Chapitre Quatre : Avril - Uzuki (卯 月): Je me demande ce que la force signifie.


En l'an 2205,

Afin d'anéantir l'Armée de l'Histoire Inversée, qui essaie de changer l'histoire,

Eux, qui sont nés d'épées,

S'engage dans un combat mortel aujourd'hui encore !

Je crois bien qu'il est parti prendre un bain. Ah, Horikawa-san, ce n'est pas la peine de l'y rejoindre!

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Du sang s'écoule de sa gorge comme un torrent, dévalant sa bouche pour s'écraser sur le sol. Une détermination sans faille électrisant ses membres, le poussant à se remettre debout, faisant face à l'adversaire. Le son de la pointe d'une épée qui se brise, une douleur fulgurante à la poitrine et derrière lui, la fenêtre se colorant d'un liquide rouge tandis qu'un cri résonne au loin…

« Aruji-sama ! »

« Hein ? »

Il se retourna, les yeux écarquillés, son regard s'ancrant dans celui de son interlocuteur.

« Vous ne m'écoutiez même pas ! »

« Désolé… »

Le Saniwa baissa la tête sur les papiers éparpillés sur son bureau, l'esprit encore ailleurs. Se passant une main sur le visage, il sourit, et hocha la tête en direction du petit animal assis juste devant lui, les sourcils froncés de contrariété tandis qu'il époussetait le foulard rose qu'il avait autour du cou.

« Je t'écoute, Ryonosuke. » lança-t-il, joignant les mains l'une contre l'autre en signe d'excuse silencieuse.

« De ce que raconte le Gouvernement du Temps, dernièrement, la Force Rétrograde se fait plutôt discrète. » reprit le kitsune, posant une patte sur la table de travail qui afficha une carte illuminé de plusieurs points rouges accompagné de dates historiques.

« Ce n'est pas plus mal, si tu veux mon avis. » répondit le Sage en analysant les données.

« Effectivement. Malheureusement, le Gouvernement pense qu'ils préparent quelque chose. Une attaque d'envergure. » relata la créature à fourrure en refermant toutes les pages holographiques , sautant du bureau pour s'y poster en face, en position assise.

« Le calme avant la tempête, hein ? » déclara le Saniwa en plissant les yeux, réfléchissant.

« Ils… Ils demandent à tous les Saniwa de se tenir prêts. » murmura la boule de poils en détournant le regard, évitant ainsi de croiser celui du garçon.

« C'est déjà ce que nous faisons constamment, Ryonosuke ! » s'écria subitement ce dernier en se levant de sa chaise, faisant quelques pas.

« Je ne fais que transmettre ! C'est vous qui m'avez chargé des communications extérieures. » signala le renard en faisant la moue.

« Je sais, je sais… » souffla le Sage, contrarié.

Quelques coups résonnèrent et il se tourna de nouveau alors que la porte de type occidentale s'ouvrait. Hasebe entra d'un mouvement vif avant de faire un pas en arrière, ressentant immédiatement l'atmosphère que dégageait la pièce.

« Je… Pardon pour le dérangement. Je peux repasser plus tard, si le maître est occupé. » indiqua-t-il, légèrement hésitant.

« Absolument pas ! Entre. » assura le Saniwa, fronçant les sourcils à son tour. « Ryonosuke en avait terminé, n'est-ce pas ? »

« Qu'est-ce… Qu'est-ce que je dois répondre ? »

« Tu leur diras, qu'avec tout mon respect, le jour où ils auront des informations concrète à nous donner, ce jour-là, je me tiendrai prêt ! »

« Compris… »

Heshikiri offrit un sourire compatissant au passage du kitsune qui franchit la sortie, refermant derrière lui. Le garçon soupira lourdement, se laissant tomber négligemment dans l'un des canapés, observant du coin de l'œil, la carte toujours active sur le mur du fond.

« Est-ce que tout va bien ? » demanda l'Uchigatana d'une voix douce, saisissant la théière se trouvant sur la table basse pour verser un peu de thé dans une tasse qu'il tendit au Sage.

« Merci. » prononça celui-ci en enroulant ses mains autour de l'objet avant d'en boire une gorgée. « Ce n'est rien. Juste les problèmes quotidiens. »

« Je vois. »

« Quelque chose ne va pas ? » questionna le Saniwa, la tête penchée sur le côté en signe d'interrogation.

