Bien le bonjour, cela faisait longtemps que je n'étais pas revenu sur le fandom KH ! (depuis le mois de juillet, ça va). Ejes m'a donné en thème la chanson Echo de Crusher P. et j'ai beaucoup galéré car rien ne m'inspirait au départ, mais j'ai fini par jouer la carte de la facilité et écrire un OS sur Marluxia. Oui, comme ça. Parce que ça me faisait plaisir ! J'espère que vous passerez une agréable moment à lire et de toute façon, on se retrouve au pire en décembre pour l'habituelle calendrier de l'avent, pour la cinquième année consécutive ! Bien le beau weekend à vous !


The clock stopped ticking forever ago

Il n'avait pas changé d'un millimètre depuis près de cent ans. Pour lui, le temps n'avançait plus, dans un sens ou dans l'autre. Depuis qu'il avait perdu son cœur, Marluxia se sentait prisonnier de son corps, une sensation bien étrange qu'il n'avait jamais connue auparavant. Pourtant, il aurait dû être heureux, de savoir qu'il resterait ainsi pour toujours, une magnifique fleur parmi les mondes. Hélas, l'homme n'était pas dupe pour croire à un tel mensonge.

Les fleurs finissent toujours par faner.

Dans son esprit, il revoyait l'image de sa sœur. Strelitzia se trouvait dans un champ de dandelions, agités par un vent balayant la zone avec force. Des graines et des pétales volaient dans les airs, tandis que la jeune femme souriait avec une douceur infinie. Voilà, Marluxia aurait aimé que le temps se fige à cet instant. Hélas, le destin prévoyait un autre chemin pour lui.

There wasn't anything to hold on to

Sa vie était devenue un désastre lorsque son monde avait volé en éclat et qu'il avait dû fuir. Les souvenirs s'estompaient peu à peu de sa mémoire, mais il s'y accrochait avec l'énergie du désespoir. Sa mémoire lui jouait des tours, des trous noirs y apparaissaient peu à peu, de plus en plus grands. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'il n'oublie la totalité de ce jour funeste. Ces jours en vérité, car l'histoire ne se résumait pas aussi aisément.

La disparition de sa sœur.

La recherche avec les dandelions.

La destruction du monde.

La découverte de l'assassin de Strelitzia.

Puis la fuite vers un autre temps, un autre monde.

Marluxia avait tout perdu ce jour-là. Ses amis. Sa seule famille. Sa maison. Ses affaires. Son pouvoir sur la keyblade. Même tous ses espoirs. L'homme ne possédait plus rien désormais, pas même son cœur. Quand lui avait-il été volé ? Même en y réfléchissant, il ne s'en souvenait pas. Ses souvenirs s'assombrissaient comme des photos, brûlant lentement et inexorablement.

Why can't I see all the colors that you see ?

Please can I be colorful and free ?

Pendant quelques temps, malgré la perte de son cœur, Marluxia se souvint du but de son existence. Il voulait retrouver ses amis envoyés dans le temps avec lui : Ventus, Brain, Skuld, Ephemer, Elrena... et sa sœur Strelitzia évidemment. L'homme chercha désespérément des indices, traversa des univers variés et exotiques, sans qu'aucun élément ne vienne pour le guider sur une piste. A cette époque, il pouvait encore avoir de l'espoir, voir le bon côté du monde, tout comme sa sœur. Strelitzia rendait sa vie plus colorée et plus belle.

Toutefois, cette magnificence disparaissait. Le monde perdait ses couleurs et toutes ses nuances aux yeux de Marluxia pour devenir un gris infini. Son objectif sombrait dans les tréfonds de l'oubli et même le visage de sa sœur ne revenait pas aussi aisément à sa mémoire. L'homme errait comme une âme en peine, sans cœur et sans objectif. Il s'accrochait encore aux quelques souvenirs qu'il possédait, mais le vent de l'oubli créait un ouragan balayant toute son âme.

