Voici les noms des cinq gagnants tirés au sort sur Facebook pour notre concours Spécial Saint-Valentin en partenariat avec Slayerstime :
- Natalia Trujillo Rodríguez
- Doriane Kensdo
- Morganne Thomas
- Précillia Casteele
- Furiae P. Colwen
Félicitations aux gagnants, merci de contacter par MP la page facebook pour nous communiquer votre email pour l'envoi du PDF.
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Maintenant, place à l'histoire !
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Emma gardait ses yeux rivés sur le document officiel dans sa main. Le tampon, l'entête et même le logo officiel du département de la justice : tout y était. Il ne manquait plus que sa signature au bas de la page près de celle de Regina. L'expression fermée, elle scrutait la feuille avec attention et incertitude. Pourquoi hésitait-elle à présent ? Après ces dernières semaines à se battre avec Regina pour obtenir d'elle sa signature, voilà qu'elle prenait le temps d'apposer la sienne.
— Ça y est ? Ton ex a enfin signé ?
Emma ne détourna pas les yeux vers son ami et associé, Liam. Il connaissait l'histoire dans ses grandes lignes. Depuis son retour sur Boston, Emma avait repris le cours de sa vie, retrouvé le peu de personnes qu'elle côtoyait avant que tout ne commence... Ou ne finisse finalement. Storybrooke faisait partie d'un passage de son existence, un long séjour peuplé d'histoires aussi abracadabrantes qu'inimaginables. Elle avait au moins retrouvé ses parents et son fils, Henry. Mais Storybrooke n'évoquait pas que d'inestimables retrouvailles... Elle impliquait le souvenir de Regina, de leurs affrontements, leurs luttes acharnées et surtout, son abandon soudain. Un soudain retournement de situation qui avait tout bouleversé, accompagné d'un malheureux sort qui avait aggravé les choses... Tellement de choses s'étaient déroulées, tellement d'images se bousculaient dans l'esprit tourmenté d'Emma à présent. Parce que les rappels de ce passé ne l'avaient pas quittée quand le sort avait été levé.
— Ouais, répondit-elle à moitié absente.
— Tu sais quoi ? Tu devrais y aller, ton fils ne va pas tarder à arriver et on n'a rien d'urgent pour l'instant.
Finalement, elle posa les yeux sur son ami et lui sourit légèrement avant de ranger les documents dans sa sacoche.
— T'as raison, fit-elle. J'y vais...
Elle enfila sa veste en cuir et s'éloigna vers la porte.
— On se voit lundi ou tu m'appelles si besoin, ajouta-t-elle.
— Bon week-end.
Elle quitta son bureau qu'elle partageait avec son ami et salua les cinq employés en traversant l'autre pièce. Elle était pressée de revoir Henry après deux semaines de séparation. Heureusement, son travail l'occupait à plein temps et lui évitait de trop penser, de trop réfléchir.
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Sur la route en direction de son appartement, Henry lui raconta ces derniers quinze jours, aussi excité qu'enthousiaste de retrouver Emma. Celle-ci gardait son léger sourire, émerveillée par l'énergie inépuisable que dégageait son fils à côté d'elle. Il lui parlait de ses journées à l'école, de ses notes, ses devoirs, ses moments avec Blanche et David, ceux passés avec ses copains. Deux semaines écoulées loin de lui semblaient une éternité après avoir vécu deux ans et demi à Storybrooke avec lui.
Arrivé à son appartement, il partit ranger sa petite valise et revint dans le salon où Emma rangeait quelques magazines sous la table basse.
— Et toi ? Qu'est-ce que t'as fait pendant ces deux semaines ? demanda-t-il, curieux.
— Rien de spécial, répondit-elle. J'ai failli mourir d'ennui sans toi.
Henry sourit sur la plaisanterie de sa mère. Il partit vers la cuisine et saisit une bouteille de jus de pomme dans le frigo.
— Allez, dis-moi ce que t'as fait, insista-t-il. Tu as arrêté des méchants ? Des bandits ? Des braqueurs de banque ?
Emma rit un peu devant les questions et la curiosité de son fils. Elle s'accouda finalement au plan de travail, en face de lui.
— Seulement des fugitifs, lui répondit-elle avant de l'aider à ouvrir sa bouteille.
