Ace

La distance entre leur campement et la prison était plus longue à réaliser à pied qu'en train. Ils n'avaient donc dormi que quelques heures à peine avant de devoir se relever. Luffy était le seul qui débordait encore d'énergie. Il lui avait suffi de manger les restes du dîner pour être en forme. Les autres l'enviaient tellement. Si seulement c'était aussi facile pour tout le monde de retrouver toute son énergie. Mais Luffy avait une constitution étrange.

-Nous ne devrions pas traîner capitaine, lui rappelle Robin.

-Ouais ! Allons chercher Franky !

Le petit brun avait replacé correctement son précieux chapeau de paille sur sa tête avant de se tourner vers son frère. Ace avait un sourire confiant, comme pour lui dire que tout allait bien se passer. Ils allaient à nouveau être séparés. Luffy n'était pas particulièrement inquiet par cette séparation, mais bien qu'il n'en ait rien laissé paraitre, ce qui est arrivé à Sanji l'a touché autant que les autres. Le simple fait d'imaginer que ça puisse arriver à son frère lui faisait mal.

-Soyez prudent, ordonne-t-il.

-Ne t'en fait pas pour nous, déclare Ace en riant. Ils ne vont pas comprendre ce qui va leur tomber dessus !

-C'est plutôt à nous de nous inquiéter, renchérit Law.

Nami acquiesça avec un discret soupire. Ils devaient infiltrer une prison hautement sécurisée avec un Luffy bruyant et un Zoro sans aucun sens de l'orientation. D'autant plus que c'est un Vice-Amiral qui les attend, et pas un simple soldat du gouvernement. Ça n'allait pas être de tout repos. Law et Ace lui jetèrent un regard compatissant avant que l'homme de feu ne s'approche de son jeune frère, posant ses mains sur ses épaules.

-Surtout, ne te fait pas remarquer, le supplie-t-il.

-Promis !

-Et suit le plan, ajoute Law.

-D'accord !

-Ne part pas tout seul de ton côté.

-Entendu !

-Et aussi…

-On sera là pour le surveiller, intervient Zoro.

S'ils attendaient qu'Ace ait terminé ses recommandations de grand frère, ils n'étaient pas partis. Le CP9 aura le temps de faire encore cinq aller-retour entre la prison et le village d'ici que l'homme de feu ait fini. Ace s'excusa pour son comportement surprotecteur, puis leur souhaita bonne chance. Avec Robin en tête, le petit groupe s'éloigna en direction de la prison, leurs silhouettes disparaissant rapidement dans les ténèbres de la nuit.

-Tu penses que ça ira, murmure Ace.

-Franchement ? Non.

-Ouais. C'est ce que je me disais aussi.

Ils poussèrent un soupire de désespoir commun. Ils étaient tous les deux prêt à parier sur le fait que Luffy se fera repérer très rapidement, et qu'il ne suivra pas le plan comme il l'a dit. Ils espéraient juste que les autres sauront le gérer, et qu'il y aura en permanence quelqu'un avec lui. Quant à eux, ils avaient leur propre mission. Sans perdre plus de temps, ils quittèrent le lieu de leur campement pour rejoindre les rails du train. Ils n'avaient plus qu'à les longer à la recherche d'un point en hauteur qui soit plus éloigné.

-Je ne pensais pas que tu voudrais venir avec moi, avoue Law.

-Je me suis dit que tu ne serais pas contre un coup de main.

-Ton pouvoir nous sera très utile.

Law n'avait pas pu être témoin des combats qu'Ace a mené durant les missions qui leurs ont été confiées, mais il avait passé suffisamment de temps à l'observer pendant les entraînements pour savoir de quoi il était capable. Ses flammes étaient très puissantes, et Ace avait apparemment passé beaucoup de temps à apprendre comment les maîtriser. Il était désormais capable de faire des prouesses avec. S'il est parvenu à traverser le plafond de la salle d'entraînement pour se retrouver dans le bureau de Dragon, alors Law ne doutait pas qu'il saurait comment détruire un train.

-Je casse tout, déclare Ace, et tu t'occupes du reste.

-Ça me parait être un bon plan. Tu es plus concentré que ton frère.

-Ne te fait pas d'illusions, je reste une sacrée tête brûlée !

Ace était aussi connu pour son impulsivité après tout. Il n'avait pas peur de se jeter corps et âme dans un combat. Il pouvait se montrer aussi têtu et irresponsable que Luffy parfois. Quand ils étaient enfants, le plus mâture d'eux trois, c'était Sabo. C'était souvent lui qui leur demandait de se calmer et de réfléchir, au lieu de toujours frapper et s'énerver. Repenser au blond fit un pincement au cœur d'Ace, qui essaya de se convaincre de ne plus y penser. Quand il croisa le regard de Law, il comprit que le chirurgien avait remarqué sa douleur.

-Mauvais souvenir, demande-t-il.

-On ne devient pas Révolutionnaires en ayant grandi dans l'amour et la joie de vivre.

-Ce n'est pas moi qui vais te dire le contraire.

Lorsqu'ils se sont tous rencontré pour la première fois, ils avaient tous expliqué pourquoi ils s'étaient retrouvés chez les Révolutionnaires. Mais ni l'un ni l'autre n'avait donné beaucoup d'explication sur sa situation. Ace avait déclaré que c'était pour son fruit du démon que le gouvernement le recherchait. Quant à Law, il avait gardé pour lui les moments traumatisants et la séquestration qu'il a subi pendant des années. Ils pouvaient deviner que l'autre à vécu des choses horribles, sans savoir qu'ils partagent une douleur : ils ont tous les deux perdu un proche. Sabo pour Ace, et Corazon pour Law.

-Je suppose que ça nous rend juste plus fort, affirme Law.

-Malheureusement, ça nous donne aussi une faiblesse.

-Si personne ne connait tes faiblesses, alors tu n'as pas à en avoir peur.

C'est dans ce but que Law a toujours tout garder pour lui. Même Doflamingo ne sera pas en mesure de lui faire du mal, car il ne sait pas ce qui l'effraie. Il ne sait pas comment lui faire du mal. Ainsi, Law se sentait en sécurité. Tant que le blond ne le retrouve pas, et qu'il n'a pas besoin de retourner dans cette petite cellule qui fut sa maison pendant tant d'années, alors il ira bien. Ace sourit et hocha la tête à ces mots. Ils finirent par trouver un endroit suffisamment en hauteur pour qu'ils voient le train avant qu'il ne soit prêt d'eux.

-On va le faire ici, déclare Law.

-Nous n'avons plus qu'à attendre qu'il arrive.

Le soleil pointa à l'horizon, retirant au ciel sa belle couleur sombre pour laisser place à un orange chaleureux. Quand il fut entièrement en vue, entouré d'une étendue bleue nuageuse, les deux garçons aperçurent le train qui venait dans leur direction. Law ne perdit pas de temps, allongeant son bras devant lui, paume vers le sol et les doigts légèrement pliés comme s'il tenait un globe dans ses mains.

-Room !

Un dôme bleu apparut, s'étendant rapidement pour délimiter une zone. Law l'arrêta lorsqu'il fut sûr que les rails passaient à l'intérieur de sa zone d'action. Il abaissa son bras et fixa le train. Ce dernier avançait tranquillement, pénétrant dans la room de Law sans que quiconque à l'intérieur ne s'en rende compte. Ace sourit et jeta deux cailloux. Ces derniers manquèrent d'atterrir sur le dernier wagon, mais leurs places furent échangées avec les deux bruns juste avant.

-Première étape réussie, s'exclame Ace avec enthousiasme.

-Ne détruit pas tout d'un coup, rappelle Law.

-Fait-moi confiance, je suis capable de me retenir.

-Je te signal juste que nous sommes toujours dessus.

Recommençant le même geste qu'un peu plus tôt, Law fit apparaitre une room qui recouvrait l'ensemble du train cette fois-ci. Faire tout cela allait très vite le fatigué, mais il fallait agir vite. Il hocha la tête en direction d'Ace pour lui donner son accord. L'homme de feu sourit, excité, et laissa ses flammes courir sur sa peau. Une chaleur familière et agréable l'envahie. Il était content d'avoir une nouvelle occasion d'utiliser ses flammes. Il concentra ses dernières dans sa main droite.

