Trois mois plus tard...

Assise dans la voiture depuis deux heures, Emma attendait une réponse du bureau fédéral de Los Angeles, sûrement autant que Liam près d'elle. Des gobelets de café calés près de l'accoudoir, des emballages de sandwichs et de sucreries témoignaient de leur longue attente. Le soleil de Californie était bien plus fort que celui de Boston. L'Ouest et l'Est des États-Unis avaient deux climats différents, deux atmosphères très marquées. Mais Emma et son associé n'étaient pas à Westport, une petite ville au Sud de Los Angeles, pour le tourisme. Leurs portables vibrèrent au même instant et enfin, le message du FBI leur parvint.

— C'est bon, on y va, lança Liam.

Ils quittèrent le véhicule, traversèrent la rue résidentielle avant de se séparer. Emma s'approcha de la maison par l'entrée principale pendant que Liam surveillerait l'arrière. Ils avaient enfin mis la main sur l'homme qui avait ouvert le feu dans un supermarché à Pittsburgh, quatre mois plus tôt, tuant trente-six personnes, dont des enfants.

La porte s'ouvrit à peine sur l'homme en question qui ne laissa que sa tête apparaître et Emma lui sourit en le saluant.

— Bonjour, excusez-moi de vous déranger, mais je viens de voir qu'on avait vidé des poubelles sur votre pelouse, fit-elle en indiquant un côté de la maison.

L'individu jeta un coup d'œil sur la jeune femme devant lui et sembla se détendre avant de franchir le seuil d'entrée, curieux. Mais dès qu'il fut sorti, Emma le saisit violemment pour le retourner face contre le mur. Il se débattit et déséquilibra Emma. Celle-ci vacilla et l'homme put l'atteindre au visage avec l'un de ses poings. Liam arriva en courant et intervint à cet instant pour l'aider. Emma bloqua l'autre bras de leur cible avant que sa main ne la frappe à nouveau. Liam l'écarta violemment d'elle et le plaqua contre le mur.

— Jeffrey Harris, on vous ramène aux fédéraux...

L'individu tenta de se dégager, mais Liam lui colla la joue contre le mur pendant qu'Emma refermait les menottes autour de ses poignets.

Cela faisait des semaines qu'ils travaillaient sur ce dossier. Ils avaient travaillé presque jour et nuit en quête d'adresses, de points de chute, de connaissances ou de contacts. Emma avait même dû annuler un de ses week-ends avec Henry à cause de leurs déplacements à travers les états de l'Ouest.

* * *

Sur les nerfs, fatiguée, elle retourna enfin chez elle, à Boston juste avant son week-end avec son fils. Bien sûr, elle l'avait appelé tous les jours, l'avait contacté par communication vidéo sur ordinateur. Mais rien ne valait leurs week-ends en tête-à-tête. Cette traque l'avait au moins aidée à calmer ses tourments incessants au sujet de Regina. Celle-ci ne l'avait plus appelée depuis son départ trois mois plus tôt et elles ne s'étaient pas revues. Lors des dernières visites, Henry avait rejoint Boston en bus, comme certaines autres fois. Avec Emma, ils avaient discuté de cette situation tous les deux. Henry insistait pour les réunir, se fâchait même avec elle pour les ramener à la raison. Il parlait de Regina dès qu'il passait du temps avec Emma, ne cessait de lui raconter les dernières nouvelles de la Reine, de cet enfant...

Et plus, Emma les entendait, moins elle dormait. Rien ne s'arrangeait et la distance qu'elle avait imposée entre elles n'y faisait rien. Elle avait eu beau se trouver à des milliers de kilomètres de Regina, celle-ci envahissait son esprit torturé, son corps marqué par ses parfums, ses lèvres, le souvenir de ses caresses. Mais plus que tout, ses réflexions se tournaient sur cet enfant qui existait bel et bien, cette grossesse que même Henry ne cessait de lui confirmer.

