Bien malgré elle, Regina perçut un soupçon de peine et de compassion en voyant les yeux clairs, fuyants, désemparés de la Sauveuse croiser les siens. Elle le savait qu'une réaction d'une telle violence n'était guère anodine, trouvait sa source dans des sentiments refoulés. N'était-ce pas pour cette raison qu'Emma l'avait accusée de l'avoir ensorcelée après ce premier écart alors que Regina n'avait rien fait ? Le déni, la colère, l'incapacité d'accepter son attirance pour elle, les avaient conduites à des extrêmes dont personne n'était sorti indemne.

— Tu manques à Henry… Et tu me manques aussi, avoua-t-elle.

Le cœur battant, Emma ne bougeait plus. Pourquoi Regina se montrait-elle si tendre maintenant ? À quoi jouait-elle ? Elle devait signer ces papiers et en finir parce que jamais Regina n'accéderait à sa demande, jamais elle n'effacerait leurs trop nombreux moments de sa mémoire. Mais la lutte devenait vaine. Une partie d'elle lui rappelait la folie de ce qu'elle ressentait à l'égard de la Reine pendant qu'une autre lui rappelait le plaisir indécent qu'elle avait pris avec elle, encore et encore... Ses yeux se posèrent sur ses lèvres juste une seconde dans un réflexe malheureux, un intérêt humain, une attraction incontrôlable. Et ce fut le regard de trop. Juste un pas vers elle et son corps frôla le sien. Alors sa main glissa sur sa joue et elle l'embrassa parce qu'à ce moment précis, c'était tout ce qu'elle pouvait faire après tant d'incitations. Mais ce contact la fit vaciller un peu plus. Le baiser devint alors plus appuyé, profond et impatient. Nécessaire, il répondait à une envie aliénée où se mêlaient interdits, désirs et vices. Comment arrêter cette violence, ce besoin ennemi, susceptible de vous faire chavirer, de provoquer le pire en vous ? Et Regina se laissa faire, répondit même à cet affront. Pourquoi ne pouvait-elle pas la repousser ? Victime enflammée de ses charmes, Emma se sentait perdre pied, abandonner toutes les forces qu'elle avait accumulées de son côté. Son corps contre le sien, son bras autour de sa taille, ses lèvres capturaient les siennes dans quelques soupirs étouffés. La Reine heurta la petite table à l'entrée, le vase tomba et la porcelaine se répandit sur le carrelage impeccable. L'objet brisé n'était qu'une conséquence récurrente à ce laisser-aller de la part d'Emma, un effet habituel lorsqu'elle s'abandonnait ainsi avec Regina. Le bruit de l'impact cassa le rythme effréné de ses idées et elle rompit le baiser aussi brusquement. Sa main dans les cheveux bruns de Regina, ses lèvres à quelques centimètres à peine des siennes, elle cherchait un souffle perdu. L'oxygène manquait, la chaleur remontait, sa gorge s'asséchait. Le feu approchait, elle pouvait le sentir grimper en elle, dévorer chaque tentative de recul. Son regard brillant d'un désir furieux s'attardait sur les traits ensorceleurs de la Reine, son visage séducteur qui l'incitait à poursuivre. Les charmes de Regina étaient irrésistibles, ses pouvoirs nombreux. Elle était la nuit, le démon caché en chaque être humain, le côté sombre qu'on s'évertuait à éviter au risque de terminer dans les flammes de l'Enfer. Emma l'avait déjà aperçu, senti et touché du bout des doigts. Elle s'y était déjà égarée avant de s'y laisser aller à corps et à cœur perdus. Sur ce bureau, dans le commissariat, elle avait profité de son passage de l'autre côté, avait goûté quelques-uns de ses fruits. De délicieux plaisirs enjôleurs qui rendaient les défenses de quiconque inutiles et vaines. Des tentations pernicieuses saisissantes auxquelles on devenait dépendants à travers de voluptueux moments d'abandon, d'extases inoubliables ancrées dans les chairs. Emma connaissait ce moment suspendu, l'instant précédant la reddition, celui où tout la poussait vers elle. Le personnage de tous ses fantasmes, de tant de nuits tourmentées, peuplées de sensations vertigineuses aussi délirantes que dangereuses.

