/!\ Attention, certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des lecteurs /!\
Zoro
Deux semaines ont passées, et Luffy agissait maintenant comme si rien ne s'était passé. Il avait retrouvé assez rapidement sa bonne humeur légendaire, participant avec joie aux entraînements de groupe quotidien. Ils avaient repris leurs habitudes, organisant des séances tous ensemble pour travailler, avant que chacun ne vaque à ses propres occupations. Pour Zoro, c'était plus d'entraînement, et parfois Law et Ace se joignaient à lui. Il est même arrivé qu'il voit Nami rester plus longtemps, que Brook le défi dans un combat d'épée, ou que Franky teste de nouvelles armes. Chacun avait une nouvelle détermination, signe que ce qui est arrivé à Jonathan n'a pas encore totalement déserté les esprits. Parfois, Luffy avait des absences, parce qu'il y pensait aussi.
Zoro n'attendait qu'une chose : une nouvelle mission. Il était persuadé que si Dragon les envoyait tous ensemble sur le terrain, avec quelque chose à faire, ils pourront penser à autres choses. Ils avaient emmagasiné pas mal d'énergie ces derniers jours, essayant de la dépenser dans les entraînements. Ils avaient grand besoin de se défouler. Heureusement, ça ne tarda pas. Ils furent convoqués dans le bureau de Dragon avec Kid et Marco.
-J'ai une mission pour vous.
-Super, hurle Luffy.
-Ça n'a rien à voir avec ce que je vous ai déjà demandé jusque-là alors soyez attentif.
Il n'avait pas l'espoir fou que Luffy écoute vraiment ce qu'il allait dire. Il voulait juste que les autres écoute et lui réexplique plus tard, quand l'excitation sera retombée et qu'il sera plus concentré. Il sortit sa fameuse carte, pointant du doigt une croix rouge qui était située près de la frontière de Grand Line avec un autre pays. Un nom était griffonné à côté, mais l'écriture était presque effacée par le temps.
-C'est une ville, interroge Robin.
-Pas exactement. Il s'agit d'un camp. Il y en a une dizaine répartis sur le territoire.
Un « camp » est censé être différent d'une prison, mais c'est fondamentalement la même chose. Plusieurs bunkers servent d'habitation et forme une sorte de base militaire entouré de hauts grillages. Le gouvernement y envoie ceux qu'ils jugent dangereux mais qu'ils ne peuvent pas exécuter pour diverses raisons. Ces personnes ont été forcées de s'installer à plusieurs dans les bunkers, avec des lits de fortunes, et reçoivent régulièrement du travail à faire. En théorie, ils ont le droit de sortir quand ils le veulent, mais ils ne le font pas car le moindre faux pas pourrait les envoyer directement en prison. De plus, des soldats du gouvernement gardent l'entrée des camps, même s'ils ne rentrent jamais à l'intérieur.
-Quel est le rapport entre nous et les camps, s'étonne Sanji.
-Pas mal d'informations cruciales passent par ces camps. La plupart des personnes là-bas sont nos alliés et l'un d'eux sert d'intermédiaire entre eux et nous.
-C'est un informateur donc.
-Exactement.
Ceux qui se retrouvent dans ces camps savent pourquoi ils sont ici et ce qu'ils risquent. Alors, la plupart d'entre eux tournent le dos au gouvernement et apportent leur aide aux Révolutionnaires. Pour éviter une confusion dans les informations, et surtout pour éviter d'être repéré, une seule personne se charge de transmettre ce qu'ils savent à Dragon. Pour ne prendre aucun risque inutile, ils ne discutent que rarement. Dragon se charge d'envoyer des Révolutionnaires à la rencontre de l'informateur lorsque ce dernier à quelque chose à leur dire.
-Cette fois, c'est à vous d'y aller.
-Comment on entre à l'intérieur s'il y a des gardes ?
-Il y a une entrée secrète, explique Marco. Kid et moi y sommes déjà allés.
-C'est pour ça qu'on vient avec vous, renchérit le roux. On va pouvoir vous montrer.
-Ça va être trop génial, s'exclame Luffy.
Les autres l'ignorèrent simplement. Il n'avait sûrement pas encore assimilé que s'ils se rendaient là-bas, c'était uniquement pour parler avec quelqu'un. Il sera probablement déçu en apprenant qu'il n'y aura pas de combat ou quoi que ce soit d'un peu intéressant. Peut-être qu'ils tomberont sur des soldats en chemin, sur lesquels il pourra se défouler. Ça évitera qu'il leur casse les pieds tout le long du voyage.
-Nous ne serons pas trop nombreux pour simplement rencontre un informateur, demande Nami.
-En vérité, nous procédons à un échange avec eux.
Les camps sont coupés du monde, et ceux qui y sont prisonniers n'ont accès à rien. En échange d'informations et surtout en échange de leur silence, les Révolutionnaires s'arrangent pour récupérer plus de nourritures, ainsi que d'autres éléments de première nécessité auxquels ils n'ont pas droit. Ils récupèrent également des lettres des familles pour les leur apporter. C'est très long comme moyen de communication, mais c'est le seul dont ils disposent, et c'est le plus efficace.
-Il faut transporter tout cela là-bas, et revenir après avec les lettres réponses.
-La division de Jewelry Bonney se charge ensuite de les distribuer aux familles.
Le groupe de Luffy étant constituée de seulement onze personnes, ils peuvent se déplacer plus discrètement. Dragon pensait les déguiser en marchand pour traverser le pays et atteindre le camp sans se faire repérer. Une fois là-bas, ils déchargent tous les marchandises, récupèrent les informations, prennent les lettres réponses des prisonniers et reviennent. Le tout ne devrait pas les occuper plus d'un mois environ, peut-être un peu moins s'ils ne rencontrent aucun problème en route.
-Je peux compter sur vous, demande Dragon.
-Bien sûr, sourit Luffy. On va s'en occuper vite fait bien fait !
Ils quittèrent ensuite le bureau et se séparèrent pour aller préparer leurs affaires. Marco et Kid s'éloignèrent les premiers, pendant que Usopp prenait le temps de réexpliquer calmement à Luffy ce qu'ils devaient faire. Finalement, le petit brun réussi à assimiler leur mission et ne fut pas très content de savoir qu'il n'allait pas y avoir beaucoup d'action. Chopper se tourna vers le sniper, l'air préoccupé.
-Est-ce bien prudent que vous veniez toi et Sanji ?
-On n'a pas bougé de l'infirmerie depuis deux semaines. Je pense que nous sommes rétablis.
-Je ne resterai pas à rien faire une journée de plus, peste le blond.
-Mais…
-C'est à Luffy de décider, intervient Zoro.
Chopper avait tenu au courant leur capitaine du rétablissement de Sanji et Usopp pendant les deux semaines. Luffy n'avait bien sûr rien compris au vocabulaire utilisé par le petit renne, mais il avait saisi l'essentiel. Le petit renne avait affirmé qu'ils étaient capables de reprendre les missions, et c'était le cas. Il ne voulait juste pas prendre de risque, car ils étaient sortis de convalescence il y a peu. Il avait peur que leurs organismes ne les lâchent en pleine mission. Il avait fait part de son diagnostic et de ses inquiétudes à Luffy et maintenant c'était à lui de trancher. Il regarda tour à tour ses deux amis, apparemment indécis. Zoro se pencha vers lui et lui murmura quelque chose. L'instant suivant, un grand sourire prit place sur le visage du garçon au chapeau de paille.
-Vous pouvez venir, je suis d'accord !
-Merci Luffy, sourit Usopp.
-Mais Chopper vous surveillera !
Le petit renne s'empressa de confirmer, ordonnant aux deux garçons de le prévenir immédiatement si jamais ils ne se sentaient pas bien. Après qu'ils le lui aient tous les deux promis, ils se séparèrent pour se préparer à partir. Lorsque Sanji passa à côté de lui, Zoro lui attrapa doucement mais fermement le bras pour le retenir. Les autres quittèrent rapidement le couloir, ne les laissant que tous les deux.
-Je te fais confiance cette fois, déclare le sabreur. Mais ne cache pas tes blessures une nouvelle fois.
-Je me sens bien, réplique le blond.
-Je le sais, mais on ne sait jamais. Je veux que tu ailles voir Chopper si ça ne va pas.
-Je n'ai pas…
-Promet-le ! C'est la moindre des choses après que j'ai convaincu Luffy de te laisser venir.
Sanji lui jeta un regard noir, mais il ne pouvait pas le contredire sur ce point. Zoro avait pris leur défense, faisant en sorte que la décision de leur capitaine soit en leur faveur. Mais il avait forcément dû lui faire une promesse en échange : Usopp et Sanji le signaleront immédiatement si leur état s'est détérioré. Si Sanji ne respecte pas cette promesse, Luffy ne fera plus confiance ni à l'un, ni à l'autre. Zoro ne voulait pas perdre la confiance de son capitaine pour le blond.
