AVIS À TOUS LES LECTEURS : LISEZ LA NOTE DESCRIPTIVE, SVP. C'EST IMPORTANT !

Note : Ma Fanfic se concentre sur le Saniwa et les évènements avant les animes Touken Ranbu. D'ailleurs, je m'en suis énormément inspirée, et beaucoup de références seront faîtes à Katsugeki et Hanamaru. Donc, si vous n'avez pas regardé, vous risquez de ne pas comprendre. Disons que ma fic est une préquelle qui explique les raisons de la guerre avec la Force Rétrograde et le déploiement des Saniwa pour protéger l'histoire. Elle se passe au Gouvernement du Temps, que j'ai aussi décidée d'appeler Citadelle du Temps (ou château) et qui inclut le Gouvernement/Palais Impérial à l'intérieur.

Cette fiction est véritablement un moyen de comprendre comment on en est arrivé là aujourd'hui (La guerre, les voyages temporels, Touken Danshi… etc.)

L'histoire se concentrant sur le Saniwa, je me suis donc inspirée de celui de Katsugeki. Un jeune garçon, désolée pour ceux qui ont toujours vu une fille à la place, mais clairement ça ne m'a jamais traversée l'esprit qu'il pouvait en s'agir d'une : le fait que le Saniwa soit beaucoup représenté en femme étant dû au nombre impressionnant de joueEUSES inscrit sur le jeu. Il n'est jamais nommé toutefois. Pourquoi ? Parce que je n'arrivais pas à lui trouver un nom super cool qui collerait avec son adorable visage de bishonen angélique ! XD

Je me ferais un plaisir d'expliquer certains des termes japonais que j'utilise en fin de chapitre. Si toutefois, il existe quelque chose dont je n'ai pas parlé et que vous ne comprenez pas, dîtes-le moi en commentaire.

Légende : Italiques - Pensées

Texte du Milieu - Rêves/Visions

« Italiques » - Flashbacks

Voilà, si vous avez encore d'autres questions en tout genre, posez-les dans les commentaires ! Bonne Lecture ! :)

Disclaimers : Touken Ranbu est la propriété de DMM et Nitroplus. Hanamaru et Katsugeki celle de Doga Kobo et Ufotable respectivement. Rien ne m'appartient si ce n'est les autres Saniwa et membres du Gouvernement du Temps nommés dans la fiction.


La lueur autour de lui s'évapora lorsque ses pieds atteignirent le sol de pierre froid. Il ouvrit les yeux avec lenteur, encore légèrement étourdit par le voyage qu'il venait de faire, et releva la tête pour observer les contours du sanctuaire comme pour s'assurer qu'il était bien de retour au bon endroit. Enfin rassuré, il soupira de lassitude. Il ne l'avait toujours pas trouvé. Peut-être même était-il perdu pour de bon. Quelque chose attira alors son attention et il sourit doucement à la vue de la créature qui se secouait à ses pieds.

« Merci pour ton aide, Konnosuke. »

« Ce n'est rien. Je suis désolé que nous n'ayons rien trouvé cette fois encore, Saniwa-sama… »

« Nous y arriverons bien un jour, ne t'inquiètes pas. »

Le kitsune laissa mollement retomber ses oreilles sur sa tête, un air terriblement triste survolant ses pupilles. Gloussant discrètement, le Sage s'accroupit et tendit les bras vers ce dernier qui y bondit sans attendre. Caressant sa tête derrière son oreille pour le réconforter, il entreprit de quitter les lieux. Abandonnant l'obscurité de la grotte, il ferma les yeux à l'approche de la lumière éclatante du soleil et se stoppa une minute près de l'escalier pour en savourer la chaleur.

Retrouver le présent n'était pas pour lui déplaire. Il avait beau avoir l'habitude, il n'appréciait que peu de se retrouver au centre de batailles et de guerres sanglantes. Particulièrement celle qu'il venait de quitter. La Bataille de Sekigahara était l'une des plus terribles auxquelles il est dû assister. Non pas en tant que soldat dans l'une des deux armées qui s'affrontaient, mais en tant qu'observateur. Un simple Saniwa venu récolter des informations sur le passé ou retrouver des épées possédant un esprit et une volonté propre. De futurs Touken Danshi… Bien que, cette fois, sa récente escapade n'eut rien eu avoir avec l'une de ces deux missions.