Le souffle de Regina s'était perdu entre les lèvres de la Sauveuse. Retrouver sa fougue, ses baisers appuyés et empreints de passion dévorante l'avait fait frissonner, brûler de l'intérieur. Pourquoi diable Emma Swan continuait-elle de lutter face à tant d'évidences ? Ni l'une ni l'autre ne pouvaient combattre cette attraction perpétuelle et démesurée. La Reine elle-même s'y était résignée, avait accepté de laisser ce feu dévorant la consumer pour ne pas s'embraser elle-même. Rares étaient les fois où elle perdait le contrôle et Emma Swan était la seule à la soumettre à d'aussi bas instincts. Car son désir, la Reine le sentait férocement au creux de son ventre échauffé par les assauts de la Sauveuse. Elle avait envie d'elle, encore, et leur rupture forcée n'avait rien changé à son attirance et à son envie de la sentir entre ses cuisses. Alors sans quitter Emma de son regard brûlant, ses doigts féminins remontèrent en haut de sa chemise et en défirent le premier bouton.

— J'ai envie de toi, Miss Swan.

La main d'Emma saisit celle de Regina dans un geste préventif, défensif, une tentative désespérée. Aussi rongée qu'assommée par son désir, elle luttait encore de toutes ses forces. Les paroles de Regina glissaient en elle tel un poison, lent, vicieux, serpentant le long de chacune de ses faiblesses, chacun de ses désirs enfouis. Ses épanchements devenaient de redoutables adversaires, encouragés par les gestes, les mots et le regard pénétrant de la Reine. Le plus petit battement de cils, le moindre mouvement de ses lèvres pulpeuses l'incitaient à plier, à se soumettre à toutes ces idées silencieuses et pourtant bien présentes. Son poignet dans sa main, que pouvait-elle faire de plus ? Ses pieds collés au sol, son corps figé par la brûlure d'un désir cruel et lancinant, des images s'enchaînaient, autant d'égarements en série que d'envies nouvelles. Si Blanche-Neige lisait dans sa tête en cet instant précis, si le monde à l'extérieur voyait ce qui se tramait en elle, alors elle ne trouverait plus de refuge ni d'excuse, ne brillerait plus d'une lueur immaculée censée rendre les Contes pleins d'espoirs et d'Amour. La Sauveuse deviendrait l'antinomie de son propre personnage. Un héros corrompu aux traits aussi enjôleurs que ceux de la Reine, le terrible reflet exact de la vie réelle, le portrait d'une existence cruelle que chacun subissait en dehors des frontières de Storybrooke. Elle écarta la main de Regina, le regard errant sur elle. Prise entre tentations viscérales et raisonnement désespéré, son côté humain prenait le pas sur les vertus de la Sauveuse, victime d'une vie au milieu de ce monde, loin de ceux qui l'avaient abandonnée trente ans plus tôt. Son visage approcha, ses lèvres frôlèrent le sien, ses narines envahies par ses fragrances enivrantes. Et si tout cela n'était que le juste retour des choses ? Et si cette attirance pour l'autre côté n'était qu'une réponse d'un destin imposé par d'autres ? Sa tête lui tourna et ses paupières se fermèrent dans l'espoir d'arrêter ce tournis. Mais rien ne se passa et ses défenses s'effritèrent. Son bras se resserra autour de sa taille, sa main lâcha la sienne et partit sur sa hanche. Ses lèvres se posèrent dans son cou et leurs contacts se firent plus langoureux, moins impatients. Le combat devenait déloyal, perdu d'avance. Regina l'avait déjà envahie, possédée. Et chaque cellule de son corps en portait la marque. Le contact de sa peau parfumée contre la sienne la fit basculer et le feu s'embrasa. Ses lèvres se refermèrent sur son lobe. Du bout de sa langue, elle goûta au velouté de son épiderme, cette courbe sensuelle en accord parfait avec le reste de son corps. Son souffle devint fiévreux, brûla sa gorge à chacune de ses respirations. Ses mains remontèrent entre elles et se saisirent des pans de la chemise de Regina. Dans un geste vif et net, elles les écartèrent et les boutons sautèrent. Le bruit de leurs petits rebonds résonna dans la pièce. Emma n'en avait plus que faire... Tout ce qui se répercutait en elle, était le son étourdissant des soupirs contenus de la Reine. Une seule seconde, une seule pensée, une seule approche avaient suffi à soulever le voile à nouveau. Une mince étoffe opaque qui la séparait de son autre côté. L'envie devint plus forte seconde après seconde, le désir plus dévastateur. Le feu soufflait maintenant, seul maître à bord. Ses lèvres retrouvèrent les siennes. Le baiser, d'abord lent et savoureux, se fit plus passionné. Sa langue chercha et trouva la sienne. Elle vacilla de nouveau, trembla un instant dans une dernière retenue avant de se laisser aller finalement. Ses bras autour de sa taille la soulevèrent, poussés par ses envies innombrables.

