Chapitre Sept : Juillet - Fumizuki (文 月): Le bonheur de penser à quelqu'un.
En l'an 2205,
Afin d'anéantir l'Armée de l'Histoire Inversée, qui essaie de changer l'histoire,
Eux, qui sont nés d'épées,
S'engage dans un combat mortel aujourd'hui encore !
Je compte sur toi aussi, Yagen.
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Parcourant la citadelle fleurie d'une douce brise en cette nuit d'été, le vent se frayait doucement un chemin jusque dans la forge, entrant par la porte entrouverte, le faisant frémir malgré la chaleur du lieu dû au feu flamboyant dans le four. Essuyant la sueur qui perlait de son front de son poignet, il souffla de soulagement en reposant le Wakizashi tout juste forgé sur l'établi en face de lui. La porte coulissa subitement, le faisant se retourner tandis qu'un de ses Toudan passait l'entrée. Il sourit en prévoyance, pensant qu'il s'agissait sûrement de son serviteur et ouvrit grands les yeux de surprise en voyant l'Uchigatana au hakama bleu marcher jusqu'à lui en observant la pièce de manière curieuse.
« Yasusada ? »
« Désolé, je ne voulais pas vous déranger… » annonça l'épée d'une petite voix, offrant un sourire contrit au Saniwa.
« Ne sois pas ridicule, voyons. J'avais terminé de toute façon… » affirma celui-ci en souriant à son tour, laissant son regard se perdre quelques secondes sur la courte lame avant de reprendre : « Tu voulais quelque chose ? »
« Hmm, oui. Je me demandais, ces herbes qu'Hasebe cultive pour vous… est-ce que je pourrais en emprunter un peu ? » questionna Yamatonokami, plus confiant.
« Le Shiso ? Pour quoi faire ? » s'étonna le Sage en défaisant son tatsuki, relâchant les manches de son hakama cyan qui retombèrent avec délicatesse sur ses bras.
« Un omamori. »
Relevant les yeux vers son Touken Danshi, le garçon plissa ces derniers, intrigué, puis fit quelques pas, attrapant le petit sachet beige que tenait entres ses doigts l'Uchigatana et tout en l'inspectant, pencha la tête sur le côté.
« Je vois. » murmura-t-il, rendant l'objet fait main à son propriétaire. « C'est plutôt populaire en ce moment, non ? » demanda-t-il ensuite, amusé.
« Oui. » souffla le Toudan, appréhensif.
« Je n'y vois pas d'inconvénient. Fais attention en arrachant les plants, par contre. » conseilla le garçon, souriant de nouveau à l'épée.
« J'y veillerais. Merci, Aruji ! » indiqua Yasusada, ravi, en tournant rapidement les talons.
Soupirant d'épuisement, le Sage ferma les paupières quelques instants et, les rouvrant, prit finalement le Wakizashi entre ses mains, se dirigeant prestement vers la salle d'invocation. La nuit s'était lentement installée, laissant le calme et les ténèbres du ciel étoilé envahir la citadelle. La courte lame, posée sur son support, fut envahie d'une lumière vive éblouissant la pièce alors que les traits d'un jeune garçon se formaient doucement, une petite tortue jaune se tenant fermement à son épaule.
Débitant son discours de présentation, habituel au Touken Danshi qui venaient d'être invoqués, le Saniwa patienta sagement, acquiesçant avec gentillesse aux précisions sans importance du Wakizashi, donnant lui-même quelques informations utiles par la suite avant de finalement ressortir, guidant son Toudan à travers les couloirs sombres jusqu'à ses appartements.
Le shōji devant lui coulissa tandis que la lueur d'une lanterne venait éclairer l'endroit, et il avança prudemment, tendant une main en disant :
« C'est ici, j'espère que ça te convient. »
« Héhé… c'est pas mal… Peut-être aussi bien qu'au château de Ryuugu. »
« J'en suis sûr. »
Souriant affectueusement, le Sage tourna la tête derrière lui en entendant des pas résonnés au loin, et se déplaça légèrement en conséquence, laissant le champ libre au résident actuel de la chambre pour découvrir son nouveau colocataire.