-Je le promet, cède Sanji.
-Et ?
-Et quoi ?! Je suis sincère, je ne cacherais plus rien !
Il se dégagea brusquement avant d'enfoncer ses mains dans ses poches. Zoro regarda sa main quelques secondes, avant d'appuyer son bras sur les sabres toujours attachés à sa taille. Il n'avait aucune raison de douter. L'honneur n'était peut-être pas aussi important pour Sanji qu'il ne l'était pour lui, mais le blond avait des valeurs. Il ne trahira pas cette promesse qu'ils se sont faites. Alors que le blond allait s'éloigner, Zoro demanda moqueusement.
-Je suppose que tu ne me remercieras pas ?
-Un jour, je te sauverai la vie. Ce sera mon remerciement.
Il accompagna ces mots d'une salutation de la main. Zoro eut un sourire narquois et ils se séparèrent.
Chopper
Le voyage fut long, mais bien plus agréable que le style de vie de ceux qui se trouvent dans les camps. Ils avaient emprunté le chemin le plus sûr, passant dans des villages reculés, en pleine campagne, longeant des champs de culture. Le camp, lui, se trouvait dans un terrain isolé, complètement desséché. Le ciel était gris, couvert de nuages, comme s'il allait bientôt se mettre à pleuvoir. Ils sont entrés par une brèche dans le grillage, cachée entre deux larges bunker. Il était assez large pour que leur charrette puisse passer. Les soldats ne s'aventurent jamais à l'intérieur, alors il y avait peu de chance qu'ils remarquent cette ouverture.
En regardant leur environnement, ils avaient l'impression d'être dans un campement militaire. Les bunker étaient alignée les uns à côtés des autres, ordonné en plusieurs lignes et colonnes, avec des lettres et des numéros attribués à chacun. Il y a un bâtiment un peu plus grand qui sert de lieu de rassemblement. Un grand drap a été étendu au milieu pour diviser la salle en deux. Un côté sert d'infirmerie et l'autre de salle de repas. Des cordes sont étendues entre chaque bunker pour y mettre le linge. Au centre du camp, il y a un grand espace vide sur lequel les gens peuvent se rassembler. C'est là-bas qu'ils se rendirent avec la charrette.
-Comment arrivent-il à vivre dans un tel endroit, gémit Brook.
-J'imagine qu'ils y sont habitués, soupire Franky.
-Tâchons de rendre cela un peu moins pénible pour eux, sourit Marco.
Quand ils arrivèrent sur la place centrale, l'ensemble des habitants du camps s'étaient réunis, les regardant avec espoir. Des hommes et des femmes, tous habillés avec des vêtements simples de couleur grise, avec un manteau pour les protéger du vent frais de la région. Ils étaient maigres et affaiblis, mais dans leurs yeux il y avait une détermination. Ils ne comptaient pas s'abandonner au gouvernement et ils étaient heureux que l'armée Révolutionnaire accepte de les aider.
-On décharge tout et ensuite on ira voir l'informateur, propose Kid.
Il attrapa les deux grands sacs de toiles contenant les lettres. En quelques secondes la foule s'était rassemblée autour de lui, poussant des cris excités. Le roux se retrouva submergé, ne sachant pas quoi faire. Il leur ordonna de reculer, mais malgré son ton dur et ferme, personne ne sembla l'entendre. Bien loin de vouloir l'aider, les autres se moquèrent de lui. Finalement, Kid parvient à obtenir un peu d'espace. Il ouvrit le premier sac et le posa au sol.
-Faites doucement. Il y en a pour tout le monde.
Chacun son tour, des personnes s'approchèrent pour récupérer les lettres. Ils piochaient au hasard dans le sac, donnant les enveloppes à leurs propriétaires respectifs. Dès qu'ils obtenaient leur bien, ils s'éloignaient pour laisser la place aux autres. Quand chacun obtient sa lettre, il y eu un grand silence tandis qu'ils les lisaient. Il ne dura pas longtemps car bientôt des rires et des pleures se firent entendre, chacun partageant avec les autres des nouvelles de sa famille.
-Ça fait chaud au cœur de les voir comme ça, sourit Usopp.
-Ils n'ont des nouvelles que très rarement, dit Ace. Je les comprends.
Il ne voulait même pas s'imaginer dans la même situation avec Luffy. Vivre dans un camp tout en ayant des nouvelles de son petit frère qu'une fois tous les six mois. Toutes ces personnes étaient incroyablement courageuses pour supporter ça au quotidien, depuis vingt ans pour certains d'entre eux. Après avoir déchargé le reste, le petit groupe se dirigea vers un bâtiment en pierre, qui se trouve dans la partie du camp la plus éloignée de l'entrée. La porte était grande ouverte, permettant de voir l'intérieur rempli de grosses caisses lourdes et de vieux meubles poussiéreux.
-C'est une réserve, constate Robin.
-C'est plus grand que je ne le pensais, avoue Nami.
Après avoir passé la porte, ils s'avancèrent aux milieux des débris et autre objets qui traînaient. Chopper renifla l'air, plissant le nez à la forte odeur présente autour d'eux, qu'il ne parvenait pas à identifier. Ils aperçurent bientôt une silhouette appuyée contre quelques cartons empilés, semblant les attendre. L'homme qui leur fit face était habillé des mêmes vêtements gris que les autres. Ses cheveux bruns en bataillé étaient retenus par un bandana vert. Il scrutait les nouveaux venus de ses yeux bruns légèrement plissés. Il reconnu Marco et Kid, et un sourire s'étira sur ses lèvres alors qu'il les salue d'un geste.
-Vous voilà enfin.
-Tu as quelque chose pour nous, demande Marco.
-Ouais. C'est à propos du nouveau Shichibukai.
Il sortit une enveloppe de la poche arrière de son pantalon, la tendant en direction du blond. Sans hésiter, ce dernier s'avança pour la récupérer. Il l'ouvrit nerveusement, inquiet de ce qu'il pourrait apprendre. Des souvenirs de cette nuit tragique défilaient devant ses yeux alors qu'il sortit un morceau de papier plié en quatre. Lentement il le déplia, fronçant les sourcils d'incompréhension. Il resta immobile quelques secondes, avant de lever un regard noir vers leur informateur.
-Est-ce une plaisanterie ?
-Que se passe-t-il, s'étonne Luffy.
Marco laissa tomber le papier totalement vierge de toute écriture. Il n'y avait aucune information. Le regard du blond était toujours braqué sur l'homme qui lui fait face. Un sourire carnassier déforme le visage de ce dernier. Kid fit un pas en avant, prêt à demander des explications, lorsque Chopper se mit à leur crier de faire attention. Tous se tournèrent vers le petit renne, qui arborait une expression horrifiée.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-L'odeur ! Ça sent la poudre ! C'est un piège !
A peine eut-il fini sa phrase que plusieurs personnes sortirent de l'ombre, faisant tomber quelques caisses au passage qui répondirent leur contenu sur le sol. Il y eu des bruits de fusils que l'on recharge, alors que les canons des armes étaient tous braqués sur eux. Ils étaient tous habillés de gris, signe qu'ils faisaient partis des prisonniers, et non des gardes chargés de surveiller cet endroit. Marco recula pas à pas, rejoignant lentement les autres. Zoro posa par réflexe sa main sur ses sabres, prêt à dégainer si jamais ça venait à mal tourner.
-Qu'est-ce que ça veut dire, s'emporte Kid.
-Je met fin à notre alliance. Je ne peux plus continuer avec vous.
-Pourquoi ?!
-Parce que vous comptez dans vos rangs des gens comme lui !
La haine était forte dans sa voix et dans ses yeux, alors qu'il pointait son doigt sur Ace. Ce dernier se figea, incrédule. Il se sentit nerveux sous le regard fou qui était posé sur lui. Luffy et Marco lui jetèrent un regard inquiet, alors que les autres se sentaient perdus. Quel était le problème avec Ace ? Ils n'eurent pas le temps de poser plus de question à ce sujet. L'homme disparu d'un bond, alors que le bâtiment commençait à trembler. Law fit volte-face, désignant la zone d'un mouvement de bras avant de hurler.
-Courez ! On doit sortir d'ici avant que ça s'effondre !
Après quelques secondes de choc, tous se précipitèrent vers la porte, mais c'était trop tard. Avec un bruit d'explosion, une vive lumière envahie l'endroit. Les murs se fendirent, le plafond s'effondra, les meubles et les caisses se renversèrent brutalement. Bientôt, ils se perdirent de vues, se séparant dans l'espoir de ne pas finir écrasés. Franky parvient à attendre la sortie, tenant Robin fermement contre son torse. Mais quand il se retourna, l'horreur s'afficha sur son visage.
Les autres étaient restés bloqués.
