Chapitre Trois : Mars - Yayoi (弥生): J'ai entendu dire que c'était de un sur dix-mille.


En l'an 2205,

Afin d'anéantir l'Armée de l'Histoire Inversée, qui essaie de changer l'histoire,

Eux, qui sont nés d'épées,

S'engage dans un combat mortel aujourd'hui encore !

Uguisumaru, c'est ainsi que l'histoire se raconte…

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« Tu sais, puisqu'ils n'ont, habituellement, que trois feuilles, la probabilité de trouver un trèfle à quatre-feuilles est d'une sur mille. »

« Vraiment ?! »

« Absolument. Et comme ils sont si rares, en ramasser un apporte obligatoirement chance et félicité. C'est un véritable porte-bonheur. »

« Waw… C'est la première fois que j'entends ça. »

Le Saniwa se mit à rire en observant le Tantou, des étoiles pleins les yeux. Il tourna la tête vers le shōji entrouvert de la salle principale, et souriant doucement, déclara en refaisant face à l'épée :

« Peut-être devrais-tu essayer d'en chercher un, là-bas sur la plaine ? Avec un peu de persévérance, tu finiras bien par en trouver. »

« Je vais demander à Maeda de m'aider ! »

Disant ces mots, Hirano se releva, sortant de la pièce précipitamment tandis que le Sage reprenait une gorgée de son thé. Les jours paisibles comme celui-ci était rares, mieux valait en profiter le plus possible. Terminant son breuvage, il se leva, passant la porte coulissante tandis que le doux chant d'un rossignol résonnait dans la cour. Malheureusement pour lui, l'absence d'attaque de la part des Révisionnistes ne signifiait pas qu'il pouvait prendre du bon temps comme les autres. Rejoignant son bureau d'un pas lent, il ne s'arrêta même pas lorsqu'un cri retentit depuis les chambres individuelles.

Eh bien, que va-t-il donc encore se passer, aujourd'hui… ? soupira-t-il mentalement, désabusé.

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« Aaaah… je suis crevé… »

La porte de son office s'ouvrit sur ces mots, laissant entrer Kashuu, un coffret en bois dans les mains.

« Bon travail. Comment était l'entraînement ? »

L'Uchigatana vint s'installer sur l'un des canapés faisant face au bureau après avoir refermé derrière lui, posant son matériel sur la table basse en le déverrouillant, dévoilant un set de manucure où se superposés plusieurs pinceaux de tailles différentes, ainsi que plusieurs espaces de vernis de différentes couleurs.

« Stimulant. M'entraîner avec Yasusada m'a rappelé les anciennes techniques de cet homme. Ça faisait longtemps… » déclara-t-il en sortant un papier à grain blanc et commençant à gratter la fine couche de vernis toujours sur ses ongles. (*1) Puis, il ajouta, après un léger silence, et peut-être plus pour lui-même : « Ils se battent vraiment de la même manière… »

Le Saniwa releva la tête de ses parchemins, posant le regard sur son Toudan, un air intrigué collé au visage.

« Cela t'embête ? » demanda-t-il, un fin sourire étirant ses lèvres lorsque l'épée se tourna à demie pour lui faire face.

« Hmm… je ne sais pas. » souffla Kiyomitsu en fermant les paupières, semblant réfléchir une seconde avant de faire la moue en répondant : « J'imagine que c'est surtout nostalgique comme sentiment. »

« Tu n'es pourtant pas très dans la nostalgie, d'habitude. » répondit le garçon aux cheveux cerisier en reprenant ses recherches.

« Á quoi bon ? Maintenant que je suis ici, auprès du maître, je n'en vois pas l'utilité. » révéla la première lame, attrapant un second papier pour passer à l'autre main.

Le Sage s'arrêta subitement de travailler, levant à nouveau la tête pour regarder l'Uchigatana, les sourcils froncés.

« Il n'y a rien de mal à repenser au passé, Kiyomitsu. Le tout est de savoir ne pas s'y noyer complètement. »

« Alors, autant ne pas y penser du tout. Ça évitera les risques. »

« Finalement, Yamatonokami n'est pas le seul à avoir besoin de faire face à son passé… » marmonna le garçon en retournant à sa paperasse, s'attirant un regard à la fois confus et curieux de la part de son Toudan qui n'avait pas entendu la dernière réplique de son maître.

