Marco

Le travail d'équipe, c'est peut-être l'une des choses les plus difficiles à mettre en place. Surtout lorsque l'équipe en question est constituée de personnes qui ont toujours dû se battre seul, sans pouvoir faire confiance à personne. On ne peut les blâmer pour cela. Demander à onze personnes de partir en mission, de se battre ensemble pour un but commun et se faire confiance aveuglément, alors qu'ils ne se connaissent que depuis quelques jours c'est un pari risqué. Pour être sûr qu'une équipe nouvellement formée soit opérationnelle sur le terrain, il faut leur laisser le temps nécessaire pour se connaître un minimum et être prêt à laisser sa vie entre les mains des uns et des autres.

Quinze jours, ce n'est pas le temps nécessaire.

-Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris, avoue faiblement Marco.

-Je vais leur donner leur première mission.

Le blond fixa Dragon comme s'il ne parvenait pas à enregistrer ce qu'il venait de dire. Ou plutôt il ne le voulait pas. Le chef des Révolutionnaires attendit qu'il se reprenne, le regardant calmement. Marco est venu lui rendre un rapport de mission et il a senti le besoin de lui demander son avis sur sa décision. Finalement, le Phoenix se laissa tomber sur une chaise, soudainement épuisé.

-N'est-ce pas un peu précipité ?

-J'ai le sentiment qu'ils sont prêts.

-Vous dîtes ça parce qu'ils font étalage de leur force constamment.

Tous les jours sans exception, il y a eu de la casse à cause de la nouvelle équipe des Mugiwara. Allant des trous dans le mur, jusqu'au déménagement du bureau de Dragon dans une autre pièce à cause d'un incendie accidentel qui s'est déclenché dans le précédent. Pour la défense du jeune Portgas D Ace, il ne savait pas que le bureau du chef se trouvait juste au-dessus de la salle d'entraînement lorsqu'il a décidé de traverser le plafond. Dragon jette un coup d'œil aux cartons qu'il n'a pas encore vidés, entassé dans un coin de la pièce. Heureusement, il a réussi à sauver la plupart de ses affaires.

-Je ne leur demanderai rien de bien difficile.

-Si cette mission est urgente, je peux m'en occuper…

-Il faudra bien qu'ils commencent un jour.

-Je sais mais je pense qu'il faut attendre encore. Ils ne sont là que depuis deux semaines !

Se précipiter, c'est prendre le risque de les envoyer directement à la mort. S'ils se trompent, s'ils font le mauvais choix et se précipitent trop, ils risquent de perdre non seulement une équipe, mais aussi de puissants combattants, et l'échec de la mission aura forcément des conséquences. Pas que Marco n'ait pas confiance en eux, mais il voulait être prudent. Et s'ils n'étaient pas encore prêt à travailler ensemble ?

-Je pense que tu t'inquiètes trop, sourit Dragon.

-J'ai vécu des échecs, réplique le blond. J'ai fait des erreurs qui nous coûteront cher à l'avenir. Je ne veux pas recommencer.

Échouer lors d'une mission n'est pas forcément grave en soit, et arrive même plus souvent qu'on ne peut l'imaginer. Malgré les excellents éléments que comptent l'armée Révolutionnaires, il n'est pas rare de perdre des compagnons, parfois même une équipe entière, sur le champ de bataille. D'autres finissent en prison. L'échec signifie souvent qu'un fruit du démon qui devait être récupérer fini entre les mains du gouvernement ou alors que des informations qu'ils devaient récolter leurs ont échappées. Parfois, il s'agit de détruire une base, ou de libérer des prisonniers. Dans ces cas-là, une nouvelle équipe tente à son tour de réussir la mission. Cependant, certaines missions sont classées dans la catégorie « l'échec est inenvisageable », et elles sont en général confiés aux meilleurs de l'armée.

Marco reçu un jour une mission de ce type-là, et elle s'était plutôt bien passée au début. Mais il ne s'est pas montré assez vigilent. Il a commis une simple petite erreur, et même si ça ne pouvait être entièrement sa faute, il est celui qui devait en recevoir le blâme. Il est revenu seul à la base, dévasté. Il a échoué à exécuter sa mission, et il est rentré sans ses camarades. Malgré le temps passé, il ne peut se le pardonner et ceux qui le connaissent peuvent encore voire combien cette mission a changé celui qu'il était.

-Tu t'en veux encore pour cette histoire, soupire Dragon. Tu ne pouvais pas prévoir ce qui allait se passer. Aucun de nous ne le pouvais.

-J'aurais pu l'en empêcher. A cause de moi, nous ignorons ce qu'il est advenu de cette arme. Elle représente une grande menace.

-Je doute que le gouvernement l'ait en sa possession.

-Ça n'empêche pas…

Ils furent coupés par la porte du bureau qui s'ouvrit dans un grand bruit. Ayant apparemment oublié qu'il devait frapper avant, Luffy entra joyeusement dans le bureau. Marco le fixa, incrédule, avant de jeter un regard de reproche à Dragon. De toute évidence, le vieil homme a déjà convoqué son fils avant de lui demander son avis. Pourquoi lui avoir posé la question s'il avait l'intention dès le début de faire ce qu'il a décidé ?! Luffy sourit à son père puis s'installa sur une chaise à côté du blond.

-Je ne pensais pas que tu serais là, lui dit-il.

-Je devais parler un peu avec le chef. Dois-je vous laisser ?

-Inutile, répond Dragon. Tu es déjà au courant de ce que je vais lui dire.

Luffy avait l'air curieux maintenant. Quand on lui a dit qu'il était convoqué dans le bureau de son père, il s'attendait à de nouvelles réprimandes pour les détériorations causés par leurs entraînements. Apparemment, ce n'était pas le sujet du jour. Dragon étala une carte sur son bureau, cherchant rapidement des yeux un endroit qu'il désigna ensuite du doigt. Luffy et Marco se penchèrent en avant pour voir.

-J'ai une mission à confier à ton équipe.

-Notre première mission ! Super !

-Écoute-moi Luffy, car c'est très important. Je pense que ce genre de mission est ce qui vous convient le mieux.

Il lui expliqua que, à la suite de la révolte à Alabasta, les Shichibukai ont décidés d'installer une base militaire dans une petite ville à proximité. Cette ville subit l'oppression à cause de cela. Cependant, il s'agit d'un point stratégique pour eux. De plus, cette ville abrite des informateurs importants pour l'armée Révolutionnaires. Ils ne peuvent plus communiquer depuis l'arrivée de la Marine et ils doivent agir avant que le manque d'information ne leur pose des problèmes.

-Votre mission est de vous rendre là-bas, de détruire cette base et découvrir pourquoi ils ont décidé de l'installer dans cette ville en particulier.

-Ça va être génial, s'exclame Luffy.

« En effet, cette mission est faite pour eux » pense Marco. Leur demander de détruire une base, quand c'est exactement ce qu'ils font depuis deux semaines, c'est joindre l'utile à l'agréable. Plus de dégâts ici, moins de bruits et ils récupèrent leur ville. On reconnait bien là l'intelligence et le côté stratégique de leur chef. Cependant, Marco ne parvenait pas à se détendre. Cette base appartient aux Shichibukai… Que faire si l'un d'eux se trouve dans la base ? Seront-ils même capables de l'affronter ? N'est-ce pas un peu dangereux pour une première mission ?

-Quand peut-on partir, demande Luffy.

-Quand vous serez prêt. Il faut généralement compter trois jours…

-Je vais chercher les autres ! On va partir tout de suite !

Luffy se leva d'un bond, sans laisser le temps à son père de finir sa phrase. Il quitta le bureau à la vitesse de la lumière, criant le nom de ses compagnons pour les réunir. Dragon éclata de rire alors que Marco soupire. Ce gamin déborde d'enthousiasme, mais il ne semble pas se rendre compte de la situation dans laquelle il se trouve. On aurait presque l'impression qu'il considère tout cela comme un jeu. Il parait trop immature pour être un chef, mais Marco sait qu'il est digne de confiance. Il n'a que peu voyagé avec lui, mais ce fut suffisant pour qu'il comprenne le sérieux de Luffy dans son intention de sauver son pays.

-Tu es sûr que tout ira bien, demande-t-il.

-Tu ne les penses pas capable de réussir ?

-Si bien sûr… Mais j'ai tout de même une requête !

Dragon haussa un sourcil, mais lui fit signe qu'il écoutait. Marco fait rarement des demandes, ne s'occupant pas des missions des autres d'habitude. Il a bien assez à gérer avec son groupe, qui est celui qui compte le plus de monde. Bien que Barbe Blanche soit officiel le chef, le blond à tendance à tout gérer lui-même, surtout depuis son échec lors de cette fameuse mission.

-Je veux ton autorisation pour les accompagner.

-Tu veux y aller avec eux ? Il y a quelque chose qui t'intéresse dans ce village ?

-Hé bien, je pourrais toujours en profiter pour vérifier s'il est là-bas.

Dragon hésita. Ce n'est pas bon pour Marco qui continue de s'accrocher comme ça, de le chercher. Mais il a l'impression que c'est plus compliqué cette fois. Le blond se montre parfois protecteur envers les trois nouvelles recrues qu'il a ramenées lui-même à savoir les deux frères et le sabreur. Soit il accède à sa requête et l'envoie, au risque qu'il revienne abattu de ne pas l'avoir trouvé là-bas ou pire qu'il ne revienne pas parce qu'il était là-bas. Ou alors, il refuse et le blond reste ici ? Mais s'il est bien dans cette ville, et que Marco reste ici ? Les choses ne seraient-elles pas plus difficiles ? C'est un pari à faire, mais Dragon accepte de prendre le risque.