Sanji
Il y avait au moins une chose positive à la douleur que Sanji ressentait : elle était la preuve qu'il n'était pas mort. Il s'était reçu quelque chose dans la poitrine pendant sa fuite, le faisant tomber à la renverse. Ça a réveillé une de ses blessures, et même si ce n'était pas trop grave, c'était une souffrance dont le blond se serait bien passé dans cette situation. Lorsque la bâtiment cessa de trembler et de tomber en morceau, Sanji se permit de rouvrir les yeux, regardant autour de lui.
Il faisait complètement noir, et il ne pouvait distinguer que vaguement la forme de ce qui l'entoure. Il y avait des trous dans le plafond qui lui permettait d'apercevoir le ciel, mais il faisait déjà quasiment nuit. Il passa une main sur la zone douloureuse, à la recherche d'une éventuelle blessure, mais il ne sentit rien. Il ne saignait pas, c'était déjà une bonne nouvelle en soi. Il devait attendre que la douleur s'efface, et il pourra partir à la recherche des autres.
Il était allongé sur le côté, essayant de forcer son cœur à se calmer en contrôlant sa respiration. Il ne devait pas paniquer. Il y avait des débris de verre, de bois et de plâtre tout autour de lui. Il a eu de la chance qu'aucun d'eux ne le percute. Il resta prostré plusieurs longues minutes, attentif au moindre bruit qui indiquerait la présence de quelqu'un. Puis, il se décida à bouger et se mit debout. Il tituba quelque peu, avant de retrouver son équilibre et de se frayer un chemin parmi les décombres.
-Je dois retrouver les autres…
Il s'approcha d'une caisse en bois qui s'est renversé, commençant à fouiller dans le contenu étalé au sol. Peut-être qu'il pourra trouver une lampe torche, ou des allumettes. N'importe quoi qui pourrait lui apporter de la lumière. Finalement, il poussa un petit cri victorieux en apercevant une lampe. Il l'attrapa, priant pour qu'elle fonctionne. Il n'avait pas le courage de chercher des pilles dans tout ce bazar. Par chance, lorsqu'il appuya sur le bouton, elle s'activa. Il avait maintenant une source de lumière. Avec un peu de chance, les autres l'apercevront.
-Les gars ! Vous êtes là !
Éclairant autour de lui, il cria le nom de ses amis, tendant l'oreille au moindre bruit. Il ne recevait aucune réponse, et ça ne le rassurait pas vraiment. Il trouvait l'endroit beaucoup trop silencieux. Où sont passé leur ex-informateur et ses hommes ? Où ont atterrit ses amis ? Il ne tarda pas à obtenir une réponse à ses questions. Alors qu'il passait à côté des morceaux brisés d'une armoire, il trébucha sur quelque chose. Il pensait que c'était une planche ou un autre objet, mais il blêmit en voyant un bras.
-Qu'est-ce que…
Remontant le faisceau de sa lampe plus haut, il remarqua les vêtements gris tâchés de sang, et le visage de l'homme qui lui était inconnu. Il fut rassuré de savoir que ce n'était pas un de ses amis. La victime avait les yeux ouverts et vitreux. Sanji tendit la main, glissant deux de ses doigts contre la jugulaire. Sa peau était froide, et il ne sentit aucun pouls. Il était mort bien avant son arrivé. Poussant un soupire, Sanji lui ferma les yeux et s'éloigna. Cet homme n'avait certainement pas mérité de finir comme ça. Il devait trouvait les autres, en espérant qu'aucun d'eux ne soit dans le même état.
Il entendit soudain un bruit de quelque chose qui tombe et se brise à quelques mètres de lui. Il sursauta, sentant l'espoir l'envahir. Il se mit à courir dans la direction d'où le fracas provenait, priant pour ne pas se tromper et ne pas tomber sur un ennemi. Il manqua plusieurs fois de se casser la figure en trébuchant sur divers objets qui traînaient, mais il ne voulait pas ralentir. Il finit par apercevoir deux silhouettes devant lui, souriant en reconnaissant Usopp et Chopper. Le sniper était assis par terre, l'air un peu secoué. Le petit renne tourna la tête et ses yeux se remplirent de larmes.
-Sanji !
-Chopper ! Usopp !
-Sanji, tu vas bien, s'exclame le sniper avec soulagement.
Quand le blond fut près d'eux, le petit renne lui sauta dans les bras, pleurant bruyamment contre son torse. Usopp se redressa tant bien que mal pour le rejoindre, le fixant de haut en bas à la recherche de blessure. Sanji lui offrit un sourire rassurant tout en caressant Chopper sur la tête, lui promettant qu'il allait bien et qu'il n'était pas blessé. Il reposa le petit renne au sol, le laissant sécher ses larmes, avant de leur demander avec inquiétude.
-Vous allez bien ?
-Ouais, répond Usopp. On a eu de la chance.
-On n'arrive pas à trouver les autres, pleurniche le petit renne.
-Je vais vous faire sortir d'ici, déclare Sanji. J'irai chercher les autres ensuite.
Il allait juste demander au jeune médecin de regarder ses blessures avant. Il ne voulait pas s'évanouir en plein milieu des recherches, sinon il n'aidera personne. Au contraire, il deviendrait un problème supplémentaire à gérer. Éclairant les lieux de sa lampe torche, Sanji essaya de se repérer. Il n'avait aucune idée d'où se trouvait la sortie. Il était désorienté, ayant avancer au hasard sans se préoccuper de sa destination. De toute façon, il ne pouvait pas se souvenir d'où il se trouvait lorsqu'il a été touché par un projectile et envoyé au sol.
-Vous savez où est la porte, demande-t-il.
-Non, soupire Usopp. J'essayais de prendre de la hauteur pour mieux voir mais je suis tombé.
Voilà pourquoi il a entendu du bruit. Les débris s'empilent, les empêchant de voir correctement autour d'eux. Le fait qu'il fasse nuit n'aidait pas bien sûr. Sanji se laissa tomber sur une chaise, profitant que Chopper regardait ses blessures pour réfléchir. Ils pouvaient essayer d'appeler les autres en criant, mais c'était prendre le risque que des ennemis qui auraient survécu les entendent. Il était avec Chopper et Usopp maintenant. Tout seul, tomber sur un ennemi ne l'aurait pas alarmé, mais il ne pouvait pas risquer qu'il arrive quelque chose à ses amis.
-On va devoir avancer au hasard, déclare Usopp.
-Vous pensez que l'un de nous a pu sortir, souffle Chopper.
-Je ne sais pas…
-Peut-être que les gens à l'extérieur savent que nous sommes là et viendront nous aider.
Le plus embêtant serait que les gardes postés à l'entrée du camp décident de venir. S'ils se rendent compte que des Révolutionnaires viennent ici, ils tueront probablement tout le monde. Bien sûr, ils se débarrasseront en premier d'eux, et il y a peu de chance qu'ils puissent se défendre après ce qu'il vient de se passer. Il espérait qu'ils n'étaient pas déjà devant la porte à les attendre. Après quelques vérifications, le petit renne assura à Sanji qu'il n'avait rien et que la douleur allait finir par s'estomper. Le blond le remercia et ils choisirent un chemin dans lequel s'engager.
-Restez près de moi. Je ne veux pas vous perdre en chemin.
-D'accord !
Sanji avançait devant, faisant attention à ce que Chopper et Usopp puissent toujours le voir en marchant lentement. Il se rappelait vaguement les endroits où il était déjà passé, essayant de prendre un autre itinéraire. Le pire serait qu'ils se dirigent dans la direction opposée à la porte de sortie. Au bout de plusieurs longues minutes de marche, il entendit Chopper gémir doucement derrière lui. Inquiet qu'il se soit fait mal, Sanji s'arrêta et se tourna vers lui.
-Chopper ? Qu'est-ce que tu as ?
Le petit renne avait plaqué ses deux sabots contre son petit nez bleu, grimaçant de dégoût. Usopp s'était accroupi à côté de lui, l'air tout aussi inquiet que Sanji. Il avait posé une main sur le dos du médecin, frottant des cercle apaisant contre sa fourrure. Sanji se rapprocha d'eux, apercevant les larmes qui s'étaient accumulées aux coins des yeux de Chopper. Ce dernier dégluti bruyamment avant de jeter un regard incertain autour de lui.
-C'est l'odeur…
-Quelle odeur ?
-Ça sent la mort et le sang…
Sanji repensa au corps sur lequel il avait trébuché. Ce n'était sûrement pas le seul qui avait perdu la vie dans cet éboulement. Il braqua autour de lui la lumière de sa lampe torche, apercevant un autre cadavre à proximité. C'est sûrement de lui que vient l'odeur nauséabonde qui dérange Chopper. En s'approchant, il vit le costume gris de tous les prisonniers. L'homme avait un morceau de bois pointu en travers du ventre. Il s'était empalé dessus. Sanji grimaça de dégoût et d'horreur, revenant vers ses deux amis.
-Ne restons pas ici. Tu peux avancer Chopper ?
-Je veux m'éloigner de cette odeur.
-Qu'est-ce que tu as vu, l'interroge le sniper en fouillant dans ses poches.
