dans son organisme. Il porta une main à sa gorge, déglutissant fortement et haletant pour de l'air qui ne vient jamais. Il n'arrivait pas à croire qu'il aller mourir comme ça, sans savoir la raison de cette tragédie. Du poison sans doute, mais comment et par qui ? Il ne le saura jamais…
-Je ne… je ne veux pas… mou… rir…
Ses yeux se révulsèrent et il s'effondra, le visage contre le sol. Son corps fit un bruit sourd, le dernier avant qu'un grand silence n'envahisse l'espace. Il rendit son dernier souffle, seul, après avoir vu ses compagnons, ses amis, ses frères tomber avant lui. La mort était devenue la maîtresse des lieux, emportant avec elle les âmes de toutes ces personnes. Du moins, presque toutes.
Une silhouette se redressa au milieu des corps, époussetant sa robe.
-Ça a fonctionné, murmure joyeusement Nami.
Quelque chose, cette nuit, tourmentait Nojiko, l'empêchant de dormir. Elle se tournait sans arrêt dans son lit, sans parvenir à fermer les yeux. Elle finit par se lever, se préparant un thé dans l'espoir d'être apaisée. Mais alors qu'elle voulut s'installer à table pour le boire, on frappa trois grands coups à la porte. La jeune femme repoussa ses cheveux bleus de devant ses yeux et ouvrit à Nami, lui rappelant d'un ton las.
-C'est chez toi aussi. Tu n'es pas obligé de frapper.
-Je t'ai réveillé ?
-Non.
-Je n'ai pas beaucoup de temps.
Nojiko allait l'interroger lorsqu'elle remarqua que la rousse avait un sac à la main. La jeune femme fronça les sourcils mais s'écarta pour laisser sa sœur pénétrer dans la maison. Nami s'empressa de récupérer les affaires qu'elle avait laissé ici, les glissant rapidement dans son sac en murmurant à voix basse, voulant être sûr de ne rien oublier. Elle a déjà récupéré tout l'argent qu'elle pouvait emporter, ainsi que ses vêtements, quelques cartes et livres qu'elle ne voulait pas laisser derrière… Une fois sûr qu'elle avait tout, elle se tourna vers Nojiko.
-Je dois partir.
-Tu pars loin ? Est-ce nécessaire de prendre toutes tes affaires ?
-Je ne reviendrai pas Nojiko.
Les yeux écarquillés, la bleue fixa sa sœur sans comprendre. Comment ça, elle ne reviendra pas ?
-Qu'est-ce que tu racontes, bredouille-t-elle.
-Arlong et les autres sont morts. J'ai mis du poison dans l'alcool et fais semblant de boire.
Arlong recevait régulièrement de la visite. Ce n'était qu'une question de temps avant que l'on remarque sa mort. Si Nami reste, elle sera suspectée, et à juste titre. Elle sera enfermée à Impel Down et condamnée à mort pour un tel crime. Elle ne pouvait pas prendre ce risque. Il fallait qu'elle fui maintenant. Les larmes aux yeux, Nojiko hocha douloureusement la tête, attirant sa sœur contre elle. Elle lui promit de dire aux autres qu'elle allait bien et qu'elle était partie.
-Prend soin de toi Nami…
-Promit.
Son sac sur le dos, la rousse quitta le village, laissant derrière elle son passé, sa sœur qu'elle aime tant, Gen et tous les autres. Elle ignora le trou dans sa poitrine, se disant qu'elle avait fait ça pour sa liberté et celle des villageois, que le sacrifice en valait la peine au moins. Ça ne fit pas disparaitre la douleur, mais peut-être que le temps guérira sa blessure. Et qui sait, un jour l'occasion de revenir se présentera, avec un peu de chance. Soudain, quelqu'un surgit des buissons juste devant elle, la faisant reculer de surprise.
-Qui… Qui êtes-vous ?!
La personne en face d'elle portait une cape, l'empêchant de voir son visage. Pourtant, il ne fut pas difficile pour Nami de comprendre de qui il s'agissait en voyant le symbole sur le tissu. Elle faisait face à un Révolutionnaire. L'homme s'approcha d'elle, levant deux mains gantées pour lui montrer qu'il n'est pas armé et qu'il n'a pas l'intention de lui faire du mal.
-Que voulez-vous, demande Nami.
-J'ai une proposition à te faire. Tu n'as nulle part où aller n'est-ce pas ?
Nami ne répondit pas, mais elle sembla montrer de l'intérêt. Elle put apercevoir une partie du sourire de l'homme avant qu'il ne fasse sa proposition.
-Accepterai-tu de rejoindre l'armée Révolutionnaire ?
Usopp
Les années ont passées lentement, dans une routine agréable. Les choses n'ont pas vraiment changé depuis la mort de sa mère. Usopp, maintenant âgé de 17 ans, continue de crier qu'un bateau arrivait, se faisant poursuivre par les villageois en colère, sous le regard ennuyé des nobles de passages. Il vient ensuite au même endroit que d'habitude pour regarder la mer. Parfois, il joue avec d'autres enfants, visant des cibles de plus en plus loin, atteignant toujours le centre avec précision. Bien sûr, il s'assure que les nobles ne sont pas là pour le regarder et s'il devait être honnête, il était plutôt fier de son talent.
Il était en train de penser justement à aller s'entraîner lorsqu'il aperçut quelque chose au loin. Fronçant les sourcils, il partit en courant vers la plage, espérant qu'il verrait mieux s'il était plus proche. Une fois arrivée, il plaça sa main au-dessus de ses yeux pour empêcher le soleil de lui gâcher la vue. Il plissa les yeux, apercevant enfin les contours de la chose qui se rapprochait.
-On dirait… Une voile… C'est un bateau.
Il attendit que le bateau soit plus près, remarquant la grande voile noire et la figure de proue à l'effigie d'un dragon. Il s'émerveilla un moment sur la beauté de la sculpture, mais son corps se figea lorsqu'il reconnut le symbole sur la grande voile. Il s'agissait d'un bateau appartenant aux Révolutionnaires, et sauf erreur de sa part, au commandant Shanks le Roux.
-Ce n'est pas vrai… Qu'est-ce qu'ils font ici ?!
Il tourna les talons et partit en courant vers le village, voulant prévenir les autres de l'arrivée des Révolutionnaires. Mais quand il arriva, les nobles étaient là et il n'osa pas parler. Ils le regardèrent avec pitié en passant à côté de lui, mais il les ignora. Il devait trouver le médecin. Il le chercha partout mais aucune trace de l'homme. Il aurait voulu lui parler. Il ne pouvait crier ici que les Révolutionnaires arrivaient, ou ce serait la panique et la marine pourrait rappliquer. Il s'arrêta devant l'un des stands du marché.
-Excusez-moi, interpelle-t-il le vendeur.
-Usopp ! Que puis-je faire pour toi ?
-Vous savez où est doc-san ?
-Il était là il y a quelques minutes, tu l'as raté de peu.
-Où est-il allé ?!
-Il a reçu un appel et il a déclaré qu'il devait y aller avant de s'enfuir je ne sais où.
Il lui montra la sortie du village du doigt. Usopp le remercia et se remit à courir. Il s'enfonça entre les arbres, cherchant autour de lui s'il pouvait apercevoir le médecin. Peut-être est-il allé cueillir des plantes médicinales. Qui pouvait être cette personne qui l'a appelée ? Un malade ? Sa femme ? Ou alors… Usopp s'arrêta brusquement, faisant demi-tour. Il devait rentrer chez lui vérifier si le vieil homme se trouvait là-bas.
-J'espère que je ne me trompe pas !
Il atteignit en peu de temps la petite chaumière et ouvrit brusquement la porte. Il soupira de soulagement en apercevant le docteur qui le fixait, surprit. Comme il le pensait, il a été mis au courant de l'arrivée d'un bateau de l'armée Révolutionnaire et était venu ici le prévenir. L'adolescent voulu parler, mais il remarqua alors que le médecin n'était pas tout seul. Deux autres hommes l'accompagnaient, le dévisageant depuis qu'il est entré.
L'un d'eux a des cheveux roux et trois petites cicatrices à l'œil, faisant penser à une griffure. Il portait un simple pantalon et une chemise, ainsi qu'une grande cape noire qui lui a sûrement permit de venir ici sans être remarqué. Une épée est accrochée à sa taille, sa main posée sur la poignée. Il sourit en apercevant Usopp, avant de donner un coup de coude au deuxième homme.
-Hé, il vous ressemble le gamin !
-Capitaine, tenez votre langue…
Usopp porte son attention sur lui. Il avait des cheveux blonds mi-long, descendant jusqu'aux épaules. Il était habillé plutôt simplement, dans un style pirate, avec bien sûr la meilleure cape que ledit « capitaine ». Mais ce qui attira le plus l'attention d'Usopp, c'est le bandana sur la tête de l'homme, ou plutôt l'inscription « Yasopp » brodée dessus. Ses yeux s'écarquillèrent.