« Saniwa-sama, Tsuji Asahi est là. »

« Hmm ? »

Rouvrant les yeux, il laissa son regard glisser au bas des marches là où, dans un hakama bleu et noir resplendissant, l'attendait un jeune homme aux cheveux mi-longs bleu-nuit. Un large sourire fendit soudain ses lèvres et il se mit à descendre rapidement le long escalier qui les séparait, relâchant, une fois arriver, le petit renard qui s'assit calmement aux pieds du garçon sans offrir même un regard à l'autre personne.

Contrairement à lui, qui par sa petite taille ressemblait fortement à un enfant d'à peine quatorze ans, Asahi était tout ce qu'il y avait de plus adulte, son manque flagrant de maturité à part. Remarquant ainsi le regard fuyant de l'animal, le jeune homme plissa légèrement ses yeux gris argentés et gronda :

« C'est irrespectueux de ne pas me saluer, Konnosuke ! »

« Je ne salue pas les voleurs ! » répondit la créature en levant le museau d'un air hautain.

« Hein ? »

« Qu'est-ce que c'est que cette histoire, encore ? » demanda calmement le Sage, semblant habitué à de telles querelles entre les deux.

« Asahi-sama s'est introduit dans les quartiers des kitsune pour dérober notre délicieux tofu frit ! »

« De quoi ?! » s'écria son ami, abasourdi.

« Asahi ! » sermonna le Saniwa en s'accroupissant pour passer sa main dans la fourrure rousse du kitsune.

« Mais ne me réprimande pas ! Je n'ai rien fait ! »

« Et menteur en plus de cela ! » siffla Konnosuke en se tournant pour pointer une patte accusatrice vers le soi-disant coupable.

« Sale petit chien vicieux ! Me traiter de menteur, moi un Saniwa ! »

Se précipitant en avant pour donner une bonne leçon au pauvre petit renard, Tsuji fut brusquement stoppé dans son élan par une main retenant fermement le col de son vêtement, l'étranglant presque au passage tandis que l'animal se réfugiait à la hâte entre les jambes de son sauveur.

« Ça suffit, vous deux. » finit par déclarer le garçon aux cheveux cerisier, pinçant ses lèvres avec fatigue. « Je ne veux plus entendre d'histoires de ce genre. Peu m'importe qui ment et qui dit la vérité. Est-ce que c'est clair ? »

Ceci dit, il relâcha son étreinte sur le jeune homme, et alors que ce dernier reprenait son souffle, il fit signe à la créature de déguerpir au plus vite. Puis, n'attendant pas plus longtemps, il traversa le chemin de pierre menant au château du Gouvernement du Temps, un Asahi contrarié sur les talons.

« Alors, vais-je devoir te supplier pour découvrir où tu étais ? » questionna l'homme aux yeux argentés, suspicieux.

« Quelque part aux alentours de la période Sengoku. » répondit le Sage à demi-mot.

« Te voilà bien mystérieux. Tu cherchais quelque chose de spécifique, peut-être ? » le relança Asahi, de plus en plus insistant.

« Pas vraiment. C'est pas bientôt fini l'interrogatoire ?! » soupira le Saniwa en levant les yeux au ciel, apparemment exaspéré. Mais, se retournant pour faire face à son compagnon, il remarqua alors son air sombre et se détendit légèrement. « Pourquoi tu sembles si agacé d'un coup ? »

Arrêtés au milieu du chemin, les deux amis se regardaient dans un silence inquiétant, comme si le temps s'était ralenti autour d'eux. Plusieurs secondes s'écoulèrent avant que Tsuji ne pousse finalement un soupir, s'avançant vers le garçon pour atteindre doucement sa joue droite, le caressant distraitement tout en répondant :

« Parce que tu es terriblement imprudent, voilà pourquoi. »

Se libérant de son geste affectueux d'une tape rageuse de la main, le Sage rebroussa chemin avec colère en direction du château et, ouvrant violemment les larges portes d'entrée en bois, il s'engouffra dans le couloir tandis que sa voix se répercutait avec force contre les murs blancs.