-Hiken, hurle-t-il.

Son poing s'abattit avec force sur le toit du wagon. Il y eu un craquement, alors que les flammes avaient créé un énorme trou à l'intérieur. Bientôt, tout ce qui se trouvait à l'intérieur s'enflamma, alors que les murs de bois explosés simultanément. Avant que tout ne s'effondre sous leurs pieds, Law utilisa ses pouvoirs pour les téléporter sur le wagon suivant. D'un habile mouvement du poignet, il sépara le wagon à moitié détruit de celui sur lequel ils se trouvaient, le regardant s'éloignant tout en continuant à brûler.

-En voilà déjà un, ricane Ace.

-On continue comme ça.

Malgré la vitesse du train et le vent qui leur fouette le visage, les deux garçons ne se laissèrent pas déstabilisés et poursuivirent leur travail. Ils eurent le temps de détruire trois wagons supplémentaires. Il n'en restait désormais plus que quatre, en plus de la locomotive. C'est alors qu'ils entendirent un rugissement digne d'une bête. Ils tournèrent la tête à temps pour voir une grosse main poilue attraper le bord du toit.

-On dirait qu'on a été repéré, déclare Ace.

Un énorme léopard sauta habillement sur le toit, se dressant sur ses pattes arrière. Malgré la distance, les deux bruns n'eurent aucun mal à remarquer qu'il était beaucoup plus volumineux qu'eux. Ils avaient beau avoir déjà vu la transformation de Chopper, et celle de Marco, ce Zoan là était assez impressionnant. Lucci posa sur eux ses yeux jaune brillant d'un air mauvais, commençant à se diriger vers eux toute griffes dehors.

-Maintenant on est sûr qu'ils sont là.

-On préviendra les autres par den-den-mushi tout à l'heure, déclare Law.

En quelques dixièmes de secondes, ils se retrouvèrent tous les deux à l'intérieur du wagon. Le temps que Lucci se rende compte de ce qui venait de se passer et ne redescende, ils avaient quelques minutes. Ce sera plus que suffisant pour ce qu'ils devaient faire. Law ouvrit la fenêtre et se tourna vers Ace, montrant la porte qui menait au compartiment suivant.

-Détruit tout maintenant.

-Compris chef !

Enflammant à nouveau son poing, Ace recula son bras derrière lui, concentré. Il devait mettre suffisamment de puissance pour que son feu atteigne la locomotive, mais pas trop pour que lui et Law aient le temps de s'enfuir. Une fois sûr de lui, Ace balança son poing devant lui, projetant une colonne de flamme vers la porte. Ils entendirent plusieurs bruits signifiant que le feu a traversé tous les wagons. Ace s'empressa de rejoindre Law à la fenêtre.

-Saute, ordonne-t-il.

Le médecin ne se fit pas prier. Ni une ni deux, il se laissa tomber du train, Ace juste derrière lui. Il jeta à nouveau deux cailloux le plus loin possible devant lui, avant de les téléporter à leur place. Il recommença plusieurs fois jusqu'à être suffisamment éloigné. Ils s'étalèrent tous les deux dans les herbes hautes au moment où le train explosa. Ils ne furent pas touchés, sentant seulement le souffle de l'explosion sur leur peau. Lorsque le calme fut revenu, ils risquèrent un coup d'œil.

Il ne restait plus rien du train, si ce n'est une carcasse fumante.

-On peut dire que notre mission est accomplie, sourit Ace

-Dépêchons-nous de partir d'ici.

Law se leva précipitamment, saisissant son sabre qui était tombé à quelques mètres. Il jeta un coup d'œil nerveux vers le train, avant de suivre les rails. Ace se dépêcha de le suivre, alternant entre lui et le train. Il ne comprenait pas pourquoi le chirurgien semblait soudain si pressé de s'en aller. Ils suivirent le chemin de fer plusieurs minutes, avant que Law ne prenne un détour dans la forêt. Ace jeta un coup d'œil vers la fumée noire qui monte dans le ciel, avant de lui emboîter le pas. Il rattrapa rapidement le médecin, lui faisait confiance pour ne pas se perdre.

-Pourquoi tu es si tendu, l'interroge-t-il.

-Je ne suis pas tranquille… Si on était resté, je pense qu'on aurait pris un gros risque.

-Pourquoi ? Je doute que qui que ce soit ait pu survivre à ça.

-Au contraire…

Law s'arrêta, lui jetant un regard nerveux.

-Il y a peu de chance qu'on ne les revoit pas un jour.


Nami

Les talents de voleuse de la jeune femme aux cheveux roux leur furent bien utilise pour s'infiltrer à l'intérieur de la prison. Mais Nami savait, grâce à son expérience, qu'ils ne pourront pas aller très loin à moins d'être déguisé. Comme ils l'avaient prévu dans le plan, elle et Robin sont entrées seules dans la prison et sont parvenu à trouver un vestiaire dans lequel se glisser.

-Tâchons de trouver de bons déguisement, ordonne-t-elle.

-Il y a des vêtements ici.

-Prend ce que tu veux, tant que ce n'est pas une tenue de danseuse !

Il y eu des protestations de la part de Sanji dans l'oreillette, mais Nami les ignora et Robin se contenta de rire. Le blond ayant cassé la sienne, il a récupéré celle de Luffy à condition de toujours rester à côté de son capitaine. Sogeking s'est proposé pour être celui qui surveillera Zoro, mais pour les autres il était plus qu'évident qu'il faisait ça pour que le sabreur le protège si jamais ils rencontrent des ennemis. Regardant sur le présentoir contenant des dizaines de robes différentes, Nami en tirant deux exemplaires avec satisfaction.

-Femmes de ménage, déclare-t-elle.

-Ça devrait aller, acquiesce Robin.

-Avec ça, on pourra se déplacer n'importe où sans attirer les soupçons !

Elles se changèrent rapidement, avant de se saisir de sceau, balais et serpillères. Elles quittèrent ensuite le vestiaire, s'assurant grâce aux pouvoirs de Robin que personne ne se trouvait dans le couloir. Fermant la porte derrière elle, les deux jeunes femmes se faufilèrent dans les couloirs. Chaque fois qu'elles entendaient des pas venir dans leur direction, elles s'arrêtaient net et se mettaient à nettoyer. Les soldats qui passaient les saluèrent avec un grand sourire, certains les encourageants poliment.

-Ils sont gentils, avoue Robin.

-Ne commence pas à être attendrie, soupire Nami.

-Désolée. Essayons de trouver un plan de cet endroit.

La prison était vraiment gigantesque, et après avoir tourné pendant plus d'une heure à la recherche d'un plan, les deux femmes étaient d'accord pour dire que Navarone n'a pas menti sur sa réputation. C'est un exploit qu'elles soient parvenu à entrer ici, mais il leur faudra un miracle pour en sortir. Nami était soulagée de savoir Luffy hors de cet endroit. Il n'y passerait pas cinq minutes sans être repéré.

-Pourquoi il n'y a pas de plan d'évacuation, s'emporte-t-elle.

-Peut-être qu'on devrait demander notre chemin, plaisante Robin.

-On trouverait les cellules beaucoup plus rapidement, ricane Nami.

Malheureusement, elles ne pourront pas aider Franky si elles-mêmes sont faites prisonnières. Le pauvre cyborg devait les attendre. Peut-être même qu'il était inquiet ! Non, le connaissant il était sûrement en train de chanter une chanson pour maintenir occupés les autres prisonniers. Franky n'était pas quelqu'un qui pouvait stresser facilement. Il semblait pouvoir garder son calme en toute circonstances, ce qui est surprenant avec la vie qu'il mène depuis des années. Robin ne pouvait s'empêcher d'être impressionnée, car elle était loin d'être comme lui.

Ils avaient un passé quelque peu similaire tous les deux. Elle vivait cachée chez Aokiji, car le gouvernement la voulait pour lire les Ponéglyphe. Le gouvernement le cherchait lui aussi, pour les plans de Pluton, et il a dû rester enfermé pendant des années dans la maison de celui qu'il considère comme son frère. Pourtant, alors que Robin avait secrètement peur d'être retrouvée, et qu'elle ne pouvait jamais complètement baisser sa garde, Franky n'avait aucune inquiétude. Il attendait presque que le gouvernement ne le retrouve et ne lance des centaines de chasseurs à ses trousses.