-Entendu. Tu as ma permission.

-Merci chef.

Marco s'inclina respectueusement et quitta précipitamment la pièce pour rejoindre Luffy. Dragon le regarda partir, avant de s'affaler contre son fauteuil. Il n'a pas de mauvais pressentiments pour cette mission. Il a sûrement fait le bon choix. Mais il ne peut oublier ce petit doute au fond de lui qu'il se soit trompé. Il n'a plus qu'à espérer qu'ils reviennent tous sains et sauf.

Et surtout qu'il ne soit pas là-bas.


Nami

Quand Luffy leur a annoncé qu'ils avaient une mission, Nami était loin de s'imaginer ça. Elle a lu quelques romans sur l'espionnage quand elle était petite, et bien qu'elle n'ait jamais spécialement souhaité devenir une espionne un jour, cet univers l'a toujours fasciné. Ensuite, elle est devenue une voleuse talentueuse, et l'infiltration n'avait plus de secret pour elle. Malgré tout, elle fut incapable de deviner ce qui allait se passer durant cette mission.

-Qui a eu l'idée de ce plan, grogne-t-elle.

-C'est Traffy, répond Luffy dans son oreillette

-J'ai un prénom, soupire « Traffy ».

-Arrête de te plaindre, intervient Zoro. On ne te demande pas grand-chose.

-Fait-le à ma place alors !

A côté de la jeune femme aux cheveux roux, Robin rit discrètement, se cachant derrière sa main. Lorsqu'ils sont arrivés en ville, après plusieurs jours de voyages, ils ont rapidement trouvé la base qu'ils devaient détruire. Mais avant de le faire, ils devaient récupérer des informations, ce qui nécessite de s'y infiltrer. Ils ont rapidement compris que leur chef Luffy n'avait pas de plan réel en dehors de foncé dans le tas et de voir ce que ça donne. Law a donc proposé un plan, qu'ils ont été contraints d'accepter à défaut d'avoir une meilleure idée. C'est ainsi que les deux jeunes femmes se retrouvèrent habillée en danseuses.

-Je trouve que ces tenues vous vont à ravir, s'extasie Sanji.

-Je suis d'accord, renchérit Brook.

-Ce sont des tenues typiques de la région non, demande Franky.

-Oui, répond Chopper. On les a trouvés dans une boutique pas très loin.

Ils ne sont pas à Alabasta, mais le climat n'est pas meilleur ici. Il fait très chaud et les tenues sont par conséquent très légère. Tout en parures et en broderies, Nami doit reconnaître que ses nouveaux vêtements sont magnifiques, mais elle a la désagréable impression d'être nue. Robin n'était pas mieux habillée, mais elle faisait semblant de rien, prête à accomplir sa mission. Law ramena le calme, sentant déjà une migraine venir.

-Vous devez vous faire passer pour des danseuses locales. Ils vous font rentrer, vous les séduisez un peu puis vous venez nous ouvrir.

-On sait ce qu'on doit faire, peste Nami.

-Faites-nous confiance, ajoute Robin. Nous serons bientôt à la porte.

Les deux jeunes femmes dissimulèrent habilement leurs oreillettes derrière leurs cheveux, avant de se diriger vers les larges portes de bois. Tirant sur une chaîne pour activer la petite cloche qui fait office de sonnette, elles arborèrent leur plus beau sourire pour charmer les gardes. Un soldat entrouvrit la porte, et au vu des rougeurs sur ses joues, il n'était pas insensible au physique des deux jeunes femmes. Il ouvrit un peu plus la porte et bégaya.

-Qu'est-ce qui vous amène ?

-On pensait vous offrir un petit spectacle, explique Nami.

-Pour vous remercier de votre travail, ajoute Robin.

-Oui, après tout vous défendez notre pays au péril de votre vie !

Le soldat devient encore plus rouge, assurant que ce n'était pas grand-chose et qu'ils ne font que leur travail. Il s'écarta ensuite, leur tenant la porte pour les laisser passer. La première étape du plan se déroule bien. Les deux jeunes femmes le remercièrent et se pressèrent de rentrer à l'intérieur. La porte donne sur une petite entré qui débouche sur une large cour intérieure. Les soldats se sont installés dans une ancienne bâtisse composée de deux bâtiments rectangulaires de trois étages reliés par un couloir au rez-de-chaussée. En face d'eux se trouve une haute tour qui servait à se défendre contre deux qui voudrait les attaquer. Deux murs entourent les deux bâtiments, liés ensemble. Le seul moyen de passer ces murs et d'emprunter le couloir creusé à l'intérieur que les deux jeunes femmes viennent d'utiliser. La porte est donc la seule entrée.

-Pourrons-nous vraiment détruire cet endroit, murmure Nami.

-Ne t'inquiète pas, sourit Robin. On a les moyens de le faire.

-Je vous emmène dans la salle de repos, intervient le soldat. Mes camarades sont là-bas pour se reposer.

Il leur sourit gentiment, les invitant à le suivre. Les deux jeunes femmes s'empressèrent de lui emboîter le pas. Il était si aimable, Nami eut du mal à accepter qu'il soit leur ennemi. Il y a forcément des gens bien dans les deux camps malheureusement… Ils arrivèrent tous les trois dans la salle de repos, attirant l'attention de tous les hommes présents. Quelques-uns étaient blessé et couvert de bandages, à cause des combats contre l'armée rebelle. Ils semblaient tous épuisés, mais ils accueillirent chaleureusement les deux danseuses.

-Vous ne devriez pas venir dans ce genre d'endroit, sourit l'un d'eux.

-Ouais, ce n'est pas un endroit pour des civils.

-Nous sommes en sécurité avec vous, déclare poliment Robin.

-Bien sûr ! C'est notre travail de défendre ce pays !

Le soldat qui les a laissé entrer expliqua à ses compagnons que les deux jeunes femmes ont proposé de les divertir un peu, en remerciement de tout le travail qu'ils ont fournit depuis leur arrivé dans cette ville. Ravie d'avoir un peu de changement, et de pouvoir profiter à la fois des danses traditionnelles et de la vue de jolies filles de la région, tous applaudirent vigoureusement. Ils improvisèrent une petite piste de danse avec des chaises et certains sortirent même des instruments de musique.

-On va pouvoir se changer les idées, s'exclame un soldat.

-Ça va nous remotiver !

Robin s'avança la première sur la piste, mouvant son corps au rythme de la musique. Elle a quelques connaissances sur les danses populaires dans cette zone, et tente au mieux de les reproduire gracieusement. Les soldats applaudissent et rient, ravis. Nami s'éloigne un peu du bruit pour faire état de la situation à ses compagnons. Elle plaça une main sur l'oreillette, priant pour parvenir à les entendre et leur parler sans se faire prendre.

-Nami au rapport, chuchote-t-elle.

-Comment ça se passe, demande Law.

-Robin est en train de danser. On va les occuper quelques minutes puis on va vous ouvrir.

-Super, s'exclame Sanji. Marimo, on va se mettre en place !

-Ne m'appelle pas comme ça, cri Zoro.

Ils continuèrent à se disputer, sous les rires de Luffy, et Nami décida de les ignorer. Elle se fraya un chemin dans la foule pour rejoindre Robin, lui assurant d'un hochement de tête que le rapport a été donné. Elle fit ensuite de son mieux pour suivre les mouvements de la belle brune. Elle dû être convaincante car les soldats avaient d'immenses sourire sur le visage. Les deux demoiselles firent de leur mieux pour les satisfaire. Quand la chanson se termina, elles étaient épuisées. Un soldat s'approcha d'elles, leur proposant de l'eau.

-Merci pour ce petit spectacle, déclare-t-il.

-Au plaisir, sourit Nami.

-Vous pouvez vous reposer un peu ici. C'est la moindre des choses.

Il avait l'air compatissant. Sûrement a-t-il remarqué leur état de fatigue. Ne pouvant refuser une telle offre, les deux jeunes femmes le remercièrent. Il les guida jusqu'à une chambre, leur proposant de dormir un peu avant de venir le chercher pour qu'il les escorte à la porte. Il partit pour leur laisser un peu de calme. Nami s'affaissa sur le lit en soupirant, épuisée. Qui aurait cru que ce genre de divertissement demandait autant d'énergie ?

-Nous n'avons malheureusement pas le temps de nous reposer, lui rappelle Robin.

-Je tuerai pour un lit…

-Tu les as ?

-Évidemment !

Elle montra alors le trousseau de clés glissé à son doigt. Elle l'a piqué au soldat sans qu'il ne le remarque, juste avant qu'il ne parte. Rapidement elles quittèrent la petite chambre et se dirigèrent vers la porte. Elles devaient faire vite pour ne pas être repérées. Heureusement, les soldats étaient pour la plupart dans la salle de repos. Quand aux autres, ils ne firent pas grand cas de deux danseuses qui se baladent dans leur base. Arrivée à l'entrée, Nami sortit les clés et commença à toutes les essayer. Elle trouva la bonne à la cinquième tentative et la porte s'ouvrit pour laisser passer Zoro et Sanji.

-Vous êtes géniales Nami chérie et Robin d'amour !

-Arrête de baver. On a une mission !

-Tu veux te battre le cactus ?!

-Concentrez-vous, ordonne Law dans leurs oreillettes.