« Terriblement imprudent ?! Tu te rends compte de ce que tu dis ?! Entre toi et moi, Asahi, redis-moi encore une fois qui est le plus imprudent !? Ne t'avise pas de me faire la morale comme si j'étais un enfant ! »

« Ce n'était pas mon attention ! Bon sang, attends ! »

Courant à la suite du Saniwa, le jeune homme agrippa la manche de son kimono et tira d'un coup sec dessus pour l'obliger à se retourner. Les traits déformés par la colère auxquels il fit face le firent grimacer avec regret et, jetant un coup d'œil aux alentours à la recherche d'oreilles indiscrètes, il se surprit à admirer la forme parfaitement équilibrée d'une réplique de Jiganemaru, l'une des épées de la famille royale du Royaume de Ryûkyû datant du quinzième siècle.

Le grand corridor dans lequel ils se tenaient était empli de part et d'autre des murs de répliques de célèbres Tantou, Uchigatana, Naginata et autres Katana en tout genre, soigneusement enfermés dans des coffrets de verre. Et c'est presque à contrecœur qu'il détourna le regard, se recentrant sur la personne qui attendait patiemment devant lui.

« Ne nous connaissons-nous pas depuis l'enfance ? Toi qui jusque-là ne m'avais jamais rien caché, je te trouve à faire des secrets. Tu as beau être le plus sage de nous deux, il n'en reste pas moins que tu prends toujours des risques inconsidérés. J'ai toujours veillé sur toi. Il est normal que je m'inquiète, tu ne crois pas ? »

Le garçon inspira profondément à ces mots, se calmant enfin lentement. Se souvenant de tous les souvenirs qu'il partageait avec son ami, il leva la tête et lui offrit un sourire contrit, réalisant à présent qu'il avait peut-être réagi de manière excessive.

« Je suis désolé. Je sais que tu essais seulement de me protéger, mais… je suis suffisamment responsable pour savoir ce que je fais. Je n'ai pas besoin qu'une ombre regarde constamment par-dessus mon épaule. »

« La moitié de la puissance que cet endroit prétend posséder ne revient qu'à tes pouvoirs. » nargua Tsuji avec dédain. « Je ne doute pas que tu puisses prendre soin de toi. Je me contente de garder un œil sur toi. »

« Ce n'est pas... je ne suis pas... »

Rougissant subitement, le Sage se retourna brusquement et, embarrassé, reprit sa marche en laissant Asahi derrière lui. Éclatant de tire à cette réaction, ce dernier rattrapa son compagnon et continua de le taquiner tout le long du trajet tout en se tenant à bonne distance pour éviter une quelconque riposte de sa part.

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Le réfectoire se remplissait petit à petit : Saniwa, membres du conseil, ou simples administrateurs du Gouvernement du Temps, tous se réunissaient dans la même salle pour l'heure du déjeuner. Et bien qu'au sein de la masse, il fût presque impossible de les distinguer, il était évident que des groupes se formaient néanmoins ici et là. Nul n'était là où ils n'appartenaient pas. Bien que faisant partie du même camp dans cette guerre et combattant le même ennemi, ils restaient éloigner les uns des autres, voués à ne jamais s'entendre.

Le garçon aux cheveux cerisier laissa son regard parcourir la pièce avec un certain intérêt, capturant chaque petit détail auquel d'autres ne prêteraient probablement pas attention. Si aucun ne s'appréciait, c'était bien car tous refusaient de comprendre l'autre. Les Saniwas d'un côté, détestant les administrateurs parce qu'ils ignoraient ce que cela était d'être un être humain aux pouvoirs divins, et les administrateurs de l'autre côté, ne supportant pas les Saniwas parce qu'ils n'en faisaient soi-disant qu'à leur tête. Quant au conseil, constitué de Saniwa-vétérans, d'administrateurs-doyens et de membres du palais impérial, cela relevait du miracle qu'ils parviennent tous à s'entendre sur l'imposition des règles et l'application des lois.

