Chapitre Six: Juin - Minazuki (水無月): Nous comptons sur toi à partir d'aujourd'hui aussi.
En l'an 2205,
Afin d'anéantir l'Armée de l'Histoire Inversée, qui essaie de changer l'histoire,
Eux, qui sont nés d'épées,
S'engage dans un combat mortel aujourd'hui encore !
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Il y avait quelque chose quant au fait de protéger le passé qui le mettait toujours mal à l'aise. Même si protéger le passé signifiait également protéger l'avenir, il n'y avait rien de glorieux à protéger des choses telles que les guerres et les bains de sang ou des personnes comme les meurtriers et les tyrans… Et néanmoins, il devait le faire. Protéger ces événements, ces personnes, avec l'espoir aveugle qu'ils ne reviennent pas sous une autre forme… Quel que soit le nom qu'on puisse lui donner… réincarnation ou simple karma… La simple pensée d'une telle chose se révélait être terrifiante… Et s'il s'agissait-là du véritable but des Rétrogrades ? Et si, en modifiant le passé, ce qu'ils cherchaient à faire était de ramener un âge de batailles sans fin et de morts… ?
Car, et il fallait bien le dire, cette guerre qui se déroulait actuellement entre le Gouvernement du Temps et les Saniwa contre l'Armée de la Force Rétrograde était assez pacifique. Il n'y avait aucuns soldats qui mouraient sur les champs de bataille - si les Saniwa tenaient assez à leur Touken Danshi pour ne pas les laisser mourir -, il n'y avait aucuns civils blessés ou tués, aucunes villes ravagées, aucuns champs ensanglantés…
Et pourtant… les cœurs étaient emplis de peur, les membres tremblaient de colère et les Saniwa étaient en infériorité numérique. Chaque fois sur le point de perdre.
Dans quel but se battaient-ils même ? Il n'en savait plus rien. C'était presque comme si c'était devenu une seconde nature chez lui. Essayant constamment de trouver une ouverture dans leurs tactiques, créant de nouvelles stratégies, de nouvelles troupes avec différents membres. Travaillant sans relâche pour protéger l'histoire…
Son Histoire. L'Histoire de ses Toudan. L'Histoire qui leurs avait donné vie… Étaient-ils aussi reconnaissants envers leurs forgerons de les avoir forgés qu'ils l'étaient envers les Saniwa pour leur avoir offert un corps humain ? Parfois, il se le demandait… Leurs vies avaient été uniquement consacrées à lutter, à combattre et à verser le sang. Et à présent qu'ils étaient des êtres humains avec un cœur et une conscience, ils se retrouvaient à paresser au sein de la citadelle, regrettant leurs passés et pleurant leurs maîtres décédés…
Franchement, dans quel but se battait-il ?! Mais malgré tout… à nouveau… il se tenait là… faisant face à l'ennemi de toutes ses forces, avec toute son intelligence… tel un étrange désir de vengeance… Impossible à fuir, impossible à nier.
Vengeance… Vengeance… Pourquoi est-ce que cela ressemblait-il à une vengeance ? Ce désir qui noircissait son âme et son âme seulement… Quelle était cette obscurité qui se cachait en lui, sous la profonde surface du doux, gentil et très attentionné maître qu'il était…
Il aurait sa vengeance… Il aurait sa vengeance…
Mais sur qui ou quoi ? Il n'était pas celui qui criait ces mots… Ça ne pouvait possiblement… pas… être… lui… n'est-ce pas ?
La brume autour de lui se dissipa soudainement lorsqu'il ouvrit les yeux, toujours confus et perdu, une sensation désagréable enserrant son cœur qui battait à tout rompre dans sa poitrine.
Une vengeance… ?
Avait-il même déjà ressenti cela dans le passé ? Il se le demandait… Il n'était plus sûr de rien… Et, assez ironiquement, il s'agissait-là des mots exacts que Kiyomitsu avait prononcés dans l'une de leurs conversations précédentes.
Soupirant avec force, le Sage releva la tête, ne remarquant que seulement maintenant qu'il était déjà midi passé et qu'il s'était endormi dans la grande salle, la table devant lui remplit de parchemins et de papiers administratifs pour la possible construction d'une plus grande citadelle…
Le bruit de plusieurs pas résonna au loin et il secoua énergiquement la tête pour se réveiller complètement avant de reprendre contenance.