-Un corps. Mais vous ne devriez pas vous en approcher.
Usopp acquiesça avant de pousser une petite exclamation de victoire. Il sortir de la pocha arrière de son pantalon un morceau de tissu blanc. Il le déchira en deux avant de les enfoncer dans le museau de Chopper. Il ne pouvait pas l'empêcher de sentir les odeurs qui les entourent, mais il pouvait au moins atténuer la puanteur. Le petit renne le remercia et ils se remirent en route pour s'éloigner le plus possible. Ils croisèrent plusieurs cadavres sur leur route, ayant de plus en plus peur de finir par reconnaître un visage parmi eux. Chopper faisait de son mieux pour ne pas pleurer, tétanisé par la présence d'autant de corps sans vie autour de lui. Le sniper fini par le prendre sur son dos.
-Cet homme est un monstre, souffle Usopp. Sacrifier autant de vie inutilement…
-Je ne comprends pas sa motivation, avoue Sanji.
-Il en voulait à Ace, se rappelle Chopper.
-C'est étrange, parce que notre ami n'avait pas l'air de le connaître.
-On lui demandera quand on l'aura retrouvé.
Ils n'étaient pas sûr que l'homme de feu puisse vraiment leur apporter une explication, mais ce n'était pas leur préoccupation la plus importante pour le moment. Alors qu'ils escaladaient un amas de débris, ils entendirent des bruits de pas rapide, comme si quelqu'un courrait. Ils n'eurent pas le temps de s'interroger sur l'identité de cette personne. Usopp reçut un coup de pied qui le fit trébucher, faisant tomber Chopper de son dos du même coup. Ils dévalèrent le monticule de déchets et roulèrent un peu plus loin. Sanji se précipita vers eux, inquiet.
-Usopp ! Chopper !
Il entendit le bruit d'une arme que l'on recharge et se figea. Il y avait quelqu'un derrière lui qui tenait une arme, et il était à quatre-vingt-dix pourcents sûr que ce n'était pas un de leurs amis. Il fit volte-face, braquant la lumière de sa lampe sur un homme légèrement recroquevillé en avant et qui pointait le canon de son fusil sur eux. Il avait une plaie béante sur la jambe et il saignait de la tête. Il avait le regard vide, comme s'il ne ressentait plus aucune émotion.
-Je dois vous tuer, marmonna-t-il.
Sanji jeta un coup d'œil vers ses amis, nerveux. Il n'avait pas beaucoup de temps pour agir. Dans cet état, l'homme qui leur fait face est imprévisible. Alimenté par la rage et la douleur, il est incapable de prendre conscience de ce qu'il est en train de faire. Il ne devait faire aucun geste brusque. Alors, prenant soin de se mettre devant Usopp et Chopper, il recula pas à pas au fur et à mesure que l'autre avançait vers lui. Derrière lui, Usopp sortit discrètement son lance-pierre, prêt à tirer sur leur ennemi. Le blond devait juste s'assurer d'être le seul dans son champ de vision quand il tirera.
-Sanji, murmure Chopper inquiet.
-Vous tuer… Je dois tous vous tuer…
-Ne le manque pas Usopp, ordonne Sanji.
L'homme redressa son arme, visant vers le torse de Sanji. Au même moment, Usopp tirait son projectile vers lui, prêt à tirer. Mais ni l'un ni l'autre n'eut le temps d'aller jusqu'au bout. Ils entendirent le bruit d'une lame que l'on dégaine, et un gémissement guttural quitta la bouche de l'homme, qui lâche son fusil. Il s'effondra ensuite au sol, une entaille béante traversant son dos de l'épaule à la hanche. Sanji ne comprit ce qu'il s'était passé qu'après avoir entendu Chopper crier.
-Zoro !
-Je suis arrivé à temps, déclare le sabreur en rangeant son sabre.
Usopp poussa un soupire de soulagement tout en baissant son lance-pierre. Ils avaient échappé au pire. Il se remit debout, grimaçant légèrement. Il s'était fait mal à la cheville en tombant. Ce n'était pas grave mais il allait certainement boiter un peu. Chopper regardait Zoro avec des yeux larmoyants, hésitant à le rejoindre à cause du corps étendu entre eux. Le sabreur le remarqua et s'empressa de les rejoindre en quelques enjambés. Il détailla leur apparence d'un œil attentif, soulagé de constater qu'ils ne sont pas blessés. Il remarqua que Sanji le fixait aussi et un sourire narquois s'étira sur ses lèvres.
-Je croyais que c'était toi qui devais me sauver la vie.
Le blond fronça les sourcils à la moquerie, mais ne rebondit pas dessus. Zoro pouvait voir dans son regard que le cuisinier était content de le voir sain et sauf près d'eux. Sanji fini par de détourner, prenant Chopper dans ses bras. Il le positionna confortablement sur son dos, donnant au sabreur un regard ennuyé, lâchant dans un murmure avant de se détourner pour s'éloigner.
-Merci.
Ce n'était pas grand-chose, mais Zoro sentit son cœur battre plus fort.
Law
Quand il commença à reprendre connaissance, Law ne se souvenait pas de ce qui s'était passé. Son dernier souvenir, c'était d'avoir ordonné à tout le monde de sortir. Il supposa qu'il avait couru lui aussi pour partir, mais le reste n'est qu'un brouillard flou. Il avait très mal à la tête, comme si quelqu'un s'était amusé à frapper dessus avec un marteau. Il ignorait combien de temps il était resté inconscient. Ce qui lui a permis de se réveiller, c'est une voix qui hurlait son prénom. Un voix rauque qu'il ne parvenait pas à reconnaître. Qui que soit le propriétaire de cette voix, il avait l'air bouleversé.
Il lutta pour sortir du sommeil, le corps endolori et meurtris. Il peina à ouvrir les yeux, gémissant de douleur. A peine le son quitta la barrière de ses lèvres que la voix qui répétait en boucle son prénom s'arrêta. Law réussi à ouvrir les yeux, regardant autour de lui. Il faisait nuit. Il y avait un large trou dans le plafond juste au-dessus de lui, lui permettant d'apercevoir les étoiles brillantes dans le ciel. Malheureusement, ça ne l'aidait pas à savoir combien de temps il est resté inconscient. Étais-ce seulement une ou deux heures ? Étais-ce plus longtemps ? Sont-ils a un stade avancé de la nuit, ou vient-elle tout juste de tomber ? Il ne pouvait pas le savoir et ça ne la rassurait pas vraiment.
-Law, reprend la voix. Ça va ?!
Le chirurgien voulu répondre que oui, mais le son qui sortit était un mélange entre un gémissement et un grognement incompréhensible. Il essaya de bouger un à un ses membres, commençant par ses bras. Il parvient à prendre appuie sur un de ses coudes, redressant le haut de son corps, serrant les dents de douleur. Pliant les genoux, il constata que ses jambes allaient bien. Il parvient à se mettre dans une position assise, luttant contre le vertige soudain. Il porta une main à sa tête. Il avait du sang séché sur tout le côté du visage, issu d'une blessure sur sa tempe. Simplement l'effleurer le fit siffler de douleur.
-Quelque chose a dû m'assommer, pense-t-il.
Peut-être un morceau tombé du toit, ou alors l'un de ces objets éparpillés un peu partout sur le sol. Ça expliquerait pourquoi il ne se rappelle rien. Il devait sortir d'ici pour soigner cette entaille à la tête avant qu'elle ne s'infecte, si ce n'est pas déjà le cas. Mais avant, il devrait identifier le propriétaire de la voix qui l'a réveillé. Il regarda autour de lui, ne tardant pas à repérer une silhouette allongé à quelques mètres de lui. Le trou dans le plafond laissait apparaître un peu de lumière de la lune qui lui permit d'apercevoir un éclair de rouge flamboyant.
-Kid, appelle-t-il. C'est toi ?
-Ouais. Je suis content de t'entendre !
-Tu vas bien ?
-Plus ou moins…
Law se mit debout, les jambes tremblantes. Il n'était pas sûr de pouvoir garder son équilibre très longtemps. Il se sentait désorienté et faible. Courbé en avant, il tituba jusqu'à rejoindre le roux. Kid était allongé sur le ventre, perpendiculairement à Law. Il était appuyé contre un énorme morceau du plafond qui s'est écrasé au sol. Le chirurgien pouvait voir ton son côté droit. Il s'approcha petit à petit, notant que Kid évitait de le regarder en face. Il lui jetait un coup d'œil de temps en temps, en vu latéral, comme s'il ne pouvait pas tourner la tête. Law baissa les yeux, blêmissant en apercevant une flaque de sang sous la tête du roux. Il accéléra le pas, trébuchant et tombant à genoux à côté de Kid. Il ignora la brûlure dans ses articulations, prenant le visage du roux entre ses deux mains. Ce dernier n'avait pas assez de force pour résister.
Ce qu'il vit fait se figer Law d'horreur.
-Ça ne doit pas être très beau à voir, ricane Kid.