Les deux hommes partirent en courant vers la cour intérieure en se jetant des regards noirs. La suite du plan est simple : Zoro et Sanji doivent attirer l'attention des gardes sur eux et les forcer à sortir des bâtiments. Ensuite, le reste de l'équipe se sépare en deux pour commencer l'offensive. Il ne fallut pas beaucoup de temps avant que des bruits de bagarres commencent.

-Comment ça se passe pour toi Usopp, demande Law.

-Je suis prêt. Je vous fais signe quand vous pouvez y aller.

-J'en ai marre d'attendre, soupire Luffy.

-On ira bientôt, promet le médecin.

Les minutes passèrent et bientôt Zoro apparut, poursuivi par des dizaines de soldats armes à la main. Usopp, qui était parvenu à grimper tout en haut de la tour, s'était placé à la fenêtre. Il aperçut le sabreur en premier, souriant. Le plan se déroule bien. Il s'attendait à voir Sanji arriver peu après, mais le blond ne se montra pas. Il fronça les sourcils. Zoro lève la tête et lève le poing en l'air, avant de commencer à se battre.

-Il se passe quelque chose, déclare le sniper.

-Un problème, demande Robin.

-Je ne vois pas Sanji. Il aurait dû sortir.

-Zoro a envoyé le signal, intervient Ace.

-Ouais.

-Alors c'est que ça va. Sanji va se débrouiller, on y va !

D'un même mouvement, tous commencèrent à bouger. Nami et Robin partirent en direction de la tour, faisant mine de vouloir se protéger de l'invasion. Des tirs commencèrent à retentir, et les soldats autour de Zoro s'effondrent un par un. Le reste d'entre eux se séparèrent en deux. Brook, Franky, Marco et Ace entrèrent dans le bâtiment de gauche Luffy, Chopper et Law dans celui de droite. Malgré le petit problème rencontré, ils allaient faire de leur mieux pour mener cette mission à terme.

-Je me demande ce qui est arrivé à Sanji, pense Usopp.


Zoro

En toute honnêteté, Zoro n'a rien à redire au plan de Law. C'est précis, clair et ils pourront en finir rapidement en procédant de cette manière. Cependant, tous les plans ont des défauts, et celui de ce plan est que Zoro et Sanji se sont retrouvés ensemble pour faire diversion. Ils ne sont malheureusement pas faits pour s'entendre et ils n'ont pas cessé de se disputer. Bien sûr, une fois que Nami et Robin les ont fait entrer, ils ont continué. L'avantage de ces engueulades ? Ils ont rapidement attiré l'attention.

-On doit les emmener dehors, rappelle Zoro.

-Pourquoi tu vas vers les escaliers alors ?!

-Pour aller dehors, je viens de te le dire.

-C'est de l'autre côté ! On ne va pas s'en sortir si tu te perds !

-Je ne me perds pas ! Je vais où je dois aller !

-Quelle mauvaise foi !

Des soldats arrivèrent derrière eux, leur bloquant le passage vers l'extérieur. Ils n'eurent d'autre choix que de prendre quand même les escaliers. Ils montèrent rapidement, la quasi-totalité des gardes de la base à leurs trousses. Ils perdirent leurs oreillettes dans le processus, et aussi leur seul moyen de communication avec les autres. Quand ils arrivèrent au premier, toutes les têtes se tournèrent vers. Ils ont atterri à l'étage des chambres de toute évidence. Immédiatement, les balles fusèrent de tous les côtés. Zoro attrapa Sanji par le poignet et courut vers les escaliers pour monter au deuxième étage.

-Idiot ! On ne doit pas aller par-là !

-Tu préfères qu'ils te transforment en gruyère ?!

-On n'en serait pas là si on n'était pas monté en premier lieu !

-Maintenant que c'est fait, tu viens ou pas ?!

Sanji grimaça mais se laissa entraîner. Ils ne peuvent pas retourner en bas tant qu'ils leur bloquent le passage. Ils doivent se cacher le temps de ramener le calme, puis ensuite les attirés dehors comme le plan le dit. Ils se retrouvèrent donc au deuxième étage et Zoro ouvrit une porte au hasard, fermant la porte brusquement. Il se plaqua contre le mur, maintenant Sanji contre lui. Quand un soldat ouvrit la porte, ils furent cachés derrière et le soldat ne put pas les voir. Il cria à ses compagnons qu'ils sont allés plus loin et referma la porte. Les deux hommes restèrent immobiles un instant, guettant tout signe du retour du soldat.

-Je crois qu'ils sont partis, murmure Zoro.

-Cool. Tu peux me lâcher alors.

Le sabreur se dépêcha de le repousser de lui, lui adressant un regard mauvais. Le blond s'appliqua à l'ignorer, ne voulant pas penser à ses quelques secondes passées dans ses bras. Il regarda autour d'eux, remarquant des dizaines de den-den-mushi de toutes les tailles dans la pièce.

-C'est sûrement la salle de communication.

-Ça ne nous avance à rien. On doit sortir d'ici.

Zoro s'apprête à ouvrir la porte pour quitter la pièce mais Sanji se précipite pour le retenir. Il valait mieux attendre selon lui, et il ne peut pas laisser Zoro déambuler seul dans cet endroit, à cause de son sens de l'orientation plus que médiocre. Il dirait même inexistant ! Mécontent d'avoir été retenu, Zoro se tourna vers lui, prêt à saisir ses sabres si toutefois Sanji décide de se battre.

-On devrait attendre un peu, explique le blond.

-Attendre quoi ?! Tu espères qu'il se met à neiger ?!

-Si tu y va maintenant, ils risquent de t'attaquer tous en même temps !

-Ce n'est pas un problème. Je serai capable de les repousser.

-Ne veux-tu par réfléchir un peu !

Cette fois c'est sûr, Law a définitivement fait une erreur en décidant de les mettre ensemble. Ils ne peuvent pas s'entendre sur la manière de procéder, ce qui les ralentit considérablement. Zoro pense qu'ils ont perdus assez de temps et qu'ils doivent accélérer les choses. Sanji, à l'inverse, préfère opter pour la prudence et attendre que les soldats soient suffisamment loin pour ne pas leur barrer la route à nouveau. Finalement, puisqu'ils ne peuvent pas travailler ensemble, ils décidèrent que le mieux à faire était de se séparer.

-Va te perdre, marimo de merde !

-Démerde-toi tout seul cuistot du dimanche !

Tel des enfants, ils se tournèrent le dos en boudant. Et tel un enfant, Zoro décida de jouer un tour à Sanji pour le forcer à s'excuser. Il aperçut la clé à la porte et s'en saisit avant de sortir de la pièce. Il claqua la porte bien fort et la ferma à clé. Le blond n'aurait d'autre choix que de lui demander de lui ouvrir s'il souhaitait sortir. Aussi fort que soient ses coups de pieds, il a peu de chance de pouvoir déloger la porte avant que tout n'explose. Les soldats de la marine ont pris des précautions en s'installant ici. Le déclic de la clé dans la serrure attira bien sûr l'attention de Sanji.

-Marimo ! Qu'est-ce que tu as fait ?!

-Moi ? Rien, voyons…

-Il est là !

Le sabreur eut juste le temps de se retourner avant qu'un coup de pied ne le projette contre la porte, qui ne trembla même pas. Il sentit la poignée s'enfoncer dans son dos et sentit quelque chose lui érafler la peau. Mais il n'avait pas le temps de s'en occuper. Il ignora la douleur et dégaine ses sabres. Heureusement, ses assaillants étaient peu nombreux. Il bloqua le premier, celui qui l'a poussé contre la porte, et le repoussa. D'un coup de pommeau à l'arrière de la tête, le soldat tomba dans les pommes. Avant de pouvoir se remettre en position, Zoro du bloqué deux sabres qui allaient s'abattre sur lui.

-Oi ! Marimo, il se passe quoi ?!

-Je suis un peu occupé là ! Tu attends deux secondes !

D'un mouvement souple du poignet, il repoussa les sabres et fit une large entaille sur les torses de ses agresseurs, avant de se diriger vers les autres. Il ne lui fallut que peu de temps pour tous les mettre à terre. Essoufflé, il fit de son mieux pour rester silencieux, attendant de voir si le bruit a attiré l'attention des autres. Mais personne ne vient. Il souleva son tee-shirt pour regarder sa blessure. Heureusement, ce n'est rien de grave. Il entendit des coups contre la porte, puis la voix agaçante de Sanji.

-Hé ! T'es encore là ?!

-Ouais, pas la peine de gueuler.

-Pourquoi la porte ne s'ouvre pas ?!

-Je l'ai fermé à clé.

-C'est très mature de ta part… Ouvre-moi !

-Ça va, je vais…

Zoro baissa les yeux vers la serrure et blêmit. Sa blessure dans le dos le brûla plus intensément soudainement. Il comprit à ce moment que ce n'est pas contre la poignée de la porte que son dos a tapée, mais contre la clé. Et s'il a été éraflé, c'est tout simplement parce que la clé s'est cassée en deux. Il se pencha vers la serrure, espérant avoir une chance de pouvoir retirer le petit bout coincé à l'intérieur, mais c'était peine perdue. De l'autre côté, Sanji commencer à s'impatienter.

-Alors ?!

-On a un problème…

-Quoi ?!

-La clé est cassée. Je ne peux plus l'utiliser.

-Trouves-en une autre !

-Tu es marrant, je fais commencer pour la mettre dans la serrure si l'autre est coincée dedans ?!

