Chapter Five: Mai - Satsuki (皐月): Ce que je suis capable de faire parce que je suis moi.
En l'an 2205,
Afin d'anéantir l'Armée de l'Histoire Inversée, qui essaie de changer l'histoire,
Eux, qui sont nés d'épées,
S'engage dans un combat mortel aujourd'hui encore !
Higekiri, Hizamaru, bon retour ! Un souvenir ! C'est gentil, merci.
Xxxxxxxxxx
Matinée ensoleillée, bercée par le bruissement des oiseaux et le doux chant des premières cigales. L'astre du jour venait de se lever, éblouissant de ses rayons dorés le ciel presque blanc.
Il était assis devant son chabudai, entouré de quelques papiers sur lesquels étaient rédigés des coordonnées et des dates, les étudiant avec précision lorsque trois coups résonnèrent contre le chambranle en bois du shōji, le forçant à interrompre son travail.
« Veuillez m'excuser ! Dîtes, Taishō… J'ai une requête… »
« Atsushi ? Entre. Qu'y a-t-il ? »
S'installant sur le sol, face au Saniwa, le Tantou aux cheveux bruns observa autour de lui avec hésitation avant de demander d'une petite voix :
« Vous êtes debout tôt. Est-ce que je vous dérange dans votre travail ? »
« Pas du tout. Ce n'est pas très important. Est-ce que tu voulais me parler de quelque chose ? »
« Pour tout vous dire, oui. »
« Dis-moi ! »
« Eh bien... j'ai beaucoup réfléchi ces derniers temps... » commença à expliquer Atsushi sans regarder directement son maître, même si ce dernier à l'écouter avec attention. « Je pense que je devrais continuer à m'entraîner ailleurs ! »
« Quelle idée… » répondit le Sage avec un sourire chaleureux. « D'où est-ce que ça te vient ? »
« Yamatonokami-san est parti il y a quelques mois, et je me suis dit… C'est une chance d'apprendre de nouvelles choses directement sur le terrain ! » s'exclama l'Awataguchi, ses pupilles pétillants avec différentes émotions : peur, joie, curiosité, impatience…
« Tu sais qu'il n'est pas exactement parti pour ça, n'est-ce pas ? » se renseigna le garçon, faisant la moue.
« Oui, mais... je veux m'améliorer ! » déclara le Toushirou avant de se corriger rapidement : « Je ne dis pas que je ne peux pas ici ! Mais probablement que j'apprendrai encore plus de choses en partant. Je veux être d'une meilleure assistance pour le maître ! »
Inclinant la tête, le Saniwa sourit une seconde et, croisant les bras sur sa poitrine, fronça finalement les sourcils, répondant avec une certaine hésitation :
« Je ne peux pas dire que je ne suis pas flatté, et je ne suis pas contre l'idée… Mais est-ce que tu vraiment prêt pour ça ? Tu dois être sûr de toi. As-tu déjà averti tes frères ? »
« Pas encore... Mais je suis sûr de ma décision, Taishō ! » rétorqua Atsushi avec assurance, forçant le Sage à soupirer avec amusement alors qu'il se relevait, bientôt imité par la courte épée.
« Très bien, alors… j'accepte humblement ta requête. Assure-toi d'emballer tout ce dont tu auras besoin pour ton voyage. Prends toutes les précautions nécessaires et reviens-nous sains et saufs. » indiqua le garçon aux cheveux cerisier avec un sourire, cette fois plus sincère. Puis, il ajouta à voix basse, comme s'il s'agissait d'une sorte de secret : « C'est ce qu'il y a de plus important pour moi. Le reste n'est que futilité. »
« Oui, Taishō ! Je reviendrai plus fort, vous verrez ! »
« J'ai hâte de voir ça. »
Xxxxxxxxxx
Plusieurs jours plus tard…
Le temps s'était écoulé sans grande différence ni grand événement d'aucune sorte. La brise fraîche de mai caressait à présent doucement les fleurs qui s'épanouissaient sous les températures élevées, la saison ne pouvant être plus parfaite.
Enfermé dans la forge depuis ce matin, forgeant sans cesse de nouvelles épées, le Saniwa s'autorisa un instant d'arrêt, une moitié d'après-midi venant déjà de se terminer.
Essuyant de son poignet la sueur qui lui coulait du front, il souffla de fatigue, jetant un regard rapide vers les deux lames posées sur l'établi, toujours inachevées.