Haussant les épaules, comme habitué à ne pas toujours comprendre ce que le Saniwa avait en tête, il finit par ouvrir la bouche de dépit, semblant totalement désemparé.

« Aruuuujiiiii… Qu'est-ce que je choisis ? »

« Hein ? »

Soupirant en comprenant la situation, Kashuu hésitant sur plusieurs couleurs, un pinceau coincé entre les lèvres, il sourit toutefois, amusé, et énonça non sans une pointe de lassitude dans la voix :

« Le rouge, n'est-il pas celui qui te va le mieux ? »

« Hmm… »

« Tu n'as qu'à utiliser une teinte plus clair que celle que tu utilises habituellement. » continua le Sage, sachant pertinemment qu'il n'aurait pas besoin d'en dire plus pour convaincre l'Uchigatana.

« Ah ! Le rouge coquelicot sera parfait ! » s'écria Kiyomitsu, plongeant rapidement son pinceau dans la mixture pour le porter à son index gauche.

« Celui que l'on a acheté une petite fortune, il y a deux semaines ? Tu ne l'as toujours pas utilisé ?! » répliqua le Saniwa surprit, soufflant de mécontentement tout en rajoutant : « Jamais je n'aurais cru qu'un vernis pouvait coûter si cher. »

« J'attendais une occasion spéciale ! » lança Kashuu en levant les yeux au ciel, comme si cela n'était qu'une broutille.

« Parce que ce jour l'est ? » questionna le Saniwa en haussant un sourcil, perplexe.

« Évidemment, je suis avec le maître ! »

Il ferma les yeux en riant à cette réponse, se replongeant dans son travail sans plus de cérémonie, laissant le silence pour seule distraction rythmant la courte compagnie que serait l'épée.

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La matinée avait passé, puis une partie de l'après-midi s'était écoulée, et le calme régnait à nouveau dans la petite citadelle fleurie. Bizarrement, rien de très étrange n'était encore arrivé, outre les incompréhensibles allers-retours d'Hirano, armés de plusieurs objets, tous plus farfelues les uns que les autres, qu'il avait pu voir depuis la fenêtre de son office. D'après ce que lui avait rapporté Tsurumaru (*2) –qui avait brusquement déboulé dans son bureau pour lui faire une "surprise"- les malheurs de Doudanuki semblaient avoir cessés, Yamanbagiri était enfin remis de sa fièvre, et la corvée de champ, duquel se plaignait Hachisuka, était finalement accomplie. Et en prime, Mutsunokami avait pu goûter à un excellent gâteau occidental qui l'avait réjoui.

Le Saniwa se mit à rire. Depuis qu'il était ici, aucune journée n'avait semblé la même. Bien sûr, certaines choses restaient diamétralement les mêmes, comme la nonchalance de Kashuu qui s'expliquait par son ancienneté dans le domaine, le côté quelque peu maniaque d'Hasebe, qui puisait sa volonté dans une loyauté sans pareille, le fantasque de Tsurumaru, qui cherchait à rendre chaque jour plus surprenant que le précédent, ou la personnalité plutôt décontractée d'Uguisumaru, qui préféré avancer dans l'avenir plutôt que de se remémorer le passé.

Chacune de ses épées, à sa manière, rendait son quotidien unique, tout en le parsemant de petites routines rassurantes.

« Aruji ? »

Quelques coups à la porte suivirent l'appel avant qu'une petite tête brune ne fasse son entrée, se dirigeant d'un pas timide jusqu'à son secrétaire, une photo tendue devant lui de ses deux mains.

« Regardez ! Regardez ! »

« Montre-moi ça… »

Le Sage se leva de sa chaise, contournant le bureau pour faire face à son Toudan, prenant délicatement l'image entre ses doigts.

« Oh, c'est une photographie de toi et d'Uguisumaru, Hirano ? C'est… Qui vous a maquillé le visage en blanc ? »

« Mutsunokami-san a dit que les visages ressortaient mieux comme ça. »

Il faut définitivement que j'achète un autre appareil, ça en devient ridicule…

Le Saniwa sourit gentiment à cette remarque, marchant jusqu'aux canapés pour s'asseoir sur l'un d'eux, entrainant le Tantou à sa suite, le faisant s'installer à ses côtés.

« J'ai aussi trouvé un trèfle à quatre-feuilles, comme vous l'aviez dit ! » s'écria finalement la petite lame, reprenant la photographie dans les mains.