« Urashima ? »
« Hmm ? Hachisuka-nii-chan ! »
Se retournant d'un mouvement vif, Urashima Kotetsu étira ses lèvres en un sourire empli à la fois de surprise et de joie, et franchit rapidement les quelques mètres qui le séparaient de son grand-frère, se jetant avec force dans ses bras.
« Urashima… » murmura Hachisuka, fermant les yeux de bonheur tout en raffermissant son emprise sur le jeune garçon accroché à sa taille.
« J'imagine que son installation ne te dérange pas. » déclara le Saniwa, attendri.
« Évidemment. » assura l'épée aux longs cheveux roses, entrant dans la pièce accompagné du Wakizashi. Puis, faisant face au Saniwa, il détourna légèrement le regard, comme embarrassé, et souffla dans un murmure : « Merci. »
Hochant la tête, le Sage sourit à nouveau, conscient de la reconnaissance profonde cachée derrière ce simple mot, et commença à rebrousser chemin avant de s'arrêter brusquement, une idée lui traversant l'esprit.
« Une sortie à la mer, ça te dit ? » lança-t-il, espiègle, ancrant ses pupilles sur le Kotetsu blond.
« À la mer ? »
« Tu devrais y aller avec Mutsunokami et les autres, je suis sûr que ça te plaira. Et, qui sait, peut-être que le château de Ryuugu se trouvera dans les parages aussi. »
« Héhé, ce serait bien ! »
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D'un blanc neigeux luminescent, comme si un millier de nuages s'étaient regroupés entre eux, le ciel resplendissait comme jamais, accentuant les rayons du soleil de cet après-midi, dont la chaleur ne faisait qu'augmenter à mesure que les heures s'écoulaient.
Installé dans la salle adjacente à la cuisine, le Saniwa terminait son déjeuner accompagné de quelques retardataires, discutant gaiement avec chacun des Touken Danshi assis à table avec lui. Le travail venant à s'accumuler sans cesse sur son bureau, partager un moment avec ses épées se révélait de plus en plus rare, et il n'y avait aucun doute sur le fait qu'il prenait particulièrement plaisir à prolonger ceux qui s'offraient à lui.
« Quand je pense que vous ne me l'avez même pas dit ! »
« Kiyomitsu, tu ne crois pas que tu exagères ? »
« Ce n'est pas juste ! Pourquoi est-ce que Yasusada a eu le droit d'y toucher, lui !? »
« Parce qu'il me l'a demandé le premier ? Franchement, je ne vois pas le problème, tu peux bien trouver autre chose à mettre dans ton omamori, non ? »
« Le maître a raison. Tu vas continuer à bouder encore longtemps ? »
« Je ne boude pas ! »
Riant légèrement face à l'échange puéril des Uchigatana ayant précédemment appartenu à Okita Souji, le Sage reposa ses baguettes sur leurs supports et se releva en attrapant son plateau pour se diriger vers la cuisine, remerciant Shokudaikiri et Kasen avant de se rendre dans la cour extérieure à la recherche de l'ancien katana de Sakamoto Ryouma.
« Mutsunokami ! » s'écria-t-il en découvrant le dit nommé en train de rassembler plusieurs objets pour l'imminente sortie à la plage.
« Ah, Aruji ! Vous êtes venu nous dire au revoir ? C'est très gentil de votre part. » relata Yoshiyuki, tout sourire.
« Oui, et vous donnez quelques recommandations aussi. » indiqua le garçon en faisant face à son Toudan, posant un regard sur l'assemblée de Tōshirō qui commençait lentement à faire son apparition.