« Dis-moi que tu l'as trouvé ! »

Il sursauta, faisant retomber ses baguettes dans son bol d'udon. Levant les yeux, son humeur s'adoucit à la vue de la jeune femme aux cheveux améthyste qui était brusquement apparue devant lui. Elle le regardait de ses yeux aubépines suppliants, sa poitrine se soulevant rapidement au rythme de sa respiration haletante sous son kimono rose-framboise trop serré. Attendant une réponse, elle avait les mains aplaties de chaque côté de son plateau-repas reposant sur la table.

« Igarashi Katsumi, pourquoi je ne suis pas surpris ? »

Leurs deux têtes se tournèrent lentement vers le propriétaire de la voix qui venait de parler, chacun fixant la personne à sa manière ; étonné pour lui, et ennuyé pour elle. Mais Asahi haussa simplement les épaules à ce geste et reprit son repas, pas le moins du monde dérangé. Katsumi serra les dents de rage à cela et se mit à table sans dire un mot.

« Tu as vraiment du culot, oser interrompre les gens pendant leur déjeuner et t'imposer à eux. » ajouta cependant le jeune homme en la voyant faire, définitivement agacé.

« On ne t'a pas sonné, imbécile ! » argua Igarashi en séparant ses baguettes d'un geste vif pour les planter sans ménagement dans son riz.

« Merci de confirmer ce que je savais déjà. Ton stupide temple bouddhiste à Hōryū-Ji ne t'as jamais appris les bonnes manières ! »

« Asahi ! » s'exclama le Sage en fronçant les sourcils avant de passer une main dans ses cheveux tout en poussant un soupir. À ce stade, personne ne pouvait tolérer son insupportable ami à part lui.

« Comment oses-tu, espèce de… ! »

Fermant les yeux avec force, la femme aux yeux d'aubépine tenta en vain de faire disparaître toute trace de colère de son visage. Puis, prenant une profonde inspiration, elle finit par les rouvrir et se concentra à nouveau sur le Saniwa qui lui souriait avec compassion et comme une sorte d'air désolé.

« Quoi qu'il en soit... Tu n'as encore rien trouvé ? »

Se mordant la lèvre inférieure, ce dernier se contenta de secouer la tête de droite à gauche par la négative et joignit les mains, lui laissant le temps de se remettre de la mauvaise nouvelle alors que son visage se couvrait d'un voile de déception avant qu'elle n'acquiesce avec résignation et lui sourit doucement.

« Je vois. Merci d'avoir essayé quand même. Je te suis redevable. »

« Katsumi-san... » murmura le garçon, attristé. « Cela ne veut pas dire que j'abandonne pour l'instant. J'ai encore une ou deux idées où chercher. »

« Vraiment ?! » lança Katsumi, maintenant rayonnante de joie. « Je ne sais pas comment te remercier assez ! »

Souriant de nouveau, cette fois de manière satisfaisante, le Sage hocha la tête et reprit son déjeuner sans plus s'inquiéter. Observant leur échange avec une légère irritation, l'homme aux yeux argentés repoussa du bout des doigts son plateau au loin et s'adossa nonchalamment contre sa chaise en poussant un grognement.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? »

« C'était donc pour elle. Toutes ces excursions secrètes à travers le passé. »

« En quoi cela te concerne-t-il, je me le demande. »

« Ça me concerne quand tu crois que les autres sont à ton service et qu'ils doivent se plier à tous tes caprices ! »

« Je ne te permets pas, sale... ! »

Mais Igarashi ne put jamais finir sa phrase, une main venant subitement se poser sur son épaule dans l'intention de l'apaiser. Se relevant d'un coup à ce contact, comme ayant été touché par quelque chose de glacé, la jeune femme se retourna avec surprise et se cogna contre la table en faisant un pas en arrière lorsqu'elle reconnue la personne se trouvant à présent devant elle. Ressemblant à une enfant pas plus âgée que dix ans, la petite fille l'observait de son regard anthracite inexpressif, ses longs cheveux blancs bouclés se confondant avec son kimono de la même couleur et dont les manches, révélant ses épaules nues jusqu'à ses coudes, retombaient avec légèreté sur ses mains reposant calmement sur son obi rouge-sang.