Lorsqu'ils se sont retrouvés face au CP9 dans le train, Robin avait senti dans la voix de Franky une certaine nervosité. Lucci avait compris qui il était. Son secret était découvert. Ils l'avaient retrouvé. Pourtant, le cyborg n'a pas hésité à se battre seul contre eux tous, permettant à Sogeking et Sanji de survivre. Et maintenant, bien qu'il soit prisonnier et sur le point d'être emmené pour être interrogé et torturé, Robin était convaincu qu'il n'avait pas peur. C'est le genre d'homme qui fera face à la mort avec un visage arrogant, l'air de dire « je suis plus fort que toi ». Le genre d'homme qui choisisse quand et où ils mourront, même si c'est trop tôt, et que d'autres ne sont pas d'accord. Le genre d'homme avec un grand sens du sacrifice.

-Robin, s'inquiète Nami. Est-ce que ça va ?

-Oui… J'étais perdue dans mes pensées…

-Tu t'inquiète pour Franky ?

La belle archéologue acquiesça. Elle ne voyait pas l'intérêt de cacher ce genre de chose à Nami. La rousse est la seule personne avec qui elle peut vraiment parler. Après tout, elles sont les deux seules filles du groupe, contre neuf garçons. Même si elles sont proches des autres, il y a des choses dont elles ne peuvent discuter que toutes les deux. Les problèmes de cœur en font partie bien sûr. Nami enroula son bras avec celui de Robin, se collant contre elle avec espièglerie.

-On dirait que tu l'aimes bien, notre Franky…

-C'est compliqué…

-Et dire que tu vas le sauver, c'est tellement romantique !

-Au cas où vous l'auriez oublié, intervient la voix de Zoro dans leurs oreillettes, vous êtes dans une prison. Pas à une soirée pyjama !

Nami le traita de rabat-joie et une dispute commença entre les deux. Dispute à laquelle Sanji participa rapidement, prenant la défense de sa chère Nami-san. Les deux garçons finirent par s'engueuler tous les deux, coupé de temps en temps par le rire puissant de Luffy. Brook essayait de les calmer, alors que Sogeking tenter de le convaincre de laisser tomber et de se reculer. A en croire le hurlement de douleur qui retentit ensuite, c'est malheureusement le super héros qui se reçu un coup perdu, et non le squelette.

-Sogeking, pleurniche Chopper.

-Désolé, s'excuse Sanji. Je visais le marimo.

-Pourquoi on a laissé cette bande de bras cassé ensemble sans surveillance, peste Nami.

Robin cacha faussement son rire derrière sa main, puis elles reprirent leurs recherches. La dispute se poursuivit pendant encore un moment, avant que ce ne soit la voix de Law qui vient les séparer. Le brun avait activé le den-den-mushi pour leur faire un rapport, et il n'avait pas vraiment aimé que la première chose qu'il entende fut des cri. Il n'avait pas envie de gérer ça, mais apparemment aucun de ces « adultes » n'étaient capables de se contrôler.

-Je ne peux pas vous laisser seuls quelques heures, peste le chirurgien.

-C'est le marimo, tente d'expliquer Sanji.

-Je ne veux pas le savoir ! Arrêtez vos conneries !

A côté de Law, Ace essayait vainement de retenir un sourire amusé d'apparaître sur son visage. Voir le brun s'emporter comme ça était amusant, mais il savait que s'il le montrait ou le disait, alors Law sera encore plus en colère, et cette fois contre lui. Malheureusement, il n'était pas très doué pour cacher son amusement, et il faisait une sorte de grimace étrange, le visage crispé par cette irrépressible envie de rire. Law ne prêtait de toute façon aucune attention à lui.

-On vient de détruire le train, déclare-t-il.

-C'est génial Traffy, s'exclame Luffy.

-Les membres du CP9 étaient bien à l'intérieur.

-On va faire un détour, intervient Ace. Au cas où des soldats ont survécus à l'explosion et seraient à notre recherche.

Chopper leur ordonna d'être prudent, et Luffy de revenir vite. Law s'empressa de raccrocher après ça, refusant de faire durer cette conversation plus longtemps. En voyant son air déconfis, Ace fut incapable de se retenir plus longtemps et éclata de rire. Law lui jeta un coup d'œil mauvais.

-Rit plus fort, ils ne t'entendent pas à Navarone !

Pendant ce temps, Nami et Robin étaient enfin parvenues à trouver un plan de la base. Elles étaient entrées dans un bureau vide et, sous prétexte de faire la poussière, avaient commencé à fouiller un peu partout. En ouvrant un tiroir du grand bureau central, Nami a trouvé un dessin représentant la prison. Pour n'importe qui, c'était illisible et il faudrait des heures pour s'y retrouver, mais la rousse était une experte. Elle posa son doigt sur un grand édifice adjacent au bâtiment principal, le plus éloigné des grilles d'entrées.

-C'est ici qu'il y a les cellules, déclare-t-elle.

-Tu seras capable de nous y conduire, demande Robin.

-Bien sûr ! Ce sera un jeu d'enfant !

-Mais ce n'est pas vrai, hurle Zoro. Quel imbécile !

Les deux femmes sursautèrent au soudain éclat de voix de la part du sabreur. Elles échangèrent un regard surprit, avant de demander aux garçons ce qu'il se passait. Aucun ne répondit. Ils étaient trop occupés à crier les uns sur les autres. Zoro pestait contre Luffy, Sanji criait sur le capitaine, Chopper était en panique, Brook ne cessait de demander ce qu'ils devaient faire et Sogeking s'efforçait de ramener le calme pour qu'ils ne soient pas repérés, même si c'est lui qui criait le plus fort.

-Mais qu'est-ce que vous avez à la fin, s'emporte Nami.

-Un problème, répond Brook. Un gros problème même…

-Pourquoi personne n'écoute personne ici, s'énerve Zoro.

-Arrête de tout ramener à ça, grogne Sanji.

-Quel est le problème, insiste Robin.

Brook avait dit qu'il s'agissait d'un gros problème. Alors les deux femmes avaient peur qu'ils aient été repérés. Peut-être même que ce n'est nul autre que le Vice-Amiral Jonathan qui leur faisait face. Si Zoro était énervé contre Luffy, ça veut dire qu'en plus d'avoir été repéré, leur capitaine s'était probablement jeté sur le Vice-Amiral pour l'affronter. Quand Brook leur avoua ce qu'il se passait, les filles comprirent qu'elles n'étaient pas bien loin de la vérité.

-Luffy n'a pas attendu votre retour, explique le squelette.

-Ne me dit pas qu'il…

-Si… Il vient de rentrer dans la prison.

Nami était prête à s'en arracher les cheveux. Pourquoi a-t-il fallu qu'ils se retrouvent avec un capitaine aussi impatient et étourdi que Monkey D Luffy ?! Il n'arrête pas de leur faire des sales coups comme ça. Ça en devient ingérable ! Sans qu'elle n'en ait vraiment conscience, elle commença à crier des injures, toutes dirigées vers Luffy, bien que le jeune garçon soit le seul à ne pas avoir d'oreillette pour les entendre. Zoro lui gueula d'arrêter de s'énerver et elle finit par l'insulter lui.

-Rassurez-vous Nami-san, intervient Brook. Sanji est avec lui !

-Quoi ?!

-Il est responsable de notre capitaine, alors il a dit qu'il allait le rattraper.

Bien que Brook ait fait passer ça pour une bonne nouvelle, la quantité de plaintes qu'ils entendaient et qui venaient de Sanji ne pouvait signifier qu'une chose : il n'avait pas empêché Luffy de pénétrer dans la prison. Ils attendirent de longues minutes, espérant que Sanji reviendrait auprès des autres garçons en traînant un Luffy boudeur. Mais ce n'est bien évidemment pas ce qui se passa…

-Les gars, chuchote Sanji.

-Qu'est-ce qu'il se passe, questionne Nami.

-Je ne peux pas vous donner tous les détails, mais je suis avec Luffy.

-Et, grogne Zoro. Tu ne peux pas le ramener ?

-Pas si je veux être discret. Il vient de nous faire engager dans les cuisines de la prison. On est coincés là-bas.