Assise à une table d'un bar du centre-ville, Emma écoutait Taylor, l'esprit toujours aussi embrouillé. Parce qu'elle voulait retrouver un certain équilibre, elle avait accepté la proposition de l'étudiante. Elle savait que ce rendez-vous n'avait rien d'amical, qu'il était destiné à plus si affinités. Pour cette raison, elle avait répondu positivement. Si elle fréquentait quelqu'un d'autre, une jeune femme attirante et intelligente, peut-être perdrait-elle l'habitude de penser à Regina ? Mais elle n'y parvenait pas. Taylor savait pourtant meubler leurs conversations, entre plaisanteries, discussions et flirt, elle ne manquait pas d'atouts, mais rien n'y faisait... Emma songeait encore et toujours à Regina.
Devant la porte de la résidence de Taylor, Emma s'arrêta et se tourna vers elle.

— C'était une super soirée, fit-elle, évasive.

Elle vit la jeune femme approcher sa main de son visage et toucher de ses doigts l'ecchymose laissée par Jeffrey Harris.

— Tu ne veux toujours pas me dire ce qui t'est arrivé ? lui demanda-t-elle.

Bien sûr, ce geste lançait un message et Emma le savait. Mais tout son corps s'était raidi pour échapper à ce contact. Non parce qu'elle luttait comme avec Regina, mais à cause de Regina justement...

— C'est rien, t'en fais pas, lui répondit-elle avec un léger sourire.

Mais Taylor s'approcha encore et ramena ses lèvres sur les siennes. Ce contact fut très différent de tous ceux partagés avec Regina, les parfums aussi. Et Emma n'eut d'autres choix que de se reculer, de le rompre. L'envie était absente, le désir inexistant. Ce feu, cette attraction déraisonnée ne la hantaient pas...

— Excuse-moi, fit-elle. Je... Je peux pas.
— Je croyais que ça collait plutôt bien entre nous, répondit Taylor, troublée.
— Je sais, mais c'est pas toi...

Emma fronça les sourcils. Son esprit tout entier était envahi par Regina. Même en plein rendez-vous, devant une personne en dehors de Storybrooke, inconnue de ses parents, la Reine revenait dans chacune de ses pensées.

— J'ai... Encore des trucs à régler, expliqua-t-elle.

Et elle ne mentait pas. Parce qu'après ces semaines, cette vaine tentative de retour au calme avec ce rendez-vous, Regina gardait sa place en haut de la liste, actrice principale de toutes ses réflexions.

— Désolée, ajouta-t-elle.
— Si tu changes d'avis, tu as mon numéro, lui rappela Taylor.

Emma acquiesça d'un signe de tête, sincèrement confuse pour la jeune femme.

— Bonne soirée, Taylor.

Elle s'éloigna après un léger sourire et retrouva son véhicule, plus loin dans l'avenue. Cette soirée se révélait plus terrifiante qu'elle aurait dû l'être.

Arrivée chez elle, elle se servit un verre de scotch, amena la bouteille sur la table basse et avala une longue gorgée d'alcool avant de s'asseoir sur son canapé. Accoudée à ses cuisses, le regard dans le vide, elle pensait à ce rendez-vous raté, ses réactions, celles de son corps, ce recul sans condition devant la jeune femme. Elle l'avait pourtant trouvée attirante, à son goût. Mais rien ne s'était éveillé en elle, aussitôt bridée par la présence de Regina dans sa tête.

Tout l'avait ramenée à elle. Elle s'était mise à comparer Taylor à la Reine, à les opposer toutes les deux, avait espéré y voir plus clair, devenir lucide. Et la lucidité était venue... Mais pas comme elle l'aurait souhaité. Elle l'avait écartée de l'étudiante censée la ramener dans le droit chemin. Elle ou une autre... Mais pas la Reine. En dépit de toutes ses tentatives, Regina restait en elle. Emma l'avait dans la peau, presque littéralement. Elle se mit à penser à ses parents restés à Storybrooke. Blanche et David qu'elle avait régulièrement au téléphone. Elle ne leur racontait que très peu de choses finalement, leur cachait ses réelles activités professionnelles et bien sûr, son attrait viscéral pour Regina. Heureusement, ni Blanche ni David ne semblaient informés de la grossesse de la Reine, de leurs petits tête-à-tête.