Son sourire est plus une grimace qu'autre chose. De longues balafres sont apparues sur sa peau, encore dégoulinantes de sang. L'une passe sur son œil gauche, s'arrêtant au milieu de sa joue. L'autre recouvre tout le côté de son visage, descend dans son cou, passe sur la clavicule jusque sur son torse, s'arrêtant sous les pectoraux. Heureusement, son œil droit n'a pas été endommagé, mais les blessures laisseront de vilaines cicatrices.
-Tu as besoin de soin, bredouille Law. Sortons d'ici.
-Je veux bien, mais on va avoir un problème.
-Tu es blessé ailleurs ?
Kid se dégagea de l'emprise des mains des Law sur lui, pour tourna la tête. Le chirurgien suivit son regard, et se reprocha immédiatement son inattention. Kid n'était pas appuyé contre le morceau du toit qui était tombé, contrairement à ce qu'il pensait au départ. En fait, son bras gauche était coincé en-dessous, presque jusqu'à l'épaule. Law s'approcha doucement, regardant l'épaisseur du plâtre. C'était très épais et lourd. Il n'avait aucune chance de le dégager seul.
-Est-ce que tu as mal ?
-Non. Je ne le sens plus.
Les nerfs étaient touchés. Aucune chance que le bras de Kid lui réponde. Law avait pensé à soulever le projectile lourd suffisamment longtemps pour que le roux puisse libérer son bras. Mais comment se dégager si son membre ne répond pas. Law devait absolument retirer cette chose intégralement. Il n'aura pas le force de le porter, et Kid ne peut pas l'aider. Il n'y a pas de métal, ce n'est que tu plâtre. Son pouvoir de magnétisme ne marchera pas. Le brun aura plus de chance avec son propre fruit du démon. S'il parvient à la téléporter ailleurs, Kid sera libéré.
-Room !
Il tendit sa main, et un halo bleuâtre se forme entre ses doigts, juste sous sa paume. Mais avant qu'elle n'ait pu s'étendre pour former un dôme translucide, la lumière grésilla et s'éteignit brutalement. Law serra les dents, recommençant une nouvelle fois, sans succès. Chaque room qu'il tentait de créer finissait par disparaitre. Il eu beau forcer sur ses pouvoirs, ils ne marchaient pas. Kid tendit son bras valide pour lui prendre les mains, le forçant à s'arrêter. Il ne voulait pas voir le brun s'épuiser inutilement, et cette culpabilité dans ses yeux gris lui faisait mal au cœur. Law ne devait pas se sentir responsable de ce qu'il lui arrive.
-Ne force pas, ordonne le roux.
-Mais… Je sais que je peux y arriver ! Je dois juste…
-Tu n'es pas en état. On va trouver une autre solution.
Le médecin avait l'air paniqué, les yeux écarquillés, brillants de larmes de peur contenues. Kid, lui, se sentait parfaitement calme. Trop pour la situation dans laquelle il se trouve. Peut-être que la douleur l'a en quelque sorte endormi. Il se sent épuisé physiquement et mentalement. Il était au moins content que Law soit là, à ses côtés. Une fois sûr que le chirurgien n'essaiera plus de forcer son pouvoir à fonctionner, il lui lâcha les mains. Law regarda autour de lui.
-Je peux peut-être trouver les autres. Zoro, Luffy ou Ace. Ils pourront le détruire.
Kid acquiesça, pliant son bras pour reposer sa tête dessus. Il devait économiser son énergie et ne surtout pas s'endormir. Law se releva, s'éloignant rapidement dans l'espoir de retrouver les autres. Il n'avait pas beaucoup de temps, et il ne devait pas s'éloigner trop. S'il laisse Kid sans surveillance pour une trop longue période, le roux pourrait s'endormir et ne plus se réveiller. S'éloigner trop, c'est prendre le risque de ne pas retrouver le chemin pour revenir. Ce petit périmètre de recherche limite ses chances de trouver quelqu'un qui pourra l'aider.
Criant le nom de ses amis, Law tendit l'oreille. Mais il n'obtient aucune réponse. Il croisa un ou deux corps sans vie sur son chemin : ce qu'il reste des hommes de ce traître qui leur a tendu un piège. Après plusieurs longues minutes de recherches, le chirurgien dû se résigner à revenir sur ses pas. Son cœur se serra lorsqu'il rejoignit Kid, le retrouvant dans la position exacte où il l'a laissé. Il avait fermé les yeux, les traits tordus dans une grimace de souffrance. En l'entendant arriver, Kid rouvrit les yeux, faisant de son mieux pour sourire en voyant l'air coupable du brun qui était revenu seul.
-Tu ne les a pas trouvés…
-Je ne sais pas où ils sont, ni même s'ils vont bien.
-Je suis sûr qu'ils s'en sont sortis.
Law revient se mettre à genoux à côté de son bras, les sourcils froncés de concentration. Il lui fallait une autre idée. Kid s'efforçait de rester conscient. Ses yeux le brûlaient tant il était fatigué. Son corps était engourdi, sa gorge sèche et ses balafres le démangeaient désagréablement. Il avait mal d'être dans cette position depuis des heures. Malgré la douleur, il n'avait pas perdu connaissance une seule fois. Il avait vu Law tomber, touché en pleine tête par quelque chose qu'il n'a pas pu identifier. Ça l'a distrait. Ce moment d'inattention fut suffisant pour qu'il soit dans cet état.
Le plafond s'est effondré au-dessus de lui, projetant une ombre de plus en plus grande sur le sol. Quand il l'a remarqué, il était trop tard. Un morceau a percuté son visage, l'éraflant. Il a fermé les yeux par réflexe, laissant son bras se faire emporter par le gros bout de plâtre. Il fut plaqué à terre violemment, le bras coincé et le visage ensanglanté. L'adrénaline l'a empêché de comprendre tout de suite ce qui lui était arrivé. Mais une fois que le bâtiment a cessé de trembler et que sa respiration s'est stabilisée, il a senti la douleur. Il était près de s'abandonner à la souffrance quand il a aperçu la forme inconsciente de Law à quelques mètres de lui.
Il a refusé de lâcher prise pour veiller sur lui. Law lui a permis de rester conscient et de ne pas mourir. Chaque fois qu'il se sentait partir, il criait son prénom. Il voulait le voir se réveiller. De là où il était, il ne pouvait pas s'assurer que le brun était en vie. Finalement, au bout d'un long moment qui lui parut être une éternité, il a entendu Law gémir et il l'a vu bouger. Sa voix l'avait atteint et Kid s'était senti soulagé. Il ne voulait pas voir le brun mourir sous ses yeux. Heureusement, il a fini par répondre à ses appels. Il est le seul qui acceptera de faire ça pour lui.
-Law…
-Oui ?
-Je sais quoi faire.
Il plongea ses yeux dorés déterminés dans les pupilles grises du chirurgien, déclarant sérieusement.
-Mon bras… Coupe-le.
Law écarquilla les yeux de stupeur, comme s'il ne pouvait pas croire ce que le roux venait de lui demander. Kid n'attendit pas sa réponse, détournant les yeux pour chercher quelque chose par terre qui pourrait les aider. Il aperçu un morceau de verre long comme son avant-bras, pointu au bout. Il tendit la main, parvenant à s'en saisir pour le tendre au chirurgien. Law alterna entre l'arme tranchante et lui, approchant ses doigts tremblant avant de finalement se rétracter.
-Je ne peux pas.
-J'ai confiance en toi. Je sais que tu peux le faire.
-Laisse-moi plus de temps et…
-On doit partir d'ici avant que d'éventuels survivants nous retrouvent pour nous tuer !
Law secoua la tête, ne voulant pas accepter que leur seule solution soit d'en arriver-là. Il ne sait pas pourquoi ses pouvoirs se sont bloqués. Peut-être à cause de la panique qui l'empêche de se concentrer. Les émotions impactent directement les capacités des fruits du démon. Il lui suffit de se calmer et il pourra faire apparaitre sa room comme d'habitude. Mais Kid ne voulait pas attendre jusque-là. Il leva son bras aussi haut que sa position le lui permettait, le regard rivé sur son épaule gauche. Quand le brun comprit ce qu'il avait l'intention de faire, il était trop tard.
-Kid ! Non !
Le tranchant du verre rencontra la chair, sectionnant une partie de la peau. La douleur explosa, remontant le long du membre comme des flammes déchirantes. Les pupilles de Kid rétrécirent alors qu'il ouvrait la bouche pour laisser échapper un hurlement de souffrance. Raffermissant sa prise tremblante sur le morceau de verre, il le retira de son bras pour mieux recommencer. Law ne se rendait même pas compte qu'il lui criait d'arrêter encore et encore, jusqu'à en avoir la gorge brûlante. Kid l'ignorait, mordant sa lèvre inférieure jusqu'à faire couler le sang pour contenir ses hurlements. Il ne cessa que lorsque le chirurgien se jeta sur lui, agrippant son bras dans une prise désespérée, les larmes dévalant ses joues.
