Bonsoir tout le monde !

Celle-ci, j'ai un peu hésité à en faire une exclusivité AO3, mais bon… Me revoici avec un OS !

J'adore les peupliers, si vous voulez tout savoir. C'est mon arbre préféré depuis toujours, j'adore le bruit du vent dans les feuilles.

Il y en a à mon travail. Rajoutez par-dessus ça mon fidèle beta LapinDépice et nos discussions tard le soir, secouez, laissez reposer et tadam !

J'espère que ça vous plaira !


À l'ombre des peupliers

C'était la première fois qu'il le remarquait et, à présent qu'Hashirama le lui avait signalé en passant, Madara avait l'impression de ne voir que ça. Cillant, se forçant à détourner le regard, il se demanda comment il avait pu rater la proximité qui liait leurs cadets.

Cinq ans auparavant, pourtant, ils étaient encore à couteaux tirés. Et à présent, sans que personne ne le remarque, ils étaient devenus proches. Très proches.

Madara grogna pour tenter de dégager sa gorge de cette boule oppressante qui l'enserrait.

Hashirama eut un sourire doux, ses yeux toujours posés sur leurs frères qui faisaient la sieste à l'ombre des peupliers.

— C'est beau de voir comme ils sont amis, commenta-t-il.

Il n'eut pas besoin de délivrer un nouveau discours sur la paix et la beauté de voir d'anciens ennemis mortels en complices indéfectibles. Les doigts de Madara se serrèrent nerveusement sur l'herbe et il ne toucha pas sa propre tasse de thé. La boule dans sa gorge ressemblait drôlement à de la jalousie et c'était désagréable.

— Ils ne sont pas amis.

Sa voix lui paraissait tellement étranglée qu'il fronça les sourcils. Il n'aimait vraiment pas se sentir ainsi. Être jaloux de son frère.

— Si, ils le sont ? répondit Hashirama en haussant un sourcil.

Madara plissa des paupières, se demandant un instant si son ami était totalement aveugle.

La main d'Izuna était passée sous les vêtements de Tobirama, caressant paresseusement la peau du ventre, tournant autour du nombril. Il avait calé sa tête dans le creux du cou du frère d'Hashirama qui lui-même caressait les cheveux bruns dans un geste respirant à la fois la tendresse et l'habitude.

Définitivement pas des amis.

— Hashirama, énonça-t-il lentement comme s'il parlait à un idiot, toi et moi nous sommes des amis tactiles et même notre relation paraît tiède à côté d'eux. Ce ne sont pas des gestes d'amis, ça.

Il laissa un silence éloquent parler pour lui et Hashirama secoua la tête.

— Non, non, ils ne sont pas un couple. Tobi me l'aurait dit, sinon, il me raconte tout de sa vie amoureuse.

« Il a donc une vie amoureuse ». Madara avala difficilement le bloc de glace qui contenait un ajout « dont je suis exclu ». Et il balaya la remarque d'un geste agacé, la contrariété chiffonnant son visage.

Hashirama était suffisamment coutumier du tact pour savoir qu'il n'était pas utile de signaler à Madara que son béguin pour Tobi était évident. Et il comprenait parfaitement qu'il serait d'une humeur terrible tant qu'il n'aurait pas résolu ce mystère. Quelle épreuve cela devait être de ressentir de la jalousie envers son propre frère sur un tel sujet… Aussi, Hashirama posa sa tasse d'un air décidé puis il appela :

— Tobiiiiiii ? Izuna et toi êtes en couple ?

Un grognement lui répondit et Tobirama se redressa, faisant glisser Izuna qui s'agita en grommelant quelque chose dont les ainés ne perçurent que la fin « … frères stupides avec des questions stupides ». Le cadet Senju porta un regard peu convaincu à son frère, soupira profondément et se réinstalla, ramena Izuna contre lui dans leurs positions initiales. Hashirama rayonna.

— Tu vois ? Pas un couple.