Soupire de désespoir général.

-Qu'est-ce qu'on fait maintenant, demande Robin.

Elle ne pouvait s'empêcher de sourire, amusée par la situation. Elle n'était pas surprise de la tournure des évènements. Avec un chef comme Luffy, il fallait s'attendre à ce que ça tourne au vinaigre. Ce qui était surprenant, c'est qu'il ait réussi à ne pas être découvert. Nami réfléchissait, ne sachant pas ce qui était le mieux : récupérer Luffy d'abord, ou récupérer Franky et les autres prisonniers. Elle savait qu'elle pouvait avoir confiance en ses amis.

-Sanji pourra gérer Luffy pendant quelques temps, déclare-t-elle. Entrez dans la prison et allez les chercher.

-D'accord, répondirent-ils en cœur.

-Robin et moi allons chercher Franky.

Ils ne tardèrent pas à se séparer. Brook et Chopper allèrent dans un sens Zoro et Sogeking dans un autre. Ils ne savaient pas où étaient les cuisines et ils auront plus de chance de les trouver rapidement en se séparant. Nami et Robin échangèrent un regard entendu, avant de se diriger vers la sortie pour rejoindre les cellules.

La deuxième partie du plan peut commencer.


Brook

Lorsqu'ils se sont lancés à la poursuite de Sanji et Luffy, Brook et Chopper étaient déterminés. Ils étaient prêts à affronter quiconque viendra se mettre en travers de leur route. Mais après plusieurs minutes passées à déambuler au hasard dans la prison, ils ont compris que leur plus gros problème n'était pas les gardes, mais le fait de ne pas se perdre. La prison de Navarone était gigantesque, et il était impossible pour eux de savoir où se trouvent les cuisines.

-Par où on va maintenant, demande Chopper.

-Je ne sais pas… Oh ! Peut-être que tu devrais suivre les odeurs de nourriture !

-Bonne idée ! Mais… Et s'il y a plusieurs cuisines ?

Ce ne serait pas bien surprenant vu la taille de cette prison. Il faut nourrir tout le monde, aussi bien le personnel que les prisonniers. Entre les gardes, les soldats, les mécaniciens, les médecins, ceux qui font le ménage, les cuisinier aussi, le Vice-Amiral… S'il n'y a qu'une seule cuisine, alors ils n'osent même pas imaginer le temps qu'ils passent à tout préparer pour tout le monde ! Et dire qu'ils ont lâché un estomac sur patte du nom de Luffy parmi eux…

-Il va leur causer des ennuis, gémit Chopper.

-C'est pour ça que nous devons le retrouver au plus vite !

Allant de buissons en buissons, se cachant parfois derrière un mur ou des caisses qui traînaient, les deux amis progressaient lentement vers le bâtiment principal. Avec un peu de chance, les cuisines sont là-bas. Il est si grand, il peut facilement contenir beaucoup de monde alors ça semblait l'endroit idéal. Jetant un regard autour d'eux, Brook fut ravi de constater qu'il n'y avait personne. Il sortit de sa cachette pour se diriger vers les portes mais Chopper parvient à le retenir en attrapant son poignet et en le tirant en arrière. Brook s'effondra avec un cri de surprise et le petit renne s'empressa de recouvrir sa bouche d'un sabot. Heureusement, personne ne semblait l'avoir entendu. Lorsqu'il libéra la bouche de Brook, ce dernier le fixa avec incompréhension.

-Pourquoi tu m'as empêché d'y aller ?

-On ne peut pas entrer comme ça ! Il faut être discret !

-Mais il n'y a personne.

-A l'intérieur, il y a peut-être des gardes !

-Ah… Comment on entre alors ?

-Par la fenêtre bien sûr !

Ils n'avaient qu'à faire le tour du bâtiment, jusqu'à trouver une fenêtre qui donne sur les cuisines. Ils attendent que Sanji et Luffy passent devant pour les tirer dehors, et ensuite ils pourront rejoindre les filles et sauver Franky. Chopper était plutôt fier de son plan, et Brook dû reconnaitre que c'était une idée de génie. Il y avait cependant un élément que le petit renne n'avait pas pris en compte : la possibilité qu'il n'y ait aucune fenêtre qui donne sur les cuisines.

-Ils doivent avoir si chaud en été, souffle Brook.

-Comment on va faire ?!

-On n'a plus le choix, on doit entrer à l'intérieur.

Ça ne les enchantait ni l'un ni l'autre. Savoir qu'il pouvait y avoir des soldats qui les attendent à l'intérieur à quelque peu refroidi les ardeurs de Brook. Ils n'étaient pas vraiment les deux plus courageux du groupe et ils se seraient bien passés de cette sorte de jeu de cache-cache avec leur capitaine. Ils avaient fait tout le tour du bâtiment et la majorité des salles étaient occupées. Mais Chopper se souvenait d'avoir vu par une fenêtre une grande pièce dans laquelle il n'y avait personne. Il fit signe à Brook de le suivre et ils retournèrent à ladite fenêtre.

-On peut entrer par-là, propose-t-il.

-On dirait que c'est vide.

-Aide-moi à ouvrir la fenêtre.

Chopper espérait pouvoir le faire de l'extérieur, mais Brook avait apparemment décidé de ne pas perdre de temps. Alors que le petit renne poussait dans l'espoir d'ouvrir la fenêtre, le squelette trouva une grosse pierre et l'utilisa pour briser la vitre. Chopper hurla de peur, avant de frapper son compagnon à l'arrière de la tête. Non seulement il venait de lui faire une grosse frayeur, mais en plus il avait cassé une fenêtre sans aucune discrétion. Si Nami savait ça, elle serait furieuse !

-Pourquoi tu as fait ça ?!

-Pour entrer.

-Mais tu ne te rends pas compte du bruit ! Et si quelqu'un passe et voit la vitre brisée !

-Ah…

Brook s'excusa d'avoir agit sans réfléchir. Chopper soupira mais le pardonna. De toute façon, ils ne pouvaient pas revenir en arrière maintenant. Il n'avait pas d'intérêt à rester en colère contre le squelette plus longtemps. Ils retirèrent les derniers gros morceaux de verre qui pourraient les blesser, avant d'entrer dans la pièce. Brook frotta ses vêtements, s'assura qu'aucun morceau de verre à pu se glisser entre les plis, avant de se retourner pour regarder la fenêtre.

-Si quelqu'un passe, peut-être qu'il pensera juste que la vitre est vraiment propre.

-J'espère que tu as raison…

-Alors, on est où ici ?

Ils traversèrent la pièce, observant les objets et les meubles autour d'eux. Il y avait un grand bureau contre le mur, juste à côté de la fenêtre. Des dizaines de papiers et de dossiers s'empilaient dessus. Un confortable fauteuil était posé à côté, et deux autres en face. Un faux squelette et une bibliothèque étaient de l'autre côté de la pièce. Des livres sur l'anatomie et la biologie recouvraient toutes les étagères. Dans le reste de la pièce, il y avait des dizaines de lit, chacun séparé des autres par un grand rideau bleu ciel. En face de la fenêtre, il y a la porte d'entrée, avec un porte-manteau d'un côté où se trouve plusieurs blouses et une armoire de l'autre. Il fut facile pour les deux amis de comprendre où ils ont atterri.

-C'est l'infirmerie, déclare Chopper.

-Des robe de patients, rit Brook en ouvrant l'armoire.

Il y eu quelques coups donné à la porte, faisant bondir de surprise le squelette. Chopper et lui échangèrent un regard paniqué. Quelqu'un allait entrer dans la pièce ! Ils commencèrent à courir partout, ne sachant pas s'ils devaient se cacher, sauter par la fenêtre et partir ou affronter les soldats qui allaient bientôt entrer ici.

-Excusez-nous docteur, dit une voix de l'autre côté.

-Ou… Oui, bredouille Chopper.

Brook le fixa comme s'il était fou.

-Nous voulons faire une inspection. Pouvons-nous entrer ?

-Un instant !