« Hmm… Oh, vous ne m'avez pas fait demander ? » affirma Hasebe posant ses mains sur ses hanches, ajoutant : « Konnosuke m'a pourtant dit que… »

« Ah, oui…. Avec cette histoire, ça m'était complètement sortit de la tête… » l'interrompit le Sage en secouant la tête énergiquement.

Reposant sa tasse, il marcha en direction du bureau, ouvrant le tiroir pour en sortir un petit bonhomme de papier blanc affublé de son symbole.

« J'ai enfin terminé les préparatifs. La prochaine épée est prête à être invoquée. » dit-il en tendant le pictogramme à sa seconde lame.

« De qui s'agit-il, cette fois ? » interrogea Heshikiri, étudiant la petite feuille comme si elle-même allait lui répondre.

« C'est une petite surprise réservée à mon secrétaire. D'ailleurs, je suis sûr qu'il sera ravi de s'en charger. » annonça-t-il, un fin sourire sur les lèvres.

« Donc, je laisse… »

« Horikawa-san. »

« Horikawa s'en occuper. Très bien. Qu'est-ce que je peux faire d'autres ? »

« Une fois arrivé, tu emmèneras le nouveau venu jusqu'à ma chambre. J'ai des documents à consulter, je préfère le faire au calme. »

« À vos ordres. Profitez-en pour vous reposer. Vous avez invoqué beaucoup de nouveaux Touken Danshi récemment, personne ne vous en voudra de faire une pause. »

Son Toudan passa la porte sans aucune autre parole, laissant le garçon seul avec ses pensées, un sourire contrit collé au visage.

Si seulement…

S'approchant de la fenêtre entrouverte, il glissa ses doigts sur le rebord glacé, appréciant le contact froid s'opposant aux températures estivales qui augmentaient d'autant plus à mesure que les mois s'écoulaient. Ses yeux rencontrèrent alors les silhouettes des deux anciennes épées d'Okita Souji tandis qu'Horikawa Kunihiro sortait de la pièce principale pour rejoindre Hasebe sur l'engawa.

« Encore… Encore le même rêve… Yasusada… »

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Le cerisier aux dix-mille feuilles resplendissait à travers tout le domaine. Observant l'arbre sacré depuis sa chambre, les paupières closes, le vent fouettant agréablement son visage à chaque brise qui se levait, il n'entendit qu'on l'appelait que lorsque les shōji s'ouvrirent, faisant un bruit feutré en coulissant.

« Aruji-san ? »

« Ah, Horikawa-san. Excuse-moi. Est-ce que… Kane-san est enfin là ? » demanda-t-il sans vraiment avoir besoin de réponse, un sourire espiègle étirant les recoins de sa bouche.

« Oui ! » répondit le Wakizashi en hochant vivement la tête, partageant le sourire de son maître.

« Bien, fais-le entrer dans ce cas. »

Un grand homme aux longs cheveux bruns passa les portes, éclairé par les rayons du soleil, illuminant avec éclat le rouge de son kimono retroussé.

« Yo ! Je suis l'épée adorée du vice-commandant Hijikata Toshizou. Je suis une épée classe et forte, récemment devenu assez populaire. Je suis Izu… »

« Izuminokami-san. »

« Aaah, même là… »

« Pas mal de monde attendait ta venue, y compris moi. » déclara le Sage en s'asseyant à terre, invitant l'Uchigatana à faire de même.

« Héhé… me voilà. » souffla ce dernier en riant légèrement, prenant place en face du garçon aux yeux dorés.

« J'imagine que tu as beaucoup de questions… je t'écoute. » relata le Saniwa, accentuant son sourire.

« Ce… n'est pas plutôt à vous de me faire un discours… ? » s'étonna l'ancien sabre du Shinsengumi en ouvrant grands les yeux.

« Eh bien, je t'ai invoqué, c'est vrai… Mais, à partir de là, tu es maître de tes choix. » indiqua le Sage en pinçant ses lèvres, quittant la position seiza pour s'installer plus confortablement. « Tous les Toudan de cette citadelle ont accepté de devenir mes alliés dans le combat qui nous oppose, moi et les miens, contre l'Armée de l'Histoire Inversée. À toi de me dire si tu veux me rejoindre à ton tour, ou non. »

« Vous m'avez appelé. Prenant possession de la lame que je suis, et la soulevant en pleine bataille pour donner l'assaut. À présent, il n'y rien qui ne fasse pas de vous mon maître. » (*1)

Souriant à nouveau à ces mots, le garçon se releva, parcourant la pièce jusqu'à son chabudai pour y saisir une petite clochette en or gravé d'un symbole en forme de trois tomoe, et revenant sur ses pas pour la tendre à l'Uchigatana en expliquant :

« Des criminels temporels se proclamant "Révisionnistes Historiques" ont créé, dans le but de corriger l'histoire légitime, la "Force Rétrograde" et remontent à plusieurs reprises dans le temps pour en modifier les évènements. Pour abattre cette Force, le Gouvernement du Temps nous a envoyé, nous autre, Saniwa pour protéger toute l'histoire. »

« Dans quel but font-ils cela ? » questionna Kanesada en relevant un genou pour s'y appuyer.