« Tu l'as sur toi ? » demanda-t-il alors, heureux de la nouvelle.

« Non, non. Je voulais l'offrir à Uguisumaru-sama pour engager la conversation, mais Doudanuki-san semblait en avoir plus besoin, alors, je le lui ai donné. » déclara Hirano, souriant, la tête penchée sur le côté.

« C'est très gentil de ta part. » souffla-t-il, avançant sa main pour caresser les cheveux de son Toudan qui gloussa de bonheur.

« Pour me remercier, il m'a offert un haltère pour m'entraîner, mais c'était bien trop lourd pour moi donc, je l'ai donné à Kasen-san pour qu'il puisse calligraphier sans être gêné par le vent. »

« Un… un haltère… ? » hoqueta le Sage surprit, tandis qu'un frisson lui parcourait l'échine.

C'est quoi cette histoire, encore… se mit-il à penser, certains que des choses rocambolesques devait être arrivée à l'enfant.

« Et puis, j'ai reçu un livre sur le corps humain en compensation, mais il avait plus l'air d'intéresser Yagen-nii-san, donc il me l'a pris en échange d'un médicament qui a servit à guérir la fièvre de Yamanbagiri-san. D'ailleurs, il a fait la rencontre du Dieu de la rivière Sanzu. » continua de débiter le Tantou, toujours plus heureux de raconter son récit.

« Haha… vraiment… ? » lança le Saniwa, le sourire ne quittant pas ses lèvres devenant de plus en plus crispé au fur et à mesure de l'histoire.

« Et puis, il y a eu la cape qui servit à réchauffer Nikkari-san, le dakimakura que voulait tant Sayo-san, oh, et le vieil ami de Souza-san qui a aidé Hachisuka-san pour la corvée du champ. » raconta Hirano, épargnant les grandes lignes au garçon aux yeux dorés.

Le vieil ami… ? Est-ce qu'il parle du train de labour ? se questionna-t-il, reconnaissant malgré tout que la petite lame n'entre pas dans les détails.

« Et grâce à ça, Hachisuka-san m'a offert du gâteau Castella que Uguisumaru-sama a pu déguster avec son thé ! Ensuite, Mutsunokami-san s'est proposé de faire une photo ! »

« C'est… une sacrée aventure que tu as vécue, dis-moi. » relata le Saniwa, laissant un petit rire lui échapper. « Je n'aurais jamais pensé, ce matin, qu'un simple trèfle à quatre-feuilles puisse te faire vivre autant de choses. Mais au final, il semble que tu aies eu ce que tu voulais, voire même plus encore. »

« Oui ! » acquiesça l'enfant, comblé.

« Je t'avais dit que cela porter chance, pas vrai ? »

« Je n'avais pas vu les choses de ce point de vue… » réfléchis un instant le Tantou, la tête ailleurs, avant de finalement déclarer : « Mais vous avez raison ! Même si je ne l'ai pas gardé longtemps, il m'aura vraiment porté bonheur ! »

« J'en suis ravi… » souffla le Sage, passant une nouvelle fois la main dans les cheveux d'Hirano, partageant un éclat de rire avec ce dernier.

Une journée unique en soit…

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C'est une effervescence de voix et de bruits en tout genre qui le fit relever la tête de ses papiers dans lesquels il était plongé depuis plus de deux heures maintenant. Se relevant, il s'approcha lentement de la fenêtre de sa chambre, l'ouvrant tout en parcourant la cour du regard. Le grand cerisier mort semblait provoquer quelques émois, en bas. Souriant, il secoua la tête, et s'accouda au rebord, observant l'agitation que provoquer l'arbre sacré. (*3)

« C'est vrai ! On aimerait un cerisier ! » s'écria Namazuo, décidé.

La Saniwa rit un peu, touché par les désirs de ses Touken Danshi qui partageaient tous une peine qu'ils ne pouvaient totalement dissimuler. Mais, il n'y avait vraiment pas besoin de vouloir tant un cerisier. Après tout, ils se rendraient vite compte qu'avec de la patience, leurs demandes seraient accordées.

« Si l'on remontait dans le temps à l'époque de Hanasaka-jii-san, ne pourrait-on pas lui emprunter un peu de cendre ? »

« Si seulement toutes les légendes étaient réelles… » se dit-il en souriant, les yeux fermés, la tête penchée sur le côté.