-P… Papa…
-Usopp. Je suis content de te voir. Tu es grand !
-Il pensait te trouver bébé, plaisante le roux.
-Capitaine !
Usopp fixa les deux hommes sans comprendre. Si sa déduction était bonne, alors cet homme roux et le fameux Shanks dont sa mère lui a parlé, et dont il a vu le bateau tout à l'heure. Il pensait qu'ils se rendaient ici pour une mission, mais les voilà tous les deux dans sa maison. Le médecin s'approcha de lui, posant une main sur son épaule.
-Ton père est ici pour une urgence. Je te laisse discuter avec lui.
Le vieil homme quitta ensuite la maison. Usopp se sentit mal à l'aise en présence de ces deux personnes. Shanks fit le tour de la maison en souriant, commentant telle ou telle chose, sous les yeux exaspérés de Yasopp, qui laissa échapper qu'il aurait dû venir avec un certain Benn, au lieu de son capitaine. Il s'approcha ensuite d'Usopp, ne résistant pas à l'envie de le prendre dans ses bras.
-Je suis soulagé que tu n'aies rien…
-On pensait que tu avais déjà été emmené, explique Shanks, vu que la maison était vide.
-On va pouvoir partir. Prend tes affaires et…
-Attendez ! Je veux des explications ! Comment ça emmené ? Par qui ? Pourquoi je dois faire mes bagages ?
Shanks et Yasopp échangèrent un regard, jugeant s'ils avaient suffisamment de temps pour discuter ou s'il était préférable d'emmener l'enfant de force. Finalement, ils jugèrent plus sage de parler calmement, puisqu'ils n'ont pas encore été repéré par les nobles et que leur bateau est caché. Ils s'assirent tous les trois à table, Usopp face aux deux adultes.
-Le gouvernement a décidé de durcir la chasse, avoue Shanks.
-Ils vont venir ici et contrôler chaque personne. Ils vont certainement exiger que tu leur montre un certificat de naissance.
-S'ils apprennent que Yasopp est ton père, tu seras arrêté.
Usopp acquiesça, la gorge nouée. Il ne s'attendait pas à ce que la situation devienne critique si soudainement. Il avait entendu parler de la décision des Shichibukai de faire un contrôle plus strict des habitants pour détecter toute personne pouvant potentiellement s'en prendre au gouvernement. Mais jamais il n'aurait cru qu'ils chercheraient aussi à vérifier les antécédents familiaux. Une fois remit de sa surprise, il fit signe aux deux hommes de continuer.
-Les Révolutionnaires s'activent pour sauver un maximum de personne, reprend Shanks.
-Nous sommes venu ici pour te récupérer. Tu vas venir avec nous au QG où tu seras en sécurité.
Bien que ça paraissait être un ordre, Yasopp avait parlé d'une voix calme et très douce, montrant à Usopp qu'ils ne comptaient pas le forcer, mais que c'était pour son mieux. Il serait suicidaire de rester ici dans ces conditions. Bien qu'il n'ait pas envie de quitter son village natale, Usopp n'avait pas le choix s'il voulait vivre. Sa mère voulait qu'il soit libre. Il ne le sera jamais s'il reste ici. Il hocha péniblement la tête.
-Je comprends… Je vais prendre mes affaires.
-Ne t'inquiète pas, sourit Yasopp Tu ne seras pas obligé de combattre.
-Ce serait dommage, proteste Shanks. Le médecin a dit qu'il était aussi doué que toi !
Il se reçu un coup de coude dans l'estomac et il n'osa plus rien dire. Pourtant, Usopp ne manqua pas l'expression fière sur le visage de son père, et il fonça dans sa chambre en rougissant. Ce n'est pas comme ça qu'il avait imaginé ses retrouvailles avec son père. Il emballa dans un sac tout ce qui est à lui, sachant que rien ne devait être laissé, afin que les agents du gouvernement ne se doute pas que quelqu'un vivait ici, si jamais ils viennent fouiller. Il rejoignit les deux hommes avec son sac sur le dos.
-On peut y aller, déclare-t-il.
-Dépêchons-nous avant que quelqu'un nous voit, ordonne Shanks.
C'est dans un état d'anxiété qu'Usopp monta sur le bateau. Toutes les têtes se tournèrent vers lui, et il fut bientôt le centre de toute l'attention. Yasopp essaya de repousser ses compagnons, lesquels étaient apparemment ravi de rencontrer le fils de leur ami. Shanks fini par ordonner le calme, déclarant qu'ils devaient partir immédiatement. Yasopp se gratta la joue, gêné.
-Désolé… Je leur ai tellement parlé de toi…
-Vraiment ?
-Bien sûr ! Chaque fois que j'avais de tes nouvelles par ta mère ou doc-san.
-Il nous a cassé les pieds, cri quelqu'un.
-La ferme !
Shanks demande à Yasopp de se mettre en travail, avant d'emmener Usopp avec lui. Il y avait plusieurs chambres sur le bateau et tout le monde s'est débrouillé pour en laisser une à Usopp. Shanks l'y emmena, lui disant en riant de se mettre à l'aise et de faire comme chez lui. Il remarqua pourtant qu'Usopp ne partageait pas son enthousiasme, fixant la pièce tristement. Le roux lui donna donc une grande claque dans le dos.
-Ne soit pas déprimé ! Tu ne seras pas tout seul !
-Hein ? Comment ça ?
-On aura plein de nouvelles recrues ! L'une d'elle a même ton âge !
Sur ces mots, Shanks quitta la pièce. Usopp cligna des yeux, ne sachant quoi penser de cette petite discussion. Il se laissa tomber sur son lit, regardant son sac. Il l'a fait. Il est vraiment parti. Il va rejoindre les Révolutionnaires. C'est le premier pas vers la réalisation de son rêve. Il repensa aux mots de Shanks et ne put s'empêcher de sourire.
Ce gars et lui deviendront peut-être ami.
Sanji
Remontant ses lunettes de soleil sur son nez, le jeune homme entra dans le grand bâtiment face à lui. Récemment rénové, l'intérieur était quasiment vide mais chaque chose ici respire le luxe et l'argent. Allant des meubles, jusqu'aux tapisseries sur les meubles, en passant par le sol entièrement fait de marbre. Il voyait difficilement l'intérêt de mettre autant de fric dans la création de cet endroit, pour ce que c'était. Quel genre de personne s'intéresse à la décoration quand il vient assister aux funérailles d'un proche ? N'est-ce pas un manque de respect ? Pas qu'il ait beaucoup de sentiment pour cette personne qui vient de quitter ce monde, mais ça reste un enterrement.
L'homme s'approcha, s'assurant que sa veste était bien fermée. Il passa une main dans ses cheveux noirs nerveusement et remit ses lunettes en place encore une fois. Il était beaucoup trop stressé par la situation. Il n'a jamais voulu venir ici en premier lieu ! Il a même hésité ne pas le faire ! Il devait avoir l'air perdu car un employé se pressa de lui proposer son aide. Il jugea sa tenue d'un œil mauvais, avant de demandait d'une voix dégoulinante d'hypocrisie.
-Je peux vous aider monsieur ?
-Dans quelle salle se déroule la cérémonie pour…
Sa voix se brisa soudainement, et il se mit à tousser pour reprendre contenance. L'employé pensa que c'était l'émotion et lui laissa le temps de se ressaisir. Passa à nouveau sa main dans ses mèches noires, l'homme parvient difficilement à articuler quelques mots.
-La cérémonie pour Judge Vinsmoke.
-Au bout du couloir, la dernière porte à votre droite.
-Merci.
-Bon courage monsieur.
Le brun hocha poliment la tête et s'engagea dans le fameux couloir. Cet endroit ne s'occupe des cérémonies que pour les familles nobles. Il aura milles fois préféré se rendre ailleurs, dans un endroit plus classique, dont le but n'est pas de plaire aux personnes affluentes, mais plutôt du respect des morts. Il arriva devant la fameuse porte, quand il sentit une présence menaçante. Du coin de l'œil il vit deux types baraqués comme des camion poubelle venir dans sa direction. Il remonta ses lunettes nerveusement et entra dans la salle. Par chance, ça n'a pas encore commencé. Il aperçut le cercueil encore grand ouvert au fond, mais préféra ne pas s'en approcher et prendre place sur un siège à l'avant. Il avait une place attribuée malheureusement, et il ne put retenir une grimace en découvrant qu'Ichiji Vinsmoke serait son voisin.
-Je ne pensais pas que tu viendrais, murmure ce dernier.
-Pourquoi dois-je m'assoir ici ?! N'aurait-il pas été préférable que je me place au fond ?!