Mais Emma se doutait bien de leur réaction, lorsqu'ils apprendraient la nouvelle. La sienne avait été violente, victime de sa colère, de ses rancœurs envers Regina. Était-elle donc condamnée à sentir ces émotions à l'égard de la Reine ? Loin d'elle, furieuse ou remontée contre son comportement arrogant et autoritaire, elle n'avait cessé de penser à l'appeler, la contacter pour entendre sa voix, savoir ce qu'elle faisait. Était-elle à ce point malade ou fatiguée pour qu'elle agisse avec autant de contradiction ? Elle devait trouver une solution, la revoir, l'affronter une bonne fois pour toutes, se confronter à ses propres sentiments même si ceux-là étaient dangereux...

* * *

Henry n'avait guère apprécié les dernières semaines. Non seulement il n'avait pas vu Emma, mais il savait que sa mère brune était malheureuse. Deux fois, il l'avait surprise les larmes aux yeux dans la cuisine et avait tenté de lui parler, mais sa mère se mettait aussitôt en colère s'il insistait. Il n'avait aucune idée de la façon dont il devrait gérer la situation, mais heureusement, Emma descendait à Storybrooke aujourd'hui et il espérait bien lui parler. Si sa mère était réellement enceinte et que ce bébé venait de la Reine et d'Emma, toutes les deux devraient discuter et Henry s'était donc mis en tête de rapprocher ses mères d'une façon ou d'une autre. Tout avait été si parfait quand elles s'étaient mariées. Mais il avait compris que ce mariage résultait d'un sort et n'avait su quoi en penser par la suite. Dans ses songes égoïstes, il espérait parfois que sa mère utilise une autre de ses potions pour tout arranger. Après tout, il n'y avait pas de mal à vouloir être une vraie famille. Mais il se ravisait en sachant pertinemment que sa mère avait manipulé les sentiments d'Emma et en était attristé. Après avoir descendu ses affaires, il entendit frapper et partit ouvrir d'un pas pressé avant de voir Emma sur le palier.

— Salut, fit-il d'un sourire réjoui. Mon sac est prêt !

Il partit le récupérer et revint sur ses pas avant de prendre les clefs.

— On peut y aller.

Emma lança un regard derrière Henry sans voir Regina. Lorsque Henry avait ouvert, tous les parfums de la maison l'avaient envahie en un souffle.

— Où est ta mère ? demanda-t-elle, surprise de ne pas voir Regina.
— En haut, elle range...

Henry sut que sa réponse avait interpelé Emma parce que celle-ci demeura un instant sur le palier, le regard vers l'intérieur. Peut-être réalisait-elle que la vie était meilleure lorsqu'ils se retrouvaient tous les trois ? Il franchit le seuil, mais fut arrêté par Emma.

— On va pas à Boston ce week-end, annonça-t-elle.

Devant l'air interrogateur et surpris d'Henry, elle expliqua :

— J'ai décidé de rester deux jours ici, pour voir Blanche et David... Et les autres.

Le sourire d'Henry révéla toute sa joie. Enfin, Emma décidait de passer du temps à Storybrooke, non loin de sa mère.

— C'est vrai ?
— Ouais, répondit Emma, un léger sourire aux lèvres. Mais j'aimerais le dire à ta mère...
— Viens alors, suggéra Henry en l'entraînant à l'intérieur.

Il tourna les yeux vers les escaliers et cria :

— Maman ?

Mais Regina ne répondit pas. Le trouble d'Emma n'en fut que plus grand. D'habitude, Regina accompagnait toujours Henry lorsqu'elle venait le prendre et cette fois, elle ne prenait même pas la peine de descendre.

— Je vais monter, fit-elle à son fils. T'as qu'à retourner ranger tes affaires puisqu'on passe le week- end à Storybrooke.