Il regarda à nouveau dans la direction de ses épées, ces dernières semblant se poser mille et une question à propos du type d'arbre, tentant, de leurs techniques médiocres quoique amusantes, d'en faire définitivement un cerisier à la mesure de leurs souhaits.

Un souhait ? Hmm, ce n'est pas une si mauvaise idée…

Le Sage pencha la tête sur le côté, sa pensée venant faire écho à la proposition soudaine de Yamatonokami. Il plissa les yeux, et sourit lorsque l'idée ingénieuse de l'Uchigatana se dévoila dans son esprit tandis qu'il réalisait que le verso du papier qu'utilisaient ses Toudan était rose.

« E-Est-ce que ça veut dire que c'est comme Tanabata ? »

Refermant la fenêtre, le garçon se dirigea vers les shōji, décidant d'aller voir de plus près le remue-ménage qu'avait provoqué l'ancienne épée d'Okita Souji.

Ça risque d'être intéressant.

Descendant les marches une à une, il longea le couloir de l'entrée, parcourant la citadelle jusqu'à la cour intérieure, et s'adossa discrètement contre le chambranle du mur, s'assurant que, depuis sa position, il ne puisse être vu.

« Je souhaite que les fleurs de cerisier fleurissent. »

« Je souhaite… »

« …que les fleurs de cerisier fleurissent. »

Le temps avait l'air de s'être arrêté cette après-midi, comme si le soleil refusait de se couchait malgré l'heure tardive qui arrivait. Il sourit à la vue de ses Toudan travaillant d'arrache-pied pour quelque chose qui aurait pu sembler complètement futile à d'autres personnes. Chaque Tōshirō s'étant fait un devoir de voir leurs vœux se réaliser, ils travaillaient d'autant plus dur, s'appliquant le mieux possible à la tâche…

« Fleurs de cerisier, fleurs de cerisier, fleurs de ceri… »

Quand d'autres choisissaient la solution de facilité pour aller plus vite. Mais cela restait une activité des plus agréable, non ? Observer sans être vu, et ainsi devenir le complice secret de quelques choses qui avait pris une tournure quelque peu différente de l'objectif premier.

« Ah, tu n'écris pas ce qu'il faut ! »

« Ne regarde pas ! »

Emporter par leurs enthousiasmes, et guidé par les désirs profonds que recelait leurs cœurs, ils avaient tous, plus ou moins finit par s'éloigner de leur but, recherchant une vérité que le garçon ne pouvait leur donner à ce moment précis.

« En espérant que cela les aidera… » souffla-t-il en rebroussant chemin, remontant dans ses appartements.

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« C'est en pleine floraison. »

Il se leva de son chabudai à l'entente de cette phrase, s'approchant une nouvelle fois de la fenêtre de sa chambre, et observant le résultat du travail acharné de ses Toudan après des heures à écrire. L'Arbre sacré brillait de mille feux, ses milliers de souhaits accrochés aux branches offrant un spectacle des plus impressionnants. Il sourit, ravi de voir une telle chose, et se perdit dans la contemplation du cerisier fleuris.

« Saniwa-sama ? »

« C'est magnifique, pas vrai Shinnosuke !? »

Le petit kitsune affublé de touffes sur les oreilles s'avança à son tour, s'asseyant sur le rebord, les yeux écarquillés, bouche bée.

« Waaaaw ! C'est un cerisier ! »

« Mm-hmm. C'est plutôt bien fait ! »

« Ah, Konnosuke a vu les vœux que tout le monde écrivait. Il y en avait plein qui disait « je veux que les fleurs de cerisier fleurissent » ou bien juste « fleuris s'il te plaît ». »

« C'était le but, oui. »

Le renard se retourna, abaissant ses oreilles sur la tête, déclarant d'une voix triste :

« Il y en avait d'autres aussi, comme « je veux revoir Kousetsu-nii-sama » ou « je veux jouer avec Ichii-nii ». »

« Je sais. » répondit le Sage gentiment, passant une main dans la fourrure de l'animal en rajoutant : « J'espère pouvoir également accéder à leurs demandes, un jour. »

« Ha, je suis sûr que cela arrivera ! » s'écria la créature avec un sourire, tentant de réconforter le garçon.

« Tu es adorable… »

« J'ai entendu dire que si tu mets tous tes sentiments dans ce que tu écris, tes vœux se réaliseront. »

Fermant les yeux à ce souvenir, le Saniwa sourit, joignant les mains en levant la tête, le regard plongé vers l'arbre aux centaines de feuilles roses.