« Aruji, on a apporté le repas ! »
« Vous mangez ici aujourd'hui, pas vrai ? »
« C'est délicieux quand on mange ensemble, pas vrai ? »
L'apparition soudaine d'Aizen, Kuniyuki et Hotarumaru dans la pièce eut un effet étrange sur lui, comme s'il aurait préféré rester seul pour les heures à venir. Mais ne voulant pas laisser cette sensation l'emporter sur son cœur tendre, il feignit un sourire chaleureux sur ses lèvres et hocha la tête avec douceur.
« Bien sûr, partageons le déjeuner. »
Peut-être voulait-il juste errer un peu plus longtemps dans l'obscurité… ou peut-être devrait-il juste faire quelque chose à propos des cauchemars de Sayo…
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Cher Maître,
Okita-kun s'est effondré. Juste comme je savais que cela arriverait. Et dans peu de temps, il mourra sans jamais avoir foulé le champ de bataille. Me laissant derrière.
Maintenant, en y réfléchissant bien, peut-être voulais-je disparaître avec Okita-kun dans les ténèbres de l'histoire, ou me briser avant lui. Parce que, très bientôt, l'âge des samouraïs prendra fin et je perdrai la chance d'y jouer mon rôle d'épée.
Cela me laisse des regrets. Mais on ne peut rien y faire.
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Le soleil se trouvait déjà haut dans le ciel quand bien même la matinée venait à peine de commencer. Il n'avait pas beaucoup dormi depuis hier après-midi, et étrangement, cela lui rappelait la période de l'année passée, lorsque Yasusada avait rejoint la citadelle. Tous ces rêves à propos d'Okita Souji qui les avaient tous deux maintenu éveillés, et ce, dans le seul but de torturer leurs consciences et leurs cœurs.
À présent, c'était les lettres de Yasusada et la conscience de Sayo qui l'entraînait dans l'obscurité, pleine de rêves de noirceur et de désespoir.
Bientôt, les shōji s'ouvriraient, laissant entrer son loyal serviteur qui le saluerait joyeusement avant de se plaindre, comme d'habitude, du désordre de sa chambre. Bien que, ayant travaillé toute la nuit, cette dernière était déjà bien rangée.
Il était là dans ses réflexions lorsque les dits shōji s'ouvrirent lentement, Hasebe entrant avec un plateau-repas entre les mains.
« Bonjour, Aruji ! » le salua l'Uchigatana avant de s'apercevoir que le Sage était déjà réveillé et installé à son chabudai. « Désolé, je pensais que vous dormiez encore. »
« Je… me suis réveillé tôt. » répondit le garçon aux cheveux cerisier, évitant le regard de son Toudan.
« Je vois. Et bien, aujourd'hui sera une journée plutôt calme, nous n'avons pas grand-chose à faire. »
Plissant les yeux, le Saniwa se leva tandis que l'Uchigatana déposait devant lui le plateau, se dirigeant vers l'étagère pour y saisir un petit sac qu'il présenta à son épée, un mince sourire sur ses lèvres.
« À vrai dire, je voudrais que tu fasses quelque chose pour moi. »
« De quoi s'agit-il ? » demanda Heshikiri, intrigué, alors qu'il prenait le sac des mains de son maître.
« Ce sont des graines de lavande. J'ai besoin que tu les plantes dans le jardin. »
« De la lavande ? »
« Je les ai achetés hier. C'est considéré comme une plante médicinale. Cela calme les nerfs et apaise l'esprit. Et puis, ça sent particulièrement bon. » expliqua le Sage en retournant sur ses pas pour commencer à manger.
« Pourquoi en auriez-vous besoin ? » se renseigna Hasebe, curieux, observant le sac avec suspicion.
« Tu veux dire, mis à part le fait que c'est un remède ancestralement reconnu et utilisé ? » interrogea en retour le garçon, ennuyé.
« J-Je... oui... » balbutia le serviteur aux cheveux bruns, légèrement déconcerté.
« J'ai du mal à dormir récemment... » déclara le Saniwa, ajoutant prétendument : « probablement à cause des températures. Il commence à faire chaud et tu sais que je ne supporte pas bien la chaleur. »
« Oh, oui ! Bien sûr ! » s'exclama Heshikiri comme une évidence. « Je vais les planter de suite, Aruji ! » lança-t-il avant de se diriger vers la sortie, laissant le garçon seul dans la pièce.
Eh bien… ça s'est plutôt bien déroulé… Ce n'est pas comme si j'aimais lui mentir, mais… De toute manière, j'ai d'autres problèmes en tête. pensa le Sage en attrapant ses baguettes, passant à autre chose.