Sanji poussa un cri agacé. Alors qu'ils ont déjà perdu beaucoup de temps à cause des conneries de Zoro, le voilà enfermé dans une pièce à cause de la puérilité du sabreur. Le bâtiment va exploser dans pas longtemps et il va se retrouver bloqué dans l'explosion. Il allait dire à Zoro de découper la porte, mais des hurlements retentirent de l'autre côté. Le vert laissa échapper un juron et se mit à crier à son partenaire coincé.

-Ne bouge pas d'ici !

-Le problème est que je ne peux pas bouger d'ici, crétin !

-Je vais revenir te libérer. Mais je dois m'occuper de la mission avant !

-Quoi ?! Tu plaisantes ?! Tu ne va pas me laisser là ?!

-Je serai là bientôt !

Zoro partit en courant vers les escaliers, suivit des soldats. Sanji hurla son prénom, lui ordonnant de revenir et de ne pas le laisser tout seul ici. Mais le sabreur ne lui répondit pas et tout devient silencieux. Le voilà bloqué dans une salle, dans l'attente qu'une stupide algue humaine vient le chercher. Autant dire qu'il n'a aucun espoir de s'en sortir, parce qu'il n'y a aucune chance qu'avec son sens de l'orientation Zoro puisse retrouver le chemin jusqu'ici. Il peut toujours attendre des renforts… D'autant plus qu'il ne peut pas demander de l'aide aux autres sans son oreillette.

-Stupide marimo… Tout est ta faute !

Zoro sortit dehors à ce moment, envoyant le signal à Usopp.


Usopp

A moitié couché sur le sol, le haut du corps légèrement relevé, il vise les ennemis avec son lance-pierre. Il a créé toutes sortes de petites billes aux effets pour le moins originaux, mais qui ont le mérite de marcher. Il a refusé d'utiliser une arme, mais il sait qu'il sera amené à en faire usage à l'avenir. Pour le moment, ses petites armes à lui sont suffisantes. Entre le tabasco et les œufs pourris, les pauvres soldats ne sont pas au bout de leur peine.

-Usopp, appelle Nami.

-Vous voilà, déclare-t-il sans les regarder.

Pour qu'elles ne se retrouvent pas dans la mêlée alors que leurs tenues les handicaps, il fut décidé que Nami et Robin le rejoindraient après avoir ouvert la porte aux autres. Pour la rousse, qui n'a pas encore de quoi se battre, c'est un moyen d'être en sécurité. Robin croise les bras sur sa poitrine, usant de ses pouvoirs pour assommer les gardes.

-Nami, l'interpelle Usopp.

-Oui ?

-Je voudrais appeler Sanji, mais j'ai retiré mon oreillette car elle me gênait. Tu peux le faire ?

-Bien sûr !

La rousse se sentait mal de ne pas pouvoir aider, et elle fut ravie d'avoir quand même quelque chose à faire. S'éloignant pour ne pas être dérangé par les tirs et les cris, elle plaça une main sur son oreillette. Elle espérait que le blond pourrait vite répondre pour les informer de sa position. S'il faut changer le plan, il devrait les mettre au courant.

-Sanji-kun ?! Sanji-kun ?!

-Qu'est-ce qu'il se passe, demande Luffy.

-Sanji-kun ne répond pas.

-Il a peut-être perdu son oreillette, déclare Franky.

-C'est peut-être aussi le cas de Zoro, s'inquiète Chopper.

-Demande à Usopp de regarder, ordonne Ace.

Nami acquiesça et s'empressa de rapporter à Usopp la conversation. Le sniper baissa ses lunettes sur ses yeux, observant attentivement Zoro. Il remarqua bien vite l'absence totale d'oreillette sur lui. Ces deux-là ont apparemment décidé de leur compliquer la tâche. Il se tourna vers Nami, secouant négativement la tête, avant de se reconcentrer sur son travail.

-Zoro a perdu la sienne, déclare la rousse.

-C'est le seul à savoir où est Sanji-san, cri Brook.

-Que quelqu'un aille aider Zoro, ordonne Luffy. Vous en finissez avec les soldats et vous allez chercher Sanji avec lui !

Tout le monde resta silencieux un moment, surprit par le soudain sérieux dans la voix de leur chef. Lui qui n'a fait preuve que d'une excitation agaçante depuis le début faisait enfin son travail. Puis, ils se ressaisirent et décidèrent de lui obéir. Ace s'arrêta dans sa course, faisant signe à ses compagnons de poursuivre et fit demi-tour.

-J'y vais, dit-il.

-J'y vais aussi, intervient Marco.

-C'est bon. Je me débrouillerai seul. Reste avec Brook et Franky est poursuivez la mission.

Il ne fallut pas longtemps avant que les trois dans la tour n'aperçoivent l'homme de feu émerger du bâtiment, les poings en feu. Il se jeta dans la foule, plaquant au sol deux soldats. Il essaya de se rapprocher au plus vite de Zoro. Robin se concentra pour lui libérer le passage au plus vite. Elle commençait à se sentir fatiguée, mais elle devait tenir bon. La majorité des soldats sont dans la cour et elle ne pouvait pas laisser ses trois camarades s'en sortir seuls. A ses côtés, Nami fait de son mieux pour la soutenir.

-N'hésite pas à faire une pause, lui dit-elle.

-Ça va… Je peux encore tenir…

-Au rapport, intervient Ace. Sanji est coincé dans une salle au deuxième.

Il résuma brièvement la situation, et Nami ne se gêna pas pour engueuler Zoro. Elle criait si fort que le vert pouvait l'entendre dans l'oreillette d'Ace, malgré les bruits de combat autour d'eux. Le brun grimaça de douleur, priant la rousse de se calmer car ses pauvres oreilles ne lui ont rien fait. Il proposa ensuite de trouver de nouvelles clés pour ouvrir la porte de la salle où Sanji est prisonnier, et qu'ils se débrouilleront pour déloger le petit bout coincé actuellement dans la serrure.

-Est-ce qu'un des soldats a des clés, demande Franky.

-Difficile à dire…

-Si, s'exclame Usopp. Le soldat derrière Zoro !

-Derrière Zoro, répète Nami.

Ace fit un signe au sabreur, qui fit volte-face. Effectivement, un soldat possède un trousseau de clé à sa ceinture. Il blêmit en remarquant l'attention du Révolutionnaire aux cheveux verts sur lui et partit en courant. Ahuris, Ace et Zoro le regardèrent s'éloigner. Puis, l'épéiste annonça qu'il allait le rattraper et se lança à sa poursuite, laissant Ace seul avec les gardes.

-Pourquoi a-t-il fallu qu'ils confient les clés au plus trouillard de tous ?!

-Peu importe. Zoro va récupérer les clés et libérer Sanji. Moi je m'occupe des soldats.

-On continue le plan normalement, déclare Luffy.

Usopp aperçut du coin de l'œil une petite étincelle et il leva les yeux vers le bâtiment de droite. Quelque chose de métallisé dépasse d'une fenêtre, trop gros pour être un fusil ou un pistolet. Plissant les yeux, il remarqua ce qui a produit de la lumière : une mèche allumée. Il comprit qu'il s'agissait d'un canon, et qu'il pointait dans leur direction. Il se leva d'un bond, attrapant les filles par le bras.

-On se casse, ordonne-t-il.

-Mais…

-Ils vont nous tirer dessus !

Ils s'engagèrent dans les escaliers au moment où un grand bruit résonna. Un boulet de canon percuta l'endroit où ils étaient juste avant, et le souffle de l'explosion les fit tomber. Ils dévalèrent les marches restantes, mais atterrirent vivants en bas, bien qu'un peu blessés. Ils se relevèrent tant bien que mal, le corps endoloris. Luffy n'arrêtait pas de crier leur nom dans l'oreillette, inquiet qu'ils se soient fait toucher par l'explosion.

-Nami ! Usopp ! Robin !

-On va bien, souffle la rousse.

-Vous devez quitter la tour ! Ils vont venir vous chercher !

-Ace est tout seul avec les soldats, s'exclame Usopp.

Il sait que l'homme de feu est fort, mais il pourrait se retrouver submergé. Et s'ils utilisent des armes en kairoseki contre lui… Tous les trois ne peuvent pas rejoindre le combat maintenant. Ils peinent déjà à avancer alors qu'ils tentent de sortir de la tour d'observation. Il faut que quelqu'un d'autre y aille. Luffy s'apprêta à se proposer, mais il fut interrompu par la voix de Marco.

-Je m'en occupe !

-Brook et moi allons gérer sans lui, affirme Franky.

-D'accord.

Quand ils sortirent de la tour, Usopp et les deux filles aperçurent un bel oiseau de feu bleu sauter d'une des fenêtres dans un grand cri, se jetant sur les soldats au sol. Le bleu se mêla au rouge des flammes d'Ace et il fut bientôt impossible pour eux de distinguer ce qu'il se passe. Ils ne pouvaient qu'espérer que tout se passerait bien. Quant à eux, ils devaient se retirer pour le moment et attendre le retour de leurs camarades.


Brook

-Ace est tout seul avec les soldats !

Marco se stoppa net en entendant ces mots. Ils ont entendu une explosion et ont aperçut dans flammes par la fenêtre du coin de l'œil. Difficile à dire s'il s'agit de celles d'Ace où si elles proviennent de la tour de guet. Heureusement, Nami leur a assuré qu'ils allaient bien, mais ils étaient désormais incapables d'aider l'homme de feu à s'occuper des soldats, et Zoro est partit à la poursuite de l'un d'eux.