« Que chacun de ces souhaits soit entendu, qu'importe le temps qu'il faudra pour cela… »

« C-c-ce sont des fleurs de cerisier ! »

« Des bourgeons de fleurs de cerisier ?! »

« Heiiiin ?! » s'exclama Shinnosuke en se relevant, approchant un peu plus du bord pour mieux voir avant d'être brusquement arrêté par le garçon qui l'agrippa dans ses bras, retournant à sa table de travail en indiquant, un étrange sourire sur les lèvres :

« C'était évident, non ? »

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Le cerisier de papier resplendissait comme s'il avait s'agit d'un vrai. Il sourit en s'avançant vers le tronc, le soleil couchant baignant la plaine de ses rayons, s'harmonisant à ce dernier avec une perfection presque divine, ses différentes teintes de roses venant se refléter sur les centaines de vœux de ses Toudan. C'était étrange, comme le vieil arbre sacré avait rapidement accéder aux demandes des habitants de ce domaine presque comme s'il avait attendu depuis trop longtemps que quelques désirs cachés, quel qu'ils puissent être, lui soit envoyé. Et les Dieux avaient répondu présent, bénissant ce foyer par la même occasion.

Mais l'appréhension qu'il gardait enfermé en lui, ne disparaissait pas malgré cette constatation. Ses mains tremblaient sous l'émotion et son cœur tambourinait comme jamais dans sa poitrine. Il tourna la tête d'instinct, et se retournant, observa comme les deux Uchigatana partenaires marchaient tranquillement le long de l'engawa tout en discutant gaiement, ne remarquant pas sa présence au loin.

« Je protégerais Okita-kun. »

Un vœu qui ne se réaliserait pas, qu'importe la force de son désir. Agrippant une des branches, il se hissa sur l'arbre, décrochant le souhait de Yamatonokami, l'observant quelques secondes avant de finalement le reposer à sa place en soupirant. Même s'il prenait une part active dans ce conflit qui accaparait l'ancienne épée du membre du Shinsengumi, aucune des décisions qu'il prendrait ne seraient décisives. Toutefois, l'inquiétude qu'il ressentait ne faisait que grandir à mesure que les jours s'enchaînaient.

Quelque chose allait se produire. Une chose grave, importante, et qui aurait des conséquences non-négligeable. Fermant les yeux tout en s'adossant à l'arbre, il porta la main à sa gorge, l'étrange sensation d'avoir du sang dans la bouche venant le frapper subitement. Un cauchemar, cette nuit encore, prendrait possession de lui. Le même que les autres fois. Encore et encore… jusqu'à ce que cette histoire ne se voit attribuer un point final. Mais il n'était pas celui destiné à ce geste. Il le savait. Tout ce qu'il espérait, c'était que celui-ci ne se révèle pas être le dernier non plus…


Endnote :

(*¹) : Vous connaissez ?! Perso, c'est un tric que j'ai découvert au Japon, j'en avais jamais entendu parler jusque-là. Il s'agit d'une de petit papier crépi, du genre feuille de papier dessin canson niveau matière, qui permet de gratter le vernis à ongle facilement, sans laisser de trace. Ça ne rape que la couche de vernis, mais pas l'ongle.

(*²) : Étant donné son caracter un peu farceur, je l'imagine beaucoup comme une espèce de gamin turbulent et hyperactif qui observe tout ce qui se passe dans la citadelle avant d'aller en faire un compte-rendu précis au Saniwa ! XD

(*³) : Les énormes arbres comme celui de la citadelle sont souvent très vieux, généralement centenaire. Ce type d'arbre est considéré comme sacré au Japon, et généralement, on dit qu'ils sont béni et ont reçus la puissance des dieux, du coup, ils en deviennent un, eux-mêmes.

Tanabata : (七夕, « La septième nuit [du septième mois] ») est la fête sino-japonaise des étoiles, Qīxī. La fête a généralement lieu le 7 juillet ou le 7 août, et célèbre la rencontre d'Orihime (織姫/織女) et Hiko-boshi (彦/星). Selon la légende chinoise, la Voie lactée, une rivière d'étoiles qui traverse le ciel, sépare les deux amants maudits, et il leur est permis de se rencontrer une fois l'an. Ce jour particulier est le septième jour du septième mois lunaire du calendrier luni-solaire.