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« Hein ? Un parterre de fleurs ? »
« Oui, pour Sayosuke. Peut-être que planter des fleurs l'aidera à aller mieux. »
« Je vois. Eh bien, c'est une merveilleuse idée. Le jardinage est aussi une bonne méthode de relaxation. »
« C'est ce que j'ai entendu dire. Alors, est-il possible d'emprunter le champ inutilisé ? »
« Bien sûr ! De toute façon, Hasebe a déjà donné son accord, non ? »
« Oui, nous voulions simplement nous assurer que vous n'en auriez pas besoin plus tard. »
« Non, ça ira. »
« Parfait. »
Le fin sourire qui avait agrémenté le visage du Toushirou s'effaça lentement à la vue de l'air absent qu'arborait son maître et, penchant légèrement la tête sur le côté, il s'avança d'un pas, se renseignant avec inquiétude :
« Taishō... Est-ce que tout va bien ? »
« Hmm ? » lança le Saniwa tout en relevant le regard vers son épée, surprit. « Qu'est-ce que tu veux dire par là ? »
« C'est juste que... vous semblez un peu fatigué. » indiqua Yagen, croisant les bras sur sa poitrine, toujours inquiet.
« Je suis préoccupé, voilà tout. » se contenta de dire le Sage, feignant un sourire désolé tout en balayant une main devant lui. « Certaines affaires ont exigé toute mon attention récemment, alors… »
« Bien, si je peux vous aider avec quoique ce soit. » déclara le Tantou, déterminé.
« Ne travailles-tu pas déjà sur un engrais pour les récoltes ? C'est déjà d'une grande aide. » exprima le garçon avec bienveillance.
« Oui, je l'ai presque terminé d'ailleurs. J'ai donné le prototype à Souza, mais il est encore un peu trop fort. » répliqua le scientifique après s'être dirigé vers la sortie.
« Si quelqu'un peut remédier à ce problème, c'est bien toi. » relata le Saniwa, confiant.
« Merci. » répondit l'Awataguchi, touché, avant d'ajouter, une main sur la poignée de la porte : « Je vais prévenir Kasen qu'ils peuvent commencer la plantation. »
« Fais donc, je t'en prie. »
La porte de style occidentale se referma dans un clic discret et il se laissa retomber dans son fauteuil en soupirant de soulagement, une main écartant négligemment les mèches rose qui recouvraient son front.
Voilà qui tombe à pic, je n'ai même pas eu à intervenir. Tant mieux, Sayo va pouvoir maintenant dormir paisiblement.
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Sept jours passèrent sans aucun grand changement. Se tenant à présent devant le parterre de fleurs qu'il n'avait jamais visité jusque-là, l'aube se levant lentement à travers le ciel bleuâtre, il observait la petite construction de forme circulaire, la tête emplit de centaines de pensées différentes.
Dans quelques minutes, les frères Samonji se réveilleraient et viendraient directement ici pour arroser les plantes, espérant secrètement qu'elles se seraient épanouies durant leur sommeil.
Mais peu importe le temps qu'il faudrait pour que cela arrive, prendre soin d'elles tous les jours était déjà une excellente thérapie pour l'esprit de Sayo comme ni son sommeil, ni celui du Saniwa par ailleurs, n'avaient été perturbés depuis.
Relevant les yeux vers les nuages, le Sage fronça les sourcils tout en plissant lceux-ci avec suspicion.
Je n'aime pas ça. J'ai un mauvais pressentiment.
Il y avait quelque chose, il ne pouvait pas exactement dire quoi, mais ni les nuages aussi blancs que la neige, ni le ciel bleu saphir ou le soleil qui brillait intensément n'arrivaient à le réconforter.
Les pluies récentes qui étaient tombées une semaine plus tôt étaient certainement un signe… S'il s'avérait qu'il avait raison, alors le si magnifique parterre de fleurs qui était sur le point de fleurir allait…
« Aruji-sama ! »
Se retournant brusquement, le garçon aux cheveux de cerisier observa avec curiosité le kitsune à la fourrure entièrement orange courant vers lui, le visage inquiet.
« Quel est le problème, Keisuke ? » demanda-t-il lorsque celui-ci l'eut rejoint.
« Nous avons reçu une alerte ! » exclama le petit renard, concerné.