-Pas avec eux.
D'un mouvement discret de la tête, Ichiji indiqua les deux gorilles qui sont entrés après lui. Soupirant, le jeune homme se laissa tomber à sa place, croisant les jambes. Il avait envie de fumer, mais ce serait inapproprié. Un prêtre apparut, déclarant que la cérémonie allait débuter et que tout le monde devant rejoindre sa place. Heureusement, personne ne vient se mettre à côté de lui. Le cercueil fut fermé et le prêtre commença son discours.
-Ils sortent d'où ces types ?
-Big Mom soupçonne que le petit Sanji n'est pas mort, et qu'il viendra assister à l'enterrement.
-Il serait bien idiot de faire acte de présence.
-Je n'en pensais pas moins.
Le brun jeta un coup d'œil derrière lui. Les deux gorilles étaient appuyés contre le mur, scrutant la salle, probablement à la recherche d'une tête blonde qui pourrait correspondre à la description de Sanji Vinsmoke. Vu leur air renfrogné, leur cible n'était pas présente. Reportant son attention devant lui, le brun croisa le regard plein de reproche du prêtre, sans doute à cause de ses lunettes qu'il n'a pas enlevée. A sa gauche, Ichiji lui fit signe de laisser tomber et le prêtre cessa de le regarder.
-Pourquoi des lunettes, demande-t-il.
-Mes yeux sont sensibles à la lumière.
Ichiji eut un rictus amusé puis il fouilla dans les poches de sa veste pour en sortir un mouchoir. Alors qu'il utilisait le tissu pour faire semblant de s'essuyer les yeux, il poussa de son pied une mallette qu'il avait glissé sous sa chaise. Sans hésiter, le brun posa une main sur l'épaule du Vinsmoke, se penchant comme s'il voulait le réconforter, attrapant à la place la poignée de la mallette pour la glisser sous son propre siège. Ichiji rangea son mouchoir et se redressa.
-Où sont tes frères et ta sœur ?
-Plus loin à ta droite.
Le brun hocha la tête. « Sortir de droite donc… » pense-t-il.
-Comment est-il mort ?
-La maladie l'a affaiblie. Il s'est plongé dans ses recherches, ça n'a pas aidé.
Écarquillant les yeux, le jeune homme baissa les yeux vers la valise. Alors c'est ça… Il serra les poings sur son pantalon, se retenant de crier ce qu'il pensait au visage du roux. Il ne voulait pas faire ça, et Ichiji le savait très bien. Mais il ne pouvait pas lui faire de reproche à voix haute. Pas alors que ce petit micro est attaché sous leur chaise. Il croisa les bras sur son torse, montrant très clairement son mécontentement.
-Je n'aurais pas dû venir…
-C'est trop tard pour repartir, maintenant.
-Je n'ai rien à faire ici !
-De toute façon, nous ne nous reverrons plus après ça. Tu partiras avec lui.
Ichiji lui jeta un coup d'œil, et le brun comprit qu'il n'avait pas son mot à dire dans cette situation. Il grogna mais ne protesta pas. Le prêtre avait bientôt fini de parler, et bientôt tout le monde devra se lever pour se rendre au cimetière. Ce sera sa chance de fuir cet enfer, de partir avec lui. « Lui », son petit secret. Il posa une main sur la poignée de la mallette, prêt à partir. Ichiji reporta son attention sur le prêtre.
-Je ne t'aime pas, soyons d'accord là-dessus.
-Je n'en pensais pas moins.
-Je ne fais pas ça dans le but de protéger mon frère, ou quoi que ce soit. Je fais ça par respect pour le travail et les rêves de mon père.
Le brun grimaça, mais répondit sur le même ton dur.
-Je ne fais pas ça pour Judge. Ni pour Sanji. Je fais ça pour éviter que d'autres enfants connaissent le même sort que lui.
-Au fait… Cette coupe de cheveux te va bien.
-Nous allons désormais nous rendre au cimetière, annonce le prêtre.
Tout le monde se leva d'un même mouvement. Le brun saisit la mallette et fonça vers l'avant de la salle, prenant soin de garder ses distances avec le cercueil. Il ne jeta pas un regard à Ichiji et les autres de la fratrie. Il prit la porte de droite, se retrouvant à l'extérieur du bâtiment. Sans s'arrêter, il partir en courant, dépassant la grille et se retrouvant dans la rue. Il s'éloigna de quelques mètres et se glissa dans une ruelle. Deux personnes attendaient là : le cuisinier et patron du restaurant « le Baratie », et une personne cagoulée.
-Tu l'as, demande le vieil homme.
-Ouais. Tout est dans cette mallette.
-De quoi s'agit-il ? Que voulait te donner Ichiji ?
-Les recherches de Judge Vinsmoke.
D'un geste rapide, le jeune homme retira ses lunettes de soleil, tirant sur la perruque noire qu'il portait, révélant des mèches blondes et des sourcils enroulés. Sanji jeta les objets dans la poubelle la plus proche et s'alluma enfin une cigarette bien méritée. Ichiji l'avait contacté quelques jours plus tôt pour lui demander d'assister à la cérémonie en l'honneur de leur père afin qu'il lui donne quelque chose. Sanji avait dû accepter de se déguiser et de parler avec lui par phrase détournée pendant les funérailles pour garder le secret. Tout ça pour finalement se retrouver avec les recherches de leur père sur la façon dont il les a créés. Il jeta un coup d'œil à la personne qui accompagne Zeff, demandant d'une voix méfiante.
-Qui est-ce ?
-Il va t'emmener auprès des Révolutionnaires.
La cape fut retirée, révélant un homme avec une tête affreusement grande sur un corps ridiculement petit. Il avait un afro violet, une petite couronne perdue dans la masse de cheveux, une combinaison de cuir rouge qui ne cache pas grand-chose, des bas en résilles et une paire de botte à talon haut. « Un travestit » pense Sanji avec dégoût. L'homme se présenta comme étant Ivankov, l'un des commandants de l'armée Révolutionnaires.
-Nous allons faire le voyage ensemble !
-Super…
-Soit prudent petit cornichon, intervient Zeff.
-Toi aussi le vieux. Il ne devrait pas faire le lien entre toi et moi, mais je n'ai pas confiance en Big Mom…
Une voiture vient se garer à l'entrée de la ruelle. Ivankov salua le chauffeur, un certain Inazuma, puis fit signe à Sanji de venir avec lui. Zeff sentit son cœur se serrer. Le temps des adieux est venu. Ce gamin qu'il considère comme son fils, va s'éloigner loin de lui. Il aurait voulu pouvoir le protéger, mais il ne pouvait pas combattre les hommes de Big Mom. Sanji a choisi d'aller chez les Révolutionnaires, et il a promis de ne pas s'opposer à son choix.
-Prend soin de toi, le vieux.
-N'attrape pas froid petit cornichon.
Ils se serrèrent dans les bras l'un de l'autre, puis Sanji monta dans la voiture avec Ivankov, tout en faisant de son mieux pour cacher ses larmes. C'est le cœur lourd que le vieux cuisinier regarda le véhicule s'éloigner, avant de tourner les talons et de retourner au Baratie. Peut-être que Patty et Carne ont fini de pleurer le départ de Sanji maintenant… Une chose est sûre cependant, ce sera triste sans le gamin.
Chopper
-Docteur Kureha ! Ouvrez, docteur !
Chopper redressa la tête, surprit d'entendre des coups portés à la porte accompagnés de hurlements. A ses côtés, Kureha marmonna que les jeunes étaient vraiment mal élevés, se dirigeant sans grande envie vers la porte. Le petit renne la suivit, prêt à foncer se cacher en cas de danger. Kureha ouvrit et aperçu Dalton, l'actuel maire de la ville. Il avait l'air désespéré, respirant difficilement. Sûrement est-il venu ici en courant.
-Tu veux connaître le secret de ma jeunesse, demande Kureha.
-Non ! C'est un sujet sérieux qui m'amène…
-Que se passe-t-il ?
-Le gouvernement arrive. Wapol les a prévenus pour vous. Ils viennent vous arrêter !
La vieille femme se figea. Elle a pourtant fait attention à ne pas être découverte par Wapol et ses hommes. Chaque villageois s'est engagé à ne parler d'elle et Chopper à personne pour qu'elle ne soit pas arrêter. Elle ne s'est pas montrée assez vigilante… Elle jette un coup d'œil au petit renne, qui semble comme plongé dans un cauchemar. Sans doute revit-il cet instant douloureux où Hiluluk s'est fait emmener…
-Nous devons partir, déclare-t-elle.
-Essayez de couper par les montagnes. Vous ne les croiserez pas en chemin.
-Faites attention aussi Dalton. S'ils découvrent que vous…
-Je serai prudent. Ne vous en faites pas pour moi ! Inquiétez-vous plutôt de votre propre sécurité.