-Marco, intervient Franky, vas-y !

-Mais…

-On voit bien que tu es inquiet. Occupe-toi de ça, on va se débrouiller !

Brook hocha la tête, d'accord avec son camarade. Marco les remercia et déclara aux autres qu'il allait rejoindre Ace avant que Luffy ne se propose. Des flammes bleues apparurent sur ses bras, les recouvrant presque instantanément. Maintenant pourvus d'une paire d'ailes, Marco sauta sur le bord de la fenêtre. Il poussa un cri digne d'un oiseau de proie et sauta dans le vide en direction d'Ace et des soldats. Franky et Brook se remirent en route pour accomplir leur mission.

-On trouve les informations et ensuite on fait tout exploser !

-J'espère que les autres vont pouvoir sortir à temps…

-Ne t'inquiète pas. On doit attendre le signal de Luffy. Il s'assurera que tout le monde est dehors.

Le plan est simple en soit. Ils sont parvenus à récupérer des explosifs pendant que Nami et Robin faisaient diversion. Ils doivent les disposer un peu partout dans le bâtiment. Le groupe de Luffy, qui en a fait de même dans le sien, doit activer les explosifs en premier, ce qui servira de signal pour que Franky active les siens. Mais avant, ils doivent trouver les informations demandées par Dragon.

-Quel genre d'informations pourrait-on trouver ici, demande Brook.

-Je ne sais pas… Peut-être des archives ou quelque chose comme ça.

Ils montèrent à l'étage le plus haut, et tombèrent sur un couloir totalement vide de toute présence. Toutes les portes sont ouvertes et les salles ont été désertées par les soldats. Ils décidèrent de placer des explosifs dans chacune d'entre elle. Chacun prit un côté du couloir et fit attention de ne pas en activer un par inadvertance. Tout en travaillant, Brook se permit de fredonner une petite chanson.

-Pas trop stressé, plaisante Franky.

-Un peu pour être honnête. Devoir manipuler des objets aussi dangereux… J'en ai la chair de poule ! Même si je n'ai pas de chair…

Le cyborg fixa son compagnon avec des yeux ronds. Ça c'est de l'humour particulier. Ils arrivèrent dans la dernière pièce au fond du couloir, qui s'avéra être un bureau. Chaque coin de cet endroit est occupé par une immense bibliothèque recouverte de livres et de dossiers. Le sol est jonché de feuilles de papiers sur lesquelles sont tracés des phrases brouillonnes ou des dessins. L'histoire de Grand Line, ou plus précisément de la région d'Alabasta des rapports de différentes batailles une liste des soldats leurs allers et venus dans la base l'histoire de cet ancien domaine de noble abandonné et transformé en QG militaire… On trouve de tous les sujets dans cette montagne de documents.

-On a trouvé une mine d'infos, déclare Franky.

-Prenez tout ce qui vous semble utile, ordonne Law. Je ne sais pas ce que Dragon veut exactement.

-Tout ce qui concerne la base déjà, précise Luffy.

Brook prit quelques livres sur l'histoire de ce domaine et de la famille qui y a vécu, mais il réalisa rapidement que ce serait trop encombrant pour le voyage de retour. Cependant, il trouva un dossier sur l'installation de leur base militaire au sein de l'ancienne demeure. Jugeant que le dates et tout ce qui se trouve dans ce dossier pourrait être utile, il choisit de le ramener. Il prit également la liste des soldats et toutes les personnes qui sont entrées dans cette base depuis l'arrivée de l'armée.

-Je ne suis pas sûr que cette liste soit utile, fit remarquer Franky.

-Eh bien Marco a dit qu'il cherchait si quelqu'un s'est montré ici…

-Vraiment ? Qui ?

-Je ne sais pas. Il parlait sûrement des Shichibukai.

Une fois qu'ils ont fait le tour de la bibliothèque, mettant de côté les livres d'histoire pour ne prendre que les documents les plus récents et les plus utiles, ils s'attaquèrent au bureau. Ils devaient faire vite, avant que Luffy ne lance le signal. Ils doivent encore placer des explosifs au rez-de-chaussée pour que le bâtiment s'effondre sur lui-même. Ils ouvrirent tous les tiroirs.

-J'ai trouvé une bouteille de saké, déclare Brook.

-On n'a pas le temps de… Tu l'as ouverte ?!

-C'est bon.

Bien qu'il préfère le thé, il était capable de dire si un alcool est bon ou pas. Et ça, ce n'est pas de la mauvaise qualité ! Posant la bouteille plus loin, il fouille le reste. Il pensait perdre leur temps à chercher ici, mais Franky poussa une exclamation joyeuse, brandissant une pochette verte contenant une longue liste. Il claqua le dossier sur le bureau et l'ouvrit.

-Regarde Brook ! On ne pouvait pas mieux tomber !

-Qu'est-ce que c'est ?

-Ici sont répertoriés toutes les bases du gouvernement avec pour chacune le gars en charge de l'endroit, le nombre de soldats et ce qu'il s'y passe !

Avoir une telle information serait un avantage pour les Révolutionnaires. Ils pourront ainsi ordonner des interventions dans certaines de ces bases suivant les activités de ces dernières. Savoir qui a la charge de chaque endroit permet aussi de se préparer au mieux à un éventuel affrontement. Bien sûr, certains endroits restent inaccessibles, comme Impel Down, Marineford, Enies Lobby et toutes celles proches de la capitale. Mais certaines de ces bases ne sont pas connus des Révolutionnaires.

-Quelle chance d'être tombé là-dessus, s'exclame Brook.

Franky acquiesça, puis jeta un coup d'œil à l'horloge murale au-dessus de la porte. Ils se sont mit d'accord sur un horaire pour lequel ils devront être dehors en sur le point de sortir, pour que Luffy puisse activer les explosifs. C'est bientôt le moment. Après avoir fermé brusquement le dossier et l'avoir mis dans les bras de Brook avec les autres, Franky se précipita vers la porte.

-On n'a plus le temps. On se contentera de ces informations !

-D'accord ! Dépêchons-nous !

Quand ils arrivèrent dans le couloir, ils entendirent distinctement le bruit d'une explosion. A la fenêtre ils aperçurent le bâtiment d'à côté en flammes. C'est le signal de Luffy. Ils étaient un peu en avance, mais la situation a eu une drôle de tournure alors ce devait être normal. Les ordres de Luffy passent avant tout. Franky courut vers les escaliers, Brook sur les talons.

-On met les explosifs en bas, on sort et fait tout péter !

-Ce n'est pas un peu tôt ?

-Luffy nous a donné le feu vert. Alors on y va !


Luffy

Réaliser sa première mission en tant que chef d'équipe est un moment très difficile. On a toujours une certaine appréhension, cette peur désagréable de faire quelque chose de mal et de tout gâcher. Que la moindre petite erreur ait des répercussions dramatiques sur le déroulement de la mission. C'est très stressant, d'autant plus lorsqu'un imprévu arrive et qu'il faut modifier le plan. Peu de personnes sont capables de supporter autant de pression, et aucune n'a échappée à l'inquiétude d'avant une mission.

Sauf Luffy.

Depuis leur arrivé dans cette ville, il s'est montré particulièrement enthousiaste à l'idée de cette mission. Rien ne semble pouvoir lui faire perdre son sourire. Il s'est fait réprimander à de nombreuses reprises par ses compagnons pour son insouciance dans une situation qui est tout sauf drôle. Mais ils ont vite abandonné l'idée de le raisonner, préférant le surveiller et ne jamais le laisser seul. Law pensa que ce ne serait pas une tâche difficile, mais il avait tort. C'était au contraire la tâche la PLUS difficile. Le pauvre Chopper pense comme lui…

-C'est trop génial ici, s'exclame Luffy.

-On n'est pas là pour s'amuser, le réprimande Law.

-Je suis inquiet pour les autres, souffle Chopper.

-Ne t'inquiète pas ! Ils s'en sortiront !

Law quant à lui, était inquiet pour le déroulement du plan. S'ils ne trouvent pas rapidement Sanji et ne le libère, les soldats risquent de découvrir ce qu'ils font et se débarrasser des explosifs. S'ils se font capturer en plus, ils auront vraiment tout perdu ! Avec Chopper et Luffy, ils en ont déjà installé pas mal au rez-de-chaussée et ils se dirigent à présent vers le premier étage. Quand ils y arrivèrent, ils furent un instant déstabilisé par l'absence totale de lumière en ces lieux.

-Il n'y a pas de fenêtre, fait remarquer Chopper.

-Pour être exacte, elles ont été condamnées.

De grandes plaques de métal grises empêche la lumière d'entrer par les fenêtres. Luffy tâtonna contre le mur, cherchant un quelconque moyen d'obtenir de la lumière. Il trouva un bouton, mais il eut beau appuyer dessus, la lumière ne s'alluma pas. Law sortit une lampe torche de son sac et éclaira le plafond. Il y a bien une installation électrique, mais le manque d'ampoule ne doit pas aider à mettre plus de luminosité dans ce couloir.

-Soit c'est le jour du changement d'ampoule, ironise Law, soit ils veulent garder ce couloir dans le noir.

-Pourquoi ils feraient une telle chose, s'étonne Chopper.

-Ils ont peur de la lumière, propose Luffy.

-C'est possible ?! Ça ne doit pas être facile au quotidien…

-Et si nous avançons au lieu de faire des suppositions stupides ?