« Ō-Ōhara Kagura-sama ? »

« Oï, on vous entend depuis l'autre bout de la salle ! »

« S-Shiraishi Seimei-sama aussi ? »

Le Saniwa inclina la tête à l'arrivée des deux individus, les saluant rapidement avant de les inviter à s'asseoir également. Kagura ne se fit pas prier et s'installa aux côtés de la jeune femme avec une indifférence presque dérangeante pour quiconque n'était pas habitué à son caractère calme et réservé. Son accompagnateur, un homme de grande taille aux cheveux noir de jais et aux yeux amarante déposa alors un plateau devant elle avant de s'installer à son tour près du garçon, séparant ainsi ce dernier d'Asahi, et commença sans plus tarder à manger tout en interrogeant d'un ton rauque :

« Quel est le problème, bande d'idiots ? »

« Rien de grave. Juste une petite pimbêche se croyant tout permis. » siffla Tsuji avec un sourire narquois, ses yeux volontairement verrouillés sur ceux de Katsumi.

« Toi ! » rétorqua cette dernière en frappant du poing sur la table, ne se radoucissant que lorsqu'elle aperçut le regard désapprobateur de la fillette aux cheveux blancs à côté d'elle.

« Tu veux bien t'arrêter une seconde le temps que je m'explique ? » intervint finalement le garçon aux cheveux cerisier en échangeant un consentement silencieux avec l'homme portant un haori jaune grand ouvert révélant sa poitrine nue.

« Et ne t'avise pas de l'interrompre. » ajouta ce dernier d'un ton menaçant avant de prendre une gorgée de sa soupe.

Une fois certain que tout le groupe était prêt à l'écouter paisiblement, le Sage reposa sa cuillère dans le bouillon de ses udon et se mit à raconter la raison de ses récents voyages à travers le passé à la demande urgente de la jeune femme aux yeux aubépine.

« Katsumi-san est à la recherche d'un regalia bien particulier. Une épée perdue pendant la période Sengoku lors d'une des guerres qui ont eu lieu à cette époque. Comme je suis plus que renseigné sur cette époque, je lui ai naturellement proposé mon aide. »

« Et tant que c'est toi qui prends tous les risques, qui s'en préoccupe ?! »

« Par pitié, Asahi... »

« Si tu continues à le surprotéger de cette façon, tu pourrais bien finir par le perdre. »

Tel un murmure, la voix d'Ōhara résonna avec douceur sans que nul ne se soit attendu à ce qu'elle prenne la parole et laissant à tous le soin de se demander ce qu'elle voulait dire par là. Mais loin de s'en soucier, la petite fille se contenta de fermer les yeux, et savoura son curry. C'est alors qu'un rire cristallin s'échappa d'entre les lèvres du garçon comme il reprenait également son repas, les réponses énigmatiques de la fillette aux cheveux blancs ne le surprenant plus du tout.

Si Asahi et Katsumi étaient tous deux des personnes au sang chaud, et que Seimei cachait derrière son côté taciturne et brusque une compassion et une bienveillance sans pareille, Kagura, elle, lui ressemblait sur bien des points. Tous deux savaient tenir leurs langues quand il le fallait et préféraient observer le monde évoluer de loin plutôt que d'y participer. Il y avait cependant une nette différence entre eux, celle qu'il avait de pouvoir facilement s'ouvrir aux autres quand elle en était incapable.

« Je te l'ai dit tout à l'heure, non ? Je sais ce que je fais. »

« Tu ne te rends pas compte que je ne peux pas te laisser mourir. »

« Personne ne va mourir, Asahi. »

« N'en sois pas si sûr… »

Xxxxxxxxxx

Il se laissa retomber sur son futon, complètement épuisé.