Elle la lui rendit et ajouta :
— J'ai fait un petit tour à New York pour une affaire cette semaine...
— T'es allée voir mon père ?
— On a pris un café ensemble, il m'a dit qu'il viendrait te voir mercredi prochain.
— Super, commenta Henry en prenant place sur un tabouret devant Emma.
Neal avait lui aussi retrouvé sa vie à New York. Le sort jeté six mois plus tôt avait bouleversé d'autres vies en dehors de la sienne. Et le père d'Henry avait aussi souffert des nombreuses conséquences... Lui aussi avait préféré mettre de la distance avec cette enchantée afin de se protéger, de prendre du recul sur son existence même s'il faisait partie intégrante du Conte.
Un silence dura pendant lequel Emma se replongeait dans ses réflexions, des pensées qu'elle cherchait désespérément à oublier. Mais sa langue brûla et elle demanda malgré elle :
— Sinon... Rien de neuf à Storybrooke ?
Henry avait grandi depuis l'arrivée d'Emma dans la petite ville du Maine. Il avait observé ses deux mères, les avait vues se disputer, se battre, puis s'unir avant de se déchirer à nouveau... Il avait mûri, avait traversé lui aussi des épreuves que peu de garçons de son âge vivaient.
— Si tu parles de maman, elle a décidé d'agrandir la ville, de construire un centre commercial.
Emma fronça les sourcils sur cette étrange nouvelle.
— Je croyais qu'elle ne voulait pas d'étrangers dans sa ville.
— Elle a changé d'avis, répondit Henry. Elle dit que Storybrooke a besoin d'évoluer comme ses habitants.
Emma leva les sourcils, presque d'accord avec Regina sur ce point. Dans ses pensées, elle fit tourner une vieille enveloppe devant elle, cherchant à s'occuper les mains.
— Et à part ça ? demanda-t-elle.
Henry plissa les yeux sur sa mère. Emma n'avait pas pour habitude de poser autant de questions au sujet de son autre mère. Il hésita parce que cette situation l'agaçait sûrement bien plus qu'Emma et sa mère. Cette séparation et cette garde alternée le poussaient à prendre le bus pour Boston toutes les deux semaines quand Emma ne pouvait pas venir le chercher. Il n'aimait pas cette nouvelle vie de fils de parents séparés. Parce que c'était ce qu'il était et il en avait bien conscience. Il en avait discuté avec Nathan, un ami à lui dont les parents étaient aussi séparés. Il lui avait demandé de voir les bons côtés de cette situation, puisqu'il obtenait deux fois plus de cadeaux et que les parents divorcés se battaient pour être le meilleur des deux. Mais Henry ne voyait pas les choses ainsi et se rappelait parfaitement de sa vie lorsqu'il avait enfin été le fils officiel d'Emma et Regina Swan-Mills. Lui aussi avait gardé ses souvenirs et s'en rappelait tous les jours, tous les soirs, enfermé dans sa chambre où il tournait les pages de ses albums photo. Avec son livre de contes, ils étaient ce qu'il avait de plus précieux...
— Rien, répondit-il finalement.
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Le week-end passa aussi vite que tous les autres. Emma avait profité de son fils chaque heure de leurs malheureux deux jours. Entre promenades au parc, passage au cinéma, match des Red Socks sous un soleil radieux et balades en rollers le long du fleuve près de Cambridge, ils n'avaient pas vu le temps s'écouler. L'heure du départ était arrivée à grands pas et Emma avait finalement décidé de faire la route jusqu'à Storybrooke pour éviter à son fils de reprendre le bus tout seul.
Au volant de son quatre-quatre plus spacieux, plus pratique pour ses détours dans d'autres villes proches de Boston, elle sentait la nervosité la gagner à l'approche de Storybrooke. Telles étaient les sensations qu'elle ressentait à l'approche de la ville sous les ordres de son ex-femme officielle. Parce que c'était ainsi qu'on pouvait appeler Regina maintenant que celle-ci avait signé les papiers officiels du divorce. Ne manquait plus que la sienne, songea Emma, tendue. Elle se força à écarter ses réflexions de sa tête, mais tout s'acharnait contre elle. Non loin de Storybrooke, son esprit, son corps, semblaient sentir la distance s'effacer entre elle et Madame le Maire.