Il est temps de retourner au travail, je suppose…
Et alors que cette pensée lui traversait l'esprit, un Uchigatana encapuchonné entra par la porte entrouverte, hochant la tête vers le garçon qui le saluait silencieusement.
« Mikazuki m'a dit que vous me cherchiez ? » demanda calmement Yamanbagiri, regardant autour de lui de manière intéressée.
« Oui, il m'a rendu une petite visite ici plus tôt, puisque que je lui avais précisé, hier, qui j'allais forger. » répondit le Sage, levant une main en l'air et prenant une serviette pour s'éponger le visage.
« Une connaissance ? » interrogea le Kunihiro blond, laissant ses pupilles dériver vers les deux épées inachevées qui semblaient avoir pas mal de caractéristiques similaires.
« On pourrait dire ça, en effet. » répliqua le garçon avec un sourire mystérieux avant d'ajouter avec embarras : « Quoi qu'il en soit, je dois envoyer deux équipes en excursion aujourd'hui, dont une qui est déjà en route, cela te dérange-t-il de prendre en charge les invocations. Je sais que je ne t'ai pas demandé ça depuis un moment, mais... »
« Ce n'est rien, je sais que vous avez beaucoup à faire récemment. » l'interrompit Yamanbagiri avec un signe de tête, ses yeux stipulant clairement au Saniwa qu'il avait compris et que cela ne le dérangeait pas.
« Merci. » soupira ce dernier avec un nouveau sourire, reconnaissant.
« Dois-je revenir plus tard ? »
« Oui, passe à mon bureau, j'aurais terminé à ce moment-là. »
« Très bien. »
« Ah ! Yamanbagiri ! » s'écria soudain le Sage, arrêtant l'Uchigatana alors qu'il se dirigeait vers la sortie.
« N'as-tu pas entendu un bruit étrange plus tôt ? Comme une sorte d'explosion... » questionna-t-il, hésitant. « Je pensais qu'il s'agissait peut-être encore de Mutsunokami, mais ça ne ressemblait pas vraiment à un coup de feu… »
« Je pense que ça venait des cuisines, Hachisuka et Nagasone s'y trouvent… » déclara simplement sa lame, lui faisant froncer les sourcils comme il répliquait, sceptique :
« De quoi est-ce que tu parles ? Ils ne peuvent possiblement pas être là-bas, tous les deux ensembles !? »
« Je ne sais pas exactement pourquoi... mais ils cuisinaient... » expliqua l'Uchigatana, jetant un coup d'œil aux dites cuisines.
« C-Cuisinaient ? » balbutia le garçon, son visage perdant lentement ses couleurs alors qu'une certaine angoisse l'envahissait.
« Apparemment… »
Il ne peut pas parler sérieusement… c'est une blague, pas vrai ?! pensa le Saniwa, déconcerté.
Et comme il allait interroger à nouveau à son Touken Danshi, une seconde explosion retentit à travers la propriété, le forçant à sortir à l'extérieur seulement pour observer, stupéfait, comme des flammes s'échappaient de la fenêtre de la cuisine.
« Qu'est-ce que… ! »
Xxxxxxxxxx
C'était comme si un feu doublé d'une tornade avait frappé la cuisine. Ravagée, sens dessus dessous, il ne restait plus rien à la pièce si ce n'est les fours, devenus noirs sous la fumée, pour véritablement définir sa fonction.
« Mais qu'est-ce qui s'est passé ici ?! » s'écria le Sage, abasourdi.
« Aruji ! » s'exclamèrent les deux Uchigatana, leurs yeux emplis de surprise comme d'effroi.
Évitant de faire un pas de plus dans la pièce de peur de se salir, le Saniwa regarda autour de lui, complètement pris de court.
« E-Eh bien... J-Je... » tenta finalement de répondre Hachisuka avant d'être brusquement interrompu par sa contrefaçon de frère :
« C'est notre faute. Nous essayions de faire un plat pour Urashima. En guise de récompense pour ses excellents résultats lors de la mission d'aujourd'hui. » déclara Nagasone, embarrassé, surprenant par la même l'épée aux cheveux roses comme il semblait également prendre la responsabilité de ce désastre. Quelque chose que le Sage ne manqua pas de remarquer également.