« Les Rétrogrades… Très bien, dépêchons-nous. »
Laissant derrière lui le parterre de fleurs, le Saniwa se dirigea vers son bureau, toujours préoccupé par le présage qui l'avait assailli.
Ce n'est que quelques heures plus tard, alors que l'équipe dont Sayo faisait partie venait tout juste d'être envoyé en excursion, que le ciel s'assombrit, confirmant ses pensées. Regardant la pluie cinglante frappait avec violence le sol, il s'approcha de la fenêtre de son office, inquiet pour la lavande et les autres fleurs qui allaient être détruites.
Toutefois, sachant parfaitement bien que les deux frères Samonji restés à la citadelle ne laisseraient pas cela se produire, il sourit avec bienveillance et se dirigea vers la porte, une destination précise en tête. Traversant les couloirs, il s'arrêta finalement face au shōji de l'une des chambres à coucher, en l'occurrence celle des épées Sanjou, l'ouvrant légèrement après s'être annoncé et posant immédiatement le regard sur l'un des frères réunit autour de la petite table qui ornait le centre de la pièce.
« Iwatooshi, heureusement, je t'ai trouvé tout de suite. »
« Yo, Aruji. Avez-vous besoin de moi pour quelque chose ? »
« C'est exact, oui. » déclara le Sage en se mordant la lèvre, s'empressant d'expliquer : « Comme tu as probablement dû le remarquer, une tempête s'est déclenchée et je crains que le parterre de fleurs que Sayo et ses frères ont si consciencieusement construit ne soit endommagé. »
« Eh bien, ce n'est pas une bonne nouvelle. » lança Mikazuki en reposant sa tasse de thé, préoccupé à son tour.
« En effet. Dire que les fleurs venaient à peine de fleurir. » ajouta Ishikirimaru, partageant l'inquiétude de son frère.
« Comment est-ce que je peux aider ? » interrogea le Yari, subitement devenu sérieux et déjà debout sur ses deux pieds.
« Ce serait formidable si tu pouvais rassembler toutes les épées les plus fortes de la citadelle pour tenir la bâche avec Souza et Kousetsu. » relata le Saniwa en se décalant sur le côté pour laisser passer l'épée.
« Bien sûr ! Je vais faire au plus vite. »
« Et j'irais encore plus vite avertir Hasebe-san et Kasen-san ! » s'écria soudainement Imanotsurugi, voulant également se rendre utile.
« Oui, ils aimeraient certainement aider aussi, merci. »
« Aucun problème ! »
Observant ses deux Toudan disparaître à travers les allées, il posa le regard vers le fond du couloir, là où, à la limite de l'engawa légèrement humide, la tempête faisait éternellement rage.
Avec ça, ça devrait aller, j'espère…
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« La vengeance est toujours dans mon cœur quelque part. Mais quand j'ai commencé à m'occuper du parterre avec tout le monde, je ne pensais qu'à ça. Merci. Je suis heureux de l'avoir planté… avec vous. »
« Ça nous fait aussi plaisir de t'entendre dire ça. »
Souriant avec douceur en entendant ces mots, le garçon s'approcha un peu plus de ses Touken Danshi, n'arrivant toutefois à attirer leur attention que lorsqu'il se mit à dire, sincèrement impressionné :
« N'est-ce pas de toute beauté ? Des dizaines de fleurs qui en cachent une plus grande encore. »
Se retournant au son de cette voix, les Toudan regardèrent avec surprise comme leur maître les rejoignait au milieu du toit, ce dernier continuant d'observer avec admiration le parterre de fleurs.
« Une telle élégance… j'imagine qu'il s'agit de ton design Kasen, n'est-ce pas ? » demanda ensuite le Sage à l'adresse de l'Uchigatana, ses pupilles d'ors se tournant vers celui-ci.
« Ah ! Oui, c'est bien le mien. Je suis honoré que vous ayez reconnu mon talent. » s'exclama Kasen, le fait que son travail soit ainsi loué l'embarrassant un peu.
« Eh bien, ça ne peut être que le cas, après tout ce temps passé ensemble. » se contenta de répondre le Saniwa comme une évidence, poussant l'Uchigatana à acquiescer en accord.
« C'est vrai. »
Offrant un dernier regard au spectacle des fleurs resplendissant sous le soleil de nouveau réapparu, le garçon se tourna finalement vers le Tantou à sa gauche, s'accroupissant pour lui faire face, et pencha la tête sur le côté de manière interrogatrice :
« Et toi, Sayo ? Est-ce que cela te plaît ? »
« Oui, beaucoup. » lança dans un murmure la courte épée tout en hochant la tête avec enthousiasme.