« Je vous écoute. »
« Je ne veux pas paraître prétentieux quant à votre bon sens, mais la mer peut être un endroit dangereux… » hésita le Saniwa aux yeux dorés, un brin soucieux.
« Vous avez raison. Nous veillerons les uns sur les autres, il ne faut pas vous inquiéter. » tenta de le rassurer Mutsunokami, compréhensif.
« Je sais. Mais juste pour être sûr ; tu as pris des bidons d'eau douce, n'est-ce pas ? » questionna le garçon, tracassé.
« Oui. »
« Et tu diras bien aux plus petits de rester au bord, là où ils auront pied.
« Je le ferais. »
« Oh ! N'oublie pas… »
« De faire attention aux coups de soleil. Je sais, je sais. Aruji, vous vous inquiétez pour rien… » l'interrompis le katana en gloussant, amusé.
« Je vois. Dans ce cas, je ne dis plus rien. » souffla le Sage, un fin sourire contrit ornant ses lèvres.
Finalement apaisé, le garçon quitta ses Touken Danshi, offrant un dernier regard à sa première épée longeant l'engawa pour rejoindre son partenaire déjà en maillot de bain dans la cour, qui hocha la tête d'un air entendu, un accord implicite se créant entre les deux, comme la promesse que si quoique ce soit devait mal tourner, l'Uchigatana à l'écharpe rouge serait là pour prendre en charge la situation.
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« Ça n'a aucun sens ! Où est-ce que vous l'avez vu pour la dernière fois ?! »
« Si je m'en souvenais, nous ne serions pas là à chercher ! »
Soupirant bruyamment, le Saniwa se laissa retomber à terre, observant d'un œil hagard sa chambre en désordre, les dizaines de tiroirs et de cartons ouverts ici et là, et qui débordaient de document et d'objets en tout genre, lui donnant l'impression qu'il avait accumulé beaucoup trop au cours de ces derniers mois.
« On peut faire sans… » débita-t-il, découragé.
« Vous pouvez vraiment…? » demanda Hasebe, perplexe.
« Non. »
« Bon, alors, essayons de procéder par élimination- »
« Aruji ! Nous partons pour la plage maintenant ! »
« Aruji, merci ! »
« Merci pour le maillot de bain ! »
« C'est magnifique. »
Se tournant au son de ces voix, le maître et son serviteur se relevèrent en s'approchant de la fenêtre qu'Heshikiri ouvrit en grand, s'exclamant, contrarié :
« Vous ne pouvez pas vous calmer ? »
Un léger rictus venant étirer les recoins de sa bouche, le Sage retourna à sa besogne, cherchant à nouveau méticuleusement dans sa bibliothèque, l'Uchigatana aux cheveux brun clair continuant, lui, à sermonner ses épées.
« Le maître essaie de trouver quelque chose- Ah, ne parlez pas tous en même temps ! »
« L-Le maître ne vient pas avec nous ? »
« Tu sais pourquoi. Le maître est du genre casanier. Allez-y maintenant. »
La remarque d'Hasebe le fit tiquer, et il se releva au moment même où la fenêtre de papier coulissa en sens inverse, fixant son Toudan, immobile, celui-ci l'observant de manière surprise.
« Ce ne serait pas ton excuse préférée, par hasard ? » déclara-t-il, les sourcils relevés.
« Pardon ?! »
Lui offrant un regard douteux, le garçon fit face à son serviteur, les bras croisés, alors que ce dernier se remettait à fouiller la pièce comme si de rien n'était.
« Tu pourrais simplement dire que je suis occupé, au lieu d'inventer ce genre d'argument qui ne tient absolument pas la route étant donné qu'hier encore, je suis allé me promener avec Atsushi et Midare… »
« Je ne vois pas de quoi vous parlez… »
Soupirant une nouvelle fois en secouant la tête, le Saniwa sourit, reprenant ses recherches tandis que les voix de ses Touken Danshi résonnaient au-dehors.