« Nul ne le sait vraiment. Néanmoins, il ne sert à rien de vaincre l'Armée de l'Histoire Inversée si l'histoire elle-même est également perturbée. Par conséquent, seules de petites troupes sont envoyées pour protéger l'histoire et les méthodes d'envoi sont strictement restreintes. La Force Rétrograde amène, elle, des troupes illimitées du futur et les envoie dans le passé. » continua le Sage en prenant de nouveau place sur le sol.

« Il semble clair quant à savoir qui sera victorieux, dit comme ça. » lança Izuminokami, balayant l'air de sa main.

« Certes, l'avantage est à l'ennemi. Mais de ce que je sais, à l'époque, le Shinsengumi non plus ne semblait pas avoir d'avenir, du moins, jusqu'à l'arrivée d'un certain vice-commandant… » argua le garçon avec un demi-sourire, les yeux plissés de malice.

« Hijikata-san… » murmura l'épée, détournant le regard.

« L'espoir n'est vain que lorsqu'il n'y a plus personne pour se battre. Tant que les Saniwa se tiendront debout, tant que nous pourrons compter sur nos Touken Danshi, alors nous nous battrons. »

« Jusqu'à la fin… » prononça l'Uchigatana dans un souffle (*2), ses pupilles se reflétant dans celles du Sage, ce dernier répétant à son tour :

« Jusqu'à la fin… »

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« Il n'est pas là depuis dix secondes, que déjà, il en fait des tonnes. »

« Son arrivée n'a pas l'air de te réjouir, je me trompe ? »

« Aruji ! »

Se retournant brusquement sur lui-même, Kasen porta le regard sur le garçon aux cheveux cerisier qui se tenait dans son dos une minute auparavant. Grimaçant légèrement, il s'appuya au chambranle du pilier soutenant l'engawa tandis que le Saniwa s'asseyait à ses côtés, laissant ses jambes pendre dans le vide, observant de loin comme les anciennes épées du Shinsengumi s'exerçaient dans la salle d'entraînement.

« J'aurais cru, pourtant. » ajouta-t-il d'une voix feignant la surprise.

« Ce n'est pas ça… » argua Nosada en soupirant, un air passablement triste glissant sur ses yeux. « Il est simplement… simplement… »

« De la douzième génération ? »

« Envahissant ! »

S'exclamant en même temps, ils se tournèrent l'un vers l'autre, chacun s'étonnant de la réponse donnée. Le Sage se mit à rire doucement en secouant la tête, comprenant qu'il avait visé juste en voyant son Toudan se détourner complètement pour contempler l'horizon.

« Il t'admire… énormément, pour être de cette seconde génération, si renommée. »

« Vous ne le connaissez pas. Ce n'est pas de l'admiration, c'est de la jalousie. » dévoila Kasen, crachant ces mots de manière sèche.

« Très bien. Donc, il te jalouse énormément. Je ne sais pas toi, mais je trouve ça plutôt révélateur. » énonça le garçon avec un petit sourire, tournant la tête vers le Touken Danshi.

« Vraiment ? Tout ce je vois, moi, c'est qu'il n'a rien d'un Kanesada, et que les airs qu'il se donne ne font qu'entacher un peu plus la réputation de notre école. » lança avec mépris ce dernier, croisant les bras sur sa poitrine.

« Et pourtant, tu es là. » souffla le Sage, fermant les yeux tout en continuant sur sa lancée : « Tu pourrais l'ignorer, ne jamais le croiser. Cette citadelle est bien assez grande pour cela. Mais tu es là. »

« Je… » hoqueta Nosada, hésitant.

« C'est un Kanesada, quoi qu'il en coûte. » rajouta le garçon, ne laissant pas le temps à son épée de répondre : « Et tu veilleras sur lui, parce que, et peu importe ce que tu peux bien dire, tu tiens à lui. Et surtout, il tient à toi. »

« Oui… » murmura Kasen, un sourire amer sur les lèvres, rebroussant chemin avec lenteur.