— Tu me rends dingue, souffla-t-elle entre ses lèvres.

Adossée au mur, Regina pouvait en dire autant. Les assauts audacieux de la Sauveuse la faisaient trembler de désir. Ajoutés à ces mots, à la façon dont la blonde la saisissait contre elle, la Reine pouvait s'abandonner à son sort. Ses lèvres se régalaient des siennes, son corps se consumait en sentant les mains d'Emma le parcourir. Ses doigts glissèrent le long de sa mâchoire, creusèrent sa peau et elle se recula à peine, révélant un regard brillant de convoitise et de désir.

— Je suis encore ta femme, fit-elle d'un souffle chaud… Et tu es encore à moi…

Emma croisa le regard de la Reine, ses yeux pétillants et ensorceleurs, responsable de tant d'égarements. Regina soufflait sur des braises incandescentes, attisait un feu ravageur et puissant. La pression grimpa un peu plus, le désir devint intenable, insupportable à force d'être contenu, enfermé dans un carcan mental et outrancier. La Reine toujours emprisonnée dans ses bras, Emma l'amena vers le canapé, dans le salon, l'y allongea, poussée par d'insoutenables évidences. Elle se débarrassa de sa veste, la jeta plus loin dans des gestes pressés avant de se pencher sur elle. Elle reposa ses lèvres sur sa poitrine bombée par son soutien-gorge de dentelles noires. Le cap était franchi à nouveau, son attirance avait eu le dessus, l'avait dépassée toute entière. Les mains de Regina dans ses cheveux l'incitaient à poursuivre le délit qu'elle commettait encore. La leçon n'avait pas été apprise, son autoflagellation n'avait pas été assez douloureuse. Son envie de Regina devenait primordiale, primaire et presque bestiale. Elle appelait la plus petite partie de son humanité, parlait à ses hormones, sa nature humaine, éveillait un instinct presque animal. Un être en proie à une attirance incontrôlable pour un autre, victime d'un accord parfait ou d'une union entre deux opposés en totale harmonie. Comme la nuit et le jour, le paradis et l'enfer, le bien et le mal, l'un ne pouvait exister sans l'autre.