Chopper prit sa forme humaine, avant de se précipiter vers le porte-manteau. Il attrapa une grande blouse et l'enfila, soulagé de constater qu'elle lui allait. Il attrapa des lunettes et les glissa sur son petit nez bleu avant de regarder Brook. Ce dernier comprit enfin son plan et attrapa la plus grande robe de patient qu'il pu trouver. Il retira ses vêtements, les cacha dans l'armoire et enfila la robe. Puis il courut jusqu'à un lit et s'allongea dessus. Il plaça ses deux mains sur les os de son torse et resta parfaitement immobile. Chopper tira le rideau bleu pour mettre le lit en évidence, puis cria.

-Vous… Vous pouvez entrer !

La porte s'ouvrit et deux gardes entrèrent. Ils avaient chacun une arme entre les mains. Ils regardèrent autour d'eux, avant de remarquer Chopper qui pleurait sur le corps inerte de Brook. L'un d'eux fit signe à l'autre de faire une inspection, avant de s'approcher du duo. Le deuxième commença à regarder derrière chaque rideau, vérifiant qu'il n'y avait aucune intrusion. Il ne vit personnes, ce qui soulagea ses inquiétudes.

-Je me demande pourquoi Jonathan nous a demandé de vérifier toute la prison, pense-t-il.

Pendant ce temps, son collègue est venu se poster aux côtés de Chopper, gêné de voir ce dernier pleurer. Il n'était pas à l'aise dans ce genre de situation. Il baissa les yeux vers le patient, surprit de voir que ce n'était ni plus ni moins qu'un squelette. Maintenant, il se posait des dizaines de questions. Il posa une main rassurante sur l'épaule de Chopper.

-Que s'est-il passé docteur ?

-Je n'ai pas pu le sauver, pleurniche le petit renne.

-Je suis désolé…

-Il est arrivé quoi à ce mec, hurle son collègue, choqué, en les rejoignant. Il ne reste que les os !

Il alternait entre regarder le squelette et le docteur. Comment quelqu'un peut se retrouver dans un tel état sans être mort depuis des mois ?! Le premier soldat lui jeta un regard noir, lui reprochant son indiscrétion. Ne voyait-il pas que le pauvre docteur était en larmes ?! Il aurait pu faire preuve d'un peu plus de tact et de délicatesse dans sa façon de s'exprimer. Les pleurs de Chopper redoublèrent d'intensité, avant qu'il ne lâche entre deux sanglots.

-Il est tombé dans une cuve d'acide !

-Quelle horreur !

-Il ne reste plus que ses cheveux !

Le deuxième soldat se mit à pleurer lui aussi, déclarant après avoir passé sa main dans les cheveux de Brook que c'était terrible qu'il soit mort alors qu'il avait une chevelure si douce. Son collègue lui frappa sur la main, lui disant de se contenir et de respecter les morts. Il prit ensuite Chopper dans ses bras pour le réconforter.

-Je suis sincèrement désolé docteur…

-Merci…

-Voulez-vous que l'on vous laisse seul pour vous en remettre ?

-Ce serait gentil…

Les deux hommes s'empressèrent de quitter la pièce, non sans avoir donné toutes leurs condoléances. Chopper les remercia, continuant de sangloter jusqu'à ce qu'ils aient disparu. Une fois les deux hors de vue, il retira sa blouse et ses lunettes pour les mettre là où il les a trouvés. Il ferma la porte à clé et récupéra les vêtements de Brook. Le squelette s'est assit sur son lit, et il avait l'air absolument ravi.

-Brook, dépêche-toi de te changer !

-Tu as entendu ?! Il a dit que mes cheveux étaient doux…

-Oui, mais ce n'est pas le moment !

-Tu as raison, je me suis emporté…

Il retira rapidement la robe d'hôpital et remit ses vêtements. Pendant ce temps, Chopper grimpa sur une chaise pour atteindre le plafond. Il avait remarqué une grille qui mène à un conduit. Ils pourront certainement se faufiler à l'intérieur et traverser la prison sans prendre le risque d'être repéré. Il parvient tant bien que mal à retirer la grille, avant de reprendre sa forme normal. Il se glissa à l'intérieur et sourit en constatant qu'il pouvait se déplacer sans gêne.

-Brook, par ici !

-Bonne idée Chopper-san !

-Dépêche-toi !

Grimpant à son tour sur la chaise, Brook parvient à se hisser dans le conduit à son tour. Bien qu'il soit grand, il était aussi très maigre alors il passa sans problème. Ils remirent la grille à se place, avant de commencer à se déplacer à quatre pattes. Ils devaient trouver la cuisine. Le plus dur sera ensuite de faire venir Sanji et Luffy avec eux sans que personne ne le remarque. Soudain, en passant au-dessus d'une autre grille, Chopper s'arrêta.

-Tu as trouvé les cuisines, s'exclame Brook.

-Non, mieux que ça !

Le squelette jeta un coup d'œil. Il y avait une pièce vide en-dessous. Plusieurs écrans étaient alignés contre le mut, au-dessus d'un panneau de contrôle remplie de boutons et de manettes de toutes les formes et de toutes les couleurs. Ils échangèrent un regard excité. Ils avaient trouvé la salle de contrôle ! Chopper retira la grille et ils sautèrent à l'intérieur avant de fermer la porte à clé.

-On a vu sur toute la prison, déclare Chopper.

Il pouvait voir les portes d'entrées, les gardes qui faisaient leurs rondes, les couloirs, les cuisines, les entrepôts et toutes les autres pièces. Il vit aussi l'infirmerie et il fut soulagé de savoir que cette pièce était vide. Au moins, personne ne les a vu entrer par effraction et casser une vitre. D'ailleurs, pourquoi il n'y avait personne dans cette pièce ? Chopper trouvait cela bizarre, mais il fut tiré de ses pensées par la voix enjouée de Brook.

-Regarde ! Ce bouton permet d'ouvrir les cellules !

Finir ici était une chance pour eux. Maintenant, ils avaient le contrôle de toute la prison.


Luffy

Si on le lui demandait, Luffy dirait qu'il avait le sens des priorités.

Il savait faire passer ce qui était le plus important en premier. Seulement, il n'a pas les même priorités que les autres. Pour ses amis, la priorité était d'attendre le retour de Nami et Robin. Pour lui, la priorité était de libérer Franky. Il est donc aller dans l'enceinte de la prison dans le but de le trouver et de le faire sortir. Mais une autre priorité avait pointé le bout de son nez : Luffy avait faim. Il ne pouvait pas sauver Franky le ventre vide, alors il a trouvé les cuisines. Il a trouvé des vêtements pour se déguiser et il est entré à l'intérieur, sans se rendre compte que Sanji le suivait.

Tout le monde s'est mis à le dévisager sombrement, comme s'ils le détestaient. Peut-être qu'il aurait dû s'en soucier, mais Luffy n'accordait aucune importance à l'opinion des autres sur lui. Il voulait juste manger et ensuite aller récupérer Franky. Sanji posa une main sur son épaule, se plaçant légèrement devant lui. Il valait mieux qu'il s'occupe lui-même de parler avec les cuisinier pour éviter que leur capitaine n'aggrave encore la situation.

-Vous êtes les deux nouveaux, demande un des employés.

-Exactement, sourit Sanji. Enchanté de faire votre connaissance !

Il ne reçu aucune réponse à ses salutations polies. « Ça promet d'être agréable » pense amèrement le blond. Il n'avait peut-être pas l'air aussi sympathique qu'il l'aurait voulu, mais enfin quand même ! Ne serait-ce qu'un « bonjour » rapide lui aurait suffi. Il oublia bien vite cet accueil outrageant lorsqu'il vit une femme se faire un chemin dans la foule de cuisinier. Elle semblait posséder l'endroit, adoptant une démarche gracieuse et ferme. Tous s'écartèrent avec respect, alors qu'elle toisait les nouveaux venus avec mépris. Elle était d'une beauté à coupé le souffle, avec ses cheveux blonds et ses yeux noirs.

-Nous ne sommes pas là pour plaisanter, déclare-t-elle. J'espère que vous savez cuisiner.

-Pas vraiment, répond Luffy.

-Je suis l'un des meilleurs, affirme Sanji en plaquant sa main sur la bouche de son capitaine.

-C'est ce que nous verrons.