-Arrête, gémit-il. Je t'en supplie…
La respiration haletante, Kid lâcha le morceau de verre qui tomba au sol avec un tintement. Il regarda son bras ensanglanté, se sentant prit de vertige. Il avait perdu pas mal de sang. Ce n'était pas l'idée la plus brillante qu'il ait eu, mais selon lui c'était nécessaire. Il regrettait juste d'avoir fait pleurer Law. Le brun était recroquevillé contre lui, tenant son bras valide de toute ses forces, la tête baissée et le corps tremblant. Kid aurait voulu lui laisser le temps, mais ils n'en avaient pas. Il ouvrit la bouche pour parler, mais la main de Law vient se poser sur ses lèvres doucement.
-Ne dit rien, souffle le brun.
Sans lui laisser apercevoir son visage, Law s'éloigna de lui. Fouillant rapidement dans des caisses qui traînaient, il trouva un grand morceau de tissu blanc et un petit poignard. Il revient vers Kid et retira sa ceinture pour faire un garrot. Kid n'eut qu'un avertissement chuchoté à voix basse avant qu'une deuxième vague de douleur le saisisse. Il sera le poing, grognant et s'efforçant de rester immobile. Avec le tissu qu'il a trouvé, il a improvisé un bandage, laissant la ceinture pour éviter une hémorragie.
-J'ai fini, déclare le brun.
-Law…
-On va pouvoir y aller.
-Law.
-Je vais t'aider à te lever et…
-Law ! Bon sang, tais-toi !
Avant que le brun n'ait pu comprendre ce qu'il se passait, il se retrouva plaqué contre le torse de Kid, un bras enroulé autour de sa taille dans une prise ferme et le visage niché dans son cou. Le roux enfonça son nez dans les cheveux de Law, le gardant contre lui pour l'empêcher de fuir. Il sentit bientôt les mains du brun se posant sur son torse, et ses larmes sur sa peau. Law se blotti plus près de lui, faisant de son mieux pour cacher qu'il pleurait à nouveau.
-Je suis désolé, murmure Kid. Je suis vraiment désolé.
-Idiot… Tu m'as fait une promesse. Tu m'as dit que tu reviendrais si je t'attendais.
Kid sourit, se permettant enfin de lâcher prise. Il sait qu'il y a quelqu'un pour veiller sur lui maintenant. Law murmura quelqu'un mots à son oreille avant que le roux ne perdre connaissance dans ses bras.
-Tu n'as pas le droit de mourir. Moi je continuerai à t'attendre.
Robin
Tout s'était passé tellement vite, Robin n'avait pas vraiment eu le temps de réaliser. Law leur avait ordonné de s'enfuir, et ils avaient commencé à courir. Franky l'avait attrapé par la taille, et ils étaient parvenus à attendre la porte rapidement. Ils étaient les plus proches, et le corps du cyborg avait su résister aux projectiles et aux balles tirés par les traitres dans le but de les ralentir. Ils étaient parvenus à sortir juste avant que l'entrée ne soit bloquée. Malheureusement, les autres n'ont pas eu cette chance. Ils étaient les deux seuls à avoir pu s'échapper.
-On va les faire sortir d'ici, avait déclaré Franky.
-Comment ?
-Je vais dégager le passage, et nous irons à leur recherche.
La nuit était tombée depuis un moment, mais le cyborg n'avait pas abandonné. S'acharnant de toutes ses forces sur la porte, il essayait de briser les portes blindées qui se sont refermées. Il devait y avoir quelque chose de l'autre côté qui empêchait la réouverture des portes. Pendant ce temps, Robin avait fait le tour du bâtiment dans l'espoir de trouver une autre entrée. Elle avait pensée passer par le toit, mais ils n'étaient pas sûr de pouvoir ressortir ensuite. A son retour, les autres prisonniers s'étaient rassemblés, intrigués.
-Que s'est-il passé, demande l'un d'eux.
-Nous étions en train de rédiger nos lettres quand nous avons entendus une explosion.
-L'informateur nous a trahi, explique Robin. Nos amis sont à l'intérieur.
Il y eu des exclamations de surprise, tous se regardant entre eux avec stupeur. Ils n'auraient jamais cru que l'un des leurs trahirait ainsi l'armée Révolutionnaires qui a été si gentille avec eux. Sans cette petite alliance qu'il y a entre eux, ils n'auraient aucune nouvelles de leurs familles, aucune aide pour subsister ici. Certains s'empressèrent de s'excuser pour ne pas avoir deviner les intentions du traitre, mais Robin leur assura qu'ils n'avaient rien à se reprocher. Ils n'étaient pas responsables des mauvaises décisions de leur camarade. Malgré tout, peut-être qu'ils auront des réponses.
-Savez-vous pourquoi il a subitement changé de camp ?
-Depuis quelques jours, il semble en colère.
-Depuis l'arrivée des nouvelles affiches ! Celles de votre groupe !
Les affiches des nouveaux Révolutionnaires avaient rapidement fait le tour du pays. Ils avaient reçu celles de Luffy et des autres comme tout le monde à Grand Line. Peu de temps après, Crocodile mourrait et un nouveau Shichibukai devait être choisi. L'informateur était constamment de mauvaise humeur, jusqu'au jour où il aurait apparemment trouvé une super information sur le nouveau Shichibukai qui allait être nommé. Il a demandé à rencontrer des Révolutionnaires, insistant pour rencontrer et se familiarisé avec les nouveaux. Les autres étaient heureux de le voir à nouveau en pleine forme et ne s'étaient pas posés de questions.
-Il nous ciblait, murmure Robin.
-Je me souviens de quelque chose, intervient soudain un homme.
-Quoi ?
-Il parlait de Roger ! Après avoir reçu les affiches ! Je l'ai entendu marmonner son prénom !
Dans ce camp, les prisonniers avaient décidé que tout le monde devait s'entendre avec tout le monde, afin de maintenir un rythme de vie sain et prospère. Sinon, ils sentaient qu'ils allaient devenir fou. Les opinions concernant l'ancien roi Gol D Roger étaient assez partagées, alors pas convention on n'en parlait jamais. Pour éviter toute dispute, son nom n'était jamais mentionné. Pourtant, ils avaient entendu cet homme en parlait tout seul dans son coin.
-Il me semblait qu'il ne l'aimait pas.
-Je n'en sais pas plus. Désolé…
-C'est déjà un bon début, sourit Robin.
Elle n'avait pas toutes les informations pour comprendre ce qu'il s'était passé. Cet homme n'aimait pas Roger mais pourtant il semblait penser à lui ces derniers jours. Ensuite, il leur a tendu un piège pour les trahir, affirmant que c'était à cause de la présence d'Ace parmi eux. Existe-t-il un lien entre Roger et leur ami aux pouvoirs de feu ? Il fallait qu'elle lui demande une fois qu'elle et Franky les auront sortis de là. Le cyborg était en train de frapper de toutes ses forces sur la porte dans l'espoir de l'enfoncer.
-Il n'existe aucune autre entrée, interroge-t-elle.
-Non, malheureusement.
-Peut-être pourrions-nous…
Ils entendirent un gémissement de surprise. Robin se précipita vers Franky, inquiète. Le cyborg était parvenu à endommager la porte, laissant apparaitre des monticules d'objets encombrant qui avaient bloqués l'entrée. L'un d'eux l'a éraflé à la joue. Ce n'était que superficielle, mais ça l'avait surpris. Il assura à la jeune archéologue qu'il allait bien, puis reprit son travail sans rien ajouter. Il n'avait pas le temps de s'arrêter pour quelque chose d'aussi minime. Les autres prisonniers s'approchèrent, le regardant avec inquiétude. Cela faisait des heures que Franky essayait de libérer le passage, et la fatigue commençait à se faire sentir. Il risquait d'autres blessures s'il ne s'arrêtait pas. Prenant son courage à deux mains, l'un d'eux s'avança.
-Vous devriez vous arrêtez. Vous allez finir par vous blesser !
-Ne vous en faites pas pour moi. Ça ira.
-Mais…
-Mes amis sont à l'intérieur, je dois les sauver.
Ils insistèrent, mais le cyborg ne voulait pas lâcher. Robin leur demanda d'arrêter, leur expliquant qu'ils tenaient beaucoup les uns aux autres et que c'était plus fort qu'eux. Ils ne pouvaient pas les laisser derrière. Pas après tout ce temps passé ensemble. Elle croisa ensuite les bras sur sa poitrine, faisant apparaître des dizaines de mains pour aider Franky. Ce dernier la remercia d'un signe de tête avant de se remettre au travail. Mais soudainement, d'autres mains vinrent se rajouter, et elles n'appartenaient pas à la belle brune.
-Dans ce cas, nous vous aiderons nous aussi !
-Tous ensemble on peut y arriver !
-Relayons-nous quand nous sommes fatigués !