— T'es sûr que tu veux pas plutôt que je te dépose chez tes grands-parents ? demanda-t-elle encore à Henry.
Le jeune garçon secoua la tête :
— Non, j'ai dit à maman que je serais à la maison avant huit heures et il est déjà huit heures et quart.
Et bien sûr, ils étaient en retard, pensa Emma. Elle aperçut Henry pianoter sur son portable, envoyer sûrement un message à sa mère pour la prévenir qu'il arriverait avec un peu de retard. Regina avait l'œil partout, se chargeait même de surveiller son fils pendant ses week-ends normalement dédiés à Emma. Le panneau de Storybrooke franchi depuis quelques minutes, Emma roula le long de l'avenue principale. Cela faisait plus d'un mois qu'elle n'était plus revenue à Storybrooke et chaque fois qu'elle traversait cette rue, des tonnes de souvenirs s'amassaient dans sa tête. Elle bifurqua sur la droite pour rouler le long de la rue Mills Fleet Street et finit par s'arrêter devant la belle demeure de Madame le Maire. Son corps tout entier se crispa en posant les yeux sur la maison aux façades blanches, entourée d'un parc. Elle préféra les détourner pour les poser sur son fils et força un sourire :
— T'y es, fit-elle.
Son week-end avec son fils prenait fin et le suivant serait dans deux semaines parce que telles étaient les règles de la garde alternée que Regina avait réussi à imposer. Elle sortit de son quatre-quatre, prit la valise d'Henry et la lui tendit quand il la rejoignit devant le coffre.
— J'ai adoré ce week-end, répéta-t-il. Dommage que ce soit aussi court, mais les vacances sont dans un mois et on pourra se voir plus souvent.
Emma glissa ses doigts dans les cheveux de son fils.
— Ouais, si maman est d'accord.
Henry s'approcha et la serra dans ses bras, le cœur toujours serré à la fin de chacun de ses week-ends avec Emma. Il sentit les bras de celle-ci l'envelopper et se recula finalement.
— On s'appelle, hein ?
— Ouais, on s'appelle, confirma Emma.
Il s'éloigna en faisant rouler sa valise derrière lui, mais s'arrêta après avoir traversé la moitié de la rue. Il hésita et revint finalement vers Emma qui n'avait pas bougé.
— Il faut que tu viennes avec moi, reprit-il. Tu dois m'accompagner...
Emma fronça les sourcils sur cette demande étrange et inattendue. Elle secoua la tête. Cette idée ne l'enchantait guère. Revoir Regina, lui faire face ne faisait pas partie de ses plans même si celle-ci avait enfin signé les papiers.
— Emma, insista Henry, visiblement préoccupé. S'il te plaît...
— Henry, le coupa Emma, tu sais que je peux pas... Mais je reste là jusqu'à ce que tu rentres, je...
— Maman a quelqu'un d'autre, l'interrompit Henry plus direct.
L'expression d'Emma se durcit sur cette annonce. Elle fixa son fils pour constater qu'il ne plaisantait pas, qu'il venait bien de prononcer ces derniers mots. Pourquoi remuaient-ils tant de choses au fond d'elle ? Pourquoi se sentait-elle brusquement trahie ?
— Quoi ? demanda-t-elle.
Elle avait compris bien sûr, mais sa surprise la poussait à faire répéter Henry, à chercher une explication.
—Julian Bradley, répondit Henry. C'est avec lui que maman prépare la construction du centre commercial.
Maintenant, Emma nageait en pleine confusion. Elle releva les yeux sur la maison aux façades blanches de l'autre côté de la rue et passa une main dans ses cheveux. Les fenêtres éclairées indiquaient la présence de Regina à l'intérieur. Elle ne voulait croire ce qu'Henry venait de lui annoncer.
— Il est déjà venu dîner deux fois, ajouta Henry et quand je suis parti me coucher, il était encore là. Il est resté avec maman...
Emma fixait son fils, en proie à toutes sortes d'émotions qu'elle aurait préféré ne pas sentir. Pourquoi d'ailleurs se laissait-elle ainsi envahir ?
— Toute la nuit ? demanda-t-elle, harcelée par trop d'imagination.
— Je ne sais pas, répondit Henry. Il était plus là quand je me suis levé.