Après ça, ils avaient organisé une sorte de concours de cuisine. Touché dans son honneur de chef cuisinier, Sanji a accepté d'y participer et a donné le meilleur de lui-même. La jeune chef, Jessica de son prénom, fut interloquée par ses compétences, et tous les autres aimaient ce qu'il avait fait. Ils décidèrent de mettre sa recette au menu d'aujourd'hui et s'appliquèrent à la reproduire avec attention. Sanji devait reconnaitre qu'ils faisaient bien leur travail, contrairement à Luffy qui se contentait de se goinfrer.

-Ne perdons pas de temps, ordonne Jessica. Nous avons des centaines de bouches à nourrir !

-Oui Jessica-san, hurlèrent ensemble les cuisiniers.

-Faites de votre mieux Sanji-kun, sourit-elle au blond.

-Bien sûr Jessica-chan !

Avant qu'il ne s'en rende compte, il était là depuis une heure et il cuisinait activement pour ses ennemis. Cette femme l'avait comme ensorcelé, mais il était incapable de lui en vouloir. Mais maintenant qu'il a reprit ses esprits, il devait trouver un moyen pour que lui et Luffy puissent s'enfuir d'ici. Le brun était assis dans un coin, le ventre rond comme un ballon, soupirant d'aise. Il avait bien mangé ! Les cuisiniers avaient décidé de le laisser tranquille, car il s'était révélé incapable de faire quoi que ce soit sans provoquer une catastrophe. Sanji s'approcha à grands pas de lui, saisissant son oreille pour tirer dessus.

-Itaï !

-Espèce d'idiot en caoutchouc. Tu te rends compte de la merde dans laquelle tu nous as mis ?!

-J'avais faim ! Si on veut sauver Franky…

-Ne parle pas si fort ! On est en plein territoire ennemi ici !

Le blond jeta un coup d'œil nerveusement autour d'eux. Les cuisines étaient directement reliées à une grande salle à manger. Ils avaient passé trop de temps ici. Les soldats avaient commencé à entrer pour recevoir leur repas de midi. Plusieurs services vont se succéder, et Sanji n'a aucune idée de quand ils vont avoir une pause. Ils devront être parti avant. Malheureusement, avec toute cette euphorie et ses personnes présentes, il leur était impossible de se faufiler sans être remarqué.

-Comment on va faire…

-Je peux pousser tout le monde, propose Luffy.

-Si tu veux mon avis, ce sont de bons combattants. On n'a aucune chance de partir sans se battre et on n'a pas le temps !

Leur ennemi principale reste Jessica. Jamais il ne pourra s'en prendre à elle ! Et il ne laissera pas non plus Luffy lui faire le moindre mal. Il sera facile pour elle de les capturer. Il devait à tout prix éviter un affrontement. Il ordonna au petit brun de rester dans son coin et de ne pas bouger, avant de retourner aux fourneaux. Il allait trouver un plan.

-Vous avez entendu la rumeur, chuchote un cuisinier.

-A propos des intrus ?

Sanji tendit l'oreille. Qu'est-ce que c'était que cette rumeur ? Des intrus ? Ça ne pouvait être qu'eux… Il se rapprocha doucement des deux hommes qui parlaient dans l'espoir d'entendre le reste de la conversation. Heureusement, ils ne le remarquèrent pas et continuèrent de discuter.

-L'officier Drake a ordonné une inspection de toute la prison.

-Sérieusement ?!

-Ça viendrait du chef en personne. Apparemment, des Révolutionnaires se sont infiltrés.

-J'ai entendu dire qu'ils étaient huit !

-Ça c'est bien notre Vice-Amiral Jonathan !

Sanji revient à sa place, légèrement pâle. Il s'attendait à ce que ce Vice-Amiral soit fort, mais il l'avait quand même sous-estimé. Ils étaient loin d'avoir affaire à un débutant. L'homme avait prévu qu'ils viendraient, et il avait également découvert combien ils seraient. Il ne s'était pas trompé, puisqu'ils étaient bel et bien huit. Mais ça n'avait aucun sens ! Comment a-t-il fait pour savoir combien ils seraient ?!

Ils ont capturé Franky, donc il devait avoir supposé que ce soit le groupe de Luffy qui était ici. Mais il n'y avait aucune information sur lui, puisque personne ne l'a vu. L'espion a la capital l'a confirmé, Sanji ne fait pas partie de la liste des Révolutionnaires présent à Alabasta. Et de toute façon, comment a-t-il pu savoir que deux d'entre eux ne seraient pas là ?! Même s'il s'était basé sur le témoignage de Lucci et des autres membres du CP9, ils n'avaient vu que trois d'entre eux. Franky a été capturé, donc il aurait normalement dû penser qu'ils n'étaient que deux.

-Ça ne va pas Sanji, l'interroge Luffy.

-Ce Vice-Amiral… Il a deviné que nous serions là.

-Ce n'est pas grave.

-Si ! Il sait combien nous sommes. Qui sait ce qu'il a deviné d'autres !

Il devait prévenir les autres, mais il ne peut pas entrer en contact avec eux alors qu'autant de personnes sont présentes autour de lui. Lorsqu'il l'a fait tout à l'heure, il a manqué de se faire prendre. Il ne devait prendre aucun risque, pas alors que tout le monde est au courant de la présence d'intrus dans la prison. C'était un miracle qu'il ne les ai pas soupçonnés Luffy et lui. Sans doute deux cuisiniers devaient vraiment venir aujourd'hui. Sanji n'avait pas hâte qu'ils se pointent ici pour commencer leur nouveau travail.

-Sanji-kun, l'appelle Jessica.

-Oui Jessica-san, répondit-il, les yeux en cœur.

-Toi et ton ami allez apporter son repas au chef.

-Bien sûr !

Jessica le remercia d'un mouvement de tête, lui expliquant qu'il pouvait parfois se montrer difficile, mais qu'il leur fallait insister pour qu'il mange. Sanji lui promit de suivre ses ordres à la lettre, la regardant s'éloigner ensuite. Elle avait un regard si doux dans ses yeux lorsqu'elle parlait du chef de cette prison. Quand Sanji a interrogé les autres cuisiniers, ils lui ont expliqué que Jessica et Jonathan étaient mariés depuis quelques années maintenant, mais qu'ils s'aimaient encore comme au premier jour. Ce Vice-Amiral avait bien de la chance d'être marié à une femme comme Jessica.

-Allons-y Luffy.

-D'accord !

-Et contrôle toi ! Il s'agit du Vice-Amiral !

Ils attrapèrent le plateau repas qu'ils devaient emmener au chef, avant de quitter la cuisine. Ils traversèrent la salle à manger désormais vide et en attente d'une seconde vague de soldats affamés. Une porte leur faisait face, qui donnait sur une salle annexe dans laquelle Jonathan avait l'habitude de prendre ses repas. Sanji ouvrit la porte et entra à l'intérieur, Luffy sur ses talons. La porte claqua et le blond s'approcha du bureau, déposant la nourriture dessus.

-Votre repas, annonce-t-il.

-Merci jeune homme, sourit Jonathan.

Leurs yeux se croisèrent et Sanji resta figé sur place. Bien que Jonathan l'ait déjà remercié, il ne le quittait pas du regard. Il semblait lire en lui, et Sanji se sentit soudain vulnérable face à lui. « Est-ce qu'il a deviné qui je suis » pense-t-il. « Impossible. Même s'il a compris que je serai là, il ne sait pas à quoi je ressemble ! ». Finalement, il recula du bureau et Jonathan baissa les yeux vers son assiettes.

-Des boulettes, s'exclame-t-il joyeusement. J'ai entendu dire qu'elles étaient délicieuses !

Il en piqua une avec sa fourchette, l'engloutit et mâcha joyeusement la viande en déclarant que c'était l'une des meilleurs choses qu'il ait mangés. Sanji était flatté par cette remarque, mais aussi choqué que le Vice-Amiral se comporte de cette manière. On ne le croirait pas aussi haut-gradé et dangereux en le voyant comme ça. Il avait l'air aussi doux qu'un ours en peluche. Jonathan continuait de manger lorsque soudain il vit l'une de ses boulettes de viande disparaitre de son assiette en un éclair. Il leva les yeux vers le deuxième cuisinier qui souriait innocemment.

-Qu'est-ce que tu fais Luffy, pâlit Sanji.