Franky retient difficilement ses larmes, les remerciant tout bas pour leur aide. A plusieurs, il ne leur fallu qu'une heure pour déblayer totalement le passage. Toutes les dix minutes, ils échangeaient pour se reposer. Quand ils réussirent à faire tomber le plus gros, ils poussèrent des exclamations de joie. L'espoir retrouvé, ils redoublèrent d'efforts et parvinrent retirer le reste. Bientôt, l'entrée était parfaitement dégagée, permettant un passage facile.
-Merci beaucoup à vous tous, sourit Robin.
-Ce n'est pas grand-chose.
-Commençons les recherche !
Armés de lampes torches, ils se faufilèrent à l'intérieur. Mais ils n'eurent pas besoin d'aller très loin avant de voir un groupe de personne venir vers eux. C'est avec un soulagement et inquiétude que Franky et Robin virent leurs amis apparaitre. Zoro et Chopper, qui s'était métamorphosé, aidaient Kid à marcher, le roux étant toujours inconscient. Sanji suivait avec Law et Usopp, le sniper boitant toujours légèrement. Franky et Robin se précipitèrent, leur demandant s'ils allaient bien.
-Kid est dans un sale état, avoue faiblement Law. Nous ça va…
-On va s'occuper de lui !
Plusieurs hommes s'approchèrent, déchargeant Zoro et Chopper du poids de Kid. Ils l'emmenèrent ensuite vers le bâtiment qui leur sert d'infirmerie afin de s'occuper de lui. Franky, après avoir vérifié l'état de tout le monde, se précipita vers l'entrée. Les recherches n'étaient pas terminées.
-Retournons sauver les autres, ordonne Franky.
Mais avant qu'il ne puisse rentrer dans le bâtiment, une vive lumière apparue, suivie de crépitements. Bientôt, des flammes jaillirent juste devant eux. Un incendie s'était subitement déclenché à l'intérieur, détruisant tout sur son passage. Usopp se précipita, retenu de justesse par les autres prisonniers qui le supplièrent de se calmer. Mais le sniper ne cessait de se débattre en hurlant, les larmes aux yeux.
-Je dois y aller ! Luffy et les autres… Ils sont toujours à l'intérieur !
Ace
Ils n'avaient aucune chance de pouvoir sortir à temps, c'est ce qu'Ace a pensé immédiatement. Ils étaient les plus éloignés de la porte lorsque le bâtiment a commencé à s'effondrer. Il a fait la première chose à laquelle il pouvait penser lorsque le plafond est tombé sur leur tête. Il a attrapé Luffy, le maintenant près de lui alors qu'il utilisait ses flammes pour les protéger tous les deux. Lorsque la structure a cessé de trembler, ils étaient tous les deux sains et saufs.
-Ce n'est pas passé loin, déclare Luffy, une main sur son chapeau.
-J'espère que les autres s'en sont sortis aussi bien que nous.
-Allons les chercher !
Ils n'avaient aucune idée de quel côté était la sortie, alors ils ont décidé ensemble d'une direction à prendre. Ils appelaient les autres, trouvant parfois le corps d'un des hommes du traitre. Luffy hurlait en continu les noms de tous leurs amis, mais personne ne leur répondit. Ils ne devaient pas entendre, ou alors ils étaient inconscients. Luffy, toujours optimiste, se disait qu'ils étaient tout simplement déjà sortit.
-Ils doivent nous attendre, déclare-t-il.
-C'est peu probable.
-Mais si ! Ils nous crieront dessus parce qu'on les a inquiétés !
Il dit cela en riant, puis reprit ses recherches. Ace enviait l'insouciance de son petit frère. Il pouvait courir partout, grimper sur les monticules de débris, la main en visière en cherchant leurs amis. Il semblait vivre ça comme une exploration, alors qu'ils ont failli mourir dans l'explosion d'un bâtiment. Le jour où Luffy perdra son sourire sera un jour bien triste pour le monde. Malgré tout, Ace mentirait s'il disait qu'il n'était pas un peu rassuré par la bonne humeur de Luffy. Son adorable petit frère a toujours réussi à le faire se sentir plus léger. Il donnait l'impression que rien de mal ne pouvait arriver lorsqu'il est là.
Après la mort de Sabo, Ace avait vraiment eu besoin de ce genre d'assurance.
-Tu vois quelque chose depuis ton perchoir Luffy ?
-Non… Peut-être qu'ils se cachent !
-J'en doute…
Le moment n'était pas vraiment propice à un jeu de cache-cache. Enfin, après réflexion, si l'ennemi était toujours dans le coin, certains de leurs amis auraient pu opter pour la discrétion, et se cacher parmi les décombres pour ne pas être repérés. Le terrain n'était pas idéal pour un affrontement, il fallait le reconnaître. Luffy grimpa sur ce qu'il restait d'une bibliothèques, faisant tomber de vieux livres poussiéreux, dont certains avant une couverture noircie et pleine de trou. Une fois en haut, dans une position à peu près stable, il scruta la zone avec un regard attentif, les yeux plissés.
-Alors ?
-Je crois que j'ai vu Nami !
-Sérieux ?! Super !
-Oh ! Marco est avec elle !
Luffy, tout content et pressé de retrouver ses compagnons, enroulant l'un de ses bras autour de la taille de son frère, qui ne comprenait pas ses intentions. Il tendit l'autre bras, attrapant quelque chose d'assez solide pour supporter leurs poids. Puis il lâcha tout et se propulsa en avant, entraînant le pauvre Ace avec lui. Ils s'écrasèrent sur le sol, juste à côté de Nami qui eu la frayeur de sa vie. Elle sauta derrière Marco, lequel regardait Ace avec un sourire de pitié. Luffy se remit debout, riant, alors que son frère se plaignait, toujours allongé au sol.
-Est-ce que ça va, ricane Marco.
-Ouais. Impeccable.
-Nami, s'exclame Luffy. Tu vas bien ?!
-Oui, sourit la rousse. Grâce à Marco. Il m'a sauvé.
-Ce n'était pas grand-chose.
-Les amis !
Tous les quatre tournèrent la tête, apercevant Brook qui venait en courant dans leur direction, les larmes jaillissant de ses orbites comme des cascades. Il leur expliqua qu'il avait vu Luffy débouler du ciel, ce qui lui a permit de les retrouver. Le garçon au chapeau de paille lui demanda s'il n'était pas blessé, mais le squelette le rassura. Il s'était retrouvé protégé par deux morceaux de plafond tombés l'un sur l'autre, lui servant d'abri de fortune. Il était si maigre qu'il n'a pas été écrasé.
-C'est trop cool, déclare Luffy, les yeux brillants.
-N'est-ce pas !
-Essayons de chercher la sortie, propose Marco.
-Je crains de ne pas pouvoir vous laisser faire ça.
Tous les cinq firent volte-face, apercevant leur informateur qui se tenait à quelques mètres d'eux, une arme dans la main. Il la pointait sur Nami, déclarant qu'il n'hésiterait pas à tirer si l'un d'entre eux voulait tenter quoi que ce soit. Luffy le fixa d'un œil mauvais, mais ne bougea pas. Marco leva les mains, lui promettant qu'aucun d'entre eux ne bougera. Satisfait, l'informateur se rapprocha un peu, les détaillant des yeux un à un. Son regard s'arrêta sur Ace et devient plein de mépris et de rage.
-Je ne voulais pas en arriver là. Mais tu ne m'as pas laissé le choix.
-Nous ne nous sommes jamais rencontrés, contredit l'homme de feu. Je n'ai rien fait contre toi.
-Ta simple existence est un affront !
Ace fronça les sourcils, mais fit un effort pour ne pas répondre. Il avait entendu cette phrase beaucoup trop souvent par le passé. Marco lui jeta un coup d'œil inquiet. Luffy fit un pas en avant, prêt à faire regretter ses paroles à cet ignorant. Mais l'homme tira une balle dans le sol, juste à côté de Nami, le visage déformé par le rage.
-Ne bouge pas, hurle-t-il.
Luffy jeta un regard nerveux à Nami, puis resta immobile. La rousse fit de son mieux pour ne pas laisser paraître sa peur. Elle ne comprenait pas ce qui se passait, tout comme Brook. Que raconte cet homme ? Quel mal lui a fait Ace ? Pourquoi Luffy et Marco ont l'air au courant ? Que se passe-t-il ? Pointant à nouveau le canon de son pistolet sur Nami, l'homme se lança enfin dans les explications.
-La guerre civile a été dur pour tout le monde. J'ai perdu toute ma famille dans la bataille.
Son père faisait partie de l'armée du roi Roger. Il s'est vaillamment battu pour protéger son souverain, perdant la vie sur le champ de bataille. Sa mère a fait de son mieux pour les protéger, lui ainsi que son frère et sa sœur. Elle a supplié le roi de faire quelque chose, de les aider. Il ne pouvait pas laisser le peuple souffrir comme ça. Roger lui avait promit de tout faire pour les sauver. Elle y avait cru. Elle ne cessait de leur répéter que le roi allait les aider. Qu'il allait mettre fin à la guerre. Que leur souffrance serait bientôt terminée.