« Je vais te dire un secret. » répliqua le Sage en posant un doigt sur ses lèvres, un sourire mystérieux sur celles-ci. « Ces fleurs... Il y a quelques jours, lorsque je les ai achetées... Je l'ai fait en pensant à toi. »
« Moi ? » répéta Sayo, aussi surprit que ses frères, Souza faisant un pas en avant tout en appelant d'une voix hébétée :
« Aruji ? »
« Je n'ai pas toujours dit la vérité, pour cela, je suis sincèrement désolé Hasebe. » déclara le Saniwa, accordant un rapide sourire contrit à son serviteur avant de reporter son attention vers le Tantou. « D'une manière ou d'une autre, je savais que Sayo faisait de terribles cauchemars et je voulais l'aider. »
« Alors, vous avez acheté ces graines de lavande pour Osayo ? » interrogea Kousetsu, posant une main sur l'épaule de son plus jeune frère.
« C'est exact. Je n'avais pas prévu un tel remue-ménage, mais je suis heureux que les choses se soient déroulées de la sorte. » indiqua le garçon en riant, s'attirant ainsi les sourires amusés des autres Touken Danshi.
« Merci beaucoup, Aruji-dono. » souffla le Tachi aux cheveux turquoise, reconnaissant, rapidement imiter par son second frère.
« Je vous remercie… »
« Il n'y pas de quoi. C'est aussi le rôle d'un Saniwa de s'assurer que tous nos Toudan se sentent bien. » énonça le Saniwa en se relevant, se tournant subitement vers ses épées comme une idée lui traversait l'esprit. « Mais en parlant de ça, est-ce vous allez tous bien… ? Après être resté tant de temps sous la pluie, j'espère que vous n'avez pas attrapé froid ? »
« Ka Ka Ka ! Ne vous inquiétez pas, Aruji ! Nous ne nous sommes jamais sentis aussi bien ! »
« Voilà qui est réconfortant. »
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Assit sur le sol de la, maintenant considérée, petite chambre des Awataguchi, le Saniwa prenait un repos bien mérité auprès des frères Toushirou, apprenant à mieux connaître les deux nouveaux arrivants tout en respectant une promesse faite à Midare.
Brossant et tressant en douceur les cheveux de ce dernier, la tête de Shinano reposant sur ses genoux, les mains de celui-ci agrippant sa taille tel un naufragé agripperait une bouée de sauvetage, il écoutait avec bienveillance les Tantou se plaindre du fait qu'ils n'avaient pas passé une bonne nuit de sommeil.
« Aaaah… je suis tellement fatigué. »
« C'est une bonne chose que Shinano et Gotou soient apparus, mais maintenant nous avons encore moins de place. »
« Ouais… désolé pour ça d'ailleurs. »
« Ce n'est pas de ta faute, Gotou. » intervint soudain le Sage, souriant avec gentillesse. « Sans vouloir trop en dire, je travaille actuellement sur un projet pour que vous puissiez bientôt tous dormir confortablement ensemble. »
« Vraiment ?! » s'écria Midare en se retournant.
« Reste tranquille, enfin ! Ou tu vas m'obliger à tout recommencer. » déclara le garçon aux cheveux cerisier en riant. « Oui, j'ai quelques projets en tête. »
« Et nous pourrions même dormir avec Nakigitsune et Ichi-nii ? » s'enquit timidement Gokotai.
« C'est ce dont je vais m'assurer. » répondit le Saniwa en ébouriffant les cheveux de la courte épée.
« Est-ce qu'on va changer de chambre ? Comme une pièce plus grande ? » se renseigna Maeda, curieux.
« Plus comme une citadelle plus grande… »
« Heiiiiiiiin ?! »
S'exclamant d'une même voix étonnée, les Toushirou se rassemblèrent plus près du Sage, déjà surexcités par cette idée.
« On va déménager dans une autre citadelle ?! »
« Est-ce qu'elle sera proche d'ici ?! »
« Quand déménage-t-on ?! »
« Est-ce que je pourrais choisir la décoration ?! »
« Pas tous ensemble ! » les interrompit le garçon en gloussant d'amusement.
Puis, attrapant le ruban rouge de Midare, il le noua dans ses cheveux, observant comme ses Toudan attendaient tous une réponse à leurs questions, impatients.