Les mains d'Emma remontèrent la jupe de la Reine autour de sa taille, à bout de souffle, étourdie par tant d'émotions à la fois. Ses doigts tirèrent sur le lien entre les balconnets du soutien-gorge de Regina. Il céda sous son impatience et ses lèvres trouvèrent enfin l'un de leurs trésors. Elles se refermèrent sur son téton. Son soupir brûla sa peau avant que sa langue ne vienne à peine le rafraîchir. Emma perdait l'esprit, s'abandonnait à son autre qu'elle s'était évertuée à dissimuler sous des couches de déni, de refus et de principes moraux. Mais le souvenir de la Reine ancré en elle avait pris le dessus. Et là, sur son canapé, contre son corps, entre ses mains expertes et libertines, elle abdiquait finalement. Elle la voulait tout entière, cherchait le moyen de se sauver, de libérer cette bête féroce en elle, de satisfaire sa faim, son appétit insatiable. Alors peut-être trouverait-elle enfin la paix ? Essoufflée par tant d'envies à la fois, elle se redressa, ôta son chandail et le jeta avec autant d'empressement qu'elle l'avait fait avec sa veste. Regina suivit son mouvement, ses mains agrippèrent sa ceinture, en défirent la boucle et Emma ramena les siennes sur ses joues. Elle l'embrassa à nouveau, incapable de résister davantage, définitivement emportée par cet instant enfiévré. Un tremblement secoua son corps quand elle sentit les doigts de la Reine se balader sur ses fesses, sous son jeans maintenant ouvert.

Si cette étreinte était la dernière, identique à la fois où Miss Swan avait regretté son écart, la Reine profiterait de chaque seconde, pensait-elle. Elle voulait la sentir, contre elle, à elle, une dernière fois avant que la Sauveuse ne la fuie et quitte encore Storybrooke. Alors elle se leva pour retourner l'embrasser, la défaire de ses derniers vêtements avant de la pousser à s'asseoir sur le canapé et de venir sur elle. Peu importait l'opinion publique, ou ce que quiconque pensait d'elle à Storybrooke, Regina voulait Emma et aurait Emma. Alors ses mains sur ses joues, la Reine retourna l'embrasser. Elle tressaillit sous les doigts de la Sauveuse se refermant sur ses hanches. Alors, le souffle chaud, elle se recula, plongea son regard enfiévré dans le sien et prit l'une de ses mains qu'elle amena directement sur son intimité. Elle fit glisser les doigts d'Emma à l'entrée de son sexe en demande d'attention et, sensuellement, Regina se redressa, les fit entrer en elle avant d'approfondir la pénétration d'un mouvement lascif de son bassin. Un profond soupir s'évada de ses lèvres, un soupir qu'elle offrait sans scrupules, sans la moindre honte à la Sauveuse, à celle qui était encore sa femme et qui ne la quittait pas des yeux. Sans rompre le contact passionné de leur regard, la Reine entreprit de lents et sensuels déhanchements sur les doigts de l'ancien Shérif. À chaque pénétration, elle laissait s'évader un doux soupir d'extase, se régalant du regard qu'Emma avait sur elle en cette seconde précise.

Celle-ci perdait pied. Plus aucune réflexion ne peuplait son esprit envahi par la Reine, possédé par ses yeux bruns dans les siens. Regina avait fini par lacaptiver, la capturer tout entière et plus qu'une seule envie n'existait désormais. Poursuivre ce moment encore et encore. Elle ramena son visage dans son cou, le couvrit de baisers brûlants. Les mouvements de Regina sur ses doigts emprisonnés en elle la faisaient trembler, chavirer un peu plus. Le feu s'embrasait, brûlait son être, consumait la plus petite réserve laissée derrière. Son autre prenait le dessus, ouvrait les vannes de sa mémoire, appelait ses souvenirs enfouis pendant des semaines. Des images de leurs nombreuses étreintes revinrent, l'assaillirent comme autant d'idées embrasées, autant de désir trop longtemps contenu. Trois mois d'un mariage consommé dans chaque coin de cette maison. Et pas un jour ne s'était écoulé sans faire l'amour, sans qu'elles ne partagent ce feu dévastateur, ce lien à ce point puissant qu'il avait englouti Emma... Sa main remonta dans les cheveux bruns de la Reine, ses lèvres sur sa gorge, ses soupirs s'évaporaient avec les siens. Elle l'entendait lui confier ses quelques gémissements à peine audibles. Ils excitaient ses sens désordonnés, provoquaient ses folles envies. Des vagues de chaleur la submergeaient, renforçaient cet attachement qu'elle avait refusé. Mais elle avait besoin de plus, de tout, de chaque partie du corps de la Reine. Ses pensées fusaient au gré de son plaisir, de sa fièvre. Alors, elle la rallongea sur le canapé et reprit le dessus. Si ses barrières tombaient, si ses retenues disparaissaient, si son autre prenait les commandes, elle devait assouvir ses fantasmes, trouver satisfaction, rassasier sa soif, taire ces supplications incessantes en elles. Elle se dressa sur son bras, reprit son souffle, stoppa ses attentions, le regard enflammé dans le sien. Sa main fit glisser sa culotte le long de ses interminables jambes aussi séduisantes que le reste, et le vêtement termina avec les autres sur le sol. Elle mordit sa lèvre dans une autre montée d'excitation. Son visage repartit sur sa poitrine, mais descendit chercher son dû, un trésor follement convoité.