Emma semblait déboussolée. Elle songea aux papiers qu'un huissier lui avait remis en main propre. Elle avait trouvé étrange que Regina se décide à signer après l'avoir poussée à le faire pendant des semaines. Tout ce temps à se disputer au téléphone, à lutter contre le sale caractère borné de Regina pour en arriver finalement à recevoir les documents sans même un appel, ni un mot ou un email. Alors cet homme y était-il pour quelque chose ? Emma se sentait vidée de l'intérieur, refroidie tout entière. Pourtant, elle venait d'obtenir ce qu'elle avait cherché tout ce temps : le divorce à l'amiable, si l'amiable existait avec Regina Mills...
— Emma, reprit Henry en lui prenant la main. Viens... Elle doit te voir. Tu dois lui parler...
— Pour lui dire quoi, Henry ? Qu'est-ce que tu veux que je lui dise ? Qu'elle a pas le droit d'amener un homme à la maison ? Tu sais que je peux pas faire ça...
Henry s'agaça en sentant son portable vibrer dans sa poche. Il le sortit et commenta :
— C'est maman. Elle me demande où je suis et pourquoi on met autant de temps à arriver...
Il leva les yeux sur Emma et insista encore :
— Allez, viens... Fais-le pour moi.
Emma ferma les yeux un instant. Henry savait qu'en utilisant cette phrase, il prenait le dessus, que si elle refusait, il serait capable de couper toute communication pendant des jours. Il l'avait déjà fait par le passé quand elle n'arrêtait pas de se battre avec Regina en parlant de divorce.
— Ok, abdiqua-t-elle. Mais je vois pas à quoi ça pourra servir !
Henry fut soulagé sur la réponse positive d'Emma. Elle le suivit donc comme il lui avait demandé. Mais plus les mètres étaient parcourus, moins Emma se sentait bien. Elle ne cessait plus de ressasser l'annonce de son fils au sujet de cet homme. Avait-il passé la nuit avec Regina ? Était-elle tombée amoureuse de lui ? Lui avait-elle ouvert bien plus que sa porte ? Trop de questions la harcelaient maintenant, trop de conclusions hâtives, trop d'idées. Elle longea la petite allée pavée qu'elle avait foulée tant de fois jusque-là... Les souvenirs devenaient alors plus vifs, clairs et presque douloureux. Ils amenaient autant de colère, de regrets, que de confusion.
Alors Henry ouvrit la porte d'entrée…
— Maman, je suis là…
Et les talons hauts de Madame le Maire claquèrent sur le parquet, celle-ci venant de la cuisine.
— Henry ! Je peux savoir…
Mais Regina s'interrompit en voyant la Sauveuse sur le palier de la porte. Cela faisait un mois que sa future ex-femme avait quitté Storybrooke, trois mois que son sort avait été rompu, et la Sauveuse revenait…
— Miss Swan, fit-elle enfin en s'approchant d'un pas élégant.
Elle ramena sa main sur l'embrasure de la porte, regardant la Sauveuse de bas en haut, ses yeux bruns s'arrêtant sur son visage :
— Tu es en retard.
Ce que sentait Emma devant Regina était indescriptible. Un mélange d'émotions intenses explosait en elle dans un désordre assourdissant. Le regard de Regina sur elle réveillait autant de colère, de tensions que de rappels.
— J'ai deux jours toutes les deux semaines, répondit-elle, le visage fermé. Un quart d'heure va pas te tuer... À moins que t'aies un emploi du temps chargé même le dimanche soir.
Regina ne l'avait pas quittée des yeux, à la fois accusatrice et aguicheuse. Car, qui mieux qu'elle savait aujourd'hui qui était réellement Emma Swan ? Même si elles n'étaient restées mariées que cinq mois après que la Reine eut jeté un simple petit sort en faisant boire à la Sauveuse un philtre d'amour, Regina n'oubliait pas que Miss Swan était celle qui l'avait prise de son plein gré sur le bureau du commissariat. Alors oui, Regina Mills avait toutes les raisons d'être désagréable avec la Sauveuse qui, par hypocrisie, avait demandé le divorce, l'accusant de l'avoir manipulée. Elle regarda son fils :
— Henry, monte te doucher, ton dîner est prêt.
— Je pensais qu'Emma pourrait…
— Monte te doucher, répéta Regina d'un ton plus sec.
Le jeune homme regarda sa mère blonde.