« Est-ce que c'est exact ? » rétorqua-t-il, les sourcils relevés.
« O-Oui... Mais ce ne pouvait que mal tourner étant donnés nos pauvres aptitudes en cuisine... » confessa le "véritable" Kotetsu, honteux.
« J'avais noté, oui… » soupira le Saniwa avant de subitement remarquer la présence d'Urashima, caché tout près. « Avez-vous réussi à préparer quelque chose, au moins ? » demanda-t-il ensuite avec un léger sourire.
« Oui, nous avons enfin achevé la préparation d'un Chawanmushi. » annonça l'ancien membre du Shinsengumi avec soulagement. (*)
Vous ne pouviez pas faire cela depuis le début… ?! pensa le garçon avec exaspération.
« Est-ce qu'il est en train de cuire en ce moment ? »
« Toujours sur le feu, en effet. »
Offrant un clin d'œil discret au Wakizashi, le Saniwa soupira de nouveau, puis finit par sourire avec bienveillance aux deux autres lames, précisant calmement :
« Eh bien, peu importe son goût, bien que je sois sûr que ce sera très bon, Urashima sera certainement ravie de tous vos efforts. Vous êtes vraiment de très bons frères."
« Merci. » se contentèrent de dire les deux Kotetsu d'une seule voix, rassurés.
« Nous sommes désolés pour tout le bazar... » indiqua par la suite Hachisuka avec gène. « Bien sûr, nous allons nettoyer. »
« J'espère bien ! » répliqua le Sage en croisant les bras sur sa poitrine, fronçant les sourcils, plus sérieux que jamais. « D'ailleurs, je ne quitterai cet endroit que lorsque vous aurez nettoyé tout du sol au plafond, est-ce que c'est clair ?! »
« O-Oui, Aruji… »
Et ainsi se termina la journée, la manière dont Shokudaikiri réussit à faire à dîner avec seulement les restes demeurant un total mystère. Mais le véritable miracle, cependant, fut qu'à part le Sage et les frères Kotetsu, personne n'entendit jamais parler du désastre qui avait frappé les cuisines ce jour-là… Oui, c'était, en effet, un véritable miracle…
Xxxxxxxxxx
Le jour suivant…
Splendides nuages flottant ici et là sur le magnifique ciel de ce début d'après-midi, le temps s'écoulait lentement, les secondes devenant des minutes et les minutes devenant des heures jusqu'à ce que la journée soit enfin terminée, prête à passer à une nouvelle.
Quelques coups retentirent dans le bureau et il ferma l'écran holographique allumé sur le mur, acceptant que le visiteur encore inconnu entre dans la pièce alors qu'il posait une main sur le kitsune ensommeillé qui somnolait à côté de lui.
« Taishō ! Je suis de retour à la citadelle ! » annonça joyeusement un Tantou aux cheveux bruns en entrant dans le bureau, faisant face à son maître assis sur le sofa.
« Bienvenue ! » s'écria Daisuke, ses yeux se plissant en un doux sourire.
« Atsushi, bon retour ! » s'exclama le Saniwa, heureux de revoir l'épée. « Comment s'est passé ton entraînement ? »
« C'était super ! J'ai appris beaucoup de choses qui, je suis sûr, vont beaucoup vous aider, comme la base de la stratégie militaire et l'utilisation de subordonnés ! » expliqua l'Awataguchi avec enthousiasme.
« Eh bien... Cela semble prometteur. » déclara le Sage avec un sourire, observant avec attention la nouvelle forme de son Toudan.
« Mais je suis sûr que tu es heureux d'être de retour aussi ! » se renseigna le petit renard, toujours aussi gai.
« Bien sûr ! Même si l'entrainement était bien, la citadelle m'a beaucoup manqué ! » lança Atsushi à l'animal avant de se tourner à nouveau vers le garçon aux cheveux cerisier : « Est-ce que vous avez reçu mes lettres ?! »
« Naturellement. Elles étaient toutes adorables et très sympathiques. Merci de m'avoir donné de tes nouvelles. » acquiesça doucement le Saniwa en versant du thé dans une tasse.
« Je vais montrer aux autres ce dont je suis maintenant capable ! » précisa le Toushirou, excité. « Vous viendrez me voir aussi ? »
« Il est inutile de demander. Bien sûr que je viendrais. Vas-y, je serai là dans une minute. » indiqua le garçon avec un nouveau sourire, amusé par l'impatience enfantine de son Touken Danshi.