« J'espère que nous déménagerons bientôt. Probablement pas très loin, le transport de nos affaires serait trop pénible autrement. La décoration est laissée à votre bon vouloir, il s'agit de votre chambre après tout. Et... pour ce qui est de la date du déménagement... C'est encore vague… Je dois d'abord trouver une certaine somme d'argent avant. »
« S'il s'agit d'argent, pourquoi ne pas utiliser le trésor du château d'Osaka. »
« C'est un bon départ, Hakata, c'est vrai. Mais nous avons besoin de beaucoup plus. » indiqua le Saniwa, se tournant vers le Tantou à lunette.
« Et si on le faisait fluctuer ? » interrogea ce dernier, se remettant debout pour saisir son ordinateur portable, tapotant dessus avec aisance.
« Est-ce que tu veux parler de le coté en bourse ? » interrogea le Sage, perplexe.
« Exactement ! Les prix peuvent monter assez rapidement si on sait comment s'y prendre. » précisa le Toushirou, des étoiles pleins les yeux.
« Et... » argua le garçon, plissant les yeux, un sourire mystérieux sur ses lèvres. « Est-ce que tu en serais capable ? »
« Laissez-moi faire, Aruji ! » lança l'Awataguchi, ravi.
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Les jours s'étaient écoulés avec lenteur, comme cherchant à tester leur patience à tous, mais l'effort en valait la peine comme au petit matin, alors qu'il était sur le point de descendre à son office, un Hakata surexcité débarqua en trombe dans sa chambre, brandissant une lourde mallette aux bouts des mains.
La somme à présent réunis, ils leur avaient suffi d'attendre encore quelques petits jours de plus pour qu'ils puissent enfin s'installer dans leur nouvelle citadelle, certaines pièces restant toutefois les mêmes, comme il s'était fait un devoir de s'assurer que son bureau ait exactement la même structure comme la même déco. Parfois, certaines choses étaient parfaites telles qu'elles étaient.
La pièce plongea brusquement dans le noir, la lumière seule du rétroprojecteur, placé au centre de la chambre, l'éclairant faiblement comme un drap blanc accroché au mur se mit à projeter l'image de l'entrée de la citadelle, un certain Uchigatana se mettant à parler avec entrain.
« C'est allumé ? Eh bien, maintenant nous avons… une nouvelle citadelle ! »
Le film s'arrêta subitement sur ces mots, le visage de Mutsunokami se figeant de manière surprenante tandis que des pas résonnèrent en direction des shōji.
« Je suppose que je vais vous laisser en profiter. Amusez-vous bien ! » lança une voix inconnue, la faible lueur de l'appareil ne laissant entrevoir que le sourire enjoué qui étiré les recoins de sa bouche.
« Tu ne vas pas le regarder avec moi ? » interrogea le Sage se tenant face à l'écran, son ombre grandissante recouvrant la moitié de celui-ci.
« Hein ? » hoqueta le Toudan avec surprise tout en s'avançant un peu, les traits caractéristiques de Kashuu se dévoilant enfin.
« Toi qui disais vouloir passer plus de temps avec moi comme par le passé, ne crois-tu pas qu'aujourd'hui est l'occasion idéale ? » décréta le Saniwa, ses pupilles d'or emplit de déception s'encrant avec force dans celles grenat de son Toudan.
« Hmm ... » réfléchit lentement Kiyomitsu, faisant la moue quelques secondes avant d'offrir un large sourire à son maître, déclarant avec excitation : « Très bien ! Faisons ça, alors ! »
Et la journée se termina ainsi, avec les rires enjoués du Sage qui découvrait ses Touken Danshi sous un autre jour, et les commentaires sarcastiques de Kashuu qui n'étaient jamais réellement méchants.
Il avait dû s'expliquer sur la chambre secrète de Konnosuke, avouant non sans gêne l'influence que pouvait avoir sept kitsune vivant quotidiennement à ses côtés, apprenant par la même à l'Uchigatana que le petit renard n'était donc pas le seul de ses compagnons à quatre pattes à posséder une telle pièce dans la citadelle.
Il avait aussi mentalement fait la promesse aux Awataguchi de venir s'amuser avec eux dans leur nouvelle chambre, s'était fait un devoir de très vite passer à l'improviste visiter les Sanjou pour partager une tasse de thé, et s'était accordé avec sa première épée pour être le spectateur de sa prochaine séance d'essayage avec Taikogane.
Tout un programme en l'occurrence. Pourvu que ces jours ne se terminent jamais…