Alors qu'ils allaient s'engager plus loin dans le couloir, ils entendirent un bruit semblable à un gémissement. Chopper se cacha immédiatement derrière les jambes de Luffy, effrayé. Law pointa la lampe torche devant, mais il n'y avait personne. Il n'y a même aucune porte ou quoi que ce soit, juste le couloir qui semble infini. Luffy posa une main sur son chapeau, les yeux brillants.

-Vous pensez qu'on verra des fantômes ?!

-Des fantômes, sanglote Chopper.

-Ça n'existe pas. Il y a sûrement une fissure quelque part et c'est le vent qui fait ce bruit.

Ils avancèrent tranquillement dans le couloir, cherchant une quelconque porte qui pourrait les emmener dans une autre pièce. Peut-être même trouver des informations. Un bureau, une salle d'archive n'importe quoi. Plus ils avancent et plus les gémissements deviennent des lamentations. Chopper était de plus en plus effrayé, s'imaginant une horde de zombie venir vers eux pour les dévorer. La lumière de la lampe vacilla plusieurs fois avant de s'éteindre complètement.

-Ce n'est pas vrai, peste Law en tapotant dessus.

-Aaaah, hurle Chopper.

-J'entends des voix, déclare Luffy.

-Aaaah !

-Chopper, arrête de crier. On ne va pas mourir.

Ils suivirent les voix que Luffy pouvait entendre et arrivèrent un bout du couloir. Une seule et unique porte se dresse face à eux. Plaquant chacun une oreille contre cette dernière, ils purent percevoir des appels à l'aide. Ils comprirent rapidement que les soldats ont gardés des prisonniers dans cette pièce. Luffy regarda autour de lui à la recherche d'une clé pour ouvrir, mais il n'en aperçut aucune. Ils ont vraiment un problème avec les clés pour cette mission…

-Qu'est-ce qu'on fait ?

-On doit attendre que Zoro revienne avec les clés…

-Ça va prendre trop de temps. Laissez-moi faire.

Toucher cette porte à apprit une chose à Law : elle n'est pas faite de kairoseki. Ses pouvoirs devraient fonctionner dans ce cas. Tendant la main en avant, il murmura le mot « Room ». La sphère bleue désormais familière apparue, passant à travers le mur et la porte. Il y eut des murmures d'incompréhension dans la prison. La seconde suivante, ils apparurent tous les trois de l'autre côté. Il faisait toujours très sombre, mais ils purent distinguer des mouvements dans la pénombre.

-Qui êtes-vous, demande une voix.

-Je suis Monkey D Luffy !

-On a été envoyé par l'armée Révolutionnaire. A qui avons-nous l'honneur ?

Immédiatement, plusieurs personnes s'approchèrent. Leurs yeux s'habituèrent aux ténèbres, leur permettant de distinguer des silhouettes d'adultes. Hommes et femmes, ils ne paraissaient pas particulièrement blessés ni en mauvaise santé. Bien que Law aurait voulu qu'ils se présentent d'abord, Luffy lui ordonna de faire sortir tout le monde. Il s'assura que tout le monde se retrouver de l'autre côté de la porte, où la faible lumière fut suffisante pour qu'ils puissent mieux se voir.

-Nous savions que vous finiriez par venir, s'exclame une femme en souriant.

-Pourquoi étiez-vous prisonnier ici ?

-Nous sommes suspectés d'être des informateurs pour les Révolutionnaires.

Sans doute certaines personnes du groupe le sont réellement, mais le dire revenait à être tué. S'ils sont tous encore en vie, c'est que pour l'instant le gouvernement n'a aucune preuve contre eux. Le fait qu'ils soient tombé sur eux est une chance, car ils ont pu éviter que des innocents meurent dans l'explosion visant à détruire le bâtiment. Luffy leur montra le bout du couloir.

-La sortie est par là. Dépêchez-vous, on va tout faire sauter.

-Quoi ?! Mais…

-Dépêchez !

Sans attendre, ils se mirent en marche pour rejoindre la sortie. Une fois loin, Law se laissa tomber par terre. Le manque de pratique et son confinement forcé pendant des années à cause de Doflamingo à des conséquences sur son corps et ses capacités. Devoir déplacer autant de personnes d'un coup lui a donné des vertiges. Rien de grave, mais il devra devenir plus endurant s'il veut éviter que ça se reproduise à l'avenir.

-Ça va Traffy ?

-Es-tu incapable de retenir mon prénom ?

-Tu veux faire une pause, propose Chopper.

-Non ça ira. Nous n'avons pas de temps à perdre.

Ils remirent en route, grimpant dans les étages supérieurs pour installer d'autres explosifs. De temps à autres ils pouvaient entendre des bruits de bataille. Les autres continuent de les mettre au courant de l'évolution des choses de leurs côtés. Ils ont perdu contact avec Ace et Marco depuis un moment, mais des explosions de flammes orange et bleues devant les fenêtres leur assurent qu'ils vont bien. De toute façon, Luffy n'était pas inquiet. Son frère est plus que capable de s'occuper d'eux, surtout si Marco est là pour l'aider.

-On a tout installé, déclare Law.

-Plus qu'à les activer, sourit Chopper.

-C'est moi qui le fais, ordonne Luffy.

Avant que quiconque n'ait pu l'en empêcher, il appuya sur le bouton. Immédiatement, tous les explosifs commencèrent à cligner en rouge. Law se félicita d'en avoir pris avec compte à rebours, et non des instantanés. Luffy semblait fier de lui, riant de son exploit. Le médecin le prit par les épaules, le secouant comme un prunier, alors que Chopper panique.

-On va mourir, cri-t-il.

-Tu réalises ce que tu viens de faire ?! Réfléchis avant d'agir bon sang !

-Quel est le problème ?

-Le problème ?! On est encore dans le bâtiment andouille ! En plus, même si on arrive à sortir, on ne sait pas si Sanji est ici ! Même s'il est dans l'autre bâtiment, Franky va bientôt le faire exploser, parce que tu as lancé le signal !

Luffy hocha la tête. Il a compris que la situation est critique, bien qu'il ne pût pas totalement admettre que c'était sa faute. Il ne pouvait pas savoir que les choses allaient se passer comme ça. Law aurait dû le lui expliquer avant qu'il ne puisse appuyer sur le bouton. Quoi qu'il en soit, il ne leur reste plus qu'une seule chose à faire : courir. Ils se précipitèrent hors de la pièce vers les escaliers. Chopper n'arrêtait pas de crier de panique Luffy de rire et Law se fit la note mentale de ne plus faire équipe avec eux deux. Il laisse la responsabilité aux autres, chacun son tour !

-On a intérêt à s'en sortir, menace-t-il.

-Tu devrais te détendre un peu Traffy.

-Je m'appelle Law !

-Halte !

Il y eu un coup de feu et Law retient un gémissement lorsqu'il sentit un pic de douleur dans la jambe. Il trébucha et tomba à genoux au sol. Luffy et Chopper s'arrêtèrent immédiatement, inquiets. Law passa une main sur la zone douloureuse, et le sang recouvrit ses doigts. Il venait de se faire tirer dessus en plein fuite. Il ne pouvait pas avoir moins de chance que ça. Chopper regarda la blessure, leur assurant qu'à première vue ce n'est pas grave mais qu'ils devaient partir vite pour le soigner.

-Tu peux nous téléporter, demande Luffy.

-Pas jusque dehors…

-Je vais nous rapprocher alors !

Il attrapa ses deux compagnons, les mettant facilement sur ses épaules, avant de se mettre à courir. Les soldats se lancèrent immédiatement à se poursuite, tirant des balles qui furent inutiles sur son corps élastique. Luffy dévala les escaliers en sautant, utilisant ses jambes pour se projeter plus loin. Ils arrivèrent bientôt au rez-de-chaussée, et il repoussa les gardes qui s'étaient entassé devant la porte.

-Bougez-vous de là !

-Je pense que je peux maintenant, murmure Law.

-Chopper, où sont les autres ?!

-Derrière la tour de guet !

Luffy courut dans cette direction, jetant juste un coup d'œil à son frère. Il le vit en pleine conversation avec Marco. Une conversation qui ne se passe pas bien s'il en croit leurs expressions. Quand Ace l'aperçut, il mit fin à la discussion et leur emboîta le pas. Luffy ne prit pas le temps de regarder la réaction de Marco, s'approchant du mur de guet. Il fit signe à son frère d'aller de l'autre côté et Law les téléporta. Usopp, Nami et Robin les attendaient. Le bâtiment explosa à ce moment-là.

-Law, s'inquiète Nami. Tu es blessé ?!

-J'ai reçu une balle, mais je dirai que les nerfs ne sont pas touchés. Je vais m'en occuper…

-Je vais t'aider, déclare Chopper.

-Ace et Marco arrivent, intervient Luffy.

Il posa Law et Chopper au sol. Le brun se laissa rouler sur le dos alors que le petit renne se précipite pour regarder sa jambe. Avec un peu de chance, la balle n'est pas rentrée trop profondément. Robin déclara qu'ils devaient se cacher au plus vite une fois Law soigné. Luffy acquiesça et leur ordonna de le déplacer dès que possible, qu'ils feront un bilan là-bas. Franky les prévient qu'ils allaient bientôt finir leur mission de leur côté. Luffy demanda ensuite.

-Des nouvelles de Zoro et Sanji ?