Entre ses querelles avec Asahi et les sorties temporelles pour Katsumi qui le vidait de son énergie spirituelle, il n'arrivait tout simplement plus suivre. Pourtant, il n'avait plus beaucoup de temps. L'Armée de la Force Rétrograde commençait lentement, mais sûrement à remonter dans le passé pour tenter de changer l'histoire, et il devrait bientôt partir pour sa citadelle comme beaucoup d'autres Saniwas, afin de créer et gérer son armada de Touken Danshi chargés de protéger le flux temporel.

Il sentit ses yeux se fermer de fatigue quand le bruit d'une porte coulissante l'obligea à se relever précipitamment. Se dirigeant vers la pièce principale adjacente à sa chambre, il hoqueta de stupéfaction à la vue de la personne qui lui tournait le dos.

« Heika... »

Répondant à l'appel de son titre, l'intrus se décida à faire face au garçon aux cheveux cerisier tandis qu'un sourire rayonnant fleurissait sur ses lèvres roses. Vêtu d'un grand kimono impérial turquoise et or, il approcha rapidement le Sage pour sceller leurs mains ensemble.

« J'ai eu tellement de mal à quitter le Conseil, je croyais ne jamais pouvoir vous voir avant la nuit. » énonça-t-il d'une voix douce, mais pourtant ferme seyant à tout souverain.

Lui souriant en retour, le Saniwa hocha la tête avec sympathie et baissa les yeux vers l'étrange boîte rectangulaire reposant sur la table basse en bois. L'Empereur se retourna à ce geste et le guida au sol pour s'y asseoir en face.

« Je souhaitais repayer ma dette avant votre départ. Ce n'est guère assez comparer à tout ce que je vous dois, mais j'espère que cela vous satisfera. »

« Ce n'était pas nécessaire, Votre Grandeur. » répondit le Sage alors que ses yeux dorés plongeaient dans ceux bleu-ciel de son invité.

Le jeune roi lui donnant son consentement, il s'empressa de défaire les attaches, ouvrant la boite avec impatience avant de lâcher brusquement le couvercle en reconnaissant son contenu, et se retourna d'un coup vers le souverain comme pour recevoir la confirmation que ce qu'il voyait n'était pas qu'une simple copie.

« Il est vrai que cette épée brisée pourrait rebuter n'importe quel guerrier, mais vous m'avez tant de fois conté ses prouesses, je sais qu'elle vous est précieuse. Je prie pour qu'elle vous soit aussi loyale que vous lui êtes. »

Passant ses doigts sur la fine lame, le Saniwa laissa échapper un rire nerveux. Si unique, si splendide. Difficile à manipuler, mais tellement puissant. Un katana comme il en existait peu. Il se sentait tellement chanceux de le posséder enfin. Lui qui rêvait de le manier depuis si longtemps…

« Kashuu Kiyomitsu… le fameux Uchigatana d'Okita Souji du Shinsengumi. Heika, où l'avez-vous trouvé ? » demanda-t-il avec un réel intérêt, toujours captivé par les traits de l'épée.

L'Empereur abaissa la tête avec modestie et balaya la question d'un revers de la main. Les détails de son acquisition n'avaient que peu d'importance. Par-delà la fenêtre de la pièce, le bâtiment du Gouvernement du Temps lui faisait face et il réprima un soupir en pensant au fait qu'il devrait bientôt retourner s'occuper des affaires d'état. Alors, souriant doucement, il déclara :

« Nous sommes tels la lune, possédant une face cachée que nul ne peut voir… Cependant, vous êtes celui qui a su voir à travers mes mensonges et secrets, et sans jugement m'avez accepté et soutenu avec un désintérêt total. Je vous en serai éternellement reconnaissant. »

« Il n'est rien que vous ne connaissiez pas à mon sujet, les sacrifices que j'ai fait et mes regrets… je suis bien le dernier qui aurait le droit de vous juger. » murmura le garçon aux cheveux cerisier avec un sourire triste en se remémorant son propre passé.