« A plus tard, Aruji ! »
« On y va ! »
« Soyez prudent. » murmura-t-il doucement, préoccupé.
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Un crépuscule berçait par les rayons d'or du soleil couchant accompagna le retour de ses Toudan, un voile de tristesse transparaissant au fond de leurs pupilles, à moitié masqués par la joie passé de leur sortie et la fatigue du chemin pour retourner jusqu'à la citadelle.
Les sourcils froncés, concerné, le Saniwa observa leur arrivée depuis l'engawa conduisant à la porte de son bureau, légèrement adossé au chambranle du mur. Il souffla, conscient du désir qui ébranlait le cœur de ses Tōshirō comme ils regardaient avec envie, et peut-être une pointe de jalousie, les frères Samonji marchant tous les trois ensembles justes devant eux, et comme Yagen serrait avec force entre ses doigts le petit omamori mauve contenant l'un des souhaits de ses petits frères et autrefois accroché au cerisier sacré.
Il y a des désirs qui nécessitent trop de patience pour être totalement contenus et ignorés… pensa-t-il en se mordant la lèvre inférieure, frustré.
Et il y a des épées qui se font trop longtemps désirer !
Se retournant d'un mouvement vif, il se mit à marcher à grande vitesse vers la forge, ouvrant la porte coulissante d'un coup avant de la refermer tout aussi brusquement. Et relevant ses manches tout en attrapant son tatsuki traînant sur son établi, commença à travailler avec ferveur, rallumant le four éteint et rassemblant le charbon de bois et l'acier.
Quatre jours passèrent ainsi sans qu'il ne sorte une seule fois de l'endroit, poussant Hasebe à s'inquiéter de nouveau pour sa santé. Il est vrai qu'il n'avait pratiquement fait aucune pause si ce n'est pour manger, bien qu'il n'ait souvent prît qu'un seul repas tard dans l'après-midi, et qu'il ne dormait presque plus. Mais l'effort en valait la peine quand, en début de soirée du quatrième jour, le Tachi fut finalement complètement forgé et l'esprit de l'Awataguchi ancré à l'intérieur.
Alors, complètement épuisé, il rejoignit sa chambre d'un pas lourd, après avoir déposé l'objet de son travail acharné dans la salle d'invocation, seulement pour trouver un dernier, mais non des moindres, souhait glissé entre les shōji de l'entrée. Un Fuji. Une prière. Pour humblement demander au Saniwa d'accepter d'accorder une faveur.
Fermant les paupières avec lassitude, la demande lui étant plus que familière, le Sage prit le feuillet d'une main, l'autre ouvrant les portes, et réveillant un Shinnosuke profondément endormis sur son futon préparait en prévoyance par son serviteur, ordonna qu'on fasse immédiatement venir Nakigitsune, auteur du message, afin que sa prière soit exaucée.
Glissant le petit bonhomme de papier blanc entre les deux pages du feuillet, il bâilla, exténué, et tandis que les secondes s'écoulaient, s'efforça de garder les yeux ouverts jusqu'à ce que son nouveau Toudan lui soit présenté.
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La pleine lune qui ornait le ciel sombre de cette nuit miroitait avec légèreté sur ses pupilles, un sentiment étrange oppressant sa poitrine et empêchant le sommeil de l'atteindre malgré son intense fatigue. Il souffla avec agacement, et décidant de sortir prendre l'air, se mit à marcher le long de l'engawa autour de la citadelle, après avoir descendu les quelques marches qui séparaient sa chambre de cette dernière. Le silence régnait en maître sur le domaine, lui offrant une sensation de solitude qui le fit soudainement paniquer. Après tout ce temps, il semblait que la perspective de se retrouver à nouveau seul lui soit devenue insupportable.
Le Saniwa s'arrêta brusquement au milieu de l'allée, l'unique Tachi d'Awataguchi se dressant en face des shōji de la chambre de ses frères, immobile.