« Venez vite, Taishō ! Je suis impatient de vous montrer ce dont je suis capable à vous aussi ! » répliqua Atsushi en se dirigeant vers la porte.
« Ne t'inquiète pas... j'arrive tout de suite. » énonça le Sage, buvant une gorgée de son thé alors que la porte s'ouvrait subitement.
« Veuillez m'excuser, j'entre. »
Rentrant à son tour, Yamanbagiri se dirigea lentement vers son maître, remarquant dans le même temps le Tantou à sa gauche qu'il salua silencieusement.
« Dans ce cas, je m'en vais. Ne tardez pas, Taishō ! »
« Bien évidemment. »
Reposant sa tasse, le Saniwa se leva, se dirigeant vers son bureau sur lequel il chercha une petite boîte de couleur rouge qu'il ouvrit, en sortant deux bonhommes de papier blancs.
« J'ai entendu dire que vous aviez fini de forger les nouvelles épées ? » demanda la lame blonde à capuche alors qu'il s'avançait.
« C'est vraiment une bonne journée ! » clama le kitsune avec joie.
« En effet, Daisuke. » répondit le garçon, ravi. « Tiens, prends-les. » ajouta-t-il à l'adresse de l'Uchigatana, un sourire fleurissant sur ses lèvres.
« Quel genre d'épées va apparaître cette fois ? La dernière était un peu spéciale… » interrogea le Toudan, le souvenir de Kogarasumaru encore frais dans sa mémoire.
Est-ce que vous ne l'êtes pas tous un peu… ?! siffla le Saniwa mentalement, offrant un regard sceptique à son épée.
« L'un des deux est un Tenka Goken ! L'invocation d'un Tenka Goken aujourd'hui, plus le retour d'Atsushi ! » intervint Daisuke, sautant du canapé au sol et trottinant vers la sortie, attendant que son maître le rejoigne.
« Tu as raison, c'est une bonne journée. » rétorqua le Sage en accord avant de passer la porte avec son Touken Danshi. « Maintenant que j'y pense, je suis sûr que le second va particulièrement t'intéresser, Yamanbagiri. Peut-être pourras-tu même apprendre quelque chose de lui ? »
« M-Moi ?! » bégaya l'Uchigatana, étonné.
« Mm-hmm... Yamanbagiri, je l'attendais depuis très, très longtemps. »
« Je n'ai aucune idée de quoi vous parlez ... » soupira le Kunihiro blond en guise de déclaration finale, se séparant du garçon en empruntant un autre couloir. « Il faut que je m'occupe des invocations, maintenant. »
Souriant avec amusement, le Sage inclina la tête sur le côté, observant son Toudan jusqu'à ce qu'il disparaisse à une nouvelle intersection, puis se dirigea vers la salle d'entraînement avec Daisuke.
« Voyons voir à quel point Atsushi-san a progressé ! »
« Oui. »
Xxxxxxxxxx
Le jour suivant… Soirée
« Kiyomitsu ? » appela le Sage à travers le shōji fermé, mais ne recevant aucune réponse, il posa une main sur l'encadrement de la porte, indiquant :
« J'entre. »
Apercevant la silhouette de sa première lame appuyée contre le mur, à moitié cachée dans l'ombre, il soupira avec force, et demanda avec de l'inquiétude dans la voix :
« Te voilà. Pourquoi ne me réponds-tu pas ? Je ne t'ai pas vu de la journée. Habituellement, tu viens dans mon bureau après l'entraînement… »
« Désolé… » murmura l'Uchigatana, ses bras enserrant ses genoux. « Je ne voulais pas que vous me voyiez comme ça. »
Inclinant la tête, le garçon aux cheveux cerisier soupira une seconde fois et s'installa sur le tatami, croisant les bras sur la petite table tandis qu'il faisait face à son Toudan.
« Horikawa m'a prévenu. J'ai eu toutes les peines du monde à te trouver avant de tomber sur Yamanbagiri. Est-ce que tu te rends compte à quel point j'étais inquiet ?! »
« Pardon ! » s'écria Kashuu, presque en larmes, ses mains tremblantes essuyant les fines gouttes qui étaient apparues au coin de ses yeux.