Dalton connaissait bien les risques. Il a autrefois mangé le fruit du démon de type Zoan qui lui permet de se transformer en bison. Il ne doit pas montrer son pouvoir aux hommes du gouvernement s'il ne veut pas être arrêté et emmené. Cela signifie aussi qu'il ne doit pas engager le combat contre eux. Il ne pourra donc pas défendre Kureha et Chopper. Si la vieille femme est exécutée comme Hiluluk autrefois, le petit renne se retrouvera à nouveau seul.
-Merci de nous avoir prévenu Dalton.
-Inutile de me remercier. Maintenant partez !
Tournant les talons, Dalton s'éloigna de la petite maison pour retourner au village. S'empressant de prendre toutes leurs affaires, Kureha et Chopper partir à leur tour, le plus rapidement possible. Ils avaient dû laisser beaucoup de choses, ne prenant que quelques vêtements, un peu de nourriture et de quoi réaliser les premiers soins en cas de problème. Kureha prit malgré tout le temps de parler avec quelqu'un avec un den-den-mushi. Ils prirent la route pour aller dans la montagne, Chopper se mettant sous forme animale pour aller plus vite. Ils arrivèrent au niveau de cette dernière lorsqu'ils entendirent les cris.
-Ils sont déjà là, peste Kureha.
-Doctorine…
-On continue Chopper !
Devoir marcher dans la neige n'était pas à leur avantage. Elle les ralentissait considérablement. Cependant, s'ils atteignent le bas de la montagne, jusqu'au point de rendez-vous, ils seront sauvés. Ils marchèrent longtemps, ignorant la morsure du froid de la nuit. Chopper n'était pas trop dérangé grâce à sa fourrure, mais il s'inquiétait pour Kureha. Elle n'était pas très sensible au froid (comme le montre sa tenue vestimentaire) mais elle n'était pas non plus hors de danger.
-Doctorine, ça va ?
-Ne perd pas ton temps à t'inquiéter pour moi gamin.
-Mais…
-Pas de mais ! Avance !
Le petit renne ne dit plus un mot, accélérant le pas. Ils n'étaient plus très loin lorsqu'un bruit fort retentit. Un bruit que Chopper aurait reconnue entre mille. Le bruit d'une arme à feu. Il se figea, les souvenirs affluant dans son esprit avec violence. Il se rappelle la première fois qu'il s'est rendu au village. Les humains l'ont regardé avec horreur, avant de prendre leur fusil et de tirer. Les balles lui ont fait mal, et ça lui a laissé un profond traumatisme.
-Chopper, ce n'est pas le moment de s'arrêter !
-Ce… Ce bruit… Ils…
-Ils ne te tireront pas dessus si nous partons !
Elle le poussa en avant, le forçant à avancer malgré la peur qu'il ressentait. Alors Chopper prit sur lui et reprit son chemin. Mais les voix se rapprochaient, et bientôt des balles les effleurèrent, perçant la neige. Kureha serra des dents et attrapa Chopper par l'une de ses cornes, prenant un autre chemin dans l'espoir de semer les chasseurs, même si ça rallonge leur trajet.
-Doctorine, où devons-nous aller ?
-En bas de la montagne. Nous serons en sécurité là-bas.
Il y eu un mouvement à sa gauche. D'un mouvement rapide, Kureha sortit un pistolet de sa veste tirant dans un buisson. Il y eu un grognement étranglé et un corps tomba. La neige se teinte de sang autour de lui. Malheureusement, le bruit de la détonation a attiré l'attention des chasseurs. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne soient encerclés. Ils ne pourront pas s'en sortir tous les deux désormais. Elle se jeta à genoux devant Chopper.
-Sauve-toi.
-Quoi ?!
-Va jusqu'en bas de la montagne ! Quelqu'un t'y attendras.
-Quelqu'un ? Qui ? Je ne veux pas partir sans toi !
-C'est un Révolutionnaire. Tu seras en sécurité avec lui.
Chopper secoua la tête, refusant fermement de partir sans elle. Il a déjà perdu Hiluluk la dernière fois, il ne voulait pas en plus la perdre elle. En entendant les voix se rapprocher, Kureha le pressa, insistant pour qu'il parte. Les larmes aux yeux, le petit renne continua de refuser.
-Chopper, ne fait pas l'enfant !
-Je ne veux pas vous abandonner !
-Je vais faire direction, et je te retrouverai après, d'accord ?! Part, je t'en prie !
Chopper ne sut quoi répondre. Il ne l'avait jamais entendu supplier, et il ne l'avait jamais vu aussi désespérée. Le cœur lourd, il fit volte-face et partit aussi vite qu'il le pouvait. Bientôt, les voix des chasseurs disparurent, et il ne pouvait plus sentit l'odeur de Kureha. Pourtant, il entendit le coup de feu. Il entendit le hurlement de la vielle femme. Un hurlement de douleur déchirant. Elle a été touchée.
Il se mit à pleurer.
-Le renne est là, cri quelqu'un.
-Il était avec la vieille !
-Attrapez-le ! Il a mangé un fruit du démon !
Chopper aperçut du coin de l'œil des chasseurs qui le visaient avec son arme. Il allait se faire tirer dessus finalement. Doctorine se sera sacrifiée pour rien… Il y eut trois détonations, et il pensa recevoir les balles, mais rien ne vient. Une silhouette apparut devant lui, fendant l'air d'un mouvement de bras avec une épée. Il y eu des cris de stupeur et Chopper stoppa tout mouvement. Le symbole sur sa cape…
-Un révolutionnaire !
-Il a coupé les balles !
-Impossible !
-Fuyez !
L'homme n'eut que quelques pas à faire pour les rejoindre, les transperçant de son épée. Les corps s'effondrèrent dans la poudreuse sans faire le moindre bruit. L'homme rengaina son épée et se tourna vers Chopper, baissant sa capuche pour révéler des cheveux mi-long grisâtres et des yeux sombres mais rassurants.
-Tu es Chopper ?
-Oui… Et vous êtes le Révolutionnaire ?
-Exact. Je suis Benn Beckham, de l'équipe de Shanks le Roux.
Il s'approcha du petit renne, l'air désolé, frottant sa tête d'une main chaude et douce. Chopper se sentait en sécurité avec lui, soulagé d'avoir été trouvé et d'être désormais en sécurité. Benn s'accroupit pour être à sa hauteur.
-Je suis désolé pour Kureha. Mais elle m'a demandé de t'emmener en lieu sûr et c'est ce que je vais faire.
-Où ?
-Au QG des Révolutionnaires, le seul endroit que le gouvernement ne peut pas atteindre.
Robin
Malgré les années passées, Robin n'a pu oublier ce qui est arrivé à Ohara, son village natal. Ce fut l'une des premières décisions prisent par les Shichibukai à leur arrivé au pouvoir. Elle vit désormais dans la peur de voir un autre « Buster Call » être déclenché. Aokiji a caché son existence du reste du monde, lui offrant une vie paisible dans cette modeste maison durant vingt longues années. Mais la brune n'était pas stupide. Elle savait qu'elle ne pourrait pas rester ici pour toujours.
Aokiji pouvait passer des jours entiers loin de chez lui, partant en mission sous l'ordre de Sengoku, l'amiral en chef de la marine, ou parfois des Shichibukai lui-même. Cependant, son attitude vis-à-vis de ces derniers a attiré sur lui l'attention, et s'il a gardé l'admiration des hommes sous son commandement, il a rapidement perdu la confiance de ses collègues et supérieurs. Il fut donc convoqué dans le bureau de Sengoku, qui avait une très mauvaise nouvelle à lui annoncer.
-Viré, s'étonne-t-il.
-Plus comme une retraite prématurée. Ils ne peuvent pas vraiment te virer sans motif.
-Ça c'est fâcheux, ricane Garp.
Aokiji lui jeta un regard. Garp et lui se connaissent et s'entendent plutôt bien. Ils ont un passé en commun, car l'homme de glace lui en doit une. En tant que héros de la marine, Garp se permettait de faire ce qu'il voulait, mais son grand respect pour la marine et la hiérarchie lui a attiré la sympathie de Doflamingo, contrairement à lui. Le leadeur des Shichibukai avait dû proposer son licenciement, Moria et Kuma auraient suivit, Crocodile n'aurait rien dit et les trois autres ont sûrement tenter d'alléger la peine avec cette excuse de « retraite prématurée ». Ça se passe toujours de la même manière… Il poussa un soupire ennuyer.
-Je suis un Amiral. Peuvent-ils vraiment se passer de moi ?
-La détermination d'Akainu, et ses capacités, font de lui le privilégie de Doflamingo, explique Sengoku.
-Au vu du taux de réussite de tes missions, reprend Garp, Akainu peut faire le travail pour deux.