Elle grimpa les escaliers, longea le couloir et d'autres souvenirs la percutèrent pour lui rappeler sa vie commune avec Regina. Ces derniers mois avaient été difficiles, pénibles mentalement. Mais elle avait décidé de passer ces deux jours à Storybrooke pour tenter de discuter avec la Reine, d'y voir plus clair. Arrivée devant la porte entrebâillée de sa chambre, elle prit une inspiration en entendant quelques bruits à l'intérieur. Lentement, elle la poussa et vit Regina de dos. Son cœur tapa plus fort en suivant des yeux la fermeture de sa robe qu'elle remontait. Après une ou deux secondes de contemplation spontanée, elle brisa le silence :

— Regina ?

Cette dernière se tourna dans un sursaut. Quelques minutes plus tôt, elle avait entendu et vu à la fenêtre la voiture d'Emma Swan se garer devant sa demeure.

Puis elle avait préféré ne pas descendre, ne pas se faire plus de mal qu'elle ne s'en faisait déjà quand elle pensait à elle. Alors son arrivée, en cet instant et dans sa chambre, la troubla et ramena avec elle les émotions qu'elle essayait de taire depuis des semaines.

— Emma ? fit-elle regard accusateur.

Parce que Regina en voulait à la Sauveuse. Elle lui en voulait d'être absente, d'avoir demandé le divorce, de refuser à son tour de signer les papiers. Elle lui en voulait de nourrir l'espoir que la Reine gardait au fond d'elle de retrouver la vie qu'elles avaient eue il y a plusieurs mois. Malgré elle, comme un réflexe incontrôlable, son regard s'attarda sur la silhouette de la blonde, puis sur son visage où elle ne manqua pas de constater une ecchymose sur le coin de sa joue.

— Que fais-tu chez moi ?

De toute évidence, la Reine était agacée et prête à l'accuser. Malgré elle, Emma n'aimait pas ce qu'elle voyait dans les yeux de Regina, ce qu'elle entendait dans le ton de sa voix. Celle-ci n'avait pas ouvert la porte, avait préféré rester à l'étage et lui reprochait maintenant de se trouver chez elle. Cette sensation contradictoire revenait encore... Entre recul et attirance, son cœur ne savait plus de quel côté battre, mais il tapait plus fort devant la Reine.

— T'es pas descendue alors je suis montée pour te dire que je vais rester à Storybrooke ce week-end.

Henry pourra passer ses nuits ici, si tu veux... Je voulais juste te prévenir.

La Reine ne s'était pas attendue à cette annonce qui, justement, nourrissait ce fameux espoir qu'elle gardait au fond d'elle. Pourquoi diable son regard ne parvenait-il pas à se détacher d'Emma ? Pourquoi sentait-elle ce courant d'air chaud souffler sur elle ? Son esprit lui implorait de se rapprocher pour faire taire la peine qui s'abattait sur elle depuis ces derniers jours, mais elle ne devait pas se laisser tenter encore. Elle détourna son regard en partant vers la penderie pour récupérer ses talons hauts et revint en les enfilant un à un avant de répondre.

— Parfait, qu'il dorme ici s'il le souhaite.

Ses talons résonnèrent sur le parquet quand elle marcha vers sa coiffeuse pour récupérer l'un de ses parfums de luxe. Emma n'avait pas bougé et sentait à nouveau cette tension remonter entre elles. Chaque fois qu'elles se retrouvaient, il en était ainsi. Même après trois mois loin d'elle, rien n'avait changé, l'attirance demeurait intacte, folle et intense. Appuyée contre le chambranle de la porte, elle croisa les bras, le regard égaré sur son corps moulé dans sa belle robe noire. Sa première pensée fut qu'elle avait envie d'elle et la seconde le lui reprocha aussitôt. Elle prit encore une inspiration avant de demander :

— Comment tu vas ?

Regina s'arrêta un instant, de dos à la blonde. Comment osait-elle lui poser cette question, songeait- elle. Alors elle se tourna et marcha vers la porte dans l'intention de sortir, mais Emma ne bougea pas, lui barrant le passage et son regard trouva le sien. Comment pouvait-elle répondre après ces derniers jours ? Et surtout, revenait en cet instant toute cette tension familière et insoutenable qui s'échangeait entre elles quand elles se retrouvaient si proches l'une de l'autre. La Reine devait pourtant répondre, mais son regard s'égara sur les lèvres d'Emma avant de remonter dans le sien.