« Eh, vous devez vous abstenir de vous entraîner avec de vraies épées ici ! »

« Qu'est-ce que… ! »

Fronçant les sourcils à l'exclamation de son maître qui s'était soudainement relever, l'Uchigatana se retourna à nouveau, intrigué.

« Aruji ? »

Tombant sur son cadet en train d'affronter Yamatonokami Yasusada, de véritables épées à la main, il écarquilla les yeux de surprise, bafouillant, complètement perdu :

« I… I… Izumi…no…kami ! »

Réunir les anciens membres du Shinsengumi était peut-être une mauvaise idée de ma part… ? pensa le Saniwa tandis qu'il observait la bataille, l'effarement le paralysant sur place.

« Cet idiot ! Même sa façon de combattre manque d'élégance ! » s'écria d'un coup Nosada, les poings serrés.

« C'est de ça que tu t'inquiètes ?! » riposta le Sage, abasourdi.

Des éclats de rire résonnèrent au loin, l'affrontement se terminant enfin sur la chute navrante de Kanesada, et le garçon soupira en se tenant la tête d'une main. Posant le regard sur Kasen, celui-ci toujours sous le coup de l'émotion, il sourit, tapota de manière réconfortante l'épaule de l'Uchigatana et retourna sur ses pas, mentalement épuisé. Pour cette fois, il laisserait passer le petit écart de conduite de son Toudan.

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Un peu plus tôt dans la journée…

Quelques coups contre le bois le firent suspendre sa lecture, forçant Konnosuke qui se prélassait sur ses genoux à se lever, ouvrant les shōji alors qu'il délaissait son ouvrage sur le côté, observant les Tōshirō entrer dans la pièce, le saluant.

« Aruji ! Il faut absolument que nous allions acheter du sake ! » s'écria Midare de sa douce voix, écartant les bras de manière dramatique.

« Du sake ? Pour quelle raison ? » fut surprit le Saniwa, fronçant les sourcils, à la fois curieux et inquiet.

« C'est Jiroutachi-san ! Il est en manque ! Si ça continue comme ça, il va perdre sa divinité ! » s'exclama Maeda en faisant un pas en avant, les mains jointes contre la poitrine.

Ca m'étonnerait fort… Mais bon, le connaissant…

« Il est en train de se plaindre, c'est ça ? » demanda-t-il, les yeux plissés, la mine blasée, clairement habitué.

« Oui, Taishō. » déclara Atsushi sans détour.

« Bien, puisqu'il n'y a pas d'autre choix… »

Se relevant, il marcha jusqu'à sa commode, tirant un tiroir duquel il saisit un petit porte-monnaie rouge et or qu'il remit autour du cou de l'épée aux longs cheveux blonds, ne lâchant pas l'objet tandis qu'il ordonnait :

« Surtout, pas d'achats inutiles, pas de raccourcis qui ne mène nulle part, et par pitié, pas d'alcool pur… je ne veux pas qu'il se mette à délirer… »

« Compris ! » répondirent en chœur ses Toudan, ressortant de la pièce, un sourire sur les lèvres.

« Merci, Taishō. »

« On fera attention sur le chemin ! »

Les portes coulissantes restèrent ouvertes devant ses yeux clos, priant désespérément pour que les choses ne dégénèrent pas une nouvelle fois.

« Vous êtes sûr que c'était une bonne idée de les laisser y aller seuls… Le Bazar peut être drôlement attractif pour des Touken Danshi qui ne connaissent pas la moitié des choses qui s'y vendent. » lança Konnosuke en rejoignant le garçon devant l'entrée, lui offrant un regard dubitatif.

« Il faut bien qu'ils gagnent de l'expérience, non ? Quoique… » hésita le Sage en secouant la tête de dépit avant d'ajouter, sans combativité : « Arrivera ce qu'il arrivera… je ne veux même pas savoir… »

Disant ces mots, il descendit les marches de l'escalier, parcourant la citadelle à la recherche d'une personne bien précise.

« Ah, mais où vous allez ?! » se lamenta le petit kitsune depuis l'étage. « Et ma sieste ?! »

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Un peu plus tard dans la journée…

« C'est de ça que tu t'inquiètes ?! » riposta le Sage, abasourdi.