S'il devait être honnête, Aokiji dirait qu'il n'appréciait pas Akainu. Le sentiment est d'ailleurs réciproque. Ils ne peuvent pas se parler, se voir ou être dans la même pièce. Leurs disputes sont fréquentes, exaspérant même parfois l'imperturbable Kizaru, le troisième Amiral. Cette rivalité a pour origine leurs différentes opinions à propos de quasiment tout. Aokiji est trop laxiste là où Akainu est trop dur. Aokiji épargne trop de vie quand Akainu fait des victimes. Malheureusement, d'un point de vue statistique, Akainu est meilleur, car il réussit bien plus de mission que lui.
-J'aurai préféré éviter d'en arriver là, avoue Sengoku.
-Je m'excuse de ne pas avoir satisfait vos attentes…
-Je pense que tu as fait un excellent travail jusqu'à présent.
-Tu sais qui prendra sa place quand Sengoku devra céder le pas, demande Garp.
Il avait l'air soudain sérieux, et l'expression de l'amiral en chef s'assombrit. Aokiji hocha calmement la tête, fredonnant en signe qu'il le savait. Sengoku occupe la place la plus importante au sein de la marine, puisqu'il commence tout le monde. S'il fait une erreur qui prend de trop grandes proportions, il se verra rétrogradé. De plus, il se fait vieux et bien qu'il soit très fort, Sengoku était persuadé que la moindre occasion de le remplacer sera saisit par Doflamingo. Et c'est hiérarchiquement qu'un remplaçant sera désigné.
-Sakazuki Akainu. Kuzan Aokiji. Borsalino Kizaru. L'un de vous trois me succèdera forcément.
-Kizaru n'est pas intéressé par ce poste, intervient Garp.
-Il n'aurait pas été choisi de toute façon. Mais j'espérais que toi tu puisses me remplacer.
Cela est désormais impossible. En se débarrassant de lui, Doflamingo s'assure que celui qui prendra la place d'Amiral en chef après le départ de Sengoku soit Akainu. Ils n'auront pas à se battre pour ce titre au moins… Aokiji grimaça. Une fois Akainu devenu Amiral en chef, la marine risque de devenir plus discipliné et plus cruelle encore. Ce sera l'enfer, autant pour les citoyens que pour les soldats. Akainu n'était pas connu pour être tendre avec ses hommes, en plus de posséder un fruit du démon qui lui permet de tuer dans la douleur, sans espoir de guérison. Plus qu'à espérer qu'il meurt avant Sengoku, même si ça a peu de chance d'arriver…
-On ne peut pas essayer de mettre Kizaru à la place, marmonne Garp.
-Ce sera la perte de la marine…
-Ouais, ce n'est même pas une option…
-Pour en revenir à moi, souffle Aokiji. Que suis-je supposé faire ?
Rien, fut la réponse de Sengoku. Il devait éviter de faire acte de présence et vivre entièrement aux soins de la marine. Autrement dit, il était payé pour se faire tout petit. Il devrait également déménager, afin d'être placé sous surveillance constante. Le gouvernement ne veut rien laisser au hasard. Sans doute ont-ils l'intention de fouiller sa maison en son absence. Il ne pouvait pas laisser Robin là-bas…
-Dans ce cas, je me retire.
-Pardonne-moi de ne pas avoir pu prendre ta défense, souffle Sengoku.
-Ne vous inquiétez pas pour moi. Je ne suis pas celui qui aura le plus de problème. Ne vous attirez pas vous aussi la colère de Doflamingo.
Sur ces mots, il quitta le bureau. Il ne prit pas le temps d'être triste ou en colère. Il réfléchit plutôt à comment mettre Robin en sécurité. Il n'y avait qu'une seule façon de le faire, mais il devrait être discret. Contacter les Révolutionnaires, quand on fait partie de la marine, et en plus qu'on est surveillé, ce n'est pas vraiment le top… Pourtant ce fut plutôt facile lorsqu'il se retrouva abordé dans la rue par une personne portant une cape. Ils ne se regardaient pas, discutant sans que personne ne puisse les entendre.
-J'ai appris pour vous, murmure l'étranger.
-Et ?
-Je sais que vous hébergez Nico Robin. Vous pouvez nous la confier ?
-J'y pensais…
-Je peux contacter notre chef, il enverra quelqu'un.
La personne partie alors, sans dire un mot de plus. Aokiji soupçonna qu'il s'agissait là d'un espion des Révolutionnaires. Il aurait dû en informer ses supérieurs mais, eh bien il s'est fait virer, alors ce ne sont plus vraiment ses supérieurs. Et puis, comment expliquer que l'espion l'a abordé tranquillement dans la rue. Alors il a tout gardé pour lui et est rentré chez lui, informant Robin de la situation. Ils attendirent la personne envoyée par le chef des Révolutionnaires, qui s'avéra être le chef lui-même en fin de compte. Monkey D Dragon se présenta à leur porte.
-Merci de votre coopération, dit-il à l'intention d'Aokiji.
-Prenez soin d'elle, répond simplement l'homme de glace.
Robin rassembla les quelques affaires qu'elle possédait, remerciant Dragon pour son aide. Elle salua également Aokiji, le remerciant également pour l'avoir sauvé et protégé si longtemps. L'homme haussa les épaules, affirmant que ce n'était rien. Il ne voulait pas laisser voir son inquiétude pour la brune. Robin suivit donc Dragon. Ils montèrent dans une voiture et partir direction le QG.
-Est-ce que ça ira pour lui, demande-t-elle.
-Il ne sera pas tuer, répond Dragon. Simplement inactif et sous constante surveillance.
-Serais-je également dans cette situation ?
Dragon sourit et lui jeta un regard clairement amusé.
-Non. On ne fonctionne pas comme ça.
Il lui expliqua que plusieurs autres recrues devaient être amenée au QG, certaines y étaient même déjà. Il lui révéla qu'il était allé lui-même récupéré quelqu'un quelques jours plus tôt. Une fois qu'ils auront fini de rapatrié tout le monde, chacun devra faire le choix de combattre avec eux, ou d'être emmené sur une île de réfugié en dehors de Grand Line pour y vivre en attendant que la guerre ici soit finie. Une fois que tout le monde aura choisi, ils répartiront les gars restants entre les différents groupes.
-Puis-je choisir maintenant ?
-Nous gagnerions du temps…
-Je ne veux pas que mes connaissances vous servent pour réveiller Pluton.
-Ce n'est pas notre objectif.
-Dans ce cas…
Avec un sourire espiègle, la brune lâcha ces quelques mots.
-J'accepte de combattre.
Franky
C'est en plein milieu de la nuit, alors qu'il dormait, que la porte de sa chambre fut ouverte brusquement, claquant contre le mur. Franky se mit immédiatement debout, pensant d'abord à une attaque, et que le gouvernement l'avait finalement retrouvé. Il s'est mit en position de défense, mais il n'y avait qu'une personne qui lui faisait face. Il se détendit en l'apercevant, avant de grogner de mécontentement.
-Tu es fou de me faire peur comme ça Iceburg. J'ai cru qu'on était attaqué.
-Fait tes affaires.
-Hein ?
-Dépêche-toi !
Franky cligna des yeux sans comprendre. Comment ça, faire ses affaires ? Pourquoi ? Ne doit-il pas rester caché ici ? Où va-t-il aller ? Comme il ne bougeait pas, Iceburg entra dans la chambre, ramassant tout ce qu'il pouvait trouver pour le mettre dans un sac. Sortant de sa transe, Franky s'empressa de l'aider, même s'il n'en voyait pas l'intérêt. Vont-ils changer d'endroit. Une fois le sac prêt, il le mit sur son dos.
-Tu m'expliques maintenant, ordonne-t-il.
-Suit-moi.
-Hé ! Donne-moi une raison au moins ! Iceburg !
Sans l'écouter, Iceburg quitta précipitamment la chambre. Franky resta dans l'embrasure, ne sachant que faire. Il n'a pas quitté cet endroit depuis des années. Peut-il vraiment sortir dehors comme si de rien n'était ? Le gouvernement est à sa recherche. Iceburg remarqua qu'il ne le suivait pas et le regarda. Il voulut lui crier de se dépêcher, mais sa ravisa en voyant l'air perdu de Franky. Il revient sur ses pas et lui prit le poignet.
-Ça va aller. Il faut partir.
-Je croyais que je serai en sécurité ici. Qu'est-ce qu'il se passe ?
-Je te raconterai tout après. Promit. Maintenant vient.