Depuis cinq ans, le soupir spécial « Mon frère est un idiot » était devenu « mon frère et son ami sont des idiots ». Une dernière mutation avait eu lieu assez récemment, quand Izuna avait finalement remplacé Inoshi Yamanaka à la tête des services secrets. Le soupir de Tobi pouvait aussi signifier « Izuna a raison. Vous êtes des idiots. »

Madara s'agita, grommela, pas vraiment rassuré. Il bougonna un peu plus, à propos de l'absurdité d'une telle tendresse entre deux amis, toujours franchement peu convaincu. Ses yeux ne se posaient pas sur les deux hommes enlacés dans l'ombre, préférant regarder au loin.

— Derrière son air grognon et inaccessible, mon frère a toujours adoré les câlins, révéla Hashirama.

Il ne put retenir le demi-sourire amusé qui fleurit sur le bord droit de ses lèvres alors que Madara tournait vivement la tête vers lui, soudainement très intéressé.

Hashirama était avare en anecdotes sur son cadet. Ce n'était pas que Tobirama le lui interdisait, seulement que personne ne lui demandait jamais. Et Madara… Eh bien, Hashirama ne lui en parlait pas, parce que son ami n'avait pas vraiment besoin de ça pour aggraver son béguin.

— Tobi aime prendre son temps. On ne dirait pas, n'est-ce pas ? Il sait tellement réagir vite que j'ai parfois tendance à l'oublier. Il est comme ça sur tous les plans de sa vie.

S'éventant avec sa main, Hashirama risqua un nouveau regard vers son meilleur ami, pour s'assurer qu'il comprenait bien le message. Puis, dans le doute, il décida d'insister subtilement. Cachant son sourire machiavélique dans sa tasse, il savoura une gorgée de thé, puis reporta ses yeux vers son frère.

— Il y a quelques années, avant la fondation du village, une de nos kunoichis lui a fait des avances. Un joli brin de fille, précisa-t-il en s'amusant de la crispation dans la mâchoire de Madara. Tu as dû la croiser, elle travaille à l'hôpital, rajouta-t-il distraitement.

Il avait bien le droit de rigoler un peu et de torturer son meilleur ami, tout de même. Il était sur le point de lui confier les clés du cœur de son frère.

— Quand elle a fini sa déclaration, il lui a demandé de lui laisser un délai de réflexion. Je sais que chez vous, c'est plutôt l'homme qui fait le premier pas, mais chez nous, c'est un peu différent. Nous ne recherchons pas le même type de femme.

Il sourit chaleureusement en pensant à la sienne, si belle, si caractérielle, tellement envoûtante. Son cœur s'emballa, ses mains tremblèrent légèrement et il déglutit, humectant ses lèvres.

— Elle était déterminée dans sa démarche, continua-t-il. Elle lui a donné son cœur le regard levé. Et quand il a demandé un délai de réflexion, elle lui a accordé sans problème. Elle est tout feu tout flamme pour une Senju. Un caractère bien trempé, du courage à en revendre. Une de nos rares utilisatrices de katon. Elle est du genre à pousser, à le sortir de ses indécisions, mais à lui laisser de la place quand c'est vraiment important. Comme pour une relation, par exemple.

Assez semblable à Madara, même s'il poussait bien plus loin l'aspect « tout feu, tout flamme » de sa personnalité. Il était volcanique, mais Hashirama n'avait pas perdu de vue qu'il était aussi un des meilleurs stratèges de sa génération et qu'il était capable d'une patience infinie pour les choses qui comptaient vraiment.

— Pourquoi tu me racontes ça ? s'agaça Madara en écartant ses cheveux de devant sa bouche. Pourquoi ils sont pas ensemble si elle était si parfaite ?

— Parce que Tobirama n'est pas intéressé par les femmes.

Hashirama prit le temps de savourer la bombe qu'il venait de lâcher. Il fixa ses yeux chocolat dans ceux, onyx, de son ami. Il vit le moment où Madara comprit ce qu'il venait de dire.

Le laissant à sa réalisation, il se leva, franchissant les mètres qui les séparaient des cadets assoupis puis il s'avachit sur l'autre côté de son frère, chatouillant ses côtes par surprise avant de s'installer contre lui, pour diriger ses yeux vers les feuilles qui dansaient sous le vent.

Le reste, c'était à Madara de le faire.


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