Des éclats de rire résonnèrent au loin, l'affrontement se terminant enfin sur la chute navrante de Kanesada, et le garçon soupira en se tenant la tête d'une main. Posant le regard sur Kasen, celui-ci toujours sous le coup de l'émotion, il sourit, tapota de manière réconfortante l'épaule de l'Uchigatana et retourna sur ses pas, mentalement épuisé. Pour cette fois, il laisserait passer le petit écart de conduite de son Toudan.

Je pourrais bien prier continuellement, que même les Dieux seraient incapables de les stopper. pensa-t-il en prenant le chemin de son office, le pas lourd.

Entrant à l'intérieur de la pièce, il récupéra plusieurs livres différents qu'il tint d'une main, l'autre le délestant de son haori bleu qu'il reposa négligemment sur le dossier de son fauteuil. Il fallait qu'il se remette rapidement au travail, si les Révisionnistes préparaient effectivement une attaque d'envergure, alors il aurait besoin de Touken Danshi bien plus puissants pour les arrêter.

Il passa par la forge, laquelle diffusait toujours une profonde chaleur malgré le fait que le four était éteint, et, posant sa charge sur son établi, se mit à compter mentalement les ressources qu'il lui restait, alignant devant lui les derniers O-fuda qu'il avait encore en sa possession et qui lui servait à invoquer des épées à la rareté considérable.

Juste ce qu'il faut pour faire appel à lui… Il faudra que je pense à me réapprovisionner.

Soupirant, il rangea le tout et reprenant ses ouvrages, se dirigea vers sa chambre, toujours accaparer par ses pensées. Il s'arrêta toutefois sur le seuil, lorsqu'il s'aperçut qu'un énorme poisson lui bloquer le passage, ainsi que plusieurs autres objets en tous genres.

« J'avais pourtant dit, pas d'achats inutiles… » gloussa-t-il, nullement surprit.

Souriant, il fit coulisser les shōji, enjamba la montagne de petits bibelots, posant les livres sur son chabudai avant de ressortir pour les ramasser un à un. Il prit le temps de contempler longuement la photographie, son sourire s'agrandissant, et accrocha le thon empailler dans la pièce, rangea les lunettes de soleil et le porte-monnaie –désespérément vide - dans sa commode, ainsi que l'effrayant sac rieur, et dégusta avec plaisir son bento accompagné de quelques verres de sake bien frais.

Puis, ressortant à nouveau de sa chambre, la photo en mains, il s'avança vers le fond et colla avec délicatesse cette dernière, ses lèvres s'étirant une nouvelle fois, sur le mur juste au-dessous de la fenêtre faisant face au cerisier sacré.

« Ce fut une excellente journée ! »


Endnote :

Seiza : est une position assise utiliser par les japonais. Généralement, il est dit, là-bas, qu'elle est la manière la plus correcte de s'asseoir. C'est-à dire appuyer sur les genoux, l'arrière reposant sur les chevilles. Cette position est notamment utiliser par les occidentaux lorsuq'ils pratiquent un art martial tel que le judo ou le karaté etc...

(*1) : Cette phrase est une métaphore bien sûr. Toutefois, lors de la bataille d'Hakodate, la dernière du vice-commandant du Shinsengumi, Hijikata Toushizou, ce dernier, à cheval en première ligne de combat, leva son épée en l'air pour lancer l'assaut, et ainsi ordonner aux troupes d'attaquer. Il fut tué par balle lors de cette même bataille, et perdit ainsi la guerre.

Tomoe : Un tomoe (巴) est un antique symbole héraldique du Japon en forme de magatama. Essayer de penser aux symboles noir et blanc du Yin-Yang ou au sharingan si c'est plus simple pour vous ! :D

(*2) : Ici, je fais également référence à Hijikata. En effet, malgré que tout ses compagnons soient morts, que le gouvernement soit pleine révolution, et que le Shinsengumi n'existe pratique plus, Hijikata a continué de se battre pour ce dernier, honorant son devoir envers le Shogun jusqu'à sa mort à Hakodate, et donc, "jusqu'à la fin..."

O-fuda : Un O-fuda (ou ofuda) est un élément du Jeu Touken Ranbu. Il s'agit d'un item servant à invoquer de puissantes et rares épées, tel que Mikazuki, durant le forgeage. Dans le contexte réel, c'est un talisman, issu d'un temple shintō, fabriqué en inscrivant le nom d'un kami (Dieux), le nom d'un sanctuaire shintô ou un symbole représentant le kami sur une bande de papier, de bois, de tissu ou de métal.

Dans cette histoire, les deux versions sont utilisés. Les O-fuda sont, ici, un moyen d'invoquer de rares épées en priant les kami.