Et pour la première fois depuis longtemps, Franky sortit de sa chambre. Il faisait sombre dehors, mais l'obscurité ne le dérangeait pas. Il n'a connu que ça. Ils quittèrent la maison et Iceburg le força à monter dans la voiture, prenant place au volant et démarrant en trombe. Franky regarda la maison s'éloigner de plus en plus, nostalgique. C'est là qu'il a grandi, c'est devenu son refuge, et il devait le quitter pour une destination inconnue. Et il ne sait même pas ce qu'il va lui arriver. Lorsqu'il ne put plus rien voir de la maison, il se tourna vers Iceburg.
-Tu ne conduirais pas un peu vite.
-Nous devons nous dépêcher.
-Le gouvernement m'a retrouvé ? Si c'est ça, fuir est inutile.
-Tu préfères te faire emmener ?!
-N'est-ce pas mieux que de se faire arrêter tous les deux ! Tu es quelqu'un d'important, tu ne peux pas disparaitre pour un truc aussi bête que de m'avoir aidé à partir !
Iceburg serra les dents. Il est vrai qu'il a profité des années passées sans Tom et Franky pour obtenir une place de choix. Il a monté une société appelée la « Galley-la Compagnie », réunissant les meilleurs charpentiers du royaume. Impressionné par ses talents, il est devenu maire d'une ville et a même obtenu un titre de noblesse de la part des Shichibukai eux-mêmes. Il détient désormais un certain pouvoir, mais ça ne l'empêchera pas d'être exécuté s'ils découvrent qu'il a aider le criminel Cutty Flamme à s'échapper.
-Ramène-moi, ordonne Franky.
-Non.
-Je refuse de quitter la ville ! Ramène-moi !
-C'est hors-de-question ! Si tu restes là-bas, tout ce que tu feras, c'est attendre que la mort vienne te chercher !
Il tourna brusquement, et Franky manqua de se cogner la tête contre la fenêtre. Pourquoi diable Iceburg conduit-il si vite ?! Pourquoi ne lui explique-t-il pas ce qu'il se passe ?! Il eut beau lui demander encore et encore de le lui dire, Iceburg ne prononça pas un mot de tout le reste du voyage. Il lui sembla que plusieurs heures avaient passé lorsqu'ils arrivèrent à destination et que Franky pu descendre de la voiture. Il fit face à Iceburg, clairement agacé.
-Tu vas répondre à mes questions !
-Le gouvernement… Ils sont au courant maintenant.
-Au courant de quoi ?
-Que je n'ai pas les plans de Pluton. Ils pensent que quelqu'un d'autres les as.
Franky eut l'impression de recevoir un saut d'eau glacée sur la tête. Jusqu'à présent, leur sécurité fut garantie par le fait que le gouvernement pensait qu'Iceburg avait en sa possession les fameux plans de l'arme Antique Pluton. Ils ne pouvaient pas les lui prendre de force, alors ils ne l'ont pas arrêté, se contentant de négociations. Maintenant qu'ils savent qu'il ne les a pas et ne peut pas les brûler, ils vont essayer de les retrouver. Mais s'ils découvrent que les plans n'existent plus, Iceburg sera arrêté et tué.
-Ils vont vouloir fouiller la maison. S'ils te trouvent, ils te tueront. C'est pour ça que tu dois partir.
-Et si je dis que j'ai les plans ?!
-Tu es un criminel recherché ! Ils te tortureront !
-Alors que vais-je faire ?! Où veux-tu que j'aille ?! Il n'y a pas d'autres endroits où je serai en sécurité !
-Si. Il existe un seul et unique endroit.
Au début, Franky ne comprenait pas de quoi il voulait parler. Puis il réalisa, et il pria pour s'être trompé. Il ne voulait pas croire que son frère envisageait réellement cette initiative. Mais le regard d'Iceburg était sérieux. Trop sérieux. Et Franky n'aimait pas le danger qu'il a encouru pour cela.
-Tu as appelé les Révolutionnaires…
-Ils vont venir d'un instant à l'autre.
-Comment as-tu pu même entrer en contact avec eux ?!
-Je suis passé par l'un de leurs informateurs.
-Tu ne sais pas ce qu'ils font aux nobles qu'ils rencontrent ?! Qu'est-ce qu'il t'a pris, bon sang !
Si les Révolutionnaires veulent se proclamés sauveurs de la nation, une guerre ne peut être menée sans sacrifice. Il n'est pas rare d'apprendre qu'une personnalité influente et importante, les nobles par exemple, sont assassinés par l'armée Révolutionnaire. Qu'un noble contacte une Révolutionnaire, et demande un rendez-vous, c'est considéré comme un acte suicidaire plutôt que comme une trahison. Iceburg avait réfléchit à la possibilité d'être tué ce soir-là, mais il s'en moquait. Il mourra s'ils trouvent Franky, de toute manière. Quitte à se sacrifier, autant que cet abruti soit en sécurité.
-Je n'irai pas là-bas !
-Je ne te donne pas le choix. Tu ne leur fais peut-être pas confiance, mais je t'assure qu'ils te protégeront. Ils ont sauvé des dizaines de personnes comme toi.
-Tu viens avec moi, n'est-ce pas ?
S'il perd la confiance des Shichibukai à cause de cette histoire de plan, Iceburg sera tué. Il ne voulait pas partir en le laissant derrière, sachant qu'il pourrait être arrêté et exécuté du jour au lendemain. Peut-être qu'ils n'ont jamais pu s'entendre, mais il ne voulait pas le voir mourir ! C'était au-delà de ce qu'il pouvait supporter après la mort de Tom. Alors il a demandé, même s'il connait déjà la réponse.
-Non.
-Alors je n'irai pas !
-Franky, c'est pour ton bien.
-Je ne pars pas sans toi ! Je ne te laisse pas ici !
Iceburg sourit et lui fit signe de venir. Hésitant, Franky s'approcha et il fut surprit lorsque deux bras l'entourèrent. Iceburg le serrait contre lui, comme s'il n'allait plus jamais le revoir. Franky n'aimait pas les sentiments que le plus vieux lui transmettait dans cette étreinte. Il voulut protester contre ces adieux, insister pour qu'il vienne avec lui, mais il y eu un choc. Un petit coup porté à sa nuque. Et il vit noir. Iceburg parvient à le retenir avant qu'il ne s'effondre, l'allongeant par terre.
-Étais-ce nécessaire, demande une voix.
-Il ne vous aurait pas suivi sinon.
Iceburg leva les yeux vers Monkey D Dragon. Le chef des Révolutionnaires en personne se tenait devant lui, le dominant de toute sa hauteur. Quelques hommes l'accompagnent, attendant ses ordres. D'un signe, Dragon leur ordonna de charger Franky dans la voiture pour qu'ils l'emmènent au QG. Ils chargèrent le cyborg sur un brancard.
-En échange de votre coopération avec nous, je m'engage à ce qu'aucun de mes hommes ne s'en prenne à vous.
-Engagez-vous plutôt à protéger Franky.
-Je lui laisserai le choix. Il a sûrement déjà une idée de ce qu'il veut faire de sa vie. Cependant, je vous promets qu'il sera en sécurité avec nous.
Iceburg baissa les yeux vers Franky, les larmes venant d'elles-mêmes. Il se rappelle encore ce jour où Tom l'a ramené à la maison. Même s'ils ne pouvaient pas s'entendre, ils étaient tout le temps fourré l'un avec l'autre. Franky faisait des bêtises, et lui il le disputait. Ils construisaient des choses ensemble, avec Tom aussi. Ils pouvaient se comprendre d'un regard et même s'il ne l'a jamais dit, Iceburg l'a toujours considéré comme son petit frère, et il l'aime comme tel.
-J'aurais voulu pouvoir le protéger…
-Vous l'avez fait, je vous l'assure.
-Je n'ai pas été le frère que j'aurai dû être. Pardonne-moi Franky…
Dragon lui donna une tape réconfortante, avant de déclarer qu'il était temps de partir. Iceburg regarda Franky disparaitre, s'éloigner de lui, avec un horrible sentiment d'impuissance qui lui pèse. Combien d'homme et de femme ont dû, comme lui, regarder partir leurs proches en sachant qu'ils en sont là parce qu'ils n'ont pas été assez fort pour les protéger ? Combien l'ont fait en sachant que ceux qui les emmènent loin sont les soldats de la marine ? Lui au moins, il sait que Franky sera en sécurité.
Ce qu'il ne sait pas, c'est si ça durera.
Brook
Brook se considérait comme chanceux lorsqu'il a rencontré Yorki, et qu'il est parti en mer avec lui. Ces derniers temps, il avait le nette impression que sa chance était épuisée. Entre la mort de son capitaine, celle de ses nakamas, sa résurrection, ce voyage éprouvant pour revenir à Grand Line… Et maintenant ça ! A peine arrivé, il est tombé sur des personnes du gouvernement qui l'ont arrêté parce qu'il a mangé un fruit du démon. Attendez, il ne savait même pas que cette chose appelée la « Chasse » existait !