« Ichigo. » appela-t-il d'une voix faible, tentant de faire le moins de bruit possible.
« Aruji… »
Se retournant lentement sur lui-même, la cape accrochée à son épaulette se soulevant doucement au rythme du mouvement, Ichigo Hitofuri sourit tristement à son nouveau maître, une certaine mélancolie transparaissant dans son regard.
« Tu n'es pas encore couché ? »
« Je réfléchissais. J'ai… »
Souriant à son tour, le garçon s'avança vers son Touken Danshi, lui faisant face tout en penchant légèrement la tête sur le côté comme pour le pousser à continuer sur sa lancée.
« Quoi donc ? »
« Je me sens coupable. Ils ont tellement attendu, et je… » tenta d'expliquer l'épée, hésitante, indiquant d'un mouvement de la main la chambre close, et par extension les personnes se trouvant à l'intérieur.
« Ce n'est pas une fatalité. À présent que tu es là, tout ira pour le mieux. » le rassura le Sage en plissant les yeux, attendri.
« Je me demande qui souffre le plus… ceux qui attendent ou ceux qui se font attendre… ? » murmura le Tachi aux cheveux turquoise, perdu.
« Je ne suis pas certain d'avoir la réponse à cette question. Il y a des choses qui sont à jamais inconnues à notre savoir, et d'autres qu'il vaut mieux ne jamais apprendre. Et les sentiments comme les émotions... sont plus complexes qu'on ne le croit. Mais cela ne veut pas dire que tu ne peux rien à ça. » répondit le Saniwa en pinçant ses lèvres l'une contre l'autre.
« Que voulez-vous dire ? » demanda Ichigo, intrigué.
« La tristesse de cette attente, tu as le pouvoir de la remplacer par une joie équivalente. Un souvenir que nul ne pourra vous enlever. Et que vous chérirez à jamais. » indiqua le Sage en souriant une nouvelle fois. « Comme un mauvais rêve qui s'oublie au réveil. »
« Un mauvais rêve… » répéta Hitofuri, plonger dans ses pensées.
« C'est un allié… » décréta le garçon en fermant les paupières quelques instants avant de calmement les rouvrir sur le cerisier aux dix-mille feuilles.
« Comment ça ? »
« Le temps. Même si cela ne paraît pas évident aux premiers abords, le temps permet d'affronter n'importe quoi, et panse les blessures même les plus profondes. Il faut juste être patient. » continua-t-il à raconter, offrant un doux regard à son Toudan. « Un jour, peut-être, même les flammes de cette nuit ne signifieront plus rien pour toi… » (*1)
Écarquillant les yeux sous la surprise, l'Awataguchi fit un pas en arrière, chancelant, avant de finalement reprendre contenance, un fin sourire contrit ornant sa bouche tandis qu'il hochait la tête.
Imitant son épée, le Saniwa reproduisit le même geste et sentant son esprit être enfin apaisé, se retourna en direction de sa chambre alors que le Tachi derrière lui rebroussait également chemin, marchant d'un pas lent vers ses propres appartements. (*2)
La nuit suivante, à son grand amusement, la cour extérieure et la plaine jusqu'à l'arbre sacré fut recouverte de lanternes et de guirlandes de papiers comme lors d'un matsuri, les frères Tōshirō, finalement réunit avec leur aîné, dansant et chantant en guise de fête de bienvenue.
Se tenant un peu en retrait du groupe, le Sage observait le concert de loin, le sourire qui étirait les coins de sa bouche ne quittant pas son visage une seule seconde. Subitement rejoint par l'Uchigatana au hakama noir et rouge, il sourit encore plus, et lança, enjoué :
« Je suppose que c'est à ton goût. »
« Évidemment, après tout, c'est moi qui aie offert ce magazine à Yasusada en disant qu'il venait de votre part. »
« Comme on pourrait s'y attendre de toi… »
Gloussant doucement, Kiyomitsu se laissa emporter par le rythme de la mélodie, fermant les yeux pour en apprécier d'autant plus les sonorités.