Jonathan le fixa longuement, avant de se reconcentrer sur son assiette. Mais chaque fois qu'il essayait d'attraper une boulette, cette dernière disparaissait. Finalement, d'un geste vif et plus rapide encore que Luffy, il retourna sa fourchette et plaqua la main de l'homme élastique sur la table. Il était maintenant évidement que Luffy pouvait étirer son bras, puisque ce dernier traversait toute la salle. Jonathan sourit, victorieux, avant de relâcher la main du brun.

-Alors c'est toi Monkey D Luffy…

-Ouais, répond le brun en souriant.

-Ne répond pas si simplement, peste mentalement Sanji.

-Et toi tu es le Révolutionnaire mystérieux…

Il l'avait bien deviné. Sanji alterna entre Luffy, Jonathan et la porte. S'il se débrouille bien, ils pourront sortir d'ici avant que l'homme ne prévienne les soldats. Ils n'auront plus qu'à courir dehors et trouver un endroit où se cacher. Ensuite, il pourra prévenir les autres de la situation. Jonathan reporte son attention sur Luffy, croisa les mains et posant son menton dessus.

-Pourquoi es-tu ici Monkey D Luffy ?

-Je suis venu récupérer mon ami Franky.

-Je vois… Mais ton ami est un criminel. Je ne peux pas te laisser partir avec lui.

Luffy lui offrit un sourire de défi.

-Vous pensez pouvoir m'en empêcher ?

-Tu es un gamin intéressant, répond simplement Jonathan.

Il se leva et, avant que Luffy n'ait pu enregistrer ce qu'il se passait, il sauta par-dessus son bureau et se précipita vers lui. Sanji attrapa son capitaine par le col de sa veste, quittant la pièce en courant. Mais les cuisiniers les attendaient tous de l'autre côté, un air désapprobateur sur le visage. Ils étaient complètement grillés, et en plus ils n'avaient aucun échappatoire. Il y avait Jonathan d'un côté, Jessica de l'autre. Sanji espérait un miracle.

Des soldats entrèrent en bavardant, prêt à déguster un bon repas.

-Déjà, s'exclame Jessica.

-On y va Luffy, ordonne Sanji.

Les nouveaux arrivant avaient inconsciemment bloqué le passage pour Jonathan et Jessica. Toujours en traînant Luffy derrière lui, Sanji se faufila parmi eux pour quitter la salle à manger sans être poursuivi. Ils arrivèrent rapidement dehors et ils se mirent à courir dans l'espoir de trouver un endroit où se cacher. Soudain, Luffy se tourna vers Sanji et tendit la main.

-Ton oreillette, ordonne-t-il.

-Quoi ? Mais…

-Sanji, ne discute pas !

Le blond s'empressa de retirer son oreillette, la confiant à son capitaine. Il ne voulait pas le défier quand il avait se regard sérieux. Luffy la glissa dans son oreille avant de l'activer. Il n'avait aucune idée de si elle marchait encore, ou si les autres avaient toujours la leur, mais il n'avait pas de temps à perdre à les chercher. Il devait essayer de cette manière.

-Nami, appelle-t-il.

-Luffy, répond la voix étonnée de la rousse.

-Toi et Robin, vous ne devez pas aller chercher Franky.

-Quoi ?! Pourquoi ?!

-On est repéré ! On vient de rencontrer le Vice-Amiral, il sait que nous sommes là. C'est trop dangereux pour vous.

Il jeta un regard à Sanji, et le blond compris immédiatement ce que son capitaine avait en tête. Il acquiesça, préférant être celui qui affrontera Jonathan, plutôt que d'imaginer Nami et Robin en difficultés face à lui. Nami ne comprenait pas ce qu'il se passait, mais elle n'eut pas le temps de poser des questions. Luffy donna ses directives avant de couper la communication.

-Changement de plan. Sanji et moi allons y aller nous-même.


Usopp

Il y a forcément un moment où il a pris une mauvaise décision. Sinon il ne serait pas là.

Usopp ne savait pas vraiment à quel moment il fait le mauvais choix. Ça pouvait être quand il a eu la merveilleuse idée de quitter le QG en douce sans prévenir personne, alors que Luffy le lui avait interdit. Quand il a décidé de monter dans un train rempli de soldat qui allaient le tuer dès qu'ils allaient le voir. Quand il a enfilé le premier costume de super héros qu'il a trouvé et s'est inventé une nouvelle identité devant ses amis. Ou plus récemment, quand il a décidé de suivre Zoro quand ils se sont séparés à l'intérieur de la prison. Plutôt quand il a cédé et qu'il a laissé le sabreur passer devant lui.

Maintenant ils étaient perdus.

-Je suis quasiment sûr que les cuisines sont de l'autre côté !

-Comment tu peux le savoir ?!

-Parce qu'il est midi et demi, et que tous les soldats sont allés de l'autre côté !

S'ils avaient suivi son plan, et qu'ils avaient suivis les autre comme il l'avait suggéré, ils auraient trouvé les cuisines, récupéré Sanji et Luffy, et ils seraient déjà partis depuis longtemps. Mais non, il fallait absolument suivre « l'instinct » de monsieur Zoro, et aller à contre sens. Ils ne risquent pas de rencontrer qui que ce soit maintenant. Ni soldats qui voudraient les tuer, ni leurs amis qu'ils étaient sensé retrouver.

-Nous ne sommes pas perdus, réplique Zoro.

-Alors où sommes-nous ?!

-Eh bien…

Il regarda autour de lui, cherchant une réponse à donner. Bon, ils avaient longé l'édifice principal. Ensuite, ils sont arrivés dans une cour extérieure, et maintenant ils étaient devant un grand bâtiment tout en longueur, avec plusieurs portes métalliques automatiques. Il était à peu près sûr que c'était un garage. Il espérait vraiment avoir raison lorsqu'il se retourna et déclara avec fierté au jeune super héros.

-Devant le garage.

-Oh. Je constate que tu sais où nous sommes…

-Tu vois !

-Mais nous devions aller à la cuisine !

Si on demandait à Zoro son avis, il dirait que son ami au long nez était vraiment négatif. Oui, ils n'étaient pas là où ils devraient être… Mais au moins ils savent où ils sont ! Devant un garage ! Usopp aurait pu se frapper la tête contre un mur. Zoro avait une telle mauvaise foi quand ça concerne ses problèmes de directions. Ce serait plus facile pour tout le monde s'il reconnaissait qu'il n'avait pas le sens de l'orientation et qu'il acceptait qu'on l'aide !

-On devrait essayer de trouver un plan.

-Il y en a un sur le mur là.

-Laisse-moi regarder, tu vas te perdre dessus si c'est toi qui le lis !

Alors que le sabreur levait les yeux au ciel, Usopp se précipita vers le plan. Il ne fut pas surpris de constater qu'ils étaient à l'exact opposé des cuisines. Le garage est le bâtiment le plus éloigné d'ailleurs. Zoro le rejoignit, demandant à Usopp de lui montrer comment rejoindre les cuisines. Le sniper réussi à retracer le bon chemin avec son doigt, avant de se retourner et de pointer la bonne direction.

-Si on part par-là, on devrait y être.

-Ce n'est pas par-là que sont allés les soldats tout à l'heure ?

-Pitié, ne m'en parle pas…

Il n'avait vraiment pas envie de se dire qu'ils vont aller quelque part où des dizaines de personnes armées jusqu'aux dents et prêtes à les tuer les attendent. Il préfère penser à quand ils devront s'échapper d'ici. Puis Usopp se rappela qu'ils n'avaient pas de plan pour sortir d'ici, et il commença à paniquer. Zoro s'apprêtait à partir lorsque le sniper l'attrapa par le poignet pour le retenir.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-Luffy et Sanji vont se débrouiller. On n'y va pas !

-Pourquoi ?! Si c'est parce que tu as peur…

-Non ! Mais je pense qu'on devrait plutôt chercher un moyen de s'enfuir.

Ce n'est pas le genre de mission où ils peuvent se permettre d'improviser. Chaque geste, chaque décision, chaque seconde compte. Ils font face à un ennemis qu'ils ne peuvent pas sous-estimer, dans une situation qu'ils n'ont jamais connue avant. Ils ne peuvent pas se permettre d'échouer, car Franky pourrait être emmenés, et dans le pire des cas ils pourraient tous mourir. Zoro avait les même inquiétudes. Il repensait encore à sa discussion avec Sanji a Alabasta et aux évènements de la veille. Il préférait être prêt cette fois.