Sanji

On fait mieux comme première mission. Il ne fallait pas s'attendre à ce qu'il réalise de grands exploits pour une première fois, évidemment. Mais passer toute la mission à attendre dans une salle qu'un imbécile à la tête verte vienne le libérer c'est nul. Décevant même ! Après avoir essayé de forcer la porte, de déloger la clé (ce qu'il a réussi à faire) puis de crocheter la serrure (échec total), avoir organiser une course de Den-den-mushi et raconté sa vie à l'un d'eux Sanji commençait sérieusement à se faire chier.

-Est-ce que je peux étrangler le marimo avec le câble du den-den-mushi ?

Il a envisagé de sauter par la fenêtre, mais les risques qu'il se blesse sont trop élevés. En plus, il atterrira à l'arrière, ses compagnons ne sauront pas où il est et il ne pourra pas les rejoindre s'il s'est cassé une jambe. Il a fouillé dans toute la pièce, au cas où ils aient entassé des draps ou quoi que ce soit dont il aurait pu se servir pour réaliser une corde. Il a essayé de jeter une chaise par la fenêtre pour voir s'il pouvait essayer de faire une pile de chaise, mais elle s'est brisée. Il était en train de démonter (briser) un bureau pour fabriquer une échelle lorsqu'un des appareils sonna.

-Si c'est la tête d'algue, je raccroche.

Il s'approcha de l'escargot, le fixant les yeux plissés. La question se pose : devrait-il décrocher, ou prétendre que personne n'est là ? Mais si ce sont ses camarades qui ont réussi à entrer en contact avec lui, il risque de ne pas pouvoir sortir d'ici. Mais si c'est un ennemi… De toute façon, ils se sont probablement tous fait envoyés au tapis. A part pour demander des renforts, ils n'ont aucune raison d'appeler. Il n'aura qu'à leur dire qu'il a pris le contrôle de cette salle et tout sera réglé. Confiant, il attrapa le combiné.

-Allo ?

-Je pensais que vous n'alliez jamais répondre.

La voix de l'autre côté est grâce. Sanji fronça les sourcils, surprit. Il ne reconnait aucun de ses amis. Le ton de voix est trop calme pour que ce soit l'un des soldats de la base qui soit de l'autre côté de la ligne. Alors, a qui est-il en train de parler ? Un autre Révolutionnaire ? Un peu hésitant, il demanda.

-Qui êtes-vous ?

Après un léger silence, l'autre voix lâcha avec agacement.

-Crocodile.

Le blond manqua de pousser un cri de surprise. Il se retient à temps. Il ne faudrait pas que son interlocuteur comprenne sa surprise. Il est actuellement coincé dans une salle pleine de den-den-mushi, attendant que quelqu'un vienne le sauver, et au téléphone avec un Shichibukai. Est-ce qu'il existe quelqu'un ayant une situation pire que la sienne ?! Trouvant le manque de réponse anormale, Crocodile commença à se poser des questions.

-Je vous trouve bien silencieux… Un problème ?

-Désolé, je… Je suis un peu impressionné…

-J'essaie de joindre vos collègues depuis tout à l'heure, mais pas de réponse. Que se passe-t-il ?

Sanji écarta le téléphone de lui, prenant une grande inspiration. Il a besoin de fumer. Calant le combiné entre son épaule et son oreille, il glissa une cigarette entre ses lèvres, l'allumant rapidement. Ce n'était vraiment pas le moment de se laisser dépasser. Il doit absolument se faire passer pour un soldat de la base pour éviter le moindre soupçon de la part de Crocodile. Après avoir longuement pesé ses mots, il reprit le combiné et parla.

-Nous avons eu des problèmes avec des intrus.

-Des intrus ?

-Oui. Des Révolutionnaires. Au nombre de dix. Un petit groupe.

-Comment est la situation ?

-Tout est sous contrôle ! Nous les avons capturés et tués !

La dernière chose dont ils ont besoin, c'est que des renforts soient envoyés. Il était censé s'occuper des soldats avec Zoro, mais maintenant le sabreur est tout seul. Bien qu'il soit fort, il ne pourrait pas tout prendre seul. Crocodile ne parut pas convaincu, mais il ne dit rien. Sanji espérait que son excuse ait fonctionnée. C'est alors que des flammes apparurent à la fenêtre, faisant se briser les vitres. Le bruit n'échappa pas à Crocodile, qui demanda immédiatement avec mécontentement.

-Qu'est-ce que c'était ?!

-Euh, c'est… L'un d'eux s'est échappé mais nous venons de le maîtriser !

-Vous m'avez dit que vous les aviez tués.

Sanji se tendit, serrant les doigts autour du combiné. A en juger par l'expression de l'escargot, son interlocuteur n'est pas très content de cette constatation. Il n'aurait pas dû s'avancer autant dans son explication, et se contenter de dire qu'ils les avaient capturés. Il essaya immédiatement de se justifie, disant qu'il avait dû s'échapper avant d'être tué, mais que maintenant le problème est réglé. Ce ne fut pas suffisant pour rassurer Crocodile.

-Vous m'avez donné un faux rapport.

-Je m'en excuse monsieur ! Je ne me suis pas occupé personnellement d'eux. J'ai parlé trop vite et je suis sincèrement navré de mon incompétence.

Crocodile sembla hésiter, ne répondant pas. Sanji espérait juste que personne ne décide de faire à nouveau étalage de sa puissance, pour qu'il n'ait pas à se justifier à nouveau. Peu de chance que le coup du « mon collègue à glissé et s'est éclaté le cul sur le nouveau parquet ciré » fonctionne avec un Shichibukai. Finalement, au bout d'un long silence, Crocodile laissa échapper un soupir ennuyé et demanda, sans réelle inquiétude.

-Êtes-vous sur que je ne dois pas envoyer des renforts ?

-Absolument ! Tout est sous contrôle !

-Bien. Je veux un rapport complet de la situation plus tard.

-Promit monsieur !

Sans prendre la peine de le saluer, Crocodile raccrocha et l'escargot ferma les yeux. Sanji resta un moment immobile, avant de reposer le combiné. C'était un moment très éprouvant, mine de rien. La moindre parole de travers et ils étaient découverts. Heureusement, il a réussi à s'en tirer. Au moins, cela lui a permit de savoir quel Shichibukai se cache derrière la création de cette base militaire. Reste à savoir si Crocodile ne va pas changer d'avis. Quoi qu'il en soit, ils doivent vite partir d'ici. Il n'eut pas le temps de trouver une solution, il entendit le bâtiment d'à côté exploser.

-Ils ont déjà commencé ?!

De gigantesques flammes apparurent. Ce n'est plus qu'une question de temps avant que le bâtiment dans lequel il se trouve n'explose à son tour. Pas le temps de fabriquer sa petite échelle, il doit se barrer d'ici. Il courut à la fenêtre, jetant un coup d'œil en bas. A combien s'élève le pourcentage de chance pour qu'il ressorte vivant de cette mission ? De toute façon il n'a pas le choix. Il écarta les morceaux de verre brisés et passa une première jambe. Il parvient à s'assoir sur le bord.

-Quand faut y aller…

Il se souleva à l'aide de ses mains, prit une profonde inspiration et se laissa tomber dans le vide. Sa chute ne fut pas très longue, mais il ferma les yeux. Avec un peu de chance il allait réussir à atterrir sur ses pieds. Il ne s'attendait certainement pas à sentir quelque chose le retenir. Quelque chose qui, indéniablement, n'était pas le sol. Risquant un coup d'œil, il fut surpris de voir Zoro le fixer avec incrédulité.

-Qu'est-ce que tu fais là, hurlèrent-ils en même temps.

-C'est à toi de me le dire, réplique Zoro. Tu es tombé du ciel !

-J'ai sauté par la fenêtre ! Et toi, pourquoi tu…

-Pas le temps d'expliquer !

Abandonnant le soldat qu'il poursuivait pour lui prendre les clés, Zoro reposa Sanji et le traîna par le bras. Ils devaient s'éloigner au plus vite avant que le bâtiment n'explose. Bien qu'il ait envie de comprendre ce qu'il se passait, Sanji le suivit docilement. Il sait qu'il y a une urgence. Il a dû sauter par la fenêtre après tout. Quand le bâtiment explosa, ils étaient assez loin pour ne pas être prit dans les flammes, mais le souffle les projeta au sol. Les débris volèrent autour d'eux et Sanji reçut quelque chose à la tête. Il siffla de douleur mais Zoro ne l'entendit pas. Quand les débris cessèrent de retomber et que le bruit se calma, le vert leva les yeux et regarda derrière lui.

-On l'a échappé belle.

-Où sont les autres ?

-Je ne sais pas. Mais on doit se dépêcher de les retrouver.

Zoro fit face au cuisinier pour le relever, lorsqu'il aperçu le sang qui coulait sur son visage. Il écarquilla les yeux, comprenant qu'il était blessé mais ne sachant pas si c'était grave. Sanji haletait, essayant de se reconcentrer malgré la douleur. Finalement, il parvient à se relever, bientôt imité de Zoro. Le sabreur n'était pas dans un meilleur état que lui, ayant dû affronter seul plusieurs soldats. Ses blessures étaient mineures, mais Chopper devrait quand même y jeter un coup d'œil.

-Ça va aller, demande Zoro.

-Ouais. Ce n'est qu'une blessure légère.

-D'accord. Allons chercher les autres.

Sanji eut juste le temps d'essuyer le sang sur son visage avant de devoir courir après Zoro qui était partit dans la mauvaise direction.