I'm white then I'm black

Marluxia finit par rejoindre l'organisation. Ce fut Xigbar qui le recruta, sans trop lui poser de questions. Cela valait mieux, car le numéro XI n'aurait pas su y répondre. Il possédait encore un maigre écho de souvenirs, mais seulement quelques flashs lumineux des grands jours, d'il y a cent ans. Xigbar sut-il d'une façon ou d'une autre qu'il avait voyagé dans le temps ? Peut-être. Jamais Marluxia ne put en avoir la certitude. L'Organisation cachait bien trop de secrets pour que quiconque puisse tout connaître. Parfois, il semblait que même Xemnas ne savait pas tout ce qu'il se passait dans sa tête.

Au château d'Illusiopolis, l'homme retrouva également Elrena, devenu Larxene. Est-ce qu'il se reconnurent ? Peut-être. Marluxia n'en savait rien car ils n'en parlèrent jamais. L'homme ignorait d'ailleurs si elle possédait des souvenirs de sa vie d'avant. Lui-même n'en détenait que bien peu hélas. Chaque jour le voyait perdre une image, un moment, une pensée cachée au fond de son cœur. Son cœur. Non, Marluxia ne pouvait plus utiliser ce terme puisqu'il n'était plus qu'un simili, une coquille vide sans aucun but. Presque.

Les souvenirs survivaient encore, difficilement toutefois.

I'm gonna burn my house down

I'm gonna run away now and never look back

Parfois, un mal être le prenait, alors qu'il ne devait ressentir aucune émotion. Même à sa complice Larxene, il ne pouvait pas en parler. Dans ces moments-là, Marluxia s'isolait, partant en mission tout seul dans un monde lointain, ou s'enfermant dans sa chambre. Cette dernière option arrivait régulièrement. Là, l'homme se retrouvait traversé par des crises d'angoisse et se plaçait face au miroir, ressassant les maigres souvenirs qui lui restaient, qui s'accrochaient encore à lui. Dans le fond, il aimait ses crises. Elle lui rappelait son but dans la vie, le chemin à suivre.

« Pour Strelitzia. Tu le fais pour Strelitzia. »

Elle était son dernier souvenir en vérité, la seule personne de son passé qui demeurait encore dans sa tête. Tout le reste avait déjà disparu, même s'il avait tout fait pour continuer de s'en souvenir. Cela n'avait servi à rien de se démener autant, surtout lorsque l'oubli s'avérait inéluctable. Le miroir ne lui renvoyait pas l'image d'un homme charmant. Il lui montrait un être isolé et apeuré, incapable de surmonter ses propres craintes, incapable de sauver celle qu'il aimait. Marluxia se dévisageait et essayait de se redonner de la volonté. C'était tout ce qui importait.

When I'm up against the echo in the mirror

Puis un jour, les crises passèrent. Marluxia ne la réalisa pas tout de suite. En réalité, il ne le réalisa même pas, parce que tout avait été emporté par le vent de l'oubli. Désormais, il servait l'organisation et il servait ses obscurs intérêts. Larxene l'accompagnait souvent, partenaire de toujours. Ils ne se souvenaient plus l'un de l'autre, mais ils avaient décidé de devenir amis dans cette vie-là. Ce n'était certainement pas un hasard. Leur complicité se révélait merveilleuse.

Strelitzia sombra bien loin dans ses pensées, comme un tourbillon sans fin. S'il retrouvait son cœur, elle pourrait revenir à la surface et lui rappeler le but de son existence. Mais pour le moment, elle resterait un souvenir oublié, un sourire doux et aimant dont aucune trace ne subsistait plus dans son âme de manière consciente.

Comment peut-on autant aimer une personne, vouloir à ce point venger sa mort quitte à retourner le monde puis l'oublier aussi aisément ?

Marluxia n'en savait rien. Comment aurait-il pu seulement se poser la question alors qu'il avait oublié ? Parfois, le numéro XI repassait devant son miroir et il se regardait fixement, comme s'il essayait de se rappeler d'une information importante. Très vite, il se mettait à simplement observer son reflet pour ajuster ses mèches de cheveux, puis repartait à l'assaut d'une nouvelle journée. Survivre à l'Organisation n'était pas si simple et il comptait bien en tirer un quelconque bénéfice.

Lorsqu'il quittait sa chambre, ses yeux croisaient une dernière fois les siens dans le miroir et l'espace d'un battement de cœur, le souvenir semblait sur le point de ressurgir. Puis, Marluxia partait et il ne restait plus rien, rien que l'écho de ce passé qui ne parvenait pas encore à revenir à la surface.

Echo