« À ton avis… » déclara soudainement le garçon aux yeux d'or, le poussant à rouvrir les siens en tournant la tête vers lui. « Je devrais me sentir rassuré qu'il s'intègre auprès des autres, ou au contraire, ça ne change absolument rien au problème ? »
Kashuu se mordit les lèvres à ces paroles, ses pupilles venant se verrouiller automatiquement sur la silhouette de son partenaire qui participait activement au spectacle en frappant joyeusement des mains. Soufflant sans ménagement, il ouvrit la bouche dans une tentative de réponse sans toutefois n'en donner aucune, incertain.
« Tu sais comment je fonctionne, Kiyomitsu. Tu sais que malgré mes appréhensions, je suis prêt à lui laisser toutes les chances qu'il faudra. Et je compte sur toi pour surveiller la situation de ton côté. Mais tu n'es pas sans ignorer qu'il y a un point de non-retour. » relata le Sage en fronçant les sourcils, un air sérieux assombrissant brusquement les traits de son visage.
« Oui. Je m'assurerai qu'il ne le franchisse pas. » soupira l'Uchigatana, conscient des enjeux.
« Tu t'assureras qu'il ne veuille pas le franchir. » le repris le Saniwa d'une voix plus douce, son attention de nouveau accaparait par le concert se déroulant devant lui. « Lui seul prendra la décision qui déterminera son destin. »
« Oui… »
Endnote :
Shiso : Le Shiso est une plante aromatique, médicinale et alimentaire appelé mélisse citronelle en français. Généralement, et à tort, on traduit le shiso par menthe citronée ou basilic japonais, ce qui est totalement faux étant donné que ni les feuilles, ni l'odeur de cette plante ne sont comparable à de la menthe ou à du basilic. Au mieux, le shiso à une odeur et un goût de réglisse ou d'anis très prononcé.
Il y a beaucoup de plantes différente dans cette scène et il est difficile de savoir que quelles herbes Yasusada parle exactement, mais en analysant précisément celles qu'arrosé Hasebe, j'ai trouvé que les feuilles et les tiges ressemblait énormément au shiso (la forme verte et non violette), du coup j'en ai conclu qu'il s'agissait de cela. D'autant plus que le shiso est une plante très odorante, comme la lavande, ce qui appuie le fait que Kashuu est pu le sentir d'aussi loin
Tatsuki : Il s'agit d'une sorte de ceinture qui sert à maintenir les manches sur un kimono. Il y a des dizaine de Touken Danshi qui en porte, mais les plus évident sont Kiyomitsu et Yasusada bien sûr.
(* 1) : A nouveau une référence sur l'histoire d'un Toudan. Ichigo Hitofuri a été endommagé durant l'été 1615 lors du siège au château d'Osaka. Le Tachi brûla entièrement lors de l'incendie de ce dernier avec, nottament, ses frères Namazuo et Honebami, et en conséquence perdit la mémoire, les seuls souvenirs lui restant étant ceux des flammes.
Ironiquement, Honebami et Ichigo ont tous deux partagé la vie de Mikazuki à un moment donné, ayant même été très proches, mais ils n'en gardent absolument aucun souvenir à cause du feu. Encore plus ironiquement, Namazuo, lui, est le seul qui ne fut que partiellement brûlé, ce qui fait qu'il lui reste encore quelques souvenirs de sa vie passée, toutefois il n'avait jamais rencontré Mikazuki avant d'atterrir dans la citadelle.
(* 2) : Dans la seconde saison, Zoku, lors de la visite de la nouvelle citadelle, les Tōshirō précisent qu'ils sont heureux de pouvoir enfin dormir dans la même chambre que leurs grand-frère, j'en ai donc conclu que Ichigo avait ses propres appartements avant qu'ils ne déménagent.