Ace

On peut le dire franchement : rien ne s'est passé comme prévu. Alors qu'il devait partir à la recherche d'informations, Ace s'est retrouvé à devoir se battre contre des soldats du gouvernement. Il n'allait pas s'en plaindre. Ça fait un bon entraînement. De plus, les soldats ne devaient pas s'attendre à une attaque surprise au sein même de la base, et ils n'étaient pas préparer à devoir affronter un Logia. Leurs attaques passent au travers de son corps en flammes sans lui faire le moindre mal. Mais bien sûr, les choses ne sont pas allées en s'arrangeant.

Zoro est partit à la poursuite d'un soldat, et des renforts sont arrivés avec du kairoseki. A partir de ce moment, les affronter est devenu plus compliqué. Usopp et Robin l'ont aidé depuis la tour de guet, mais les soldats parvinrent à les repérer et à leur envoyer des boulets de canons. Apparemment, ils vont bien, mais ils ne peuvent plus l'aider. Ils ont eu la bonne idée de lui envoyer quelqu'un, et c'est Marco qui se présenta.

-Besoin d'un coup de main, demande-t-il en souriant.

-Puisque tu es là, se serait stupide de refuser.

Ace dût cependant reconnaitre que le blond était un redoutable combattant. Aussi bien sous forme d'oiseau, qui le rend imperméable à toute attaque aussi bien qu'un Logia, que sous forme humaine. Ses capacités dues à son fruit du démon commencent à attiser la curiosité d'Ace. Comment cet homme qui a réussi à créer les fruits du démon est parvenu à créer un Zoan aussi impressionnant ? Quand le dernier soldat encore conscient fini par tomber, ils étaient tous les deux épuisés.

-Tu as des pouvoirs incroyables, avoue Ace en reprenant son souffle.

-J'ai eu la chance de tomber sur un fruit plutôt rare.

-C'est quoi exactement ?

-On peut dire qu'il s'agit d'une catégorie de Zoan assez particulière.

Une fois les recherches du scientifique étudiées, le gouvernement comprit rapidement que certains fruits étaient plus intéressants que d'autres, mais aussi plus rare car moins nombreux. Les Logia sont devenus les cibles principales, car ils constituent les fruits les plus puissants, mais il existe une catégorie encore plus rare, qui donne accès à des pouvoirs spectaculaires : les Zoan mythiques. Au lieu de se transformer en un animal, on devient une créature légendaire. Manger le fruit du Phoenix à fait de Marco un homme convoité, et lui a donné l'occasion d'intégrer les Révolutionnaires, ce qu'il ne regrette pas.

-Nous sommes deux à posséder un Zoan Mythique chez les Révolutionnaires.

-Qui est l'autre personne ?

-Drake. Tu l'as rencontré dans le bureau de Dragon le jour de votre arrivée.

-Quel fruit possède-t-il ?

Il y avait un certain amusement dans la voix de Marco lorsqu'il répondit.

-Tyrannosaure.

Ace se fit la remarque de demander un entraînement avec Drake un jour, s'il en a l'occasion. Il voulait voir l'homme se transformer et essayer de se battre contre lui sous cette forme. Mais ce n'était pas le moment de discuter des pouvoirs et des capacités de chacun. Il commença à fouiller les soldats assommés dans l'espoir de trouver un trousseau de clé. Marco sourit et s'accroupit près d'un corps à ses pieds pour l'aider.

-Il y a des gens très puissants chez les Révolutionnaires, souffle le brun.

-Plus que tu ne le crois. Tu as encore beaucoup de chemin à faire gamin.

Ace lui jeta un regard, n'aimant pas vraiment le surnom. Marco l'ignora, mais ne cacha pas son amusement face à sa réaction. L'homme de feu ne répondit pas à la provocation évidente, soulevant le soldat pour voir s'il ne pouvait pas aussi retrouver son oreillette au passage. Marco jeta un coup d'œil autour de lui, avant de désactiver la sienne sans qu'Ace ne le remarque.

-Tu es en colère, demande-t-il.

-Non. Je me posais juste une question.

-Laquelle ?

-Ton pouvoir de régénération… Il est pratique, mais… Les gens n'ont pas tendance à trop compter sur toi à cause de ça ?

-Tu veux dire… En me demandant de me sacrifier pour eux ?

Ace acquiesça, sans le regarder. Il a remarqué que sous forme humaine, Marco n'est pas insensible aux attaques physiques comme sous sa forme aviaire. La blessure guérit, mais ça n'empêche pas le sang et la douleur. Il ne connait pas le blond depuis longtemps, mais assez pour dire qu'il est le genre de personne à se sacrifier sans réfléchir pour ses hommes. Il est dans l'armée Révolutionnaires depuis des années, et sans doute que petit à petit cet esprit de sacrifice soit devenu ce que l'on attend de lui. Marco s'arrêta dans ses mouvements pour réfléchir, puis se tourna vers Ace.

-Quand je pars en mission, je suis le chef d'un groupe d'hommes. Mon travail est de les diriger mais aussi de les protéger. Fruit du démon ou pas, c'est à moi de me sacrifier pour eux.

-Porter l'espoir et la vie de tant de personne ne semble pas te déranger.

-C'est le destin de certaines personnes. Le mien… Et aussi le tien.

-En quoi est-ce mon destin ?

-Parce que tu es né avec le nom Gol D.

Ace se figea soudainement, surprit que Marco connaisse son secret. Il fit volte-face, lançant un regard noir au blond qui ne broncha pas. Il s'attendait à cette réaction, mais le sujet devait être abordé. Il a pris soin de s'assurer que personne ne puisse les entendre, mais il se devait d'en parler en personne avec lui. Ça n'allait pas être une tâche aisée…

-Ce n'est pas mon nom, crache Ace.

-Ça reste ton sang.

-Je n'ai rien à voir avec lui !

-Le nier n'arrangera pas les choses.

-Ça m'a bien réussi pendant vingt ans.

-Mais peut-être qu'il est temps de l'accepter.

Ace se redressa brusquement, s'approchant à grand pas de Marco qui en a fait de même. Il n'a aucunement envie de discuter de son défunt père, l'ancien roi Gol D Roger. Il ne sait pas comment Marco à découvert son secret, mais ça n'a pas d'importance. Il ne veut pas le savoir. Qu'il le sache ou non, il ne doit pas en parler, encore moins devant lui. Même ses frères ne devaient pas soulever le sujet près de lui. Les deux hommes se défièrent du regard.

-Jamais je ne l'accepterai, déclare Ace. Les hommes haïssent un être qu'ils ne connaissent pas. Un être qui n'est pas censé exister. Ils l'ont haï quand ce n'était qu'un bébé… Tu crois qu'ils diront quoi en découvrant qu'il a maintenant vingt ans et que son cœur bat ?

La rage était puissante dans le regard de l'homme de feu. Elle brûle dans ses yeux, alimentée par le rejet et la violence dont il a été témoin. Une cruauté dirigée vers lui, alors qu'il n'était qu'un enfant. Une cruauté qui a toujours existée, bien avant qu'il n'en ait conscience. Savoir qu'il n'était qu'un bébé n'aurait jamais arrêter ces hommes s'ils avaient appris la naissance de l'héritier de Roger. N'importe qui, face à cette haine qui déborde du corps d'Ace, se serait senti intimidé. Mais pas Marco. Ça lui donnait juste envie de lutter plus fort pour effacer cette lueur de son regard.

-Si tu ne les affronte pas, tu ne changeras jamais les choses.

-Il est trop tard pour ça.

-Tu n'es pas le seul concerné. Tu n'as aucune idée de ce que représente réellement ce nom…

-Je refuse d'affronter à nouveau le dégoût de tous ces gens. Tu ne sais pas ce que c'est de se retrouver seul face à ça, la haine à l'état pur. Je ne porterai pas cette charge. Ni pour les Révolutionnaires, ni pour ce pays… Ni pour toi.

Un souffle de vent passa, emportant cette déclaration glaciale. Ils restèrent à se défier du regard, mais aucun ne voulait lâcher. Finalement, ils furent détournés de la discussion lorsque Luffy émergea du bâtiment en portant Law et Chopper. Dès qu'Ace l'aperçu, il changea de visage et s'empressa de vouloir le rejoindre. Marco aurait voulu le retenir, mais ils manquaient de temps. Il devra réessayer plus tard de lui en parler. Pour le moment, il n'est pas satisfait de la façon de cette conversation s'est terminée. Résigné à laisser tomber pour le moment, il emboîta le pas d'Ace.


A suivre

Les choses commencent à bouger ! Nos amis se retrouvent au cœur des conspirations. Leur première mission est un succès, mais les choses ne peuvent s'arrêter là. Il y a encore beaucoup à faire, et ça ne se passera pas toujours aussi bien...

Il y a pas mal de suspense dans cette fanfiction : des personnages dont l'identité restera secrète pour plusieurs chapitres. Notamment une personne dont Marco semble être à la recherche. Vous pouvez sûrement deviner de qui il s'agit, mais je ne confirmerai ni ne contredirai aucune théorie. Il va falloir attendre... Néanmoins, je suis intéressée par vos suppositions de qui et surtout pourquoi !

Le chapitre 7 n'est pas encore terminé, mais je vais faire de mon mieux pour le finir et avancer sur le chapitre 8 pour dimanche prochain. Je posterai le chapitre 7 probablement assez tard, et si je ne peux pas dimanche, vous l'aurez lundi sans faute !

Dans le prochain chapitre : notre équipe retourne au QG.

A bientôt !