-On va t'emmener à Impel Down, comme tous les autres !
Il se retrouva donc dans un fourgon, en route pour la capitale, les poignets attachés avec des menottes en kairoseki. Quelques personnes l'accompagnaient, toutes dans un sale état. Sans doute ce sont-elles défendues pour ne pas être emmené. Toutes n'avaient pas les mêmes menottes que lui, aussi en déduit-il qu'ils n'avaient pour certains aucun fruit du démon.
-Excusez-moi, les interpelle-t-il. Dans combien de temps serons-nous en prison ?
-Le voyage devrait prendre entre trois et cinq jours, répond quelqu'un.
-Quel type de fruit as-tu mangé, demande un autre.
-Existe-t-il un Zoan modèle squelette ?
Brook leur expliqua donc son histoire, et la raison pour laquelle il est dans cet état. Les prisonniers pleurèrent bruyamment, jusqu'à ce qu'un de leur gardien ne les engueulent pour le bruit qu'ils faisaient. Brook leur assura que ses compagnons ont eu des funérailles décentes et qu'il n'était plus triste.
-Je ne peux pas pleurer, car je me suis fait une promesse !
-Quelle promesse ?
-Je veux libérer ce royaume de l'oppression, comme le souhaitait mon capitaine.
-C'est un beau rêve…
-Mais ça va être difficile maintenant que tu t'es fait arrêter.
C'était là le problème. Brook n'avait aucune idée de comment s'enfuir d'ici. Il était bon à l'escrime, et ses mains liées ne l'auraient pas empêché de se battre, même avec son énergie réduite. Mais son épée à été confisquée par les gardes. Et il ne voulait pas qu'une rébellion puisse causer des représailles à ses nouveaux amis.
-Me voilà bien embêté…
-Si on se lie contre les gardiens, vous pensez qu'on a une chance ?
-Laisse tomber… Ils nous tueraient immédiatement.
-On aura peut-être plus de chance de s'enfuir pendant la nuit.
-Attendez… Vous n'allez pas essayer de vous enfuir avec moi !
Toutes les têtes se tournèrent vers Brook, lequel se sentit gêné d'être au centre de l'attention. Mais à son plus grand étonnement, c'est un immense sourire qui apparut aux lèvres des prisonniers.
-Pourquoi pas ?
-Eh bien…
-Tu as une mission ! On va t'aider à essayer de la réaliser !
Ils sursautèrent tous lorsqu'un torrent de larmes jaillit des orbite vide du squelette. Comment peut-il pleurer ? D'ailleurs, comment peut-il voir ? Parler ? Pourquoi les menottes ne tombent pas de ses poignets ? Est-ce qu'il peut manger ? Il n'a pas d'estomac ! La nourriture tombe-t-elle s'il essaie de manger ? Alors que Brook remercie en pleurant ses nouveaux amis, ces derniers n'avaient que des questions en tête. Soudain, le fourgon freina brusquement, et ils se tombèrent les uns sur les autres.
-Que se passe-t-il ?
-Je ne sais. On s'est arrêté on dirait.
-Peut-être qu'un animal a traversé la route et ils ont dû freiner pour l'éviter.
-Ouais. On va sûrement repartir dans quelques secondes.
Ils se remirent tant bien que mal debout, aidant ceux qui ont des menottes pour qu'ils puissent se relever. Puis ils attendirent patiemment que le convoi reparte. Mais les minutes passèrent sans qu'il ne se passe rien. Et ils ne disposaient malheureusement d'aucun moyen de savoir ce qu'il se passe à l'extérieur. Ils échangèrent des regards entre eux.
-Ils sont descendu du fourgon, vous pensez ?
Une épée vient se planter dans le métal, à quelques centimètres seulement de la tête de Brook. Le squelette poussa un hurlement terrifié et tout le monde se jeta au côté opposé. Recroquevillés les uns contre les autres en tremblant, ils fixent la lame. D'où vient-elle ? Sont-ils attaqués ? Ça expliquerait pourquoi le fourgon ne bouge plus. Mais par qui sont-ils attaqués ? Finalement, la lame disparut, laissant une légère ouverture dans le métal.
-Je vais voir ce qu'il se passe, déclare l'un d'eux.
-Fait attention…
Il s'approcha de la fente, jetant un coup d'œil dehors. Il y avait effectivement un combat. Mais les ennemis avaient une drôle d'allure… Ils portaient des costumes fantaisistes, qui cache très peu les différentes parties de leurs corps. Malgré tout, ils sont plus nombreux que les soldats, et ils sont plutôt de bons combattants. Puis il aperçut le symbole sur la cape de l'un d'eux. Il se recula et fit volte-face pour dévisager ses amis prisonniers.
-Ce sont…
Le haut du la camionnette fut soudain découpée, tombant sur le côté. Aussi pâle que des morts, les prisonniers avaient désormais une belle vue du ciel bleu et sans nuages. Puis une immense tête apparue, toute souriante mais terriblement effrayante.
-Vous allez bien ?
Un hurlement fut sa réponse. Brook se leva, constatant qu'il était suffisamment grand pour atteindre le haut du fourgon. Il parvient à se hisser à l'extérieur, tendant ensuite la main vers ses camarades pour les aider à leur tour. Une fois qu'ils furent tous dehors, l'étrange personnage avec la grosse tête les libéra avec les clés volées aux soldats battus.
-Je suis Ivankov, l'un des commandants de l'armée Révolutionnaire !
-Pourquoi nous avoir sauvé ?
-Nous nous opposons fermement à la Chasse. Ma mission était d'intercepter ce combat et de vous emmener à notre QG !
Les prisonniers se regardèrent en train, ne parvenant pas à croire leur chance. Ils vont être emmenés au QG, là où ils seront en sécurité ?! Ils ne faisaient pas vraiment confiance à cet homme avec un afro violet. Ils entourèrent Brook et déclarèrent d'une seule voix.
-Nous suivrons monsieur le squelette !
-Hein, bredouille ce dernier.
-Il a l'intention de sauver le royaume !
-Oh, ricane Ivankov. C'est exactement le genre de personne que l'on recherche pour servir notre cause !
Toute l'attention fut à nouveau sur Brook. C'était à lui de prendre une décision. Il voulait offrir la liberté a laquelle il a pu goûter, à tous les habitants de Grand Line. Mais le faire seul est risque. Il a peu de chance de s'en sortir… Cependant, accompagné d'un groupe de personnes suffisamment puissantes pour découper d'un coup le haut d'une camionnette comme s'il s'agissait d'un morceau de beurre, il pouvait alors espérer atteindre son objectif. De plus, il pourra mettre ses nouveaux amis en sécurité. La réponse s'imposa d'elle-même.
-Yohoho ! J'accepte de vous rejoindre !
Law
Lorsqu'il entendit le bruit caractéristique d'une clé, Law ouvrit les yeux. Quelques secondes après, la porte de sa cellule fut ouverte. Un homme entra, et la tension dans le corps du brun disparut quand il reconnut un geôlier. Ce dernier tenait un plateau de nourriture qu'il posa sur la table. Puis, sans un mot, il quitta la cellule et referma la porte à clé. Les seules visites que le jeune médecin reçoit, c'est pour de la nourriture, ou quand Doflamingo vient lui parler, ce qui est plus rare. Law se redressa, grimaçant à la vue de la mixture pâteuse qu'ils lui ont donnée. Peu importe depuis combien d'années il est ici, ce truc a toujours un goût infect.
Depuis la mort de Corazon, il n'est pas sorti d'ici. Il ne sait plus ce que ça fait de vivre dans le monde extérieur. Les seules occasions durant lesquelles il a pu voir d'autres endroits, c'est pour s'entrainer, pour se laver ou pour soigner quelqu'un sous la demande de Doflamingo. Dans chacun de ces cas, il est accompagné bien sûr. Le reste du temps, il est ici.
Cette petite cellule sombre et froide n'est définitivement pas un endroit où tu aimerais passer ta vie. Il n'y a que deux meubles ici : son lit et la table qui a été poussée dans un coin. Il a le droit de garder son épée, mais il ne peut pas l'utiliser sous peine de se la faire confisquée. Il ne peut pas non plus utiliser ses pouvoirs, car il porte des menottes en Kairoseki. Il a quelques vêtements, empilés dans un coin, et des bouquins qu'il a déjà lu au moins cinq fois chacun, peut-être dix ou vingt fois pour ses préférés. Cette cellule ne comporte qu'une seule fenêtre : une petite ouverture dans la pierre, assez grande pour passer les mains, mais certainement pas un corps entier. De plus, le passage est gêné par d'épais barreaux.
-Tu n'aimerais pas cet endroit Corazon, pense avec amertume Law.