« Bon sang… Ce que tu peux être pénible... Je savais que quelque chose n'allait pas chez toi depuis le mois dernier, mais comme tu ne me disais rien… » déclara le Saniwa, les lèvres pincées. Puis, soudainement ennuyé, il lança : « Est-ce que ça te dérangerait de sortir de là, s'il te plaît ? »
Se redressant à ces mots, l'épée rampa lentement aux côtés de son maître, ses pupilles baissées vers le sol.
« Imbécile ! » répliqua le garçon avec une douce voix, frappant d'une légère pichenette le front de son Touken Danshi, un sourire chaleureux ornant sa bouche.
« Aie ! » s'exclama Kashuu en grimaçant, posant une main sur le dessus de sa tête.
« Comment as-tu pu croire une seule seconde que je n'avais plus besoin de toi ?! »
Sans voix et honteux, l'Uchigatana releva simplement un regard vers le garçon, désespéré.
« Yamanbagiri m'a raconté. Ta stupidité dépasse l'imagination. Et tous tes discours déclarant que puisque tu es le premier arrivé dans cette citadelle, cela signifie que tu es mon préféré ? »
« … »
« C'est pas vrai… faire toutes ces présomptions… Et je pensais que tu étais celui qui me connaissait le mieux… » annonça le Saniwa, retenant un autre soupir de traverser ses lèvres. « Je vais te le dire une dernière fois, alors écoute-moi bien. Ne. Doute. Plus jamais de moi, est-ce que c'est clair ? »
« O-Oui… »
« Kiyomitsu… j'ai été très occupé récemment et je le sais. Tout ce que je fais habituellement est géré par d'autres. Les Rétrogrades… et le Gouvernement du Temps… Je n'étais pas très présent pour aucun d'entre vous… je t'ai même laissé la responsabilité des nouveaux venus. Mais tout cela est pour le mieux. Tu as toute ma confiance. Je savais que tu ferais du bon travail et j'avais raison. »
Baissant ses yeux pour les ancrer dans ceux de sa première lame, le Sage posa une main sur la tête de celui-ci, lui ébouriffant gentiment les cheveux.
« Pourquoi est-ce que tu ne dis rien ? Ce que tu peux être méchant, alors que je suis si inquiet pour toi. »
« C-C'est parce que le maître est si gentil ! » clama brusquement Kiyomitsu, les larmes aux yeux. « J'ai dit tant de choses horribles à propos du maître ! J'ai même pensé pire ! Et pourtant... Vous êtes ici, à me faire des compliments, disant que vous êtes inquiet ! Je suis tellement désolé ! »
Souriant avec tristesse, le garçon continua de caresser son épée tandis qu'il pleurait sans retenue, ses mains cachant son visage.
« Allons, allons. Et dire que je croyais que Yamanbagiri t'avait déjà réconforté… » rétorqua le Saniwa avec un rire nerveux. « Allez, si tu continues comme ça, tu ne seras plus du tout mignon. »
Riant légèrement, Kashuu hocha la tête et essuya à nouveau ses larmes, regardant finalement son maître dans les yeux.
« Vous avez raison. Je vais bien maintenant. »
« C'est vrai ? Eh bien, c'est excellent. J'ai besoin que mon Toudan soit à son maximum. » déclara le Sage avec un clin d'œil.
Puis, se relevant, il se dirigea vers l'étagère, cherchant apparemment quelque chose avant d'en sortir une boîte en bois qu'il ramena avec lui par terre.
« Qu'est-ce que tu en dis ? Cela fait un moment que je ne t'ai pas peint les ongles, non ? »
« Vraiment ?! » s'exclama Kiyomitsu, surexcité.
« Oui. Et lorsque j'en aurais fini avec toi, tu pourrais faire les miens, d'accord ? »
« D'accord ! »
Et tandis que le soleil se couchait à l'horizon, ses derniers rayons éblouissant la pièce d'une couleur or-miel rougeoyante tel un au revoir ironique à cette journée, quelque part dans la citadelle, sur une petite table basse séparant deux canapés vert impérial, une nuée des particules dorées apparurent soudainement, se rassemblant les unes avec les autres pour prendre la forme étrange d'une enveloppe frappée de l'armoirie bleue fleurie d'une certaine épée...
Endnote:
(*): Véritable nom du second plat qu'on préparés Nagasone et Hachisuka pour Urashima.