Ses doigts fermés dans les cheveux dorés d'Emma, la Reine se cambra quand la langue de sa Sauveuse se faufila entre ses lèvres intimes. Sa tête bascula en arrière dans un plus profond soupir. Dieu qu'Emma savait la prendre, songeait Regina. Dieu que sa femme avait su lui faire l'amour pendant tous ces mois et combien elle s'en régalait. Pourquoi avait-il fallu que d'autres se mêlent de leur vie, de leur bonheur, alors que son sort n'avait fait que libérer la Sauveuse des chaînes de la raison. Malgré son extase et la délicieuse torture qu'Emma Swan lui infligeait, Regina ne se faisait aucune illusion et prenait ce que la Sauveuse lui offrait. Alors par ses assauts indécents, la Reine ne put réfréner l'orgasme qui grimpa aux creux de ses reins. Elle se laissa emporter, tremblante d'extase sur les lèvres gourmandes de son amante qui approfondissait ses caresses pour que cette petite mort soit plus délicieuse encore. Les tremblements se calmèrent doucement, la Reine, bercée par de délicieux vertiges d'extase, sentit le corps d'Emma venir sur le sien, rester entre ses cuisses. Ses yeux se rouvrirent sur son visage aux traits insolents. Après cette tempête de plaisir soufflait un vent d'apaisement où quiconque aurait pu jurer qu'elles étaient les plus normales des amantes. Mais Regina savait qu'il n'en était rien et pouvait s'attendre à tout de la part de la Sauveuse. Ses doigts se faufilèrent dans ses cheveux, lui repoussèrent quelques mèches dorées. Son esprit repartait vers ces trois derniers mois à partager la même vie, le même lit, les mêmes petits déjeuners, les mêmes dîners et le même fils. Tout avait semblé si parfait aux yeux de la Reine qu'elle n'arrivait à croire qu'Emma et elle en furent arrivées à ce maudit divorce. Elle osa alors briser le silence d'une voix marquée par son éreintement :

— Je ne veux pas que tu signes ces papiers… Je veux rester ta femme, Emma.

Celle-ci s'était attendue à une remarque victorieuse, une petite phrase bien placée après ce lâcher-prise. Mais il n'en fut rien et Emma en resta troublée. Le pire arrivait maintenant. L'instant où tout revenait, où la folie laissait place au calme, au silence effrayant. Il la mettait face à ses propres erreurs, ses terribles faiblesses. Elle appréhendait ses réactions, ce vent soudain, ce retour à la réalité qu'elle avait subi de plein fouet lorsque le sort avait été levé. Pleinement consciente de ce qu'elle venait de commettre, elle détourna les yeux et se redressa. Pour réfléchir, elle devait s'éloigner de ce corps brûlant, marqué de toutes les tentations, de ses méfaits volontaires. Les mots de Regina résonnaient en elle, rebondissaient contre les parois de son cœur affolé. Assise sur le canapé, elle vit Regina se redresser du coin de l'œil, attendre un mot, une parole de sa part. Les siennes avaient tant d'effet sur elle qu'elle ne parvenait pas à trier ses réflexions, ses premières émotions. La tempête avait soufflé, le feu l'avait consumée, les traces de son aliénation demeuraient sur le sol, sur sa peau, ses mains, ses lèvres, partout en elle.