— Je ne vois pas en quoi ça t'intéresse, dit-elle. Inutile de t'encombrer de ce type de convenances avec moi, tu te fiches bien de savoir comment je vais.

Emma avait envie de répondre, de se défendre devant tant de conclusions hâtives et accusatrices. Mais elle devait garder son calme parce qu'elle n'avait pas envie de se disputer avec Regina et qu'elle avait passé trois mois à réfléchir.

— Ça m'intéresse, Regina, répondit-elle alors. Et je ne suis pas ici pour me battre avec toi... Et t'es enceinte, alors j'ai deux fois plus de raisons de te poser cette question.

Ce rappel eut le mérite de perdre la Reine dans sa répartie. Le manque de nouvelles de la Sauveuse lui avait fait songer qu'elle n'avait que faire de ce bébé qu'elle portait. Regina était enceinte de trois mois et quelques rondeurs commençaient à apparaitre sur son ventre.

— Ce n'est pas tous les jours facile, mais tu sais que je suis une femme pleine de ressources.

Emma leva les sourcils en parfait accord avec cette dernière phrase. Mais même si elle venait d'obtenir sa réponse, elle n'était pas satisfaite.

— À part Whale, est-ce que quelqu'un le sait en ville ? lui demanda-t-elle encore.

Regina se recoiffa un peu avant de répondre :

— Qui crois-tu que cela intéresse ?

Emma soupira sur cette question. À Storybrooke, petite ville fantôme où tout le monde se connaissait, cette nouvelle de la grossesse de la Reine intéresserait sûrement tous ses habitants. Et la première question serait : qui est le père ?

— En tout cas, moi, ça m'intéresse...

Elle se redressa et se recula après avoir lutté activement contre cette envie enivrante qu'elle avait de Regina. Cela dépassait l'entendement.

— Je te ramène Henry tout à l'heure, ajouta-t-elle avant de s'éloigner.

Regina la suivit des yeux, se retenant de l'interpeller, de faire perdurer ce court moment tandis que le départ de la blonde pesait déjà sur son moral. Elle n'était plus vraiment sûre de rien. Trois mois étaient passés, mais Emma semblait être différente, moins agressive, moins accusatrice que dans ses souvenirs. Pourtant, elle s'était endurcie avec les semaines, le manque, la culpabilité et la solitude. Alors comment devait-elle réagir maintenant ? Si Emma restait à Storybrooke ce week-end, il était évident qu'elles se reverraient…

* * *

Une fois dans la voiture près d'Emma, Henry la regarda démarrer et ne put tenir sa langue plus longtemps :

— Maman a perdu ses pouvoirs.

Emma fronça les sourcils et tourna les yeux vers son fils, l'air interdit.

— Comment ça, elle a perdu ses pouvoirs ? demanda-t-elle.

— Je sais pas, répondit-il. Mais l'autre jour, la voiture n'a pas voulu démarrer, alors elle a voulu se servir de sa magie, mais rien ne s'est passé. Elle ne m'a rien dit, mais j'ai bien vu que ce n'était pas normal. Du coup, on est rentré à pied...

Cette explication provoqua une foule de questions dans la tête d'Emma. Bien sûr, Regina s'était bien gardé de lui avouer une telle chose. D'ailleurs, elle imaginait sa colère et son angoisse en sachant qu'elle ne pouvait plus utiliser sa magie.

— Est-ce qu'elle t'en a parlé ? demanda-t-elle encore.
— Non... Mais je suis sûr qu'elle n'a plus ses pouvoirs.

Emma finit par se garer devant la demeure de chez Blanche et David qui avaient fini par acheter une maison. L'annonce de son fils expliquait sûrement l'humeur massacrante de la Reine tout à l'heure.

— J'essaierai de trouver ce qui se passe, fit-elle à Henry pour le rassurer.

Celui-ci n'en fut que plus réjoui. Il retrouvait enfin Emma et leur mission secrète qu'ils avaient eu l'habitude d'élaborer lorsqu'elle était arrivée à Storybrooke. Ces deux jours seraient l'occasion tant espérée pour lui de réunir sa mère et la Sauveuse.