Puis Gol D Roger a été exécuté.
-Il n'a pas tenu sa promesse ! Il nous a abandonné en se rendant !
Sa famille et lui ont dû s'enfuir. Il n'avait que dix ans quand s'est arrivé. Sa mère a tout fait pour les protéger, essayant de quitter le territoire pour les emmener dans un endroit où ils seront en sécurité. Comme ils étaient la famille d'un soldat de Roger, les Shichibukai ne pouvaient pas leur faire confiance. Leur mère est morte pour leur permettre de s'échapper. Son frère a perdu la vie en essayant de voler de la nourriture pour eux, car il s'est fait attraper par des soldats. Sa petite sœur est tombée malade, et il n'a pas pu obtenir de quoi la soigner. Il s'est alors retrouvé tout seul.
-On m'a emmené ici. J'étais si jeune, mais ils m'ont jeté dans ce trou paumé, avec à peine de quoi vivre !
Il avait tout perdu en peu de temps. Il s'est retrouvé plongé dans le désespoir. Les seuls perspectives qu'il avait pour son avenir étaient sombres. Il a grandi en sachant que ses parents et son frère se sont sacrifiés pour qu'il soit libre, et qu'il ne l'est même pas. Ils sont morts pour rien. Il n'a qu'une vie de misère, alors qu'ils voulaient de bonnes choses pour lui. Il ne pouvait pas rendre honneur à leur mémoire. Il était si impuissant face à tout cela. Roger mort, il n'avait plus personne vers qui tourner sa rage. Puis, il a entendu parler d'une histoire.
-Vous devez la connaitre, ricane-t-il. L'histoire de l'héritier !
-Arrête, grogne Ace.
-La reine était enceinte. Tout le royaume attendait la naissance de ce bébé !
La guerre civile durait depuis plus de quatre ans, lorsque l'information a fuité, se répandant comme une traînée de poudre dans tout Grand Line. La reine, dont le peuple ne connaissait ni le nom ni le visage, était enceinte. La perspective qu'un héritier du trône apparaisse était un nouvel espoir pour le peuple. Après la mort de Roger, cet enfant n'était plus aussi attendu. Pour beaucoup, il était désormais une nuisance. Les Shichibukai ont lancé les recherches, mais après un an ils en conclurent que l'enfant était mort, ou n'avait tout simplement jamais existé.
-Comme les autres j'y ai cru. J'ai cru que cet enfant n'était qu'une rumeur. Mais il existe ! Et c'est toi, Portgas D Ace, qui est l'héritier du trône ! Le fils de Gol D Roger !
Nami et Brook laissèrent échapper un cri de surprise. Nami était né après les évènements, mais Brook avait entendu parler lui aussi de cette histoire. Mais lui et Yorki étaient persuadés que ce n'étaient que des chimères. Impossible que l'enfant du défunt roi de Grand Line soit encore en vie. Pourtant, ils venaient d'apprendre que c'était le cas, et qu'en plus ils le connaissaient. Ace serra les poings, le regard mauvais. Son secret était découvert. Marco le surveillait du coin de l'œil, nerveux à l'idée que le brun perde son sang-froid. L'homme pointa son arme sur Luffy, riant méchamment.
-Aujourd'hui, j'ai ma vengeance !
-Luffy, s'inquiète Nami.
-Arrêtez ça, supplie Brook.
-Je vais t'enlever tous ceux que tu aimes, tout comme Roger m'a enlevé ma famille ! Tu vas comprendre ma souffrance !
-Ace et moi ne sommes pas responsable, proteste Luffy.
-La ferme ! Vous auriez dû crever il y a longtemps ! Vous ne méritez pas de vivre !
Il fixait Luffy en disant ses mots, et il ne tarda pas à le regretter. Quand il voulu porter son attention sur Ace, l'homme de feu avait disparu. Il écarquilla les yeux alors qu'une main vient le saisir à la gorge le soulevant de terre. Il lâcha son pistolet, qui tomba au sol avec un tintement. Il essaya de se dégager, mais il n'y parvient pas. Il serra les dents, jetant un regard mauvais à celui qui le tenait fermement, et qui n'était nul autre qu'Ace lui-même.
-Je t'interdis de menacer mon frère, crache le brun.
-Je prendrai plaisir à le faire souffrir sous tes yeux…
Des flammes apparurent sur les épaules d'Ace. Luffy eu soudain une sensation de déjà-vu. C'est le signe que son frère perd le contrôle de son pouvoir. Il attrapa Nami et Brook, se jetant derrière un mur au moment même où les flammes d'Ace éclatèrent. Il jeta l'homme au sol, faisant courir le feu sur sa peau. En peu de temps le bâtiment fut entièrement rempli de flammes. Nami poussa un hurlement effrayé alors que le feu les entourait rapidement.
-Ace a perdu la raison, s'exclame Brook.
-Il recommence, souffle Luffy.
Ils entendirent alors un hurlement d'agonie. Ils jetèrent un coup d'œil, pâlissant à la vu qui s'offrait à eux. Ace, debout au milieu d'un cercle enflammé, avait la main tendue vers une silhouette qui se tortille au sol. Dévoré par les flammes, leur informateur subissait la haine d'Ace. Il ne pouvait distinguer que vaguement les contours de sa silhouette noire qui bientôt s'immobilisa, inerte. Ace rétracta son bras, mais sa fureur ne disparut pas pour autant, même si son ennemi était mort. Il semblait vouloir réduire en cendre le bâtiment tout entier. Les flammes redoublèrent d'intensité alors qu'un cri de colère s'échappe d'entre ses lèvres. Marco sortit de sa cachette, laissant ses propres flammes bleues le protéger de celles du brun.
-Ace ! Arrête ça !
-Je ne laisserai rien arriver à Luffy ! Je le protègerai !
-Ace, je t'en prie écoute-moi !
Mais le blond eu beau l'appeler encore et encore, Ace ne semblait pas l'entendre. Luffy posa sa main sur l'épaule de Marco, lui faisant signe de reculer. Puis il s'approcha à pas lent de son frère. Il l'atteignit bientôt, le prenant dans ses bras par derrière, ignorant le feu qui brûlait sa peau. Ce geste sembla réveiller Ace car les flammes s'éteignirent brusquement sur son corps. Il avait les yeux vide, bredouillant le nom de Luffy, alors que ce dernier refusait de le lâcher.
-Je vais bien Ace. Tu m'as protégé. Arrête maintenant.
Ace acquiesça faiblement. Une lumière bleuâtre traversa les flammes et, la seconde suivante, Law apparut à côté d'eux. Il avait la respiration laborieuse, et il semblait sur le point de s'effondrer. Mais il s'assura qu'ils étaient tous là, avant de tous les téléporter. Ils se retrouvèrent à l'extérieur du bâtiment, entourés des autres qui se précipitèrent avec inquiétude. Ace avait perdu connaissance dans les bras de Luffy. Marco le regardait, se sentant impuissant. Il avait été incapable de l'arrêter. Il n'avait pas pu l'aider comme il le lui avait promis. Nami et Brook restaient silencieux, essayant de se remettre de ce qu'ils venaient de voir.
-Les gardiens du camp arrivent, hurle quelqu'un.
-Ils ont dû voir la fumée de l'incendie !
-Cachez-les dans l'infirmerie !
Ils furent tous emmenés dans le grand bâtiment qui servait de réfectoire et d'infirmerie. Là-bas, ils retrouvèrent Kid qui était allongé sur un brancard, le torse et la moitié du visage couvert de bandages. Tous remarquèrent son bras manquant, mais personne ne posa de question. Ace fut placée sur un autre lit à côté, tandis que Chopper entreprit de soigner les brûlures de Luffy. Law s'assit à côté de Kid, le plus près possible de lui, comme pour le veiller. Ils avaient tous la tête baissée, le cœur lourd. La défaite était amère. Zoro fini par exprimer tout haut ce que tous pensaient tout bas.
-Cette mission est un échec.
A suivre
Je sais... Entre ce chapitre et le précédent, il n'est plus à prouver que je suis une horrible personne... Mais je vais me rattraper un petit peu dans le chapitre 20 ! Ce chapitre aura une grande importance pour la suite de l'histoire. Il était assez long à écrire, et j'ai eu peur pendant un moment de ne pas pouvoir le sortir pour aujourd'hui, mais je me suis couchée tard hier pour terminer la dernière scène ! Je suis assez fière de moi !
J'espère ne pas être allée trop vite sur la fin de certaines scènes.
Pour tous ceux qui attendent une avancée dans la relation de Kid et Law, le chapitre 20 devrait vous plaire ! Nos deux tourtereaux n'en sont pas à leur dernière scène de romance...
A bientôt pour le prochain chapitre !
Bonne rentrée à ceux qui doivent retourner à l'école et bon courage à tout le monde !