Il attrape son assiette et jette le contenu par la fenêtre. Peut-être qu'un chien errant sera content d'avoir de quoi se nourrir. Quant à lui, il peut bien se passer d'un ou deux repas. Il reposa l'assiette sur la table, but le verre d'eau et retourna s'allonger sur son lit. Il recevra sans doute la visite de Doflamingo dans les prochains jours. Il doit encore être à la capitale, avec les autres Shichibukai. Il entendit des bruits de pas devant sa fenêtre et parvient à saisir une discussion.
-Maître Doflamingo revient demain.
-Il n'avait pas l'air de très bonne humeur… Une altercation avec Crocodile, de ce que j'ai entendu dire.
Le brun ne put retenir un rictus. Doflamingo et Crocodile étaient très proches, bien que le blond se montrait plutôt collant, alors que l'autre ne pouvait pas le voir en peinture. Sûrement l'homme-sable était pour Doflamingo la personne la plus digne de confiance dans son groupe, car ils ont tous les deux fait partie du groupe d'origine. Avec Moria, mais le blond n'éprouvait en réalité aucune sympathie pour lui. De toute façon, quand on est suffisamment proche d'un Shichibukai pour être au courant du contenu des réunions, on sait que durant celles-ci il y a énormément de disputes.
-Pourquoi se sont-ils disputés cette fois ?
-Crocodile aurait fait une remarque à propos de Trafalgar D Law.
-Quel genre de remarque ?
Law ne put s'empêche de tendre l'oreille. Si ça parle de lui, il pouvait bien être mis au courant, non ? Mais les deux gardes restèrent soudainement très silencieux. Le brun pesta. Il voulait savoir maintenant. Puis, la discussion reprit, sur un ton plus bas pour éviter que quiconque ne les entende.
-Il trouvait injuste que Doflamingo garde un détenteur d'un fruit du démon pour lui.
-Il a osé dire ça ?!
-Les autres l'ont soutenu. Doflamingo n'a pas eu d'autre choix que de céder.
-Que va-t-il lui arrivé ?
-Il sera amené devant les Shichibukai demain pour être à leur service.
Ils s'éloignèrent finalement, mais Law avait pu entendre le principal. Dans quelques heures, il pourra quitter cette cellule afin de se rendre à la capitale. De son point de vue, il s'agit juste d'un transfert d'une prison à une autre. Ça ne changera pas grand-chose à son mode de vie. S'il a de la chance, sa nouvelle cellule sera plus grande et chauffée. Le geôlier revient alors chercher le plateau.
-C'était ton dernier repas, lui dit-il.
-Vraiment ?
-Maître Doflamingo a demandé que vous ne mangiez pas avant le voyage.
Sans doute pour le vider de ses forces et éviter qu'il ne tente de s'échapper. Malgré sa coopération, le blond n'a toujours pas confiance en lui après toutes ces années. Law regretta presque de ne pas s'être forcé à manger. Le geôlier repartit rapidement, n'oubliant pas de fermer la porte à double-tour derrière lui. Jamais assez de précautions… La nuit étant tombé, Law décida de dormir un peu. Même si son sommeil ne dure qu'une heure ou deux, c'est toujours ça de gagné.
En fait, il a dormi quinze minutes. La porte de sa cellule l'a réveillée en explosant.
-Qu'est-ce que…
Law se mit debout d'un bond, attrapant son sabre. Il n'a pas le droit de l'utiliser, mais là c'est un cas d'extrême urgence. Quelqu'un est venu le tuer ! Une silhouette massive apparut, pénétrant dans la petite cellule. Law se retient de se moquer lorsque l'homme pesta parce qu'il devait se pencher pour passer la porte. Une fois à l'intérieur, Law pu distinguer de qui il s'agissait, bien qu'il ne pût le reconnaître.
L'homme était grand. Au moins deux mètres de haut, voir plus. Il était également très musclé. Malgré la pénombre, Law pu remarquer que ses cheveux en bataille étaient d'une belle couleur rouge sang. Ses yeux étaient dorés, ce qui n'était pas très rassurant lorsque vous êtes face à face avec lui dans un endroit étroit, après qu'il ait brisé une porte sous vos yeux. Il avait un sourire confiant, presque mesquin, qui énerva Law malgré lui.
-Qui es-tu ? Pourquoi es-tu ici ?
-Calme-toi, je ne suis pas un ennemi.
La voix correspond au physique, rauque et froide, même si un certain amusement est audible. Quel que soit son but, ce type à l'air de trouver ça drôle. Se rend-t-il même compte d'où il se trouve ? Si Doflamingo apprend ce qu'il s'est passé ici, sa colère sera terrible, et ça va très vite dégénérer… Le roux prit le temps d'observer la petite cellule, grimaçant de dégoût en voyant que l'espace est vraiment petit. Il jette un coup d'œil mauvais à la fenêtre.
-Tu ne seras pas triste de quitter cet endroit.
-Je doute que l'autre soit plus accueillante.
-L'autre ?
-Vous ne savez pas ? Je déménage demain.
Law espérait déstabiliser l'homme avec un peu d'ironie, mais le roux lui fit un sourire suffisant, comme s'il était au courant de quelque chose qu'il ignore. A ce moment-là, Law décida qu'il ne l'aimait pas. D'autant plus qu'il n'a toujours pas révélé son identité.
-Tu as vraiment l'intention d'aller à la capitale.
-C'est-à-dire que je n'ai pas vraiment le choix.
-Je suis là pour ça, voyons ! Je m'appelle Eustass Kid.
Bien qu'il n'ait physiquement rien d'un gamin. En revanche, il avait l'air d'être aussi borné et capricieux qu'un enfant. Law baissa son épée, acceptant que le roux lui donne plus de détail. Kid lui montra alors son dos. Il portait une cape sur laquelle est brodé le symbole des Révolutionnaires. Après réflexion, le brun aurait dû se douter que la seule personne capable de venir défier ouvertement Doflamingo est un capitaine fou venant de chez eux.
-Tu es là pour me faire sortir donc.
-Pas seulement. Je vais t'emmener au QG avec moi. Là-bas tu seras en sécurité.
-Vraiment ?
-Ouais. Tu pourras même te battre avec nous.
Tentant, mais Law n'était pas du genre à accorder sa confiance aussi facilement. Après avoir passé tant d'années au côté de Doflamingo, après avoir été trahi par lui et jeté ici, Law avait apprit à se méfier des autres. Ce ne sont pas quelques promesses qui le feront se relâcher. Il jeta un regard mauvais à Kid, ce qui ne le déstabilisa pas le moins du monde. Le roux ne cessa pas de sourire, comme s'il savait qu'il allait gagner. Il s'agissait clairement d'un défi.
-Je ne veux pas vous rejoindre.
-Pourquoi ?
-Je ne vois pas l'intérêt de changer de patron. Je ne compte pas devenir l'arme de ton chef.
-Combattre n'est pas une obligation. C'est juste que ça à l'air d'être ton genre.
-Tu ne me connais pas…
-Non, mais j'aimerais bien. Il n'y a une chose que je peux te promettre, cependant.
Kid tendit sa main et, sous le regard surprit de Law, la porte se souleva du sol. « Un fruit du démon » pense le brun. La lourde porte de métal fut déposée contre le mur avec soin, comme si elle était aussi légère qu'une plume. L'entrée était maintenant parfaitement dégagée, comme pour l'inviter à sortir. Kid lui sourit et cette fois c'est vers lui qu'il tendit la main, paume vers le haut, dans une demande silencieuse de le rejoindre. Law le regarda, toujours pas convaincu, mais néanmoins hésitant.
-Que tu nous rejoignes pour combattre, ou que tu quitte le pays, tu peux être sûr que tu l'auras.
-De quoi tu parles ?
-De la liberté.
A ces mots, un souvenir que Law a voulu enterrer au plus profond de son esprit refit surface. Le souvenir de cette nuit-là, où Corazon à trouvé la mort. Il se rappelle le souhait exprimé par le blond avant de recevoir une balle en pleine poitrine de la part de son propre frère. Il a demandé qu'il soit libre. Que Law puisse vivre heureux et libre. Doflamingo a refusé, et Law est resté prisonnier pendant des années. Les choses peuvent-elles être différentes maintenant ?
-Alors, demande Kid. Tu viens ?
Le brun serra plus fort son épée et il sourit. Ouais, les choses peuvent changer.
-Emmène-moi avec toi.
Pour la première fois depuis longtemps, il a tenu la main de quelqu'un.
A suivre
Nouveau chapitre ! Je suis contente, j'arrive à bien avancer dessus. J'espère ne pas vous avoir perdu au milieu de toutes les informations...
Comme vous l'avez compris, il y a plusieurs groupes au sein de l'armée Révolutionnaire et nos héros vont devoir intégré l'un de ses groupes. Je ne vous en dit pas plus, vous le découvrirez dans le prochain chapitre.
A bientôt pour la suite !