-D'accord, déclare-t-il.

-Merci…

-Alors, tu penses à quoi ?

Usopp pointa du doigt les portes métalliques. Pour une fois, mais il ne le reconnaitra pas à voix haute, les problèmes de direction de Zoro s'étaient révélés utiles. Ils étaient arrivés devant un entrepôt de tiquet de sortie. Ils avaient besoin de véhicules, et ils sont devant un garage. Il fallait juste que Zoro ouvre les portes, qu'ils volent une voiture et ensuite, quand les autres les rejoindront, ils n'auront qu'à s'enfuir à toute vitesse.

-Tu peux découper quelque chose pour moi ?

-Il ne faut pas me le demander deux fois.

Saisit deux de ses sabres, Zoro se dirigea vers la première porte. Il ne lui fallu que quelques secondes pour découper la porte métallique, qui tomba en morceau devant leurs yeux. Usopp se précipita à l'intérieur, mais la voiture n'était pas assez grande. Il se tourna vers Zoro et lui fit signe de s'attaquer à la deuxième. Le sabreur haussa les épaules, et s'exécuta. Malheureusement, il dû recommencer une bonne dizaine de fois avant qu'ils ne tombent sur un véhicule neuf place. C'est le seul qui pourra tous les emmenés. Zoro retient difficilement un grognement de soulagement. Il n'avait pas que ça à faire après tout.

-Bon, tu sais comment démarrer ce truc ?

-Je devrais pouvoir trafiquer un peu les choses…

Il s'accroupit devant la portière conducteur et, après quelques manipulations, il parvient à la déverrouiller. Il grimpa à moitié dans la voiture, se glissant devant le siège avant. Zoro essaya de jeter un coup d'œil à ce qu'il faisait, mais il n'y comprenait rien et il préféra attendre qu'il ait fini. Peut-être qu'il aura le temps de faire une petite sieste avant que…

-Hé ! Que faites-vous ?!

-Merde !

-Qu'est-ce qu'il se passe, demande Usopp en se redressant.

Une balle lui frôla la tête et il poussa un hurlement aigu de peur. Zoro positionna un sabre entre ses dents, prenant les deux autres dans ses mains. Il se précipita vers le soldat qui les avait surpris, lui arrachant son arme des mains avant de l'assommer. Il aurait pu être soulagé si, en se retournant, il n'avait pas vu des dizaines d'autres hommes qui l'avaient dans leur viseur.

-Ce n'est pas vrai…

-Zoro, qu'est-ce qu'il se passe ?

-Reste où tu es, je m'en occupe !

Le sabreur détacha le bandeau noir qu'il avait sur son bras, l'attachant autour de sa tête. Puis il se jeta en avant, portant un coup au premier homme qui se présenta devant lui. Des balles de plombs furent tirés vers lui, mais il les coupa en deux d'un mouvement de poignet. Les soldats tombaient les uns après les autres face à lui. Soudain, Zoro sentit quelque chose de lourd le frapper violemment sur le côté, le projetant au sol. Il leva les yeux, voyant un homme plus grand et volumineux que les autres, tenant une énorme massue à pique dans sa main droite.

-Je ne te laisserai pas t'enfuir, Roronoa Zoro.

-Je n'ai pas tout mon temps, désolé.

Zoro se remit debout. Tout en esquivant les coups de massue, il essaya de trouver le point faible de son adversaire. Mais ses coups ne portaient pas. Dans l'une de ses tentatives, il se fait attraper à bras le corps par cet homme, avant d'être envoyé voler. Il s'écrasa contre quelque chose de dur, et en entendant le cri d'Usopp, il comprit que c'était la voiture qu'ils tentaient d'emprunter. Il se redressa, secouant la tête pour reprendre ses esprits.

-Zoro, ça va ?!

-Ouais… Je crois…

-Tant mieux… Maintenant, arrête d'abimer la voiture ! On n'a que celle-là !

Zoro le regarda, l'air de lui demander s'il était sérieux. Au moins, il avait eu la décence de s'inquiéter pour lui en premier. Il retomba sur ses pieds, légèrement recroquevillé en avant. Il avait mal là où l'autre l'a attrapé, lui ayant à moitié broyé les os. Il jeta un coup d'œil à la voiture, voyant une jolie marque de son corps sur le capot. Avec un peu de chance, ils pourront quand même la démarrer. Ce serait dommage que Usopp le tue après qu'il ait eu du mal à survivre aux coups de massue d'un colosse enragé et violent.

-Ne t'inquiète pas, il n'arrivera rien à la voiture.

Il se redressa, se faisant menaçant. Il ne comptait pas faire de cadeaux à cet brute écervelé. Il essuya le sang qui coulait sur sa tempe avec le dos de sa main, avant de se jeter sur son ennemi. Il parvient à bloquer un nouveau coup de massue avec ses sabres. Il entendit le vrombissement d'un moteur derrière lui, signe que le sniper venait de démarrer la voiture. Il sourit, faisant froncer les sourcils au géant.

-Notre combat va devoir s'arrêter là, déclare-t-il.

-Quoi ?!

Forçant sur ses muscles, Zoro parvient à repousser son adversaire, le faisant tituber en arrière. Avant que le colosse n'ait pu reprendre son équilibre, Zoro lui donna un coup de sabre en pleine poitrine. L'homme s'effondra, inconscient. Le sabreur ne prit pas le temps de savourer sa victoire, rangea ses sabres et se précipita vers la voiture. Usopp était sur le toit de cette dernière, tirant des billes incendiaires à tous ceux qui essayait de s'en prendre à Zoro. Le vert grimpa côté conducteur, et le sniper s'empressa de monter à côté de lui.

-La place du mort, gémit-il.

-Je préfère conduire.

Zoro appuya sur l'accélérateur et le véhicule fit un bond en avant. Ils sortirent du garage et foncèrent sur les soldats qui s'écartèrent in extremis de leur route. Laissant de grosses traces de pneu noirs sur le sol, les deux amis s'éloignèrent rapidement du bâtiment. Usopp indiquait la route à prendre à Zoro, lui faisant faire plusieurs fois le tour de toute la prison avant de finalement s'arrêter quelque part. L'arrêt fut si brutal que le sniper se dépêcha d'ouvrir la boîte à gant dans l'espoir de trouver un sac à vomi. Il a cru que son cœur allait s'arrêter et le nom « place du mort » aurait été vraiment mérité.

-Tu conduis comme un malade !

-On est vivant et on les a semés. C'est le principal.

-On fait quoi maintenant ?

-On va devoir les attendre ici.

Ils ne pouvaient pas laisser la voiture sans surveillance, et Zoro refusait de laisser Usopp seul. Le sniper était capable de se défendre, mais si jamais il se retrouve face à un type du même gabarit que « monsieur massue » de tout à l'heure, il risquait de subir de gros dégâts. D'autant plus qu'il n'était pas remis de ses blessures, et qu'avoir sauter d'un train en marche n'avait pas arrangé les choses. Il aurait mauvaise conscience de le laisser seul face à un tel danger. Le mieux à faire était qu'ils restent ici tous les deux. Il n'avait plus qu'à prévenir les autres.

-Euh… Dit-moi Zoro ?

-Oui ?

-Tu es sûr qu'on fait bien d'attendre… Ici ?

-Bien sûr pourquoi ?

Usopp ne répondit pas, mais il pensa sérieusement que ce serait un miracle si ce sont leurs amis qui les trouvent en premier.


A suivre

Comme promis, ce chapitre était plus drôle que les précédents ! Je suis contente d'avoir réussi à le finir pour aujourd'hui ! J'espère qu'il vous a plu !

Il reste deux chapitres pour finir cet arc. Le dix-neuf servira d'introduction à l'arc d'après qui devrait durer du chapitre 20 au chapitre 33. Ce sera un très long arc en effet, mais il sera en trois parties et il contiendra les réponses à la plupart des mystères que j'ai laissé tout au long des chapitres précédents. Le chapitre 34 servira de transition rapide entre cet arc et le suivant.

C'est un peu compliqué à suivre pour vous j'imagine. Mais j'ai vraiment hâte de vous faire découvrir tout ça !

A bientôt pour la suite !