Levant une main, le jeune roi la plaça contre le cache-œil couvrant la partie supérieure gauche de son visage et acquiesça lentement en la faisant glisser le long de la cicatrice courant sur le bord du tissu de cuire, quelques mèches bleue-cobalt venant s'enrouler entre ses doigts aux ongles topaz.

« J'imagine que je vais devoir user de mon influence bien des fois avec vous. » se moqua-t-il gentiment à la fois pour détendre l'atmosphère et pour changer de sujet de discussion.

« Que voulez-vous dire ? » s'enquit le Sage d'un air perplexe.

« Connaissant votre tendance à déroger aux règles établies... Je crains que vous n'exaspériez plus d'un membre du conseil. »

« Je n'ai certainement pas à m'excuser de refuser de renvoyer dans le néant les Touken Danshi qui auront le malheur de faire intervenir les Kebiishi ou qui voudraient changer l'histoire et donc trahir leur maître actuel. »

« Vous avez une unique façon de faire, je dois dire. » avoua le souverain, amusé.

« Non. » prononça le Sage avant de secouer la tête et de soulever l'Uchigatana brisé pour le mettre contre sa poitrine tel un enfant que l'on voudrait protéger de tout danger. « D'anciens objets apprenant les émotions humaines, désorientés par le monde qui les entoure et contraints d'accepter un nouveau maître tout en pleurant le précédent… comment pourrait-on leur reprocher d'être tentés de changer le cours de l'histoire ? Si les Hommes peuvent commettre des erreurs et être pardonnés, pourquoi pas les tsukumogami aussi ? »

« Soit. » approuva le jeune roi en se relevant pour se diriger vers la porte d'entrée. « Cependant, même moi ne peux changer si facilement les règles. Je vous supplie de minimiser vos excès. »

« Bien sûr, Votre Grandeur. » gloussa le Saniwa en l'accompagnant et en lui faisant ses adieux.

Puis, reportant son attention sur la lame endommagée, il sourit doucement avant de s'asseoir devant elle et de la soulever une nouvelle fois. Sûrement, il serait pointé du doigt avec dérision quand ils viendraient à apprendre qui serait le premier Toudan de sa citadelle, mais il ne pouvait moins s'en moquer. Il savait de quoi Kashuu Kiyomitsu était capable. Jamais il ne douterait de lui.

« Entendons-nous bien à partir de maintenant, Kashuu-san ! » lança-t-il, l'Uchigatana commençant à flamboyer d'une vive lumière blanche entre ses mains.


Endnote:

La Bataille de Sekigahara : s'est déroulé du 20 au 21 octobre 1600, opposant les camps de Tokugawa Ieyasu et les partisans de Toyotomi Hideyoshi. Les Tokugawa remportèrent la bataille et Ieyasu devint le premier Shogun de la longue dynastie des Tokugawa.

Engawa : est un sol généralement en bois, suspendue et se trouvant juste devant les fenêtre ou portes des pièces dans les maisons traditionnelles japonaises.

Sengoku : Nom d'une des nombreuses époques japonaises.

Hôryû-ji : Temple bouddhiste situé à Ikaruga dans la préfecture de Nara.

Obi; Hakama : Ceinture japonaise retenant le kimono; Habit traditionnel anciennement porter par les hommes mais peut l'être aussi pour les femmes maintenant. Normalement ne désigne que le pantalon, mais aujourd'hui le mot est utilisé pour la tenue entière.

Regalia (ou régalia) : Mot pour désigner les trésors royaux, tels les trois trésors sacrés de la famille impériale.

Heika [陛下] : Votre Majesté - de Tennō Heika [天皇陛下] : Divin Empereur; Sa Majesté l'Empereur.

Tsukumogami : (« esprit de 99 ans ») Type d'esprit présent dans le folklore japonais. Ce sont des Obake (esprits avec une âme). Les Tsukumogami proviennent d'objets ou d'artéfacts qui ont fêté leur 100e anniversaire et qui prennent vie. Ici, il s'agit des Touken Danshi.

Toudan : est l'abréviation de Touken Danshi sur le jeu (touken ranbu/wikia/Glossary).