— Encore merci pour ce week-end, c'était super.
Henry s'éloigna, passant sous le bras de sa mère brune tandis que celle-ci n'avait pas quitté des yeux les traits accusateurs de son ancienne et sulfureuse amante.
— Je te préférais quand tu étais plus docile, se moqua la Reine une fois seule face à Emma. Cet air de Sauveuse renégate pleine de rancœurs à mon égard ne te va pas du tout.
Sur ces accusations et devant cet air arrogant et prétentieux, Emma serra les dents et fit un pas vers Regina, l'air menaçant. Celle-ci avait le don de l'enrager, de susciter bien trop d'émotions à son goût.
— J'avais presque oublié à quel point t'aimes les gens soumis, Regina. C'est pour ça que t'aimes la magie, pour les rendre dociles... Sinon, comment tu ferais pour te faire aimer ?
Regina ne bougea pas d'un millimètre, sans quitter les prunelles bleues accusatrices de l'ancien Shérif et répondit d'une voix plus basse :
— Je n'ai eu nullement besoin de magie pour te soumettre quand tu m'as poussée contre ton bureau pour me faire jouir, Miss Swan. Qui est celle qui a soumis l'autre, hum ?
Regina était une vraie garce, à la hauteur de tout ce qu'on pouvait dire d'elle, songea Emma. Sa future ex-femme venait de la toucher au vif. Ce rappel de cette étreinte avec des mots aussi directs la forçait à se remémorer son manquement, son écart consenti. Une étreinte passionnée, embrasée et dangereuse qu'elle avait commise à force de traîner autour de Madame le Maire. Et de cela, tout avait découlé... Elle enrageait parce qu'en cet instant, elle ne pouvait dire le moindre mot, ni même oser réfuter des faits évidents qui la tourmentaient encore. Mais Regina avait abusé d'elle, détourné son désir de tout arrêter avant d'outrepasser trop de limites. Elle avait jeté ce sort diabolique. Regina était bien la seule à provoquer pareille tempête en elle. Une violence qu'elle n'avait connue qu'avec elle. Des émotions exacerbées qui dépassaient l'entendement.
— Dis à Henry que je l'appellerai demain, répondit-elle simplement.
Elle se recula, s'efforça de mettre de la distance entre elle et Regina avant d'exploser. Leurs rencontres avaient presque toujours été ainsi de toute façon. Intenses, tendues, sur le fil du rasoir, prêtes à basculer d'un instant à l'autre comme si tout devenait possible, même le pire. Restait à savoir ce que le pire incarnait pour chacune d'elles. Elle se détourna pour repartir, mais s'arrêta un instant, les sourcils froncés. Elle reporta ses yeux sur Regina et demanda malgré tout :
— C'est qui ce Julian Bradley ?
Un léger sourire étira les lèvres de la Reine qui, bien sûr, avait attendu que la Sauveuse s'éloigne, baladant son regard gourmand sur ses courbes et son allure de garçon manqué.
— En quoi cela te regarde ?
Et sur ces mots qui, elle le savait, accentueraient la colère d'Emma, la Reine referma la porte. Emma ferma les yeux et soupira en silence, furieuse. La colère qui coulait dans ses veines rendait ses pensées désordonnées, folles et plus tourmentées que jamais. Non seulement elle n'avait obtenu aucune réponse, mais Regina s'était fait un plaisir de la chasser hors de chez elle en lui claquant la porte au nez. À cet instant, elle aurait défoncé cette maudite porte, ces pots de fleurs trop bien rangés et tout ce qui rendait cette demeure parfaitement ordonnée. Mais elle ne le pouvait au risque de perdre ses malheureux jours de garde. Pourquoi avait-elle accepté de rencontrer Regina ? Maintenant, elle ne saurait se débarrasser de ses émotions terribles grondant au fond d'elle. Elle devait retourner à Boston, tourner la page, oublier, tout effacer et recommencer à zéro... C'était ce qu'elle s'évertuait à faire depuis trois mois, depuis que le sort avait été levé. Alors, elle s'éloigna de cette maison de malheur, longea cette allée de pavés aux mille souvenirs et rejoignit son quatre-quatre, seul allié en ces lieux peuplés de trop de rappels. Elle jeta un dernier regard sur la maison aux façades blanches et démarra.
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